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Alors qu’il était un paria sur la scène internationale, la guerre en Ukraine semble avoir remis Nicolas Maduro au centre du jeu. De héros révolutionnaire à fossoyeur de la démocratie vénézuélienne, un film sur les traces d’un autocrate de retour en grâce.

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00:00L'histoire débute neuf jours seulement après l'invasion russe en Ukraine.
00:13Ce jour-là, une délégation américaine atterrit discrètement à l'aéroport de Caracas, la capitale du Venezuela.
00:21Señoras y señores, bienvenidos a Caracas.
00:23Elle a rendez-vous avec le président, Nicola Maduro en personne.
00:32J'ai des contacts directs avec l'ambassadeur James Tory.
00:38Il me confirme qu'il est bien là, avec d'autres personnalités américaines, pour discuter avec Nicola Maduro.
00:45Au moment où la Russie envahit l'Ukraine, Nicola Maduro mise sur le pétrole pour lui permettre d'avoir une nouvelle influence sur la scène internationale.
00:58En communiquant sur cette réunion avec les Etats-Unis, Maduro veut montrer que le Venezuela peut remplacer l'approvisionnement de la Russie.
01:16Le pétrole russe vient en effet d'être placé sous embargo par les Occidentaux.
01:21Tout le monde redoute que le cours du baril s'envole.
01:24Ce qui préoccupait réellement la Maison-Blanche, c'était de faire baisser les prix du pétrole.
01:33Avec la guerre en Ukraine déjà en cours, ils pensaient qu'en mettant davantage de pétrole vénézuélien sur le marché, avant les élections de 2022, Biden ne souffrirait pas politiquement.
01:46C'est une volte-face historique de la diplomatie américaine.
01:50Cela faisait près d'un quart de siècle que le Venezuela et les Etats-Unis étaient en conflit, plongés dans un implacable face-à-face.
01:59Sa tête a été mise à prix par l'Amérique. Elle veut se débarrasser du héros de la révolution socialiste.
02:23Ses opposants le considèrent comme le fossoyeur de la démocratie vénézuélienne.
02:33Les militaires m'ont empêché d'entrer dans le Parlement. J'ai dû escalader les grilles.
02:39On a tenté de l'assassiner. Son pays a subi des sanctions économiques drastiques, mais rien ne lui a fait quitter le pouvoir.
02:46On l'a tous sous-estimé, mais on ne doit pas sous-estimer son ennemi. Il est très malin. Et preuve en est, il est encore au pouvoir.
02:56Mis au banc de la communauté internationale, il ne peut plus compter que sur ses amis russes, chinois, iraniens et sur ses immenses réserves de pétrole.
03:06A chaque fois, on le croit perdu. A chaque fois, il renaît de ses cendres.
03:13Sous-titrage Société Radio-Canada
03:31Les années 70, ils flottent au Venezuela comme un air de rêve américain.
03:49Le pays est alors le plus riche d'Amérique latine, le propriétaire des plus grandes réserves de pétrole du monde.
03:56On nous surnommait Venezuela Saoudite.
04:01Le Venezuela était le plus grand exportateur de pétrole au monde.
04:06On vivait tous du pétrole comme toutes les grosses puissances pétrolières.
04:09C'était l'oxygène du pays à l'époque.
04:15Souvenez-vous, avant 1976, la production pétrolière était contrôlée par les grandes multinationales.
04:22Teksako, Exxon, Chevron.
04:29Quand je suis arrivé pour la première fois au Venezuela,
04:32je pouvais voir depuis mon appartement les allées venues des tankers.
04:37Le Venezuela produisait 3 millions de barils par jour.
04:41C'était une immense manne financière pour le gouvernement vénézuélien.
04:46Pour les États-Unis, c'est un allié et une ressource indispensable.
04:51Alors, le Venezuela pompe encore et encore dans son sous-sol.
04:56Il est immensément riche, mais profondément injuste.
04:59Le Venezuela, c'est le premier pays en termes de réserve pétrolière,
05:06mais qui a eu beaucoup de mal à répartir cette richesse dans sa population
05:11et à savoir gérer cette manne pétrolière,
05:15ce qui a été probablement l'une des causes de son instabilité politique
05:20et des fractures sociales du pays.
05:35Caracas était une grande ville florissante,
05:37de même pour Maracaibo et Valencia.
05:39Mais à côté, il y avait une multitude de favelas et de zones de grande pauvreté.
05:43Cette immense richesse n'arrivait pas jusqu'à la population.
05:48Pour la majorité de la population, la misère est immense.
05:52Elle va former le terreau d'un mouvement de révolte.
05:55Il va précipiter ce système profondément inégalitaire à terre.
06:00L'heure de la révolution a sonné.
06:03Elle prend le visage du colonel Hugo Chavez.
06:08Et vous savez autre chose ?
06:16Il y a beaucoup de cojones ici.
06:23Après une tentative de coup d'état avorté,
06:26Hugo Chavez remporte l'élection présidentielle en 1998
06:30et lance sa révolution socialiste.
06:33Lui, dans la lumière, et dans l'ombre déjà,
06:36celui qui va devenir son bras droit, Nicolas Maduro.
06:40Le chavisme, c'est la justice sociale.
