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Cette semaine, on s'enflamme pour Axel Clerget ! Champion olympique par équipes mixte de judo lors des JO de Tokyo 2020, le Français a annoncé sa retraite des tatamis il y a quelques semaines, plus d'un an après la désillusion de sa non-qualification pour les JO de Paris 2024. Il a été honoré il y a quelques jours, lors du Paris Grand Slam 2026.
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00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, c'est parti pour une nouvelle émission
00:00:22et aujourd'hui on s'enflamme pour le judoka néo-retraité, maintenant Axel Clerget.
00:00:26Ça va Axel, tu vas bien ? Ça va super, ça fait plaisir, installe-toi.
00:00:31Ça me fait bizarre de dire néo-retraité maintenant.
00:00:34Mais il faut, il y a un temps pour tout.
00:00:37Je te présente rapidement pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices.
00:00:40Tu as 38 ans, vice-champion d'Europe 2017, deux fois troisième au championnat du monde 2018 et 2019
00:00:46et évidemment champion olympique par équipe à Tokyo.
00:00:49Tu viens de ranger officiellement le kimono.
00:00:52Ça fait un petit moment que tu n'es plus en compète, que tu ne combats plus.
00:00:54Ça a été une décision longuement réfléchie, mûrement réfléchie.
00:00:58C'est marrant de me présenter direct par à l'âge.
00:01:01J'aime bien faire ça, j'aime bien.
00:01:02Même avec les femmes, tu peux faire pareil ?
00:01:03Toujours, moi toujours. Il n'y a pas d'égalité.
00:01:06Ok, ça marche.
00:01:08Ouais, décision mûrie, réfléchie.
00:01:11J'étais au clair, j'ai fait le tour de la question.
00:01:14J'ai envie de faire autre chose, j'ai envie de passer à la suite.
00:01:16Il est temps.
00:01:18J'avais pensé arrêter après Tokyo.
00:01:23Et je me souviens, à l'époque, c'est Yannick Borel qui m'a dit, bien avant,
00:01:26mais tu ne vas pas arrêter après Tokyo alors qu'il y a Paris.
00:01:28Je me suis malade, je suis trop vieux et tout.
00:01:31Après, il y a eu le titre, on en reparlera.
00:01:34Il y a Paris à la maison, tu te dis, ça va être incroyable, il n'y a que trois
00:01:37ans.
00:01:37Donc, j'ai poussé et puis encore un petit peu après.
00:01:39Et voilà, on l'annonce tranquillement.
00:01:41Les gens de ton milieu, Axel, te décrivent comme un monstre.
00:01:44Alors, de manière positive, un monstre d'envie, de travail.
00:01:47Ça a toujours fait partie de toi, ça.
00:01:48C'est un peu ton credo d'en faire plus que les autres, de passer plus.
00:01:51Moi, ça me paraît normal, mais c'est ce qu'on dit toujours de moi.
00:01:54J'ai plutôt été le besogneux qui a doublé les talentueux.
00:01:58Clairement, au début, je ne suis pas du tout le mec le plus doué.
00:02:01Je suis tout maigre.
00:02:02C'est difficile à croire maintenant et je n'arrive pas à gérer la pression.
00:02:05Je m'ai transcadé, je m'effondre sous la pression et tout.
00:02:08Donc, j'ai bossé, bossé comme un dingue pour attraper tout le monde
00:02:11avec des difficultés tout au long de ma carrière
00:02:13et pour finir sur des très belles choses.
00:02:16Mais ouais, il a fallu bosser comme un dingue et je l'ai toujours gardé, quoi.
00:02:19Alors, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, je préviens tout de suite.
00:02:22Mais si je te dis que tu es comme le bon vin,
00:02:23qu'en vieillissant, tu as été meilleur au cours de tes carrières, tu valides ou pas ?
00:02:26Ouais, carrément.
00:02:27J'aurais préféré, moi j'avais prévu de m'arrêter après 2012 à la base.
00:02:31Après Londres, j'avais dit que je fais 25 ans, après je vais faire un tour du monde,
00:02:34je vais faire plein de choses.
00:02:36L'histoire de la vie a fait que j'ai continué jusqu'à 2024 et donc je n'avais pas
00:02:40prévu ça.
00:02:41Mais oui, effectivement, je ne fais que progresser.
00:02:43Comment tu l'expliques ça justement ?
00:02:43D'avoir été plus fort dans le temps, plus mature, plus d'expérience ?
00:02:48Ouais, j'ai appris énormément sur moi, j'ai travaillé sur plein de domaines.
00:02:52La psychologie, la prépa mentale, l'alimentation, le niveau prépa physique.
00:02:57J'ai développé plein de compétences partout qui ont fait que j'ai progressé.
00:03:01Et du coup, j'ai réussi à me connaître enfin à la fin et savoir être bon le jour J.
00:03:05Alors qu'avant, j'étais ce mec qui était bon tout le temps, qui s'effondrait le jour J.
00:03:08À la fin, j'étais le mec qui était moyen tout le temps et qui montait son niveau le jour
00:03:12J.
00:03:12Alors il y a un hommage qui t'a été rendu, un hommage très, très émouvant au Paris Grand Slam
00:03:16qui a été diffusé sur Sport en France.
00:03:18On a une petite image de toi.
00:03:20Alors c'est un tournoi que tu connais par cœur.
00:03:2314 participations, c'est énorme.
00:03:24Qu'est-ce que tu as ressenti à ce moment-là, Axel ?
00:03:27Un peu stressé ?
00:03:29Supergé par les émotions ?
00:03:30Un peu stressé avant.
00:03:32Moins que pour l'avant-première de mon docu et 10 jours avant.
00:03:36Et après, de la fierté.
00:03:38Et c'est marrant parce que je pensais m'effondrer sous la pression
00:03:41ou plutôt être pris par les émotions.
00:03:43Je peux facilement pleurer pour un événement sportif.
00:03:45Là, non.
00:03:46Mais par contre, c'était trop cool.
00:03:47Parce que j'ai décidé d'être encadré par mes quatre entraîneurs qui ont marqué mon parcours.
00:03:52De mon père qui m'a mis sur les tapis et qui m'en est très loin
00:03:55à celui qui m'a coaché aux JO ou aux championnats du monde en passant par d'autres.
00:04:00Et du coup, c'était trop sympa de pouvoir être au milieu de Bercy, d'emmener mon père, d'être
00:04:04entouré.
00:04:05Du coup, c'était plus facile pour vivre le moment.
00:04:07Et puis non, c'était trop beau.
00:04:08Il y avait du public, il y avait du monde.
00:04:10Et puis, j'ai senti un...
00:04:12Il y a toujours un truc particulier avec le public de Bercy.
00:04:14Depuis 2009, là.
00:04:15Le tout qui est derrière moi, là.
00:04:17T'as quel âge, là, déjà, sur cette photo ?
00:04:18J'ai 22 ans.
00:04:1922 ans.
00:04:20Et j'en ai 38, tu vois.
00:04:21Donc, avec l'histoire, avec Bercy, il y a eu une histoire.
00:04:24Ils m'ont vu grandir, changer.
00:04:26Ils m'ont poussé, des fois, quand ça a marché, quand j'ai perdu.
00:04:29C'est trop cool.
00:04:30Qu'est-ce qu'il a de si particulier, ce tournoi de Paris, ce Paris Grand Slam ?
00:04:32Alors là, tu viens de nous exposer ton histoire personnelle.
00:04:34Mais plus globalement, pour un judoka, le Paris Grand Slam, ça représente quoi ?
00:04:37Déjà, c'est un grand chelaine.
00:04:39Donc, un peu comme Roland Garros, c'est un des plus gros tournois au monde.
00:04:41Maintenant, on est un peu plus côté Nice parce que la Fédération a choisi ça.
00:04:45Mais c'est clairement la plus belle salle.
00:04:47À l'étranger, on n'a pas ça.
00:04:49Des fois, on combat dans des gymnases qui sont vides.
00:04:51Et là, tu combats dans une ambiance de malade.
00:04:54Nous, en tant que Français, c'est incroyable.
00:04:56Mais voilà.
00:04:56Maintenant, t'as un ou deux pays.
00:04:57T'as Kazakhstan, t'as Israël qui commencent à avoir des belles salles
00:04:59avec des grosses ambiances.
00:05:01Mais Bercy, c'est juste dingue.
00:05:03Alors, pour nous, en tant que Français, c'est incroyable.
00:05:05Mais vraiment, tous les étrangers veulent combattre à Bercy.
00:05:09Ils te disent, c'est la plus belle salle, une ambiance incroyable.
00:05:12Bercy, c'est proche.
00:05:13Les gens sont vraiment proches de toi.
00:05:14Donc, tu vois les gens.
00:05:16J'ai l'image de quand t'approches du tapis.
00:05:17Les mecs te crient dans l'oreille.
00:05:19Des fois, t'as envie de leur dire, tranquille, mollo.
00:05:23Et puis après, c'est ce que moi, à titre perso,
00:05:26je rêvais de Bercy quand j'étais gamin.
00:05:28Je venais avec mon club.
00:05:29On faisait un déplacement.
00:05:30On partait à 6 heures du matin.
00:05:31On arrivait chez nous à 23h le soir pour venir voir les grands champions.
00:05:34On faisait des lotos, des tambolas, des emballages cadeaux
00:05:37pour financer ce voyage toute l'année, tu vois.
00:05:40Donc, après, j'ai été acteur de ce truc-là.
00:05:41C'était trop...
00:05:42C'est important de le savoir, ça.
00:05:43Parce que c'est vrai qu'on parle de tes 14 participations,
00:05:45mais tout ce qu'il y a eu avant aussi.
00:05:46Alors, tu n'étais pas sur le tatami, mais tu étais dans les tribunes.
00:05:49Et c'est toute une histoire, du coup, avec ce tournoi.
00:05:51Et on vivait dans l'année avec ça.
00:05:53Et après, on travaillait ce qu'on avait vu à championnat.
00:05:55On avait les entraîneurs qui nous expliquaient comment ça se passait.
00:05:58Et donc, moi, je voyais ça avec des grands yeux.
00:05:59Quand j'ai pu faire le premier, j'avais tellement d'émotions.
00:06:02Et après, j'ai appris à gérer ça et à y performer.
00:06:05Et quand tu prends un peu de recul, tu te dis, waouh !
00:06:07Le gamin qui venait en bus et qui était fan de ce truc-là avec son sandwich,
00:06:11parce que c'était la galère à l'époque, et son paquet de chips.
00:06:15Et bien, au final, il y en a qui me regardent maintenant comme ça.
00:06:17Donc, c'est beau.
00:06:17Et quand on baigne depuis aussi longtemps que toi dans le judo de haut niveau,
00:06:21on peut vraiment s'en détacher ?
00:06:22Ou tu auras toujours un pied près des tatamis, sur le tatami ?
00:06:25En quelques temps, j'ai essayé de m'en détacher.
00:06:28Tu vois, j'avais envie de m'éloigner.
00:06:29Et j'ai envie de me découvrir dans le milieu de l'entreprise.
00:06:32Je fais pas mal de choses en tant que consultant, des conférences entreprise.
00:06:37Mais je sens que ça me manque un peu.
00:06:38Et que j'ai développé une sorte de, c'est prétentieux, mais expertise dans le domaine.
00:06:43Et ça serait con d'en partir.
00:06:44Donc, du coup, j'ai envie d'aller ailleurs, mais je vais garder un pied dans le judo quand même.
00:06:48Tu parles d'expertise.
00:06:49Moi, je vais te parler d'addiction.
00:06:51L'appel un peu du tatami, les sensations, l'adrénaline.
00:06:54Ça, forcément, en arrêtant une carrière, tu le perds.
00:06:56Oui.
00:06:56Est-ce que c'est dur à encaisser ?
00:06:57C'est dur à vivre, ça ?
00:06:58Non.
00:06:59Moi, je suis…
00:07:00Ça dépend des gens.
00:07:01Moi, je suis en paix, tu vois.
00:07:02OK.
00:07:02Ça te manque pas ?
00:07:03T'es pas en manque de cette adrénaline ?
00:07:06J'ai tellement été au bout des choses, jusqu'à 38 ans, jusqu'à 37 ans, 38 ans, tu vois.
00:07:10C'est rare.
00:07:11Et donc, du coup, je suis allé autour de Paris.
00:07:13Ça m'a rien fait.
00:07:14Je me suis pas dit.
00:07:15Ah, j'aurais dû y aller.
00:07:16Vas-y, il faut repart encore une année.
00:07:18Non.
00:07:18J'ai fait mon temps.
00:07:19J'ai été au bout, au bout des choses.
00:07:21Et je me retrouve apaisé.
00:07:22J'ai hâte de faire la suite.
00:07:24Ça doit faire bizarre, quand même, d'avoir tous ces week-ends de dispo maintenant.
00:07:27Bien.
00:07:28Ça qui est trop cool.
00:07:29Par contre, tu découvres.
00:07:30Je m'étonne.
00:07:30Vraiment, tu découvres le fait d'avoir tous tes week-ends, de choisir ton planning, d'écouter
00:07:34ce que toi, t'as envie.
00:07:35Vas-y, à telle période, je vais au ski, je vais voir des potes.
00:07:38Bon, il y a d'autres contraintes, quand même.
00:07:40Bien sûr.
00:07:40Mais ouais, tu découvres ça et on doit apprendre ça.
00:07:43Parce qu'en tant que sportif, on a un planning qui dicte notre vie, qui dicte notre existence.
00:07:48Et donc, du coup, il faut réapprendre.
