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  • il y a 12 heures
Une semaine après le violent lynchage de Quentin Deranque à Lyon, ayant causé deux jours plus tard sa mort, onze personnes ont été placées en garde à vue. Le parquet a requis la mise en examen pour meurtre de sept suspects ainsi que leur placement en détention provisoire. L’avocat de la famille de Quentin Deranque, Me Fabien Rajon, était l’invité de Marc Fauvelle sur BFMTV de ce jeudi 19 février. 

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Transcription
00:00Votre première réaction, maître, à cette série de mises en examen,
00:03est-ce qu'on peut parler d'un peu de soulagement ou pas ?
00:06La famille en prend acte de ces mises en examen, de ces déferments
00:10et visiblement de ces détentions provisoires.
00:13Effectivement, les investigations ont avancé relativement vite.
00:16On se posait la question du moment des interpellations
00:19et je dirais même que du côté de la famille, du point de vue de la famille,
00:22on se posait surtout la question de la reddition de ces individus
00:26mis en cause pour des faits extrêmement graves.
00:30Le meurtre de Quentin, des individus dont je rappelle
00:32qu'ils étaient identifiés, annoncés comme identifiés,
00:35dès lundi par le procureur de la République,
00:37ils avaient tout loisir de se mettre à disposition de la justice,
00:41de se rendre au commissariat le plus proche de chez eux
00:43afin de concourir à la manifestation de la vérité.
00:45Ils ne l'ont pas fait.
00:47Le procureur, tout à l'heure, a expliqué que d'autres suspects
00:50étaient probablement toujours en fuite.
00:52Est-ce que vous leur demandez, solennellement, à eux aussi de se rendre ?
00:56Ils seraient effectivement bien inspirés,
00:59quelle que soit leur implication ou non dans cette affaire,
01:01quel que soit leur niveau d'implication,
01:03et bien effectivement de se rapprocher des services de police et de gendarmerie
01:06et de se mettre à la disposition de la justice
01:08parce que je pense que cette affaire le mérite.
01:11Donc, ce n'est que le début de l'enquête.
01:14Il y a peut-être encore des suspects, probablement encore des suspects en liberté, c'est ça ?
01:17Alors, par principe, oui, puisqu'effectivement, on en est au stade des mises en examen,
01:22une information judiciaire va être donc ouverte, confiée à des magistrats instructeurs,
01:26et on imagine un délai d'information judiciaire de 18 mois environ.
01:32C'est le délai prévisible de fin d'information qui est en général annoncé pour ce type d'affaires.
01:35Ils sont donc poursuivis pour homicide volontaire.
01:37Vous auriez voulu qu'ils le soient pour meurtre en bande organisée. Pourquoi ?
01:41Absolument. Non seulement on souhaitait cette qualification, on la souhaite toujours.
01:44Raison pour laquelle nous avons déposé plainte avec la famille de Quentin de Ranque,
01:50lundi, devant les services de la Sûreté départementale du Rhône,
01:53pour meurtre en bande organisée.
01:56Alors, premier point, le meurtre.
01:58Il y a a priori consensus entre les partis civils et le procureur sur cette qualification de meurtre,
02:02à savoir le fait qu'il y avait volonté de tuer, intention homicide de la part de un ou de
02:08plusieurs des agresseurs.
02:10En revanche, nous, ce qu'on souhaite, c'est effectivement ces qualifications de bande organisée.
02:15Pourquoi ? Premier point, parce que le meurtre en bande organisée est puni d'une réclusion criminelle à perpétuité.
02:21Mais deuxième point, parce que, comme je l'ai dit d'ailleurs depuis le début de cette affaire,
02:25on est très loin d'une rixe avec des faits de violence spontanés.
02:29On est sur une bande organisée pour plusieurs raisons.
02:31Un, il y a eu des repérages, visiblement.
02:34Deux, il y a eu des complicités.
02:35Trois, il y a eu des repérages avec des individus en scooter qui cherchaient des personnes isolées.
02:40Quatre, il y a vraisemblablement utilisation de messagerie cryptée.
02:44Cinq, on a affaire aussi, il faut le dire, à des individus qui sont particulièrement rompus à la violence,
02:50qui s'entraînaient pour commettre ce type de fait.
02:53Et donc, l'association de malfaiteurs qui est retenue à ce stade par le procureur de la République,
02:57c'est un premier pas, mais nous, nous souhaitons effectivement que cette qualification de bande organisée,
03:02elle, soit retenue, raison pour laquelle nous avons déposé plainte pour meurtre en bande organisée.
03:06Maître, il y a trois des sept personnes mises en examen qui reconnaissent faire partie de l'ultra-gauche
03:13et l'une d'entre elles, on le sait, est donc un assistant parlementaire d'un député insoumis.
