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  • il y a 1 semaine
Ils s’appellent Sadecur, Kandja, Dialifily, Grace et Prince. Ils ont entre 18 et 21 ans aujourd’hui et ils sont tous venus seuls de pays étrangers lorsqu’ils étaient encore mineurs. Derrière l’acronyme
des MIE (Mineurs Isolés Etrangers) ou des MNA (Mineurs Non Accompagnés), ce sont des parcours et des récits singuliers qu’ils nous adressent, en nous faisant part de la vie qu’ils mènent en France, à St-Etienne, et du regard qu’ils portent sur notre société. Se faire une place ici, étudier, travailler, nouer des relations amicales, pouvoir être aidé et s’intégrer rogressivement dans une autre culture et une autre histoire : ce sont les enjeux que vivent et traversent ces jeunes gens, dans cette période charnière où ils deviennent majeurs et sont au seuil du monde adulte.
Ce documentaire s’attache à la parole de cette jeunesse exilée et aux relations qu’elle noue avec les habitants de la ville, en particulier les bénévoles des associations et les éducateurs qui les accompagnent tout au long d’un long parcours administratif semé d’embûches.

réalisation : Sara Millot
Regards productions multimedia & Télévision Loire 7

Catégorie

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TV
Transcription
00:00:00Le jardin du silence
00:00:30Le jardin du silence
00:01:00Le jardin du silence
00:01:29Le jardin du silence
00:01:31Le jardin du silence
00:01:35Le jardin du silence
00:01:37Le jardin du silence
00:01:41Le jardin du silence
00:01:43Le jardin du silence
00:01:47Le jardin du silence
00:01:49Le jardin du silence
00:01:53Le jardin du silence
00:01:55Le jardin du silence
00:01:57Le jardin du silence
00:01:59Le jardin du silence
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00:02:05Le jardin du silence
00:02:07Le jardin du silence
00:02:09Le jardin du silence
00:02:11Le jardin du silence
00:02:13Le jardin du silence
00:02:15des moyens à tout ça.
00:02:19Je venais d'arriver, donc au fur et à mesure,
00:02:22je rentre dans le système,
00:02:24et tout, confronter à
00:02:25certains refus, régés.
00:02:28Ça a continué comme ça jusqu'à
00:02:30à mes 18 ans.
00:02:32Donc, à mes 18 ans,
00:02:34je n'ai toujours pas été
00:02:35reconnu. Avec l'administration,
00:02:38ça a pris pas mal de temps jusqu'à arriver à mes 18 ans.
00:02:40Et je me suis retrouvé dehors.
00:02:43Je me suis retrouvé dehors.
00:02:44Je n'avais pas le courage
00:02:46à dire à qui que ce soit,
00:02:49à l'école,
00:02:50ou à mes camarades,
00:02:53ou même demander
00:02:54de l'aide avec les associations,
00:02:56je ne sais pas, mais
00:02:57je me suis retrouvé seul.
00:03:11C'était le moment de l'école.
00:03:14et je devrais passer le bac.
00:03:18Je devrais passer le bac.
00:03:20J'appelais les amis,
00:03:22des personnes qui pouvaient m'héberger.
00:03:25Je dis, oui, je les appelle.
00:03:26Il y a des personnes qui me laissent
00:03:27deux jours, trois jours.
00:03:30Bon, c'est comme ça,
00:03:32je me suis arrangé.
00:03:34Comme souvent,
00:03:34j'ai beaucoup trop appelé les gens.
00:03:36Un jour, à la sortie de l'école,
00:03:39c'était mardi,
00:03:41on finissait à 18h.
00:03:43Donc, moi, à 18h,
00:03:45je n'avais pas un ordi sur moi
00:03:47et il y avait des devoirs
00:03:50à rendre le mercredi.
00:03:52Donc, j'ai pris le nécessaire
00:03:54de rester à la vie sous colère
00:03:56et tout pour pouvoir occuper
00:03:59les ordres du lycée après.
00:04:03Donc, je suis resté là-bas.
00:04:05Je peux dire jusqu'à vers les 18h,
00:04:07à 19h, comme ça.
00:04:10Oui, après, j'ai pris mon sac,
00:04:11je suis parti.
00:04:12Sauf que je ne suis pas parti.
00:04:13J'ai juste contourné
00:04:14les couloirs du lycée
00:04:16parce que c'était un étage
00:04:18et je suis parti rester
00:04:19sur une partie des escaliers là-bas.
00:04:23Et c'est là,
00:04:23ma toute première fois
00:04:24de passer la nuit
00:04:25dans mon établissement,
00:04:26mon lycée.
00:04:27Donc, je suis resté là-bas.
00:04:31Je n'ai jamais imaginé
00:04:32que je devais dormir dehors
00:04:33une seule nuit,
00:04:35mais ça arrivait.
00:04:35Quand je suis arrivé en Europe,
00:04:37c'est arrivé.
00:04:38Et je la supportais aussi
00:04:40parce que je n'avais plus le choix,
00:04:41je n'avais pas le choix.
00:04:48J'ai passé un peu de temps
00:04:50vers la gare de Château-Crie.
00:04:53J'ai fait une semaine là-bas.
00:04:54Je dors dehors là-bas.
00:04:58Oui, c'était un moment difficile
00:04:59pour moi
00:04:59parce que je ne connais personne,
00:05:03déjà.
00:05:05Donc, c'était difficile.
00:05:07Il y a des gens qui étaient gentils
00:05:09qui m'ont donné des sous
00:05:09pour trouver à manger
00:05:10ou...
00:05:11Mais c'était dur.
00:05:14Est-ce que j'ai trouvé des solutions
00:05:16au département
00:05:17parce que c'est là-bas
00:05:18que j'ai commencé à dormir
00:05:19à l'intérieur,
00:05:21au département.
00:05:22Après,
00:05:24et...
00:05:25Quand je n'étais pas
00:05:26à la condamnionnaire,
00:05:28ils m'ont donné l'adresse
00:05:30des associations.
00:05:33C'est là que j'ai rencontré
00:05:34Valentin
00:05:35et tous les membres
00:05:36des associations
00:05:37de Médine Solidaire.
00:05:43Au début,
00:05:44quand on s'est arrivé,
00:05:45je me rappelle bien,
00:05:46c'était à 16h, 17h comme ça,
00:05:47que j'ai trouvé beaucoup
00:05:49de jeunes ici, déjà,
00:05:51sous la tente.
00:05:53Partout,
00:05:53il y avait du monde.
00:05:55Donc, du coup,
00:05:57ça m'a un peu soulagé, quoi.
00:06:00Je me suis dit,
00:06:01j'ai trouvé des gens
00:06:01qu'on peut rigoler,
00:06:03on peut faire
00:06:04le cours de français ensemble
00:06:06ou autre chose,
00:06:07d'activité.
00:06:08Je passais tout seul, quoi.
00:06:09Bonjour, les garçons.
00:06:16Alors, j'ai besoin
00:06:18très, très vite
00:06:19de la photo d'identité
00:06:20de Paulin,
00:06:22Miguel,
00:06:23Jérémias,
00:06:23de Paris,
00:06:25pour pouvoir vous faire
00:06:26faire vos cartes
00:06:27train plus bus
00:06:28pour l'année prochaine.
00:06:29Il y a 4 ans,
00:06:45le chanteur a demandé
00:06:46la nationalité française.
00:06:48Elle lui a été refusée,
00:06:49sans aucune explication,
00:06:51selon lui.