00:07:51C'est assez marrant parce que beaucoup d'athlètes qui arrêtent leur carrière parlent
00:07:54de petites morts.
00:07:54De concernant, j'ai l'impression que c'est presque une renaissance, en fait.
00:07:57Exactement.
00:07:58C'est un peu ça ?
00:07:58Ouais.
00:07:59Franchement, ouais.
00:08:00C'est plus ça.
00:08:01C'est parce que les dernières années, les contraintes ont été difficiles.
00:08:05Tu vois, louper un baptême, un mariage.
00:08:08Des trucs qui sont forts dans la vie, tu vois.
00:08:10Je me suis dit, je ne voulais plus.
00:08:11Et là, maintenant, j'ai cette liberté de pouvoir choisir ce que je veux faire.
00:08:14On a parlé un peu du Axel Judoka.
00:08:17Le Axel, qui n'est plus Judoka, qui se trouve maintenant en face de moi,
00:08:21il est comment dans la vie de tous les jours ?
00:08:22Il n'est plus en kimono.
00:08:24Déjà, il n'est plus en kimono.
00:08:25Il n'est plus en kimono.
00:08:26Il est comment ?
00:08:27Il est, au début, très calme.
00:08:30Et puis après, maintenant, j'ai pas mal de projets qui arrivent.
00:08:33Il y a plein de projets.
00:08:34C'est-à-dire que je suis consultant pour un ancien sponsor.
00:08:38Vila M, qui est une mutuelle.
00:08:40Et donc, du coup, consultant en prévention santé.
00:08:42Mais aussi, apporter toute la vision du haut niveau dans l'entreprise.
00:08:46Comment accélérer les choses, mettre en relation aussi avec d'autres champions.
00:08:49Mais comment apporter la vision, se relever après un échec et tout ça, dans l'entreprise.
00:08:53Je le fais en concernant des dirigeants d'entreprise.
00:08:55Je le fais en intervention d'entreprise aussi.
00:08:58Et après, je fais aussi des masterclass judo un peu partout en France.
00:09:02Parce que c'est trop cool de garder un pied dans le tuto.
00:09:04Ça ne doit pas être facile aussi de trouver le bon timing pour s'arrêter au bon moment.
00:09:08Surtout que toi, tu as quand même vécu aussi des choses dans ta carrière pas simples.
00:09:11Tu as été victime d'une sévère commotion cérébrale au Masters de Doha en 2021.
00:09:15Tu as encore quelques séquelles aujourd'hui.
00:09:16Tu en parles souvent.
00:09:17Tu prends la parole sur ce sujet.
00:09:19Poursuivre jusqu'à Paris, ça pouvait être risqué pour toi, en fait.
00:09:22Comment tu as pris cette décision de te dire,
00:09:24je vais tenter l'aventure quand même.
00:09:26Mais je m'expose au choc de trop, au choc qui pourrait être même fatal.
00:09:31C'était compliqué parce que c'est une blessure qui est grave.
00:09:35On n'a rien pour l'évaluer à court terme ou en tout cas pas encore assez.
00:09:40Les conséquences à long terme peuvent être très graves.
00:09:42C'est de la démence, c'est de l'hypersensibilité, de l'hyperanxiété.
00:09:47Beaucoup de symptômes des excès de colère que je vois chez certains anciens athlètes.
00:09:52Et tu comprends qu'eux n'ont peut-être pas compris que ça venait de là.
00:09:55Et donc, du coup, ça fait très peur.
00:09:57Mais j'ai essayé de limiter au maximum mes chocs.
00:10:00Et le pari de Paris, 2024, était trop dingue pour ne pas tenter ça.
00:10:07Alors, c'était très dur parce que tu avais le côté professionnel de santé.
00:10:10Parce que je suis kiné qui me disait, vas-y, calme-toi et mets le clignotant.
00:10:14Et le côté envie et tout ça qui disait, mais tu ne peux pas à ce moment-là.
00:10:17Bien sûr.
00:10:18Donc, c'était très, très, très dur.
00:10:20J'avais une ambivalence en moi qui était très compliquée.
00:10:23Tu vas te lancer dans cette tentative de qualif pour Paris 2024.
00:10:27Ça va se passer au Paris Grand Slam 2024 pour aller chercher cette qualification.
00:10:30Tu perds au deuxième tour contre le vice-champion du monde sur une attaque un peu précipitée de ta part.
00:10:34Tu t'en es voulu après.
00:10:36Ton concurrent, lui, Maxime Gaillap, prend le bronze et donc le ticket pour les Jeux.
00:10:40La suite, elle est déchirante, elle est bouleversante.
00:10:42Je vous laisse regarder cet extrait de ton documentaire, le 174e combat.
00:10:4616 procès.
00:11:05Putain...
00:11:07Ja.
00:11:09Et...
00:11:11As-ituées là.
00:11:16...
00:11:47J'ai qualifié ces images de bouleversantes, déchirantes.
00:11:50Je pense que les mots n'étaient pas trop forts.
00:11:52C'est vraiment ça, Axel ?
00:11:53C'est drôle.
00:11:55Je l'ai vu pas mal de fois.
00:11:57Parce que dans le documentaire, on a travaillé.
00:11:58Et là, je le vois avec un autre regard.
00:12:03Avec quel regard ?
00:12:05Il est fort.
00:12:06Il est dur.
00:12:08Je ne sais pas, il me touche beaucoup plus.
00:12:09Dans le documentaire, je cherchais à ce qu'il y avait encore à améliorer et tout ça.
00:12:13Et là, vraiment, je l'ai vécu.
00:12:14Tu m'as touché, là.
00:12:16Je pense que quand tu as fait le documentaire, tu étais vraiment en mode co-réalisateur.
00:12:21Là, tu le vois d'un autre avec un peu plus de recul.
00:12:24Déjà, il n'y a rien qui est joué.
00:12:26Lui, je ne le vois pas à ce moment-là.
00:12:27Je ne sais pas qui il est là.
00:12:28Sinon, tu es un excellent acteur.
00:12:30Et en fait, ça représente tellement.
00:12:32Ça représente, tu vois, les jeux à la maison, c'est un rêve.
00:12:37Les jeux, c'est un rêve à la maison fois mille.
00:12:40C'était beaucoup de sacrifices avec des absences auprès de mon fils.
00:12:45Bien sûr.
00:12:45Des refus professionnels, des refus familiaux aussi.
00:12:50Donc beaucoup d'efforts ou de sacrifices, même si c'est choisi.
00:12:55Donc quand tu te rends compte que tu es passé à côté, c'est dur.
00:12:58Donc c'est très dur.
00:12:59Après, ces moments-là, j'en ai vécu plein dans ma carrière.
00:13:03Parce que j'aime bien dire qu'on me présente comme un grand champion,
00:13:05mais on ne gagne pas tout le temps.
00:13:06Bien sûr.
00:13:07On perd dans un couloir comme ça.
00:13:09Et sans vouloir, ça arrive assez fréquemment.
00:13:12Mais là, il y a puissance 10 à la maison.
00:13:15Donc ouais, c'est fort.
00:13:16Tu sais que c'est foutu à ce moment-là.
00:13:18Tu sais que tu as merdé.
00:13:19Je suis plein d'envie.
00:13:21Il est très tôt encore dans la journée.
00:13:23J'ai fait une connerie trop tôt dans le combat.
00:13:25Alors que je prends mon premier tour, un mec qui est très fort.
00:13:28Je fais quatre attaques.
00:13:29Il tombe sur quatre fois.
00:13:32Donc je suis sur une journée exceptionnelle.
00:13:34Je le sens.
00:13:35Et sur le deuxième tour, je suis trop d'envie.
00:13:37Peut-être à cause de ce combat-là.
00:13:38Et au bout de 24 secondes, je suis dehors.
00:13:40C'est une horreur.
00:13:42Tu sais que tu as un potentiel de dingue.
00:13:44Comme je le disais tout à l'heure, je savais performer le jour J.
00:13:47Je savais que j'allais être capable de performer au jeu à Paris.
00:13:50Je savais me préparer.
00:13:52Mais le passage obligatoire, je l'ai loupé.
00:13:54Et c'est vrai.
00:13:54Ça te bouffe encore aujourd'hui ?
00:13:56Je sens que c'est encore compliqué.
00:13:59Ouais.
00:13:59Alors, ça a été très, très compliqué.
00:14:01Il y a eu trois mois.
00:14:03Je l'ai évoqué.
00:14:04Je ne l'ai pas trop évoqué dans les médias.
00:14:05Mais dans le documentaire, on en parle.
00:14:06De dépression derrière.
00:14:07Après ça.
00:14:10Logique.
00:14:11L'inverse serait surprenant.
00:14:13Maintenant, je suis passé à autre chose parce que je me suis reconstruit.
00:14:15Mais ça restera quand même une cicatrice à vie, quoi.
00:14:18Regardons un autre extrait du documentaire qui arrive quelques minutes après cette désillusion.
00:14:24J'ai tenté un truc.
00:14:25Et j'ai loupé.
00:14:26T'as essayé de faire quoi ?
00:14:28J'ai voulu faire tomber l'autre et puis il m'a contré.
00:14:32Ouais.
00:14:39Cet extrait, il est court, mais il est fort.
00:14:40Moi, je trouve que c'est génial de voir ta déception et, en fait, l'insouciance de ton fils qui,
00:14:46lui, ne te comprend pas trop.
00:14:48Tu te dis, qu'est-ce qui s'est passé, papa, en fait ?
00:14:50Ouais.
00:14:50C'est fort comme moment.
00:14:51En plus, il est au milieu du club des supporters de mon groupe, tu vois.
00:14:55Il était venu en 70.
00:14:56Donc, il entend tout le monde.
00:14:58Et puis, c'est des éponges à émotions, les enfants.
00:15:01Et puis, là, il sent tout le monde qui est déçu autour de lui.
00:15:02Donc, il me pose la question et tu dois trouver les mots.
00:15:05T'as qu'une envie, c'est de te cacher.
00:15:06On voit pas juste avant, j'ai une capuche et je me cache un peu.
00:15:09Et t'as qu'une envie, c'est de t'effondrer, de te cacher.
00:15:11Mais là, ton fils, en fait, tu dois garder la tête haute et lui dire les choses.
00:15:17Formaliser, en fait, que t'as tenté un truc et puis t'as pas marché.
00:15:20Et c'est la vie, quoi.
00:15:21Et faut pas oublier que tu dois quand même tenter des choses.
00:15:24Et des fois, ça marchera pas.
00:15:26Et c'est un peu le but du documentaire, c'est de dire, faut tenter, faut rêver très grand.
00:15:29Non, je l'ai fait, j'ai réussi des très grandes choses.
00:15:32Mais par contre, il y a des fois où tu loupes et fais te relever après un échec.
00:15:35Et ça arrive.
00:15:36Et qu'on sait se relever aussi.
00:15:38Il y a une phrase aussi que ton fils, Liam, va te dire qui m'a marquée.
00:15:42Il te dit, papa, avant, tu étais fort.
00:15:43Maintenant, tu es trop vieux, tu ramènes plus de médailles.
00:15:45Alors oui, on sait, les enfants disent les choses clairement.
00:15:49Ça provoque quoi chez toi quand il te dit ça, Liam ?
00:15:50Oui, surtout qu'il me dit ça quand on...
00:15:52C'était trop dur de rester dans la salle de compétition.
00:15:54Je le prends sur mes épaules et on va boire un coup avec les copains.
00:15:56Un café, bien sûr.
00:15:59Peut-être bu une bière pour oublier.
00:16:00Un barbie.
00:16:01Et du coup, il me dit ça.
00:16:04Ça fait que...
00:16:06Oh, il est dur.
00:16:07Mais il s'est arrêté.
00:16:08Il voyait à la maison plein de médailles.
00:16:10Il en avait un peu moins.
00:16:11Bon, j'ai quand même ramené des belles médailles cette année-là.
00:16:13Mais ouais, ça montre que pour lui, c'est pas grave quoi.
00:16:17Petite piqûre.
00:16:17Et puis surtout, dans la foulée, il me dit,
00:16:18« Et du coup, maintenant papa, je veux commencer le judo.
00:16:20Ce sera toi, mon entraîneur. »
00:16:22Il ne voulait pas faire de judo à l'époque.
00:16:24Donc ce jour-là, il a commencé le judo.
00:16:25Ah, génial.
00:16:26Je dis ton club, ils vont être contents d'avoir un nouveau prof.
00:16:29C'est super, ça.
00:16:30En tout cas, ces images, elles sont dures.
00:16:32Mais c'est la réalité.
00:16:33C'est ce qui s'est passé.
00:16:34Tu ne mens pas dans ce documentaire.
00:16:36On est en 2024 à ce moment-là.
00:16:38Ta retraite, tu l'annonces seulement il y a quelques semaines.
00:16:42Pourquoi avoir attendu aussi longtemps, Axel ?
00:16:44Pour des raisons personnelles.
00:16:46Et aussi parce qu'il faut vraiment être prêt aussi à l'encaisser.
00:16:50Bien sûr.
00:16:50Et à prendre la parole.
00:16:52Et je pense que trop tôt, il faut être sûr de son choix.
00:16:55Les mecs qui font des comebacks, je ne suis pas trop pour.
00:16:58Et donc du coup, être sûr de son choix et pouvoir être apaisé quand tu en parles.
00:17:02Voilà, si tu as encore un peu une hésitation, si tu n'as pas pris le recul qu'il faut,
00:17:05c'est important, je pense.
