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Jean Jacques Morel, avocat de la famille de Joé Breda, agent d'entretien tué par Abraham Boméla au Crédit Agricole, réagit au comportement de l'accusé lors de ce troisième jour de procès.

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Transcription
00:01Maître Jean-Jacques Morel, on a entendu aujourd'hui les victimes et notamment les proches de M. Breda
00:08qui sont dévastés par ce qui est arrivé. Et en face, on a quelqu'un qui semble complètement hors sol.
00:18C'est un acte fou, mais est-ce qu'il a été commis par un fou ? C'est la
00:22question qui va se poser.
00:23Vous avez raison. Et les psychiatres ne sont pas du tout persuadés qu'il était complètement hors de lui et
00:30que son discernement, comme on dit, était avoué.
00:32Moi, ce que je voudrais dire, c'est que vous avez quelqu'un qui est totalement incohérent quand on l
00:37'interroge.
00:38Et il vous dit qu'on l'a mis à l'asile il y a 20 ans. Il avait honte
00:43en s'entendant.
00:44Et là, je lui pose la question, et en créole, puisqu'il fait mine de ne pas trop bien comprendre
00:48le français, alors qu'il comprend très bien.
00:50Il dit, monsieur, vous l'a honte d'avoir rentré à l'asile. Par contre, vous l'a pas honte
00:54d'avoir tué trois moules, dont une petite fille, un petit bout de chou ?
00:57Et là, il est un peu embarrassé. Il dit non. De même quand on lui dit, mais pourquoi, sachant que
01:07c'est sa famille qui va tuer ?
01:08Il dit, mais c'est pour le bien, parce qu'on lui a pris son bien.
01:11Il dit, mais monsieur, est-ce que le bien vaut trois vies de prise, donc trois assassinats, et huit tentatives
01:19d'assassinat, donc onze crimes ?
01:21Vous voyez combien cette affaire est abracadamante, elle est gravissime.
01:26Vous voyez qu'on s'interroge sur la personnalité de cet homme, Boméda, qui est jugé aujourd'hui.
01:34Ce que je voulais dire, c'est que du côté de monsieur Breda, que je défends finalement, même s'il
01:39n'est plus là, ce type, Joe Breda, il était sympathique quelque part.
01:44Il avait 54 ans et il venait de décrocher un CDI. Il a travaillé toute sa vie. Il était agent
01:49d'entretien dans une banque.
01:50Mal payé, mais il s'en contentait. Et au moment où il décroche le sésame, il est massacré.
01:57Alors que ce jour-là, il ne devait pas travailler. Un collègue qui est malade, lui dit, remplace-moi, et
02:04il va le remplacer parce que c'est quelqu'un de serviable.
02:06Vous voyez, parfois, à quoi se joue la vie, à rien du tout.
02:10Monsieur Breda le supplie, il n'a rien à voir avec cette histoire familiale, et pourtant, Boméda passe à l
02:19'acte.
02:21Ça, ça me met en colère. Parce que, oui, Joe Breda n'a rien à voir avec cette affaire de
02:28bien.
02:29Et Joe Breda va effectivement, alors qu'il est déjà un peu blessé, lui dit, pardon, pardon de quoi on
02:35ne sait pas.
02:35Il lui demande pardon, et il lui dit, mais laisse-moi la vie, épargne-moi.
02:41Et l'autre, complètement sourd, va le massacrer, comme on écrase un insecte, de 13 coups de couteau.
02:49Donc ça, c'est vraiment révoltant.
02:51Et ça veut dire que cet homme-là, je suis désolé, je suis un peu dur,
02:55et il n'a rien en lui, de moindre, pas ce sentiment d'humanité, de bonté, de pitié.
03:01Il ne reste même pas, je dirais, l'épaisseur d'un fond de whisky.
03:06Merci.
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