00:06:51Non, j'avais 2 ans,
00:06:533 ans,
00:06:53j'ai fait toute ma scolarité,
00:06:54je travaille publiquement,
00:06:55je représente la France.
00:06:56Mais bon,
00:06:59qu'est-ce que vous voulez ?
00:07:00Le gouvernement,
00:07:02il n'entend pas
00:07:04de la sorte.
00:07:06Selon le ministère
00:07:08de l'Intérieur,
00:07:09le dossier était incomplet
00:07:10et le chanteur
00:07:12en a été informé.
00:07:15Le jet privé
00:07:17qu'il a loué
00:07:17de l'attent
00:07:18sur le 9 mai.
00:07:19pour l'instant,
00:07:20mais laissez-moi
00:07:20votre message
00:07:21et vos coordonnées.
00:07:23Et je vous rappelle
00:07:24un peu plus tard.
00:07:25Merci.
00:07:26Oui, bonjour Valérie,
00:07:28c'est Valentin,
00:07:28j'espère que vous allez bien.
00:07:30On voulait vous avoir
00:07:31ou moi ou Fabienne Joubert
00:07:33concernant les dossiers
00:07:34d'inscription des jeunes
00:07:35qu'on doit ramener
00:07:35et puis Aboubakar Traoré
00:07:38qui part en apprentissage
00:07:39chez M. Professo,
00:07:43enfin,
00:07:43chez l'entreprise Professo
00:07:44et donc,
00:07:45il ne sera plus
00:07:46comptabilisé
00:07:48dans nos frais scolaires
00:07:50l'année prochaine.
00:07:52Et voilà,
00:07:52du coup,
00:07:53j'aurais peut-être
00:07:53un ou deux jeunes
00:07:54à vous positionner
00:07:57s'il vous reste des places
00:07:58sur certaines sections.
00:07:59Voilà.
00:07:59Écoutez,
00:08:00tenez-nous au courant
00:08:01quand vous pourrez.
00:08:01Je vous remercie par avance
00:08:02et je vous souhaite
00:08:03une bonne fin de journée.
00:08:05Moi, j'ai grandi ici
00:08:06quand j'étais enfant.
00:08:08Enfin,
00:08:08une partie de mon enfance.
00:08:09Mes grands-parents
00:08:10ont vécu dedans,
00:08:11mes parents aussi.
00:08:12Voilà.
00:08:12Et moi,
00:08:13mon projet,
00:08:14c'était plutôt
00:08:14de faire une colloque
00:08:15solidaire
00:08:16avec des gens
00:08:17qui étaient
00:08:17sensibles aux problématiques
00:08:20écologiques,
00:08:20sociales,
00:08:21pour créer des projets,
00:08:22parler de choses
00:08:22et ensuite faire.
00:08:24Et puis,
00:08:24en fait,
00:08:25on a fait tout de suite.
00:08:26Puisque très vite,
00:08:28j'ai été sollicité
00:08:31par des associations locales
00:08:32qui cherchaient des places
00:08:34pour héberger des gens.
00:08:34Et comme j'étais tout seul
00:08:36dans cette maison,
00:08:38j'ai commencé par héberger
00:08:39d'une famille,
00:08:40puis deux,
00:08:41puis trois,
00:08:42puis des mineurs isolés.
00:08:44Et puis,
00:08:44voilà,
00:08:45c'est vite devenu
00:08:45un lieu de vie
00:08:46pour une vingtaine de personnes.
00:08:49Et c'est comme ça
00:08:50que ça a démarré.
00:08:50J'ai une place
00:08:51Nabi,
00:08:53donc ça colle,
00:08:54Miguel.
00:08:55Oui.
00:08:57Et Aminata.
00:08:59Oui,
00:08:59parce qu'elle va aller
00:09:01à René Cassin
00:09:03à Rive de Gilles.
00:09:04D'accord.
00:09:05Et elle n'a pas
00:09:06de documents comme ça,
00:09:07par contre ?
00:09:08Non,
00:09:08parce que ce n'est pas
00:09:09la même école.
00:09:12J'envoie un cet après-midi,
00:09:14qu'on va peut-être envoyer.
00:09:17Il nous restait
00:09:17une ou deux places,
00:09:18non ?
00:09:19En termes d'argent.
00:09:22De toute façon,
00:09:22moi,
00:09:22je n'aurais rien fait tout seul
00:09:23sans toutes les personnes
00:09:25qui ont gravité
00:09:25autour de l'association.
00:09:28Et c'est comme ça
00:09:28qu'on s'est retrouvé
00:09:29avec un pôle médical,
00:09:30avec des médecins
00:09:30et infirmières.
00:09:31On s'est retrouvé
00:09:31avec un pôle hébergement,
00:09:33avec quatre personnes
00:09:34qui organisaient les roulements.
00:09:36Un pôle juridique,
00:09:37bien sûr.
00:09:37Le pôle juridique,
00:09:38c'était un gros pôle.
00:09:42Il y a peu d'associations
00:09:44qui arrivent
00:09:44à faire uniquement
00:09:45de l'hébergement.
00:09:47Pourquoi ?
00:09:47Parce que les autres problématiques,
00:09:49elles arrivent systématiquement
00:09:50et elles sautent au visage
00:09:52de n'importe qui.
00:09:55Allô,
00:09:55Abou Bakar.
00:09:58Oui,
00:09:59bonjour,
00:09:59c'est Fabienne
00:09:59de la Maison Solidaire.
00:10:02Tu vas bien ?
00:10:05Oui,
00:10:05ça va aussi,
00:10:06je te remercie.
00:10:08Je t'appelle
00:10:09parce que
00:10:09comme tu as eu
00:10:12la protection
00:10:13de l'asile
00:10:13là maintenant,
00:10:14il faut que tu fasses
00:10:15toi-même
00:10:15les démarches
00:10:16pour l'école.
00:10:16D'accord ?
00:10:19Parce que les inscriptions
00:10:20là pour l'école,
00:10:20c'est maintenant.
00:10:24Sur 1600 gamins
00:10:25qui sont passés ici
00:10:26à peu près,
00:10:26il y en a 800
00:10:27qui sont toujours par là
00:10:28et qui sont sortis.
00:10:31Ils ont leurs papiers
00:10:31et travaillent.
00:10:32Ils sont à Sinté,
00:10:33ils sont à Clermont,
00:10:34ils sont à Lyon
00:10:34ou ils sont partis ailleurs.
00:10:35Il y en a qui ont déménagé
00:10:36quand ils ont eu leurs papiers
00:10:37pour aller vivre
00:10:38là où ils avaient envie d'aller.
00:10:41On a tous été
00:10:42dans la même logique
00:10:43de dire,
00:10:43d'abord on prouve
00:10:44que c'est possible
00:10:45d'accueillir
00:10:45et d'accompagner
00:10:46correctement
00:10:46et derrière
00:10:47l'État bourgeois.
00:10:49Dès le début,
00:10:50ça a été notre cheval
00:10:51de bataille,
00:10:52c'était de faire rentrer
00:10:53les institutions
00:10:54dans cet accueil.
00:10:56Nous, on ne parlait même pas
00:10:57du fait de soutenir
00:10:58la Maison solidaire.
00:10:59On leur disait
00:11:00prenez conscience
00:11:01de la situation
00:11:01de ces gens
00:11:02et faites quelque chose.
00:11:04nous, on ne parlait même pas.
