00:00La région Auvergne-Rhône-Alpes vous présente, voyons voir.
00:19Du 21 février au 1er mars, la région Auvergne-Rhône-Alpes sera cette année encore présente au Salon de l'Agriculture.
00:26Pour la première fois depuis 1964, il n'y aura aucun bovin sur l'événement en raison de la DNC, la Dermatose Nodulaire Contagieuse.
00:36Dans un contexte général difficile pour l'ensemble de la filière, notamment autour de la question du Mercosur,
00:42nous avons voulu mettre en lumière le quotidien de celles et ceux qui produisent ce que nous consommons dans notre région.
00:48Nous nous sommes rendus au Breuil, une petite commune située dans l'Allier, entre Vichy et Rouen.
00:53C'est ici que Ludivine et son mari Pierre élèvent un troupeau de 90 vaches allaitantes sur 200 hectares.
01:01Nous, notre quotidien en ce moment, c'est d'avoir les vaches en stabulation.
01:06On est en plein moment de repro.
01:08Tous les matins, on leur donne à manger la ration.
01:11Donc ça, c'est plutôt Pierre qui gère cet aspect-là de faire la mélangeuse.
01:14Moi, du coup, je m'occupe plutôt de donner à manger au veau, mettre la céréale aux vaches et puis toute la partie administrative.
01:23Et après, ça dépend vraiment du moment de l'année et des travaux qu'il y a à faire à chaque fois.
01:28Et c'est de la streinte journalière obligatoire à cette époque.
01:31Il faut l'accepter parce qu'il n'y a pas forcément de jours fériés, de choses comme ça.
01:36C'est la mère de Pierre qui avait à l'origine démarré l'exploitation.
01:40Aujourd'hui, le couple installé en GAEC est heureux de faire ce métier.
01:44Mais il reconnaît que ce n'est pas simple tous les jours,
01:47notamment pour ce qui est de la gestion administrative et réglementaire.
01:51Ce cahier des charges est de plus en plus lourd en France.
01:54Quand on achète un produit d'un antibiotique ou n'importe quel produit,
01:56ou un produit de défense pour les plantes,
01:59c'est un produit qu'on achète, qui va après impacter nos résultats.
02:03Et ce produit-là, il faut qu'on justifie au gramme près, au millilitre près,
02:08ce qu'on met sur nos animaux.
02:10La PAC, cahier sanitaire, le registre phyto,
02:15nos déclarations de repro, de vélage.
02:18À chaque moment de l'année, on a des papiers à faire.
02:22Il faut bien s'organiser.
02:25Même si cette année, ils ne pourront pas monter au salon de l'agriculture avec leurs bêtes,
02:30en raison de la situation sanitaire,
02:32il est important pour Ludivine de s'y rendre.
02:35Ça reste une de nos plus grosses vitrines de notre profession.
02:39En tant qu'éleveur bovin, même s'il n'y a pas de vache,
02:41c'est important qu'on soit là.
02:42C'est l'occasion d'aller voir tous nos partenaires,
02:45de faire des rencontres politiques.
02:46Et c'est à ce moment-là aussi qu'on peut parler de dossiers importants.
02:50Avec le Mercosur, effectivement, il faut continuer le combat malgré tout.
02:54On a une des agricultures les meilleures au monde,
02:57où on a tout un tas de normes.
02:58Moi, je suis fière de ce que je fais.
03:01Je suis fière d'avoir un métier qui respecte l'environnement,
03:04qui respecte le bien-être animal et tout ça.
03:07Et je n'ai pas envie de retrouver dans les assiettes de mes enfants
03:09des aliments qui ne respectent pas ces normes-là.
03:12Bonne nouvelle pour Ludivine et ses enfants.
03:15La région vient justement d'interdire tout achat de produits
03:18qui pourraient venir via le Mercosur, dans ses cantines et ses restaurants.
03:22Et heureusement pour le couple, tout n'est pas négatif sur le plan réglementaire.
03:26Vous allez voir dans la seconde partie comment la région Auvergne-Rhône-Alpes
03:29les a accompagnés pour s'installer et se développer.
03:33Faisons entre-temps une petite parenthèse pour découvrir
03:36un tout autre type d'exploitation.
03:37Un producteur de fruits en Savoie.
03:43Gérer des équipes, l'administratif, le stock et la production.
03:47Voilà le quotidien de Mathieu Tissot,
03:50cultivateur de pommes et de poires à Coponnet, en Haute-Savoie.
03:54Ce qui ne va pas dans notre métier, c'est qu'on fait plusieurs choses à la fois.
03:57Aussi bien du commerce, parce qu'on vend nos produits, que de la production.
04:01Donc on suit dans les vergers, suivant le cycle végétatif,
04:05entre l'hiver, les printemps, l'été, puis l'automne à la cueillette.
04:08Et après, il y a tout ce qui est suivi administratif et gestion des salariés.
04:12Et on finit le soir, c'est 20h, 20h30.