00:17:08On va parler plus en détail de ta carrière, Axel.
00:17:10Semée d'embûches, une magnifique carrière.
00:17:13On en parle tout de suite dans Allumer le feu.
00:17:20Alors, le judo, tu commences très jeune, à 4 ans et demi dans le club de ton père, Francis, au
00:17:24judo club Marnaval à Saint-Dizier.
00:17:27Ta mère, Agnès, a été prof de judo également, prof de PS, je crois, aussi.
00:17:31C'était une évidence pour toi, tu ne pouvais pas y échapper en fait.
00:17:33Ils ont tout fait pour me faire faire autre chose.
00:17:35Ah ouais ? C'est marrant ça.
00:17:37Comme on était un peu dans le club, enfin voilà, grosse ambiance autour du club,
00:17:40j'ai fait des latations, de la course à pied et plein d'autres trucs.
00:17:42Je devais arrêter le judo pour la course à pied à 10-12 ans.
00:17:46Et en fait, pour la petite histoire, je faisais du demi-fond.
00:17:50Et c'est ce qui m'a permis d'avoir une grosse caisse plus tard.
00:17:53Et même un peu après, je ne sais pas exactement laquelle j'ai arrêté.
00:17:56Et du coup, en fait, 1000 mètres, je faisais les crosses, j'ai des belles médailles.
00:18:00Et puis, à un moment, en crosse, je me souviens très bien, je continue le judo.
00:18:03Et en crosse, je n'avance plus du tout sur la crosse.
00:18:05Et je suis trop lourd en fait.
00:18:06J'ai commencé à m'étoffer un peu, tu vois.
00:18:08Et encore pas grand-chose.
00:18:10Et du coup, je me souviens très bien d'un crosse où les mecs sont partis à une vitesse.
00:18:12Et je me suis retrouvé enfoncé dans la bouche.
00:18:14Je me suis dit, allez, c'est plus pour moi ça.
00:18:15C'est dur les crosses.
00:18:16Ouais, j'ai vu que c'était un athlète aussi.
00:18:18Tu sais que tu étais un athlète.
00:18:19C'est compliqué, c'est compliqué.
00:18:21Il y a des bons souvenirs et il y en a des moins bons en crosse.
00:18:22C'est sûr.
00:18:23C'est sûr.
00:18:24Et du coup, pourquoi alors tes parents, qui étaient tous les deux à fond dans le judo,
00:18:27ont voulu t'écarter de ça ?
00:18:28Tu m'as parlé avec toi ?
00:18:29Pour faire découvrir autre chose et surtout que ça ne soit pas quelque chose de subi.
00:18:31D'accord.
00:18:31Bon, on en parlera sûrement après, mais il y a quand même eu un impact
00:18:34le fait que la famille soit judo et que je sois là-dedans.
00:18:36Bien sûr.
00:18:36Parce que j'ai eu une petite coupure à 23 ans.
00:18:40Gros bosseur, tu l'as dit en début d'émission,
00:18:42pas forcément le plus doué, le plus talentueux.
00:18:45C'était ça, hein ?
00:18:46Il y avait cette capacité de travail.
00:18:47Ouais, quand même.
00:18:48Cette éthique.
00:18:49En KD, pour être rentré en sport-études, il faut avoir fait podium au championnat de France.
00:18:55A l'époque, les critères, c'était ça, pour rentrer en Pôle France.
00:18:58Et moi, je suis le seul, cette année-là, à rentrer en sport-études et à ne pas avoir de
00:19:04podium.
00:19:05Donc, c'était trop dur.
00:19:05J'étais un peu à ce complexe d'infériorité.
00:19:08Et c'est juste qu'au test, j'ai osé y aller de présélection.
00:19:12Et ils ont vu que j'avais bossé comme un dingue.
00:19:14C'était trois jours, mon gars.
00:19:15J'ai pris tous les meilleurs, j'ai doublé tous les combats, j'arrêtais pas.
00:19:18Mais en fait, moi, c'est comme ça que je m'entraînais.
00:19:20C'est comme ça que j'ai toujours fait.
00:19:21D'ailleurs, peut-être trop et trop près des compétitions.
00:19:24Parce que j'arrivais à cramer aux compétitions parce que je faisais même ça à la veille.
00:19:27Et donc, c'est vraiment ce bosseur qui a tilté les gens, tu vois.
00:19:31Et quand je repars avec les gens de mon club, ils disent, mais en fait, on voyait déjà que tu
00:19:34bossais comme un dingue.
00:19:36T'étais pas le meilleur techniquement.
00:19:37Mais par contre, on voyait que tu bossais comme un dingue.
00:19:39Du coup, je suppose que quand tu rencontres des jeunes aussi, où tu te retrouves un petit peu en eux,
00:19:43qui sont pas forcément les plus doués de leur club, ceux qui font les meilleurs résultats,
00:19:47tu leur dis, n'abandonne pas.
00:19:48Parce que regarde, regarde mon exemple.
00:19:50Je suis parti de loin et je suis arrivé où aussi ?
00:19:52J'ai toutes mes médailles après 30 ans, tu vois.
00:19:54Donc, même les gens qui pensent arrêter à 23 ans, ils disent, j'y arriverai pas.
00:19:58Mais ils persistent.
00:20:00Crois en ton rêve.
00:20:00Après, il y a quelques indicateurs qui te permettent de dire, tu réussiras plus tard.
00:20:04Justement.
00:20:05Transition toute trouvée à 23 ans.
00:20:07Tu es à 23 ans, tu es numéro 1 français médaillé au tournoi de Paris,
00:20:10numéro 2 mondial et tu fais un burn-out.
00:20:12Alors sur le papier comme ça, on peut se dire, bah tiens, c'est bizarre.
00:20:14Il a tout pour lui, toutes les médailles en tout cas, tout ce qu'il veut, tous les résultats.
00:20:18Mais ça ne va pas.
00:20:19Que s'est-il passé ? Est-ce que tu peux m'expliquer ?
00:20:21En gros, je dois gérer, je suis en école de clients à ce moment-là.
00:20:24Je suis numéro 1 français à 22 ans, donc tu pars partout et tu as grave de compétitions.
00:20:28Et c'était trop pour moi.
00:20:30C'était allé trop vite.
00:20:32Et du coup, tu as un petit peu de fatigue globale, les régimes, tout ça.
00:20:36Et puis à un moment, tu as aussi une question de dire, est-ce que c'est vraiment ce que
00:20:40j'ai choisi ?
00:20:41Parce que si tu te rappelles, on a dit, je suis fils d'entraîneur.
00:20:44Du coup, est-ce que c'est vraiment mon choix d'être là ?
00:20:46Tu sais, à 23 ans, tu t'orientes.
00:20:48Bien sûr.
00:20:48Est-ce que c'est vraiment mon choix ?
00:20:49Et du coup, j'y vais.
00:20:50Ou est-ce que vas-y, je pars être hippie et faire un tour du monde.
00:20:54Ça ne saurait plus être moi.
00:20:55Bon, j'ai décidé de te voir.
00:20:57Du coup, j'ai coupé avec le judo.
00:20:58Oui.
00:20:59Complet.
00:21:00Et 9-10 mois après, j'ai décidé de revenir parce que j'ai vécu la vie d'un étudiant
00:21:04lambda.
00:21:05Ok.
00:21:05Et j'en avais envie.
00:21:07Donc, tu as complètement coupé à ce moment-là ?
00:21:10Complet, complet.
00:21:11D'accord.
00:21:11Et je suis numéro 2 mondial.
00:21:12C'est dur à encaisser pour la fédération.
00:21:14Et tous les ans autour, on me dit, mais il est passé où, mec ?
00:21:16J'ai coupé avec tout le monde.
00:21:18Et là, j'ai fait la fête.
00:21:19J'ai découvert d'autres choses.
00:21:21Et…
00:21:21À ce moment-là, juste Axel, tu te dis que le judo, c'est terminé ?
00:21:23Ou tu sais dans un coin de tête que tu vas y revenir ?
00:21:25Ah non, je pense que…
00:21:26Je ne sais pas si c'est terminé, mais je n'en ai plus envie.
00:21:27D'accord.
00:21:28J'en ai un ras-le-bol complet.
00:21:29Et je me dis, vas-y, passe à autre chose.
00:21:31Et…
00:21:32Et au bout d'un moment, et même assez longtemps.
00:21:34Et c'est seulement au bout des 8-9 mois, je me dis, putain, mais c'est bien beau ce
00:21:38que je fais là.
00:21:39Mais en fait, monsieur et madame, tout le monde peuvent le faire.
00:21:41Tout le temps.
00:21:42Et puis au bout d'un moment, c'est toujours la même journée.
00:21:45En fait, les émotions que tu as sur une compétition, sur un tour à Paris, à Bercy, comme ça,
00:21:50ou un champion du monde junior, où tu montes, tu gagnes, tu gagnes, tu te sens trop bien.
00:21:55Tu perds en demi-finale.
00:21:57Du coup, tu te considères dans ta tête de champion, d'athlète, comme un manqué moins que rien.
00:22:02Et qu'après, tu fais une place de troisième, que tu gagnes et que tu fais une troisième.
00:22:05Et le rollercoaster comme ça, de dingue.
00:22:08Moi, j'ai tout dit, mais dans la vie de tous les jours, tu ne peux pas vivre ça.
00:22:10Tu as l'air un luxe de pouvoir faire ça.
00:22:12C'est clair.
00:22:12Fonce.
00:22:13En fait, c'est clair.
00:22:14Et tu fais bien de souligner, parce que tu vois, moi, de ma place de journaliste,
00:22:17je reçois des athlètes, j'essaye toujours de comprendre ce que vous vivez, tu vois.
00:22:21C'est un peu mon métier aussi, c'est d'essayer de comprendre.
00:22:23Mais je pense que c'est indescriptible, en fait.
00:22:25On a beau essayer de vous faire parler, de mettre des mots sur ce que vous ressentez,
00:22:28c'est quelque chose, tu ne peux que le vivre dans ton domaine.
00:22:31C'est ça, en fait.
00:22:32Puis tu vois, par exemple, tu imagines que quand tu perds une demi-finale,
00:22:34quand tu es jeune, c'est pas important.
00:22:38L'image qu'on a en quiz tout à l'heure, en fait, il se passe la même chose dans
00:22:41ta tête.
00:22:42Sauf que 20 minutes après, elle doit être super condensée,
00:22:46parce que 20, 40 minutes ou une heure après, des fois trois heures,
00:22:50mais souvent c'est 20 minutes, tu es de nouveau sur un tapis pour refaire la bagarre.
00:22:53Et si tu es encore dans ton truc où tu es dégoûté de ta défaite,
00:22:57tu ne switches pas et tu ne vas pas rechercher le combat.
00:22:58Donc savoir gérer ça, c'est incroyable.
00:23:01En tout cas, la résilience, c'est ce qui te caractérise clairement.
00:23:03On va parler des Jeux olympiques dans cette émission.
00:23:06On est ici pour ça, on s'enflamme, la flamme olympique.
00:23:08Je pense que tu as un peu compris le truc.
00:23:10Tu as dû en avoir un sacré paquet aussi pour ton parcours, ton histoire avec les Jeux.
00:23:15Avant de parler de tout ça, moi, j'aimerais savoir un peu
00:23:17ton premier souvenir des Jeux olympiques.
00:23:19Une édition qui t'a marqué, la première qui t'a suivi à la télé.
00:23:2296.
00:23:24J'étais pas né pour un peu.
00:23:27Là, tu prends un coup de gueule, désolé.
00:23:29Désolé, désolé.
00:23:31En 96, je me souviens, mon père a emmené la télé en vacances
00:23:35parce qu'il n'y a pas de télé.
00:23:36On est en camping pour être transparent.
00:23:38Et qu'il met la télé pour être sûr qu'on puisse suivre les Jeux de 96.
00:23:41Et il y avait une victoire de David Douillet, Marie-Claire Restou et tout ça.
00:23:45Donc à ce moment-là, tu te dis, cette compète-là, tu n'es pas du tout ?
00:23:48Non, je me dis, c'est génial.
00:23:49C'est juste mon premier souvenir des Jeux.
00:23:51Moi, à l'époque, je ne pense même pas être champion.
00:23:53Oui, ça m'arrive.
00:23:55On me demande de me faire des tests de sélection qu'on a parlé tout à l'heure
00:23:57pour aller dans un sport d'études.
00:23:59Et moi, la phrase que je me dis à ce moment-là, c'est
00:24:02Oh, flamme de partir de chez moi.
00:24:04Franchement, je suis bien à Saint-Dizier.
00:24:05Mais vas-y, tu y vas.
00:24:08Je suis pris.
00:24:09Putain, mais je suis le seul à ne pas être bon.
00:24:11Et du coup, je me dis, vas-y.
00:24:12Et tu fais trois mois, tu auras quelque chose à raconter à tes petits-enfants plus tard.
00:24:16Et je m'étais vraiment dit, tu rentres aux vacances de Noël.
00:24:18C'est marrant, ça.
00:24:19Parce que tu vois, moi, j'ai souvenir,
00:24:20la première édition que j'ai suivi des Jeux et tout,
00:24:23j'étais là.
00:24:23Alors, tu sais très bien, je pense que les journalistes sportifs,
00:24:25souvent des sportifs ratés, des sportifs de niveau un peu ratés.
00:24:28Je pense qu'on ne va pas me contredire là-dessus.
00:24:31Et moi, tout de suite, je me suis dit, je veux faire ça plus tard, tu vois.
00:24:33Mais toi, 96, tu es là, tu te dis juste que ça a l'air super cool, mais...
