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DB - 17-02-2026
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00:04:43Ah oui. Voyons, vous êtes-vous bien assuré de l'identité de la victime ? Avez-vous bien recherché l
00:04:49'arme du crime ? Qu'est-ce que vous avez pensé ?
00:04:51Nous avons même commandé l'ambulance ?
00:04:54Les papiers de la victime, nous les avons. Sa voiture est là. L'arme du crime est introuvable.
00:04:58Eh bien, cherchez encore, mon cher La Violette. Cherchez encore ?
00:05:06Eh bien, est-ce que vous avez une certitude ? Rien dans la voiture, rien dans la voiture, en tout
00:05:14cas.
00:05:15Que dites-moi, vous, vous avez une certitude, vous avez une certitude, le mort avait des chaussures cyclistes.
00:05:25La nuit ? La nuit ? Alors qu'il roulait en voiture ?
00:05:28La nuit ? Alors qu'il roulait en voiture ?
00:05:28Enfoncement du pariétal par un objet contondant, mort immédiate. Vous aurez mon rapport dans la soirée, mon rapport de top
00:05:346. Si vous voulez bien m'excuser.
00:05:35Là, je vous en prie.
00:05:43Chef, le photographe a fini. On peut emmener le cadavre ?
00:05:46Allez-y, mon vieux.
00:05:49Alors, commissaire ?
00:05:51Un bon point, juge.
00:06:00Attendez ! Attendez !
00:06:06C'est bon.
00:06:08C'est bon.
00:06:13Oh, mon Jeannot. Mon Jeannot. Ils me l'ont tué. Mon chéri. Mon chéri. Mon chéri. Mon chéri.
00:06:23La mère.
00:06:24Mon Jeannot. Ils m'ont tué. Ils m'ont tué.
00:06:29Laissez-moi.
00:06:30Qui vous a prévenu ?
00:06:31Mais laissez-moi. Vous voyez bien que mon fils est mort. Laissez-moi.
00:06:34Laissez-moi.
00:06:34Espèce de brute.
00:06:36Enlevez-le, nom de Dieu.
00:06:38Madame, je vous en prie.
00:06:41Je vous en prie, dites-moi.
00:06:43Qui vous a prévenu ?
00:06:45Qui vous a prévenu ?
00:06:48Madame, celui qui vous a prévenu est peut-être l'assassin.
00:06:52Vous pouvez pas comprendre.
00:06:54Un truc de mère et son physique.
00:06:57Il existe des ondes.
00:06:59Laissez-moi aller.
00:07:14Tigresse, hein ?
00:07:16Une vraie tigresse.
00:07:17Mettez-vous à sa place.
00:07:20Elle vous a pas raté ?
00:07:22Non.
00:07:22Par contre, moi, en voulant la brusquer, j'ai loupé mon cou.
00:07:25Et dans l'ambulance, elle vous a dit qu'il l'avait prévenu ?
00:07:28Bouf.
00:07:30Son intuition de mère.
00:07:31Tu parles.
00:07:32Les liens extrasensorielles.
00:07:35Moi, je ne crois qu'à ce que je vois.
00:07:37Il ne faut pas prendre ces choses-là à la légère, vous savez.
00:07:40Ici, en Chine, ils font des expériences très intéressantes là-dessus.
00:07:43Ici, nous sommes en France, mon cher juge.
00:07:46Et en province.
00:07:47Oui, en province, mais dans une ville très secrète.
00:07:51Alors, s'il s'agit d'un crime ésotérique, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.
00:07:58Décidément, il était beau comme un dieu, ce gamin.
00:08:02Gamin ?
00:08:03Il avait mon âge ?
00:08:05C'est bien ce que je voulais dire.
00:08:09Oui, il était très beau.
00:08:11C'est peut-être là que réside l'explication du meurtre.
00:08:15D'après vous, le coupable serait un mari trompé.
00:08:19Mon dieu, vous voyez une meilleure hypothèse ?
00:08:22Les maris par ici ne tuent pas, ils divorcent discrètement ou ils passent l'éponge.
00:08:28Vous savez, j'ai pas mal roulé ma bosse.
00:08:30Je peux vous dire que les maris d'ici ne sont guère différents de ceux de Paris, de Strasbourg ou
00:08:34de Lyon.
00:08:35Il y a les cocus qui s'en foutent et ceux qui ruminent.
00:08:39Mais à force de ruminer, parfois, ils tuent.
00:08:42D'ailleurs, j'ai fait procéder à quelques vérifications.
00:08:46Auprès de qui ?
00:08:47Jeannot Vial tenait un carnet de ses bonnes fortunes ?
00:08:49Mais non.
00:08:51Mais sa mère en connaissait quelques-unes.
00:08:53J'ai vérifié l'alibi de trois maris trompés.
00:08:57Discrètement, rassurez-vous.
00:09:01Résultat ?
00:09:02Zéro.
00:09:06J'ose espérer que vous avez lu le rapport d'autopsie dont je vous ai fait remettre un double.
00:09:10Mais je l'ai lu soigneusement. Je l'ai même médité.
00:09:15L'examen du bol alimentaire indique que la victime avait ingurgité une certaine quantité d'alcool, probablement du champagne ainsi
00:09:22que du foie gras et du caviar.
00:09:25Une partie fine.
00:09:27Quand j'avais 25 ans, j'avais une petite amie qui, à chaque fois qu'elle m'accordait une nuit,
00:09:30me dopait comme un cheval de course avec des plats aphrodisiaques.
00:09:35Vous savez, ces plats qui font de l'effet avec 12 heures de retard.
00:09:38Enfin, vous connaissez ça aussi bien que moi.
00:09:42Oui.
00:09:46La biopsie pratique autour de la blessure n'a rien révélé quant à la nature de l'arme utilisée, sauf
00:09:51quelques traces de sable de quartz.
00:09:55Mais voilà bien avancé.
00:09:57Du sable de quartz, il y en a partout dans le coin.
00:10:00Je me vois mal interroger tous les terrassiers de la région.
00:10:05L'arme du crime pourrait être un pic, une pelle, une pioche...
00:10:09Un marteau, une massue, un gourdin.
00:10:13Décidément, ce crime ne me plaît pas.
00:10:57Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:11Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:28Oui, c'est bon pour le commerce.
00:11:29Oui, ça fait vendre aussi des boules pour les oreilles.
00:11:32Allons bon, un accident maintenant.
00:11:36Je crois que ça va marcher.
00:12:24Sous-titrage Société Radio-Canada
00:12:36Vous le connaissiez ?
00:12:37Eh oui, le pauvre. C'est le Jules Paillant, le patron de l'hôtel Carême.
00:12:40Et le pire, c'est que celui qui le suivait et qui a découvert l'accident,
00:12:44c'est son propre frère, le pauvre Gabriel.
00:12:48Il est effondré.
00:12:53C'était un bon pilote ?
00:12:54Le meilleur de tous.
00:12:56Il avait déjà gagné le rallye l'an dernier.
00:12:58Il connaissait la route à fond.
00:13:00Non, pour moi, il a dû être gêné dans le virage.
00:13:03Peut-être un animal qui a traversé la route.
00:13:06Oui.
00:13:07Et par une autre voiture ?
00:13:08Ah, c'est impossible.
00:13:10Toutes les routes étaient barres à la circulation depuis ce matin.
00:13:33Quelle surprise !
00:13:35Vous êtes seul ?
00:13:36Je vous recommande le coq au vin.
00:13:37Il est fameux.
00:13:39Non, merci.
00:13:40Je n'ai pas faim.
00:13:41Qu'est-ce qui se passe ?
00:13:43Vous avez votre tête de mauvais jour.
00:13:45On dirait Robespierre qui se prépare à envoyer une charrette à la guillotine.
00:13:49Si vous aviez vu ce que j'ai vu ce matin...
00:13:51Ben quoi, l'accident ?
00:13:52L'accident, c'est vite dit, commissaire.
00:14:02Monsieur déjeune ?
00:14:03Non, je prendrais juste un verre d'eau et deux aspirines.
00:14:06Eh, la pharmacie, c'est en face.
00:14:09Et pour vous, monsieur Laviolette ?
00:14:11Pour moi, ce sera le plateau de fromage, Madeleine.
00:14:14Et un pichet de rouge pour faire passer le tout.
00:14:16Ah, vous au moins, vous me faites plaisir.
00:14:21Vous vous rappelez l'assassinat de Jeanne Auvial ?
00:14:24Oui, évidemment, il y a d'un.
00:14:26Entre Jeanne Auvial et Jules Payan, l'accidenté de ce matin,
00:14:30il y a plusieurs correspondances.
