00:03C'est le moment de la chronique Perspective avec Jean Damreau. Bonsoir, Jean.
00:06Bonsoir, Jean-Philippe.
00:07On va parler d'immigration, évidemment, avec l'abolition du PEC qui fait beaucoup jaser au Québec.
00:11De plus en plus, on voit dans les régions, dont la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, les maires, les
00:15chambres de commerce,
00:16l'industrie touristique se mobilisent pour essayer que le gouvernement puisse reculer sur sa décision.
00:22J'aimerais t'entendre là-dessus.
00:23Est-ce que tu comprends ce phénomène, toi, que le gouvernement n'entend pas le message des régions?
00:28Ce qui est vrai en Gaspésie et est vrai partout au Québec, c'est vrai au Bastien-Laurent, on a
00:32un besoin criant de main-d'oeuvre.
00:34Dans nos institutions, dans nos commerces, dans nos entreprises, dans nos industries, on a besoin de ces gens-là qui
00:39viennent bonifier notre vie économique
00:40et avouons-le aussi, notre vie sociale.
00:43Alors, je donne un exemple concret, ferme Bourdage.
00:46Moi, chaque été, j'arrête de faire mon petit tour là-bas et je regarde autour de moi, il y
00:49a des personnes immigrantes et c'est parfait, partout dans les restaurants.
00:52Alors là, il y a une forme d'incertitude qui est créée et ça nuit aux régions.
00:56Ça nuit en Gaspésie, à travers les entreprises qui sont les nôtres, puis il y a une tendance qui est
01:01irréversible.
01:02Tu sais, honnêtement, notre population à nous au Québec se renouvelle difficilement.
01:06On a une opportunité, les personnes immigrantes, sauf que ces personnes-là, quand elles nous regardent maintenant de l'extérieur,
01:11si elles lisent un peu ce qui s'écrit et ce qu'elles se disent ici au Québec, ça ne
01:14va pas les sécuriser.
01:15Est-ce que ça va leur donner le goût de venir, hein?
01:18Puis nos entreprises vivent aussi ce cadre d'incertitude-là, tu sais, tu perds du monde.
01:23Semaine après semaine, tu perds du monde, tu perds des travailleurs.
01:25Moi, je pense à une entreprise, par exemple, qui exporte.
01:28Si tu perds 20 % de ta population qui travaille à l'intérieur de l'usine puis que tu exportes,
01:32est-ce que tu vas baisser ta production de 20 %, donc c'est 20 % de moins de la
01:35production que tu exportes.
01:36Pour le gouvernement, j'essaie de trouver l'intérêt, l'intérêt de leur attitude présentement et je ne comprends pas.
01:43On l'a entendu avec, justement, LM1 Power, ces 140 travailleurs philippins part d'exportation.
01:47C'est une entreprise qu'on a développée, qu'on a fait venir en Gaspésie, justement.
01:50On a développé la filière éolienne. Il a du jour au lendemain pour repartir.
01:53Et c'est Bernard Landry qui, sur le plan fiscal, a défini la région de la Gaspésie
01:57comme étant le fer de lance du développement éolien au Québec au niveau de la fabrication des composants.
02:02Un gouvernement a fait ça, puis je pense que c'est un excellent geste pour la Gaspésie, soyons honnêtes.
02:06Mais si tu arrives quelques années plus tard et que tu les pénalises par la soustraction d'un certain nombre
02:12de travailleurs,
02:12il ne faut pas s'étonner qu'on ne soit pas concurrentiel à un moment donné.
02:15C'est ça. L'économie, c'est à la fois compliqué, mais très simple.
02:18L'équation, elle est très simple. Est-ce qu'on a besoin de cette main-d'oeuvre-là? Oui.
02:23Est-ce qu'on est capable de les intégrer? La réponse est encore oui.
02:27C'est des gens qu'on réussit à franciser aussi.
02:30Alors, il est où le problème? Le problème, il est politique.
02:33Les gouvernements ont peur de prononcer le mot « immigration ».
02:36Nous, en région, on a compris que pour nous, c'est évident que, un, on en a besoin.
02:41Deux, c'est une solution à un problème qu'on a depuis quelques années maintenant.
02:44Évidemment. Bon, ça fera sûrement partie des sujets abordés lors de la campagne électorale de l'automne.
02:48Oui. Et souhaitons que ça se règle d'ici là.
02:50Oui.
02:51Parce qu'entre aujourd'hui et l'élection, il va se passer quelques mois.
02:53Les entreprises, présentement, les entreprises s'interrogent et souffrent jusqu'à un certain point.
02:58Il faut régler ça maintenant.
02:59Merci, Jean.
02:59Bonne semaine.
03:00Bonne semaine.
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