06:43Hugo Chavez, lorsqu'il accède aux responsabilités,
06:46a comme premier objectif de réduire la fracture sociale au Venezuela,
06:50qui est une fracture très forte,
06:52liée au fait que c'est un pays pétrolier
06:54qui a accumulé de très grandes richesses
06:56mais qui les a mal répartis.
06:58Chavez veut transformer le pays
07:02et il compte sur le pétrole pour financer ses projets sociaux ambitieux.
07:07Il installe un de ses proches à la tête de cette industrie.
07:11Raphaël Ramirez va devenir l'un des personnages les plus puissants du Venezuela.
07:17Si bien le pétrole a été un instrument pour la domination,
07:22maintenant, avec la révolution bolivarienne,
07:25le pétrole a été devenu un instrument de libération de notre peuple.
07:30L'indépendance et la patrie socialiste.
07:35Grâce à l'argent du pétrole,
07:37plus de 9 millions de familles sont installées
07:39dans des logements signés de la main de Chavez.
07:42Et pour la première fois,
07:43les classes populaires ont accès à l'université.
07:46« On a fait passer le taux de pauvreté de 70 à 7%.
07:53Ça a été des avancées sociales incroyables. »
07:58Hugo Chavez bouleverse la politique mondiale.
08:02Nicolas Maduro est devenu son ministre des Affaires étrangères.
08:06Il orchestre le rapprochement avec Cuba,
08:09la Russie de Poutine et l'Iran.
08:11« J'ai connu Nicolas Maduro lorsque j'étais jeune officier de sécurité
08:18dans la gare de rapprocher d'Hugo Chavez.
08:24À cette époque, Nicolas Maduro est élu député de l'Assemblée nationale,
08:28puis il est devenu président de cette assemblée.
08:31Et enfin, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.
08:34Pour Chavez, c'était son petit gars, son homme à tout faire. »
08:40Mais Hugo Chavez a une santé défaillante.
08:43La maladie le pousse à nommer un successeur.
08:46« Buenas noches Venezuela, buenas noches à tout le pueblo venezolano. »
08:54Autour de la table, il a réuni ses plus proches disciples.
08:58Aux côtés de Chavez et Maduro, le ministre du Pétrole, Rafael Ramirez.
09:03« Vous choisissez Nicolas Maduro comme président de la república bolivariana de Venezuela.
09:15Je vous le pido depuis mon cœur. »
09:22« Viviremos et venceremos. Viva Venezuela ! »
09:26« Viva ! »
09:31Quelques jours plus tard, Hugo Chavez embarque sur un vol pour la Havane.
09:38On ne le reverra plus.
09:48Trois mois plus tard, ces funérailles d'État prennent des allures de campagne électorale.
09:53Nicolas Maduro remporte l'élection sur le fil contre le candidat de l'opposition libérale.
10:1150,6% des voix. Il devient président de la République, déjouant les pronostics de ses détracteurs.
10:18« Monsieur Maduro avait été choisi comme vice-président parce qu'il n'avait pas l'intelligence, la capacité, le talent, les compétences nécessaires pour constituer une menace pour le président en exercice.
10:32Mais Chavez meurt et Maduro se retrouvent propulsés, président du Venezuela. »
10:45Il est vrai que personne, au départ, n'aurait misé sur Nicolas Maduro.
10:56Sa carrière, elle démarre dans un bus.
10:59Nicolas Maduro a commencé à travailler dans la société de transport de Caracas.
11:10Cela lui a permis de construire le mythe d'un Nicolas Maduro chauffeur de bus
11:16pour se positionner comme un président ouvrier.
11:21Voilà l'histoire de Nicolas Maduro.
11:26« Je n'aurais jamais imaginé qu'un chauffeur deviendrait notre président.
11:31Quelle fierté ! Ce monsieur conduisait son petit bus
11:35et regardait ce qu'il est devenu, le président de la République du Venezuela. »
11:42Nicolas Maduro a grandi dans un quartier populaire de Caracas.
11:46Pour lui, hors de question d'étudier à l'université.
11:49Son salut, ça a été son appartenance au parti.
11:53« Ce que l'on ignore, c'est que Nicolas Maduro a suivi une formation idéologique à Cuba.
12:01Il est devenu, en quelque sorte, l'élève favori du régime communiste cubain au Venezuela. »
12:10De Cuba, il va s'inspirer tout au long de sa vie.
12:18Admirateur du régime castriste, il en appliquera les méthodes.
12:22« J'ai été nommé directeur du SEBIN, le service national bolivarien de renseignement.
12:41C'est la police politique de Maduro.
12:43La police qu'il utilise à ses propres fins, c'était pour lui comme la Gestapo pour Adolf Hitler. »
13:02« Maduro m'a chargé de perfectionner nos services de renseignement à un niveau tel que chaque opposant au gouvernement soit placé sous surveillance. »
13:12« Il voulait savoir en temps réel ce que chacun faisait.
13:15Parfois, il me demandait en plaisantant « Alors, qu'est-ce qu'il a pris au petit-déjeuner ce matin ? »
13:21« Il me donnait les moyens de me procurer ce genre d'informations. »
13:25Le général Figuera a été, à partir de 2018, le chien de garde du régime, à la tête des services de renseignement.
13:32Arrestations arbitraires, tortures, cette police est accusée de graves violations des droits de l'homme.
13:38Sa mission est alors de traquer les opposants au régime, mais pas seulement.