00:24:37Et pour moi, c'est des mecs à la télé qui sont...
00:24:39Je ne sais pas d'où ils viennent, mais c'est des extraterrestres.
00:24:41Je ne peux pas être comme ces gens-là.
00:24:42Moi, à ce moment-là, je ne suis pas du tout fait pour ça.
00:24:45Je ne me vois même pas, je ne me projette pas du tout.
00:24:47À l'époque, le mec qui me fait rêver dans mon club,
00:24:49il est champion de France, deuxième division de judo.
00:24:52Donc, il ne va pas faire les Jeux.
00:24:54Et c'est le champion du club, tu vois.
00:24:56Donc, ça me paraît tellement...
00:24:58On va ouvrir le dossier un peu Jeux Olympiques te concernant.
00:25:01Parce que ça n'a pas été simple.
00:25:02En 2008, là, par contre, tu en rêves.
00:25:04Tu dis, je vais les faire, tu y crois.
00:25:06Tu es encore un peu trop loin.
00:25:07Donc, en 2009, tu es numéro 3 mondial.
00:25:09Là, ça semble être une évidence quand même pour Londres 2012.
00:25:12Tu as des problèmes personnels.
00:25:14Il y a une concurrence aussi qui font que tu as été qualifié, mais non sélectionné.
00:25:18Voilà.
00:25:192016, de nouveau parmi les qualifiés, mais non retenus pour être le représentant français.
00:25:23Comment tu gardes la motivation après autant de claques ?
00:25:26Là, ça fait quand même...
00:25:27C'est dur.
00:25:27À ce moment-là, c'est dur.
00:25:28Et j'ai mon diplôme de kiné un an après.
00:25:32Et en fait, je sais que j'ai été numéro 2 mondial à 23 ans.
00:25:37Et je n'arrive pas à retrouver mon niveau aussi parce que je n'ai pas les opportunités.
00:25:40C'est-à-dire qu'on a...
00:25:42Enfin, j'en ai certaines quand même.
00:25:45Mais on a du mal à me refaire confiance, moi aussi.
00:25:48Et je me dis, mais ce n'est pas possible.
00:25:49Tu peux atteindre des trucs de dingue.
00:25:51Et je me dis, je dois travailler jusqu'à temps de retrouver ce niveau-là.
00:25:55Et je sais que je suis capable de ça.
00:25:57Au début, les gens le pensent aussi autour de moi.
00:25:59Et au fur et à mesure, il n'y a plus personne qui y croit.
00:26:01Les gens se disent, ok, c'était un potentiel et puis il s'est loupé.
00:26:04Et avec ses études de kiné, il nous fait chier.
00:26:08Donc voilà, on a perdu un athlète.
00:26:09Et moi, j'ai dit non, je veux pouvoir retrouver ça.
00:26:13Et je déciderai quand est-ce que j'arrête.
00:26:16Ce n'est pas des gens dans un comité de sélection qui vont décider de mon arrêt de carrière.
00:26:21Parce qu'ils ont des arguments pour choisir ça.
00:26:23Mais qui décideront de ça ou une blessure.
00:26:25Les gens qui me disent, tu sais, les croisés, c'est pour ça que je me suis arrêté.
00:26:28Non, je n'y crois pas.
00:26:29Ça, je n'y crois pas du tout.
00:26:31Pour moi, avec le travail, tu peux toujours atteindre un objectif.
00:26:33Donc j'ai dit, j'irai coûte que coûte.
00:26:36Je n'avais pas prévu que ce soit à 34 piges.
00:26:38Oui.
00:26:38Mais par contre, ce qui est dingue, c'est que tu vas en effet leur prouver que tu es encore
00:26:41très compétitif.
00:26:42Parce que l'Olympiade qui va te mener vers Tokyo 2020,
00:26:44alors devenue 2021, elle est juste exceptionnelle pour toi.
00:26:47Tout simplement, tu vas enchaîner trois médailles dans trois grandes compétitions.
00:26:50L'argent aux Europe 2017, troisième au championnat du monde 2018
00:26:54et encore une médaille de bronze au championnat du monde 2019.
00:26:58Là, c'est la meilleure des réponses en fait.
00:27:00C'est sur le tatami où tu prouves à tous ces gens qui t'ont critiqué et qui t'ont
00:27:04dit que tu étais fini.
00:27:04Eh bien non, tu es bel et bien là et tu vas l'avoir, cette première qualification pour les Jeux.
00:27:08En plus, c'était triste à ce moment-là, mais ça mettait en lumière mon travail.
00:27:11C'est que l'équipe de France masculine était un peu en difficulté à ce moment-là.
00:27:15Du coup, ça mettait en avant mon travail qui était différent.
00:27:18J'avais essayé de m'entraîner un peu différemment, de fonctionner différemment.
00:27:21Donc là, ça a montré que j'avais eu raison et c'était cool.
00:27:25Ça me faisait chier pour mes potes, mais ça mettait en avant mes résultats.
00:27:28Oui, c'est ça, tu dis travailler différemment.
00:27:30En 2014, tu montes ta propre équipe en fait.
00:27:32Oui.
00:27:32Donc ça, c'est aussi osé.
00:27:33C'est ça.
00:27:34Dans un sport qui ne faisait pas somme du tout, je montre une équipe,
00:27:37de dire, OK, je vais m'appuyer sur des gens qui seront toujours à mes côtés,
00:27:40dans les bons comme dans les mauvais moments.
00:27:42OK, je suis dans le bas.
00:27:44Eh bien, je m'appuyerai quand même quand ça va briller.
00:27:45On va aller ensemble tout en haut.
00:27:47Et donc, du coup, une équipe qui est financée par moi personnellement
00:27:51ou par mon club à ce moment-là ou par des sponsors.
00:27:54Mon club, c'est Sushi Judo.
00:27:56Je me suis orienté vers un club.
00:27:58J'étais attiré par plein de clubs qui pouvaient me proposer des gros trucs financièrement.
00:28:02J'étais sur un club qui me proposait moins, mais qui me proposait un staff autour de moi.
00:28:05Je lui ai dit, vas-y, c'est grâce à ce staff que je vais réussir à remonter.
00:28:08Et après, je pourrais mieux gagner ma vie ou avoir les médailles.
00:28:11Tu parlais de ces trois médailles 2017, 2018, 2019.
00:28:14J'aimerais m'arrêter quand même sur 2018 parce que c'est une médaille particulière pour toi aussi,
00:28:18parce qu'elle arrive quelques temps après la naissance de ton fils, Liam.
00:28:22Est-ce que tu peux me dire ce qu'elle représentait cette médaille de bronze ?
00:28:26En fait, je suis médaille mondiale à 31 ans du coup, deux mois et demi après la naissance de Liam.
00:28:32Et c'est juste dingue parce qu'à ce moment-là, tu te dis, ok, je bascule dans les médailles
00:28:37mondiaux du judéo français et c'est trop classe.
00:28:41En plus, ce jour-là, je marche sur l'eau. Je fais tomber sur sept techniques différentes sur la journée.
00:28:48Donc, je suis dans le flot. Ça arrive très rarement.
00:28:51Pour la petite histoire, en demi-finale, il y a eu une décision d'arbitrage qui était très limite.
00:28:58Donc du coup, ce jour-là, je peux être champion du monde et c'est dingue quoi.
00:29:02Alors que tout le monde pensait que c'était un peu un coup de chance que j'avais en 2017.
00:29:05Et là, je monte de mon niveau et je suis libéré en fait.
00:29:08J'étais aussi celui qui n'arrivait pas à gérer la pression parce que je mettais beaucoup d'enjeux au
00:29:12judo tellement je travaillais à côté.
00:29:14Et là, du coup, en fait, je pars au Spadion. Je m'en fous du résultat.
00:29:18J'ai mon fils qui a deux mois et demi. Je l'ai dans les bras. C'est la chose
00:29:22la plus importante de ma vie.
00:29:24C'est génial. T'as plein d'amour et tout. Et là, tu te dis, en fait, que je rentre
00:29:28de Bakou avec une médaille ou sans ma médaille, ça change que dalle quoi.
00:29:32Donc, j'y vais super détendu et… – Et le résultat, il est magnifique. – Ouais. – Il est magnifique
00:29:37et tu confirmes en 2019.
00:29:38Donc, on se dit, bon, Gio Tokyo 2020, à ce moment-là, c'est pour toi.
00:29:43T'es programmé pour être médaillé. T'es dans une forme olympique, on peut le dire.
00:29:46Et finalement, on apprend que 2020, Tokyo 2020 se transforme en Tokyo 2021. Comment tu l'encaisses toi, Axel ?
00:29:51Là, c'est la merde. C'est la merde parce que déjà, moi, j'étais comme un dingue.
00:29:56Je ne suis plus tout jeune. Je suis comme un dingue pour 2020.
00:29:59Je suis sur les meilleurs. Quand il y a le confinement, je suis…
00:30:02J'ai juste de battre le champion d'Europe, puis le champion du monde autour de Paris à Bercy, à
00:30:06la maison, alors que j'étais blessé.
00:30:08Et donc, je me dis, ouais, le mec, j'ai une confiance max.
00:30:11Sauf qu'en fait, quand il reporte les Jeux, déjà, je lui dis, waouh, comment je vais tenir un nom
00:30:15de plus ?
00:30:16Et surtout, j'avais le début d'une plus bas vie. J'avais les ajouteurs qui étaient désinsérés un peu
00:30:20à droite.
00:30:21Et on avait décidé de faire un peu la politique de l'autruche, d'un commun accord avec le staff
00:30:24médical,
00:30:25de faire des infiltrations, de cacher la douleur. Donc, tout va bien.
00:30:29Sauf que quand on dit, on reporte d'un an, là, je me dis, waouh, c'est la merde.
00:30:34Parce que je sais, en tant que kiné, qu'on ne peut pas faire des infiltrations comme ça,
00:30:37à tiens à l'arigot, parce que ça abîme les tendons.
00:30:39Et là, on dit, aïe ! Et ça ne va pas louper, au retour du confinement,
00:30:43il y a des instructeurs qui se désinsèrent encore plus, et là, on doit changer de stratégie thérapeutique.
00:30:48Et donc, du coup, on se dit, aïe, comment on va faire ?
00:30:51Donc là, on est obligé de partir sur une rééducation et je pars, après quatre mois de confinement,
00:30:54je pars sur cinq mois de rééducation.
00:30:56Et c'était un calvaire, quoi. Jusqu'au jeu, un calvaire.
00:30:58Un calvaire. En un an et demi, je fais moins de trois mois de judo.
00:31:01J'étais arrêté tout le temps. Avant chaque séance de judo, je devais faire une séance
00:31:05pour tonifier la zone de renforcement la veille.
00:31:09Et j'avais 40 minutes d'échauffement avant la séance pour préparer la zone,
00:31:14parce que sinon, je prenais des coups de poignard dans le ventre.
00:31:16Et encore, avec tout ça, je prenais des coups de poignard pendant les 15-20 premières minutes de judo.
00:31:20Et après, seulement, je pouvais même exprimer.
00:31:22Et après, j'avais un protocole d'une heure de rééducation après la séance,
00:31:27bain froid direct et immobilisation par la kiné, pour soulager toute la douleur.
00:31:31C'est-à-dire, ça compensait de partout.
00:31:33Donc, ok, t'arrives un peu à cabosser au jeu, en vrac.
00:31:36En plus, je fais la commotion, en plus.
00:31:38Bah oui. Tu sais, quand les jeux commencent, que c'est mort pour toi en indif ?
00:31:42Non, non, parce que je me dis...
00:31:44Non, j'avais réussi, notamment les Europe 2017,
00:31:48où avec très, très peu d'entraînement, j'arrivais à être performant.
00:31:50J'avais travaillé ma tête, j'avais fait de la vie...
00:31:52Comme tu l'as dit, le jour J, quoi. Tu sais de transcender, tu sais de dedans, quoi.
00:31:55Ouais, ça va transcender. Le judo, j'en faisais depuis 20 ans.
00:31:57Je sais ce que c'est que performer le jour J.
00:31:59Je me dis, t'inquiète pas, ça va sortir à la stratégie et tout ça.
00:32:02Ça manquait de technique, de sensation, je le sais.
00:32:04Mais je me dis, je vais y arriver, quoi.
00:32:06Alors, quand on dispute ses premiers jeux, il y a toujours un dilemme.
00:32:09C'est soit profiter pleinement de l'expérience,
00:32:11être à fond, regarder un peu partout,
00:32:13ou alors rester dans sa bulle, vraiment, pour performer.
00:32:15Toi, t'as choisi quel camp pour...
00:32:17Entre les deux !
00:32:18Même si l'ambiance était particulière à Tokyo, avec le contexte connu.
00:32:21Je suis entre les deux.
00:32:22Je me souviens, quand on arrive au village olympique...
00:32:25Avant, je suis dans ma bulle.
00:32:26L'arrivée au village olympique, c'est waouh !
00:32:29Et là, coup de chapeau à mon pote Luca Meritze,
00:32:31parce qu'on arrive deux jours avant sa compétition.
00:32:33Luca, qui est mon binôme de chambre,
00:32:35qui fait médaille derrière,
00:32:37alors qu'il n'a pas longtemps.
00:32:38Alors qu'on arrive au village, on est avec Guillaume Chen.
00:32:41On fait, waouh ! C'est dingue !
00:32:43Il y a ça à faire, il y a ça à faire !
00:32:44Au début, on y voit, en une journée, je suis...
00:32:46Trop bien, attends !
