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00:00Et l'Iran, on l'a dit, veut éviter des bombardements américains à l'image de ceux de l'été
00:06dernier.
00:06Que peuvent tenter d'obtenir ces Iraniens à Genève ? Écoutez à Téhéran, Siavosh Ghazi.
00:13Selon les différents responsables iraniens, les propositions qui sont sur la table, en fait, c'est sur le programme nucléaire,
00:21c'est un insouplissement et une réduction du niveau d'enrichissement d'uranium à un niveau civil.
00:29Par exemple, un niveau d'enrichissement à moins de 4% pendant un laps de temps, plusieurs années, 3 ou
00:354 ans.
00:36Dans les faits, l'Iran ne dispose pas de capacités d'enrichissement actuellement à cause des bombardements de tous les
00:43sites nucléaires iraniens en juin dernier par Israël, mais aussi par les Etats-Unis.
00:48L'Iran propose également un paquet de contrats aux compagnies américaines, notamment dans les secteurs pétroliers, gaziers et miniers.
00:59Une manière de donner des avantages commerciaux et économiques aux Américains, mais aussi d'achats d'avions, des Boeing.
01:11Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré il y a deux jours que l'Iran des Etats-Unis
01:18n'avait pas bénéficié économiquement de l'accord nucléaire de 2015 avec des grandes puissances.
01:25Et cette fois-ci, Teheran met sur la table ses propositions. En contrepartie, Teheran ne demande pas la levée des
01:32sanctions, mais le déblocage de capitaux iraniens
01:37qui sont par exemple bloqués au Qatar, quelques 6 milliards de dollars, ou encore en Irak, ou encore dans d
01:43'autres pays.
01:44Donc avec ces propositions, Teheran espère amener les Etats-Unis à un compromis, à un accord sur le dossier nucléaire.
01:52En revanche, Teheran refuse toujours de négocier sur son programme balistique, notamment la portée de ses missiles qui peuvent atteindre
02:00Israël
02:00ou encore des bases américaines dans la région.
02:04Bonjour Bruno Daroux.
02:05Bonjour Pauline Packard.
02:06Avant de revenir sur les discussions à Genève, on va revenir sur l'une des images que l'on a
02:11vues dans le sujet de Bilal Tarabé il y a un instant.
02:13Cette rencontre entre le ministre des Affaires étrangères iranien et le patron de l'AIEA, Raphaël Grossi, hier à Genève.
02:20L'AIEA est censée contrôler les activités nucléaires de l'Iran, sauf que cette mission est interrompue depuis un moment
02:26déjà.
02:27Est-ce qu'on sait ce qu'a donné cette rencontre ?
02:29Alors on ne sait pas précisément ce que se sont dit les deux hommes.
02:32Il y a eu simplement un tweet ensuite parlant d'une rencontre hautement productif.
02:37Bon, ce qui ne mange pas de pain, si vous me passez l'expression.
02:40Mais en fait, c'est plus l'image qui est importante.
02:42Ça veut dire que les Iraniens redonnent à cette agence internationale de l'énergie atomique une forme d'importance.
02:50Et donc on peut penser que dans le cas d'un accord entre Iraniens et Américains,
02:54l'AIEA jouerait un rôle de contrôle à nouveau.
02:58Puisque ce rôle de contrôle, elle l'a exercé, notamment avec la signature de l'accord sur le nucléaire en
03:042015.
03:04Mais que cette mission a donc été interrompue depuis plusieurs mois maintenant.
03:09En particulier à cause des frappes qui ont eu lieu au mois de juin.
03:12Les frappes américano-israéliennes.
03:15Donc cette rencontre juste avant les négociations d'aujourd'hui entre délégations américaines et iraniennes
03:20signale peut-être aussi un geste de bonne volonté de la part de Téhéran.
03:25Qui disent, vous voyez, si on obtient un accord équitable, comme l'a dit le ministre Iraniens des Affaires étrangères,
03:31l'AIEA pourrait peut-être revenir pour ce deuxième round de négociations
03:36qui vont donc porter uniquement sur le nucléaire.
03:40Les Iraniens refusent de négocier sur leur programme de missiles balistiques
03:45et sur leur soutien à leur proxy Hamas, Hezbollah, Outi.
03:48Alors que les Américains et les Israéliens veulent que tous ces dossiers soient inclus dans la négociation,
03:54on est sur une impasse ?
03:55On est toujours sur une impasse.
03:57Et vous savez, cette impasse, en fait, elle dure depuis, on peut même dire, depuis 2015.
04:01Puisque même l'accord sur le nucléaire ne portait que sur le taux d'enrichissement d'uranium
04:06et que sur l'activité nucléaire iranienne.
04:10Et Téhéran a toujours refusé de négocier ses liens avec les groupes régionaux
04:17comme effectivement le Hezbollah, le Hamas ou les Outi.
04:20Alors aujourd'hui, Américains et Israéliens demandent que ça fasse partie des négociations.
04:24Mais en fait, c'est moins important vu l'état de faiblesse dans lesquels sont aujourd'hui le Hamas,
04:30le Hezbollah et même les Outi.
04:31En revanche, l'autre dossier qui reste très problématique,
04:34c'est le programme de missiles balistiques opérationnels de l'Iran.
