00:00Votre première réaction, maître, à cette série de mises en examen,
00:03est-ce qu'on peut parler d'un peu de soulagement ou pas ?
00:06La famille en prend acte de ces mises en examen, de ces déferments
00:10et visiblement de ces détentions provisoires.
00:13Effectivement, les investigations ont avancé relativement vite.
00:16On se posait la question du moment des interpellations
00:19et je dirais même que du côté de la famille, du point de vue de la famille,
00:22on se posait surtout la question de la reddition de ces individus
00:26mis en cause pour des faits extrêmement graves.
00:30Le meurtre de Quentin, des individus dont je rappelle
00:32qu'ils étaient identifiés, annoncés comme identifiés,
00:35dès lundi par le procureur de la République,
00:37ils avaient tout loisir de se mettre à disposition de la justice,
00:41de se rendre au commissariat le plus proche de chez eux
00:43afin de concourir à la manifestation de la vérité.
00:45Ils ne l'ont pas fait.
00:47Le procureur, tout à l'heure, a expliqué que d'autres suspects
00:50étaient probablement toujours en fuite.
00:52Est-ce que vous leur demandez, solennellement, à eux aussi de se rendre ?
00:56Ils seraient effectivement bien inspirés,
00:59quelle que soit leur implication ou non dans cette affaire,
01:01quel que soit leur niveau d'implication,
01:03et bien effectivement de se rapprocher des services de police et de gendarmerie
01:06et de se mettre à la disposition de la justice
01:08parce que je pense que cette affaire le mérite.
01:11Donc, ce n'est que le début de l'enquête.
01:14Il y a peut-être encore des suspects, probablement encore des suspects en liberté, c'est ça ?
01:17Alors, par principe, oui, puisqu'effectivement, on en est au stade des mises en examen,
01:22une information judiciaire va être donc ouverte, confiée à des magistrats instructeurs,
01:26et on imagine un délai d'information judiciaire de 18 mois environ.
01:32C'est le délai prévisible de fin d'information qui est en général annoncé pour ce type d'affaires.
01:35Ils sont donc poursuivis pour homicide volontaire.
01:37Vous auriez voulu qu'ils le soient pour meurtre en bande organisée. Pourquoi ?
01:41Absolument. Non seulement on souhaitait cette qualification, on la souhaite toujours.
01:44Raison pour laquelle nous avons déposé plainte avec la famille de Quentin de Ranque,
01:50lundi, devant les services de la Sûreté départementale du Rhône,
01:53pour meurtre en bande organisée.
01:56Alors, premier point, le meurtre.
01:58Il y a a priori consensus entre les partis civils et le procureur sur cette qualification de meurtre,
02:02à savoir le fait qu'il y avait volonté de tuer, intention homicide de la part de un ou de
02:08plusieurs des agresseurs.
02:10En revanche, nous, ce qu'on souhaite, c'est effectivement ces qualifications de bande organisée.
02:15Pourquoi ? Premier point, parce que le meurtre en bande organisée est puni d'une réclusion criminelle à perpétuité.
02:21Mais deuxième point, parce que, comme je l'ai dit d'ailleurs depuis le début de cette affaire,
02:25on est très loin d'une rixe avec des faits de violence spontanés.
02:29On est sur une bande organisée pour plusieurs raisons.
02:31Un, il y a eu des repérages, visiblement.
02:34Deux, il y a eu des complicités.
02:35Trois, il y a eu des repérages avec des individus en scooter qui cherchaient des personnes isolées.
02:40Quatre, il y a vraisemblablement utilisation de messagerie cryptée.
02:44Cinq, on a affaire aussi, il faut le dire, à des individus qui sont particulièrement rompus à la violence,
02:50qui s'entraînaient pour commettre ce type de fait.
02:53Et donc, l'association de malfaiteurs qui est retenue à ce stade par le procureur de la République,
02:57c'est un premier pas, mais nous, nous souhaitons effectivement que cette qualification de bande organisée,
03:02elle, soit retenue, raison pour laquelle nous avons déposé plainte pour meurtre en bande organisée.
03:06Maître, il y a trois des sept personnes mises en examen qui reconnaissent faire partie de l'ultra-gauche
03:13et l'une d'entre elles, on le sait, est donc un assistant parlementaire d'un député insoumis.
03:17Est-ce que ça donne pour vous une connotation politique à ce qui s'est passé
03:20ou est-ce que vous n'entrez pas dans ce débat-là ?
03:22Alors, je pense que la connotation politique, elle est assez évidente dans ce dossier.
