00:00Emmanuel Macron semble avoir envie de reprendre le dialogue politique avec Vladimir Poutine.
00:06L'Express l'a appris le 4 février, lorsque nous avons révélé qu'Emmanuel Bonn,
00:13le conseiller diplomatique du président de la République,
00:15s'était rendu très discrètement à Moscou pour y rencontrer son homologue du Kremlin.
00:21Et puis le 10, Emmanuel Macron a confirmé cette volonté de reprise du dialogue
00:27dans un entretien à plusieurs journaux européens.
00:29Pourquoi Emmanuel Macron veut absolument reprendre le dialogue avec la Russie ?
00:33Tout simplement pour ne pas être hors jeu.
00:36On voit bien que des discussions extrêmement denses ont lieu en ce moment
00:41sous l'égide des États-Unis, entre les Russes et les Ukrainiens,
00:47mais les Européens ne sont pas conviés à la table.
00:50Donc l'intention, qui est une bonne intention de la France, d'Emmanuel Macron,
00:54c'est de dire qu'on est là, on existe, nous aussi on a des choses à dire,
00:58nous aussi on a des choses à défendre.
00:59Ce processus, il intervient à un moment où les Européens sentent que l'Amérique de Trump,
01:05les États-Unis de Trump s'éloignent d'eux.
01:07Et ils ne se sentent plus de fait représentés par les États-Unis
01:10dans les discussions sur l'Ukraine avec la Russie et l'Ukraine.
01:14Donc il y a la volonté de revenir.
01:16La question est-ce que c'est une volonté communément partagée par tous les Européens ?
01:20On sent les Allemands, par exemple, beaucoup plus prudents.
01:23C'est un peu une tentative d'Emmanuel Macron, une tentative un peu solitaire.
01:28Il va de l'avant pour voir ce que ça donne.
01:30Il n'est pas sûr que ça marche bien.
01:32La preuve, c'est que les premiers résultats des discussions à Moscou
01:36n'ont manifestement pas été très positifs.
01:39Ce que les Européens peuvent reprocher à Emmanuel Macron, c'est d'y aller seul.
01:43C'est-à-dire de ne pas être mandaté, par exemple, par l'Union Européenne
01:46ou par une coalition de volontaires pour dire
01:50« Allez parler à Moscou en notre nom ».
01:52Et donc ça suscite effectivement des crispations,
01:56notamment dans les pays les plus hostiles,
01:58à une reprise du dialogue avec Moscou,
02:01comme les Pays-Baltes, les Polonais, voire les Allemands.
02:04Pour l'instant, je ne pense pas que les Russes aient un intérêt majeur
02:08à rediscuter avec la France.
02:10Ce que veut la Russie, toujours, c'est d'être traitée d'égal à égal par Washington,
02:14de revenir à ce qu'elle a été à une époque, c'est-à-dire l'un des deux grands.
02:18Et donc sa légitimité politique, le Kremlin va la chercher à Washington
02:22et certainement pas à Bruxelles ou à Paris.
02:25En même temps, il a toujours eu la volonté de la Russie
02:28de diviser les Occidentaux.
02:31Donc tout ce qui peut diviser les Occidentaux,
02:33soit entre les Européens et les Américains,
02:37soit entre Européens,
02:38tout ça, c'est du pain béni pour la Russie.
02:41Ce que ne veut pas la Russie,
02:42c'est un bloc occidental unique entre elle.
02:45Donc tout ce qui peut diviser les Occidentaux,
02:47la Russie appuiera toujours.
02:49Mais aujourd'hui,
02:50ce n'est certainement pas l'axe
02:52le plus important pour Moscou.
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