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  • il y a 21 heures
L'invité de 7h45

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Transcription
00:00Et invité pour une conférence cet après-midi à Nantes sur les grandes affaires criminelles nantaises.
00:04Bonjour Pierre-Marie Hériot.
00:05Bonjour.
00:06Les grandes affaires criminelles dont on parle ici, c'est celle liée au milieu nantais
00:09qui a connu ses grandes heures à la fin des années 70.
00:12C'était qui, c'était quoi le milieu nantais ?
00:15Le milieu nantais, c'est à la différence peut-être de les milieux d'autres villes,
00:21ce sont des fils de bonne famille, de la bonne bourgeoisie artisanale nantaise
00:26qui se sont dévoyés au contact de truands marseillais assignés à résidence à Nantes.
00:32On est là à la fin des années 60, début des années 70, ils ont fait la garde d'Algérie,
00:38ils reviennent, ils s'en canaillent et puis ils montent ces fameuses équipes
00:41qui en 1979 réalisent leur premier coup d'éclat,
00:45le braquage d'un fourgon blindé sur le parking de la bourgeois à Nantes.
00:48C'est-à-dire que Nantes a été contaminée par ce qui se faisait ailleurs ?
00:52Contaminée, je ne sais pas, mais c'est au contact de truands marseillais qu'ils se sont formés.
00:59Ils ont travaillé aussi avec les gangs des Lyonnais, avec le gang des Postiches.
01:03Ils ont évidemment progressé assez vite et ils sont devenus,
01:07quoique tout en restant très discrets,
01:09mais ils se sont vite imposés au firmament du grand banditisme français.
01:12Vous nous parliez du braquage de ce fourgon bladé,
01:16est-ce qu'il y a d'autres grandes affaires qui ont marqué cette époque-là ?
01:19Ah oui, il y a eu de grandes affaires criminelles,
01:21il y a eu notamment la fusillade de Beaucousé.
01:23La fusillade de Beaucousé, c'est en 1989 je crois,
01:27où l'un des caïds Nantais perd la vie,
01:31mais c'est un affrontement entre deux chefs d'entreprise.
01:33L'un des chefs d'entreprise recrute d'anciens légionnaires,
01:36l'autre chef d'entreprise, Angevin, lui recrute des truands Nantais,
01:39il est ami avec des truands Nantais,
01:41et tout le monde se retrouve dans un entrepôt,
01:43fusillade générale, il y a deux morts, deux blessés graves,
01:46peut-être plus parce que...
01:48Oui, on n'a pas forcément retrouvé tout le monde ?
01:49Absolument, on n'a pas forcément retrouvé tous les corps.
01:51Il y avait beaucoup de règlements de comptes aussi à l'époque ?
01:53Oui, il y avait aussi beaucoup de règlements de comptes,
01:55mais ça ne touchait pas la population.
01:57Aujourd'hui on peut avoir des fusillades,
01:58notamment dans les quartiers,
02:00et parfois peut-être des victimes collatérales.
02:04A l'époque, non, les assassinats étaient évidemment très ciblés,
02:07c'était des règlements de comptes entre eux.
02:08On va y revenir, à cette évolution de la criminalité à Nantes.
02:12Je voulais revenir quand même, Pierre-Marie Hériot,
02:15à un événement qui a marqué l'histoire de Nantes,
02:18c'est cette prise d'otage au palais de justice en 1985,
02:21pendant son procès de Georges Courtois.
02:23Alors ce n'était pas forcément l'un des plus grands bandits de l'époque,
02:26mais par ce qu'il a fait, il a vraiment marqué l'histoire de Nantes.
02:30Oui, une cour d'assises prise en otage,
02:33c'était la première fois, et à ma connaissance,
02:34il n'y en a jamais eu d'autre.
02:35Donc évidemment, à l'époque, je me souviens,
02:39on allait à la cour d'assises,
02:40il n'y avait aucune mesure de protection.
02:42On rentrait, il n'y avait même pas de pièce d'identité à montrer,
02:44il n'y avait pas de fouille, il n'y avait rien.
02:46Bon, évidemment, après cette prise d'otage
02:48qui a quand même marqué les esprits,
02:51les mesures de sécurité se sont toujours un peu plus renforcées.
02:54Aujourd'hui, il ne faut montrer pas de blanche pour rentrer au tribunal,
02:56même les journalistes n'échappent pas à la fouille.
02:58Oui, c'est beaucoup plus sécurisé, effectivement.
03:00C'est beaucoup plus sécurisé.
03:01Georges Courtois, pardon, dont on a retenu le nom,
03:04mais ce n'était pas lui le plus grand bandit de ce procès ?
