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00:00C'est un jour historique au Bangladesh, 18 mois après ce qu'on a appelé la révolution de juillet qui
00:05a renversé chez Kassina et mis fin à 15 années d'autocratie.
00:09Double scrutin aujourd'hui dans le pays, législatif et constitutionnel.
00:13La Gen Z, les Bangladais de moins de 30 ans qui ont mené le mouvement en juillet 2024, se sont
00:18invités dans le scrutin.
00:20Julien Dubois pour le commentaire en image.
00:23De longues files d'attente devant les bureaux de vote à Dhaka.
00:27Plus de 127 millions de Bangladais sont appelés aux urnes.
00:31Beaucoup nourrissent l'espoir d'élections libres après les 15 années au pouvoir de la très autoritaire Cheikh à Sina,
00:37marquée par des fraudes lors des scrutins.
00:41Après tout ce temps, nous votons enfin librement aujourd'hui.
00:45C'est notre droit en tant que citoyen.
00:48Je ne veux rien de particulier.
00:51Je veux juste la paix.
00:54Nous voulons rester en bonne santé et bien vivre.
00:57Victoire au Bangladesh.
00:59Les élections sont très attendues, un an et demi après la fuite de Cheikh à Sina pour l'Inde.
01:04A l'été 2024, avant d'être renversé par les manifestants,
01:09la première ministre avait ordonné une répression sanglante d'un mouvement étudiant,
01:14faisant 1400 morts selon l'ONU.
01:17Cheikh à Sina a depuis été condamné à mort par Comte Humas pour crime contre l'humanité.
01:23Son parti est désormais déclaré hors la loi au Bangladesh.
01:27Ces deux opposants historiques sont favoris pour les élections législatives.
01:31D'un côté le parti nationaliste du Bangladesh avec à sa tête Tariq Rahman,
01:36et de l'autre une coalition proche des frères musulmans qui prônent une stricte application du Coran dans toute la
01:41société.
01:43Les partis politiques ont signé une charte impliquant une série de mesures à adopter pour renforcer la démocratie dans le
01:49pays.
01:50Elle doit être approuvée par référendum.
01:53Le scrutin reste incertain et se déroule sous une forte présence sécuritaire.
01:57Plus de 300 000 soldats aux policiers sont mobilisés.
02:01Les partis politiques appellent la population à voter massivement pour appuyer la légitimité du nouveau Parlement
02:07et ainsi tourner la page de 15 ans de pouvoir marqués par la violence.
02:13Des élections, bonjour David Delos.
02:15Bonjour Pauline.
02:16Né dans le sang et dans les larmes, c'est ce que titre l'un des plus grands quotidiens du
02:20pays aujourd'hui.
02:21Effectivement, c'est le Daily Star qui a affiché ce titre à la une hier.
02:24Un titre aux accents un peu churchillien et une façon de rappeler que ces élections sont le fruit de la
02:30chute de la première ministre
02:32qui a dirigé le pays pendant 15 ans.
02:34On en a parlé après des semaines de manifestations violemment réprimées.
02:38On parle quand même de 1 400 morts d'un mouvement de contestation porté par la jeunesse.
02:44Paradoxalement, si ce mouvement de libération de la société bangladaise a fait souffler un vent d'espoir,
02:50ça a aussi ouvert la voie à une islamisation qui inquiète certains dans le pays.
02:56David, vous restez avec nous.
02:57Des islamistes bangladais qui ont effectivement gagné du terrain ces derniers mois dans le pays.
03:01Écoutez Albon Alvarez, notre correspondant dans la région.
03:05Pour le Bangladesh, c'est surtout un test démocratique de grande ampleur.
03:09Il s'agit d'écrire une nouvelle ère, un nouveau chapitre de son histoire.
03:14Ce sont les premières élections que l'on peut qualifier de libres depuis 2008
03:18puisque tous les scrutins qui ont suivi ont été émaillés de fraudes électorales,
03:24également d'appels au boycott des partis d'opposition à Cheikh Asina.
03:28Pour la première fois depuis 20 ans, des millions de jeunes vont aller voter pour la première fois pour beaucoup
03:37d'entre eux.
03:38Il faut montrer que le pays est capable d'organiser des élections démocratiques en sécurité.
03:43900 000 forces de l'ordre doivent sécuriser les bureaux de vote.
03:49Le Bangladesh connaît à très nombreuses reprises des violences politiques.
03:53Ensuite, la personne qui sera nommée Premier ministre devra rétablir l'économie du pays.
03:58Un pays qui est gagné par l'inflation, le chômage de masse.
04:03A tel point que 1 million de bangladais fuient vers l'étranger pour essayer de trouver du travail.
04:09Il faut s'adresser aux classes populaires.
04:11Il faut réguler ce problème de la vie chère.
04:14Mais également, quid de l'émancipation des femmes, du droit des femmes ?
04:18Quid également du réchauffement climatique qui a impacté énormément le Bangladesh ?
04:23Ces élections vont également nous montrer quelle est la place de l'islam politique.