04:38Parce que, notamment pour Israël, mais aussi pour les États-Unis,
04:41qui, on le rappelle, ont de nombreuses bases dans la région,
04:44et bien ces missiles permettent à l'Iran de frapper le territoire israélien,
04:48de frapper les bases militaires américaines dans le Golfe.
04:53Donc, Américains et Israéliens disent, il faut absolument, dans le cadre d'un accord global,
04:57que ça en fasse partie.
04:58Et Téhéran dit, non mais ça, c'est pas possible, c'est notre souveraineté,
05:01ce sont des armes que nous utilisons de manière défensive.
05:04Alors, on rappelle juste qu'avant les frappes de juin 2025,
05:08les experts estimaient que l'Iran disposait autour de 3000 missiles balistiques opérationnels.
05:15Un peu plus de 1500 ont été détruits lors de ces frappes en juin 2025.
05:20Donc, début juillet, il en restait 1200, 1300.
05:25Selon les experts, selon les services de renseignement américains et israéliens,
05:29en quelques mois, l'Iran a déjà reconstitué 700 missiles balistiques.
05:35Et donc, aujourd'hui, toujours selon les experts, on est entre 1800 et 2000 missiles.
05:41L'objectif final du régime iranien étant de monter à 5000 missiles balistiques.
05:48Donc, voilà, les Israéliens disent, c'est pas possible, le nucléaire.
05:51Bon, c'est très bien s'il y a un accord sur le nucléaire,
05:52mais là, ces missiles, c'est directement une menace pointée contre nous,
05:56il faut faire quelque chose.
05:57Donc, on va voir comment ça se passe, mais ça risque d'être la pierre d'achoppement, quand même.
06:02On a vu les images du porte-avions américain Abraham Lincoln,
06:06qui est toujours dans la zone au large de l'Iran.
06:10L'administration américaine maintient la menace d'une attaque, d'une frappe militaire
06:15en cas d'échec des négociations, et Trump l'a redit ces dernières heures.
06:18En revanche, on ne parle plus d'un changement de régime
06:22qu'avait laissé sous-entendre Donald Trump au moment de la révolte populaire mi-janvier,
06:28qui a été réprimée dans le sang, on le sait.
06:31Quelle est la stratégie américaine ?
06:32Alors, c'est toujours difficile à lire.
06:35C'est-à-dire, soit on estime que Donald Trump navigue à vue,
06:38qu'il essaye un jour une chose, un jour l'autre,
06:41soit, ce qui est peut-être aussi tout à fait plausible,
06:46il a une stratégie avec différents volets.
06:51C'est-à-dire qu'il a plusieurs fers au feu,
06:53voilà, et il voit comment ça se passe.
06:54Alors, il y a le volet négociation, il y a le volet menace militaires,
06:58avec donc effectivement le porte-avion Lincoln,
07:00un autre porte-avion, le Gerald Ford, qui est en route,
07:03un troisième porte-avion, le porte-avion George Bush,
07:06qui pourrait être déployé dans les semaines à venir.
07:09Donc voilà, ça c'est la menace militaire,
07:10à laquelle répond d'ailleurs le régime iranien,
07:12puisqu'il a fait une démonstration de force hier dans le détroit d'Ormuz,
07:15par lequel transite, on le rappelle quand même,
07:1720% de la production pétrolière mondiale.
07:20Donc, négociation, menace militaire.
07:22Alors, le changement de régime avait été évacué par Donald Trump,
07:25on sait qu'il avait frustré, mécontenté des dizaines de milliers d'Iraniens,
07:30puisqu'au mois de janvier, il avait dit,
07:32en gros, ne vous inquiétez pas, l'aide est en route.
07:35L'aide n'est jamais arrivée,
07:37et le changement de régime,
07:39c'est ce que demandaient essentiellement les manifestants en Iran,
07:42avec l'amélioration de la situation économique.
07:44Ils n'étaient pas du tout préoccupés par la question du programme nucléaire iranien.
07:47Donc, Donald Trump l'avait écarté.
07:51Alors là, finalement, j'ai vu, il y revient un petit peu,
07:55donc c'est peut-être son troisième faire,
07:56puisqu'on lui a posé une question,
07:58et il a dit, ouais, finalement, l'hypothèse d'un renversement du régime,
08:02ça pourrait être malheureusement la dernière solution.
08:04Donc, finalement, il ressort un peu ce dernier volet comme menace ultime.
08:11Bon, là, on est dans la séquence tentative de négociation.
08:13On va voir comment ça se finit ou ça se prolonge.
08:18S'il n'y a pas d'accord,
08:20Donald Trump, il se retrouve dans une situation compliquée,
08:22et vis-à-vis de son électorat,
08:24qui ne comprend pas très bien pourquoi il s'embarque dans cette aventure,
08:27et aussi vis-à-vis d'Israël,
08:29vis-à-vis de l'Arabie Saoudite,
08:31qui ne veut pas d'une intervention.
08:32Donc, ça reste compliqué pour lui.
08:35Il faut qu'il arrive à trouver la meilleure des options
08:39qui servent ses propres intérêts.
08:41Merci.
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