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- #60minutesinfo
L'actualité du jour décryptée en plateau par Thomas Bonnet avec les journalistes et les invités de #60MinutesInfo
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00:01Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour 60 minutes info.
00:04On est ensemble pendant une heure pour débattre, décrypter, analyser l'actualité.
00:08Émission largement consacrée évidemment à l'hommage qui va être rendu à l'Elysée, à Ilan Halimi, 20 ans après.
00:14On ira en direction de l'Elysée au cours de cette émission.
00:17Je vous présenterai également les invités qui m'accompagnent.
00:19Mais d'abord, il est 11h et c'est l'heure donc de faire le point sur l'actualité avec vous, Somaïa Labidi.
00:24Bonjour, chère Somaïa.
00:24Bonjour Thomas et bonjour à tous.
00:29A la lune de l'actualité, le candidat à l'élection présidentielle Bruno Retailleau veut transmettre une France meilleure.
00:36A 65 ans, l'ancien ministre de l'Intérieur se lance donc officiellement dans la course à l'Elysée.
00:42Le patron des Républicains a justifié son engagement par son refus de laisser notre pays dans l'état dans lequel il se trouve aujourd'hui.
00:48Une France qui s'enfonce, une France qui s'efface dans un monde de plus en plus menaçant.
00:53C'est probablement l'image de cette matinée.
00:56Ce n'était pas arrivé depuis 25 ans.
00:58Après des années d'entraînement, l'astronaute Sophia Adnau va s'envoler vers la Station Spatiale Internationale.
01:05Et pour cette mission, la française de 43 ans embarquera à bord d'une fusée SpaceX en compagnie de deux Américains et d'un Russe.
01:12Le top départ que vous pourrez suivre en direct dans quelques instants sera donné depuis Cap Canaveral en Floride.
01:18De son côté, Ariane Space vient de réussir le premier lancement commercial de la version la plus puissante d'Ariane 6.
01:26Les 32 satellites d'Amazon ont été placés en orbite basse à 460 km d'altitude.
01:32Un vol qui marque le début d'une série de 18 missions au profit du géant américain de l'e-commerce et propriété de Jeff Bezos.
01:38Une peine exemplaire à présent, Pepito, le tueur à gage de 14 ans, a été condamné à 17 ans de prison pour le meurtre d'un chauffeur VTC à Marseille.
01:49L'exécution de ce père de famille avait marqué les esprits pour sa violence gratuite et la jeunesse de son auteur au moment des faits.
01:57Deux semaines après le déploiement du porte-avions Lincoln au Moyen-Orient,
02:00le département américain de la Défense annonce l'envoi d'un deuxième porte-avions dans la région du Golfe.
02:06Objectif, accroître la pression américaine sur l'Iran pour mettre fin à ses programmes nucléaires et balistiques.
02:12Et puis le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est envolé vers l'Allemagne
02:16pour conduire la délégation américaine à la conférence de Munich sur la sécurité.
02:21Entre le Groenland et l'Ukraine, les sujets tendus ne manquent pas entre les États-Unis et les Européens.
02:26Merci beaucoup, cher Somaillant.
02:29On vous retrouve à midi pour un nouveau point sur l'actualité.
02:32Ce sera avec Thierry Cavane.
02:33Je remercie les invités qui m'accompagnent.
02:35Muriel Wagnin-Melki, bonjour.
02:36Merci d'être avec nous pour cette émission.
02:38Jean-Christophe Gallien, bonjour.
02:39Merci également d'être là.
02:40Mathias Leboeuf, le retour de Mathias Leboeuf, bonjour.
02:42Bonjour Thomas, ravi d'être là.
02:44Karim Maloum est avec nous, bonjour.
02:46Bonjour à tous.
02:46Karim, Camille Brère, bonjour.
02:48Bonjour Thomas.
02:48Merci également d'être là.
02:49Et puis Tanguy Hamon du service Police Justice de CNews est avec nous.
02:52On parlera avec vous du sort des membres du gang des barbares.
02:57Ce gang qui a été à l'origine de la mort d'Ilan Halimi.
03:00On verra où ils en sont 20 ans après.
03:01Vous nous donnerez toutes les informations.
03:03Mais d'abord, je vous le disais, on va évidemment consacrer une grande partie de notre émission
03:06à cet hommage qui va être rendu aujourd'hui à Ilan Halimi.
03:10Et je vous propose pour commencer de nous replonger dans l'atmosphère qui régnait il y a 20 ans
03:14quand la France a découvert l'horreur de ces 24 jours de torture pour Ilan Halimi,
03:20capturé, torturé et tué parce que juif, à Bagneux dans les Hauts-de-Seine.
03:25On se replonge dans cette période avec ce sujet de la rédaction de CNews.
03:29C'est l'un des crimes les plus marquants de ces 20 dernières années.
03:33Un crime antisémite, d'une violence inouïe, nourri par la haine et les clichés liés à la religion juive.
03:40Ilan Halimi, à qui des milliers de personnes avaient rendu hommage
03:43et pour qui toute la classe politique, à droite comme à gauche, s'était mobilisée.
03:47Chacun a le droit de vivre, a le droit d'exister,
03:51quel que soit son dieu, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa couleur de peau.
03:55A l'époque, la France découvrait avec effroi une réalité glaçante.
03:59L'antisémitisme existe et il tue sur son sol.
04:02L'affaire Halimi n'est pas un cas isolé.
04:05D'autres crimes antisémites ont marqué le pays,
04:07comme à Toulouse où Mohamed Merah avait assassiné trois enfants
04:10et un enseignant devant une école juive en 2012.
04:12En 2015, Amédi Koulibaly tue trois personnes et en prend 17 autres en otage
04:17dans l'hypercachère porte de Vincennes à Paris.
04:21L'assassinat de Sarah Halimi en 2017 et celui de Mireille Knoll en 2018
04:24en sont tristement d'autres exemples.
04:27Des crimes horribles qui résonnent aujourd'hui douloureusement.
04:30Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023,
04:34les actes antisémites explosent.
04:36Pour beaucoup de juifs français, la peur est revenue.
04:38On se cache, il y a des mots qu'on bannit, des quartiers qu'on évite.
04:42Insultes, menaces, profanations, des écoles et lieux de culte sous protection policière.
04:4820 ans après l'affaire Ilan Halimi,
04:50la communauté juive est la plus visée par les actes antireligieux.
04:54Je pense que l'affaire Ilan Halimi a été le point de départ d'une nouvelle forme d'antisémitisme
05:01qui a tué dans nos rues, qui a existé depuis très longtemps,
05:03mais qui a montré l'horreur de cet antisémitisme.
05:07Quel regard vous portez 20 ans après sur la façon avec laquelle notre société a évolué
05:11depuis qu'on a découvert la barbarie, la torture dont a été victime Ilan Halimi ?
05:17Il faut savoir que dans cette affaire, il y avait presque 29 personnes qui étaient impliquées,
05:2329 jeunes et moins jeunes, mais quand même des âges qui en disaient long sur l'état de la société à l'époque,
05:31entre 15 ans et 30 ans à peu près.
05:35Des jeunes qui ne se sont pas reconnus en la personne d'Ilan.
05:38Je rappelle aussi qu'aucun d'entre eux, sur les 24 jours qui ont été infligés à Ilan,
05:47des jours de torture, d'humiliation, de barbarie véritablement,
05:51aucun d'entre eux, à un moment donné, n'a pris le téléphone d'une cabine téléphonique
05:57ou d'un appel anonyme pour avertir que dans une cave, dans un appartement,
06:03était séquestré un jeune de leur âge.
06:04Aucun d'entre eux n'a eu cette réaction-là, il n'a eu ce courage-là.
06:09C'était la première leçon à tirer de cela, cette lâcheté,
06:13et le fait que ces jeunes-là ne se reconnaissaient pas dans un autre jeune qu'ils avaient en face.
06:17Nous n'avons pas tiré cette leçon-là.
06:19La deuxième leçon était que ces jeunes s'étaient agglomérés autour d'un projet criminel
06:25dont le ciment fédérateur était l'antisémitisme et le rejet de l'hôte parce que juif,
06:30et aussi parce qu'on pensait que comme il était juif, il avait forcément de l'argent.
06:33Alors qu'ils se sont très rapidement aperçus que ce n'était absolument pas le cas.
06:38Ilan était d'une condition modeste, vivait modestement avec sa mère,
06:41était vendeur de téléphones dans une petite agence de téléphonie.
06:46Et là aussi, le travail qui aurait dû être fait par notre société sur l'inscription de ces clichés antisémites,
06:54encore très présents en France en 2006, n'a pas été fait.
06:57Je le dis et je le redis, le cliché antisémite, les juifs ont de l'argent, les juifs sont riches,
07:03est un cliché qui a tué, encore sur le sol français, des années plus tard,
07:07et pas plus tard qu'en 2022, le malheureux René Hadjadj, cet homme défenestré à Lyon par son voisin.
07:14Et enfin, la troisième leçon qu'il fallait tirer de cette affaire était que l'intégralité des jeunes de ce gang,
07:20s'étaient tous convertis à l'islam à l'époque, alors qu'on était sur des jeunes qui étaient des gamins, des adolescents,
07:27et on constatait que tous avaient souhaité se convertir à l'islam.
07:30C'était l'un des éléments marquants aussi de ces deux cours d'assises.
07:35Ce sont des éléments qui ont été révélés pendant l'instruction,
07:38mais également portés à la connaissance des cours d'assises qui avaient siégé.
07:41Et là aussi, on n'a pas cherché à comprendre ce qu'il y avait derrière.
07:44Il y avait certes le cliché antisémite,
07:46mais il y avait également ce qu'on avait retrouvé dans la chambre de Youssouf Ofana pendant la perquisition
07:51qui concernait toute la théorie salafiste et toute la défense déjà.
07:55Et qui s'est vérifiée après lors de son incarcération,
07:58puisqu'on a vu qu'il a été poursuivi notamment pour apologie du terrorisme depuis qu'il a été incarcéré.
08:02Tanguy Hamon, 20 ans plus tard, on le disait,
08:04Youssouf Ofana a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
08:08En revanche, pour les autres personnes impliquées, où en sont-ils aujourd'hui ?
08:12Eh bien, ils sont tous libres.