00:14:33D'abord, ils étaient tous les deux célibataires.
00:14:35Ensuite, l'un et l'autre collectionnaient les aventures féminines.
00:14:39Mais il n'y a plus troublant.
00:14:41Dans le coffre de la voiture, accidenté,
00:14:45on a retrouvé des accessoires de cyclistes
00:14:48et une roue de rechange de bicyclette.
00:14:51Tenez, lisez.
00:14:53Quittez-là.
00:14:53Lisez ça.
00:15:01Oui, d'accord.
00:15:04Mais dans le premier cas, il s'agissait d'un meurtre.
00:15:07Et ici, l'accident ne fait aucun doute.
00:15:10Ne nous laissons pas entraîner par notre imagination, mon vieux.
00:15:19Et ça, qu'est-ce que c'est, d'après vous ?
00:15:21Un galet, manifestement.
00:15:23Je l'ai trouvé dans la voiture accidentée,
00:15:25coincée sous la pédale d'embrayage.
00:15:27Il n'a pas pu y venir tout seul.
00:15:30Vous savez, une voiture qui dégringole dans un ravin,
00:15:32ça remue beaucoup de caillasses.
00:15:33Non, le rapport a établi que dans le ravin
00:15:36où s'est écrasée la voiture,
00:15:37il n'existe pas de pierre identique.
00:15:39De plus, ce galet est incrusté de sable de quartz.
00:15:45Vous vous rappelez ?
00:15:53Évidemment, c'est troublant.
00:15:55Mais ça ne prouve rien.
00:15:57Mais si.
00:15:59Je me suis promené ce matin sur les bords de la rivière.
00:16:03Eh bien, ça sentait le sable de quartz.
00:16:07Quelle flaire.
00:16:10Et je n'ai pas seulement flairé, commissaire.
00:16:13Sur la rive, il y a des milliers de galets
00:16:16identiques à celui-là.
00:16:19La preuve.
00:16:26Admettons.
00:16:28Mais vous vous rendez compte de la force
00:16:29qu'il faudrait déployer pour enfoncer une boîte crânienne ?
00:16:32Je sais bien, mais ça paraît impossible.
00:16:35Même avec un pavé, on n'y arrive pas.
00:16:39Un pavé.
00:16:42Dites donc, vous étiez où, vous, en mai 68 ?
00:16:44On ne peut rien vous cacher, commissaire.
00:16:47J'ai balancé quelques pavés sur les CRS.
00:16:51Enfin, à l'époque, c'était pas un crime.
00:16:54En plus, ils avaient des casques.
00:16:56Ah, c'est beau, la jeunesse.
00:16:58Et naturellement, après un tel exploit,
00:17:00vous avez été mis ici, sur la touche,
00:17:02dans notre belle province.
00:17:03Oui.
00:17:05Mais le dossier d'avancement,
00:17:07moi, je m'en fiche.
00:17:09Je me plais bien, ici.
00:17:12Pas vous ?
00:17:14Moi, ils croyaient me punir.
00:17:15Et finalement, j'ai jamais été aussi heureux.
00:17:18Ah, ici, on respire.
00:17:20Si seulement il n'y avait pas de crime.
00:17:26Merci, madame, j'ai plus faim.
00:17:31Mais pourquoi tenez-vous absolument
00:17:33à nous encombrer avec un nouveau crime ?
00:17:36Le premier n'est même pas élucidé.
00:17:38Vous voyez ce cirque ?
00:17:40Justement, ce crime sans solution,
00:17:42ça m'empêche de dormir.
00:17:43Et vous imaginez qu'avec un second crime,
00:17:45vous allez retrouver le sommeil ?
00:17:47Écoutez, commissaire, tout ce que je vois,
00:17:49c'est qu'il y a un assassin en liberté.
00:17:52Bon, d'ailleurs, peut-être,
00:17:54on s'est mal pris dans l'affaire Vial.
00:17:56Mais comment s'en mal pris ?
00:17:57On a interrogé tous les suspects possibles.
00:17:59On a vérifié tous les alibis.
00:18:02Épluché tous les indices.
00:18:03Non, non.
00:18:04On n'a absolument rien à se reprocher.
00:18:09Bon, ben, j'ai terminé l'autopsie.
00:18:11Vous aurez mon rapport officiel dans la soirée.
00:18:13Mais je peux vous dire d'ores et déjà
00:18:15que notre bonhomme a la même blessure
00:18:16que le premier mort.
00:18:18Enfoncement du pariétal gauche.
00:18:27Vous aviez raison.
00:18:29Vous êtes content ?
00:18:31J'aurais préféré me tromper.
00:18:34Dès que ça se saura,
00:18:35ça nous promet des ennuis.
00:18:36Bouf !
00:18:38Moi, je peux guère descendre plus bas.
00:18:41Moi, c'est la presse que j'aurais d'où.
00:18:56Par ici, commissaire.
00:18:57Regardez sur la droite.
00:18:58Déclaration, commissaire ?
00:18:59Je ne sais pas passer, je n'ai rien à dire.
00:19:00Vous êtes sur une piste ?
00:19:00Aucune déclaration.
00:19:02Allons, monsieur la violette.
00:19:03Moi, une fleur.
00:19:04Une violette, hein ?
00:19:05J'apprécie beaucoup votre humour, monsieur Sorin.
00:19:07Mais je ne peux rien dire puisque je ne sais rien.
00:19:09Oh, modeste comme la violette, hein,
00:19:10telle est votre devise.
00:19:12Et est-il exact que les deux victimes
00:19:13aient été tuées à coup de galet ?
00:19:15Mais pourquoi posez-vous des questions
00:19:16puisque vous connaissez toutes les réponses ?
00:19:18Et vous soupçonnez quelqu'un ?
00:19:20Je vous soupçonne de me faire perdre mon temps.
00:19:22Au revoir.
00:19:25C'est pas celui-là, je vais me le payer un de ces jours.
00:19:28L'assassin sait que sa future victime participe au rallye.
00:19:31Il connaît le parcours.
00:19:33Il se poste ici, à l'endroit stratégique.
00:19:37Oui.
00:19:38La voiture rouge est très reconnaissable.
00:19:40Le pilote ralentit avant l'entrée du virage.
00:19:44Et là, l'assassin lui balance son projectile.
00:19:47Il fallait un miracle pour atteindre la tête du pilote
00:19:50d'une voiture qui roulait assez vite, non ?
00:19:51Non, monsieur le procureur.
00:19:53Beaucoup d'entraînements.
00:19:55L'assassin vise très bien.
00:19:57Il l'a prouvé plusieurs fois.
00:19:59Il faut me trouver ce criminel, la violette.
00:20:03Et vite.
00:20:04Les élections approchent, comme vous le savez.
00:20:06Si vous n'avez pas besoin de moi, je vais me retirer.
00:20:08Oui, faites, faites, mon cher cher.
00:20:11Les élections approchent.
00:20:12La presse nous guette.
00:20:14Et il serait souhaitable
00:20:15que cette vague de crimes...
00:20:17Fasse le moins de vagues possibles.
00:20:19J'ai compris.
00:20:20On ne saurait guère compter sur le juge chabrant
00:20:22dont les opinions politiques sont un peu...
00:20:25extrémistes.
00:20:27Aussi, avons-nous décidé, en haut lieu,
00:20:29de vous confier l'entière responsabilité
00:20:31de toute cette affaire.
00:20:33Nous vous donnons les pleins pouvoirs.
00:20:36Oh, le pouvoir, le pouvoir.
00:20:38Vous savez ce que j'en pense, monsieur le procureur.
00:20:40Oui, je sais.
00:20:42Je connais vos états de service.
00:20:44Brillants.
00:20:46Mais aussi vos écarts de langage.
00:20:47Fâche sans lequel vous seriez divisionnaire
00:20:49depuis longtemps.
00:20:50Ah ben, mon cher ami,
00:20:51voilà une occasion idéale de vous distinguer.
00:20:54Et de finir en beauté une carrière en dents de scie.
00:20:57Alors, c'est entendu.
00:20:58Nous comptons sur vous.
00:20:59Je vous remercie de cette marque de confiance,
00:21:01monsieur le procureur.
00:21:02Alors, dès maintenant,
00:21:03toutes les forces de police sont à votre disposition,
00:21:06gendarmes y comprises.
00:21:07Vous avez la haute main sur tout.
00:21:09C'est convenu.
00:21:12Monsieur le procureur,
00:21:14vous me témoignez tant de sollicitude
00:21:16que j'aurais mauvaise grâce
00:21:17à refuser cette responsabilité.