04:26Jusqu'alors, le Bangladesh était plutôt séculaire, socialiste sous Cheikh Assina.
04:32On sent que clairement, le pivot politique va vers la droite de l'échiquier électoral.
04:38Et puis, il y a une dernière chose à noter.
04:41Les électeurs ne sont pas uniquement appelés à désigner leurs députés.
04:44Mais ils vont également s'exprimer sur un référendum sur la constitution du pays.
04:48Le but, c'est bien d'asseoir l'assiste démocratique en limitant, par exemple, à deux mandats.
04:53Le poste de Premier ministre en créant une deuxième chambre au Parlement.
04:58Et surtout, de réaffirmer le caractère multinethnique et multireligieux du Bangladesh.
05:04Pour revenir sur le volet législatif de ce double scrutin, qu'est-ce qui explique cette poussée, cette islamisation annoncée
05:12du Bangladesh ?
05:13Quand Cheikh Assina était au pouvoir, les islamistes n'avaient pas voix au chapitre.
05:20Aujourd'hui, le jamaat est islami, a tout le loisir de militer pour l'instauration de la charia.
05:26Et sans complexe, le parti le fait.
05:28Les intégristes font campagne pour le port du voile, pour l'abrogation de la notion de viol conjugale.
05:33Pas question non plus de nommer des femmes à des postes de responsabilité, que ce soit dans l'administration, dans
05:40la justice, dans l'appareil d'État.
05:42Il serait même question de réduire le temps de travail des femmes pour qu'elles se consacrent plus à leur
05:48foyer.
05:49L'idée du jamaat, c'est de faire disparaître la présence féminine.
05:53Ces femmes qui, pourtant, étaient en pointe du mouvement qui a fait chuter l'Ancien Régime.
05:57De quoi faire peser donc une menace très importante sur les droits des femmes dans le pays.
06:02Et le comble, c'est que cette porte a été ouverte aux islamistes par les hommes qui étaient aussi en
06:07pointe du mouvement étudiant.
06:09Ils ont décidé de s'allier avec les islamistes pour être certains de remporter quelques sièges.
06:14Et précisément, la chance des islamistes de remporter le scrutin est très forte ?
06:19Certains pensent que oui, pas parce que le Bangladesh est soudainement devenu un pays de charia,
06:24mais parce que politiquement, les islamistes ont une image moins corrompue, plus disciplinée que les grands concurrents du BNP,
06:32le Bangladesh Nationalist Party.
06:34Jamaat a préféré donc passer un accord électoral avec le NPC, le Parti National des Citoyens.
06:40C'est ce mouvement qui est issu de la révolte de la jeunesse,
06:43qui a accepté de ne briguer qu'une trentaine de places,
06:46alors que 180 environ sont réservés aux candidats islamistes.
06:50En face, il y a donc le BNP, la grande formation de l'opposition,
06:54qui a déjà été au pouvoir, qui pâtit d'une image de népotisme, de mauvais gestionnaire,
06:59à l'image de son leader, d'ailleurs, Tariq Rahman, revenu d'exil en décembre dernier.
07:04Alors d'un côté, il y a effectivement les islamistes, de l'autre, les nationalistes.
07:08Et quoi qu'il arrive, le mouvement étudiant semble pris en étau,
07:12et on dirait qu'il s'est fait voler les fruits politiques de sa révolte.
07:15En allant voter, tout à l'heure, Mohamed Younous, le chef du gouvernement provisoire,
07:20a salué la fin du cauchemar et le début d'un nouveau rêve pour le Bangladesh.
07:25On se demande si le prix Nobel de la paix n'est pas un tout petit peu trop optimiste.
07:29Et puis quelques mots de celle qui a dirigé le Bangladesh d'une main de fer pendant 15 ans,
07:34Chèque Assina, renversée donc par cette Gen Z à l'été 2024, qu'est-elle devenue ?
07:39On l'a dit encore en Inde, où elle a été effectivement exfiltrée en août 2024,
07:44à l'apogée du mouvement étudiant.
07:45A priori, aucune chance qu'elle revienne tant qu'elle a cristallisé la détestation,
07:50d'autant qu'en plus, elle a été condamnée à mort en novembre dernier,
07:54reconnue coupable d'avoir ordonné la répression meurtrière.
07:57Il faut se souvenir que si Chèque Assina est tombée, c'est parce qu'elle incarnait le système des quotas,
08:03un système de recrutement hérité de l'indépendance de 1971.
08:08Il réservait les postes les plus importants à certaines minorités ethniques, religieuses,
08:12à des groupes démographiques bien spécifiques.
08:14Bref, un système de caste qui ne disait pas son nom.
08:17Si le système des quotas semble bien avoir été éradiqué au Bangladesh,
08:21le payer quand même aujourd'hui dans l'incertitude,
08:25avec peut-être un obscurantisme en perspective,
08:28en tout cas, certainement pas du progressisme.
08:30Et vous le rappelez, la répression du mouvement 2024 avait fait plus de 1400 morts.
08:35Merci beaucoup.
08:35David.
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