00:11:08Nous, en fait,
00:11:13la question qu'on s'est posée,
00:11:15c'est qu'il y a une occasion
00:11:16qui nous est faite
00:11:18d'accueillir.
00:11:19est-ce que ce n'est pas
00:11:20le bon moment pour le faire ?
00:11:22Voilà.
00:11:22Et là,
00:11:23j'ai appelé Valentin
00:11:24qui m'a dit
00:11:25« Très bien,
00:11:26viens chercher quelqu'un
00:11:27parce qu'on a
00:11:28plein de gens à caser
00:11:29en ce moment. »
00:11:31Et une heure après,
00:11:32j'étais à la Maison solidaire
00:11:34et je repartais
00:11:35de la Maison solidaire
00:11:36avec une femme
00:11:38enceinte de 7 mois
00:11:39qui ne parlait pas
00:11:40un broc de français.
00:11:42Voilà.
00:11:43Ça a commencé comme ça.
00:11:47Après, pendant 3 ou 4 ans,
00:11:48on a accueilli
00:11:49pratiquement tout le temps
00:11:51des gens chez nous,
00:11:52des gamins
00:11:53entre 14 et 17 ans,
00:11:55que ce soit des filles
00:11:56ou des garçons.
00:11:58Nous, on n'avait pas
00:11:59d'enfants de cette âge-là
00:12:00à ce moment-là.
00:12:01On découvrait
00:12:02l'adolescence
00:12:03en même temps
00:12:03qu'on découvrait
00:12:04la migration,
00:12:05quelque part.
00:12:09Chaque fois que je venais
00:12:10à la Maison solidaire,
00:12:11je savais à quel point
00:12:12il fallait faire ces photos.
00:12:15J'avais envie de montrer
00:12:16toutes ces familles
00:12:17qui ont accueilli
00:12:18parce que c'est quand même
00:12:19systématiquement
00:12:20une richesse
00:12:21et c'est une richesse
00:12:22pour leurs enfants.
00:12:23Je suis hyper content
00:12:24d'avoir montré ça
00:12:25à mes enfants.
00:12:25Je ne sais pas
00:12:26le retour qu'ils nous enfrontent
00:12:28quand ils seront plus âgés,
00:12:29mais je suis très content
00:12:30qu'ils aient vu
00:12:31qu'avoir des idées
00:12:33et avoir de la morale,
00:12:35ce n'est pas simplement
00:12:35discuter autour d'une table
00:12:37avec des copains.
00:12:38Parfois,
00:12:39c'est aussi mettre les mains
00:12:40dans le cambouis,
00:12:40y aller et travailler,
00:12:42faire quelque chose,
00:12:42être utile.
00:12:43pour moi,
00:12:46c'était ça qui était intéressant,
00:12:48c'était aller montrer
00:12:48ces gens qui,
00:12:50loin des clichés,
00:12:52loin des discussions
00:12:53où on leur dit
00:12:53« mais vous faites
00:12:54un appel d'air,
00:12:55vous faites ci,
00:12:56non,
00:12:56on ne fait que répondre
00:12:58à une urgence humaine
00:13:00qui est sous nos yeux
00:13:01et elle nous fait poser
00:13:03plein de questions,
00:13:04elle nous remue,
00:13:05elle nous chamboule,
00:13:06elle nous bouleverse,
00:13:07elle nous fait sourire,
00:13:08elle nous fait pleurer,
00:13:09elle nous fait rire.
00:13:10et c'est tout ça
00:13:12qui fait que
00:13:13c'est une expérience
00:13:14qu'on a vécue
00:13:14et pas simplement
00:13:15une chose
00:13:16auquel on a participé.
00:13:21Avec la Maison solidaire,
00:13:23on était comme une famille,
00:13:25c'est bien sûr.
00:13:28Si la Maison solidaire
00:13:29m'aide pas,
00:13:30je ne sais pas
00:13:30je fais quoi,
00:13:31je ne sais pas
00:13:32je vais où,
00:13:34c'est la vérité.
00:13:36Parce que quand j'arrivais
00:13:37à la Maison solidaire,
00:13:38j'étais une semaine comme ça,
00:13:39après une semaine,
00:13:40on va voir
00:13:40pour le cours fossé,
00:13:42la première fois
00:13:43j'ai vu Daphne,
00:13:44elle m'a aidé beaucoup.
00:13:46Daphne,
00:13:46elle m'a aidé
00:13:47pour beaucoup de choses.
00:13:49Avec elle,
00:13:50moi j'ai appris
00:13:51tous les alphabets,
00:13:52tous les verbes,
00:13:53tout ça.
00:13:54Du coup,
00:13:55c'était mieux pour moi
00:13:56quand j'allais lycée,
00:13:57j'ai déjà commencé
00:13:58un peu à comprendre
00:13:59la langue fossée.
00:14:01Après,
00:14:02ça a commencé
00:14:02un peu à changer.
00:14:04J'étais un peu moins stressé.
00:14:08Donc, Elal,
00:14:09on s'est vus
00:14:10jeudi dernier,
00:14:12vendredi dernier,
00:14:14au cours de français.
00:14:17Et je t'ai dit
00:14:23que maintenant,
00:14:24il faut d'autres rendez-vous
00:14:25pour faire la carte
00:14:26de bus,
00:14:28la carte de téléphone,
00:14:30et aussi l'école.
00:14:32pour faire la carte
00:14:33de bus,
00:14:34pour faire la carte
00:14:34et pour faire la carte
00:14:35de bus,
00:14:35pour faire la carte
00:14:36et pour faire la carte
00:14:37et pour faire la carte.
00:14:39Ok ?
00:14:40Ok.
00:14:41Donc, demain...
00:14:42Duitatis ?
00:14:43Duitatis.
00:14:4414h30,
00:14:46c'est pour l'inscription
00:14:47à l'école.
00:14:48School, école.
00:14:49C'est l'école.
00:14:51Au mieux,
00:14:52au plus tôt,
00:14:53tu vas commencer
00:14:54l'école en septembre,
00:14:56mais peut-être
00:14:57que c'est octobre
00:14:58ou novembre
00:14:59ou décembre.
00:15:02Toi, tu le sais.
00:15:03C'est très bien.
00:15:05Il faut de m'année,
00:15:05school,
00:15:06septembre,
00:15:07c'est l'étard,
00:15:07octobre,
00:15:08c'est l'étard,
00:15:08novembre,
00:15:09c'est l'étard,
00:15:09c'est l'étard.
00:15:10C'est l'étard,
00:15:10c'est l'étard,
00:15:10c'est l'étard.
00:15:11Donc, on croise les doigts.
00:15:13Tu connais ça ?
00:15:14Too late,
00:15:14décembre.
00:15:15Oui, je sais,
00:15:16je sais.
00:15:17Tu connais ?
00:15:18Tu connais ou pas ?
00:15:19C'est quoi ?
00:15:21Toi, tu connais pas non plus ?
00:15:22Finger crossed.
00:15:22Ouais, finger crossed ?
00:15:23Donc, on croise les doigts
00:15:25pour septembre,
00:15:26mais peut-être
00:15:27que c'est octobre
00:15:28ou novembre.
00:15:30Quand j'ai arrivé,
00:15:30j'étais timide,
00:15:31mais maintenant,
00:15:32ça a commencé à changer.
00:15:35Après,
00:15:36j'ai fait mon premier stage,
00:15:38c'était un restaurant,
00:15:39l'Iskagador,
00:15:41après,
00:15:41le patron aussi,
00:15:43il m'a direct
00:15:44proposé un apprenti-chase.