00:21:20Mais je crains qu'il ne faille encore
00:21:21un ou deux crimes
00:21:22avant que nous puissions mettre la main sur l'assassin.
00:21:25Allons, allons, mon cher la Violette.
00:21:27Vous trouverez bien avant.
00:21:31Je sais que vous aimez beaucoup cette ville
00:21:33et que vous ferez tout pour y rester.
00:21:39N'est-ce pas ?
00:21:57De toute façon, nous sommes bien d'accord.
00:21:59Les payants étaient tous les deux
00:22:00des coureurs de jupons imméritants.
00:22:02Eh bien, chose curieuse.
00:22:04Un ou deux mois avant leur mort,
00:22:06ils ont brusquement cessé de sourire les filles.
00:22:09Oui, ce qui voudrait dire
00:22:10qu'ils ont rencontré une femme
00:22:11qui les a fixées.
00:22:13Un grand amour, quoi.
00:22:15Eh oui, la femme exceptionnelle.
00:22:17Idéale.
00:22:18Magique, en quelque sorte.
00:22:20Alors, admettons que ce genre de femme existe.
00:22:23Bien.
00:22:24Elle séduit Jeannot Vian.
00:22:26Jeannot Vian est tué.
00:22:27Elle séduit Jules Payan.
00:22:29Jules Payan est tué.
00:22:31Mais, commissaire, c'est une menthe religieuse.
00:22:34Elle se laisse séduire,
00:22:36elle se laisse aimer,
00:22:36et puis elle tue.
00:22:38Ah non, là vous avez un petit peu peur.
00:22:40Une femme ne tue pas à coups de cailloux, tout de même.
00:22:43Si elle ne tue pas elle-même,
00:22:45elle peut faire tuer.
00:22:49Pourquoi ?
00:22:49Il y a d'autres manières de se débarrasser d'un amant.
00:22:52Moi, je pense plutôt à une femme mariée.
00:22:56Le mari jaloux, c'est l'hypothèse la plus logique.
00:22:59Oui, mais alors, pourquoi Nater n'ait rien dit
00:23:01en apprenant la mort successive de ses deux amants ?
00:23:03Qu'est-ce qu'on est qu'elle fasse ?
00:23:05Qu'elle vienne le trouver ?
00:23:06Non, elle a eu peur, elle a eu peur du scandale.
00:23:09Surtout, si son mari a fait le coup.
00:23:11Je la vois mal venir me dire,
00:23:12monsieur le commissaire a arrêté mon mari
00:23:14qui a tué tous mes amants.
00:23:22Tu as entendu ? Curieux.
00:23:38Mais qu'est-ce que c'est ?
00:23:40Ils vont me faire offrir les gibliens
00:23:42que leurs conneriers.
00:23:45Oh, hé !
00:23:46Il y a quelqu'un ?
00:24:01C'est un palon de caltonnier.
00:24:03Caltonnier ? Qu'est-ce qu'il faudrait un plein de garrig et un caltonnier ?
00:24:06Et ces galets, qu'est-ce qu'ils font, là ?
00:24:09Les galets.
00:24:12Comme étonnier dans le journal.
00:24:15Sur la colline de Saint-Michel.
00:24:17Alors nous, forcément, on est venus voir et on a trouvé ça.
00:24:20Oui, on a trouvé ça.
00:24:23Et on a entendu quelqu'un qui s'enfuyait.
00:24:25Oui, quelqu'un qui s'enfuyait.
00:24:30Vous voyez ça, Courtois ?
00:24:36Le panneau est presque transpercé.
00:24:38Il a cogné avec une force terrible.
00:24:41Vous n'avez vu aucune tasse ?
00:24:43Suivez aucune piste ?
00:24:44Ben, c'est un droit. Le sol est dur comme au du béton.
00:24:47Oui, comme au du béton.
00:24:49Cessez de faire l'écho, voulez-vous ?
00:24:54Bon, ben, vous pouvez partir, merci.
00:24:57C'est tout ?
00:24:58Oui, c'est tout.
00:25:00Vous n'avez rien vu d'autre. Vous m'avez tout dit.
00:25:02Bon, alors laissez-moi travailler.
00:25:04Et la prochaine fois que vous entendez quelqu'un s'enfuir, courez après.
00:25:08Et rattrapez-le.
00:25:10Allez, bonne chasse.
00:25:16Et ça, mon vieux, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:25:20C'est un caillou de la rivière, comme l'autre.
00:25:24Et des impacts groupés comme ça.
00:25:26Il faut un tireur diablement à droit.
00:25:28Eh oui.
00:25:30Il a placé huit cailloux dans un petit rond de dix centimètres de diamètre.
00:25:36Une tête d'homme, c'est beaucoup plus gros que ça.
00:25:39Pour un tireur aussi habile, tuer un homme, c'est un jeu d'enfant.
00:25:45Et puis en plus, il s'entraîne, le salaud.
00:25:49Courtois, vous allez me convoquer tous les journalistes.
00:25:51Je vais donner une conférence de presse.
00:25:54Vous, patron, donnez une conférence de presse ?
00:25:57Eh oui, mon vieux.
00:25:58Depuis le temps qu'ils nous bassinent,
00:26:00ils vont peut-être enfin nous servir à quelque chose.
00:26:08Allô ?
00:26:10Allô ?
00:26:11Ah, j'entends rien, moi.
00:26:13Ah oui ?
00:26:14Bon, passez-moi une stélo de presse.
00:26:16C'est ça, oui.
00:26:18Allô ?
00:26:18Allô, Marcel ?
00:26:20Ici Saurin, le commissaire Laviolette,
00:26:22vient de nous informer que tout porte à croire que l'assassin va récidiver.
00:26:26Il semblerait que les deux victimes,
00:26:28Jeannot Viag et Jules Payan,
00:26:30sont morts de la même manière.
00:26:31La tempe écrasée par de gros galets.
00:26:34D'autre part,
00:26:35tous deux auraient fait la connaissance de quelqu'un
00:26:37juste avant leur assassinat.
00:26:39Qui ?
00:26:39Un homme.
00:26:40Une femme.
00:26:41Point d'interrogation.
00:26:42Il est de première importance que cette personne mystérieuse
00:26:45se fasse connaître.
00:26:46Son anonymat sera assuré.
00:26:48Tout habitant qui fera la connaissance d'une personne nouvelle
00:26:51et priez de le signaler au commissariat.
00:26:54Le commissaire Laviolette,
00:26:56enfin, a recommandé à tous ceux qui circulent la nuit dans la ville
00:26:59de porter un casque protecteur.
00:27:03Oui, c'est ça, un casque protecteur.
00:27:09Ah oui, vous couillonne, Adela.
00:27:10Vous me faites fuir la clientèle.
00:27:12Et dès que la nuit tombe, ils filent tous comme des péteux.
00:27:14Si ça continue, moi, j'ai plus qu'à faire mes boutiques.
00:27:16Bon, ben, tu fais pas de ville, Madeleine.
00:27:18Les gens ont toujours soif.
00:27:21À propos, tu nous remets le petit dernier, là.
00:27:23Ben, dites donc,
00:27:24j'en avoue une bien bonne ou qu'il y en a, son petit juge ?
00:27:26Il est plutôt mignon pour un magistrat.
00:27:28Ah ben, ça, je te donne un tuyau.
00:27:29Si tu veux le séduire,
00:27:30tu n'as qu'à travailler pour un journal de gauche.
00:27:32Tiens, votre choix.
00:27:33Ah oui, parce que, tenez-vous bien,
00:27:36notre petit juge,
00:27:37il est l'auteur d'une thèse sur la réfutation de Marx
00:27:39à la lumière de l'expérience albanaise.
00:27:41Et qu'est-ce que ça va avoir avec la gauche, ça ?
00:27:43Bon, ben, ça va.
00:27:45On te fera un dessin.
00:27:46Papa, papa,
00:27:47il y a un moment qui a dit qu'il faut rentrer tout de suite.
00:27:56Et voilà,
00:27:57vous n'aviez la peur.
00:27:58Vous êtes contents ?
00:27:59Bon, il fallait croire tout ce qui est dans les journaux, hein.
00:28:02Hé, ciao, moi je me rentre.
00:28:10Madre de Dios,
00:28:12ça n'est pas possible.
00:28:16Pourquoi ça tombe toujours sur moi ?
00:28:20Allez, les gars,
00:28:22je les figues.
00:28:23Et qui s'assautent ?
00:28:32La pape est enfoncée,
00:28:34comme les autres.