03:27Elle fait consensus dans ce dossier.
03:28Pour autant, ce n'est pas une circonstance aggravante, à mon sens,
03:30en tout cas pas retenue par le procureur de la République.
03:33Donc, pour le moment, je vous dirais que ce n'est pas un enjeu judiciaire.
03:35C'est un enjeu moral.
03:36Est-ce qu'on vous entend de l'hythique ?
03:37Par exemple, l'extrême-gauche a du sang sur les mains,
03:39comme on a pu l'entendre dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale ces derniers jours.
03:43Moi, je vous dis très clairement que des individus ont du sang sur les mains, bien évidemment.
03:47Il y a des responsables de la mort de Quentin, victime de 23 ans, d'un véritable lynchage.
03:52Bien évidemment que des individus ont du sang sur les mains.
03:57Le débat politique, ce n'est pas notre débat.
03:58Je crois pouvoir vous dire que...
04:00Est-ce que c'est celui de la famille ?
04:01Ce n'est pas celui de la famille, très clairement.
04:03Ce n'est pas celui de la famille.
04:04La famille, elle souhaite deux choses.
04:05Un, que les meurtriers de Quentin soient sévèrement punis par l'institution judiciaire.
04:11Deux, que la mémoire de Quentin, elle soit respectée.
04:14Que la mémoire de Quentin ne soit pas salie.
04:16Et d'ailleurs, j'y veillerai personnellement.
04:17À quoi vous faites allusion ?
04:18Je fais allusion à des commentaires qu'on peut voir sur les réseaux sociaux.
04:21Je fais allusion à des vidéos qui sont abjectes.
04:23Je fais allusion à certains propos de certains responsables politiques
04:26qui le sont tout autant, il faut le dire.
04:29Je pense que sur cette affaire, beaucoup ont perdu la raison.
04:31Et qu'il ne faut pas inverser les rôles.
04:34On a très clairement un jeune de 23 ans,
04:37passionné de littérature, d'histoire,
04:40qui faisait d'ailleurs 1,70 m, 63 kg,
04:43qui n'était pas quelqu'un qui était connu pour des faits de violence,
04:45qui n'avait jamais été placé, ne serait-ce qu'une seule fois en garde à vue,
04:48pour une quelconque affaire, et encore moins pour une affaire de violence,
04:51qui a été lynché à mort et pris dans un véritable guet-tapant.
04:55Voilà la réalité objective des faits.
04:57Alors, on peut bien sûr discuter, on peut débattre de tout,
05:00mais il y a une réalité objective des faits.
05:02Moi, ce que je dis, c'est que des individus, effectivement,
05:04ont du sang sur les mains.
05:06Des individus sont bel et bien responsables d'un meurtre.
05:09Il appartiendra, en toute sérénité à l'institution judiciaire,
05:12de faire le tri sur le profit de ces gens-là,
05:14et de voir qui mérite d'être renvoyé devant une cour d'assises,
05:18parce que ce dossier a vocation à être renvoyé devant une cour d'assises.
05:21Ces gens-là encourt une peine de réclusion criminelle.
05:24Oui, on a encore du mal à comprendre précisément
05:26ce qui s'est passé ce soir-là, et je voulais vous entendre sur ce point.
05:29Maître, on sait que les échauffourées ont débuté pas très loin
05:33de Sciences Po Lyon,
05:36où Rima Hassan, la députée insoumise, tenait une conférence.
05:39Le collectif identitaire Némésis faisait, organisait une contre-manifestation,
05:45et il affirme que Quentin assurait la sécurité de cette contre-manifestation.
05:50Est-ce que c'était le cas ou pas ?
05:51Alors, Quentin, c'était pas un gros bras d'extrême-bratte,
05:53c'était pas un agent de sécurité, c'était pas un vigile,
05:55c'était pas un membre d'un service d'ordre.
05:56Il a été visiblement appelé par certains de ses amis
06:02pour aider à mettre à l'abri ces jeunes filles de Némésis.
06:05Dans quelles conditions ?
06:05Il était dans le service d'ordre ?
06:06Non, il a été appelé, effectivement,
06:09pour aider à mettre à l'abri ces jeunes filles.
06:12Là où on a une interrogation, et l'enquête et les investigations,
06:16et notamment l'information judiciaire, nous permettront d'y voir plus clair,
06:18c'est qu'a priori, il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre,
06:21et surtout, il ne s'attendait pas à ce niveau-là de violence.
06:23Il a été pris dans un guet-apens, très clairement.