08:13À part Youssouf Ofana, tous sont désormais en liberté.
08:17Youssouf Ofana, dont d'ailleurs la peine de sûreté touche à sa fin.
08:22Il faut savoir que d'ici à peu près trois ans, il peut demander d'être remis en liberté.
08:26Alors, vu son profil, vous l'avez dit, qui est toujours aussi antisémite, toujours radicalisé,
08:31il y a peu de chances quand même qu'il sorte de prison.
08:33Mais c'est une possibilité d'ici trois ans.
08:36Tous les autres condamnés sont libres.
08:38C'est le cas notamment d'Emma.
08:39C'était l'APA, c'est celle qui avait séduit Ilana Limi et qui l'avait amenée dans ce guet-apens.
08:44Elle avait été condamnée à neuf ans de prison, mais dès 2012, elle avait été libérée.
08:48Pourquoi ? Grâce à une libération conditionnelle.
08:51Ça peut paraître dingue, mais oui, elle avait bénéficié d'une libération conditionnelle.
08:54On se souvient d'elle d'ailleurs qu'elle avait séduit et entretenu une relation
08:58avec le directeur de la maison d'Alaré dans laquelle elle était incarcérée.
09:02Il faut savoir aussi que sur les autres individus qui sont désormais libres, d'autres se sont depuis à nouveau retrouvés devant la justice.
09:09C'est le cas par exemple de Jean-Christophe S., un des lieutenants de Youssouf Ofana qui avait capturé d'ailleurs Ilana Limi.
09:16Il avait reçu une peine de prison de 18 ans à l'époque.
09:20Il est donc sorti en 2019.
09:21Il a été condamné une nouvelle fois en 2024, un an de prison pour vol avec violence.
09:27Cédric Bey, aussi un des geôliers d'Ilan Halimi.
09:30Il avait reçu une peine de 12 ans de prison, sorti en 2017.
09:33La même année, deux ans de prison ferme pour un refus d'obtempérer.
09:37Il a à nouveau été interpellé en 2021 pour port d'armes.
09:41Avec cela, Thomas, on voit bel et bien que pour certains des bourreaux d'Ilan Halimi,
09:46leur carrière de criminel, leur carrière de délinquant se poursuit aujourd'hui.
09:51La perspective que Youssouf Ofana puisse demander sa libération dans trois ans, c'est dingue.
09:55C'est dingue littéralement.
09:57Alors en effet, il y a peu de chances que ça se produise et que ça soit accepté.
10:00On espère que ce ne soit pas accepté.
10:00Mais le fait même que ce soit envisageable est déjà sidérant.
10:04C'est ça l'information de la première.
10:06Ça a été très bien dit tout à l'heure.
10:07C'est-à-dire que c'est un basculement, cette tragédie.
10:10C'est un basculement.
10:11Cette tragédie, c'est un basculement parce que ce n'est pas un crime.
10:13C'est une longue période de torture, quelque chose qui était hors normes
10:17et qui nous fait rentrer dans une période que malheureusement, on a vu se déployer.
10:23Se déployer physiquement, se déployer dans la rue physique, se déployer dans la rue digitale,
10:27se déployer parce que les forces politiques se sont emparées de cette bulle d'antisémitisme qui était déjà là.
10:34Et puis, c'est un basculement parce qu'on aurait dû comprendre les fondamentaux.
10:39Ils étaient là.
10:39Ils étaient présents.
10:40Oui, il y a un effet religieux contre religieux.
10:43Oui, il y a des croyances établies sur des clichés qui sont des clichés qui deviennent criminels après derrière.
10:49Et rien n'a été, rien n'a changé.
10:50Il n'y a pas eu de débat.
10:51Il n'y a pas eu de travail.
10:52Il n'y a rien d'effet.
10:53Et surtout, ce troisième point dont vous parlez aussi, c'est celui de cette justice qui regarde une affaire hors normes
11:00avec des outils qui sont ceux de la norme et qui derrière ensuite oublie cette affaire hors normes
11:04pour la traiter effectivement comme une affaire criminelle tout à fait classique.
11:07Donc, les temps de parcours des criminels sont ceux qu'on nous ferait dans n'importe quelle affaire.
11:11Ils continuent.
11:12L'aspect exceptionnel de cette affaire.
11:14On finissait avec Fofana dont on dit potentiellement ce symbole, parce que là, c'est un symbole terrible.
11:18Mais ce symbole-là pourrait être demain libéré avec ce qu'il professe aujourd'hui.
11:22Là, pour le coup, on va se libérer.
11:23Il aurait fallu adapter la justice pour empêcher que ces individus puissent sortir, que Youssouf Fafana puisse demander sa libération ?
11:30Alors, voilà un individu qui n'est pas prêt de sortir parce que, je vous l'apprends, Youssouf Fafana a été condamné encore au sein même de sa détention
11:39pour agression de deux surveillants, pour des propos antisémites et apologie du terrorisme.
11:47Vous avez des vidéos depuis sa cellule ?
11:48Tout à fait. Donc, ce monsieur n'est pas prêt de sortir.
11:53Mais là où je pose la question également à notre confrère ici sur le plateau, c'est pourquoi est-ce que la justice n'arrive jamais à reconnaître le caractère antisémite ?
12:02C'est une question qui se pose.
12:04C'est un travail qui est extrêmement compliqué pour la justice que de reconnaître le caractère antisémite.
12:10Alors, je sais, peut-être que vous en avez le souvenir, mais déjà, pour l'affaire Dylan, ça avait été un vrai parcours du combattant pour reconnaître l'antisémitisme.
12:18Alors que, dès qu'on a eu connaissance, nous, du dossier d'instruction, on est arrivé, les avocats sont arrivés très tôt dans la procédure.
12:24Les premiers PV d'audition dans la garde à vue, des uns et des autres, on avait des propos antisémites à quasiment toutes les lignes.
12:29Donc, il n'y avait pas de difficulté.
12:30Pourquoi est-ce qu'on a encore aujourd'hui cette difficulté ?
12:33Alors, deux choses. D'abord, certains magistrats arrivent à faire ce travail de manière assez naturelle et logique et ont compris.
12:39Et d'autres magistrats freinent encore des cas de paire.
12:41Ça a été le cas, encore une fois, dans l'affaire René Hadjad, Jalion, où l'antisémitisme n'a pas été reconnu.
12:46Et donc, justement, la question se pose.
12:48Est-ce qu'une sensibilisation qui doit être faite auprès du grand public, auprès des jeunes de cette génération,
12:52mais également auprès aussi de nos magistrats, également auprès du parquet, également auprès de nos services de police,
12:58et je pense que cette sensibilisation de l'antisémitisme, elle doit toucher toutes les couches de notre société ?
13:03Je voulais aussi qu'on revienne sur un des points que vous avez abordés, c'est-à-dire d'identifier aussi d'où vient l'antisémitisme aujourd'hui.
13:08Il y a eu une cérémonie hier soir à Bagneux, sauf que c'est une ville que je connais bien pour y avoir habité.
13:12Malheureusement, j'ai appris après que je passais à proximité assez immédiate de l'endroit où Ylann Alémy était torturé.
13:17Ça a été un choc pour toute une ville.
13:19Hier, la ville rendait hommage à la mémoire d'Ylann Alémy.
13:21Et la maire de la ville, Marie-Hélène Amiable, qui est une île communiste, a prononcé un discours.
13:26On a sorti un passage, je vous propose de l'écouter, et puis vous allez me dire ce que vous en pensez.
13:31Ces dernières années, trop souvent le relayé aussi par des discours d'extrême droite,
13:37les actes antisémites se sont accrus dans l'espace public.
13:40Tout récemment encore, vous le savez, des lieux de mémoire dédiés à Ylann ont été vandalisés dans plusieurs de nos départements français.
13:48Voilà pour le discours de Marie-Hélène Amiable, qu'on pourra questionner.
13:52On va le faire dans un instant, puisqu'on suivra, je vous le disais en direct, le discours d'Emmanuel Macron.
13:56Mais actualité spatiale oblige.
13:59Michel Chevalet nous a rejoint sur ce plateau.
14:00On va suivre avec vous en direct le décollage de Sophie Adnaud.
14:05C'est dans moins de trois minutes maintenant.
14:07Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu les enjeux ?
14:09C'est la deuxième française à se rendre dans l'espace.
14:12Elle va quitter la terre ferme dans quelques instants.
14:14Alors, soyons sérieux, mettons en perspective, ce n'est pas quelque chose de nouveau qui va se passer.
14:18C'est une relève d'équipage qui a lieu depuis l'an 2000 avec la station spatiale.
14:23Sauf que là, elle a été un peu précipitée en raison des événements d'un retour précipité d'un équipage.
14:29Voilà.
14:30Donc, c'est une relève d'équipage.
14:31Ils sont quatre dans la tête de la fusée, dans la capsule.
14:34Et l'intérêt pour nous, Français et Européens, c'est surtout qu'on a Sophie Adnaud.
14:40Et Sophie Adnaud, c'est une Française, elle part dans l'espace, mais 30 ans, c'est ça qui est étonnant,
14:4630 ans après la première femme française à avoir été dans l'espace, Claudie André-Déhé.
14:51Et c'est parce qu'elle avait assisté, sans doute, quand j'ai fait le reportage sur TF1 en direct,
14:56à Baïkonour, le lancement de Claudie, qu'elle a dit, je veux être astronaute.
15:02Elle avait 14 ans. Et vous voyez tout de même, le travail qu'elle a fait, cette femme, c'est étonnant.
15:06On dit qu'elle est exceptionnellement douée, elle est sortie majeure de sa promo, elle est brillante, une scientifique brillante.
15:12On trouve une formule publicitaire, elle a tout d'une grande.
15:15Voilà, j'ai tout dit. Elle a tout, elle a tout pour elle.
15:17Elle a la beauté, la simplicité, le sourire et l'énergie, le travail.
15:23Et très intelligente, elle est capable de s'adapter à toutes les situations.
15:26Parce que pour apprendre le métier d'astronaute, elle dit, je vais d'abord faire super-héros.
15:31Après pilote d'hélicoptère, après j'ai été chargé des essais des hélicoptères.
15:37Et elle a été sélectionnée une fois comme astronaute.
15:40Et hop, elle était...