00:28:36Et des chaussures cyclistes,
00:28:38ça devient une habitude.
00:28:40Vous voyez ça ?
00:28:45O.R.
00:28:46Il a dû voir l'assassin avant de mourir,
00:28:48et il veut nous le désigner.
00:28:50Chef ?
00:28:50Oui ?
00:28:51On a trouvé une bicyclette dans un couloir.
00:28:52Vous avez noté l'adresse ?
00:28:54Oui.
00:28:54Bon, je m'en occuperai plus tard.
00:28:56Essayons de trouver d'autres traces.
00:29:03Ah, le salaud.
00:29:05Il a mis des chiffons autour de ses chaussures.
00:29:07Vous avez vu ?
00:29:07Chef, ici.
00:29:10Sur le pédestal.
00:29:12Les empreintes de pied.
00:29:14Il est monté sur la statue pour guetter sa victime.
00:29:18C'est un fou.
00:29:20En tout cas, ça nous fait toujours une empreinte.
00:29:23Courtois.
00:29:24Où il est passé, celui-là ?
00:29:26Courtois !
00:29:27Je suis là, chef commissaire.
00:29:28Vous avez votre matériel ?
00:29:29Oui, bien sûr.
00:29:30Du plâtre ?
00:29:30Oui.
00:29:31Bon, alors vous me prenez une empreinte de ces semelles.
00:29:33Attendez.
00:29:36Commissaire !
00:29:40Cette fois-là, mon vieux,
00:29:42je pense qu'on a une chance de le coincer.
00:29:44Pourvu que les traces continuent.
00:29:46Si le ciel était avec nous...
00:29:48Oui, là, tenez.
00:29:49Regardez.
00:29:51Là.
00:29:52Il éteint.
00:29:53Regardez.
00:29:54Encore une trace.
00:29:56Dans cette fascine, on ne peut pas le manquer.
00:29:58Là.
00:29:59Là.
00:30:02Mais le ciel n'est pas avec nous.
00:30:04Il est bel et bien avec l'assassin.
00:30:05C'est plutôt le diable, commissaire.
00:30:11Chérubin, l'hospitalier.
00:30:13Comment peut-on s'appeler comme ça ?
00:30:15C'est un homme à coucher dehors, comme on dit.
00:30:18Courtois, c'est avec des plaisanteries fines de ce genre
00:30:20que j'ai ruiné ma carrière.
00:30:22Vous voyez ce que je veux dire ?
00:30:24Il était professeur de philosophie.
00:30:26Vous avez enquêté au lycée ?
00:30:27Oui.
00:30:27Il était en poste depuis un an.
00:30:29Bien noté.
00:30:32Célibataire, pas de problème de femme.
00:30:34Ah, ben ça, c'est nouveau.
00:30:36Et la bicyclette ?
00:30:37J'ai vu le marchand.
00:30:38Il l'avait acheté il y a trois semaines.
00:30:41Vocation récente de champion cycliste.
00:30:44Un de plus.
00:30:45Bon, et bien moi, je vais aller tenir mes guêtres.
00:30:48Dans le quartier, on a trouvé la bécane.
00:30:50Vous voyez-vous bien, monsieur le commissaire.
00:30:51Il fait froid.
00:30:52Merci, mon vieux.
00:30:53Vous me rappelez ma main.
00:31:19Tu entends, Pio ?
00:31:22Comme il souffre.
00:31:28Il pleure.
00:31:31Tu l'entends pleurer ?
00:31:33Oui, maman.
00:31:35On a envie de le consoler.
00:31:43Voilà, c'est fini.
00:31:45Il est apaisé.
00:31:49Il joue maintenant.
00:31:52Comme s'il redevenait petit garçon.
00:32:06Madame.
00:32:09Madame, pourrais-je vous parler ?
00:32:12Notre maison vous est ouverte, amie.
00:32:15Asseyez-vous.
00:32:18Merci.
00:32:19Voilà, cette nuit, ou plutôt aux premières heures du matin, un homme a été trouvé assassiné près d'ici.
00:32:26Sa bicyclette dans votre couloir.
00:32:29Il s'agit d'un certain chérubin hospitalier.
00:32:33Professeur de philo au lycée Maria Borelli.
00:32:37Tu entends, Pio ?
00:32:39Notre pauvre chérubin est mort.
00:32:43Rien ne nous l'a dit.
00:32:46Rien ne nous a averti.
00:32:48Il n'est pas mort, maman.
00:32:50Tu sais bien qu'il repose sur le lotus de la loi.
00:33:02Mais, il était pourtant ici à nous parler il y a quelques instants.
00:33:06Ah, ça sûrement pas.
00:33:07D'après l'autopsie, il est mort entre 4h et 5h ce matin.
00:33:11C'est possible.
00:33:14Le temps ne compte pas pour nous.
00:33:18Enfin, il est bien venu vous voir cette nuit.
00:33:20Oui.
00:33:21Il pouvait être 2h du matin.
00:33:24Ah, mais dis-donc, il devait en avoir des choses importantes à vous dire.
00:33:28Non, pourquoi ?
00:33:30Vous dérangez comme ça la nuit ?
00:33:35Notre maison est ouverte à tous.
00:33:37À tout moment.
00:33:42C'est la maison du bon Dieu.
00:33:44Non.
00:33:45Ami, c'est l'une des maisons du maître.
00:33:49Excusez-moi.
00:33:50Je ne savais pas.
00:33:54Pio, offre à boire à notre ami.
00:33:58Volontiers.
00:33:59Avec ce froid.
00:34:12Cette eau est pure, n'ayez crainte.
00:34:14Elle provient d'un torrent de montagne.
00:34:38Mais de quoi avez-vous bien pu parler ensemble,
00:34:41jusqu'à 2h du matin, vous et la victime ?
00:34:44De tout, c'était un esprit ouvert.
00:34:48Nous parlions de Swedenborg, de Thomas d'Ackar.
00:34:52Oui, oui, bien sûr.
00:34:54Mais encore.
00:34:56Il ne vous a pas dit d'où il venait ?
00:34:58Où il allait ?
00:35:00S'il avait des maîtresses.
00:35:03Nous n'abordions jamais des sujets aussi prosaïques.
00:35:07Il avait l'air d'avoir peur.
00:35:09Au contraire.
00:35:12Il avait l'air content, quand il est arrivé avec sa bicyclette.
00:35:16Pourquoi ? Parce que...
00:35:20Oui, il voulait me la montrer.
00:35:23Il m'a dit, regarde, Pio, le beau vélo que je me suis offert.
00:35:29Mais justement, mais ce vélo, mais ce vélo, mais c'est sans doute, c'est sans doute sa mort.
00:35:43Non, non, laissez-vous faire ami.
00:35:48Je le vois coucher dans la boue.
00:35:53Le bras levé.
00:35:56Il a écrit quelque chose avec sa main.
00:35:59Bon.
00:36:01Eh bien, maintenant, vous allez vous expliquer.
00:36:06Comment connaissez-vous tous ces détails ?
00:36:08Ils ne sont pas encore dans la presse.
00:36:11J'ai capté cette image dans votre esprit, ami.
00:36:13Oui.
00:36:14Je vous préviens que ce genre d'explication ne réussira guère à convaincre à juste instruction.
00:36:20Non, pourtant, c'est vrai.
00:36:22J'avais vu de même la mort du pauvre Jeannot Vial il y a longtemps.
00:36:26Sa mère était...
00:36:28Assise, comme vous.
00:36:30Je l'ai vue.
00:36:32Étendue.
00:36:33Mort.
00:36:35Bon, ben, moi, ce qui m'arrangerait, c'est que vous ayez vu l'assassin.
00:36:40Ou au moins ce que cher Rubin a voulu écrire dans la boue.
00:36:43Mais non, je ne vois que ce qui existe.
00:36:46Ce qui n'existe pas n'est pas inscrit dans votre cerveau.
00:36:54En ce moment, votre cerveau est tout assombri de violence, de haine.
00:37:08Mais enfin, nom de Dieu, l'hospitalier était votre ami.
00:37:12Alors, ça ne vous dérange pas de voir son meurtrier impuni.
00:37:15Le meurtrier avait ses raisons.
00:37:17La punition appartient au maître, pas à nous.
00:37:21Eh bien, moi, je vais vous faire convoquer par le juge.
00:37:24Et avec le juge, les visions, ça ne prend pas.
00:37:26Ça, je vous préviens.
00:37:27La justice des hommes ne nous concerne pas, ami.
00:37:31Dis-donc, toi,
00:37:33tu n'en as pas eu de vision ?