13:43« Monsieur Maduro n'était pas très respecté par les autres membres du mouvement chaviste,
13:49ni par les hauts gradés de l'armée, ni par les chavistes de la première heure,
13:53car pour eux, Maduro est un poids plume politique. »
14:00« Généraux, ministres, magistrats, personne n'échappe à la surveillance d'un régime devenu paranoïaque. »
14:13« Et surtout pas les éternels rivaux. »
14:20« Maduro avait donné l'ordre de me mettre en prison. Il m'avait identifié comme la personne qui pourrait le remplacer à la présidence. »
14:30À la tête du ministère du Pétrole, il était devenu trop puissant.
14:35« Dans son impuissance à pouvoir m'arrêter, il a eu recours à l'offense, à la disqualification. Il a pris ma maison, il m'a forcé à l'exil. Il harcèle ma famille. J'ai un frère qui est en prison depuis un an. Et il n'a rien à voir avec la politique. »
14:57Nicolas Maduro, lui, accuse son rival d'avoir détourné des millions de pétrodollars. D'avoir aussi ruiné l'industrie pétrolière avant de partir avec la caisse.
15:07« Nous sommes les corruptes de l'époque. Bandides. C'est presque tous les profugues de la justice. Comme la rata immunda de Rafael Ramirez, protégée par l'imperie nord-américaine, vivant dans un castillo, dans une mansion en Italie. »
15:21« Je ne suis pas le seul à être écarté. Il le fait avec tous les proches de Chavez. Il place ses amis du ministère des Affaires étrangères à la tête de toutes les institutions du pays. »
15:44« Tu me demandes comment je me sens ? Je suis indigné. Il a détruit notre pays. Il a détruit le rêve que nous avions fait ensemble. »
15:51Le rêve du Venezuela se trouvait ici, sous les eaux du lac Maracaibo, les plus grandes réserves de pétrole du monde.
16:08Depuis les années 90, Rafael Zambrano travaille pour la compagnie pétrolière nationale PDVSA.
16:15« Regardez, nous sommes devant l'une des plateformes les plus emblématiques de notre industrie pétrolière, la GPU-11. Elle était à la pointe de la technologie. Aujourd'hui, elle est complètement abandonnée et inutile. »
16:35« De la grande époque, il ne reste que ses vestiges monumentaux. »
16:45« On a l'impression d'un scénario de guerre. Peut-être en Ukraine, en Russie, en Israël, au Liban. »
16:55« Ça témoigne du degré d'irresponsabilité de ceux qui dirigent notre industrie pétrolière. »
17:05« Le dernier patron à avoir tenu la barre de PDVSA, c'est Rafael Ramirez. Après lui, tous ceux qui ont été nommés à la tête de l'industrie pétrolière étaient incompétents, pas à la hauteur de leurs responsabilités. »
17:29« Et voilà le résultat. »
17:33« Maduro a mis ses fidèles à la tête de cette industrie et tout est tombé en ruine. Ils ont détourné les coûts opérationnels de PDVSA pour les utiliser à d'autres fins. »
17:43« Mais une entreprise pétrolière a un besoin permanent de financement pour entretenir ses canalisations, s'approvisionner en produits chimiques, en nouveaux équipements. »
17:53« C'est à ce moment que la production de pétrole s'est arrêtée. »
17:58« Tout le matériel est hors d'usage. Tout a été démonté par les autorités pour être revendu comme de la ferraille. »
18:14« 7 000 forages sur les 12 000 que comptait le lac sont à l'abandon. La production s'est effondrée, de 3 millions à quelques centaines de milliers de barils par jour. »
18:26« On s'était habitué à vivre uniquement de la rente pétrolière, sans avoir besoin de développer l'agriculture ni aucune autre industrie. »
18:34« Donc, quand PDVSA s'est arrêtée, le pays entier s'est retrouvé paralysé. »
18:48« Cette ville pétrolière, autrefois symbole de la modernité du pays, est devenue une ville fantôme. »
19:00« Quand on pense à ce que c'était et ce que c'est devenu, quelle négligence pour en arriver là. »
19:09« Les ouvriers ont tellement lutté pour obtenir tout ça. Quelle tristesse ! »
19:20« Je n'aurais jamais pensé que ce modèle social tomberait autant en ruine, dans la déchéance, jusqu'à l'abandon de notre industrie. »
19:39« Au milieu de ces ruines, c'est le règne de la débrouille. »
19:54« Attends sur la pression du gaz. On dirait un lance-lame. »
20:01« Voilà un bon café au gaz du puits de pétrole. »
20:07« Ce gaz et ce pétrole, le leur, celui du peuple, c'est le rêve que leur avait vendu la Révolution. »
20:16« C'est bon. »
20:19« Cet espoir est toujours là. Une petite flamme brûle encore. »
20:31« Ce rêve, il vaut bien qu'on se batte. »
20:35« Le peuple va le rappeler brutalement à son président. »
20:44« Il a maltraité la société. Mais une société ne peut pas se laisser mourir. »
20:49« La réponse violente, l'explosion va arriver. »
20:52« Et c'est ce qui devait se passer un jour au Venezuela. »
20:56« Le 6 décembre 2015, les Vénézuéliens sont appelés aux urnes pour élire leurs députés. »
21:11« Pour Nicolas Maduro, le scrutin ne va pas se dérouler comme prévu. »
