00:00Votre toute première réaction à l'ouverture par le parquet national financier d'une enquête préliminaire visant à la fois votre client, Jacques Lang, et sa fille, Caroline Lang,
00:10votre réaction à l'ouverture de cette enquête préliminaire par le PNF ?
00:16Deux observations. La première, tout cela me paraît un peu cousu de fil blanc, puisqu'à 48 heures d'une invitation à se rendre auprès de son autorité tutelle,
00:25le parquet, le vendredi soir, ouvre une information judiciaire. Bon, on va dire que c'est anecdotique. La deuxième chose qui me paraît plus légitime,
00:32c'est qu'au regard du brouhaha médiatique, la justice, dans le contexte actuel, s'intéresse et demande à Caroline et Jacques Lang, effectivement,
00:40la preuve qu'ils n'ont reçu aucun fonds de cette société dont on parle aujourd'hui. Ils l'ont dit, et j'espère que le parquet ira très vite,
00:47prendra les réquisitions qui s'imposent de compte bancaire et autres pour constater que ce qu'a dit M. Lang et sa fille est la pure vérité.
00:55Vous avez eu, j'imagine, au téléphone, puisqu'il est actuellement à Marrakech, il va nous avoir écourté son week-end pour cause de convocation au cas d'Orsay demain,
01:02mais j'imagine que vous avez pu échanger avec votre client Jacques Lang depuis l'annonce de l'ouverture de cette enquête préliminaire du parquet national financier.
01:09Comment réagit-il ? Dans quel état d'esprit est actuellement Jacques Lang ? 86 ans. Certains disent qu'il est assez abattu.
01:17Jacques Lang est un homme combatif. Ça fait 35 ans que je l'accompagne à travers de nombreux bruits de casserole.
01:26Et chaque fois qu'une enquête judiciaire a été ouverte, c'est arrivé deux fois en 35 ans.
01:30Elle s'est soldée par des classements sans suite. Il n'a jamais été mis en cause par personne.
01:34Alors il est victime en permanence d'un brouhaha médiatique.
01:37Il trouve très injuste la présentation des faits, mais il est combatif.
01:40Et il donnera à son autorité de tutelle comme à la justice ensuite toutes les explications nécessaires
01:45pour prouver qu'il est étranger à toute malversation ou toute faute pénale susceptible de lui être reproché.
01:52Question d'Alexandra González, la chef adjointe du service police-justice de BFM TV Maître.
01:56Vous nous dites qu'il n'y a pas de fonds financiers qui appartenaient à Jacques Lang et Caroline Lang liés à cette entreprise.
02:04Que faisaient Jacques Lang et Caroline Lang précisément avec cette société offshore ?
02:09Quelles étaient donc la nature des liens si ce ne sont pas des revenus qui ont transité ?
02:15Alors Jacques Lang, rien du tout.
02:16Quant à sa fille, elle l'a expliqué sur votre plateau et auprès du journaliste de Mediapart
02:20avec lequel elle a passé deux heures en toute loyauté
02:23pour lui expliquer que cette société avait été créée dans le but de rechercher
02:27de jeunes artistes français-européens de l'art contemporain.
02:31Les contreparties de M. Epstein, c'était la possibilité en tant qu'investisseur financier d'acheter ses œuvres
02:36et l'apport en industrie, ce qu'on appelle un apport en industrie de Caroline Lang,
02:40c'était sa connaissance du milieu culturel français international
02:43pour l'aider à rechercher des artistes sur la scène française et internationale.
02:48En réalité et par la suite, elle a été totalement dépossédée de la gestion de cette société,
02:53elle ne s'en est jamais occupée et ce qu'elle a dit et que la justice vérifiera,
02:57on en est tout à fait tranquille, c'est qu'il n'y a eu aucun mouvement de fond,
03:00elle n'a jamais apporté un centime et elle n'a jamais reçu un centime de cette société.
03:03Je rappellerai d'ailleurs qu'elle n'a pas attendu...
03:06Elle n'a jamais touché d'argent...
03:09Jamais, jamais.
03:10La question est un peu plus large, mais elle n'a jamais touché d'argent de Jeffrey Epstein.
03:15Nous parlons de la société offshore et des achats et ventes de Vredard, c'est ça dont vous me parlez.
03:19Elle n'a jamais touché un centime, elle l'a dit sur votre plateau.
03:23Maintenant que vous ne le croyez pas ou que la justice estime nécessaire de le vérifier, ça me paraît légitime.
03:28Et elle a touché de l'argent autrement que par cette entreprise de la part de Jeffrey Epstein ?
03:33Non, non, non, non, à ma connaissance non, je crois qu'elle s'est expliquée sur ce sujet.
03:38Et vous disiez, Jacques Lang n'a rien à voir avec cette entreprise.
03:42Pour être bien clair, il apparaît quand même dans les statuts de l'entreprise,
03:46mais il n'en avait pas connaissance, c'est ce qu'il a expliqué, c'est bien cela ?
03:50Oui, alors Jacques Lang a dit qu'il n'avait jamais connaissance d'un des articles de ces statuts qu'il a découverts dimanche dernier,
03:56lorsque Caroline s'est rendue à l'invitation du journaliste de Mediapart.
