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00:00Le départ est prévu vendredi depuis Cap Canaveral en Floride, le décollage de la mission Crew 12 pour la Station
00:06Spatiale Internationale.
00:08À bord, quatre astronautes, dont la française Sophie Adnaud, pour une mission dans l'espace qui doit durer environ neuf
00:15mois.
00:15Bonsoir Laura-Andrée Boyer, vous êtes formatrice d'astronautes au Centre Européen des Astronautes de l'Agence Spatiale Européenne.
00:23Vous instruisez depuis 16 ans maintenant les équipages de toutes les agences spatiales et vous avez travaillé entre autres avec
00:30Thomas Pesquet et donc Sophie Adnaud, pour qui c'est le grand départ, je le disais, dans deux jours.
00:35Merci d'être avec nous ce soir. Comment se prépare-t-on à ce vol, à cette mission dans les
00:41heures, les jours qui précèdent ? Que fait Sophie Adnaud jusqu'à vendredi ?
00:46Alors, on se prépare longtemps et là, il y a une grosse concentration en quelques jours.
00:53Là, on l'a fait attendre, la météo l'a fait attendre un petit peu plus.
00:57Donc, là, ils poursuivent la quarantaine.
01:01Pendant une quarantaine, on reste isolé.
01:03On continue de prendre soin de soi, de faire du sport, d'avoir des checks médicaux.
01:09Et puis, on continue de réviser les procédures un peu d'urgence, les checklists.
01:15Donc, voilà, c'est une attente qui lui permet aussi, peut-être, je l'imagine, de se reconcentrer et de
01:21se reprojeter sur le rêve de sa vie et de tout le travail qu'elle va avoir à faire.
01:26Un bachotage, donc, si je vous entends bien.
01:28Un bachotage psychologique, aussi physique.
01:31Vous disiez, ce report par deux fois, du fait de conditions météo, ça a aussi une influence, ça nécessite des
01:40aménagements particuliers sur la préparation, qu'elle soit physique ou psychologique, d'ailleurs, ce report ?
01:47C'est très fréquent, les reports, parce qu'il faut avoir une météo qui est parfaite, pas seulement sur le
01:53site, mais aussi sur tout le trajet.
01:55Donc, il n'y a pas de grande…
01:57Ce n'est pas un choc, ce n'est pas une surprise immense.
02:00Donc, là, on est encore quelques heures, quelques jours de report seulement.
02:05Ça ne nécessite pas d'aménagement particulier.
02:08Donc, comme je vous disais, on continue la quarantaine, on continue de se préparer et il n'y a pas
02:14de gros chamboulements.
02:16Si le report est d'une plus longue durée, il faut reprendre certains points de formation parce qu'on a
02:23envie que certaines procédures soient très fraîches dans la mémoire des astronautes.
02:27Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
02:29– Sophie Adnaud ne sera pas seule, je le disais.
02:32Crew 12 accueille aussi les Américains Jessica Mayer, Jack Attaway et le Russe Andrei Fedyev.
02:38Alors, ce sont des destins individuels, mais on imagine que pour passer neuf mois environ ensemble dans l'espace, il
02:44faut que le collectif fonctionne.
02:46Comment on s'y prépare à cet aspect-là ?
02:51– Ce n'est pas facile de s'y préparer parce qu'aujourd'hui, on est sur des dynamiques d
02:57'affectation financière des sièges.
02:59On ne constitue pas des équipages fonctionnels comme on pourrait constituer, par exemple, sur des navires, dans des sous-marins
03:07ou dans des endroits très reculés où on va faire un cocktail de compétences.
03:12On ne fait pas ça aujourd'hui.
03:14On va affecter des sièges, encore une fois, sur des dynamiques financières.
03:17C'est la raison pour laquelle on entraîne nos astronautes très, très, très longtemps afin qu'ils soient pluridisciplinaires.
03:24Et ensuite, hop, on les met ensemble et tout va bien.
03:26Donc, les former à bien s'entendre, c'est compliqué parce qu'on n'a pas vraiment le temps.
03:31Par contre, on les sélectionne dès le départ pour avoir déjà des personnes qui, a priori, vont s'entendre bien
03:40avec tout le monde.