00:15:46Après,
00:15:46j'ai pris
00:15:47là-bas un apprenti
00:15:48pour une formation
00:15:50de trois ans
00:15:51pour service
00:15:52et maintenant,
00:15:53je suis toujours là-bas.
00:16:00Je mets ma chaise
00:16:01correctement là-bas.
00:16:02Maintenant,
00:16:03regarde ta nappe.
00:16:05Non.
00:16:06Déjà,
00:16:07ton molleton,
00:16:07tu as vu,
00:16:08il est quoi ?
00:16:10T'as vu,
00:16:10t'as à peu près ça.
00:16:14Si je me mets ici...
00:16:15Ah oui.
00:16:16OK.
00:16:16Regarde,
00:16:16viens voir,
00:16:17tu vas avoir un autre souci.
00:16:20Voilà.
00:16:20Donc,
00:16:21vas-y maintenant,
00:16:22pli sur pli.
00:16:23Et pour mettre
00:16:23pli sur pli,
00:16:24il suffit simplement
00:16:25que tu mettes
00:16:25de l'air dessus.
00:16:26comme ça.
00:16:29Voilà.
00:16:29Et tu viens de poser
00:16:30et tu te mets
00:16:31de l'autre côté
00:16:32et tu fais la même chose.
00:16:35Ton guéridon,
00:16:36il faudra légèrement
00:16:36le rapprocher
00:16:37et que tu le stabilises.
00:16:39Ouais.
00:16:40Mais le rapprocher,
00:16:40n'hésite pas à le rapprocher.
00:16:43C'est le pliage
00:16:44de ton entreprise ?
00:16:45Oui.
00:16:45Ouais,
00:16:45ça se voit.
00:16:47Tu vas vite.
00:16:48Oui.
00:16:50Comment tu l'appelles
00:16:51ce pliage ?
00:16:52Je ne sais pas ça
00:16:54exactement.
00:16:56Éventail.
00:16:57D'accord.
00:16:57Merci.
00:16:58Tu vois ce que c'est
00:16:59un éventail ?
00:17:00Non.
00:17:00Par exemple,
00:17:01ça peut être ça,
00:17:02tu sais,
00:17:02quand il fait chaud.
00:17:03Oui.
00:17:04Ce genre de système.
00:17:06C'est un éventail.
00:17:08D'accord.
00:17:11J'ai choisi
00:17:12service.
00:17:14Parce que comme ça,
00:17:15j'apprends
00:17:15la langue fossée.
00:17:17Comme ça,
00:17:17j'ai obligé
00:17:18pour parler
00:17:19tout le temps
00:17:19avec les clients.
00:17:21Comme ça,
00:17:21c'est mieux pour moi.
00:17:22dans le restaurant,
00:17:36il y a mille choses
00:17:37différentes,
00:17:37il y a mille noms.
00:17:38Donc,
00:17:38je ne savais pas
00:17:39tous les noms.
00:17:40Mon patron,
00:17:41il était très,
00:17:41très gentil.
00:17:43Parce que des fois,
00:17:43j'ai commencé,
00:17:44je l'ai fait
00:17:45beaucoup de foot.
00:17:46Depuis trois mois,
00:17:48je n'ai fait rien
00:17:48du tout.
00:17:49J'ai mis juste
00:17:49du pain,
00:17:50carapteuse et tout.
00:17:51bien sûr,
00:17:57il était gentil,
00:17:58il m'a regardé,
00:17:59il était confiant
00:18:00de moi
00:18:00et il pensait
00:18:02que j'y arrivais.
00:18:03Donc,
00:18:03aujourd'hui,
00:18:03j'y arrive,
00:18:04c'est...
00:18:05j'y arrive tout.
00:18:06J'y arrive,
00:18:07prendre les commandes,
00:18:08prendre les boissons,
00:18:09prendre les desserts,
00:18:10faire les appétits,
00:18:11tout ça.
00:18:12je passe l'examen,
00:18:24c'est l'année prochaine.
00:18:26C'est mon dernier année,
00:18:27troisième année.
00:18:30Là,
00:18:31j'ai 18 ans maintenant.
00:18:32je ne pense pas
00:18:36que j'arrête l'école.
00:18:37Après le CAP,
00:18:38je continue le bac.
00:18:39bon,
00:18:46bonjour,
00:18:46Grèce.
00:18:48On se voit aujourd'hui
00:18:49pour que je te rende
00:18:49tes résultats au test
00:18:51que tu as passé le 9 juillet.
00:18:53Oui.
00:18:54Donc,
00:18:54aujourd'hui,
00:18:54c'est pour que je te rende
00:18:55tes résultats au test,
00:18:56mais avant,
00:18:56je vais reprendre avec toi
00:18:58un petit peu
00:18:58tes coordonnées,
00:19:00voir si tout est correct.
00:19:01D'accord.
00:19:02Oui.
00:19:02Alors,
00:19:03tu as quel âge,
00:19:03Grèce ?
00:19:0421 ans.
00:19:05Tu as 21 ans.
00:19:06Tu vis seule
00:19:07ou tu es avec de la famille ?
00:19:09Non,
00:19:09je suis au foyer.
00:19:10Tu es au foyer.
00:19:11Tu es à quel foyer ?
00:19:13Kada.
00:19:14J'ai une statue
00:19:15de protection subidigère
00:19:17de 4 ans.
00:19:19Je fais demande d'asile.
00:19:21Oui ?
00:19:22Oui.
00:19:23Et tu as eu la réponse ?
00:19:24Oui.
00:19:25D'accord.
00:19:28Et donc,
00:19:28du coup,
00:19:29tu as une éducatrice
00:19:29ou pas ?
00:19:31Qui te suit ?
00:19:32Oui ?
00:19:32Oui.
00:19:33Tu n'es jamais été
00:19:34scolarisée en France,
00:19:36en fait ?
00:19:36Tu n'as pas fait
00:19:37UPE 2A,
00:19:38une MLDS
00:19:39ou des choses comme ça ?
00:19:39Non.
00:19:40D'accord.
00:19:40Ok.
00:19:41Je pense que c'est
00:19:41par rapport à ton âge.
00:19:45Après,
00:19:46je suis allée en formation
00:19:47en 2024.
00:19:49C'était
00:19:50le parcours
00:19:51persévérance.
00:19:53Persévérance ?
00:19:54Oui.
00:19:55Oui.
00:19:55Et après,
00:19:56le parcours persévérance,
00:19:57est-ce que
00:19:58tu as pu travailler ?
00:20:00Non,
00:20:01quand j'ai fini
00:20:02au mois de mars,
00:20:02j'ai commencé
00:20:03à chercher le travail
00:20:04un peu partout.
00:20:06Pas de réponse.
00:20:07Et à d'autres endroits,
00:20:08on t'appelle
00:20:09et on t'exige
00:20:11d'avoir le permis
00:20:12jusque-là.
00:20:14C'est à cause de ça,
00:20:14j'ai dit à ma conseillère
00:20:17de la mission locale
00:20:17et si je pouvais aller
00:20:18à l'école.
00:20:19On a commencé
00:20:19à chercher
00:20:20et on l'a trouvé ici.
00:20:23D'accord.
00:20:23quand j'ai eu
00:20:26ma protection,
00:20:27au début,
00:20:27j'ai dit
00:20:28oui,
00:20:29ça va maintenant
00:20:29et je vais faire
00:20:31la formation,
00:20:32je vais trouver
00:20:32le travail.
