00:00Il y a plusieurs choses à dire. Déjà, on a des gens, comme vous l'avez cité, qui sont en état de sidération, en état de choc.
00:08Donc, il faut aussi leur laisser le temps d'assimiler les infos, de réaliser ce qui s'est passé.
00:17Le temps de l'enquête est ouvert et pour l'instant, vraiment, la priorité, c'était la prise en charge des victimes.
00:22Bien sûr.
00:23Et voilà, on ressent la détresse et la rage, ce qui est complètement normal.
00:30Après, toutes ces victimes, vous parliez de cellules psychologiques, mais même les CHU eux-mêmes disposent des moyens psychologiques.
00:39Toutes les victimes vont être accompagnées, prises en charge, pas à pas.
00:44Vous avez été vous-même contacté par des proches de victimes de l'incendie de Crohn-Montana.
00:50Oui, en fait, initialement, on a été contacté par l'association des brûlés suisses,
00:58qui avait besoin d'un relais pour faire entendre les diverses infos qu'il y a eu au moment du drame.
01:04Et on a été nombreux à relayer ça.
01:08Et très rapidement, il y a eu une espèce de cellule sur les réseaux qui s'est mise en place,
01:14où on a proposé notre aide et on a accueilli la parole, du coup, de...
01:19Alors, à ce moment-là, ce n'était pas des victimes, parce que toutes les victimes étaient ou dans le coma,
01:23ou occupées à être soignées.
01:25Par contre, beaucoup, les entourages, les familles, les conjoints, les parents,
01:29qui étaient vraiment dans le questionnement et dans l'inconnu total.
01:33Et donc, oui, on a passé plusieurs jours à répondre à beaucoup de questions.
01:37C'est un combat qui commence pour ces familles, qui sera très long.
01:39Certaines d'entre elles, en tout cas, certaines victimes.
01:43Vous-même, vous avez subi une cinquantaine d'opérations,
01:45des dizaines de grèves de peau, plusieurs amputations.
01:49Vous ne cachez pas le long parcours auquel les victimes et leur famille de Grand Montana doivent s'attendre.
01:56Néanmoins, encore une fois, ce matin, ce que vous souhaitez porter, relayer,
02:00c'est un message d'espoir.
02:01C'est très difficile, mais on peut y arriver.
02:06Vous en êtes la preuve vivante.
02:07En fait, c'est surtout ça.
02:08C'est de témoigner de l'après, parce que là, les gens pensent que tout s'est arrêté,
02:12ce qui est complètement normal.
02:14Et donc, l'idée, c'est de répondre à leurs interrogations,
02:17véhiculer de l'espoir si on le peut.
02:19Après, on ne se substitue pas à la parole des médecins
02:22et on ne se positionne pas sur des pronostics ou quoi que ce soit.
02:27Mais de leur expliquer que c'est un long processus qui s'est mis en place.
02:31Ça va prendre des mois pour certains, des années pour d'autres.
02:34et que, voilà, mais en finalité, un après est totalement possible, effectivement.
02:39On nelassen pas le débit de leave.
02:45Puisque l'espoir.
02:46Je dirais que, merci, merci.
02:47Au revoir.
02:47C'est parti, ciao!