03:41– Parce que ce sont des profils différents, quatre profils différents, finalement.
03:44C'est aussi important pour la réussite de la mission ?
03:49– Oui, personnellement, je pense, mais ce n'est pas fondamental, encore une fois.
03:54C'est-à-dire qu'on aimerait bien, moi, personnellement, et ça n'arrivera jamais,
03:59si on m'envoyait très loin, très longtemps, dans un endroit aussi hostile,
04:03a priori, j'aimerais bien partir avec des gens qui ont des compétences que je n'ai pas.
04:08Par exemple, j'aimerais bien partir avec un médecin, j'aimerais bien partir avec un pilote,
04:15peut-être avec un journaliste, mais voilà, constituer un équipage fonctionnel.
04:20Donc, aujourd'hui, on ne fait pas ça, c'est pour ça.
04:23On n'en a pas besoin, on les entraîne très, très, très longtemps à savoir tout faire
04:26et on se concentre, après, sur le contenu du travail qu'ils vont effectuer à bord.
04:32Donc, ça va bien se passer, ne vous inquiétez pas.
04:35– Ah, mais je ne m'inquiète pas.
04:36– On ne consomme pas d'équipage.
04:38– On va continuer à parler de cette mission et de Sophie Anneau,
04:40mais je vais rebondir sur ce que vous disiez,
04:43parce que ça aurait été une de mes questions.
04:45Vous dites, vous n'irez pas dans l'espace, pourquoi ? Jamais ?
04:50– Non, alors, numéro un, parce que je ne sais pas si c'est numéro un,
04:56mais ça n'a jamais été ma volonté, ça n'a jamais été ma vocation,
04:59je n'ai jamais eu d'appel ni de motivation dans cette direction-là.
05:04Et puis, ce n'est pas un aboutissement en soi.
05:06On peut faire une très belle carrière dans le vol spatial habité,
05:09sans se projeter sur un vol soi-même.
05:12Et puis, très sincèrement, je n'ai pas ce qu'il faut pour partir.
05:17Je ne serais pas capable de partir pendant aussi longtemps
05:20et d'effectuer un tel sacrifice aussi.
05:23Parce que toute la dimension sacrificielle que Sophie s'apprête à faire,
05:26parce qu'on voit, c'est une véritable héroïne,
05:28on est déjà extrêmement fière d'elle,
05:30mais on parle beaucoup du tout le travail qu'elle va accomplir à bord.
05:35Mais je trouve qu'on parle trop peu du sacrifice qu'elle va faire.
05:38Son corps va souffrir.
05:41La plupart des choses vont revenir à la normale quand elle va rentrer.
05:44Mais c'est un tour de force psychologique et physique
05:49et d'engagement pour Sophie.
05:52Pour ce tour de force, pour quelle qualité elle a été choisie, Sophie Adnaud ?
06:00Pour plein de raisons.
06:02Déjà, il y avait beaucoup de monde, 22 500 candidats en compétition.
06:07Donc, vous imaginez l'éventail de ces qualités.
06:11Déjà, Sophie, elle est française, ça compte.
06:13La nationalité compte dans la sélection des astronautes professionnels institutionnels de l'ESA,
06:18puisqu'on a 23 États membres qui vont contribuer au programme des vols spatio-habités.
06:25Et les plus gros contributeurs vont avoir un retour géographique.
06:28Donc, en clair, il y a des nationalités qui, a priori,
06:32vont avoir plus de chances d'être sélectionnées.
06:34Donc, Sophie, elle a une nationalité, elle est française
06:37et c'est un gros contributeur au vol spatio-habité.
06:39Puis après, Sophie, elle a une tête extrêmement bien faite.
06:42On a, dans la sélection qui est très, très longue,
06:46une alternance entre des tests psychologiques, psychotechniques
06:49et puis aussi beaucoup, beaucoup de tests médicaux
06:52qui permettent aux experts de s'assurer que les candidats
06:56sont très éloignés d'un risque médical.
06:58C'est-à-dire qu'on ne vient pas sélectionner des génies absolus
07:03et des athlètes de très haut niveau.
07:05On vient sélectionner des personnes qui sont d'excellents opérateurs,
07:09bien évidemment, qui sont intellectuellement puissants.