00:20:34Je commençais
00:20:35à chercher
00:20:35le travail partout.
00:20:37J'envoie mon CV,
00:20:39pas de réponse.
00:20:40Je pars sur place
00:20:41pareil.
00:20:44Dans tout ça,
00:20:45je ne me baisse pas
00:20:46les bras.
00:20:48Au moins,
00:20:48j'ai eu la protection.
00:20:49je remercie
00:20:51le bon Dieu
00:20:52et puis la France.
00:20:53Mais il y a
00:20:54d'autres choses
00:20:55qui sont un peu
00:20:56compliquées,
00:20:57vraiment compliquées
00:20:58en France.
00:21:02C'est toujours
00:21:02le problème
00:21:03des papiers.
00:21:05Pour être libre
00:21:06en France,
00:21:08il faut avoir
00:21:08le papier.
00:21:11Ça, c'est
00:21:11le temps de notes.
00:21:16Les clars sont
00:21:16d'impôt.
00:21:17et les fils
00:21:19de pays.
00:21:21Avec les contrats,
00:21:24on a envoyé
00:21:25tout ça
00:21:25à la perfecture.
00:21:26Tout ce
00:21:27de maquillage
00:21:27qui est là.
00:21:29Les satisfaits
00:21:30qu'on a arrêté.
00:21:32Après,
00:21:32ça,
00:21:33c'est les crouillers.
00:21:34Les tas de crouillers
00:21:35qu'on a envoyés
00:21:36à la perfecture
00:21:36et sur les récits.
00:21:40Tout ça,
00:21:41les papiers,
00:21:42les papiers,
00:21:42les papiers.
00:21:42Peut-être,
00:21:46tu peux avoir
00:21:46le papier
00:21:47et quand ça
00:21:47prend fin
00:21:48pour renouveler,
00:21:49c'est un problème.
00:21:50Pour avoir
00:21:50même le rendez-vous,
00:21:52c'est vraiment
00:21:52un problème.
00:21:55Par exemple,
00:21:55comme moi,
00:21:56je dois avoir
00:21:56une carte,
00:21:57mais jusque-là,
00:21:58bientôt deux ans,
00:21:59je n'ai pas ma carte.
00:22:02J'ai eu un travail
00:22:03pour garde d'enfants.
00:22:05J'ai fait l'entretien,
00:22:06ils étaient d'accord
00:22:07avec moi.
00:22:07Quand ils m'ont demandé
00:22:08le papier,
00:22:09j'ai donné l'attestation,
00:22:10ils m'ont dit
00:22:10que non,
00:22:11et ils ne peuvent pas
00:22:11travailler avec l'attestation.
00:22:14Mais là,
00:22:15ça fait bientôt deux ans
00:22:16que la carte n'est pas sortie.
00:22:19Parfois,
00:22:19d'autres gens disent
00:22:20que non,
00:22:20est-ce que c'est vrai
00:22:21qu'elle a de papier ?
00:22:23Parce que les gens
00:22:24commencent à douter,
00:22:25mais le temps,
00:22:27c'est très long,
00:22:28vraiment.
00:22:29Le problème des papiers,
00:22:30ça casse la tête des gens
00:22:31et si la nerf n'est pas solide,
00:22:34quelqu'un peut devenir fou.
00:22:37Quelqu'un peut devenir folle,
00:22:38franchement.
00:22:40Donc,
00:22:45Pedro et Eduardo,
00:22:48moi,
00:22:48je voulais faire le point
00:22:49avec vous
00:22:50et avec Yann
00:22:51sur
00:22:51où vous en êtes
00:22:53des différentes
00:22:55procédures
00:22:57et si vous avez
00:22:57des questions.
00:22:58Oui, d'accord.
00:22:59J'ai compris.
00:23:00Oui ?
00:23:00Oui.
00:23:01Ça va ?
00:23:01Déjà,
00:23:04vous êtes allé
00:23:05au CCAS.
00:23:06Est-ce que vous avez
00:23:08votre classeur ?
00:23:10Avec tous les papiers.
00:23:12Papiers d'écran.
00:23:18Certificat.
00:23:18Alors, nous, voilà,
00:23:19le document qu'on a fait.
00:23:21Oui.
00:23:21Pour dire,
00:23:22quand vous allez
00:23:22dans une association,
00:23:25pour dire que vous êtes
00:23:25effectivement un mineur
00:23:26non reconnu mineur,
00:23:28voilà,
00:23:28et que nous,
00:23:29à mi-42,
00:23:30on s'occupe de lui.
00:23:34Ça, c'est celui
00:23:36qu'on déteste tous.
00:23:38Le papier,
00:23:39on ne déteste pas
00:23:39le département,
00:23:41mais on déteste
00:23:41avoir ce papier.
00:23:44Voilà.
00:23:44Donc, ça,
00:23:45c'est le fameux papier,
00:23:46voilà,
00:23:47le premier ici
00:23:48qui vous dit,
00:23:50voilà,
00:23:51il ne ressort
00:23:52aucun élément tangible
00:23:53permettant d'étayer
00:23:55la minorité
00:23:55que vous alléguer.
00:23:56Il y a plein de mots
00:23:57compliqués
00:23:58pour dire
00:23:59on ne vous croit pas,
00:24:00malheureusement.
00:24:02Et donc,
00:24:02c'est suite à ce rejet
00:24:04du conseil départemental
00:24:06que vous venez nous voir.
00:24:08Tout ce qui est juridique,
00:24:10c'est l'avocat
00:24:11avec Michel et Yann.
00:24:13Tu pourras y aller,
00:24:14et du coup, Yann ?
00:24:15Lundi matin, je peux.
00:24:15Oui ?
00:24:16Sans problème.
00:24:17Oui, et puis on a dit
00:24:17demain et lundi matin.
00:24:20Demain, c'est pour
00:24:20l'hôpital.
00:24:22Oui, oui.
00:24:22Ils vont à l'hôpital
00:24:23et puis lundi,
00:24:24on s'occupe du physique.
00:24:26Oui.
00:24:28OK.
00:24:30Est-ce que vous avez en tête,
00:24:32on vous l'avait dit,
00:24:33mais est-ce que ça restait
00:24:34dans votre tête
00:24:34de combien de temps
00:24:36ça va prendre ?
00:24:38Combien de temps,
00:24:39oui,
00:24:40ça fait
00:24:40six mois.
00:24:44au
00:24:44un an.
00:24:47Au
00:24:47plus.
00:24:50C'est ça.
00:24:50Deux ans maximum ?
00:24:51Oui, à peu près.
00:24:53Entre six mois
00:24:53et deux ans
00:24:54pour que ça fonctionne,
00:24:56pour qu'on ait
00:24:57la reconnaissance
00:24:59de minorité.
00:25:00Sauf que souvent,
00:25:02et ça peut être votre cas,
00:25:04malheureusement,
00:25:04en deux ans,
00:25:06hop,
00:25:06on a 18 ans.
00:25:0718 ans, oui.
00:25:08Donc nous,
00:25:10on fait un maximum
00:25:10pour aller vite,
00:25:13pour que le juge
00:25:14vous voit
00:25:15avant les 18 ans
00:25:17et vous dise
00:25:18d'accord,
00:25:19avant les 18 ans.
00:25:21OK ?
00:25:21D'accord.
00:25:22Et ça,
00:25:23on fait ce qu'on peut.