15:41Et donc là, on est à moins d'une minute du décollage.
15:43Mais qu'est-ce qui se passe à ce moment ?
15:45Là, je voudrais dire, ils sont quasiment couchés dans leur fauteuil.
15:50C'est une fusée SpaceX ?
15:53Toute la phase de lancement, c'est pas piloté.
15:56C'est entièrement automatique.
15:57Seuls les ordinateurs sont capables de prendre les bonnes décisions.
16:01Donc là, il y a eu une demi-heure, il y a eu le go-no-go, c'est-à-dire le feu vert pour tout,
16:07la météo, les liaisons sol, les astronautes, la capsule, la fusée, le plein est fait.
16:12Là, c'est des compléments de plein, ce que vous voyez.
16:14Là, c'est des gazages en permanence.
16:16C'est jusqu'à la dernière seconde.
16:19On met des gouttes de carburant.
16:20C'est-à-dire qu'il y a encore des tests à quelques secondes du décollage, on est en permanence.
16:26C'est le check fait par les autres.
16:28On va vivre en direct ce décollage, vous allez nous décrypter ce qui se passe, avec évidemment vos lumières.
16:32Il y a toujours des images, je pense.
16:34Le décollage qui va démarrer d'ici quelques secondes, normalement.
16:36On va voir, sans doute, cette fusée s'est lancée.
16:39On doit avoir le compte à rebours.
16:41Là, c'est dans les premières secondes où tout se joue, Michel.
16:58À l'image, mise en pression des moteurs, 8 secondes après, elle décolle.
17:04Donc, c'est une phase tout à fait automatique.
17:05Ce n'est pas le premier lancement de la SpaceX.
17:08Même, ils en ont fait plusieurs centaines.
17:10Donc, c'est quelque chose de...
17:12Quelles sont les étapes qui attendent le décollage ?
17:14La fusée décolle, ensuite, qu'est-ce qui se passe ?
17:16L'accélération n'est pas très très forte.
17:18Elle va augmenter, elle va augmenter.
17:20Et surtout, on va passer par un point que l'on appelle le point de la pression dynamique.
17:25C'est-à-dire qu'elle va passer, curieusement, le mur du son.
17:28À partir du moment où vous partez de zéro pour aller à 28 000 à l'heure, quasiment, vous allez passer le mur du son.
17:35Et là, il y a eu une onde de choc, comme pour les avions, des missiles, vous savez.
17:39Et donc, il va...
17:40Et puis après, l'accélération continue d'augmenter.
17:45Donc, le premier étage, avec ses 9 moteurs, d'où le nom de Falcon 9, 9 moteurs qui fonctionnent.
17:50Il va fonctionner pendant une minute après et demie.
17:52Il aura consommé tout son carburant.
17:53Et on le largue.
17:54D'habitude, on peut faire revenir sur Terre, mais là, ce n'est pas le cas.
17:58Et puis après, ça va être le deuxième étage qui va propulser la cabine pour la mettre en satellisation.
18:05Et la satellisation va arriver au bout de 8 minutes et 30 secondes.
18:08Vous vous rendez compte ?
18:09Vous passez de zéro à 27 000, 28 000 à l'heure en 8 minutes et 30 secondes.
18:14Moi, j'ai mis deux heures pour faire 25 kilomètres en voiture.
18:17Voilà.
18:19C'est tout.
18:19Et alors, après, une fois qu'elle est en orbite, il y a un trajet qui va jusqu'à la station spatiale internationale.
18:24Ça prend beaucoup de temps.
18:25Alors, on aurait pu faire ce qu'on appelle un docking direct.
18:29On sait faire maintenant d'aller directement, de partir à l'espace et puis d'aller s'amarrer à la station.
18:36Or, en fait, pour des raisons, je voudrais dire physiologiques.
18:39On veut s'apercevoir, on va tester la cabine, l'étanchéité, le fonctionnement et surtout, surtout, le comportement physiologique des astronautes.
18:49Alors, il y a des vétérans, notamment du côté américain.
18:53Elles, c'est son premier séjour dans l'espace.
18:56Donc, elles risquent d'être soumises peut-être au mal de l'espace.
18:59Un astronaute sur deux.
19:01Alors, comment ça se concrétise ?
19:03Oui, oui, oui, parce que le son afflue.
19:05Malgré leur préparation, malgré tout ça, on n'échappe pas au mal de l'espace.
19:08On ne peut pas supprimer la pesanteur.
19:10On vous met dans les centrifugeuses, on vous met dans les piscines, mais on ne peut pas supprimer la pesanteur.
19:15Là, quand on voit les images, on a l'impression qu'il y a le premier étage qui va se séparer.
19:19Alors, ce qu'on voit, c'est à l'intérieur.
19:20Non, non, c'est...
19:21Pas encore ?
19:22Voilà, regardez.
19:23Il y a eu la séparation.
19:24Regardez.
19:26À l'image du deuxième étage.
19:28Donc, c'est parfait.
19:29Donc là, pour l'instant, tout se passe bien.
19:30C'est ce que vous nous dites.
19:31Si vous voulez, c'est à l'intérieur du réservoir.
19:32Ils avaient une caméra pour montrer que le réservoir était vide.
19:35Là, vous voyez que la tuyère est rouge.
19:39Elle est refroidie.
19:40Sinon, elle se volatiliserait.
19:42Et donc, elle va aller jusqu'à la satellisation qui va être au bout de 8 minutes, c'est midi et 30 secondes.
19:49Donc, tout se passe.
19:50Tout ce qu'on dit, là, on dit c'est nominal.
19:53Donc là, tout se passe bien.
19:54Et donc, on peut dire que c'est un lancement réussi.
19:57Ou alors, est-ce qu'à la NASA, on attend d'abord qu'il soit arrivé dans la Station Spatiale Internationale pour dire...
20:02Alors, ça va être samedi, samedi, que va se faire l'amarrage avec la Station Spatiale, samedi à 21h30, 21h30.
20:13Donc, il y a une trentaine d'heures encore à passer dans cette Station Spatiale.
20:16Où là, ils vont s'inviter à l'apesanteur, se checker, enlever la combinaison, repérer les lieux, peut-être aller aux toilettes.
20:22Parce que quand vous êtes en apesanteur, vous avez l'œuf sang qui afflue, donc il faut faire tomber la pression sanguine.
20:29Et le seul moyen de faire tomber la pression sanguine, c'est de relâcher du liquide.
20:32Par quelle voie ? Par les reins.
20:34Donc, ils ont envie de pisser.
20:35Je suis désolé, mais je suis direct.
20:37Merci pour votre langue.
20:39Mais oui, mais...
20:40Ça mérite de la clarté, vous allez me dire.
20:42Vous ne vous dites pas de la physiologie, sinon vous êtes assis là-dessus, il ne faut pas...
20:45D'ailleurs, on voit à l'image, donc là, les quatre astronautes, comme on dit en Europe, qui sont donc...
20:52Là, vous nous dites qu'ils sont en position quasiment allongée.
20:53Comment ?
20:54Là, ils sont en position quasiment allongée, en fait.
20:56Ils sont à l'horizontale.
20:57Voilà, pour encaisser l'accélération.
21:01Et alors, savez-vous, comment ils savent que, d'un seul coup, ils sont en apesanteur ?
21:04Quand le moteur est coupé, dès que le moteur est coupé, aussitôt, vous vous soulevez légèrement du fauteuil.
21:10Mais les Russes ont une technique, ils ont dans leur capsule Soyuz, ils ont un bout de ficelle avec un crayon au bout.
21:16Et donc, pendant le décollage, la ficelle est tendue, il y a l'accélération.
21:19Et puis, d'un seul coup, dès qu'ils sont satellisés, hop, le crayon se met à flotter.
21:22Vous voyez, c'est des bons trucs, ça marche à tous les coups, ça.
21:25Et alors, vous qui avez, j'imagine, déjà échangé de nombreuses reprises avec des astronautes qui sont allés dans l'espace,
21:30qu'est-ce qu'on ressent quand on est là, quelques minutes après le lancement d'une fusée,
21:34qu'on va se rendre en orbite d'ici quelques instants ?
21:36Dans quel état d'esprit on est, généralement ?
21:38Attendez, attendez, c'est la joie d'abord, ça y est, il y a eu la joie du décollage pour eux, ça y est, j'ai réussi, je vais aller dans l'espace.
21:46C'était pour eux, c'est vrai, depuis 30 ans, je veux dire.
21:50Et puis, quand on arrive, il y a le voyage, on est tendu tout de même parce que c'est nouveau,
21:54vous avez tout de même un gros pétard sous les fesses, ça peut être des problèmes.
21:57Ah ben, on ne le souhaite pas.
21:59Et puis, une fois qu'elle va flotter, on sait que tout s'est bien placé, on est en apesanteur,
22:06donc maintenant, la prochaine phase, ça va être le rendez-vous, et surtout, la grande émotion,
22:11c'est quand on va ouvrir la porte avec la station spatiale et le comité d'accueil avec les copains qui sont de chat,
22:17il y en a trois à bord, et là, ça y est, ça y est, mon rêve, elle le dira, je pense à la caméra, ça y est, j'y suis, j'y suis, enfin.
22:26Alors, après, son travail sur place, il va consister en quoi ?
22:28Il y a beaucoup de travail là-haut.
22:30C'est de faire tout du propriétaire.
22:33Elle a beau l'avoir fait en simulateur, mais rien ne vaut la réalité, parce que,
22:37enfin, je ne vais pas vous dire, l'intérieur de la station spatiale, c'est un grand...
22:42Ouais, il y en a partout, tout flotte partout, il y a des objets partout, voilà.
22:47Donc, il faut qu'elle repère les lieux, où est-ce qu'elle va dormir, où est-ce qu'elle va manger,
22:51où est-ce qu'elle va aller aux toilettes, comment je vais me laver, etc.
22:54On fait le retour, et les copains vous expliquent.
22:56Vous avez beau avoir fait ça dans des simulateurs, moi, j'ai participé à ça à Houston,
23:00où il y a des modules de grandeur nature, ou à Cologne,
23:04rien ne vaut la réalité, parce qu'il y a toujours le détail, le truc, le machin,
23:08juste un détail, le samedi, le week-end, ils sont libres,
23:12et ils passent leur samedi à faire le rangement dans la station.