00:32:48Au bout d'une journée, je lui dis, attends, attends, attends,
00:32:50t'es en train de te perdre, là, mec.
00:32:51T'es en train de visiter, t'es comme dans un parc d'attraction.
00:32:55Reviens, recentre-toi, parce que sinon, t'es mort.
00:32:57Les émotions, elles sont là-haut.
00:32:58T'as des champions partout.
00:33:00Français, dans l'ascenseur, tu croises un tel.
00:33:02T'as croisé, justement, des grands champions comme ça ?
00:33:05C'est marrant, la première personne qui me vient en tête,
00:33:07c'est que, ouais, dans l'ascenseur, je me souviens,
00:33:09je croise Cléopâtre d'Arleau, que je voyais avec grands yeux à l'époque.
00:33:12C'est, waouh, la gardienne de Handball !
00:33:15Incroyable ! J'étais fan.
00:33:17Après, Flo Manodou,
00:33:19à la séance de massage,
00:33:20qui est maintenant devenu un pote, les deux d'ailleurs.
00:33:23Et du coup, tu fais, waouh, c'est...
00:33:24Ouais, ok, on y est.
00:33:26Et après, dans le village, tu croises plein d'athlètes.
00:33:28Mais avec le Covid, c'était très particulier.
00:33:30Et oui, je me doute, oui.
00:33:32Parce que les gens ne se parlaient pas.
00:33:33Contrairement aux autres jeux où t'avais pas de rassemblement et tout,
00:33:36les gens se croisaient, même, je me souviens, avec certains sports,
00:33:38où on se checkait à peine avec mes potes de l'avion,
00:33:41Mathieu Andro Diaz et Hugo Boucheron.
00:33:43C'était même pas un check du coup, parce qu'ils étaient vachement craintifs du Covid.
00:33:47C'est sûr.
00:33:48Alors, Paris, t'as pas participé à la compétition,
00:33:51mais t'as eu un autre rôle aussi très important.
00:33:53Et en effet, t'as dû faire un peu la comparaison entre Tokyo et Paris
00:33:56en termes d'ambiance et de ferveur.
00:33:59C'était différent.
00:33:59Mais bon, ces jeux, en tout cas, pour toi, en Indiv, ça se passe mal.
00:34:02On peut le dire.
00:34:03Évidemment, on l'a dit.
00:34:04T'arrives avec une préparation complètement tronquée.
00:34:06Mais derrière, il y a le par équipe.
00:34:07Par équipe mixte.
00:34:08En Indiv, je perds quand même contre le champion du monde.
00:34:10Le Golden Score.
00:34:11Bien sûr.
00:34:12C'est quand même une super perf.
00:34:15Mais quand t'es dans le Golden Score comme ça,
00:34:18tu ressens des douleurs, des trucs où quand t'es sur le tatami,
00:34:21il n'y a plus rien.
00:34:22C'est bon, t'es lancé.
00:34:23Sur un enjeu comme ça, tu ne ressens pas.
00:34:26T'es juste matrixé, focus.
00:34:28Tu sais ce que tu dois faire.
00:34:29Tu penses à je dois lui prendre la manche,
00:34:31je dois me décaler sur ma gauche.
00:34:32T'as tes consignes qui sont claires.
00:34:34Tu ne penses pas à ça.
00:34:36Le par équipe mixte.
00:34:38Finale.
00:34:38Face au Japon.
00:34:39Chez eux.
00:34:40Donc là, évidemment,
00:34:41tout le monde a les yeux rivés sur cette grande finale.
00:34:44Déjà, comment on aborde une compétition comme ça ?
00:34:46Par équipe où là,
00:34:47ce n'est plus seulement ton résultat personnel.
00:34:49C'est un collectif.
00:34:51Tu sais que tu peux apporter ta pierre à l'édifice.
00:34:54En fait, moi, je me dis,
00:34:56je perds en Indiv, je m'effondre.
00:34:58Comme tu dis, j'étais programmé pour performer à Tokyo.
00:35:00Je dis, putain, c'est une horreur.
00:35:02Désolé pour le grand mot.
00:35:03C'est une horreur.
00:35:04Je me suis loupé.
00:35:06Je suis dans le noir et je suis dur au village olympique.
00:35:12Tu subis tes moments.
00:35:13J'ai trois jours où je suis mis.
00:35:15Et à un moment, la veille, tu es vraiment enfermé.
00:35:18Tu as du mal à aller voir les copains.
00:35:20Et la veille, je me dis, par contre, demain,
00:35:23tu as la chance.
00:35:23Tout le judo français, ceux qui ont perdu comme ça au jeu,
00:35:26c'est un échec à vie.
00:35:28Toi, pour la première fois, tu as la chance d'avoir une deuxième chance demain.
00:35:30Donc, saisis-la.
00:35:32Dès là, je me dis ça.
00:35:33Bon, en même temps, il faut se dire que tu dois refaire la perte de poids.
00:35:35Donc, c'est dur aussi, tu vois.
00:35:37Et au début, ça va bien.
00:35:39Je me dis, vas-y, je me motive et tout.
00:35:41Mais je reviens dans mon truc assez codifié.
00:35:43Et le pire, c'est qu'au premier tour des équipes, je perds aussi.
00:35:47Et là, je me souviens très bien.
00:35:49Et là, c'est là où je prends la claque.
00:35:51Est-ce que tu me dis ?
00:35:52Ouais, ma blessure et tout ça.
00:35:54Là, je me dis, ouais, super.
00:35:55Tu étais censé être super fort.
00:35:57Tu as zéro sensation.
00:35:58Tu vas être le mec, on va faire une médaille au bout.
00:36:01Je ne sais pas la couleur.
00:36:02Je ne pensais pas du tout alors.
00:36:03Et tu vas être le pélo qui aura perdu tous ces combats.
00:36:05Et là, c'est vrai.
00:36:06Et là, je pars en chair d'échauffement et je m'effondre.
00:36:08Et enfin, les émotions, elles sortent, en fait.
00:36:10D'accord.
00:36:11Et elles n'ont pas réussi à sortir pendant les trois jours.
00:36:14Et enfin, je lâche.
00:36:15C'était le déclic, en fait, ce moment.
00:36:16C'était le moment qui a fait basculer.
00:36:18Parce qu'après, en demi-finale, je prends le mec qui m'a battu en individuel.
00:36:23Donc, le combat d'après, en plus, je sais que je reprends.
00:36:26C'est presque ma maître noire, le mec.
00:36:27Je n'y arrive pas avec son judo.
00:36:29Et je le reprends.
00:36:30Donc, je prends le champion du monde.
00:36:31Et après, je prends le vice-champion du monde, si on passe.
00:36:33Et là, je me dis, les deux combats qui arrivent.
00:36:35C'est un cauchemar.
00:36:36Et heureusement, je lâche.
00:36:37Et je me dis, là, j'ai ma psy au téléphone.
00:36:40Qui est ?
00:36:41Myriam Salmi.
00:36:42Oui, Myriam Salmi.
00:36:42Qui accompagne beaucoup d'athlètes.
00:36:44T'as eu Isaura, il n'y a pas longtemps, qui l'accompagne aussi.
00:36:48Et Teddy et bien d'autres.
00:36:49Et du coup, qui me dit, vas-y, switch.
00:36:52Souviens-toi du petit accent qui s'est mis au judo, qui s'est amusé.
00:36:55Maintenant, tu veux tout bien faire, ça ne marche pas.
00:36:57Amuse-toi, lâche tout.
00:36:58Avec mon coach Christophe Massina, il me dit ça, les deux.
00:37:01Et du coup, je switch.
00:37:02Et là, je me vois comme ça, à jouer, à rigoler.
00:37:04Et je commence à voir le smile.
00:37:06Et au final, le combat contre la demi, il n'a rien à voir.
00:37:09Parce que je suis dans le jeu, je le mets dans le ventre partout.
00:37:12Et tu compares les deux combats, il n'y a aucun point comment.
00:37:16Ça paraît tout con, finalement, quand tu le dis comme ça.
00:37:18Mais tu sais, moi, j'ai reçu aussi Manon Apity-Brunet, champion de sabre.
00:37:21Et tu parles de plaisir, de jeu.
00:37:23C'est clairement ce qu'elle m'a dit aussi pour décrocher cette médaille d'or.
00:37:27Elle était dans ce mindset-là.
00:37:28Juste s'amuser.
00:37:29Voilà.
00:37:29Prendre du plaisir, sourire, avoir le smile et faire sa compète.
00:37:33Et ça mène vers une médaille d'or.
00:37:33Mais c'est ce qu'on dit, tu vois.
00:37:34C'est ce qu'on veut faire.
00:37:35C'est tellement dur à appliquer.
00:37:38Et il y a tellement d'efforts, de sacrifices pour en arriver là.
00:37:41Tu dis, vas-y, je vais tout bien carrer.
00:37:43Je suis plutôt le mec comme ça.
00:37:44Tac, tac, tout est comme ça.
00:37:45Donc, vas-y, je fais comme ça.
00:37:46J'ai mon schéma, c'est comme ça.
00:37:48Si tout est carré dans mon judo, l'autre, c'est trop facile à me lire.
00:37:51Donc, vas-y, mets de la folie.
00:37:53Et c'est comme ça que tu es fort.
00:37:55Et ça, en fait, tu l'oublies parce que tu reviens à tes automatismes.
00:37:58Pour mes automatismes, c'est quoi ?
00:38:00C'est le gros bosseur.
00:38:01C'est le mec qui est carré.
00:38:02Et je suis revenu dans mes travers.
00:38:05Comment on se positionne dans une équipe comme ça, là, avec le par-équipe mixte,
00:38:08où tout le monde a fait médaille.
00:38:10Alors, Guillaume Chen n'a pas fait médaille, mais tu es remplaçant.
00:38:13Tous les autres ont fait médaille.
00:38:15Toi, tu t'es un peu planté en indiv.
00:38:17Comment ça se passe avec les autres qui, eux, ont le smile, sont en confiance après avoir performé.
00:38:23Et toi, tu arrives et tu n'as pas la médaille.
00:38:25Est-ce que ça se fait naturellement ?
00:38:27Oui.
00:38:28Naturellement, en fait, on a déjà combattu comme ça.
00:38:29J'y pense pas.
00:38:31OK.
00:38:31Non, j'y pense pas.
00:38:32Ils connaissent ma valeur et des médailles que j'ai faites avant.
00:38:34Donc, je pense pas vraiment à ça.
00:38:36Par contre, ils m'ont apporté cette folie, ce relâchement qui les caractérise,
00:38:42qu'ils arrivent à avoir sur ces grands événements.
00:38:44Et du coup, Teddy, Clarisse, Roman et tout ça.
00:38:48Et du coup, ça me permet de rentrer dans ce jeu et dans cette libération, quoi.
00:38:53Raconte-moi la chambre d'appel.
00:38:55Moi, c'est un truc qui me fascine.
00:38:57Je connais un peu avec l'athlétisme.
00:38:58Tu vois, il y a des chambres d'appel, ce qui est très intimidant parfois.
00:39:01En judo, comment ça se passe, par exemple, cette finale face au Japon, la chambre d'appel ?
00:39:05Tu peux me raconter ce moment ?
00:39:06Il y a plein d'histoires.
00:39:07Il y a un moment qui est dingue.
00:39:10C'est plus encore avant, la salle d'échauffement.
00:39:12D'accord.
00:39:13En gros, au judo, chaque pays a son coin, la salle d'échauffement.
00:39:17Et au final, il n'y a plus que deux équipes.
00:39:21Et on a une coupure de quatre heures.
00:39:24Du coup, tu as les Japonais qui sont dans le calme et tout.
00:39:27J'imagine, ils sont en train de méditer et tout.
00:39:29Et nous, on joue au Uno.
00:39:30On déconne.
00:39:31On est allé manger.
00:39:32On déconne de ce qu'on allait faire avec la Primo Olympique et tout.
00:39:35Et au moment de se rééchauffer, ça part, ça met l'enceinte et ça part en battle de danse.
00:39:39Alors que tout le monde est censé, tu te dis, c'est pas possible.
00:39:42Il y a un enjeu dingue.
00:39:43C'est un des plus gros événements des Jeux à ce moment-là qui est d'être regardé
00:39:47parce que c'est une Japon chez eux, un sport majeur.
00:39:49Et nous, on déconne complètement.
00:39:51Ça danse, ça rigole.
00:39:52Et maintenant, j'ai récupéré une vidéo.
00:39:53On m'a envoyé une vidéo de ce moment-là.
00:39:55Il est incroyable.
00:39:55Et moi, je me fais embarquer dans cette folie, ce qui est génial.
00:39:59D'ailleurs, j'ai vu une vidéo hier de Périne Laffont qui a fait sa médaille,
00:40:03il y a quelques jours, et du coup, qui jouait à un jeu de cartes aussi à ce moment-là.
00:40:07En fait, il faut t'occuper de l'esprit.
00:40:09Sinon, tu te rends compte de l'enjeu où tu es.
00:40:11Du coup, tu t'amuses, tu rigoles.
00:40:13Et du coup, ça te permet d'être après dans le jeu et d'être dans l'instant.
00:40:16Ils ont halluciné.
00:40:19Ils ont halluciné.
00:40:20Ils ont dit, attends, il y a un enjeu de malade.
00:40:22Pour moi, à la maison, c'était dingue.
00:40:23Et le responsable de l'équipe, le head coach, Kosei Inoue,
00:40:26qui est un grand champion, essaie de la rassembler pour les remettre dedans.