00:25:25OK ?
00:25:27Ça, ben voilà.
00:25:28Quand tu viens à l'étranger
00:25:29où il n'y a pas ton père
00:25:30ni ta mère,
00:25:33mentalement,
00:25:34ça tue,
00:25:35quoi,
00:25:35deux fois.
00:25:36Ça tue le cœur.
00:25:37C'est un peu compliqué,
00:25:39deux fois.
00:25:39Mais bon,
00:25:40après,
00:25:40on n'a pas le choix,
00:25:41donc tu es obligé
00:25:43quand même
00:25:44de te concentrer
00:25:45et deux fois oublier,
00:25:46quoi.
00:25:48Sinon,
00:25:48c'est pas du tout facile
00:25:50d'être séparé
00:25:53de tes parents,
00:25:55surtout quand ils sont en vie.
00:25:59Je sais que c'est difficile
00:26:00de voir.
00:26:06Quand je rentre ici
00:26:07et t'aminer,
00:26:08c'est très compliqué.
00:26:12On a vécu
00:26:13beaucoup de choses
00:26:14ici jusqu'à maintenant.
00:26:16Ça va,
00:26:17on a quand même
00:26:17sur le bon chemin.
00:26:20C'est pas encore fini,
00:26:22mais on a l'espoir
00:26:23pour le moment.
00:26:31Je sais qu'une fois
00:26:32ici en Europe,
00:26:33peu importe
00:26:34l'intégration
00:26:35que tu fais,
00:26:35il faut d'abord
00:26:36aller à l'école.
00:26:38C'est ça,
00:26:39la base.
00:26:40Ça, j'avais ça
00:26:40déjà en tête.
00:26:44J'ai fait les études
00:26:45au Bled,
00:26:47mais la loi ici,
00:26:48c'est pas par un peu
00:26:49parce qu'on n'a pas
00:26:50le même formateur,
00:26:51on n'a pas
00:26:52le même matériel,
00:26:53tu vois.
00:26:54Donc, il y a
00:26:54un peu de différence.
00:26:58C'est 20 sur 40,
00:27:00non, la longueur ?
00:27:01Non, c'est en fonction
00:27:02de ton berg,
00:27:02surtout la longueur.
00:27:04Ils sont où,
00:27:05tes bergs ?
00:27:05Amène-so.
00:27:06Va m'en chercher un,
00:27:07d'accord ?
00:27:08Moi, j'aime bien
00:27:14l'école,
00:27:15mais la manière
00:27:17dont nous,
00:27:17on fait les choses
00:27:18là-bas et ici,
00:27:19c'est vraiment
00:27:20difficile.
00:27:24Il faut quand même
00:27:25avoir le courage,
00:27:27il faut avoir
00:27:28vraiment le courage
00:27:29et aussi l'ambition
00:27:31de ce que tu fais
00:27:33à l'école
00:27:34comme formation.
00:27:37Si t'as pas l'amour,
00:27:39tôt ou tard,
00:27:39tu vas démissionner.
00:27:40Lors de mes années
00:27:45de lycée,
00:27:46c'était un peu comme ça.
00:27:48Je dis,
00:27:48aujourd'hui,
00:27:49j'ai faim.
00:27:50Est-ce que je dois
00:27:50partir à l'école ?
00:27:52Je dis,
00:27:53il y a quelqu'un
00:27:54qui te dit,
00:27:54non,
00:27:55déjà,
00:27:55tu vas à l'école,
00:27:57t'as même pas,
00:27:57t'es même pas joué,
00:27:59t'es même pas considéré
00:28:00là-bas comme un bon élève
00:28:02et tout.
00:28:02Qu'est-ce qui te motive ?
00:28:04Après,
00:28:05il y a d'autres
00:28:05l'idées dans ta tête
00:28:06qui te dit,
00:28:06l'école,
00:28:07c'est tout pour moi.
00:28:08Je peux apprendre,
00:28:09je vais rencontrer
00:28:10certains des camarades,
00:28:12il y a des maîtresses,
00:28:13des profs
00:28:13qui sont spéciales
00:28:14et tout.
00:28:15Et puis,
00:28:15tu dis,
00:28:16aujourd'hui,
00:28:17j'ai philosophie
00:28:17ou j'ai français,
00:28:18j'aime bien ces cours.
00:28:19Après,
00:28:20tu te motives,
00:28:21tu pars suivre les cours.
00:28:30Donc,
00:28:30moi,
00:28:30j'ai eu mon bac.
00:28:32Moi,
00:28:32je continue
00:28:33maintenant
00:28:35dans l'LBTS
00:28:36comptabilisation.
00:28:37c'était
00:28:40devenu un défi
00:28:41d'obtenir
00:28:43de ce bac.
00:28:44C'était
00:28:45devenu un défi.
00:28:46Je vais
00:28:47côté-à-côte
00:28:47l'avoir,
00:28:48pas pour moi,
00:28:49mais pour mes camarades
00:28:50qui ont abandonné,
00:28:52qui sont restés
00:28:53à la Méditerranée,
00:28:55qui aujourd'hui
00:28:55se sent
00:28:56isolés
00:28:57face
00:28:58à la nature
00:28:59et tout.
00:29:01Donc,
00:29:01voilà.
00:29:01Même ceux
00:29:02que je ne connaisse pas,
00:29:03mais c'était pour eux,
00:29:05les associations
00:29:05qui m'ont accompagné,
00:29:08les familles
00:29:09qui m'ont accueilli
00:29:10et ceux
00:29:11qui m'ont hébergé.
00:29:13Donc,
00:29:14pour moi,
00:29:14ça valait la peine.
00:29:17C'était bien.
00:29:18C'était bien pour moi,
00:29:19c'est une réussite en soi,
00:29:21mais c'est encore plus belle
00:29:23quand j'offre
00:29:24ces cadeaux
00:29:24à toutes ces personnes-là,
00:29:26à tous ces gens-là
00:29:27qui ont œuvré
00:29:28pour moi.
00:29:29quand vous êtes à la rue,
00:29:38vous devez être disciplinés.
00:29:40C'est ça notre force.
00:29:42Si on l'injustice,
00:29:43les régens,
00:29:44on le suivit,
00:29:45c'est notre quotidien.
00:29:47Mais nous,
00:29:48nous avons créé
00:29:49une défense.
00:29:50C'est notre mécanisme
00:29:51de défense,
00:29:51l'auto-éducation.
00:29:52quand il y a la discipline,
00:29:56je pense qu'on peut s'accepter
00:29:59même sans se parler.
00:30:06Pour cela,
00:30:07parfois,
00:30:07quand je ne me sens pas bien
00:30:09ou je me sens très mal,
00:30:10j'essaie d'écrire.
00:30:13Dans mon cahier de journal,
00:30:15j'avais écrit quelque chose.
00:30:17Souvent,
00:30:17parfois,
00:30:18j'essaie de parler,
00:30:19mais parler pour qui ?
00:30:20Pour moi
00:30:21ou pour mes collègues
00:30:22qui m'accompagnent
00:30:23ou avec mes amis
00:30:24que je rencontre à la rue.
00:30:31J'écris le nom des personnes
00:30:33à qui j'ai croisé le chemin.
00:30:37J'écris une lettre
00:30:38pour une personne
00:30:39que je n'ai jamais vue.
00:30:42J'essaie de me rappeler
00:30:43de ce que j'ai traversé.
00:30:46J'écris un peu sur ça.