23:14Pourquoi ? Parce que comme tout flotte, tout s'en va,
23:17et qu'il y a une circulation d'air pour la ventilation,
23:20tous les objets qui flottent vont aller vers la bouche d'aspiration.
23:23Donc, à quatre pattes, devant les grilles d'aspiration,
23:26ils vont repêcher le stylo, le truc, voilà.
23:29Oui, oui, oui.
23:30Est-ce que, qu'est-ce qu'on peut dire sur les astronautes français ?
23:33On a Thomas Pesquet, évidemment, qui a été dans l'espace,
23:36qui est devenu une figure emblématique de l'espace, justement.
23:40Sophie Adnaud, maintenant, est-ce que ça veut dire que nous avons
23:42de bons candidats au fait d'aller dans l'espace aujourd'hui ?
23:45Je trouve que dans les sélections que l'on a eues côté français,
23:50attendez, il y a tout de même des Italiens, il y a tout de même des Allemands,
23:53nous n'oublions pas, on n'est pas les seuls.
23:56Mais les sélections ont été très bonnes.
24:00Quand vous voyez Pesquet, c'est remarquable.
24:03Quand vous voyez Jean-François Clairbois, polytechnicien,
24:05qui n'était pas un militaire, qui était polytechnicien,
24:09mais qui a trois navettes, il a été trois fois dans l'espace.
24:12D'autres, c'est Jean-Louis Chrétien le premier, bien sûr.
24:17Donc, vous voyez, le mode de sélection est très efficace.
24:20Alors, justement, un mot sur les images, Michel Chevalet,
24:23on est à huit minutes maintenant, ça fait huit minutes que la fusée a décollé.
24:27À quel moment ils sont hors de danger, les astronautes à l'intérieur ?
24:31Une fois que...
24:32Ça, c'est le retour de la... Qu'est-ce qu'on a vu là ?
24:34Quand le moteur est coupé, là, on a vu le...
24:37Le temps d'atterrissage.
24:37Le temps d'atterrissage qui redescend.
24:38C'est ça, qui est revenu au sol.
24:40Voilà, qui va être récupéré.
24:42Donc là, pour les astronautes, ils sont en plus de huit minutes du décollage.
24:46À partir de quand, ils sont hors de danger et on peut être tranquille.
24:49Voilà.
24:49C'est quand le moteur va s'arrêter et qu'on sera à la bonne altitude,
24:53que là, on peut en dire, mission accomplie.
24:55Première phase de la mission.
24:57Ça, c'est au bout des fameuses huit minutes trente dont vous nous parliez.
24:59À peu près.
25:00D'ici quelques secondes, on devrait avoir l'assurance que le voyage...
25:02Il y a une caméra à l'extérieur.
25:05On va avoir l'arrêt.
25:06Là, c'est la tuyère du moteur, qui est bien rouge.
25:09Elle chauffe bien.
25:10La température de sortie des gaz est de près de 3000 degrés.
25:14Oui, oui.
25:15Mais c'est une...
25:16Il n'y a pas de problème.
25:17C'est parfaitement maîtrisé.
25:18Est-ce que les technologies ont beaucoup évolué depuis qu'Elon Musk a repris en main
25:23certains des lancements avec SpaceX ?
25:24Élon Musk est très intelligent et très fort.
25:27Mais c'est évidemment un financier très institutieux.
25:30Il n'a fait que reprendre sur étagère des moteurs que la NASA avait développés.
25:35Des moteurs oxygène et méthane.
25:38Attendez.
25:39Il ne faut pas tout lui prêter.
25:41Très intelligent, très subtil.
25:43Enfin, il s'est utilisé les subventions de la NASA.
25:47Les milliards de la NASA.
25:49Mais c'était...
25:50Donc le moteur est arrêté.
25:52Ça y est ?
25:52Ah, ça y est, le moteur s'est arrêté.
25:53Donc là, on peut dire que...
25:55C'est terminé.
25:56Donc là, ils sont satellisés.
25:58Ils sont à environ 200 kilomètres d'attitude.
25:59Donc là, ça veut dire que c'est une opération réussie.
26:02Là, oui.
26:03Ils sont hors de danger.
26:04Voilà.
26:04Ils sont en sécurité.
26:05Ils sont en orbite.
26:06Donc maintenant, ils sont en orbite pendant quelques heures.
26:08Et ils vont aller jusqu'à la station spatiale.
26:09Ils vont rester en orbite.
26:10Attendez, attendez.
26:10Non.
26:11Pas quelques heures.
26:11Ils vont rester en orbite pendant deux mois.
26:13Mais pas dans le même endroit.
26:15Pas dans le même...
26:16Oui, pas dans le même enjeu.
26:17Voilà.
26:18Voilà.
26:18Bon, ben, en tout cas, on peut dire que c'est donc une opération réussie.
26:21On va avoir Sophie Adnaud qui sera dans la station spatiale internationale d'ici quelques temps.
26:25La deuxième phase, ça va être le docking avec la station spatiale.
26:29Puis la troisième, c'est quand elle va rentrer dedans.
26:31Et elle va découvrir l'univers dans lequel elle va vivre pendant neuf mois.
26:35Bon, c'est toujours des images assez impressionnantes de voir ces décollages, en tout cas.
26:40Mathias Lebeuf, vous voulez réagir ?
26:41Je voulais poser une question à Michel.
26:43Parce qu'il a dit tout à l'heure qu'en fait, tout était digitalisé.
26:46Est-ce que, du coup, les fusées sont plus sûres aujourd'hui qu'il y a...
26:52En fiabilité, oui.
26:53Oui, oui, oui.
26:55Il y a quasiment plus d'intervention humaine, quoi.
26:57C'est-à-dire que...
26:58Les rendez-vous sont automatiques.
27:00Les Russes l'ont fait.
27:01Et quand vous avez un cargo automatique, il n'y a pas d'homme à bord, la fusée est pilotée d'elle-même par les ordinateurs.
27:08C'est-à-dire qu'on a réduit le risque au minimum.
27:09Aujourd'hui, il y a très peu de risques, en réalité, qu'un lancement de fachepal.
27:12On a les images d'Apollo, forcément, en tête.
27:14Il n'y a pas zéro.
27:15Mais il y a toujours des risques.
27:18Attendez, dernièrement, il y en a un qui était malade.
27:19Il a fallu le rabatrier au sol.
27:21Oui, c'est vrai.
27:21Ce n'était pas prévu au programme.
27:22Bon, merci en tout cas.
27:24Merci, Michel Chevalet, de nous avoir fait vivre en direct ce lancement de cette fusée.
27:27Merci de nous avoir éclairés avec votre expérience.
27:30On va revenir, nous, sur Terre, avec une actualité un peu plus terre-à-terre, si vous me permettez l'expression.
27:34On en parlait juste avant, justement, cette actualité.
27:37On attend, d'ici quelques instants, le discours d'Emmanuel Macron pour rendre hommage à Hélène Halimi,
27:4220 ans après la découverte du corps sans vie de ce jeune homme juif,
27:46tué, capturé parce que juif, torturé pendant 24 jours dans la ville de Bagneux.
27:51On diffusait, juste avant le décollage de cette fusée,
27:53on diffusait l'extrait du discours de la maire de Bagneux, maire communiste,
27:57qui disait que les discours d'extrême droite favorisent les passages à l'acte violent.
28:00Mathias Leboeuf, est-ce que vous êtes choqué par les propos de cette maire ?
28:04Oui, je suis choqué, je vais vous dire pourquoi,
28:08parce que chercher, il n'y a pas de bon ou de mauvais antisémitisme.
28:15C'est aussi simple que ça, que l'antisémitisme vienne d'extrême droite,
28:19qui vienne de gauche, qui vienne d'un antisémitisme religieux.
28:23Ça, on est d'accord, mais là, en l'occurrence, son espoir ne parle que de l'antisémitisme d'extrême droite.
28:27Oui, mais je trouve que c'est une erreur, bien évidemment.
28:29Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune tolérance à avoir avec les actes, avec les paroles,
28:35et surtout, il y a...
28:36Vous dites que d'une certaine manière, elle a une forme de tolérance pour l'un des deux aspects d'antisémitisme.
28:39On ne fait pas de différence, l'antisémitisme, c'est l'antisémitisme est pointé.
28:43Alors, historiquement, bien évidemment, qu'il y a eu un antisémitisme d'extrême droite.
28:47Aujourd'hui, on dit qu'il y a un antisémitisme de gauche ou d'extrême gauche.
28:53En tout cas, Youssouf Lofana ne s'en revendiquait pas de l'extrême droite pour agir et pour torturer Yann Alimi.
28:57En réalité, ce qu'il vient de dire cette responsable politique,
29:02elle est un peu dans le déni, je l'expliquerai pourquoi.
29:04L'antisémitisme ne touche pas uniquement les juifs.
29:08Il dit quelque chose de la société où il se développe, tout simplement.
29:11Je reprendrai une citation de Frantz Fanon qui a dit
29:14quand on parle mal des juifs, dressez l'oreille, on parle de vous.
29:19En réalité, quand on s'attaque aux juifs, on s'attaque à quoi ?
29:22À des gens qui sont différents de vous.
29:24On s'attaque aux libertés, on s'attaque à la démocratie.
29:26On peut parler d'histoire, de l'antisémitisme.
29:29L'histoire aux historiens.
29:31Parlons de ce qui se passe aujourd'hui.
29:33C'est ce que vivent les juifs de France.
29:36Et ce que vivent même ceux qui les soutiennent.
29:37Ce qu'ils vivent aujourd'hui, on va voir les chiffres des actes antisémites.
29:41Quand vous regardez les actes anti-religieux sur l'année dernière,
29:45la moitié concerne nos compatriotes de confession juive.
29:48Or, ils ne représentent que 0,7% de la population.
29:51Ça, c'est terrifiant.
29:52C'est terrifiant parce qu'il y a une disproportion qui nous interroge tous.
29:55Oui, il y a une disproportion qui nous interroge tous.
29:58Et pour répondre à votre question, Thomas,
30:02les juifs ont toujours été en France l'instrument du pouvoir politique en place.
30:07Depuis les rois au Moyen-Âge, c'était déjà le cas.
30:09Et c'est encore le cas aujourd'hui.