21:18« Le président perd la majorité au Parlement. »
21:29« Ça n'était jamais arrivé depuis la Révolution. »
21:36« En refusant de partager le pouvoir, Maduro va déclencher la colère du peuple. »
21:44« La crise politique va s'aggraver. Les manifestations de masse vont se multiplier. »
21:49« Et le pays va sombrer dans une forme de chaos. »
21:54« Les étudiants descendent dans la rue et une vague de répression s'abat sur les manifestants. »
22:08« 131 jeunes ont été tués par les agents de sécurité de l'État. »
22:15« J'ai été la seule personne, en poste, à la tête d'une institution au Venezuela, à oser faire face à Nicolas Maduro. »
22:37« Louisa Ortega est alors procureure générale de la République, au sommet du pouvoir judiciaire. »
22:48« Depuis 2007, à ce poste stratégique, elle protégeait le régime des enquêtes gênantes. »
22:54« Mais cette fois pour elle, la répression va trop loin. »
22:58« J'ai demandé l'arrestation d'un policier qui a écrasé des manifestants avec un blindé anti-émeute. »
23:08« La réponse que j'ai reçue, c'est que ma demande d'arrestation était une violation des droits de l'homme du conducteur du véhicule blindé. »
23:16« Vous voyez l'absurdité ? »
23:19« Louisa Ortega vient de franchir la ligne rouge. Elle va le payer très cher. »
23:28« C'était le 5 août 2017. Ils ont pris d'assaut le ministère public vers 3h du matin. Je l'ai appris à 6h. Et je suis arrivée sur place à 7h du matin. »
23:42« À peine arrivée, j'ai été agressée par les militaires. J'ai dû fuir. Montée sur une moto parce qu'il menaçait de me frapper et de m'arrêter. Je ne savais pas jusqu'où il pourrait aller. »
24:07« J'ai dû me déguiser avec une perruque noire pour m'enfuir sur les routes du Venezuela. »
24:20« Louisa Ortega est contrainte de quitter son pays et de disparaître. »
24:35Quelques mois plus tard, elle se présente à la Cour pénale internationale de La Haye.
24:40Elle y apporte des documents accablants pour le régime vénézuélien.
24:44« Plus de 8000 vénézuéliens ont été exécutés par la police et l'armée. C'était un nettoyage social. »
24:54« Plus de 8000 vénézuéliens ont été exécutés par la police et l'armée. C'était un nettoyage social. »
25:10« Pourquoi tuer tous ces gens ? Parce que ce régime avait et continue à avoir une politique systématique de violation des droits de l'homme afin de contrôler le pays. »
25:26« Le régime dissuade les gens de penser. Il fait en sorte que la population n'éprouve pas l'envie de revendiquer ses droits, qu'elles se sentent persécutées, harcelées, terrorisées. »
25:36L'épreuve s'accumule contre Maduro. Il est de plus en plus isolé. Pour les États-Unis, le temps est venu de lui donner le coup de grâce.
25:51« Du point de vue américain, le Venezuela est un pays qui ne respecte plus les règles démocratiques.
25:59Et les États-Unis considèrent que pour contraindre le Venezuela à se démocratiser ou à aller vers une négociation politique, il faut le sanctionner économiquement. »
26:13À Washington, un homme en particulier est déterminé à briser Nicolas Maduro.
26:20John Bolton est alors le conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump.
26:24« Son plan de sanction est d'une ampleur inédite dans l'histoire. »
26:33« Dans l'un des épisodes de Star Wars, quelqu'un arrive et rapporte à Dark Vador une mauvaise nouvelle.
26:40Et en utilisant ses pouvoirs mentaux, Dark Vador serre la gorge de cet homme jusqu'à ce qu'il s'effondre, mort au sol. »
26:49« C'est une assez bonne image de ce que nous voulions faire au régime de Maduro. »
26:54Avec l'embargo sur le pétrole et le gaz, le gel des avoirs de l'État à l'étranger, le Venezuela se retrouve asphyxié.
27:03L'Amérique va montrer comment anéantir un pays sans canon.
27:08L'économie s'effondre pour de bon. L'inflation atteint des niveaux stratosphériques.
27:15Il faut bientôt 2 millions et demi de bolivards pour acheter un kilo de riz.
27:20Les pénuries provoquent des pillages.
27:22Un Vénézuélien sur 5 est contraint à l'exil.
27:31Notre stratégie politique nous semblait être la bonne.
27:38Elle reposait sur l'hypothèse que Nicolas Maduro ne renoncerait jamais volontairement au pouvoir.
27:43Nous avons pensé que les sanctions à elle seule l'obligeraient à partir.
27:53Mais voilà, ce n'est pas du tout ce qui s'est produit.
27:56Et en effet, Nicolas Maduro ne va pas changer.
28:04Il va même se servir des sanctions américaines.
28:07Elles vont lui permettre d'accentuer son contrôle sur la population.
28:11Voilà des pâtes, du riz, du maïs.
28:15Dans les quartiers populaires, les représentants du parti sont chargés de distribuer de l'aide alimentaire.
28:23Il existe des tickets de rationnement que l'on appelle le carnet de la patrie, disponible sur une application mobile.
28:29Ça nous permet de savoir qui reçoit l'aide humanitaire du ministère de l'Alimentation.