04:15Un touche-à-tout qui succède à trois générations de cultivateurs.
04:19Mais si la pratique a évolué avec le temps, les problématiques aussi.
04:23Alors la difficulté, c'est vraiment la compétitivité.
04:26Il n'y a pas qu'au niveau international, mais surtout européen aussi.
04:28On se rend compte qu'on n'a pas les mêmes charges, les charges de production.
04:31Ça devient un peu problématique de nous de produire.
04:33Et aussi, on a les aléas climatiques, qui sont beaucoup plus contrastées par rapport à avant.
04:37Il y a 25 ans, 30 ans, on n'avait pas le gel de printemps.
04:40Et on se rend compte que les périodes de grêle sont de plus en plus importantes et beaucoup plus fortes.
04:45Donc c'est pour ça qu'on a les filets par la grêle au-dessus des vergers,
04:48qui nous permettent de limiter l'impact.
04:50Heureusement, notre premier partenaire et notre premier associé, c'est la région.
04:53Parce qu'elle est là pour nous aider dans l'investissement.
04:56Donc on se rend compte que les filets par la grêle, on a des aides de la région pour les renouvellements de vergers.
04:59Il faut savoir qu'un verger, un hectare de verger, c'est plus de 70 000 euros d'investissement.
05:04Elle nous aide aussi pour les bâtiments.
05:05Et elle nous aide aussi pour les commerces, pour pouvoir nous développer et pouvoir vendre notre produit à juste prix.
05:11Sur l'ensemble global de la région, j'ai au moins eu à peu près 200, 240 000 euros d'aide.
05:15Ce qui fait quand même une belle enveloppe qui permet de nous aider.
05:18Pour rester compétitif, ça nous donne un bon coup de pain.
05:21Un coup de pouce qui permet aujourd'hui aux cultivateurs d'exploiter 40 hectares de fruits
05:26et de faire travailler une dizaine de personnes.
05:29Pour une profession qui se modernise et qui réussit à s'adapter à son époque.
05:37Retour dans l'Allier sur l'exploitation de vaches allaitantes de Pierre et Ludivine.
05:42Ils réalisent en ce moment de gros investissements afin de bâtir un nouveau bâtiment
05:46destiné à l'élevage et au stockage, avec des panneaux photovoltaïques sur le toit.
05:52Avec mon installation, il faut qu'on augmente notre nombre de vaches
05:55si on veut pouvoir se tirer un salaire tous les deux.
05:58Et faire vivre notre famille parce que c'est bien là le principal quand même.
06:01On a eu un gros coup de pouce de la région alors que ce soit sur l'aide bâtiment.
06:07Également la DGA, parce que je bénéficie d'une DGA à 47 000 euros.
06:10Donc c'est loin d'être négligeable.
06:13Ludivine et Pierre ont également pu bénéficier du fonds régional de garantie pour l'agriculture.
06:19La région, avec le soutien de l'Europe, garantit gratuitement des prêts contractés
06:24par les agriculteurs et les opérateurs forestiers.
06:27Sur, on va dire, entre 75 et 80% de mes emprunts pour mon installation,
06:33la région se porte garante.
06:34Donc derrière moi, ça m'évite de mettre ma maison ou autre en caution.
06:38Et que ce soit la région qui se porte garante, derrière les banques font des taux bonifiés
06:42pour les jeunes qui s'installent comme ça.
06:45Donc ça, il faut continuer à le faire parce que pour moi, c'est important.
06:47Et pour le coup, on a des élus en région qui font le nécessaire pour nous accompagner.
06:51Et là-dessus, il faut en profiter.
06:54S'ils sont lucides sur la situation actuelle des agriculteurs,
06:58Ludivine et Pierre pensent tout de même qu'il y a de beaux projets à mener.
07:01A l'image de la création de leur bâtiment équipé en panneaux photovoltaïques.
07:06Et qu'il y a de la place et des opportunités pour celles et ceux qui voudraient encore se lancer.
07:11Il y a une dizaine d'années, j'avais une centaine d'hectares.
07:14Aujourd'hui, on en a 200.
07:15Franchement, celui qui a des projets viables, aujourd'hui, peut s'installer, je pense,
07:22notamment aussi grâce aux aides régions.
07:25Derrière, nos enfants sont très jeunes et ils feront bien ce qu'ils voudront.
07:28On ne veut pas qu'ils se sentent obligés de reprendre la suite ou autre.
07:33On a encore le temps d'y réfléchir et on fera en sorte de pouvoir transmettre,
07:37peu importe que ce soit nos enfants ou pas.
07:40Et après, on monte cette partie photovoltaïque pour justement être sûr que dans 15-20 ans,
07:46on puisse financer des études à nos enfants et les aider à démarrer dans la vie également.
07:50Donc, c'était l'objectif derrière tout ce projet.
07:52La région Auvergne-Rhône-Alpes vous a présenté. Voyons voir.
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