30:10Donc, la récupération qui est faite, et notamment par cette mère communiste,
30:13au moment où elle commémore le décès atroce, l'assassinat atroce d'Ilan Animi,
30:19est insupportable.
30:21C'est insupportable.
30:22C'est insupportable parce que ça ne dit rien, finalement,
30:24de l'antisémitisme qui gangrène notre société.
30:26Ça ne dit rien de ce qui s'est passé pour Ilan.
30:28Et ça ne dit rien de ce qui se passe aujourd'hui pour tous les morts qui ont suivi Ilan
30:31et qui n'ont pas été tués par des personnes se revendiquant de l'extrême droite.
30:35Donc, cette réalité de la situation dramatique que, je dirais, au-delà de la communauté juive,
30:43tous les citoyens français vivent aujourd'hui parce que l'antisémitisme a gangrené l'ensemble de notre société,
30:47que tout le monde est impacté, je le crois, elle n'en parle pas.
30:49Donc, il faut aussi dénoncer cela.
30:52J'en reviens là-dessus aussi, si vous le permettez, brièvement,
30:56sur la commémoration qui est organisée à l'Elysée ce matin aussi.
31:00On attend le discours du président, vous voyez l'image en bas.
31:02On verra, on verra.
31:03Mais ce ne seront que des mots et encore des mots et encore et encore des mots.
31:06Et c'est encore une fois ce que j'essaye de pointer.
31:09La récupération politique qui est faite derrière ces commémorations est insupportable aussi,
31:13y compris quand elle provient de l'Elysée.
31:15Nous attendons des actes qui soient posés clairement.
31:17Et c'est d'actes dont nous avons besoin et non pas de propos ni de commémorations.
31:21D'abord, qu'est-ce que vous attendez les uns et les autres de ce discours ?
31:23Pour carré, allez-y.
31:25Moi, j'ai ras-le-bol un peu de déposer des gerbes de fleurs,
31:28faire des minutes de silence, j'ai ras-le-bol de faire des commémorations.
31:32On parle des attentats, on n'en parle pas qui fait les attentats.
31:35On y a des actes antisémites, qui lui fait les attentats ?
31:37Si on n'en parle pas la bête, si on ne dit pas qu'ils sont les responsables,
31:40l'antisémitisme va se développer.
31:42Je vais répondre à la mère communiste.
31:44Les responsables de l'antisémitisme aujourd'hui en France,
31:46là où il y a l'islamisme, il y a la haine des juifs.
31:49Ce sont les islamistes et leurs alliés d'extrême-gauche et indigénistes
31:52qui développent l'antisémitisme.
31:54Ils sont les catalyseurs de la haine dans ce pays.
31:57Dire que c'est l'extrême-grawat, c'est de cautionner l'antisémitisme.
32:01C'est de le cautionner.
32:02C'est grave, c'est dangereux.
32:03Il y a toujours...
32:04Attendez, Mathias, je regardais une dépêche de l'AFP
32:05pour parler justement du discours qui nous attend d'Emmanuel Macron.
32:08Un conseiller de l'Élysée disait à nos confrères de l'AFP
32:11que le président de la République avait pour vocation
32:13non seulement de rester à un constat,
32:15mais aussi identifier, qualifier les propagateurs
32:17et les propagandes qui diffusent au cœur de notre nation
32:19le poison antisémite.
32:21C'est très intéressant parce que, dans la suite de la dépêche,
32:24on lit avec en ligne de mire l'extrême-droite
32:27comme l'extrême-gauche
32:28et les cercles identitaires comme communautaires.
32:30C'est ce à quoi on doit s'attendre pour ce discours qui arrive.
32:32Et c'est là où il y a plus de choc pour moi.
32:36D'abord parce que 20 ans plus tard, on recommémore,
32:38on va replanter, ça a été découpé.
32:40On est dans cette espèce de feuilleton sans fin
32:42qui est terrible, non seulement pour la mort d'Ilan,
32:45mais pour aujourd'hui, effectivement,
32:47cette espèce de déni, voire un oxymore
32:49présenté dans le discours, là, en l'occurrence.
32:52Si le président de la République
32:53cadre de cette manière-là son intervention,
32:56on verra ce qu'il va dire en réalité,
32:58il est inévitablement en perspective de 2027.
33:01Il est dans la préparation d'une campagne présidentielle.
33:03Il est en affrontement déjà aujourd'hui
33:05des deux quasiment pôles de favoris
33:08de cette élection présidentielle,
33:09donc ceux qui peuvent lui succéder.
33:10Il fait de la politique en fait.
33:11On est même plus, on est déjà dans l'élection, si vous voulez.
33:14Et donc on est dans un débat qui, quelque part,
33:16dépasse très largement, mais je ne sais pas comment le dire,
33:18s'il vous plaît, vient se choquer
33:20avec la réalité du travail de mémoire qui doit être fait
33:22et surtout d'activation aujourd'hui d'une vraie réponse.
33:25Ça a été dit très clairement tout de suite.
33:27C'est quoi l'enjeu ?
33:28L'enjeu, c'est fabrication
33:30à partir d'une religion contre une autre religion,
33:32principalement aujourd'hui,
33:34avec éco-politique,
33:35voire manipulation politique par-dessus.
33:37Voilà de quoi on parle aujourd'hui
33:38et pas d'autre chose.
33:39Je ne parle pas de gens qui parlent d'Israël,
33:41je parle de ceux qui font de l'antisémitisme
33:43un instrument de développement politique et religieux.
33:45Ça n'a rien à voir avec Israël,
33:47l'antisémitisme qui se développe en France.
33:48Ça n'a rien à voir.
33:49Certains utilisent la situation internationale.
33:52Mathias Leboeuf, vous étiez d'accord avec le fait
33:55qu'il ne faut pas faire de politique dans cet hommage ?
33:57Moi, je crois qu'il ne faut pas faire de petite politique, déjà.
34:02Et encore une fois, je le redis,
34:03il n'y a pas de bon et de mauvais antisémitisme.
34:06Et l'antisémitisme, il est pluriel.
34:08Si vous voulez désigner un bloc,
34:11une origine,
34:13vous passez forcément à côté.
34:14Ah non, c'est pas mal.
34:15Laissez-moi finir.
34:17Juste une chose,
34:18je sais que manifestement,
34:19vous avez l'air d'avoir un peu en mépris les intellectuels,
34:22mais il suffit de lire un historien...
34:24Oh là là, mais je t'ai mépris les intellectuels !
34:26Non mais Karim,
34:27il suffit de lire Michel Dreyfus,
34:29qui est un historien spécialisé sur l'antisémitisme,
34:32et vous verrez qu'antisémitisme est pluriel.
34:34On parle d'aujourd'hui, Mathias,
34:35aujourd'hui, en 2026, pas en 1850.
34:38Mais non, mais aujourd'hui...
34:39En 1850 !
34:40Mais absolument pas !
34:41Vous êtes dans le dénigre !
34:42Vous allez blesser votre camarade de plateau.
34:44Non, non, non, c'est incroyable !
34:46Les gens qui voient la mort devant eux,
34:48ils disent, regardez ce qui s'est passé,
34:49ça fait un siècle !
34:50Regarde ce qu'il se passe aujourd'hui !
34:52Je vais prendre un exemple très simple.
34:53Allez-y, rapidement.
34:54Sur l'extrême droite,
34:55vous avez quelqu'un qui s'appelle Alain Soral,
34:57qui aujourd'hui...
34:59Non mais c'est le cas !
35:01Je ne vais pas dire une chose,
35:04mais Alain Soral a eu des fonctions de conseil politique
35:07dans un certain nombre de partis
35:09qui ont pignon sur rue aujourd'hui.
35:12Je ne dirai pas lesquels.
35:13Bon, ça c'est une première chose.
35:14La deuxième chose, je voulais dire une chose
35:15sur ce qu'a dit Muriel.
35:18Sur la complicité passive, effectivement, des jeunes,
35:22mais la complicité passive de tous.
35:24C'est-à-dire que, bien évidemment,
35:25qu'il n'y a aucune passivité.
35:28Être passif, c'est déjà être complice,
35:30d'une certaine façon,
35:31à quelque niveau qu'on soit.
35:33Alors, la question c'est,
35:34est-ce qu'il faut commémorer...
35:35Par exemple, ne pas participer à la marche contre l'antisémitisme,
35:38c'était une faute de la part de Mme Macron ?
35:39Moi, je pense que c'était une faute politique.
35:41Faute morale, même.
35:42Faute politique, faute morale,
35:44il aurait dû être là,
35:45parce que, de toute façon,
35:45ça n'a pas été compris.
35:47Amie Brer, c'était une faute pour le président de la République
35:49de ne pas participer à cette marche, à votre avis ?
35:51J'ai très bien travaillé mon bon sujet
35:52et je vais ressortir quelques dates.
35:55Le 3 octobre 1980,
35:57il y a eu un attentat à la synagogue de Copernic.
35:59Il y a eu 50 blessés et 4 morts.
36:01Le lendemain, il y a eu François Mitterrand
36:02qui était à la marche contre l'antisémitisme.
36:04Le 2 août 1982,
36:06rue Desrosiers, Rostaurant-Goldenberg,
36:08il y a eu un attentat.
36:09Le président François Mitterrand était aussi sur place.
36:12Alors, aujourd'hui,
36:14on a un chêne qui va être planté au sein de l'Elysée,
36:17c'est très bien,
36:18mais le président de la République
36:20n'a eu aucun discours, aucun mot,
36:22aucune grande mesure n'a été prise.
36:27Et au-delà même des politiques,
36:28parce qu'aujourd'hui, je vais vous dire,
36:29franchement, je pense que les Français
36:30de la confession juive,
36:32aujourd'hui, n'attendent plus rien des politiques.
36:34Et en fait, moi, je voudrais parler aux Français aujourd'hui.
36:35Je voudrais m'adresser aux Français
36:37et m'adresser surtout à une certaine population de Français.
36:40Et demander, en fait, à toutes ces personnes
36:42qui ont la possibilité d'être visibles sur les médias.