28:33Ensuite, c'est à nous, les porte-parole du parti, de distribuer cette aide, immeuble par immeuble.
28:40On appelle ça le clap.
28:42Les gens pauvres ont droit à une caisse d'aliments de mauvaise qualité, si et seulement si ils soutiennent Maduro.
28:50Ce mécanisme de contrôle social est une horreur.
28:53Il joue avec la misère du peuple.
28:58Le Venezuela devient un État à deux vitesses.
29:01Il redevient surtout ce qu'il était avant la révolution bolivarienne, un pays aux mains de quelques privilégiés.
29:09Sauf que désormais, les privilégiés sont les proches de Maduro.
29:12Le Venezuela est un oxymore.
29:15Caracas, la capitale du ciel, mais aussi de l'enfer.
29:21Dans cet océan de misère, il existe des bulles de richesse avec des voitures, des restaurants de luxe.
29:27Mais la réalité, c'est que l'immense majorité de la population est plongée dans la pauvreté.
29:34A Caracas, le régime a même autorisé l'impensable.
29:38Le retour des casinos, interdit depuis la révolution.
29:42L'élite au pouvoir détourne massivement les ressources du pays et amasse des fortunes insolentes.
29:47Ce sont les deux faces de la même pièce.
29:53Le monde entier regarde le Venezuela s'enfoncer dans la misère.
29:57Et cette crise va se transformer en une bataille idéologique mondiale.
30:02Combien est préoccupante la crise actuelle du Venezuela ?
30:11Une dictature tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent,
30:16de radicalisation idéologique inquiétante.
30:18On a le sentiment d'être revenu à l'époque de la guerre froide.
30:31Deux mondes s'affrontent.
30:32On retrouve un peu au Venezuela et dans la crise vénézuélienne l'état du monde
30:50et les rapports de force au niveau international.
30:53C'est-à-dire que le Venezuela est soutenu par la Russie, par la Chine, par l'Iran,
30:59par la Corée du Nord, par un certain nombre de pays.
31:03Et nous, l'Union Européenne par exemple, les pays membres de l'Union Européenne,
31:08nous critiquons la dérive autoritaire.
31:19Malgré le soutien de ses alliés, Maduro est isolé.
31:24Plus que jamais, son pouvoir vacille.
31:29Comme dans toutes les dictatures, il est essentiel pour Nicolas Maduro
31:35de montrer le soutien de l'armée.
31:36C'est indispensable pour se maintenir au pouvoir.
31:46Durant un défilé, des drones sortent de nulle part
31:48et tentent d'assassiner Nicolas Maduro.
31:53Le premier coup arrive le jour anniversaire de la garde nationale bolivarienne,
31:57la police militaire vénézuélienne.
32:00On constate que Nicolas Maduro ne peut pas compter sur ses troupes.
32:05Ces militaires partent en courant pour sauver leur peau
32:07et pas celle de Maduro.
32:08Si on l'avait organisé, l'attaque au drone aurait été un succès.
32:29Les Etats-Unis n'ont rien à voir avec cette affaire.
32:32Cette attaque signifiait clairement que l'opposition
32:34et peut-être les militaires se préparaient à passer à l'action.
32:43Maduro est affaibli et plus contesté que jamais.
32:49Le coup suivant ne va pas tarder.
32:56Deux hommes se préparent alors à lui asséner le coup fatal.
32:59Tous deux sont aujourd'hui exilés à Miami.
33:04L'un vit maintenant de petits boulots dans le bâtiment.
33:07L'autre est devenu professeur dans une université américaine.
33:18En 2019, Juan Guaido est président de l'Assemblée nationale
33:23à la tête d'une opposition qui ne reconnaît plus
33:26la légitimité de Nicolas Maduro.
33:27Il tente de forcer le destin.
33:30Juro !
33:32Assumir formalement les compétences
33:39de l'Ejecutif national
33:43Quand je prête serment,
33:56le président Trump me reconnaît comme légitime.
33:59Son soutien a été très important
34:01pour la défense de la démocratie.
34:02C'est une question cruciale et stratégique
34:08pour les Etats-Unis
34:09qu'il y ait au Venezuela
34:10un gouvernement ami et démocratique
34:13et non un gouvernement
34:14qui défend les intérêts russes,
34:16chinois et iraniens.
34:17Plus de 60 pays dans le monde
34:37vont emboîter le pas à l'Amérique
34:39et reconnaître Juan Guaido.
34:43Les Etats-Unis ont trouvé leur homme
34:45pour défaire Nicolas Maduro.
34:48Maduro's grip on tyranny
34:49will be smashed and broken.
34:51Une odeur de fin de règne
35:02flotte sur Caracas.
35:05Dans la nuit du 30 avril,
35:07le téléphone sonne à la Maison-Blanche.
35:10L'opération Liberté vient de débuter.
35:12Je me souviens avoir parlé à Trump
35:17vers 5 heures du matin.
35:19Il était endormi.
35:21Je lui explique qu'un des principaux acteurs
35:23avec lesquels l'opposition avait affaire
35:25était le général Christopher Figueroa.
35:34Cet événement est une preuve
35:36du mécontentement des forces armées vénézuéliennes.
35:39Il était clair qu'il avait fait défection
35:42et qu'il avait reconnu
35:43la légitimité de Guaido.