00:37:35Non, je n'ai pas encore franchi toutes les étapes de l'initiation.
00:37:38Bon, d'accord.
00:37:39Alors, à part la bicyclette, tu ne te rappelles de rien.
00:37:42Tu ne sais pas ce qu'il aurait pu dire de bizarre.
00:37:49Tu peux parler, Pio, c'est un ami.
00:37:54Comme maman lui reprochait de ne pas être venu depuis quinze jours,
00:37:58il a répondu...
00:37:59Mais quoi ?
00:38:02Qu'il était au comble du bonheur.
00:38:05Au comble du bonheur.
00:38:07Oui.
00:38:40Un grog double et deux aspirines.
00:38:44Bientôt, je vendrai davantage d'aspirines
00:38:46que l'apéritif, moi, si ça continuait.
00:38:49Dites-moi, monsieur LaViolette,
00:38:51ça va durer encore longtemps, cette vague de crimes.
00:38:52Il faut demander ça à l'assassin, Madeleine.
00:38:55Si vous saviez comme j'en ai marre, moi aussi.
00:39:00Eh bien, commissaire, votre tactique semble avoir porté ses fruits
00:39:04ou elle avait qu'un nouveau cadavre sur les bras ?
00:39:05Qu'est-ce que vous pensez de tout ça ?
00:39:09Ce que j'en pense, monsieur Saurin.
00:39:13Je pense que vous feriez un bel article
00:39:15si vous nous trouviez à la suite de cette O.R.
00:39:19O.R., vous savez ces lettres
00:39:20que la victime a tracées sur le sol ?
00:39:23Vous qui êtes si malins,
00:39:25peut-être pourriez-vous me les expliquer.
00:39:35Bon, vous voyez vous-même.
00:39:38Et pourtant, j'y mets toute ma force.
00:39:40Non, mon vieux, aucun homme n'est assez fort pour faire ça.
00:39:44Il a dû se servir d'un engin quelconque.
00:39:46Un canon, alors.
00:39:48Voilà le rapport.
00:39:49Merci.
00:39:51Le rapport du laboratoire.
00:39:56Galoche à clous.
00:39:57Pointure 39, pied étroit.
00:40:00Des galoches à clous.
00:40:01Ça existe toujours, ça.
00:40:03La dernière fois que j'en ai porté, c'était en 38.
00:40:06Et encore, c'était celle de mon frère aîné.
00:40:09L'individu a tendance à s'appuyer sur l'intérieur de la semelle,
00:40:12ce qui laisserait à supposer qu'il est atteint de genou valgum,
00:40:15c'est-à-dire de genou cagneux.
00:40:17Mais un français sur 10, ça, des genou cagneux.
00:40:19Saut toute réserve, l'individu doit mesurer
00:40:21entre 1,58 et 1,60 de corpulence mince
00:40:25et pèserait entre 54 et 58 kilos.
00:40:28Petit pied, petite taille, petite corpulence.
00:40:33Une femme ou un enfant ?
00:40:39Un enfant ?
00:40:40Oui. Pourquoi pas.
00:40:46Par là.
00:40:49Je peux plus.
00:40:52Par là.
00:40:55Par là.
00:40:59Laissez le 4.
00:41:03Laissez le 4.
00:41:30Voilà le tableau.
00:41:31des lance-pierres
00:41:32et un plan de la ville
00:41:34avec toutes les enseignes lumineuses
00:41:35marquées d'une croix rouge.
00:41:38Ouais.
00:41:39Je vois ça dans les journaux.
00:41:41La violette arrête le gang des enseignes.
00:41:44Quant à ça, mon vieux,
00:41:45c'est complètement dérisoire.
00:41:47C'est tout juste bon
00:41:48à péter des ampoules.
00:41:50Mais pas des crânes.
00:41:52Non.
00:41:53Encore un coup pour rien.
00:41:55Voilà le reste.
00:41:59Alors, d'autre part,
00:42:01nous avons découvert 70 enfants
00:42:02chaussons du 39
00:42:03mesurant entre 1m58 et 1m60
00:42:06mais aucun n'est atteint
00:42:08de genoux valgum.
00:42:10Oui, ça, c'est
00:42:11les indices habituels.
00:42:13Chaussettes,
00:42:14des chaussures cyclistes
00:42:16avec la marque Terrenès
00:42:17et puis les gants de la victime.
00:42:32Je vais les faire refouler.
00:42:34Mais non, laissez, laissez.
00:42:35Vous n'avez pas le sens du comique.
00:42:37Parce que vous trouvez ça comique, vous.
00:42:39Eh oui.
00:42:40Je vais bientôt me retrouver
00:42:41du côté d'Hasbrook, chère juge.
00:42:43Dans ce cas-là,
00:42:44je irai avec vous, la violette.
00:42:46Dites pas de conneries, mon vieux.
00:42:56J'insiste pour que vous veniez me voir.
00:42:59Sinon, je me verrai au regret
00:43:01de m'adresser directement à la police
00:43:03et de lui révéler tout ce que je sais.
00:43:07Je vous donne cette dernière chance
00:43:09parce que je vous ai connue tout petit
00:43:12et que j'étais une grande amie
00:43:13de votre cher père.
00:43:15Voilà.
00:43:17Le scriptum.
00:43:20Je sais que c'est vous
00:43:25qui relevez la boîte aux lettres.
00:43:34Sinon,
00:43:36je ne me serais pas
00:43:39je ne serais pas permis
00:43:45de vous écrire.
00:43:50Très bien.
00:43:52Ah !
00:43:53Il faudra que je pense
00:43:55acheter des timbres.
00:43:58Louisette.
00:44:01Louisette.
00:44:04Louisette,
00:44:05mon chapeau et mon manteau.
00:44:15merci.
00:44:23Ah bien.
00:44:53je vais lui tirer les oreilles.
00:44:55Je vais lui tirer les oreilles.
00:44:55du cerweurier moi.
00:44:57Tch.
00:45:02...
00:45:09...
00:45:36Voici.
00:45:39Qu'est-ce que c'est que ça?
00:45:39Autre reçu, madame.
00:45:41Mon reçu? Mais je veux mon argent.
00:45:44Votre compte sera crédité cette semaine, madame.
00:45:47Cette semaine?
00:45:49Apprenez, jeune homme, que je suis la chevalière de Chanclos et que je n'ai pas l'habitude de me
00:45:52déranger deux fois. Alors appelez-moi le directeur.
00:45:55Excusez-nous, madame la chevalière, c'est un nouvel employé. Vous allez payer, madame, tout de suite.
00:46:00Et en espèce, comme d'habitude.
00:46:01Bien entendu, madame la chevalière. Dépêchez-vous. Voyez bien que madame est pressée.
00:46:07Vous savez, madame, c'est très imprudant de vous déplacer ainsi avec toutes vos valeurs sur vous.
00:46:12Vous devriez les laisser dans votre coffre avec vos bijoux.
00:46:15Mon cher Gillet.
00:46:16Non, mais regardez-moi, j'ai l'air d'une mendiante.
00:46:19Un malandrin un peu intelligent ne croira jamais que je me promène avec une fortune dans mon sac, allons, voyons.
00:46:24Croyez-moi, mon argent est plus en sûreté dans mon sac que dans votre chambre forte.
00:46:50Croyez-moi, mon argent est plus en sûreté dans mon sac.
00:47:01Ne me demandez pas quel bon vent m'amène, c'est le Mistral.
00:47:06Bonjour.
00:47:06Bonjour.
00:47:08T'avais une triste mine. Vous devriez partir en vacances.
00:47:12Oh, vous savez bien que c'est impossible.
00:47:15Il suffirait de faire mes huit jours.
00:47:17Non.
00:47:18C'est vrai que je me mêle de ce qui ne me regarde pas.
00:47:21D'ailleurs, je ne suis pas venue pour ça. Est-ce que vous pouvez me faire de la monnaie de
00:47:24100 francs ?
00:47:25Parce que j'ai des petits achats à faire et les commerçants sont devenus tellement voleurs.
00:47:28Alors, avec ces nouvelles pièces, ma mauvaise vue, j'ai peur de me faire estamper.
00:47:33Je vous donne ça tout de suite.
00:47:35Bonjour, monsieur. J'en ai pour une minute.
00:47:37Prenez votre temps, je regarde.
00:47:40Voilà.
00:47:44Voilà, mon nez.
00:48:06Tenez, madame.
00:48:09Merci, monsieur. C'est rare de rencontrer un jeune homme aussi courtois.
00:48:13Vous n'êtes pas d'ici.