00:40:29Et il y a une partie de la finale qui se joue là parce qu'il se dit, ce n
00:40:32'est pas possible.
00:40:33Après, il y a une deuxième anecdote qui est magique.
00:40:35Je ne sais pas si je peux la dire.
00:40:36Je pique la règle, c'est à Guillaume Chen.
00:40:39On est les quatre.
00:40:41On est les six comme ça, face à face.
00:40:42Pendant quasiment 20 minutes comme ça.
00:40:44Tu te regardes et tout.
00:40:45Tu vas combatter face à ton adversaire.
00:40:48Et t'as Guillaume qui fout un coup de coude à Sarah.
00:40:56Il lui manque un orteil.
00:41:00Et pour de vrai, sa concurrente, il n'avait que quatre orteils et un pied.
00:41:05Et là, du coup, t'as toute l'équipe qui part en fou rire.
00:41:10Et du coup, c'était bien.
00:41:12Ça doit être un contraste énorme.
00:41:13L'équipe de France en fou rire et les Japonais à fond hyper concentrés.
00:41:17C'est ça.
00:41:18En tout cas, cette finale, on va la raconter un petit peu sur le tatami.
00:41:21Ce qui s'est passé avec Larissa Gbenenou.
00:41:22Elle lance les hostilités.
00:41:23Elle remporte son combat.
00:41:24T'es le deuxième à passer.
00:41:25Oui.
00:41:25T'es opposé à Mukai.
00:41:27Tu fais quoi juste avant de rentrer sur le tatami ?
00:41:29Je sais que tu as un petit rituel intéressant dont on a un petit peu parlé tous les deux.
00:41:32Ah ouais.
00:41:34Justement, je me remémore mes schémas et tout ça.
00:41:38En gros, trois stratégies.
00:41:39Prêtementale, tu ne peux pas avoir plus de trois consignes.
00:41:42Sinon, ton cerveau est débordé.
00:41:44Et donc, du coup, je me concentre là-dessus.
00:41:46Et puis, il y a un mot qui me permet de m'apaiser.
00:41:48Je cherche surtout à m'apaiser.
00:41:50C'était PSA.
00:41:51Donc, c'est à ça que tu fais la vision.
00:41:52Exactement.
00:41:53Et c'est posé, serein, appliqué.
00:41:55C'est les trois mots que je me répétais pour calmer ce niveau d'excitation qui peut me correspondre.
00:42:02Posé, serein.
00:42:03Parce que quand j'ai confiance en moi, quand je suis serein, je peux être dans les meilleurs mondiaux.
00:42:07Et appliqué, c'est ma capacité à être précis sur les mains ou sur mon enchaînement au sol qui va
00:42:12faire que je peux battre n'importe qui.
00:42:13En tout cas, ce combat, c'est un combat de guerrier, tout simplement, qui sera même interrompu pendant plusieurs minutes.
00:42:19Tu saignes au niveau du front, il va te mettre le bandage et tout.
00:42:22Enfin, tout est magique.
00:42:23Golden score.
00:42:24Et au bout de deux minutes, tu trouves la faille.
00:42:27Oui.
00:42:29Je ne trouve même pas la faille.
00:42:30Je le pousse à l'erreur.
00:42:31Oui.
00:42:32C'est encore la différence.
00:42:33C'est-à-dire que je faisais beaucoup naïs vidéo de mes adversaires pour savoir tous leurs points faibles.
00:42:38Je savais que l'adversaire, mon cas, il peut être fragile psychologiquement.
00:42:42Donc, avec un jeu, quand ça allait durer, il allait stresser et faire des erreurs.
00:42:45Et j'avais observé aussi qu'à un certain moment, il y avait un mouvement qui faisait beaucoup moins bien.
00:42:49Et il venait attaquer ma jambe droite et qu'il fallait que je fasse tel mouvement à ce moment-là.
00:42:53J'avais beaucoup bossé en amont dans l'année qui arrivait.
00:42:57C'est un Uchigari un peu particulier.
00:42:59Et même en chambre d'un salle d'échauffement, je le retravaille avec Alexandre Edir,
00:43:03qui était à l'époque mon concurrent, qui est devenu mon collègue en équipe de France.
00:43:06Et je le travaille devant lui.
00:43:07Et du coup, j'arrive à le pousser à cette erreur et à ce qu'il vienne attaquer cette jambe
00:43:11-là.
00:43:11Et du coup, l'automatisme est directement là et je le fais tomber.
00:43:14C'est un grand moment, mais ce n'est pas fini.
00:43:15Puisque ensuite, Romain Dicot perd.
00:43:17Mette Ediriner et Sarah Léonis ici qui finissent le travail.
00:43:20Victoire 4-1, médaille d'or, titre olympique.
00:43:23C'est la première chose que tu as faite après que Sarah Léonis finisse le travail ?
00:43:28On a sauté partout.
00:43:31Ça a duré toute la soirée, ils sont hallucinés.
00:43:34On a sauté partout.
00:43:35On était complètement hystériques.
00:43:37Les gens ne se rendent pas compte, mais c'est comme si on mettait Brésil au Maracana 4-1.
00:43:42On leur met 4-1, ils n'avaient jamais perdu en équipe.
00:43:44C'était juste dingue.
00:43:47On saute partout, on est comme des gosses.
00:43:49On est tous comme des gosses.
00:43:51Et voilà.
00:43:52C'était ouf.
00:43:53Après, je me souviens que j'avais appelé mes parents.
00:43:54On était encore en train de sauter partout.
00:43:56Mais voilà.
00:43:56Ça dure quand même un bon moment.
00:43:58Je me souviens que les médias nous attendaient tous en zone mixte.
00:44:02Et qu'en fait, nous, on s'amusait partout.
00:44:04Ça, c'est des moments qu'on aime voir.
00:44:06Une médaille d'or olympique, alors c'est le Graal.
00:44:07On en a discuté, nous, avec Stéphane Paréz, champion olympique de rugby à 7.
00:44:12Super mec.
00:44:12Super mec, exactement.
00:44:14Fan de cuisine.
00:44:14Fan de cuisine.
00:44:15Qui veut que je l'emmène sur mon pote Juan Arbeles.
00:44:17Et bien voilà, tout est lié finalement.
00:44:19Et regarde, regarde ce qu'il nous a dit à ce sujet.
00:44:22C'est assez marrant que tu parles de Jérôme Daré tout de suite.
00:44:25Parce que je suis retombé sur un briefing avant même que les Jeux ont commencé.
00:44:28Où il vous explique que si vous gagnez les Jeux, vous êtes au pic de l'Olympe.
00:44:33Et sur le pic de l'Olympe habitent les dieux.
00:44:35Donc si tu gagnes les Jeux, tu deviens un dieu.
00:44:37Est-ce qu'à ce moment-là, quand on est sur le podium,
00:44:39la médaille d'or autour du cou, on se sent au-dessus de tout ?
00:44:42On se sent comme un dieu ?
00:44:43Bien sûr.
00:44:45Surtout en France.
00:44:46C'était juste incroyable.
00:44:48Les quelques jours qui ont suivi, on était encore dans l'Olympe.
00:44:53Et en fait, tu te rends compte que...
00:44:55Enfin, c'est pas que tu te rends compte, mais tu te dis,
00:44:57mais en fait, je peux faire ce que je veux.
00:44:59Je suis médaillé champion olympique.
00:45:03C'est démesuré totalement.
00:45:05Ça nous déconnecte totalement de la vie réelle.
00:45:08Et il faut faire attention à ça.
00:45:10Mais c'est un sentiment de taré.
00:45:14C'est un sentiment de taré.
00:45:16On se sent comme un dieu, Axel ?
00:45:18Alors moi, c'est pas la première chose que j'ai ressenti.
00:45:20J'ai ressenti un apaisement.
00:45:22Et de me dire, OK, j'ai redonné à mon pays
00:45:26ce qu'il m'a apporté pendant une année,
00:45:27parce qu'on est financé par l'État pour faire ça.
00:45:30Par contre, derrière, ce qu'il ressent...
00:45:33Nous, on l'a ressenti quand on est revenu en France.
00:45:35Parce qu'à Tokyo, il n'y avait pas de public.
00:45:38On a moins ce sentiment-là.
00:45:40C'est juste, waouh, entre nous, c'était waouh.
00:45:41Par contre, quand on est arrivé en France, c'est de la folie.
00:45:44Les gens sont tarés.
00:45:45C'était de l'hystérie.
00:45:47Je me souviens, on est arrivé au Trocadéro.
00:45:49On est dans un van noir.
00:45:50On sort.
00:45:51On a besoin de...
00:45:52Il nous a mis un service d'ordre.
00:45:53Je me disais, j'entends des mecs au Tokyo.
00:45:57Et là, on sort.
00:45:58C'est de l'hystérie totale.
00:45:59Il y a un couloir pour nous emmener.
00:46:01Et là, on se rend compte de ce qu'on a fait.
00:46:02Les gens sont complètement fous.
00:46:05Hystériques.
00:46:05Et au Trocadéro, ça paraît normal.
00:46:08Mais en fait, après, en tant que médaillé olympique, champion olympique,
00:46:12tu fais des événements comme ça.
00:46:13Tu peux le faire quasiment pendant deux mois.
00:46:15Ou pendant deux mois.
00:46:17Surtout qu'il y a un jour ou trois semaines.
00:46:19C'est de l'hystérie, peu importe où tu vas.
00:46:21Tu as tous tes sponsors qui te font venir.
00:46:23Tu rentres dans ta ville d'origine.
00:46:24J'ai eu l'innovation dans ma ville d'origine à Saint-Denis qui était dingue.
00:46:27Bien sûr.
00:46:28Et partout, tu vois.
00:46:29Tu vois sur la grande photo de la médaille d'or.
00:46:32Tout ce que tu fais, c'est de la phonie.
00:46:34Tu sais, tout le monde veut que tu passes et tout.
00:46:35Je me souviens, les gens te disent, vas-y, passe là, passe là.
00:46:38Ouais.
00:46:39Je me souviens, je pensais passer 20 minutes.
00:46:41Chaque endroit où tu penses passer 20 minutes, faire un coucou,
00:46:43c'est deux, trois heures parce que les gens sont comme des tarés.
00:46:46Et c'est vrai que ça fait perdre pied pendant quelques temps.
00:46:49Bon, l'avantage, c'est que ça ne dure pas si longtemps.
00:46:51C'est que c'est après, tu redescends.
00:46:52Moi, je me souviens, je me suis quand même barré à l'étranger
00:46:54parce que je voulais kiffer et me retrouver avec ma famille.
00:46:55Ah ouais, normal.
00:46:56Je me suis barré à l'étranger pour pouvoir redescendre
00:46:58parce que tu dis, waouh, je ne peux pas tenir là-haut.
00:47:00Je suis fatigué de ma prépa, fatigué de la compète,
00:47:04effervescence de malade et tu fais waouh.
00:47:07L'avantage, c'est que c'est au mois d'août.
00:47:09Après le mois d'août, ça se calme un peu parce que tout le monde est en vacances.
00:47:12Sauf que tu reprends un shoot de ouf en septembre
00:47:14et c'est de nouveau de la folie.
00:47:16Franchement, tu fais à la rentrée des clubs, tu fais à la rentrée dans les écoles,
00:47:20tu as plein d'événements à ce moment-là et c'est fou.
00:47:23Mais c'est beau.
00:47:24C'est clair, c'est clair.
00:47:25Tu crées des super beaux souvenirs.
00:47:27Maintenant, tu vas en créer d'autres puisque, je l'ai dit en début d'émission,
00:47:30tu as officiellement rangé le kimono.
00:47:32Et on va parler de ce que tu fais un petit peu maintenant
00:47:34dans cette rubrique qui s'appelle « Show de vent ».
00:47:41Alors, beaucoup de casquettes pour Axel.
00:47:43Tu es coprésident de la commission des athlètes au niveau du comité olympique français.
00:47:46Vous connaissez bien « Sur sport en France ».
00:47:48Une émission était dédiée d'ailleurs à ça, la Cannes.
00:47:50Tu es aussi kiné, tu l'as dit.
00:47:51Tu interviens en tant que conférencier, consultant d'entreprise.
00:47:54Puis tu as toujours un pied dans le judo.
00:47:55Ça fait beaucoup tout ça.
00:47:56Tu arrives à tout gérer, Axel, bien comme il faut ?
00:47:59Ce n'est pas toujours évident.
00:48:01C'est de m'organiser au mieux.
00:48:03Je cours beaucoup.
00:48:04Je suis arrivé ici en courant.
00:48:06Il y a pas mal de choses.
00:48:07Mais en fait, c'est génial d'avoir toutes ces opportunités.
00:48:10Il y a beaucoup de choses qui sont dans la transmission.
00:48:12La Cannes, la commission des athlètes.
00:48:14Pour moi, c'est important d'en parler,
00:48:17de s'être engagé dans ce truc-là.
00:48:19Parce que pendant des années, toute ma carrière,
00:48:22j'étais à la café de l'INSEP où on fait « putain,
00:48:24il y a ça qui ne va pas, il y a ça qui ne va pas ».
00:48:26Dans le sport, au début dans le judo.
00:48:28Puis après, tu te rends compte que dans tous les autres sports,
00:48:30on en parle entre athlètes.
00:48:31Tu fais des heures et des heures.
00:48:32Ouais, c'est bien beau d'en parler autour d'un café.
00:48:34Faire bouger les choses après.
00:48:36Engage-toi pour faire bouger les choses.