35:45Il pouvait faire basculer
35:46d'autres haut-gradés
35:47comme le ministre de la Défense,
35:49le général Padrino,
35:51du côté de Juan Guaido.
36:00J'ai embarqué le président
36:02du tribunal suprême,
36:04Michael Moreno,
36:05dans la voiture.
36:08Nous sommes allés
36:09chez le ministre de la Défense,
36:10le général Padrino.
36:12Ils étaient très nerveux.
36:15Les deux savaient
36:15qu'ils étaient engagés
36:16chacun de leur côté
36:17dans ce coup d'État,
36:18mais ils ne s'étaient pas
36:19encore rencontrés.
36:22Trahir pour un militaire,
36:23c'est la mort,
36:24la prison et la torture.
36:26Je leur ai dit,
36:27regardez-vous bien dans les yeux,
36:29car maintenant,
36:29on ne peut plus faire demi-tour.
36:31On est arrivé au point de non-retour.
36:33Le ministre de la Défense
36:51devait libérer les prisonniers politiques
36:52et les placer sous ma responsabilité.
36:54Pendant ce temps-là,
36:57le chef du contre-espionnage
36:58avait la responsabilité
36:59de faire monter Maduro
37:00dans un avion
37:01pour le faire sortir du pays.
37:05La confusion règne dans Caracas.
37:08Le coup d'État est en cours.
37:10Nicolas Maduro
37:11vit ses dernières heures au pouvoir.
37:14C'est ce que tout le monde pense
37:15à ce moment-là.
37:15Je pense que Maduro
37:18et sa femme voulaient partir,
37:20mais les Russes
37:21et les Cubains
37:21les en ont empêchés.
37:23Ils leur ont dit,
37:24vous n'irez nulle part.
37:25Si des hauts dignitaires
37:26du régime apprenaient
37:28que Maduro
37:28avait fui le pays,
37:30ils en feraient de même
37:31et on verrait le régime
37:32s'effondrer très rapidement.
37:35Les heures défilent
37:36et le plan de l'opposition
37:38ne se passe pas comme convenu.
37:41Seule une poignée de militaires
37:42a répondu à l'appel
37:43de Juan Guaido.
37:44Les autres sont restés
37:46dans les casernes.
37:51Je ne veux pas donner
37:52les noms des gens
37:53qui m'ont trahi.
37:55Beaucoup de ceux
37:56qui s'étaient engagés
37:57à venir ne l'ont pas fait.
38:00Il y a beaucoup de raisons
38:01de ne pas agir
38:02contre une dictature.
38:04La peur,
38:05l'instinct de survie,
38:06les calculs personnels
38:07ou la panique,
38:09tout simplement.
38:14Le soir même,
38:26Nicolas Maduro
38:27enterre le coup d'État
38:29en direct à la télévision.
38:31Le ministre de la Défense,
38:33le général Padrino,
38:34est à ses côtés.
38:35Le combat que les opposants
38:55mènent contre Maduro
38:56est inégal.
38:58C'est comme jouer
38:58un match de football
38:59sur un terrain incliné.
39:00En face,
39:02ils achètent l'arbitre,
39:03ils menacent les joueurs.
39:05Si l'un d'entre eux
39:06sort du lot,
39:07il l'assassine,
39:08il le torture
39:08ou il l'envoie en exil.
39:22Un seul homme est absent
39:23de la photo de famille
39:24ce soir-là.
39:26Le général René Gat.
39:27Maduro m'a appelé
39:32sans cesse.
39:34Et quand je l'ai eu
39:34au téléphone,
39:35il m'a demandé
39:36de venir le voir.
39:38J'en ai parlé
39:38à ma femme
39:38qui m'a dit
39:39« Ne le fais pas,
39:40ils vont te mettre
39:41dans un trou.
39:43Tu dois fuir. »
39:46J'apparais en premier
39:47sur cette liste.
39:48Elle a été envoyée
39:49au commandant
39:49de la frontière.
39:51L'ordre
39:51était de nous abattre
39:53sans sommation.
39:54J'ai senti
40:00que la mort
40:00marchait à mes côtés
40:02à ce moment-là.
40:04Je devais réussir
40:06à fuir le pays.
40:12Il y a eu
40:13un moment critique.
40:27À un checkpoint,
40:29un officier m'a reconnu.
40:30Il savait
40:30qu'il devait m'arrêter.
40:34Finalement,
40:34il a dit au conducteur
40:35« Allez-y
40:36et faites attention
40:37aux soldats
40:37qui se trouvent
40:38plus loin sur la route. »
40:40Quelques minutes plus tard,
40:41le conducteur m'a dit
40:42« Mon général,
40:44bienvenue en Colombie. »
40:48L'échec de l'opposition,
40:55c'est aussi celui
40:56de John Bolton
40:57à la Maison-Blanche.
40:59L'Amérique
40:59ne remettra pas
41:00la main
41:00sur le Venezuela.
41:03Le 23 mai,
41:04Poutine et Trump
41:06ont eu
41:06une conversation téléphonique.
41:09Poutine se réjouissait
41:10de la défaite
41:11de Guaido.
41:11Il était certain
41:13que les Américains
41:14étaient derrière tout ça.
41:16Il a expliqué
41:17à Trump
41:17que cette tentative
41:18ratée
41:19avait renforcé
41:20le pouvoir
41:20de Maduro.