00:48:14Pas exactement, non.
00:48:17Ça se voit tout de suite.
00:48:20Bon, il faut que je m'en aille.
00:48:23Venez donc prendre une tasse de thé un de ces soirs.
00:48:26Entendu. Je vous raccompagne.
00:48:31Au revoir.
00:48:33Oh, très bien.
00:48:34Merci.
00:48:38C'est un très bel article.
00:48:40Il est en pure laine, imperméabilisé.
00:48:43Je cherche quelque chose de très chaud.
00:48:45Oh, ben, vous ne trouverez pas mieux.
00:48:47Je pense que c'est votre taille.
00:48:49Vous voulez l'essayer ?
00:48:50Non, en fait, j'étais venu surtout pour les gants.
00:48:52Voilà, ils sont un peu trop grands.
00:48:55Ça n'a rien, monsieur Chabron.
00:48:56Je vais vous les échanger.
00:49:02Tenez, essayez cette paire.
00:49:09Votre enquête avance ?
00:49:11Elle piétine.
00:49:12Je m'attends à nouveau meurtre d'un jour à l'autre.
00:49:15Comme tout le monde.
00:49:18Dès que la nuit tombe, la ville est comme morte.
00:49:22Moi-même, quand je rentre chez moi, je ne suis pas tranquille.
00:49:31Je peux vous raccompagner, si vous voulez.
00:49:34Vous savez bien que c'est impossible.
00:49:37Tout se sait dans une petite ville, si on n'est pas discret.
00:49:51Vous êtes à l'aise ?
00:49:55Vous êtes à l'aise ?
00:49:57Vous êtes à l'aise ?
00:49:57À l'aise ?
00:49:57Oui, dans Vourgans.
00:50:00Oui, très bien.
00:50:03C'est parfait.
00:50:19Oh, ma lettre.
00:50:24Décidément, ma tête se perd.
00:50:28Ce sera pour demain.
00:50:53C'est insensé.
00:50:56On ne nous laisse même pas faire notre travail.
00:50:58Qu'est-ce que tu crois ?
00:50:59Qui vont te laisser photographier des cadavres ?
00:51:01Et quand ils donnent une conférence de presse,
00:51:02c'est pour qu'on fasse leur boulot.
00:51:03Ce mal faisait pas si froid pour faire une petite partie de boule.
00:51:05Oui.
00:51:06Tiens, voilà, Sherlock Holmes.
00:51:08Laissez-moi faire, on va rigoler.
00:51:12Monsieur la violette,
00:51:12je vous préviens aucune déclaration.
00:51:14Est-il exact quand vous avez saisi de la faire ?
00:51:16Monsieur Sorin,
00:51:18il est exact quand on vient de m'adjoindre un collègue,
00:51:21le commissaire divisionnaire Moriki.
00:51:23Posez-lui donc la question.
00:51:24C'est lui-même qui me l'a dit.
00:51:26Dans ce cas.
00:51:36Je suis arrivé,
00:51:37comme tous les matins,
00:51:38lui a porté sa côtelette d'agneau.
00:51:39Une côtelette première.
00:51:41Elle mangeait que ça, la pauvre.
00:51:43Et je l'ai trouvée là.
00:51:45Comme je vous vois,
00:51:46à côté de son sac ouvert.
00:51:48Ça devait se passer comme ça,
00:51:50une vieille toute seule,
00:51:51avec de l'argent et des bijoux pleins la maison.
00:51:53Bon, mais ça suffit, mon brave.
00:51:54Vous pouvez vous retirer.
00:51:56À moins que le commissaire la violette
00:51:57ait d'autres questions à vous poser.
00:51:59Je pense que vous avez tout dit,
00:52:01monsieur le divisionnaire.
00:52:08Entre nous, mon cher la violette,
00:52:10je vous suis parfaitement capable
00:52:11d'emmener cette affaire à bien.
00:52:13Je n'ai jamais douté de vos capacités.
00:52:15Mais puisque tout le monde
00:52:16en doute en haut lieu,
00:52:17il est bien normal
00:52:18qu'on soit venu vous chercher.
00:52:21Vous trouverez tous mes dossiers
00:52:22dans le bureau.
00:52:23Ah, mais c'est que j'ai besoin de vous,
00:52:25mon vieux.
00:52:25Je ne veux rien faire sans votre accueur.
00:52:34En tout cas, moi, je veux bien parier
00:52:35qu'une tête va tomber.
00:52:36Celle du commissaire la violette.
00:52:58Commissaire.
00:53:03Regardez.
00:53:05D'ici, on découvre une partie de la ville.
00:53:08J'ai tout compris.
00:53:09Elle a dû sorprendre l'assassin
00:53:10dans cette terrasse même.
00:53:12Le criminel est dans ce pâté de maison
00:53:14derrière une de ses fenêtres.
00:53:16Peut-être même qu'il nous regarde
00:53:17en ce moment.
00:53:18Je vais faire fouiller le pâté de maison.
00:53:20Ne nous énervons pas,
00:53:21monsieur le divisionnaire.
00:53:23Venez par ici.
00:53:29Regardez.
00:53:31Il peut très bien se trouver là,
00:53:32l'assassin.
00:53:34Ouais, évidemment.
00:53:36Autant dire les 20 000 habitants
00:53:37de cette ville, quoi.
00:53:43Ah, voilà les vautours.
00:53:47Je vais aller apaiser les esprits.
00:53:48Laissez-moi faire.
00:53:51Moi, je vous préviens,
00:53:52je serai peut-être obligé
00:53:53de vous désavouer.
00:53:54En douceur.
00:53:56Ne vous inquiétez pas pour moi.
00:53:57Vous savez, j'ai l'habitude.
00:54:02Mesdames et messieurs les journalistes,
00:54:04je vous avoue.
00:54:06Monsieur le divisionnaire,
00:54:07que pensez-vous de la théorie
00:54:08du commissaire Laviolette
00:54:09selon laquelle l'assassin
00:54:10sera un enfant ?
00:54:12Complètement absurde.
00:54:13Monsieur le divisionnaire.
00:54:14Bonne heure.
00:54:43Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:47Une fois de plus,
00:54:49le criminel anonyme
00:54:50a frappé dans notre paisible ville
00:54:52et la psychose devient générale.
00:54:54Nous apprenons que le commissaire Laviolette
00:54:57vient d'être officiellement
00:54:58dessaisi de l'enquête
00:54:59et remplacé par le commissaire
00:55:01divisionnaire Moriki,
00:55:02lequel a déclaré être
00:55:04sur une nouvelle piste.
00:55:06Selon le commissaire Moriki,
00:55:07l'hypothèse du commissaire Laviolette,
00:55:09pour laquelle le criminel
00:55:10pourrait être un enfant,
00:55:12ne repose sur aucun fait précis.
00:55:15Mais le nouvel enquêteur
00:55:17n'a pas voulu en dire plus.
00:55:19En Bretagne, maintenant,
00:55:21une centaine de manifestants
00:55:22ont assiégé la préfecture de Quimper.
00:55:25Une violente échauffourée
00:55:26a mis au prix
00:55:27CRS et manifestants.
00:55:29Les deux camps
00:55:30se sont durement affrontés
00:55:31pendant plus de deux heures.
00:55:33Les paysans bretons
00:55:35ont fait plusieurs blessés
00:55:36parmi les forces de l'ordre
00:55:37en projetant des pierres
00:55:39à l'aide de frondes.
00:55:40Comme vous le voyez donc,
00:55:42le combat de David
00:55:43contre Goliath
00:55:44a recommencé.
00:55:46David et Goliath,
00:55:47ils vont fort quand même.
00:56:02Fondre.
00:56:15Fondre.
00:56:43J'ai pas pu venir plus tôt, j'ai une épidémiplique en ce moment.
00:56:48Oh, mais ça va pas, vous ? Dites donc, vous n'allez pas me faire une dépression, hein ?
00:56:54Pour réagir, mon vieux, c'est pas parce qu'on vous a débarqué de l'affaire.
00:56:59C'est pas ça qui me préoccupe, c'est le cadet de mes soucis.
00:57:05Bobib, je sais avec quoi y es-tu, moi aussi.
00:57:09Avec des cailloux.
00:57:10Avec des cailloux, bien sûr, oui.
00:57:13Mais lancé à l'aide d'une fronde.
00:57:16Une fronde.
00:57:18Une arme disparue depuis des siècles.
00:57:20L'arme traditionnelle des Bretons.
00:57:22Ouais, bah, ne vous excitez pas, détendez-vous, hein ?