07:12Mais on vient surtout chercher des configurations intellectuelles
07:17qui sont importantes pour ces missions extrêmement, voilà,
07:23qui demandent beaucoup, beaucoup de qualité.
07:25Et on vient chercher des gens qui sont très éloignés d'un risque médical.
07:29Donc, on leur fait passer toute une batterie de tests médicaux
07:31pour être sûrs qu'ils sont en parfaite santé.
07:34Le départ est donc prévu vendredi,
07:38après un trajet d'une trentaine d'heures.
07:40C'est ça, on rejoindra donc l'ISS.
07:42Enfin, ils rejoindront l'ISS.
07:45Neuf mois de mission, pourquoi faire, Laura-André Boyer ?
07:50Pour faire des têtes de choses.
07:53Donc, si nous, on se projetait de partir aussi loin, aussi longtemps,
07:59déjà, il y avait la question de comment on y va,
08:02donc à quel véhicule,
08:03et puis à quel endroit est-ce qu'on va vivre, survivre et travailler.
08:09Donc, en fait, Sophie, ça va être au même endroit,
08:11ça va être dans la Station Spatiale Internationale.
08:13Et puis, cette Station Spatiale, ça va être sa maison et son lieu de travail.
08:17Donc, elle va devoir prendre soin de sa maison,
08:20elle va devoir faire le ménage,
08:21elle va devoir réparer, faire la maintenance de sa maison
08:25pour pouvoir l'exploiter.
08:26Et l'exploitation de cette Station Spatiale Internationale,
08:30c'est réaliser des expériences scientifiques
08:32ou des démonstrations technologiques.
08:34Donc, en fait, son emploi du temps va être super chargé,
08:37extrêmement dense,
08:39et ça va être une alternance entre les moments de vie,
08:43donc dormir, faire sa toilette, manger, faire du sport.
08:46Ça prend beaucoup de temps,
08:47on est obligé de maintenir une masse musculaire.
08:49Donc, on a vraiment cette priorité-là.
08:51Ensuite, il va falloir maintenir le véhicule,
08:54donc faire de la maintenance préventive,
08:56comme on le ferait sur une voiture,
08:58donc faire une vidange, changer une courroie, etc.,
09:01mais à l'échelle d'une Station Spatiale.
09:02Et ensuite, faire des expériences scientifiques,
09:05des dizaines d'expériences scientifiques,
09:07pour découvrir des tas de nouvelles choses.
09:10Rapidement, deux Françaises en 30 ans,
09:12puisque Sophie Adnaud intervient après Claudie et Nuri.
09:16Pourquoi si peu de femmes, selon vous ?
09:20Si peu de femmes à l'échelle du programme de l'ISS,
09:25ou de la France, ou de l'ESA ?
09:26De la France, plutôt.
09:28De la France, déjà,
09:31ce n'est pas souvent les sélections d'astronautes de l'ESA.
09:33Vous vous souvenez,
09:35celle qui présente est celle de Sophie,
09:37c'était celle de Thomas Besquet,
09:39c'était en 2009.
09:40Donc, vous vous rendez compte,
09:41ce n'est pas très souvent.
09:42Donc, déjà, si on augmente la fréquence,
09:45si on augmente, ça limite les possibilités.
09:48On peut faire des mathématiques très rapides,
09:51ça limite les possibilités.
09:52Et puis, je pense que les choses sont en train
09:54un petit peu de se décoincer,
09:56de se dégripper, de se débloquer
09:57avec des femmes qui vont avoir des parcours
10:01qui intéressent véritablement
10:04dans la sélection des astronautes.
10:05Et donc, voilà, on a Jessica et Sophie
10:10sur cette mission à venir.
10:11Je trouve ça vraiment très cool
10:13d'être 50-50 déjà.
10:15Et on leur souhaite donc bon courage
10:16pour ce départ qui est prévu vendredi
10:18depuis Cap Canaveral en Floride.
10:20Merci beaucoup, Laura André Boyer,
10:22formatrice d'astronautes
10:23au Centre européen des astronautes de l'ESA.
10:26Merci à tous.
10:26Merci à tous.
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