41:24Nicolas Maduro
41:25a résisté
41:26et forgé
41:27sa légende
41:28d'indestructible.
41:30Autour de lui,
41:31le monde a changé.
41:33Joe Biden
41:34a remplacé
41:35Donald Trump.
41:36Une partie
41:37de l'Amérique latine
41:38est repassée
41:38à gauche.
41:39Au Brésil,
41:40son ami Lula
41:41est revenu au pouvoir.
41:43Il l'invite
41:44avec les honneurs
41:44à Brasilia.
41:45de l'Amérique latine
41:48de l'Amérique latine
41:50et vous savez,
41:50vous savez,
41:50la narrative
41:51que se construit
41:51contre la Venezuela
41:52de la antidemocracia,
41:54de l'autoritarisme.
41:56Donc, je pense que
41:57il vende
41:58à Venezuela
41:58pour montrer
42:00leur narratif
42:02pour qu'ils puissent
42:04effectivement
42:04faire les gens
42:06changer d'opinion.
42:08Il est dans leurs mains,
42:09compagnons.
42:11Construire
42:11leur narratif
42:12et devenir
42:13ce jeu.
42:14Francesca,
42:24viens voir
42:25le nouvel épisode
42:26de Super Moustache
42:27est sorti.
42:27« Super Moustache ».
42:29Regarde,
42:44les méchants américains
42:45ont attaqué
42:46le Venezuela.
42:46Leur drone
42:53a coupé
42:53l'électricité
42:54dans tout le pays,
42:55même dans les hôpitaux.
42:56C'est le chaos.
42:57Mais heureusement,
43:00Super Moustache
43:02et son équipe
43:02sont arrivés
43:03pour régler
43:04nos problèmes.
43:06Le dessin animé
43:08de Super Maduro
43:08est un apprentissage
43:10pour nos enfants.
43:11Ce n'est pas abrutissant
43:12comme les Simpsons.
43:13Dans Super Maduro,
43:15les enfants peuvent voir
43:15notre président
43:16voler au secours
43:17du peuple.
43:21C'est en costume
43:25de justicier
43:26que sa propagande
43:28le présente désormais
43:29à son peuple.
43:34Un culte
43:35de la personnalité
43:36qui ne connaît
43:37plus de limites.
43:40Lors de la dernière
43:41fête nationale,
43:42le 5 juillet,
43:43il a fait défiler
43:44une figurine gonflable
43:45de Super Moustache
43:46de 10 mètres de haut
43:47au milieu des militaires.
43:50C'est absurde.
43:52Même dans les pires
43:53dictatures bananières,
43:54ce n'est pas arrivé.
43:55moi aussi,
43:56je veux une poupée
43:57de Super Moustache.
43:58C'est promis,
43:59je vais t'en trouver une.
44:04Gladys Becerra
44:05sait toujours
44:05où trouver ce qui manque.
44:08Il faut dire
44:08qu'elle jouit
44:09de quelques privilèges ici.
44:10Elle est la représentante
44:11du parti
44:12dans cet immeuble.
44:13Tiens,
44:14voilà ton clap
44:14pour le mois.
44:15Super Maduro
44:18a dû traverser
44:19des moments
44:19très difficiles
44:20comme des grèves,
44:22des manifestations
44:22et la guerre économique
44:24des Etats-Unis.
44:27Mais le peuple
44:28ne l'a jamais lâché
44:29dans toutes les luttes.
44:31Chavez l'a choisi
44:31car il est la personne
44:32idéale
44:33pour être notre président.
44:40Le complexe résidentiel
44:42Nelson Mandela.
44:436 immenses rectangles
44:45de béton
44:45plantés
44:46sur les hauteurs
44:46de Caracas.
44:49600 familles
44:50sorties du bidonville
44:51ont été installées
44:53dans ces logements sociaux
44:54par le gouvernement.
44:57Un logement
44:58contre la fidélité
44:59au régime.
45:02Chaque soir,
45:02pour les résidents,
45:03il faut regarder
45:04le président
45:05sur sa chaîne
45:05de télévision.
45:08Les pourrées
45:09sont les temps
45:09de la pourrées
45:10sont la
45:11élevée
45:12de la
45:13d'Amérique.
45:20Gladys,
45:20arrête un peu
45:21avec ton portable.
45:22Qu'est-ce qu'elle nous embête
45:23avec ses messages ?
45:26Elle n'arrête pas
45:27de nous faire passer
45:28les messages du parti
45:29pour nous dire
45:29« Attention,
45:30regardez bien
45:31la déclaration du président
45:32à la télévision ».
45:34Du coup,
45:35moi,
45:35je dois dîner tôt
45:36et m'asseoir
45:36pour regarder la télé.
45:38Et si je ne regarde pas,
45:40après,
45:40quand elle me pose
45:40des questions,
45:41je ne sais pas trop
45:42quoi répondre.
45:43et elle me dit
45:43« Toi,
45:44tu ne l'as pas regardé ».
45:46Il est bien là,
45:53le pouvoir
45:53de Super Moustache.
45:56Après plus de dix années
45:57passées au pouvoir,
45:59il continue
45:59chaque jour
46:00à réécrire son histoire.
46:02Maduro danse.
46:10Maduro danse.
46:12Son peuple se perd,
46:13mais il est contraint
46:14de suivre ses pas.