00:48:37Donc, c'est important pour ne pas que les autres générations
00:48:39soient bloquées et qu'on subisse les mêmes choses qu'on a critiquées.
00:48:42Donc, le but, c'est de faire bouger les choses,
00:48:44de s'entourer de tout ça.
00:48:46Donc, les semaines d'Axel Clergé, ça se compose comment maintenant ?
00:48:50Elles sont de plus en plus structurées.
00:48:52Du coup, il y a quelques journées, bien sûr.
00:48:56Il y a quelques journées qui sont dédiées pour les entreprises
00:49:00pour lesquelles je travaille, notamment deux jours, deux jours et demi.
00:49:04Il y a des journées spéciales pour la commission des athlètes
00:49:06où j'essaie de rassembler ces événements à ce moment-là.
00:49:08Mais on est sollicité un peu à droite à gauche.
00:49:10Puis après, il y a tous les événements qui viennent
00:49:12et que tu dois répondre et que tu dois faire.
00:49:14Et la vie de famille qui reste une priorité.
00:49:17Mon petit garçon que tu as vu là,
00:49:19ces belles années et les années où il a besoin de son papa,
00:49:22elles sont maintenant.
00:49:23Donc, ça prend une place importante aussi.
00:49:25Donc, c'est important de pouvoir répondre à ses besoins
00:49:28et passer du moment simple et fort avec lui qui lui crée des souvenirs
00:49:32et qui l'aide à grandir comme il faut.
00:49:34Tu sais quoi ? Tu me fais une belle transition
00:49:35parce que maintenant, tu as parlé de Liam, tu es son papa,
00:49:38mais on va parler de ton papa.
00:49:39D'accord ?
00:49:39Ensemble, dans cette rubrique Au coin du feu.
00:49:46Je vais m'installer, ouais, juste à côté de toi, Axel,
00:49:49pour cette petite rubrique.
00:49:50On va parler de ton père.
00:49:51On en a un petit peu parlé déjà, Francis.
00:49:52C'est bon, on a le même gars, Marie ?
00:49:53Ouais, mais quasiment.
00:49:55Franchement, on n'y voit que du feu.
00:49:56Non, mais c'est parfait, c'est parfait.
00:49:57Je pense que je suis bien à ma place ici.
00:50:01Heureusement que j'ai mis une veste noire.
00:50:02Oui, oui, oui.
00:50:03Non, mais attends, attends.
00:50:03Je n'ai pas encore en prise de basse.
00:50:05Tu sais, moi, il y a des périodes dans l'année.
00:50:06Je gère mon entraînement comme je peux.
00:50:08On dirait pas faire un footing en ça.
00:50:09Ah oui, voilà, par contre, là-dessus.
00:50:11Comment tu décrirais ta relation avec ton père, Francis, actuellement ?
00:50:17Elle est plus à distance.
00:50:19Elle est plus en relation père-fils maintenant
00:50:21que ce n'a été au début, donc c'est cool.
00:50:23Et c'est important de retrouver ce rôle-là
00:50:25plutôt qu'à un moment, c'était pas évident.
00:50:27Et c'est marrant, c'est le moment où j'ai eu le déclic,
00:50:29où c'était plus l'entraîneur.
00:50:31Donc c'est plus une relation, je dirais, paternelle du coup.
00:50:34C'est vrai que ça doit être compliqué, ça.
00:50:35Quand ton père est coach à coup d'athlètes,
00:50:37c'est comme ça, c'est une affaire de famille,
00:50:39où c'est difficile de trouver le bon équilibre
00:50:42entre la vie personnelle, la vie sportive.
00:50:45Toi, tu l'as ressenti, ça, du coup ?
00:50:46Ouais, ouais.
00:50:47Et c'est ma mère qui a un peu tiré la sonnette d'alarme.
00:50:49Et heureusement, et tant mieux, et un gros coucou à ma mère,
00:50:52c'était important de pouvoir mettre des barrières.
00:50:56Voilà, quand on rentre à la maison, on essaie de mettre le jeu de côté.
00:50:59Et chez nous, on est des hyper passionnés, donc c'est pas forcément évident.
00:51:02Dans d'autres familles, je sais que c'est plus facile.
00:51:05Chacun est différent.
00:51:06Donc là, c'est mieux.
00:51:07T'as pu avoir un peu ce truc-là, Axel, de te dire,
00:51:09si je veux rendre fier à mon père, je dois être performant au judo ?
00:51:14Je pense que c'est inconscient.
00:51:16Ouais.
00:51:17Je pense que c'est inconscient.
00:51:19Jamais de façon évidente.
00:51:20Mais si tu réfléchis, bien sûr, si tu vas chercher en psychologie,
00:51:23je pense qu'il y a des choses où tu vas rendre fier à mon père.
00:51:26Ça serait mentir que de dire l'inverse.
00:51:27Mais c'était pas conscient.
00:51:28C'était pas clair.
00:51:30Et ça n'a jamais été dit.
00:51:31Voilà.
00:51:31Après, c'est beau de mettre l'alarme à ton père quand tu gagnes une compète.
00:51:38C'est forcément un milieu qu'il connaît, donc oui, il y a une partie.
00:51:40C'est quelqu'un de pudique, de démonstratif ?
00:51:43Il est comment, Francis ?
00:51:44C'est quelqu'un qui ne va pas exprimer les émotions, mais qui va le montrer.
00:51:49Il a l'alarme facile sur une émotion sportive, comme moi, celui de tout à l'heure.
00:51:54Donc, il va le montrer comme ça, mais après, il n'y aura pas de mots.
00:51:57Il n'y aura pas de mots.
00:51:57Sur les compétitions, il est comment ? Il est très présent ? Il est très stressé ?
00:52:00Il est un peu en retrait ?
00:52:03Au début, hyper présent.
00:52:05Et en fait, à 27 ans, j'ai essayé de vraiment prendre mon...
00:52:08Assez tard, du coup.
00:52:09J'étais resté dans son club licencié.
00:52:11Et du coup, j'avais changé de club et ça a beaucoup aidé.
00:52:14Et du coup, au fur et à mesure, il s'est éloigné et il a fait confiance aux autres.
00:52:16Donc, c'était beaucoup mieux.
00:52:17Il avait un œil, après, qui orientait un peu à distance,
00:52:19mais qui passait par les entraîneurs.
00:52:21Mais plus vers moi en direct, c'était beaucoup mieux.
00:52:23Et après, il pouvait plus profiter et vivre le rôle de père
00:52:25plutôt que de vivre le rôle où il était là trop présent.
00:52:28Il t'a transmis beaucoup de choses dans le judo.
00:52:30Ça, on l'a évoqué dans cette émission.
00:52:31Dans la vie, c'est quoi la plus belle chose qui t'est transmise ton papa ?
00:52:37Elle n'est pas facile, cette question.
00:52:38Non.
00:52:40Je pense que c'est la valeur travail qui est énorme chez mon père.
00:52:44Et la valeur de respect aussi.
00:52:46La valeur travail, il est énorme.
00:52:48Donc, c'est peut-être le plus beau cadeau parce que, comme je te dis, je suis construit là-dessus.
00:52:51Ton père, il intervient beaucoup dans le doc, le 174e combat.
00:52:54C'était important, ça, pour toi, de l'avoir sur beaucoup de séquences,
00:52:57qui s'expriment, qui donnent son point de vue ?
00:52:59Pour être honnête, pas du tout.
00:53:01Pas du tout ?
00:53:01Pas du tout.
00:53:01C'est un choix du réalisateur.
00:53:03Je lui ai dit, moi, je vais laisser carte blanche.
00:53:05Et en fait, il a interrogé plusieurs personnes de mon entourage.
00:53:09Et c'est lui qui a décidé de mettre cette place-là à mon père.
00:53:12Moi, je n'avais aucune orientation.
00:53:15Au contraire, peut-être, pour ne pas être dans l'image cliché, peut-être.
00:53:18C'est un choix de Lucas et que je respecte parce qu'il l'a touché, je pense, par ses
00:53:23mots.
00:53:23Et que ses mots dans le documentaire donnent une dimension différente au documentaire.
00:53:28C'est-à-dire qu'on est sur de la performance.
00:53:29Et pour ne pas spoiler, mais il y a un moment où il dit,
00:53:31on est là pour former des êtres humains et pas que des champions.
00:53:34Et je pense que ça montre aussi ma mentalité en s'engageant aussi sur la canne
00:53:38où on travaille sur l'être humain.
00:53:40On ne travaille pas que sur la performance.
00:53:42On travaille sur la vie de l'athlète, les conditions de vie.
00:53:47Il n'est pas que les conditions de performance.
00:53:50Donc ça, c'est important.
00:53:50Et je finirai là-dessus, mais j'ai l'impression aussi que ton père,
00:53:53tu as transmis l'envie de transmettre, en fait.
00:53:55Ça, c'est sûr.
00:53:57Mon père et ma mère, du coup.
00:53:58Parce que ma mère, je l'ai inclure dedans.
00:54:01Elle est quand même aussi enseignante.
00:54:02Donc des fois, on me dit, mais pourquoi tu es à fond là-dedans ?
00:54:04Ben ouais, quand je réfléchis, mon père et ma mère ont toujours fait ça.
00:54:08Donc ouais, transmettre, pour moi, c'est important.
00:54:09Transmettre avec les gamins.
00:54:10Transmettre dans l'entreprise comme je fais
00:54:12parce que j'ai pu développer comme softkins grâce au haut niveau.
00:54:15ou transmettre avec la canne pour ne pas que les plus jeunes sportifs
00:54:19subissent les mêmes inconvénients qu'on a eu, nous, champions.
00:54:22Beaucoup de belles choses.
00:54:23Beaucoup de belles choses.
00:54:24On va finir cette émission sur une petite note plus légère.
00:54:27Vas-y.
00:54:27Allez, c'est parti.
00:54:28La tier liste d'Axel Clerget, c'est tout de suite dans Tout fait tout flamme.
00:54:35Alors, la fameuse tier liste.
00:54:37Vous en avez l'habitude maintenant.
00:54:38Cinq catégories.
00:54:39Flamme olympique, feu de cambriquet, allumettes, cendres.
00:54:41Flamme olympique, c'est le top du top.
00:54:42Plus on descend, moins c'est bien.
00:54:44Ok.
00:54:45Des éléments à classer.
00:54:46Je te laisse nous les commenter rapidement, Axel.
00:54:48Dans l'ordre que je veux, l'anis.
00:54:49Vas-y, dans l'ordre que tu veux.
00:54:50Putain, l'anis.
00:54:51Comme par hasard, ce que je déteste.
00:54:52L'anis, c'est pas bon.
00:54:52Ok.
00:54:52Le Dozo Axel Clerget est magnifique.
00:54:55A remis en mon moment la photo de celle-là, que j'ai inauguré en décembre.
00:54:58Oui.
00:54:58Et j'ai la chance d'en avoir trois.
00:55:00Il y en a deux autres.
00:55:01Oh.
00:55:01La boue XR.
00:55:02C'est en Bretagne et en Verdant.
00:55:04Donc, c'est magnifique.
00:55:06L'Aerox, c'est le sport qui m'a permis de feu de camp.
00:55:11Allez, on va pas mettre flamme olympique.
00:55:12Allez, si, parce qu'il rêve d'être un sport olympique.
00:55:14Allez, je leur fais un coup de pouce.
00:55:16Tiens, montre un tout petit peu la tablette.
00:55:17Hop, c'est parfait.
00:55:20C'est dur.
00:55:21Jigoro Kano, flamme olympique.
00:55:22Jigoro Kano.
00:55:23Créateur.
00:55:24Question très rapide.
00:55:25Jigoro Kano, créateur du judo.
00:55:26Il représente quoi pour les judokas ?
00:55:29On sait qu'on le salue avant chaque entrée sur le tatami.
00:55:32Ça, c'est propre à chacun.
00:55:34Moi, je me dis que c'est celui qui a créé notre sport
00:55:37et que je me suis construit grâce à ce sport.
00:55:39Donc, en fait, sans lui, je ne serais pas devenu un autre homme.
00:55:43Donc, je lui dois beaucoup.
00:55:44Tu me dis comme ça.
00:55:46Par conséquence, tu vois.
00:55:48Après, clairement, on ne va pas côtoyer.
00:55:50Oui, bien sûr.
00:55:52Je ne sais pas l'homme que c'était.
00:55:53Je ne me suis pas assez enseigné, peut-être.
00:55:55Le kilomètre vertical, c'est une blague ou quoi ?
00:55:58Non, non.
00:55:58Tu sais que je me suis déjà aligné sur un kilomètre.
00:56:00Je sais, Axel.
00:56:01Attends, j'ai quand même bossé.
00:56:02C'est pour ça que c'est là.
00:56:03Tu as beaucoup bossé, mais c'est impossible.
00:56:04C'est impossible.
00:56:05Tu n'as jamais trouvé.
00:56:06C'est impossible.
00:56:06Putain, je me suis trouvé à faire un kilomètre vertical.
00:56:09C'est affreux.
00:56:10Ah, c'est affreux.
00:56:11Mais tu vois, les gens, ils ont plus ton gamme.
00:56:13Ah, bah oui.
00:56:13Et quand je me suis retrouvé sur la ligne de départ, c'était un défi.
00:56:16J'accompagnais ma soeur qui faisait un trail.
00:56:18Et du coup, elle a fait, je fais le kilomètre vertical.
00:56:20Je fais, c'est quoi ce truc ?
00:56:21Elle m'explique.
00:56:22Bon truc de teubé.
00:56:24Vas-y, je vais faire.
00:56:25Je vais aimer.