36:46Donc, à des auteurs, à des journalistes,
36:48à des gens qui sont dans le cinéma,
36:50à des acteurs,
36:54à des gens qui sont aussi sur la toile
36:55et qui sont influenceurs,
36:56pourquoi est-ce que ces gens-là aussi
36:58ne prennent pas aussi la parole
37:00contre cet antisémitisme-là
37:02et se mettent ensemble
37:04pour créer une espèce de collectif ?
37:05Vous avez parfaitement raison.
37:06Un tout simplement collectif qui a été créé
37:07aussi dans les années 80,
37:08un touche-parment pote.
37:09Pourquoi aujourd'hui,
37:10on ne ferait pas un touche-parment pote ?
37:11Vous avez parfaitement raison.
37:12D'ailleurs, moi, je vous renvoie simplement
37:13au livre d'Arthur,
37:14qui, à ce niveau-là, est éloquent,
37:16sur le silence d'une partie du monde de la culture.
37:19Mais c'est exactement ça.
37:19Il y a une espèce de perversion
37:20qui se met en place
37:21au niveau de la communauté aussi,
37:23même dans les milieux intellectuels,
37:25dans les milieux cinématographiques.
37:26Ils ne veulent pas.
37:27Ils ne veulent pas.
37:27Ça ne les intéresse pas.
37:28Ils ne veulent pas.
37:28Je voulais vous faire écouter
37:30et après, je vous fais réagir, Muriel.
37:31Il y avait Alexandre Arcadi
37:32qui était invité de Pascal Praud
37:34tout à l'heure dans L'Heure des Pros.
37:35Il a été le réalisateur du film 24 jours,
37:37qui raconte les 24 jours
37:39de calvaire d'Ilan Halimi.
37:40Et il a raconté
37:41qu'il a proposé
37:42à toutes les chaînes de télévision
37:43de diffuser ce soir son film
37:45et que personne ne lui a répondu.
37:47Écoutez, c'est sidérant.
37:48Mais pourquoi ?
37:49Eh bien, écoutez,
37:50aucune chaîne aujourd'hui...
37:52C'est ce soir qui devrait être passé.
37:54Le service public devrait le passer ce soir.
37:56J'ai même proposé le film
37:58d'être diffusé gratuitement.
38:00Je suis producteur du film.
38:02J'ai offert le film.
38:03J'ai proposé à toutes les chaînes de télé,
38:06en leur disant...
38:06Oui, mais c'est au service public.
38:08Voilà, le film, il est là.
38:10On va commémorer
38:12ce 20e anniversaire.
38:14Projetez-le.
38:15C'est très important
38:16pour notre jeune public.
38:17C'est au service public.
38:18Pour moi, tout est là, en fait.
38:19Tout est là.
38:20Et en fait,
38:21c'est pour ça aussi, Thomas,
38:23et c'est ce que je souhaitais expliquer,
38:24c'est pour ça que cette commémoration
38:25avec le fait de planter un arbre
38:27au sein de l'Elysée
38:28n'a pas de sens.
38:30Le fait même
38:31de devoir planter un arbre
38:33à l'Elysée
38:34pour faire en sorte
38:35que l'arbre ne soit pas profané,
38:36c'est déjà une idée...
38:37Il faut rappeler que c'est arrivé.
38:38Les plaques commémoratives
38:42pour Ilan
38:42ont été régulièrement dégradées,
38:44les arbres ont été tronçonnés.
38:46Et donc,
38:47la seule solution
38:47que la République a trouvée
38:49à apporter,
38:50c'est de planter cet arbre
38:51à l'Elysée
38:52pour être certain
38:52qu'il ne soit pas profané.
38:53Et ce constat-là,
38:54c'est un constat d'échec déjà.
38:56Moi, j'aurais aimé
38:57effectivement que le film
38:58d'Alexandre Arkady
38:58soit diffusé ce soir
39:00sur la chaîne publique
39:01pour que l'ensemble
39:02de la nation
39:03puisse prendre connaissance
39:05de ce qui s'est passé.
39:06Mais pourquoi ?
39:08C'est de la lâcheté ou pas ?
39:09Même à l'école ?
39:10Je peux dire...
39:10Mathias Leboeuf
39:11et puis quand même...
39:11Je voulais réagir
39:13à ce que dit Muriel.
39:14Moi, je ne suis pas d'accord
39:15avec vous.
39:16Dire que commémorer,
39:18ça n'a pas de sens,
39:19on ne peut pas dire ça.
39:20C'est ce que vous avez dit.
39:21Non, non, pas du tout.
39:22Pas du tout, du tout.
39:22J'ai dit que justement,
39:23ça avait un sens
39:24et que le sens
39:24qu'on attachait à cette commémoration
39:26était fou en soi.
39:28Le fait de devoir planter
39:29un arbre à l'Elysée
39:30pour faire en sorte
39:30qu'il ne soit pas profané,
39:32c'est un constat d'échec.
39:33C'est un aveu d'échec.
39:34Elle a dit quelque chose,
39:34elle a raison.
39:36Et quand en parallèle,
39:37vous avez Arkady
39:38qui vient vous expliquer,
39:39M. Arkady
39:40qui vient vous expliquer ce matin
39:41que son film ne peut pas être diffusé
39:43sur la chaîne publique
39:44alors même qu'il offre les droits,
39:45vous voyez bien
39:46qu'il y a un paradoxe.
39:47Emmanuel Macron,
39:48et vous savez que je ne le porte
39:50pas forcément dans mon cœur,
39:51n'est pas non plus responsable
39:53de l'antisémitisme.
39:55Personne n'a dit ça, Mathias.
39:56C'est moi qui le dis,
39:58juste une chose.
39:59Ce qu'on dit,
40:00c'est qu'il n'a pas été forcément
40:01à la hauteur de l'enjeu.
40:02Il ne commémore pas,
40:04on lui reproche.
40:05Il commémore,
40:06on dit ça ne sert à rien.
40:07Non, non, non,
40:07il commémore d'une certaine manière
40:09et c'est ce que je suis en train
40:09d'essayer de vous expliquer
40:10mais manifestement,
40:11je ne dois pas être suffisamment clair
40:12donc je vais reprendre.
40:13Juste un petit peu.
40:15Mathias,
40:16ce que dit Muriel,
40:17c'est que l'arbre
40:18à l'intérieur de l'Elysée
40:19pour dire,
40:20au moins ici,
40:20on sait qu'il ne risque rien.
40:21Très bien,
40:22mais justement,
40:22moi je ne suis pas d'accord
40:23avec vous sur le symbole.
40:24On peut lire le symbole
40:25de différentes façons.
40:26Le fait que la commémoration
40:28soit à l'Elysée
40:29et qu'un arbre
40:30en hommage à Hélène Halimi
40:33soit planté à l'Elysée,
40:35moi je ne trouve pas ça
40:36par défaut.
40:37Mais si vous ne mommez pas
40:38qui est responsable de ça,
40:39ça ne sert à rien.
40:41Mais on est tous d'accord.
40:41Alors tu n'es pas d'accord
40:43si tu ne peux pas être d'accord.
40:44Mais non Karim,
40:45tu ne crois pas,
40:45je me vois de la face.
40:46Quand tu viens de dire
40:47que je n'aime pas les intellectuels,
40:48pourquoi je n'aime pas
40:49les intellectuels ?
40:49Parce qu'ils sont responsables
40:52de cette violence
40:54qui se développe.
40:55Les intellectuels,
40:55quand il y a eu
40:56le totalitarisme soviétique,
40:59j'ai pas terminé,
41:01il y a eu 10 livres,
41:01des intellectuels,
41:02des débats,
41:03des manifestations.
41:04Depuis que l'islamisme
41:04se développe,
41:05il y a des attentats,
41:06l'antisémitisme
41:06qui ravagent la société
41:07et sont complètement absents.
41:09Ce sont des lâches
41:10des intellectuels
41:12qui sont complètement absents.
41:13Absolument.
41:13La question juive de Sartre.
41:15C'est bon,
41:15tu ne peux pas dire
41:15que tu en apportes
41:17pas en 80 ans.
41:19Juste une chose,
41:20c'est faux.
41:21Ce que tu dis...
41:22Vous ne pouvez pas nier
41:23qu'il y a un silence
41:24dans une grande partie
41:25du monde intellectuel
41:25de la culture.
41:27C'est toujours dans le passé.
41:29On ne vous entend pas.
41:30Il y arrive.
41:31Juste une chose,
41:32parce qu'à un moment donné,
41:33quand on parle de cette question
41:36et quand on veut parler
41:37de cette question
41:37avec sens de l'air,
41:39il faut dire une chose,
41:40c'est que les politiques,
41:42les intellectuels
41:43sont démunis face...
41:45Mais si...
41:46Démunis de quoi ?
41:47Attendez,
41:48je vais prendre un exemple.
41:49Je vais prendre un exemple.
41:50C'est très simple de dire
41:51il faut, il y a cas,
41:53ils n'ont rien fait.
41:54Mathias, je vous prends un exemple.
41:55À Épinay-sur-Seine,
41:56on parlait de cet arbre
41:57en hommage à Idanami
41:58qui avait été scié.
41:59Quand vous regardez
42:00les dépêches AFP de l'époque,
42:01ou même la dépêche AFP
42:02d'encore de ce matin,
42:03qui résume un peu
42:04les faits antisémites
42:05qui se sont produits
42:06ces derniers temps,
42:07on dit qu'un arbre
42:07a été scié par deux personnes.
42:09Ça, je suis d'accord.
42:11Ce sont deux Tunisiens
42:12qui étaient en situation
42:12illégal.
42:13Je pense que ça mérite
42:14d'être précisé
42:14parce que sinon,
42:15on ne dit rien
42:15de ces actes-là.
42:17Je parlais de complicité passive,
42:19toute passivité
42:20est une femme de...
42:21Et de nommer
42:22d'où vient le mal.
42:23Vous savez,
42:23il y a une autre chose.
42:26Quand vous avez
42:28une délégation
42:29de la mairie de Paris
42:30qui part à Auschwitz
42:31et qui fait...
42:32Ben si !
42:33Non mais bien sûr.
42:34Jean-Christophe Gallien,
42:35je crois que le plus triste
42:37dans cette affaire,
42:37on ne le dit pas.
42:38On a dit qui ?
42:39Qui et avec qui ?
42:41Fabrique et crée les actions
42:43parce que là,
42:43on ne parle pas du passé,
42:45on parle du terrain.