06:26C'était la première fois qu'il était appelé pour ça ?
06:28Oui, en plus, c'était effectivement, a priori, la première fois,
06:30c'est pas a priori d'ailleurs, c'était la première fois qu'il était appelé
06:33pour, entre guillemets, donner un coup de main
06:35et protéger une contre-manifestation ou une opération de happening
06:38de la part de ces jeunes filles.
06:40Et je tiens à préciser qu'il n'était pas membre de ce collectif Némésis.
06:44On a vu, pardon maître, sur une des vidéos tournées,
06:46au moment de l'altercation, un groupe, où on ne reconnaît pas Quentin,
06:49mais un groupe, où on voit, d'ailleurs on voit les images devant vous,
06:53avec des jeunes qui ont le visage masqué,
06:56certains ont des équis à la main, ils n'étaient pas dans ce groupe-là ?
07:00Il était à une centaine de mètres de l'agression des jeunes filles de Némésis
07:03par ces militants, vous les qualifiez d'extrême-gauche, d'ultra-gauche, peu importe.
07:07Il était à bonne distance, et d'ailleurs il n'a même pas eu la possibilité
07:11d'intervenir pour essayer de prêter main forte à ces cinq ou six jeunes filles
07:14qui se faisaient agresser, qu'un groupe lui a foncé dessus
07:18et lui a tendu ce que moi je qualifie, sciemment et d'une manière parfaitement sereine,
07:23de guet-apens.
07:24De guet-apens parce qu'il y a eu des repérages, des complicités,
07:27parce qu'il y a eu une préparation,
07:28et parce que les coups qui ont été assénés à cette victime innocente
07:33ont été d'une violence terrible, inouïe.
07:35Dominique Rizet évoquait justement les éléments d'autopsie,
07:38ils sont véritablement glaçants, véritablement glaçants.
07:43Quentin de Ranck n'avait aucune chance de s'en sortir,
07:46je rappelle qu'il faisait 63 kilos,
07:48il était face à des individus...
07:49C'était pas un gros bras, c'est ce que vous nous expliquez.
07:50Non, il était face à des individus qui étaient visiblement déterminés à tuer.
07:54Rien, pardon Maître, rien ne peut expliquer la mort d'un gamin de 23 ans sur un trottoir à Lyon,
07:59mais les médias y compris se sont demandé comment il fallait le nommer.
08:04On sait qu'il était proche de l'action française, de certains groupes identitaires.
08:08Pour vous, est-ce que vous diriez que c'était un militant ?
08:11Je dirais que c'était un...
08:13Oui, un militant nationaliste qui avait ses idées,
08:17qui avait ses convictions,
08:17mais qui concevait son engagement de manière non-violente et pacifique.
08:22Il y a une marche qui est prévue en hommage à Quentin,
08:26après-demain à Lyon.
08:27Plusieurs mouvements identitaires ont prévu ou avaient prévu d'y prendre part,
08:31parce que la mairie de Lyon a demandé l'interdiction de cette marche
08:34en raison d'un risque de trouble à l'ordre public.
08:37Qu'en pensent ces parents ?
08:38Les parents ne seront pas présents à cette marche,
08:41ils ne sont pas à l'initiative de cette marche,
08:43et ils appellent les personnes qui souhaiteraient rendre hommage à Quentin,
08:47et bien à le faire d'une manière digne, calme et sans expression politique.
08:51Mais ils soutiennent cette marche ou pas ?
08:53Ils ne la soutiennent pas,
08:55ils considèrent que cette marche est une initiative qui ne leur appartient pas,
08:59ils n'en seront pas.
09:00Comment vont-ils ?
09:04Écoutez, ils sont confrontés à une épreuve qui est terrible,
09:07qui suscite d'ailleurs légitimement une émotion considérable.
09:11Ils font face à cette épreuve avec la force que leur donne la foi,
09:17très clairement, la foi les aide beaucoup face à cette épreuve.
09:21Ils sont dignes, mais ils ne sont pas simplement dignes,
09:24ils sont également déterminés, déterminés à ce que justice soit rendue à Quentin,
09:28et déterminés à ce que la mémoire de Quentin ne soit pas salie,
09:31et lorsqu'elle sera salie, la mémoire de Quentin,
09:34je déposerai plainte pour apologie de crime, nous le ferons systématiquement.
09:38– Et pour dire les choses très clairement, ils appellent au calme ?
09:40– Ils appellent au calme et à la retenue, absolument.
09:43– Merci beaucoup Maître d'être venu ce soir sur ce plateau.
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