00:56:26Donc, j'y vais.
00:56:27Sauf que sur la ligne de départ, je ne vois que des chevreuils, tout maigres.
00:56:31C'est une des gens qui est montée comme pas possible.
00:56:33Des bouctins plutôt.
00:56:34Et mon gros gars, j'avais un sac à dos.
00:56:36Et je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais ?
00:56:37Je voyais tout le monde qui me regardait.
00:56:38Je me suis dit, qu'est-ce qu'il fait là, celui-là ?
00:56:40Je n'avais pas dit ce que je faisais.
00:56:42J'étais à l'air incognito heureusement.
00:56:43Ah, c'est la torture.
00:56:43C'est l'article.
00:56:45Mais c'est un bon délire.
00:56:46Un briquet, du coup.
00:56:47Ah, les briquets.
00:56:48Middle.
00:56:49Maman, je vais rater la nom.
00:56:50La pépite.
00:56:52Ça, c'est un de mes films préférés du moment.
00:56:54Parce que quand je regarde ça avec mon fils Liam, c'est des fous.
00:56:57Il est excellent.
00:56:58Mais c'est magnifique.
00:56:59Je connais toutes les scènes du coup.
00:57:00Il me les refait à fond.
00:57:02C'est magnifique.
00:57:03En plus, mon fiston est tout blond comme lui.
00:57:05Donc, c'est trop bien.
00:57:06Les menteurs.
00:57:07Eh ben, je n'ai pas la ref.
00:57:09Donc, je le mets en briquet.
00:57:10Je ne peux pas dire qu'il est nul.
00:57:11Allez, briquet.
00:57:12Les oreilles ensouffleurs.
00:57:16Ben...
00:57:17Tu me les en...
00:57:17Oh, un petit peu.
00:57:18Un petit peu.
00:57:19Tu vois le mauvais côté.
00:57:20C'est un petit gauche un peu plus.
00:57:22Vas-y, je mets feu de camp.
00:57:23Parce que c'est sympa.
00:57:23Ben oui, ça fait partie de toi.
00:57:26Voilà.
00:57:27La quarantaine.
00:57:28Ha !
00:57:29Hé !
00:57:29Alors, tu vas avoir...
00:57:30J'ai dit ton âge.
00:57:31Je suis désolé au début de l'émission.
00:57:32Je vais le redire.
00:57:33T'as 38 ans.
00:57:33Tu vas bientôt avoir 39.
00:57:35Ouais.
00:57:36J'essaie un peu de...
00:57:38Et donc, la quarantaine approche un petit peu.
00:57:40D'accord.
00:57:40Voilà.
00:57:41Ça fait peur.
00:57:41Ouais, ça fait chier.
00:57:43Mais bon...
00:57:44Tu sais quoi ?
00:57:45J'ai envie de mettre cendre.
00:57:46Non pas parce que c'est pourri.
00:57:49Ouais.
00:57:49Parce que je renais de mes cendres à 40 ans.
00:57:51Eh ben voilà.
00:57:51C'est magnifique.
00:57:52Allez.
00:57:53Le rap.
00:57:54Putain.
00:57:54Je déteste le rap.
00:57:56Je déteste le rap.
00:57:57Et en même temps, mon fils m'a emmené dans un concert de Maître Gims.
00:57:59Ah.
00:58:00Qu'on peut pas complètement mettre dans le rap.
00:58:01Ouais.
00:58:02Parce qu'il est un peu plus universel.
00:58:03Et que j'ai kiffé.
00:58:04Grâce à mon fils.
00:58:05Mais sinon...
00:58:06Les régimes...
00:58:07Putain.
00:58:08C'est dur.
00:58:10Ah, je peux...
00:58:11On parle du premier combat, le régime.
00:58:13Je suis obligé de mettre briquet.
00:58:14Parce que c'est pas si pourri.
00:58:15Parce que ça fait partie du truc.
00:58:16C'est sûr.
00:58:16C'est sûr.
00:58:17Ah non, c'est sûr.
00:58:18Cendre.
00:58:19Désolé.
00:58:19Cendre.
00:58:20Ah non, c'est dur.
00:58:21C'est vrai.
00:58:21Ah oui, c'est vrai.
00:58:21Les régimes, ça rend le sport dix fois plus difficile qu'un autre sport.
00:58:25Parce qu'en fait, t'as déjà un combat avant d'arriver.
00:58:27C'est ça.
00:58:27Et qu'une perte de poids, c'est horrible.
00:58:29C'est pas la perte de poids qu'on vous montre à la télé et qu'on voit dans le
00:58:32docu
00:58:32où on met les affaires.
00:58:33C'est très dur, ça.
00:58:34Mais c'est plus la rigueur que ça demande de manger hyper strict tout le temps.
00:58:40Bon, ça se voit, du coup, j'ai lâché.
00:58:41Désolé.
00:58:43Bravo.
00:58:43Et du coup...
00:58:45Et c'est surtout ça, quoi.
00:58:47Ça veut dire que tu emmènes tes tuperroirs quand tu vas manger chez des potes.
00:58:50Ça veut dire que tu ne fais vraiment pas ce que tu veux.
00:58:52Tu n'as pas une vie que tu veux.
00:58:53Donc, c'est dur.
00:58:54Le squash, c'est cool.
00:58:55Comme l'air rock, c'est les deux sports qui m'ont permis à la ride carrière
00:58:59et qui me permettent de retrouver du kiff.
00:59:00Et je le fais avec des potes.
00:59:01Je ne peux pas le faire tout seul.
00:59:02Donc, il faut que je sois entouré de potes.
00:59:03Et le squash, j'adore.
00:59:04Parce que tu défoules comme un dingue.
00:59:07Et que tu finis en nage.
00:59:08Et je ne suis pas encore assez bon en paddle pour en arriver là.
00:59:12Squash, j'envoie vraiment fort.
00:59:13Tu sais qu'on diffuse tout le circuit international de squash.
00:59:15Je commence le squash.
00:59:16Ça m'a fait très plaisir.
00:59:18Donc, je dois aller faire un squash avec Camille Sermon.
00:59:20Elle est magnifique.
00:59:21Alors, la dernière question qui n'est pas facile.
00:59:24Tu dois choisir entre le dojo Axel Clerget, l'Irox, Jigoro Kano,
00:59:28Maman, j'ai raté l'avion ou le squash ?
00:59:31Pas simple.
00:59:34Maman, j'ai raté l'avion.
00:59:35Parce que je ne suis plus dans le sport.
00:59:36Et que du coup, c'est des moments avec mon fils.
00:59:37Ouais.
00:59:38Maman, j'ai raté l'avion.
00:59:39Avant de se quitter, on arrive bientôt à l'heure de cette émission.
00:59:42C'est passé très vite.
00:59:43On a un petit message pour toi, Axel.
00:59:47Salut tout le monde.
00:59:48Salut Axel.
00:59:49Écoute, à l'occasion de ta retraite sportive, on m'a demandé d'évoquer quelques souvenirs
00:59:53que j'ai pu avoir avec toi.
00:59:55C'est toujours ce souvenir collectif avec les copains et les copines, là encore,
00:59:58lors de la finale contre le Japon aux Jeux Olympiques de Tokyo.
01:00:02Battre les Japonais chez eux avec le scénario qu'on a tous pu voir.
01:00:05C'était fantastique et tu as apporté ta pierre à l'édifice en marquant ton point contre le Japonais
01:00:11et en permettant à l'équipe notamment d'être à jamais les premiers.
01:00:15Donc, de grands souvenirs, de superbes émotions.
01:00:18Je te souhaite une belle retraite sportive.
01:00:20Tu l'as bien mérité.
01:00:21Tu nous as régalé.
01:00:22Et j'ai hâte de voir ce que la suite te réserve.
01:00:24Ciao, ciao.
01:00:25Bon, on m'a demandé quelques petites anecdotes.
01:00:28Il y en a une.
01:00:29Allez, deux.
01:00:30Et on va très vite.
01:00:31La première, c'est quand Axel était dans le dur à l'entraînement ou dans n'importe quelle situation
01:00:35en compétition, je lui disais qu'il pouvait arrêter quand il voulait.
01:00:37Personne ne l'obligeait à faire les choses.
01:00:39Et là, c'était difficile pour lui.
01:00:41Il repartait encore plus fort, encore plus haut, encore plus vite.
01:00:44Deuxième anecdote, c'est qu'à chaque fois qu'il sortait d'une compétition gagnée,
01:00:48qui s'était bien passée, je lui disais que c'était de la chance.
01:00:51Alors, je lui disais d'autres mots un petit peu plus crus.
01:00:53On va rester là.
01:00:54Axel, bonne chance pour la suite.
01:00:56Tu as d'énormes qualités et je suis certain que tu vas te régaler.
01:01:01A bientôt.
01:01:02Je te souhaite tout le bonheur du monde.
01:01:04Tu as fait une très, très belle carrière.
01:01:06Tu as été un très, très grand combattant.
01:01:08Tu as servi d'exemple pour des milliers du doka.
01:01:12Et en tout cas, sache que ma famille, moi-même, on t'a beaucoup admiré.
01:01:15Je voulais surtout, moi, te remercier d'avoir été à l'écoute et attentionné,
01:01:23et qui a beaucoup détendu l'ambiance et toutes ces choses-là, en fait.
01:01:27Tu m'as aussi appris que le temps ne comptait pas pour nous
01:01:30et qu'on pouvait être diplômés à n'importe quel âge.
01:01:35En tout cas, je voulais te remercier pour ça parce que j'ai pu mettre une petite pause sur mes
01:01:39études aussi
01:01:40et reprendre après Los Angeles 2028.
01:01:43Donc voilà.
01:01:44Encore une fois, merci pour tout ce que tu as donné au judo français
01:01:52et je te souhaite plein de bonnes choses.
01:01:57Et sache que tu es une belle personne.
01:01:58Et merci pour ça.
01:02:02Je te fais un petit message pour te souhaiter une bonne retraite, entre guillemets, sportive.
01:02:09Bon, après, tu es encore jeune pour un non-judoka et pour un judoka, tu commences à être assez vieux.
01:02:16Donc, oui, je voulais aussi te remercier pour tous tes bons conseils.
01:02:20Je me souviens que toi et moi, on avait un peu le même profil.
01:02:22Et en tout cas, tous tes conseils que tu as pu me donner, notamment sur le repos fait partie de
01:02:27la performance.
01:02:28Voilà. Merci pour tous tes conseils. Merci pour tout.
01:02:31Puis de toute manière, je pense que ce n'est qu'un au revoir et on continuera à se croiser
01:02:37sur les tapis.
01:02:40Hello, mon Axe. Juste un petit message pour ton arrêt quartier.
01:02:44Je pense que tous les judokas, tous tes partenaires d'échauffement sont très heureux que tu aies arrêté le judo
01:02:50parce qu'ils en auront marre de se faire secouer dans tous les sens.
01:02:53Mais en tout cas, tu vas nous manquer.
01:02:54Je sais que tu resteras toujours proche des tatamis.
01:02:57Je te fais des gros bisous.
01:02:59Je voulais faire ce message pour te féliciter pour ton parcours
01:03:05et pour tout ce que tu as pu accomplir dans ta carrière.
01:03:09Je peux être vraiment fier de toi.
01:03:10En tout cas, moi, je suis vraiment fier de toi.
01:03:14Et je voulais aussi que tu sois été bon courage pour la suite.
01:03:18A très vite, mon ami.
01:03:21Ça fait plaisir.
01:03:22C'est beau.
01:03:23Et c'est qu'une petite partie de toutes les personnes qui t'aiment beaucoup
01:03:27et qui mettent en avant ton parcours, ta carrière. Bravo.
01:03:30Tu as réussi à me foutre la larme à l'œil alors que je ne m'y attendais pas.
01:03:33C'est beau parce que...
01:03:35Déjà, tu as un ou deux enfoirés parce qu'ils ne m'avaient pas dit qu'ils faisaient un message.
01:03:38Au début, ils me disaient, ça passe quand à l'émission ?
01:03:41Et tu as d'autres, tu vois, dans les athlètes,
01:03:44ce n'est pas du tout ceux avec qui je suis le plus proche.
01:03:46Et les mots qu'ils ont dit, ça me touche parce que je me...
01:03:48C'est vrai que je lui ai donné des conseils à un moment.
01:03:50Je ne me rendais pas compte que ça avait pu les toucher autant que ça.
01:03:52Et je pense surtout à Julia et Romain.
01:03:55Les autres, je suis le plus proche, donc ça m'a vraiment touché et c'est beau.
01:03:58Oui, tu as marqué beaucoup de monde.
01:03:59Vraiment bravo, Axel, pour l'ensemble de ton œuvre, j'ai envie de dire, de toute ta carrière.
01:04:03Et puis, je te souhaite une bonne continuation pour tout ce que tu veux entreprendre après aussi.
01:04:07Franchement, merci. C'était un super bon moment.
01:04:09Cette émission, elle est dingue d'avoir autant de temps.
01:04:11Et merci pour les quelques images à la fin qui sont assez folles.
01:04:15Merci à toi. Tu vois, je suis ému aussi moi.
01:04:17Merci beaucoup, Axel.
01:04:18Je remercie toute l'équipe en régie.
01:04:20Julien Perronnet à l'édition.
01:04:21Nicolas Baillet à la réalisation.
01:04:22Alban de Berghe au son et Virginie Lacaille au maquillage.
01:04:25Salut tout le monde à la semaine prochaine pour un nouveau On s'enflamme.
01:04:27Bye.
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