42:46Aujourd'hui,
42:46qui fait quoi ?
42:48Maintenant,
42:48là où c'est terrible,
42:49c'est qu'aujourd'hui,
42:49on est rentré
42:50dans un moment banalisé.
42:51Pourquoi il n'y a pas
42:52ce soir le film ?
42:53Pourquoi les uns
42:54et les autres
42:55n'en parlent plus ?
42:56Parce que...
42:56Pourquoi les influenceurs
42:58vous font plutôt autre chose
42:59même d'ailleurs ?
43:00Non mais voilà,
43:01pourquoi ?
43:01Parce qu'en fait,
43:02en termes d'audience,
43:03si vous voulez,
43:04en termes de performance
43:05aujourd'hui,
43:06le sujet de l'antisémitisme
43:08n'est pas payant.
43:09Excusez-moi de le dire
43:10comme ça,
43:10il n'est pas payant,
43:11il est banalisé.
43:12Ce qui s'est passé avec Hylaine,
43:13si vous voulez,
43:13ce qui se passe chaque semaine,
43:15chaque jour...
43:15Il y a la peur aussi.
43:17Justement,
43:17mais c'est un point
43:18qui n'est pas seulement celui-là.
43:20Ne croyons pas
43:20et ne nous défendons pas
43:22en disant
43:23c'est la peur des uns
43:24et des autres.
43:24Non,
43:24ce n'est pas la peur,
43:25c'est que c'est banalisé.
43:26Et pourquoi l'AFP ?
43:27Parce que c'est banalisé,
43:28parce qu'on est dans un monde
43:28où on accepte l'idée
43:29aujourd'hui sur notre territoire
43:31comme dans d'autres pays européens,
43:32mais plus chez nous,
43:34le sentiment est mesuré aujourd'hui.
43:35Vous savez,
43:35il y a un espèce de sentiment.
43:36C'est normal.
43:37Voilà,
43:37ça appartient à notre vie.
43:38J'aimerais que c'est normal
43:40et là,
43:40c'est terrifiant.
43:40C'est pour ça qu'il faut continuer.
43:43J'aimerais qu'on se tourne
43:44vers le discours
43:45qui nous attend d'Emmanuel Macron.
43:46C'est d'ici quelques minutes maintenant.
43:47Moi,
43:48la question que j'ai envie
43:48de vous poser,
43:49Muriel,
43:49c'est quels sont les mots
43:50que peut avoir aujourd'hui
43:51le Président de la République
43:52pour,
43:52j'allais dire,
43:53réparer,
43:54ce ne sera pas possible.
43:55Mais en tout cas,
43:55pour essayer peut-être
43:56de corriger un peu le tir,
43:57on sait que la non-participation
43:59à cette marche
43:59a été une trace indélébile
44:01sans doute sur son deuxième mandat,
44:03peut-être même sur l'intégralité
44:04de ces deux quinquennats.
44:05Quels mots il peut avoir ce midi
44:06pour essayer de corriger le tir ?
44:09Les mots,
44:09non.
44:09Je n'y crois plus.
44:10Et ça fait un petit moment
44:11que je n'y crois plus.
44:12Les actes.
44:12Qu'il organise une marche
44:13contre l'antisémitisme.
44:14Qu'il lance une marche
44:15contre l'antisémitisme.
44:16Voilà.
44:17On rappelle que ça lui avait été proposé
44:18par Serge Larsfeld,
44:19notamment,
44:20et qu'il n'avait pas donné...
44:20Qu'il lance une marche
44:21contre l'antisémitisme
44:22et nous verrons.
44:23Nous verrons s'il arrivera
44:24à fédérer ou pas.
44:24Mais on ne va pas.
44:26Et je veux juste préciser quelque chose
44:28et je vous fais une petite confidence
44:29parce que c'est important
44:31de le dire peut-être
44:32et qu'on l'entende.
44:33On s'interroge tous ici
44:34de savoir pourquoi finalement
44:35l'histoire d'Ilan Halimi,
44:36on en entend si peu parler aujourd'hui.
44:38Nous, dans nos plaidoiries,
44:39les avocats de l'OGE,
44:40on est quasiment tous les deux jours
44:41en audience.
44:42Systématiquement,
44:43dans toutes nos plaidoiries,
44:44nous rappelons le calvaire
44:45enduré par Ilan Halimi
44:46aux magistrats et au public
44:47présents dans les salles d'audience
44:48pour qu'ils n'oublient pas.
44:50Une fois sur deux,
44:50vous avez des magistrats
44:51qui lèvent les yeux au ciel
44:52signifiant par ici
44:54leur ras-le-bol
44:55d'entendre parler de cette histoire.
44:56C'est-à-dire que dès que vous évoquez
44:57cette histoire-là,
44:58vous avez un sentiment de rejet.
44:59Nous évoquons systématiquement
45:01l'histoire d'Ilan Halimi
45:01dans nos plaidoiries,
45:02les avocats de l'OGE.
45:03Et je vous le dis,
45:04et je vous le redis,
45:04on plaide très régulièrement,
45:05très fréquemment.
45:06Une fois sur deux,
45:07vous avez des magistrats
45:08qui regardent en l'air
45:09en se disant encore
45:10l'histoire d'Ilan Halimi.
45:11Et nous, nous poursuivons.
45:12Nous ne plaidons pas
45:13que pour les magistrats.
45:14Il y a un public également
45:15dans la salle.
45:16Et les messages
45:16que nous faisons passer,
45:17nous essayons de faire en sorte
45:18que le public les entende aussi.
45:20C'est aussi cela.
45:21Mais la réalité,
45:23je pense que le caractère antisémite,
45:25lorsqu'il doit être reconnu
45:26dans des procédures judiciaires,
45:28je pense qu'on doit effectuer
45:29le même travail qu'on a fait
45:31auprès des policiers,
45:31auprès des magistrats,
45:33lors du sujet de la violence
45:35faite aux femmes.
45:36Je pense que c'est la même chose.
45:37Il y a un manque de sensibilisation.
45:39Il y a un manque de connaissances
45:40sur le caractère antisémite
45:41des actes qui peuvent être posés
45:43sur les personnes
45:44qui sont victimes.
45:45Moi, je pense vraiment
45:46que c'est un manque
45:47tout simplement d'information,
45:49un manque d'empathie
45:50et un manque aussi
45:51de vouloir tout simplement
45:52de se mettre à la place
45:53des autres
45:54et surtout ce que
45:54la communauté juive ressent.
45:57Et je vais dire encore autre chose.
45:58Sur les mots que le président
45:59devait avoir aujourd'hui
46:00ou va avoir,
46:01mais moi je pense que,
46:02comme vous dites,
46:03qu'il organise une marche,
46:04je pense qu'il aurait dû être présent
46:06dans cette marche
46:06depuis longtemps
46:07et puis je vais vous dire,
46:08vous savez,
46:08moi j'ai été
46:09à la soirée d'hommage du CRIF.
46:11Il n'y était pas.
46:12Je suis allée
46:13lors de la libération
46:14des otages
46:14à place du Trocadéro.
46:15Il n'y était pas.
46:17Lors de la manifestation
46:18pour la libération des otages,
46:19il n'y était pas.
46:20Il n'y avait aucun représentant
46:21aussi de la Macronie.
46:22Donc vous sous-entendez quoi ?
46:24Je sous-entends
46:25que lorsqu'on est dans un pays
46:27où les actes antisémites
46:28ne font qu'exploser,
46:29à un moment donné,
46:30l'État doit prendre aussi
46:31conscience
46:33qu'il y a un problème
46:34et qu'il doit être responsable
46:36aussi de la sensibilisation
46:37qui doit diffuser
46:38dans tous les corps
46:40de notre société.
46:41Que ce soit la magistrature,
46:42que ce soit le judiciaire,
46:43que ce soit la police,
46:44que ce soit l'école,
46:45que ce soit les institutions.
46:47Je pense qu'il y a
46:48un moment
46:49d'affirmation
46:50et c'est pour ça
46:51qu'aujourd'hui,
46:52on arrive à des chiffres
46:53tels qu'on a aujourd'hui.
46:54Je ne veux pas la couper,
46:55je la laisse terminer
46:56parce qu'elle est passionnée
46:57et elle est comme moi.
46:59Elle est plus calme.
47:00Elle est moins menaçante
47:01avec ses gestes aussi.
47:02Non, pas de souci.
47:04Tout simplement,
47:05ce que j'attends
47:06du président,
47:07c'est de nommer la bête,
47:08de ne dire ce qui s'est passé.
47:09Mais pourquoi
47:09l'antisémitisme
47:11se développe dans ce pays ?
47:12Mais pourquoi ?
47:13C'est comme quand
47:13les ministres,
47:15les premiers ministres,
47:15les présidents de la République
47:16condamnent le terrorisme.
47:17Ils ne nomment jamais
47:17si ce sont les islamistes
47:18qui font les attentats.
47:19Même les islamistes
47:21condamnent les attentats,
47:22il n'y a pas de souci.
47:22Tout le monde condamne les attentats.
47:24Qui est capable de dire
47:24vive le racisme,
47:25vive l'antisémitisme,
47:26vive les attentats ?
47:27Ça n'existe pas.
47:28Mais si le président
47:29n'ompe pas
47:30le responsable
47:31du malheur français,
47:33de la décomposition,
47:35de la fragmentation
47:36de la communauté nationale,
47:37il ne sert à rien
47:38et ce discours
47:39ne sert à rien
47:40et cette commémoration
47:41ne sert à rien.
47:41Et pour terminer,
47:42juste pour terminer,
47:44pourquoi le film
47:44n'a pas été diffusé
47:45sur aucune chaîne ?
47:47C'est parce que
47:49les gens ont peur.
47:50Et pourquoi ils ont peur ?
47:51Parce que
47:52ils font preuve
47:52en nouvelle faute
47:53de l'acheter.
47:54Ils ne veulent pas se faire.
47:55J'aimerais qu'on parte aussi,
47:56avant d'entendre
47:57le président de la République
47:58qui devrait s'exprimer
47:59d'ici quelques instants,
48:00qu'on parte aussi des chiffres
48:01parce que ces chiffres
48:02sont quand même sidérants.
48:03Les chiffres de l'antisémitisme
48:04en France
48:05tels qu'ils ont été relevés
48:06l'an dernier.