46:23Maduro danse
46:24et il rêve maintenant
46:26et il rêve maintenant
46:26d'imposer son rythme
46:27au reste du monde.
46:36En novembre 2022,
46:38le monde entier
46:39se retrouve en Égypte.
46:41Cette COP 27
46:42signe la fin
46:43de sa traversée du désert.
46:45L'ennemi,
46:49le paria
46:49de la communauté
46:50internationale
46:51a de nouveau
46:52des amis,
46:53certains même
46:53que l'on n'attendait pas.
46:55Le dictateur d'hier
47:10est à nouveau
47:11appelé président.
47:13Des années
47:13de crispation diplomatique
47:15sont balayées
47:16par une poignée de main.
47:19Mais souvenez-vous,
47:21ce rapprochement
47:22a démarré
47:22huit mois plus tôt
47:23à des milliers
47:24de kilomètres de là.
47:28La guerre en Ukraine
47:30a bouleversé
47:31les grands équilibres mondiaux.
47:34Quelques jours
47:34après l'invasion russe,
47:36une délégation
47:36de la Maison Blanche
47:37débarque à Caracas.
47:40Les Américains
47:40veulent reparler
47:41à Nicolas Maduro.
47:44Le boycott de la Russie
47:45a rendu
47:46les plus grandes réserves
47:47de pétrole du monde
47:48absolument indispensables.
47:50Un rapprochement
47:51paraît possible
47:52et cela commence
47:53par une rumeur.
47:54sa fuite
47:56dans la presse américaine,
47:58sa fuite
47:59dans la presse vénézuélienne.
48:04Les anciens ennemis
48:06veulent passer
48:07un accord.
48:08Pétrole
48:09contre élections libres.
48:11En échange
48:11de la levée
48:12des sanctions économiques,
48:13Maduro donne
48:14des garanties
48:15pour permettre
48:15à l'opposition
48:16de participer
48:17aux élections présidentielles
48:18en 2024.
48:20La France a joué
48:22un rôle
48:23qui vous excite
48:24dans tout ça.
48:24On est ici.
48:25C'est à moi
48:26d'attendre.
48:26Président,
48:27je vous ai apprécié
48:28ces séquences-là,
48:29je vous rappellerai,
48:30moi.
48:30Je vous rappellerai, moi.
48:31Maduro triomphe.
48:36Maduro triomphe.
48:50Après les Américains,
48:52les Européens
48:52aussi tentent
48:53de le séduire.
48:55Ils semblent décider
48:56à coopérer
48:56et signent un accord
48:57avec l'opposition.
48:58Mais l'image
49:01est trompeuse.
49:02À quelques mois
49:03du scrutin,
49:04les principaux candidats
49:05à la présidentielle
49:06demeurent inéligibles.
49:08Leurs proches
49:08sont arrêtés
49:09par la police.
49:15Au nom du pragmatisme,
49:17les grands pays
49:18font de grandes erreurs.
49:21Les Etats-Unis
49:22ont-ils fait
49:22des concessions
49:23à Nicolas Maduro ?
49:24Oui,
49:25énormément.
49:27Quelles concessions
49:28Maduro a-t-il fait
49:29en retour ?
49:30Aucune.
49:31Tous les opposants
49:32politiques
49:33continuent
49:34à être neutralisés.
49:36Nous,
49:37les Vénézuéliens,
49:38nous ne pouvons pas
49:39placer nos espoirs
49:40dans le fait
49:40que Trump,
49:42Biden ou Macron
49:43fassent quelque chose
49:44pour nous.
49:45à Maracaibo,
49:58la lumière est belle.
50:02On pourrait presque croire
50:03à une pêche miraculeuse.
50:07Pourtant ici,
50:08le lac et son pétrole
50:09ressemblent plutôt
50:10à une malédiction.
50:14Au loin,
50:15le balai
50:15des pétroliers
50:16géants américains
50:17semble narguer
50:18les petits pêcheurs.
50:20Ils repartent
50:21chaque jour
50:22plus nombreux
50:22chargés d'or noir.
50:25135 000 barils
50:26par jour déjà.
50:28Le pétrole,
50:30ça ne nous a rien
50:30apporté de bon.
50:32Regardez-nous,
50:33ce pétrole
50:34nous donne des maladies.
50:36On a beau cuisiner
50:36nos crevettes,
50:38elles gardent un goût
50:38de pétrole.
50:43On pêche autant
50:44de crevettes
50:45que de pétrole.
50:46Ça fait dix ans
50:46que je pêche,
50:47dix ans que j'ai
50:48les mains dans le pétrole.
50:50Ça n'en finit plus.
50:54Nicolas Maduro
50:55s'est accroché
50:56au pouvoir.
50:58Indestructible
50:59malgré les attaques,
51:00les sanctions.
51:02Soutenu à bout de bras
51:03par quelques régimes amis,
51:05il a fait mieux
51:05que survivre,
51:07il est revenu en grâce.
51:09Sauvé par ce lac
51:10et son trésor.
51:12Au Venezuela,
51:14le pétrole,
51:15c'est le malheur du peuple
51:16mais le bonheur
51:17du dictateur.
51:18Sous-titrage Société Radio-Canada
51:27Sous-titrage Société Radio-Canada
51:36Sous-titrage Société Radio-Canada
51:46Sous-titrage Société Radio-Canada
51:56Sous-titrage Société Radio-Canada

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