00:57:28Vous habitez ici depuis longtemps.
00:57:30Depuis toujours.
00:57:31Donc, vous connaissez tout le monde.
00:57:32Ne bougez pas comme ça tout le temps, vous allez détraquer mon appareil.
00:57:38Des familles Bretonnes.
00:57:41Des familles Bretonnes, vous en connaissez ?
00:57:46Oh, ben, y en a plusieurs.
00:57:47Beaucoup d'anciens marins se sont installés dans le coin et y ont fait souche.
00:57:50Et qui ?
00:57:5219, 17, c'est beaucoup, hein ?
00:57:54Oh, ben, y a les Lefloc, les Guéguennes, les Terrennaises, les Quériens.
00:58:02On va vous prendre votre température.
00:58:05Moi, ce qu'il me faut, ce sont des familles où y est... où y a des enfants.
00:58:10On ne parle pas la bouche pleine.
00:58:12Des enfants, euh...
00:58:14Y a les Quériens qui ont deux jumelles.
00:58:17Les autres n'ont pas d'enfants.
00:58:18Ah, si.
00:58:19Si, y a la veuve de l'amiral Terrennaise.
00:58:21La belle Irène, vous la connaissez sûrement.
00:58:24Oh, monsieur, voyons.
00:58:26Monsieur.
00:58:27Les articles pour hommes, confection, Terrennaise.
00:58:30La boutique du Vargas Indy, création Terrennaise.
00:58:33C'est là que j'ai acheté cette écharpe.
00:58:35Et c'est là que tous les frimeurs du pays vont s'offrir des gants pour l'auto et des
00:58:38chaussettes de sport.
00:58:39Attendez.
00:58:42Oh, mais je vais vous mettre au lit, hein.
00:58:44Puis je vais vous faire une ordonnance pour des antibiotiques.
00:58:46Évidemment, bien sûr.
00:58:49Vial, le fils Vial.
00:58:50Son survènement, Terrennaise.
00:58:52Jules Payan, les gants, Terrennaise.
00:58:55Cherubin hospitalier.
00:58:57Des chaussures cyclistes Terrennaise, mais tout, tout est Terrennaise, tenez.
00:59:00Vous faites fausse route.
00:59:01Et vous vous énervez inutilement.
00:59:03Je connais très bien Irène.
00:59:05C'est une jeune femme honnête.
00:59:06Très méritante.
00:59:08Il y a cinq ans, à la mort de son mari, elle est restée presque sans ressources avec une grande
00:59:11maison et deux enfants à entretenir.
00:59:15Quel âge ?
00:59:17L'aîné a 18 ans, c'est une fille.
00:59:20Le garçon a 15 ans.
00:59:22Irène travaille dur.
00:59:23Elle a monté sa boutique avec trois fois rien et maintenant, ben...
00:59:26Et où elle habite ?
00:59:28Enfin, je veux dire, son domicile, elle, en particulier.
00:59:30Ben, en sortant de la ville, une grande bâtisse baroque.
00:59:34La maison de l'amiral, on appelle ça.
00:59:36Voilà.
00:59:37Vous donnerez ça à Courtois demain matin pour qu'il aille vous aller chercher à la pharmacie.
00:59:40Et dans 48 heures, vous serez sur pied.
00:59:42En attendant, le lit et boissons chaudes, hein ?
00:59:45Faut que je file.
00:59:47Docteur, Irène, quel genre de femme c'est ?
00:59:51Pas du tout le genre que vous cherchez.
00:59:53La quarantaine effacée, triste.
00:59:55Ça n'est pas du tout une dévoreuse d'hommes.
00:59:58Et je m'y connais.
01:00:00Allez, tâchez de dormir.
01:00:15Allô ?
01:00:16Le commissaire Moriki, vite.
01:00:25Allô, passez-moi le panier de justice.
01:00:27Ben oui, je sais qu'il est fermé.
01:00:30Excusez-moi, c'est la violette.
01:00:31Je voudrais parler au juge Chabran.
01:00:33Il n'est pas chez lui.
01:00:35Ayez la gentillesse de regarder par la fenêtre
01:00:37pour voir s'il y a de la lumière dans son bureau.
01:01:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:19Eh commissaire, si c'est pour l'assassin, c'est pas ici.
01:01:22Non, je voudrais simplement de quoi écrire un petit bout de papier.
01:01:26J'étais venu voir le juge et il n'est pas chez lui,
01:01:28alors je voudrais lui glisser un mot sous sa porte.
01:01:30Oh, il va sûrement pas tarder.
01:01:33Pourquoi, vous savez où il est ?
01:01:34Non, mais je l'ai vu partir à vélo et vu le froid qu'il fait.
01:01:39À vélo ?
01:02:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:36Sous-titrage Société Radio-Canada
01:03:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:43Écoute-moi, Hermès, souterrain,
01:05:46maître suprême du ciel et des enfers.
01:05:51Je suis électre.
01:05:54Je veux que tu portes mon message aux divinités infernales
01:05:58qui ont l'œil sur tous ceux qui ont trahi mon père,
01:06:03qu'elles prêtent l'oreille à mes prières.
01:06:08Jeus, grand Jupiter,
01:06:12vois les enfants de l'aigle privés de leur père,
01:06:14tués dans les replis des nœuds d'une affreuse vie, père.
01:06:18Tel est mon sort à moi, Orestes.
01:06:20Et celui de ma sœur électre.
01:06:23Nous sommes des enfants sans père,
01:06:26étrangers dans leur propre maison.
01:06:27Oh, mon père,
01:06:30toi qui m'entends dans ton tombeau,
01:06:32aie pitié de moi et de ton oreste
01:06:35pour que nous soyons maîtres chez nous.
01:06:39À présent, nous irons de par le monde,
01:06:42vendus par celle qui nous a enfantés
01:06:44et qui a pris pour te remplacer,
01:06:47Végis.
01:06:49Accorde-nous la vengeance, mon père.
01:06:52Et à moi-même,
01:06:53accorde un corps plus chaste
01:06:55que celui de ma mère.
01:06:57Zeus,
01:06:58ordonne-moi de poursuivre
01:06:59ceux qui trahissent la mémoire de mon père
01:07:01en les frappant
01:07:02comme ils l'ont frappé
01:07:04et en les tuant
01:07:06eux qui ont souillé la couche de ma mère.
01:07:08Alors, dirais-je les peines
01:07:10que nous avons endurées
01:07:11de celle qui nous a mis au monde?
01:07:13Ah, mère odieuse!
01:07:33Mère impudente,
01:07:35si tôt ton mari mort,
01:07:37tu te vôtres avec tes amants.
01:07:39Tout ce que tu dis, là, hélas,
01:07:41sont autant d'affronts
01:07:42mais autant d'affronts.
01:07:44Mais cet invienu traitement,
01:07:45elle le paiera,
01:07:46elle et ses amants.
01:07:48Grâce au Dieu
01:07:49et grâce à mon bras vengeur
01:07:51que je les tue.
01:07:53J'ai pu mourir après.
01:07:55Tu parles du sort de mon père,
01:07:58mais moi, de mon côté,
01:08:00j'ai été reléguée à l'écart,
01:08:02sans égard,
01:08:04comptée pour rien,
01:08:06exclue du foyer
01:08:07comme un chien malfaisant.
01:08:09Les larmes
01:08:10me montaient aux yeux
01:08:11plutôt que le rire à la bouche.
01:08:13Et je ne cessais
01:08:14de verser en cachette
01:08:15les pleurs et les...
01:08:16Ah!
01:08:17Déjeuner!
01:08:18N'ayez pas peur,
01:08:19je suis de la police.
01:08:20Mais monsieur...
01:08:20Où est votre chambre?
01:08:22Allez!
01:08:22C'est de toi
01:08:22que je m'adresse, mon père.
01:08:25Fais en secours
01:08:26de ce que je t'aime.
01:08:27Et d'abord,
01:08:28vous qui êtes-vous?
01:08:29Je m'appelle
01:08:29Anne-Marie Terrenès.
01:08:31Je suis la cousine d'Irene.
01:08:33Je l'aide à tenir la maison.
01:08:35Je m'occupe des enfants.
01:08:37Mais je comprends pas
01:08:38ce que vous me voulez.
01:08:42Écoutez,
01:08:42je vous jure
01:08:43que j'ai rien fait.
01:08:44Je sais rien.
01:08:48Et ça?
01:08:50C'est des portraits de famille?
01:08:53On dirait plutôt
01:08:54un cimetière.
01:08:56C'est vous
01:08:57qui les avez tués, hein?
01:08:58Oh non, non!