00:30:48Un jour même,
00:30:53j'ai écrit un testament.
00:30:56Je pensais aussi à la mort.
00:30:58Je dis,
00:30:58de toute façon,
00:30:59la mort,
00:31:00quand on vit,
00:31:01on doit mourir aussi.
00:31:03On ne peut pas dissocier
00:31:04la vie et la mort.
00:31:07Je dis,
00:31:07et si je meurs dans cette situation,
00:31:10qu'est-ce qui va se passer ?
00:31:14Est-ce que j'aurai une place ici
00:31:15ou à côté des Siennes ?
00:31:20Ce jour-là,
00:31:24ça faisait longtemps,
00:31:26je n'ai pas pleuré.
00:31:28Après,
00:31:29en écrivant tout ça,
00:31:30j'ai vu mes larmes couler
00:31:33de façon matérielle.
00:31:34Je dis,
00:31:34alors là,
00:31:36c'est dur.
00:31:47Les mots sont les vêtements
00:31:48de l'émotion
00:31:49et même si nos stylos
00:31:50habillent bien nos phrases,
00:31:52peuvent-ils vraiment
00:31:53sauver nos frères
00:31:54du naufrage ?
00:31:55Les poètes se cachent pour écrire,
00:31:56ce n'est pas une légende,
00:31:57mon ami,
00:31:58regarde-nous.
00:31:59On a traversé
00:32:00des rivières de boue
00:32:01à la neige,
00:32:02on a dormi à jeun
00:32:03dans la neige
00:32:03et on est encore debout.
00:32:05Les poètes se cachent pour écrire,
00:32:07chacun purge sa pénombre.
00:32:09Dans une solitude silencieuse
00:32:10que certains pourraient craindre,
00:32:12on somme les mots
00:32:13de s'additionner
00:32:13comme des nombres.
00:32:15La poésie opère
00:32:16comme une lumière
00:32:16mangeuse d'ombre.
00:32:18J'aime cet état,
00:32:19mais le temps qu'on passe
00:32:20à l'attendre
00:32:20n'est pas si tendre.
00:32:22Parfois,
00:32:22il faut presque s'éteindre
00:32:23pour l'atteindre.
00:32:25Versificateur notoire,
00:32:26chaque rime
00:32:27est une cascade.
00:32:28Dans les lieux oratoires,
00:32:29l'auditoire n'aime pas
00:32:30les phrases fades.
00:32:32Dans ma vie,
00:32:32j'ai écrit plus de thé
00:32:33avec ce que ne reflète
00:32:34d'étoiles
00:32:34le grand lac Tchad.
00:32:36J'ai cherché la vérité
00:32:37dans les lignes
00:32:38de chaque énigme,
00:32:39de chaque conte
00:32:39et de chaque charade.
00:32:41J'ai interrogé
00:32:41les bons médiums
00:32:42pour chasser
00:32:43les mauvais djinns.
00:32:44Et j'ai répondu à mine
00:32:45comme ma mère,
00:32:46Madimbalen Hedjam.
00:32:48J'ai couru
00:32:48après les horizons
00:32:49sur chaque page
00:32:50avec l'énergie
00:32:51des anciens
00:32:52possédés par le jazz
00:32:53pour ne pas avoir
00:32:55à jouer à cache-cache
00:32:56avec le diable.
00:32:57Les poètes se cachent
00:32:58pour écrire,
00:32:58c'est pas une légende,
00:32:59ma soeur,
00:33:00regarde-nous.
00:33:00Toi et moi,
00:33:01c'est l'écriture
00:33:02qui nous lie.
00:33:03C'est dans la solitude
00:33:04qu'on apprend
00:33:04la convivialité
00:33:05et tant pis
00:33:06pour celui
00:33:06qui le nie.
00:33:08Le feu passe au vert
00:33:09et l'oralité
00:33:09passe par nous.
00:33:11Le verbe
00:33:11est une clé
00:33:12indispensable dehors.
00:33:13On nous demande
00:33:13des mots de passe
00:33:14partout.
00:33:15Les poètes se cachent
00:33:16pour écrire,
00:33:17c'est pas une légende,
00:33:18mon ami.
00:33:18Regarde-nous.
00:33:19Bon, moi,
00:33:26j'ai commencé
00:33:26par le freestyle.
00:33:29Tu assis comme ça,
00:33:30l'inspiration peut
00:33:31venir comme ça,
00:33:32tu peux improviser
00:33:34comme ça,
00:33:35de temps en temps.
00:33:38Les deux premiers
00:33:39morceaux que j'ai
00:33:40enregistrés,
00:33:40ça, c'était
00:33:41basé sur l'amour.
00:33:45Donc, le son,
00:33:46c'est basé sur ça.
00:33:47C'est pourquoi
00:33:48j'ai commencé
00:33:49de vivre
00:33:50cet amour-là
00:33:51va me rendre fou.
00:33:52C'est pourquoi.
00:34:22en fait, c'est comme la mathématique.
00:34:49la formule,
00:34:51tu la maîtrises,
00:34:52la formule,
00:34:53tu la maîtrises,
00:34:54tu vois.
00:34:54C'est comme ça aussi,
00:34:55la musique.
00:34:56Au fil à mesure,
00:34:57tu es dedans.
00:34:58En fait,
00:34:59ça te donne
00:34:59l'inspiration,
00:35:01ça vient,
00:35:01les méthodes,
00:35:02les techniques.
00:35:04C'est comme ça,
00:35:04toi.
00:35:08C'est un accord majeur,
00:35:09pour le coup.
00:35:11Mais je dirais
00:35:12ré majeur,
00:35:13comme ça,
00:35:13on va tester.
00:35:14c'est un accord majeur.
00:35:15C'est un accord majeur.
00:35:17C'est un accord majeur,
00:35:17ça fait que 10 ans.
00:35:18C'est un accord majeur.
00:35:20C'est un accord majeur.
00:35:20C'est un accord majeur.
00:35:20C'est un accord majeur.
00:35:21Tu es en train de trouver la gamme ?
00:35:37Je peux aller dans la cabine déjà.
00:35:51Je peux aller dans la cabine déjà.
00:36:21Je peux aller dans la cabine déjà.
00:36:51Je peux aller dans la cabine.
00:36:53Je peux aller dans la cabine.
00:36:57Je peux aller dans la cabine.
00:36:59Je peux aller dans la cabine.
00:37:01Parce que ce que j'ai vécu, il y a beaucoup de personnes qui ont aussi passé dans cette étape.
00:37:05Ce que j'ai vécu sur la route, dans le désert, jusqu'à la traversée, jusqu'à ici.
00:37:13La vie que j'ai trouvée ici, que je n'imaginais pas.
00:37:19Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont se retrouver dedans.
00:37:23C'est des moments aussi que vous ne pouvez pas oublier.
00:37:31Voir les hommes souffrir jusqu'à l'agonie devant toi.
00:37:37Voir tout ça, peut-être à 14, 15 ans, 16, c'est des choses que je…
00:37:45Si je pouvais demander une réinitialisation à mon cerveau, je dirais de ne pas résistrer ces parties-là et tout.
00:37:51Mais après, c'est des moments aussi que vous ne pouvez pas oublier.
00:37:59C'est naturel.
00:38:01Donc c'est à cause de ça, je me dis que le mieux possible pour moi, c'est de se fixer ce qui arrive.
00:38:10C'est le futur.
00:38:13Le passé, je l'ai déjà vécu.
00:38:16Je connais.