04:01Et que dit cet article des statuts rédigés par les avocats américains de M. Epstein,
04:07et dont Jacques Lang n'avait pas connaissance mais qui est assez anecdotique ?
04:10C'est de dire qu'en cas de décès, soit d'Epstein, soit de Caroline Lang, soit de Jacques Lang,
04:15la société sera automatiquement dissoute.
04:17Bon, voilà ce qui est dit.
04:19Pourquoi M. Epstein ou ses avocats ont inséré cette clause ?
04:22Il faudra demander à ceux qui en étaient les rédacteurs.
04:24Le parquet national financier, pardonnez-moi, le PNF qui a donc ouvert une enquête préliminaire,
04:32le PNF c'est une institution chargée de lutter contre la fraude fiscale.
04:36Caroline Lang, est-ce la même chose pour votre cliente Jacques Lang, son père,
04:40dit qu'elle a été d'une naïveté confondante, ce qu'elle observe aujourd'hui,
04:43et elle avoue qu'elle n'a pas déclaré au fisc français sa société dans les îles vierges,
04:48comme le disait Alexandra.
04:49Le nom de Jacques Lang figure dans les statuts de cette société.
04:54Est-ce que des erreurs pourraient être reconnues à l'occasion de rendez-vous avec la justice
04:58après l'ouverture de cette enquête préliminaire ?
05:01Mais l'enquête préliminaire, elle est ouverte sous une qualification infamante,
05:05mais le Code pénal n'a que des qualifications infamantes,
05:08c'est-à-dire le blanchiment de fraude fiscale aggravée.
05:11Ça consiste à ne pas déclarer des revenus et de les faire apparaître licitement
05:15dans des opérations autres pour leur donner une apparence de lycéité.
05:19Que le perquet national financier ait regardé si des fonds ou des œuvres ont été reçus par la famille Lang,
05:25est-ce qu'ils auraient fait de ces œuvres pour les recycler ?
05:27Ils ne trouveront rien.
05:28C'est ça qui leur est reproché par l'ouverture de l'information et qui va être vérifié.
05:32Rien d'autre en l'État.
05:33Sentez-vous chez votre cliente, Jacques Lang, une envie de lâcher un peu et finalement de dire
05:39« Bon, c'est bon, je démissionne de l'Institut du Monde Arabe, vu le contexte et la pression sur ses épaules aujourd'hui ? »
05:45Voilà. Jacques Lang prendra une décision en conscience.
05:47C'est un serviteur de l'État depuis 45 ans.
05:49Il n'a jamais quitté la scène culturelle depuis 1981.
05:52Ce qu'il a fait à la tête du ministère de la Culture ou de Lima ont été des succès.
05:57Et il prendra, je pense, parce que Jacques Lang est aussi un professeur agrégé de droit public,
06:02il prendra sa décision en conscience et dans le respect des institutions.
06:05Donc ce n'est pas le Quai d'Orsay qui va l'obliger à quoi que ce soit demain ?
06:08C'est ce que vous nous dites.
06:09Vous savez, Jacques Lang est un ministre d'État.
06:11Il a un interlocuteur avec lequel il discutera dans des règles parfaitement protocolaires.
06:15Il prendra sa décision en conscience.
06:17Je ne suis pas à sa place.
06:18– Mais vous le sentez plutôt déterminé à rester à sa place à la présidence de l'Institut de Montréal ?
06:25– Je le sens surtout déterminé à démontrer que les ragots colportés sur les réseaux sociaux,
06:29encore une fois, ce bruit de casserole permanent dont il est victime depuis 35 ans,
06:34ne repose pas sur une vérité.
06:36Et ça, il doit s'en expliquer auprès de son autorité de tutelle et de la justice.
06:39Et c'est surtout ça qui lui apporte.
06:40– Vous parlez de bruit de casserole.
06:41Néanmoins, est-ce que vous ne le sentez pas un poil déstabilisé par certaines informations,
06:45faits qui semblent avérés, sur sa relation avec Jeffrey Epstein,
06:50sur les moyens dont il a bénéficié de la part de Jeffrey Epstein pour des déplacements,
06:55des choses qui sortent aujourd'hui à la faveur de ces révélations venues des États-Unis ?
06:59Rien ne les branle.
07:01– Non, non, parce que ces faits-là sont assez anecdotiques.
07:04C'est-à-dire que, mis bout à bout, je le disais hier à d'autres de vos confrères,
07:07ce sont des bouts de ficelle.
07:08Prendre un taxi pour à l'anniversaire à Chantilly
07:10ou transmettre une information pour la remise d'une décoration,
07:14voilà ce qu'on a trouvé aujourd'hui.
07:16Ces mails, vous les avez lus, ces trois lignes,
07:18qui en général sont envoyées par ses collaborateurs, par son secrétariat,
07:21il n'y a rien, il n'y a rien dans tout ça.
07:23Mais il répondra ligne à ligne et mail par mail si on le lui demande,
07:26ça paraît légitime.
07:27Mais non, non, il n'est pas déstabilisé par du vent.
07:29– Non, non, non.
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