00:00Et on commence avec celle de Loïc Besson, on parle des municipales à un mois du scrutin.
00:04Chez vous, vous vous demandez peut-être de quel bord politique les candidats se situent.
00:08Oui, souvent on ne les connaît pas.
00:09Mais c'est l'État qui a la charge de classer tout le monde.
00:12Comment ça marche ? Pourquoi ça fâche ?
00:14On va voir ça avec Loïc, mais déjà de quoi on parle ?
00:16C'est simple, lorsque quelqu'un veut se porter candidat officiellement,
00:19il doit aller remplir un formulaire en préfecture.
00:21Et il y a une case pour déclarer son appartenance politique.
00:24Sauf que c'est complètement libre.
00:26D'ailleurs, la plupart n'écrivent rien sur cette ligne
00:27ou alors se disent sans étiquette le fameux bon, sauf que c'est la loi.
00:32Au-delà de 3500 habitants, tous les candidats doivent avoir, qu'ils le veuillent ou non, une couleur politique.
00:37Alors qu'il assigne l'État, les préfets, en l'occurrence dans chaque département,
00:41et pas toujours dans la catégorie que les candidats voudraient.
00:44D'ailleurs, le sans étiquette, il ne fait pas partie de la palette qu'ont les préfets pour leur nuancier.
00:48Ça n'existe pas du coup pour les grandes villes.
00:50Ça n'existe pas.
00:51Au pire, c'est divers.
00:53Mais ça doit vraiment être au minimum.
00:56Comment chacun est fléché sur la base d'un faisceau d'indices concordants ?
01:00C'est ce que dit cette circulaire envoyée il y a quelques jours par le ministre de l'Intérieur.
01:04Ça doit se faire donc de manière discrétionnaire en prenant compte, je cite,
01:07l'étiquette déclarée par le candidat, si c'est le cas,
01:10le programme de campagne de la liste sur laquelle il figure,
01:13ou les prises de position politique du candidat, mais aussi sa trajectoire.
01:17Et cette histoire, elle fait beaucoup de mécontents.
01:19Oui, il y a évidemment ceux qui préféreraient n'être qualifiés que de liste apolitique,
01:23sans étiquette, ou encore liste citoyenne.
01:26Ça fait toujours mieux que nenni, on n'est pas des politiques.
01:28Nous, on s'occupe des vrais sujets, des vrais gens, c'est ce que tout le monde veut dire.
01:31Bon, c'est parfois vrai, souvent dans les petites communes,
01:33mais d'ailleurs, ça tombe bien, elles ne sont pas concernées par cette règle.
01:36La réalité, c'est qu'il s'agit aussi parfois, et souvent d'ailleurs,
01:39de masquer ce parti politique qu'on ne saurait voir.
01:41D'ailleurs, il faut vraiment y aller pour trouver le logo d'un parti,
01:44en général, autour des affiches de campagne.
01:46Encore plus pour les municipales, les partis politiques n'ont pas vraiment la côte,
01:49et certaines étiquettes encore moins.
01:51Personne, évidemment, n'accepte d'être qualifié d'extrême.
01:54D'ailleurs, il y a du changement à ce sujet.
01:56Oui, si on regarde de près cette circulaire, il y a un tableau,
01:59et la France insoumise fait désormais partie de la colonne extrême gauche.
02:03Pas content du tout, Jean-Luc Mélenchon s'en offusque,
02:06accuse Laurent Nunez, je cite, de trouble à l'ordre public électoral,
02:09en changeant les règles à la Trump.
02:11Peut-on avoir confiance pour les élections par quelqu'un qui truque les étiquettes politiques ?
02:15Bon, alors évidemment, les mots sont forts, sont excessifs aussi,
02:17pour le coup, depuis quand le ministre de l'Intérieur décide de ce type de changement,
02:20demande Jean-Luc Mélenchon, à chaque fois, en réalité.
02:23Il y a toujours ce travail qui est fait, nous explique le ministère de l'Intérieur.
02:26C'est une simple indication pour pouvoir analyser les résultats ensuite au niveau national.
02:31Et en l'occurrence, m'explique l'entourage de Laurent Nunez,
02:33il y a quand même une évolution dans l'attitude et le discours de la France insoumise
02:38depuis plusieurs mois, avec un appel à la révolte permanente
02:42et le refus de l'autorité des institutions.
02:44Ce qui ennuie Jean-Luc Mélenchon, en réalité, c'est surtout qu'au soir de l'élection,
02:48les résultats risquent de montrer une nuance gauche,
02:51bien plus importante que sa catégorie à lui, maintenant qu'ils sont dissociés.
02:55Bon, au moins, l'ERN, désormais, se sent un peu moins seul,
02:58classé à l'extrême droite depuis toujours,
02:59en considérant que ce n'est que pour chercher à les disqualifier.
03:01« L'État n'a pas à classer les partis politiques », m'explique un proche de Marine Le Pen.
03:06« Mais la France insoumise n'avait qu'à défendre ce principe au lieu de faire de l'opportunisme.
03:09C'est bien fait pour eux ».
03:10Fin de citation.
03:11Voilà, une petite pierre dans le jardin des Insoumis, envoyée par Marine Le Pen.
03:14Merci beaucoup Loïc Besson.
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