03:17Est-ce que ça donne pour vous une connotation politique à ce qui s'est passé
03:20ou est-ce que vous n'entrez pas dans ce débat-là ?
03:22Alors, je pense que la connotation politique, elle est assez évidente dans ce dossier.
03:27Elle fait consensus dans ce dossier.
03:28Pour autant, ce n'est pas une circonstance aggravante, à mon sens,
03:30en tout cas pas retenue par le procureur de la République.
03:33Donc, pour le moment, je vous dirais que ce n'est pas un enjeu judiciaire.
03:35C'est un enjeu moral.
03:36Est-ce qu'on vous entend de l'hythique ?
03:37Par exemple, l'extrême-gauche a du sang sur les mains,
03:39comme on a pu l'entendre dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale ces derniers jours.
03:43Moi, je vous dis très clairement que des individus ont du sang sur les mains, bien évidemment.
03:47Il y a des responsables de la mort de Quentin, victime de 23 ans, d'un véritable lynchage.
03:52Bien évidemment que des individus ont du sang sur les mains.
03:57Le débat politique, ce n'est pas notre débat.
03:58Je crois pouvoir vous dire que...
04:00Est-ce que c'est celui de la famille ?
04:01Ce n'est pas celui de la famille, très clairement.
04:03Ce n'est pas celui de la famille.
04:04La famille, elle souhaite deux choses.
04:05Un, que les meurtriers de Quentin soient sévèrement punis par l'institution judiciaire.
04:11Deux, que la mémoire de Quentin, elle soit respectée.
04:14Que la mémoire de Quentin ne soit pas salie.
04:16Et d'ailleurs, j'y veillerai personnellement.
04:17À quoi vous faites allusion ?
04:18Je fais allusion à des commentaires qu'on peut voir sur les réseaux sociaux.
04:21Je fais allusion à des vidéos qui sont abjectes.
04:23Je fais allusion à certains propos de certains responsables politiques
04:26qui le sont tout autant, il faut le dire.
04:29Je pense que sur cette affaire, beaucoup ont perdu la raison.
04:31Et qu'il ne faut pas inverser les rôles.
04:34On a très clairement un jeune de 23 ans,
04:37passionné de littérature, d'histoire,
04:40qui faisait d'ailleurs 1,70 m, 63 kg,
04:43qui n'était pas quelqu'un qui était connu pour des faits de violence,
04:45qui n'avait jamais été placé, ne serait-ce qu'une seule fois en garde à vue,
04:48pour une quelconque affaire, et encore moins pour une affaire de violence,
04:51qui a été lynché à mort et pris dans un véritable guet-tapant.
04:55Voilà la réalité objective des faits.
04:57Alors, on peut bien sûr discuter, on peut débattre de tout,
05:00mais il y a une réalité objective des faits.
05:02Moi, ce que je dis, c'est que des individus, effectivement,
05:04ont du sang sur les mains.
05:06Des individus sont bel et bien responsables d'un meurtre.
05:09Il appartiendra, en toute sérénité à l'institution judiciaire,
05:12de faire le tri sur le profit de ces gens-là,
05:14et de voir qui mérite d'être renvoyé devant une cour d'assises,
05:18parce que ce dossier a vocation à être renvoyé devant une cour d'assises.
05:21Ces gens-là encourt une peine de réclusion criminelle.
05:24Oui, on a encore du mal à comprendre précisément
05:26ce qui s'est passé ce soir-là, et je voulais vous entendre sur ce point.
05:29Maître, on sait que les échauffourées ont débuté pas très loin
05:33de Sciences Po Lyon,
05:36où Rima Hassan, la députée insoumise, tenait une conférence.
05:39Le collectif identitaire Némésis faisait, organisait une contre-manifestation,
05:45et il affirme que Quentin assurait la sécurité de cette contre-manifestation.
05:50Est-ce que c'était le cas ou pas ?
05:51Alors, Quentin, c'était pas un gros bras d'extrême-bratte,
05:53c'était pas un agent de sécurité, c'était pas un vigile,
05:55c'était pas un membre d'un service d'ordre.
05:56Il a été visiblement appelé par certains de ses amis
06:02pour aider à mettre à l'abri ces jeunes filles de Némésis.
06:05Dans quelles conditions ?
06:05Il était dans le service d'ordre ?
06:06Non, il a été appelé, effectivement,
06:09pour aider à mettre à l'abri ces jeunes filles.
06:12Là où on a une interrogation, et l'enquête et les investigations,
06:16et notamment l'information judiciaire, nous permettront d'y voir plus clair,
06:18c'est qu'a priori, il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre,
06:21et surtout, il ne s'attendait pas à ce niveau-là de violence.