48:08On est à à peu près
48:081400 actes antisémites.
48:11C'est quasiment
48:11la moitié des actes
48:12anti-religieux
48:13sur l'année.
48:14Et donc ça,
48:14c'est sidérant
48:14parce que vous avez
48:16une partie de la population
48:17qui représente
48:180,7% de la population
48:20et qui est victime
48:21de quasiment
48:21un acte anti-religieux
48:23sur deux.
48:24Pardon,
48:24mais ça devrait faire
48:25sursauter tout le monde
48:26et ça devrait engager tout le monde.
48:27Alors,
48:27il ne s'agit pas de dire
48:28que personne ne fait rien.
48:29Moi, je pense par exemple
48:30au ministre de l'Intérieur
48:30qui est plutôt engagé
48:31sur cette question.
48:32Je pense à Aurore Berger
48:33qui est engagée
48:33sur cette question.
48:34Je pense à Gérald Darmanin
48:35qui est engagé
48:36sur cette question.
48:37Force est de constater
48:38que ça ne suffit pas.
48:39Et alors,
48:39ce que je veux dire aussi,
48:40c'est qu'on a une proposition
48:41de loi qui arrive
48:41de Mme Yadant
48:42qui va essayer
48:43de modifier la loi
48:44pour justement prédéfinir
48:46ce qui est caractéristique
48:47de l'antimitisme ou non.
48:49Il est temps au moment
48:49de faire évoluer les choses,
48:51de se mettre à la hauteur
48:52aussi de l'enjeu.
48:52Il y a des niveaux.
48:53Je suis désolé.
48:54L'explosion
48:55de cette bulle terrible,
48:58c'est le mois d'octobre
49:01d'il y a quelques mois
49:02et quelques années.
49:03Nous avons vu,
49:04quand vous regardez
49:05les conversations digitales
49:07et ce qui s'est passé
49:07dans les rues,
49:08notamment à Arabe,
49:09il n'a pas fait
49:10lui attendre 24 heures,
49:11il n'a pas fait
49:11lui attendre 12 heures.
49:12C'était 4 heures après
49:13la terrible tragédie
49:15qu'a subi Israël
49:16qu'il y avait
49:17des manifestations
49:17non pas antisémiques
49:19mais anti-Israël,
49:20anti-sionisme.
49:21Et ça,
49:22ce sont des étages.
49:22Quand vous allez
49:23dans les festivals
49:23de musique dite amplifiée
49:25où il y a pratiquement
49:26tout le monde
49:27pendant tous les étés,
49:28toute l'année,
49:28l'année dernière,
49:29l'année d'avant,
49:30tous les artistes
49:30qui viennent des Etats-Unis,
49:31de Grande-Bretagne,
49:32d'autres pays aux Européens
49:33attaquaient Israël sur scène.
49:36Attaquer Israël sur scène,
49:37je ne dis pas
49:37que c'est de l'antisémitisme
49:38mais vous créez les conditions
49:39de quelque chose
49:40qui ensuite,
49:41lorsque ça vient,
49:42se heurter à la réalité
49:42par exemple d'un pays
49:43comme le nôtre.
49:44Mais vous allez en Espagne,
49:45en Espagne aujourd'hui.
49:47Le tour d'Espagne
49:48est décidérant à ce niveau-là.
49:50Si vous allez en Allemagne,
49:51si vous allez en Italie,
49:52vous avez aujourd'hui
49:53des fondamentaux
49:53qui sont ceux
49:55de l'antisionisme
49:57on glisse vers l'antisémitisme.
49:58Ça, c'est une réalité.
49:59Mais comment ça se passe aussi ?
50:00Et je veux redire là-dessus
50:01ce que dit Karim.
50:02C'est-à-dire que vous avez
50:03un réel,
50:04un réel français
50:05qui n'est pas exactement
50:06le même que vous avez
50:07en Espagne.
50:07Ce n'est pas le même
50:08antisémitisme en Espagne
50:10qu'en France.
50:11Ce n'est pas le même
50:11antisémitisme que celui
50:12qui est italien
50:13ou celui qui est en France.
50:14Pourquoi en France
50:14c'est différent ?
50:15Parce qu'il est religieux
50:16à 80%.
50:18À 80% il est religieux.
50:19Mais c'est surtout
50:20qu'on a la plus grosse communauté
50:21de dire que quand vous dites
50:22les actes,
50:23les actes augmentés,
50:24c'est très important
50:25parce qu'on est dans un phénomène
50:26qui n'est plus un phénomène politique
50:28mais qui est un phénomène religieux.
50:30Et il faut le prendre comme tel
50:31quand vous racontiez
50:32la conversion
50:33des gens qui ont profané
50:36pendant 24 jours
50:37le corps de ce pauvre garçon.
50:39Eh bien ça veut dire quoi ?
50:40Ça veut dire que vous aviez
50:41déjà un lien très fort.
50:42Il y a 20 ans
50:42on nous a annoncé
50:43ce qui est en train
50:44de se passer aujourd'hui.
50:44Et là on revient
50:45au début de notre conversation.
50:46Là on voudrait
50:47qu'Emmanuel Macron
50:48et ses prédécesseurs,
50:49François Hollande
50:50évidemment aussi
50:51mais les autres politiques.
50:52Nicolas Sarkozy
50:52c'est se dire que
50:53l'enracinement
50:54de ce qui explose aujourd'hui
50:56germe depuis
50:58quelques années déjà
50:59et dans l'affaire Alimi
51:00nous avions toutes les clés
51:01pour réagir à ce moment-là
51:03et rien, rien, rien n'est.
51:04On a marqué aussi
51:04quand on a vu le sujet
51:05c'est un antisémitisme
51:05là-dedans avant le 7 octobre.
51:07C'est un antisémitisme
51:08là-dedans.
51:09Et le 7 octobre
51:10c'est un catalyseur.
51:11Et comment le championnat
51:12s'est développé
51:13dans le monde ?
51:13Ce qui m'a marqué
51:14quand on a vu le sujet
51:14aussi tout à l'heure
51:15c'est qu'on voyait
51:16que quelques temps
51:17après, quelques jours
51:17après la découverte
51:18de l'horreur
51:19qui s'est déroulée à Bagneux
51:20vous avez eu cette marche
51:21qui s'est déroulée à Paris
51:22où vous aviez
51:22énormément de responsables politiques.
51:24Eh bien je me suis posé
51:25la question
51:25et c'est Pascal Praud aussi
51:26qui en parlait tout à l'heure
51:27et il a je pense
51:27tout à fait raison.
51:29Si ça arrivait aujourd'hui
51:29je ne suis pas certain
51:30qu'on aurait la même mobilisation.
51:31C'est-à-dire qu'en 20 ans
51:32on a reculé.
51:33C'était le sens
51:34de mon propos tout à l'heure
51:35lorsque vous m'avez interrogé
51:36pour savoir
51:36ce que j'attendais
51:37comme mot
51:38de la part du président Macron
51:40et je vous ai répondu
51:41non, des mots
51:42je n'en attends plus
51:42j'attends des actes.
51:43Et dans les actes
51:44il n'y a pas 36 choses
51:45qu'il peut faire.
51:46Dans les actes envisagés
51:47sur ceux sur lesquels
51:48on a pu réfléchir
51:49les uns les autres
51:50c'est vrai qu'une marche
51:50contre l'antisémitisme
51:51aujourd'hui aurait son sens.
51:53Maintenant
51:54la leçon
51:55les leçons
51:56que nous n'avons pas tirées
51:57sur ce terrible drame
52:00Ilan Halimi
52:01ce sont des leçons
52:02qu'il faut
52:03à un moment donné
52:04enseigner
52:05enseigner
52:06et enseigner
52:08de manière forte.
52:10Et je vais vous interrompre
52:10parce qu'on a le président
52:11de la République
52:11qui est en train d'arriver
52:12au pupitre
52:13on va vivre en direct
52:14la prise de parole
52:16d'Emmanuel Macron
52:17pour cette cérémonie d'hommage
52:19à Ilan Halimi
52:20depuis l'Elysée
52:2120 ans
52:22jour pour jour
52:23après la découverte
52:24du corps
52:24du jeune homme juif
52:26capturé, torturé
52:27et tué
52:28parce que juif.
52:28On écoute
52:29le président de la République
52:30en direct
52:31sur Sénu.
52:35Bonjour à toutes et à tous
52:36et bienvenue.
52:41Ilan Halimi
52:42avait la vie devant lui.
52:46Une famille aimante.
52:47sa mère, Ruth
52:50ses soeurs
52:51des amis présents
52:54et des rêves
52:56des rêves
52:58comme on en a
52:59à 23 ans
53:00et le sourire
53:03de ceux
53:03qui regardent
53:04l'autre
53:04comme une promesse.
53:08Ilan Halimi
53:08était juif
53:09et c'est parce qu'il était
53:12juif
53:13que depuis 20 ans
53:16il manque à tous.
53:20C'est parce qu'il était
53:21juif
53:21qu'il subit
53:23un supplice innommable
53:24calvaire
53:26de 24 jours
53:27venu du fond
53:28des âges.
53:31Tout était froid
53:32dans l'horreur
53:34barbare
53:35qui s'est nouée
53:36il y a 20 ans.
53:38L'enlèvement
53:39d'Ilan
53:40pensé
53:41prémédité
53:43organisé.
53:45Sa séquestration
53:46dans une cave
53:47à Bagneux.
53:49La croyance
53:49que parce qu'il était
53:50juif
53:50il aurait de quoi
53:51payer
53:52d'invraisemblable rançon.
53:54L'absurdité
53:55des préjugés
53:56antisémites
53:57la mécanique
53:58de la torture
53:58la négation
54:00de son humanité.
54:03Tout est effroi.
54:05La barbarie
54:06des assassins
54:07la cruauté
54:08des complices
54:09le pacte
54:11de lâcheté
54:12de ceux
54:13qui ont fait
54:13semblant
54:14de ne pas voir.
54:17Tout est effroi.
54:20Et cet effroi
54:21ne peut
54:23s'atténuer
54:24car en 20 ans
54:26la barbarie
54:28antisémite
54:29n'a pas reculé.
54:30de ne pas voir.
54:31Sous-titrage
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