03:07Ah, ce n'était pas le plus grand bandit ici, à l'époque.
03:09C'était tout de même la personnalité la plus marquante,
03:11mais Abdelkarim Kalki n'était pas un grand délinquant.
03:14Il vit aujourd'hui, il est retourné au Maroc,
03:16où il vit au Maroc,
03:17et Patrick Thiolet, qui était le petit jeune,
03:19vous savez, le petit jeune que l'on voit tenir l'arme sur la tête
03:21du procureur.
03:24Patrick Thiolet est décédé il y a deux ans,
03:28et lui a encore refait parler de lui ensuite
03:31par une série de hold-up,
03:32pour laquelle il a été condamné.
03:34Mais c'est aussi un bel exemple de rédemption,
03:36parce qu'il a fini,
03:39il a repris une vie normale,
03:40il a eu des enfants bien longtemps après.
03:42Et il a même travaillé au Hellfest.
03:43Il a même travaillé au Hellfest,
03:45avant qu'on se retrouve devant le micro.
03:47Pierre-Marie Heriot, on a parlé des braquages,
03:50on a parlé des règlements de compte,
03:51il y avait aussi les bars à hôtesse,
03:52ça c'était quelque chose d'important à Nantes ?
03:54Ah oui, comme souvent dans les villes portuaires,
03:56mais imaginez qu'à Nantes,
03:57Quai de la Fosse, Quartier République,
03:58Quartier de la Gare, Dalby,
04:00il y a eu jusqu'à 53 barres de nuit.
04:03Alors la question, ces barres de nuit,
04:05comment étaient-ils financés,
04:06à quoi servaient-ils ?
04:07Est-ce que c'est l'argent des braquages
04:08qui a permis de financer des barres de nuit,
04:10ou est-ce que ce sont les barres de nuit
04:11qui ont permis de financer des mauvais coups ?
04:13La question n'est pas totalement tranchée,
04:15c'est comme l'oeuf et la poule
04:16qui est arrivée en premier.
04:17On ne sait pas forcément.
04:19On l'a évoqué il y a quelques minutes,
04:21l'évolution de cette criminalité nantaise,
04:23aujourd'hui ça n'a plus rien à voir.
04:25En guise de clin d'œil,
04:26d'ailleurs le titre de la conférence de cet après-midi,
04:28c'est « C'était mieux avant ».
04:29Oui, oui, alors « C'était mieux avant »
04:31avec un point d'interrogation.
04:32Alors « C'était mieux avant »
04:33sûrement, oui, pour les truands du milieu traditionnel,
04:36parce qu'aujourd'hui, ils ont disparu.
04:38Soit ils sont morts de leur belle mort,
04:40soit de maladie, soit d'accident,
04:42soit évidemment de règlement de compte.
04:44« C'était mieux avant aussi pour les journalistes ».
04:48Moi, je me rappelle qu'au début de ma carrière,
04:50on allait dans les bureaux des policiers,
04:52on allait dans les bureaux des gendarmes,
04:53les services du procureur nous montraient
04:55toutes les procédures,
04:56c'était une autre époque
04:57et on avait toutes les informations
04:59ou presque que l'on voulait.
05:00Aujourd'hui, c'est ultra verrouillé,
05:02c'est un communiqué de presse qui tombe le soir.
05:04Oui, c'était moins le cas à l'époque ?
05:06Alors, à l'époque, le milieu traditionnel
05:08n'a commencé à toucher à la drogue qu'à la fin
05:09et c'est un peu ce qui a signé son arrêt de mort,
05:12c'est-à-dire que lorsqu'ils sont tombés
05:13vraiment dans le trafic de drogue,
05:15ils ont sûrement gagné beaucoup d'argent
05:16mais ils ont aussi perdu leur âme
05:18et souvent la vie ou des années de liberté.
05:22Oui, la drogue qui domine aussi aujourd'hui
05:24beaucoup les affaires criminelles nantaises.
05:26Et aujourd'hui, c'est beaucoup plus difficile
05:27de percer ces milieux-là,
05:29qui sont des milieux décités très souvent
05:30avec des caïds qui sont à l'étranger.
05:33Notamment quand on est comme vous,
05:34journaliste Pierre-Marie Hériot.
05:36Merci d'avoir été l'invité d'ici matin.
05:38Vous participez donc cet après-midi
05:40à une conférence sur les grandes affaires criminelles nantaises
05:42à l'Université permanente de Nantes
05:44et vous avez aussi lancé une série de podcasts
05:46sur le même sujet intitulé
05:47Parrain de Nantes.
05:48Bonne journée à vous.
05:49Merci.
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