06:23Il a été pris dans un guet-apens, très clairement.
06:26C'était la première fois qu'il était appelé pour ça ?
06:28Oui, en plus, c'était effectivement, a priori, la première fois,
06:30c'est pas a priori d'ailleurs, c'était la première fois qu'il était appelé
06:33pour, entre guillemets, donner un coup de main
06:35et protéger une contre-manifestation ou une opération de happening
06:38de la part de ces jeunes filles.
06:40Et je tiens à préciser qu'il n'était pas membre de ce collectif Némésis.
06:44On a vu, pardon maître, sur une des vidéos tournées,
06:46au moment de l'altercation, un groupe, où on ne reconnaît pas Quentin,
06:49mais un groupe, où on voit, d'ailleurs on voit les images devant vous,
06:53avec des jeunes qui ont le visage masqué,
06:56certains ont des équis à la main, ils n'étaient pas dans ce groupe-là ?
07:00Il était à une centaine de mètres de l'agression des jeunes filles de Némésis
07:03par ces militants, vous les qualifiez d'extrême-gauche, d'ultra-gauche, peu importe.
07:07Il était à bonne distance, et d'ailleurs il n'a même pas eu la possibilité
07:11d'intervenir pour essayer de prêter main forte à ces cinq ou six jeunes filles
07:14qui se faisaient agresser, qu'un groupe lui a foncé dessus
07:18et lui a tendu ce que moi je qualifie, sciemment et d'une manière parfaitement sereine,
07:23de guet-apens.
07:24De guet-apens parce qu'il y a eu des repérages, des complicités,
07:27parce qu'il y a eu une préparation,
07:28et parce que les coups qui ont été assénés à cette victime innocente
07:33ont été d'une violence terrible, inouïe.
07:35Dominique Rizet évoquait justement les éléments d'autopsie,
07:38ils sont véritablement glaçants, véritablement glaçants.
07:43Quentin de Ranck n'avait aucune chance de s'en sortir,
07:46je rappelle qu'il faisait 63 kilos,
07:48il était face à des individus...
07:49C'était pas un gros bras, c'est ce que vous nous expliquez.
07:50Non, il était face à des individus qui étaient visiblement déterminés à tuer.
07:54Rien, pardon Maître, rien ne peut expliquer la mort d'un gamin de 23 ans sur un trottoir à Lyon,
07:59mais les médias y compris se sont demandé comment il fallait le nommer.
08:04On sait qu'il était proche de l'action française, de certains groupes identitaires.
08:08Pour vous, est-ce que vous diriez que c'était un militant ?
08:11Je dirais que c'était un...
08:13Oui, un militant nationaliste qui avait ses idées,
08:17qui avait ses convictions,
08:17mais qui concevait son engagement de manière non-violente et pacifique.
08:22Il y a une marche qui est prévue en hommage à Quentin,
08:26après-demain à Lyon.
08:27Plusieurs mouvements identitaires ont prévu ou avaient prévu d'y prendre part,
08:31parce que la mairie de Lyon a demandé l'interdiction de cette marche
08:34en raison d'un risque de trouble à l'ordre public.
08:37Qu'en pensent ces parents ?
08:38Les parents ne seront pas présents à cette marche,
08:41ils ne sont pas à l'initiative de cette marche,
08:43et ils appellent les personnes qui souhaiteraient rendre hommage à Quentin,
08:47et bien à le faire d'une manière digne, calme et sans expression politique.
08:51Mais ils soutiennent cette marche ou pas ?
08:53Ils ne la soutiennent pas,
08:55ils considèrent que cette marche est une initiative qui ne leur appartient pas,
08:59ils n'en seront pas.
09:00Comment vont-ils ?
09:04Écoutez, ils sont confrontés à une épreuve qui est terrible,
09:07qui suscite d'ailleurs légitimement une émotion considérable.
09:11Ils font face à cette épreuve avec la force que leur donne la foi,
09:17très clairement, la foi les aide beaucoup face à cette épreuve.
09:21Ils sont dignes, mais ils ne sont pas simplement dignes,
09:24ils sont également déterminés, déterminés à ce que justice soit rendue à Quentin,
09:28et déterminés à ce que la mémoire de Quentin ne soit pas salie,
09:31et lorsqu'elle sera salie, la mémoire de Quentin,
09:34je déposerai plainte pour apologie de crime, nous le ferons systématiquement.
09:38– Et pour dire les choses très clairement, ils appellent au calme ?
09:40– Ils appellent au calme et à la retenue, absolument.
09:43– Merci beaucoup Maître d'être venu ce soir sur ce plateau.
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