00:38:18Là, nous sommes en prison.
00:38:21Mais voilà, comme toute personne optimiste, croit au futur.
00:38:27Et moi, je me vois comme une personne optimiste.
00:38:42En haut, tu as encore des choses ?
00:38:43Oui, il ne reste pas beaucoup.
00:38:45Allez, ça marche.
00:38:48Ça, il faut faire attention.
00:38:49Ah, c'est quoi ? C'est la vaisselle ?
00:38:50Ouais.
00:38:51Alors, j'en avais remis de la vaisselle là-bas.
00:38:53T'as ramené des marmites ?
00:38:54Non, c'est pas.
00:38:55C'est marmite.
00:38:56Les tasses…
00:38:57Ah oui, d'accord.
00:38:58Allez, ça marche.
00:38:59Bon, on regardera de toute façon la vaisselle qu'il y a là-bas, mais il y en a aussi.
00:39:01OK.
00:39:02Allez, je t'attends pour le reste.
00:39:04Bienvenue.
00:39:05Comparativement aux deux vies et jusqu'à là, il y a eu beaucoup de changements, quoi.
00:39:12Super.
00:39:13Et alors, c'est pas ici, c'est tout au fond du couloir, là-bas.
00:39:16Voilà.
00:39:17Tu n'as plus dehors, tu travailles.
00:39:20Côté administratif aussi, ça va, ça commence à aller un peu.
00:39:25Il y a de la soir, quoi.
00:39:26Je sonne, mais je crois que le jeune, il n'est pas la façon de le travail, en tout cas.
00:39:29Mais il savait que t'arrivais aujourd'hui.
00:39:31OK.
00:39:32Donc, ben, tu peux…
00:39:33C'est bien fermé, tu peux rentrer chez toi, c'est toi qu'à la cuillère.
00:39:36OK.
00:39:37Merci.
00:39:50Je t'en prie.
00:39:51Merci.
00:39:55Jolene, elle a pour moi tous mes problèmes.
00:39:58Je l'explique, je ne l'ai pas expliqué, elle le connaît déjà.
00:40:02Tu veux qu'on va chercher le reste ?
00:40:04On va chercher le reste et après, on se posera un petit coup.
00:40:06Il est très, très engagé.
00:40:08Cette porte-là, c'est ta chambre.
00:40:10Voilà.
00:40:12Simple.
00:40:13Ben, tu donnes sur le parking, je crois, tu vois.
00:40:16OK.
00:40:17Tu vois, un petit placard.
00:40:19OK.
00:40:25Après, tu pourras remoduler comme tu veux.
00:40:27Tu peux mettre le lit dans un autre endroit, le bureau dans un autre endroit.
00:40:31OK.
00:40:32Et il y a un rideau, tu vois.
00:40:34Non seulement elle le fait parce que c'est son travail, mais elle le fait aussi parce qu'elle a un bon cœur, quoi.
00:40:44Il faut être reconnaissant, quoi.
00:40:45Le moment difficile, quelqu'un qui est là pour toi et quand tu es dans le bonheur, il ne faut pas oublier, quoi.
00:40:51Moi, je pense que c'est très important.
00:40:53On se trouve pour des choses, tu sais, qui sont bien typiques de la France.
00:41:03Les papiers.
00:41:04Tu sais qu'en France, on aime beaucoup les papiers.
00:41:06Donc, voilà.
00:41:07On va essayer d'aller surtout au principal.
00:41:10Donc, tu as passé trois ans à Pierre Valdeau et aujourd'hui, tu nous es confié par le département.
00:41:18Pourquoi automatiquement, tu es pris en charge et tu as droit à cette prise en charge parce que tu as été reconnu mineur ?
00:41:30Donc, le document, je l'ai établi en ta présence et celle de Nadege, ton éducatrice.
00:41:37Comme tu n'as pas de parents ici sur le territoire, c'est le département de la Loire qui est ton responsable légal, comme le serait un père ou une mère si tu dois demain aller à l'hôpital.
00:41:52C'est le département qui signe, qui dit oui, qui dit non, d'accord, comme le ferait un parent.
00:42:00Mais le département, il a ta responsabilité, mais il n'a pas le temps de s'occuper de toi.
00:42:06Donc, le département, il te confie à nous.
00:42:11Notre rôle, ça consiste à t'accompagner sur le plan éducatif.
00:42:17Toi, tu es apprenti, c'est ça ?
00:42:20Donc, en même temps, les études, le travail et puis les papiers, les démarches pour obtenir le titre de séjour.
00:42:32Et en même temps, comprendre les codes de plein de choses, apprendre à prendre des rendez-vous tout seul pour sa santé, tu vois, toutes ces choses.
00:42:43L'objectif, c'est que tu n'aies plus besoin de nous, finalement.
00:42:47Pour que quand tu feras ta vie tout seul en France, que les choses te semblent plus faciles et que tu arrives à te débrouiller un maximum toi-même.
00:42:59Dans ma première foyer où j'étais, tous les assistants sociaux étaient bien avec nous et même les dames du foyer.
00:43:08On était vraiment comme une famille.
00:43:12Et il y a surtout ma sœur Lisa qui était là chaque fois pour moi.
00:43:16Que ce soit où je suis malade ou stressée, à chaque fois, elle me donne des conseils.
00:43:23Elle va me raconter des histoires qu'elle a vécues, elle aussi.
00:43:27C'est pas ma vraie sœur, mais elle est plus âgée que moi.
00:43:32Et puis, elle a de l'expérience en France ici et puis dans la vie en général.
00:43:37Ici, en France, elle n'est pas mon dieu, mais vraiment, elle est tout pour moi.
00:44:00Je peux dire que je n'ai pas le lien avec mon pays,
00:44:03juste que je sais que dans mon pays, il y a une partie de ma famille qui est là et que je ne suis pas vraiment en communication avec elle.
00:44:11Et juste avec mon petit frère sur les réseaux sociaux.
00:44:15Mais le reste, j'ai tout coupé le pont.
00:44:18Parce que j'ai vu que quand j'étais dans mon pays, il y avait des choses qui m'arrivaient et ils ne m'ont pas aidée.
00:44:24J'ai décidé de couper.
00:44:26Je sais dans ma tête que je suis congolaise, je suis née là-bas, j'ai passé un peu le temps de ma vie là-bas.
00:44:32Mais maintenant, j'ai vu ma vie en France et tout le reste, j'ai mis derrière moi.
00:44:38Quand j'étais d'abord au pays, depuis que j'étais petite, ma maman me ramenait toujours à l'église.
00:44:50Je chantais et puis je dansais.
00:44:52Je faisais du tambour dans des groupes de jeunes.
00:44:57Donc ça fait partie de ma vie.
00:45:02Beaucoup de chants qu'on chante ici, on les chantait à Kinshasa.
00:45:05Et il y a des messes qu'on fait en français.
00:45:08Il y a des messes qu'on fait dans notre langue nationale.
00:45:12Il y a Morino aussi.
00:45:33Je partais chanter, il y a beaucoup de gens de ma communauté là-bas.
00:45:36Je me suis fait de famille aussi.
00:45:38De temps en temps, m'appeler, parfois passer à la maison.
00:45:42Au moins, j'ai trouvé des gens qui m'aidaient à Saint-Etienne.
00:45:48De lentement, ici, on général.
00:46:03Je sais pas, c'est Frédéric.
00:46:07Je sais pas, c'est Trés qu'en part, c'est tout autre type.
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