01:08:59Je vous jure que non!
01:09:00Alors eux,
01:09:00qui sont-ils?
01:09:01C'étaient tes amants.
01:09:03Avoue-le.
01:09:04Non, j'ai pas d'amants.
01:09:06C'étaient ses amants
01:09:07à elle,
01:09:07Irène.
01:09:08Ah!
01:09:10Essayez-vous.
01:09:12Et maintenant,
01:09:12racontez-moi
01:09:13ce qui s'est passé.
01:09:14Vous n'aurez pas
01:09:14d'ennui,
01:09:15je vous préviens.
01:09:17Non, j'ai trop honte.
01:09:19Il n'est pas question
01:09:19d'avoir honte.
01:09:21Le miroir sans teint.
01:09:23C'est vous
01:09:24qui l'avez découvert?
01:09:25Hum?
01:09:26Il y a longtemps?
01:09:28Il y a un an,
01:09:29par hasard,
01:09:30en faisant le ménage.
01:09:32Ah!
01:09:35Très bien.
01:09:39Alors,
01:09:39vous avez surveillé
01:09:40Irène.
01:09:45comprenez-moi,
01:09:46j'arrivais de Bretagne
01:09:47où je ne savais rien.
01:09:50J'étais fascinée.
01:09:52Et bien sûr,
01:09:53vous y avez pris goût.
01:09:55Oui.
01:09:57J'aurais voulu être belle
01:09:58comme elle.
01:09:59En la regardant,
01:10:00j'avais l'impression
01:10:00que c'était moi
01:10:01qui faisais l'amour.
01:10:02Non, pas de nom de Dieu.
01:10:04Vous saviez que
01:10:04tous ces amants
01:10:04étaient assassinés.
01:10:06Et vous n'avez rien dit.
01:10:08Pourquoi?
01:10:12J'aurais dû tout expliquer.
01:10:14Je fais trop honte.
01:10:16Tout?
01:10:18Quoi tout?
01:10:21Ils m'ont surprise.
01:10:23Et qui ça?
01:10:24Ils?
01:10:25Eux, là-bas.
01:10:26Vous ne les entendez pas?
01:10:27Ils font du théâtre.
01:10:54Rien ne peut les calmer,
01:10:55ces souffrances.
01:10:58car mon cœur
01:10:59est comme un loup
01:11:00cornacier.
01:11:13Moi aussi,
01:11:13j'ai le droit
01:11:14d'être aimée.
01:11:16Et je ne peux pas.
01:11:19Je ne peux pas.
01:11:27...
01:11:34...
01:11:45Merci.
01:12:14Merci.
01:12:46Merci.
01:13:16Merci.
01:13:42Merci.
01:14:11Merci.
01:14:43Merci.
01:14:48Merci.
01:14:49N'essaie de s'enfuir.
01:14:53Vite.
01:14:54Courez après lui, mon vieux rattrapeur.
01:14:55Non.
01:15:00C'est parti.
01:15:32C'est parti.
01:16:17Pourquoi ? Pourquoi ?
01:16:21Parce que tu as touché ma mère, comme les autres.
01:16:38Mon vieux, il nous reste encore une chose à faire ensemble.
01:16:43Arrêtez l'assassin.
01:16:53Elle voulait que dans la maison personne n'entende de bruit.
01:16:57C'est pourquoi elle insistait tant pour que ses amants viennent à bicyclette.
01:17:02Vous aviez tout ça, juge.
01:17:05Et pourtant, vous lui avez obéi.
01:17:07Comme les autres.
01:17:09Vous êtes allé à la mort.
01:17:11Comme les autres.
01:17:13Et vous ne m'avez rien dit.
01:17:26Regardez.
01:17:28Cette femme est obligée de se cacher de ses enfants qui sont terriblement attachés à la mémoire de leur père.
01:17:33Les Atrides, mon vieux.
01:17:35Les Atrides.
01:17:37Si vous aviez lu Échille plutôt que Marx.
01:17:44J'ai tué son fils.
01:17:45Mais non, voyant.
01:17:46J'ai tout vu.
01:17:48C'était un accident.
01:17:49Mais quelle différence.
01:17:50Allez, allez, venez.
01:17:57C'est toi, Orestes ?
01:17:58Non, Électre.
01:18:00Orestes est mort.
01:18:01Et c'est vous la responsable.
01:18:04Ne vous montrez pas.
01:18:05Elle vous connaît.
01:18:06Vous êtes responsable de sa mort.
01:18:08Comme vous êtes responsable de la mort de Jalot-Dial.
01:18:11De Jules Peyan.
01:18:13De Chérubin l'Hospitalier.
01:18:15Ce malheureux professeur de philosophie.
01:18:18O.R.
01:18:20Des premières lettres d'Orestes.
01:18:23Oui, c'est moi qui les ai tuées.
01:18:25Il le fallait.
01:18:30Oh, cette lueur joyeuse sur le visage de ma mère certains soirs.
01:18:34Il fallait que je la détruise.
01:18:36Vous n'êtes pas obligé de parler.
01:18:40Nous n'avons aucun droit d'être ici.
01:18:43Non, pas toi.
01:18:45Je n'avais encore jamais vu ma mère comme ce soir.
01:18:48Heureuse.
01:18:50Comblée comme ce soir.
01:18:52Toi, il t'aime vraiment pas comme les autres.
01:18:55Et je te déteste plus que tous les autres.
01:18:59Toi, j'aurais voulu que tu meurs deux fois.
01:19:05C'est vrai, vous n'êtes pas obligé de parler.
01:19:08Mais je veux parler.
01:19:11Il faut bien que ça sorte.
01:19:14Je me retiens depuis si longtemps.
01:19:16Ma mère, je l'ai aimée follement.
01:19:20Plus encore lorsque mon père est mort.
01:19:23Nous nous sommes serrés tous les trois, l'un contre l'autre,
01:19:26de notre maison à nous.
01:19:29Et un jour, quand j'ai eu 13 ans,
01:19:33que je suis devenue une femme,
01:19:36j'ai compris que l'amour d'un homme, je ne le connaîtrais jamais.
01:19:39Jamais.
01:19:43Est-ce que vous me trouvez belle ?
01:19:50Répondez.
01:19:52Est-ce que vous me trouvez belle ?
01:19:54Oui, vous êtes très belle.
01:19:58Et ça ?
01:20:02Vous feriez l'amour avec ça ?
01:20:08L'amour m'était interdit.
01:20:12Je me suis jetée dans la lecture
01:20:13comme on se jette dans un lac pour se noyer.
01:20:17Le théâtre.
01:20:19Je connais par cœur tous les rôles de toutes les tragédies.
01:20:22Et vous savez de quoi elle parle, les tragédies ?
01:20:25Elle parle d'amour.
01:20:28D'amour.
01:20:30D'amour.
01:20:33Et tout mon amour, je le reportais sur ma mère.
01:20:37C'était Clitemnestre, ma mère.
01:20:40Inconsolable de la mort d'Agamem, non ?
01:20:44Mais elle a fini par se consoler de la mort de mon père.
01:20:47Et elle, elle a fait l'amour.
01:20:51Et je la regardais.
01:20:54Et le lendemain, dans ses yeux,
01:20:57il y avait un tel bonheur.
01:21:01J'ai voulu tuer ce bonheur dans ses yeux.
01:21:05Mon frère m'y a aidé.
01:21:07J'ordonnais il tuer.
01:21:11Les attrides, mon vieux.
01:21:13Les attrides.
01:21:16Au reste pour tuer, revêter l'armure de son père.
01:21:19Agamemnon.
01:21:21De même, le petit s'habillait avec les vieux vêtements de son père.
01:21:26Avec ses chaussures.
01:21:28C'est pas lui qui avait les genoux déformés.
01:21:30Mais son père.
01:21:33Mais enfin, la vieille dame.
01:21:35Pourquoi l'avoir tuée ?
01:21:39Cette vieille folle,
01:21:41elle nous observait à la jumelle.
01:21:44Elle avait vu au reste s'entraîner à la fronde dans le jardin.
01:21:48Elle nous aurait dénoncés.
01:21:50Il fallait qu'elle meure, elle aussi.
01:21:55Mais celle qu'il aurait fallu tuer en premier,
01:21:58c'est ma mère.
01:22:01Non !
01:22:10Ne me touchez pas !
01:22:12Votre amour, vos mots d'amour, toute cette comédie ignoble pour vous servir de moi.
01:22:18pour mener votre enquête.
01:22:20Laissez-moi, vous me faites horreur.
01:23:01Sous-titrage.
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