00:00Est-ce que Théo est avec vous, Florence ?
00:02Mon fils est là, oui.
00:03Est-ce qu'on peut échanger quelques mots avec Théo ?
00:06Oui, allez-y, je vous le passe.
00:08Bon, merci Florence.
00:11Oui, allô ?
00:12Bonjour Théo.
00:14Bonjour.
00:14Bon, d'abord, évidemment c'est toujours difficile parce que l'incident est très récent, il date du 31 janvier, c'est bien cela ?
00:25C'est ça.
00:25On est aujourd'hui le 5 février, donc vous êtes encore sous le coup de cette agression sur le plan psychologique, sur le plan physique, comment ça va ?
00:37Actuellement c'est plus dur physiquement que mentalement, parce que dès que je bouge un peu trop vite, j'ai des flashs, je ne suis pas bien, j'ai la tête qui tourne, je perds l'équilibre.
00:49Mais mentalement je sens que j'ai quand même eu de la chance sur le moment, parce que c'était que des coups de pied entre guillemets.
00:56C'est un peu bizarre de dire ça, mais ça aurait pu être des coups de couteau, des coups de batte, des coups de trucs en métal.
01:02Et donc je me sens assez chanceux quand même de ne pas avoir non plus quelque chose d'hyper grave.
01:07Qu'est-ce que vous ont dit les médecins sur ces symptômes que vous avez en ce moment ? Est-ce qu'a priori ils vont s'évanouir ces prochains jours ?
01:15Oui, il faut juste avec le temps et faire de la kiné pour mes cervicales, et ça devrait passer avec le temps.
01:22Donc là en ce moment vous vous reposez, vous n'avez pas repris le travail, vous êtes en communication de sport, vous connaissiez, c'est ça qui est absolument sidérant,
01:33la personne, cette fameuse personne qui aurait 25 chefs d'accusation, vous êtes capable de le reconnaître dans la rue, vous le connaissez, vous l'avez identifié.
01:40Oui, et en sortant du commissariat, c'était mardi, il y a eu un coup de malchance, on s'est croisés dans l'ascenseur et j'ai recroisé ce regard.
01:51Et il s'est passé quelque chose ? Est-ce que vous avez peur de le recroiser, de ressortir de chez vous, de tomber sur lui ?
01:57Oui, actuellement je ne me sens pas de retourner vers où ça s'est passé et de le recroiser avec ou sans amis, juste de le recroiser.
02:06Et ça s'est passé au moment où vous rentriez dans l'appartement que vous louez à Lyon, dans le cadre de votre formation ?
02:14Dans le hall de l'immeuble.
02:15Dans le hall de l'immeuble. Et là vous êtes manifestement chez votre mère, si je comprends bien, à 45 km de Lyon.
02:21C'est ça.
02:22Dans une maison, et vous avez bien raison parce que vous allez vous reposer.
02:24Mais est-ce qu'il y a une confrontation qui va être organisée entre vous et ces jeunes ?
02:28Je ne sais pas, on ne sait rien du tout.
02:30Mais vous, vous souhaitez cette confrontation ?
02:33Je ne sais pas à quoi ça servirait.
02:35Ça servirait d'abord à échanger, comment dire, les propos et à leur faire prendre conscience de ce qu'ils ont pu faire.
02:47Et puis à vous-même de leur dire.
02:50Moi j'avais vu un film comme ça qui était assez formidable, c'est Judith Henry qui avait fait, ou Jeanne Henry.
02:55Sur la justice restaurative.
02:56Voilà, exactement, la justice restaurative.
02:59Et c'était intéressant d'ailleurs.
03:00Pourquoi pas ? Ça peut peut-être fonctionner, se parler.
03:02Peut-être que ces jeunes gens...
03:04Il faut qu'il y ait la justice passe d'abord.
03:05Avant de faire la justice restaurative, il faut les mettre en prison.
03:07Je suis absolument d'accord avec vous.
03:09Mais qu'ils voient, qu'ils se rendent compte de ce qu'ils ont fait, de ce qu'ils vous ont fait, du malheur, du mal-être qui peut être le vôtre.
03:18Enfin, il me semble que c'est intéressant qu'il y ait une confrontation.
03:22Qu'est-ce que vous en dit les policiers, Théo ?
03:26Ben après, moi quand je l'ai croisé, dans son regard, je voyais qu'il s'en foutait complètement.
03:30C'était limite s'il était heureux que je sois comme ça, quoi.
03:32Qui ?
03:33C'est l'agresseur.
03:36C'est limite s'il était content dans son regard de voir que j'étais dans cet état-là.
03:40Donc je ne sais pas forcément si ça amènerait à quelque chose de lui parler.
03:44C'est-à-dire qu'il y a d'autant plus d'arrogance que finalement il sort dehors.
03:47C'est-à-dire que j'ai failli tuer quelqu'un, et regarde-moi, je suis dehors, et il y a de l'arrogance, et on ne peut rien contre moi.
03:57C'est ça que j'entends dans vos paroles.
04:00C'est intéressant ce que vous dites, vous dites, j'ai failli tuer quelqu'un.
04:04Aux yeux de la justice, ce n'est pas une tentative d'homicide.
04:07Alors que Théo nous expliquait, à juste titre, qu'il a pris des coups de pied dans la tête à de nombreuses reprises.
04:11Vous pouvez tuer quelqu'un.
04:12Et ça a été qualifié comment ?
04:13C'est vol et vol aggravé.
04:15Il n'y a pas de tentative d'homicide.
04:18Il n'y a pas de tentative d'homicide.
04:18Il n'y a pas de tentative d'homicide.
04:19Il n'y a pas pour le vol, c'était pour de la violence.
04:21Ils sont poursuivis devant le tribunal pour enfants des chefs de vol aggravé et violence en réunion.
04:27Le parquet de Lyon a requis leur placement sous contrôle judiciaire.
04:30Seules mesures de sûreté pouvant être prononcées à l'encontre de mineurs de moins de 16 ans.
04:34Mais pourquoi ne sont pas reconnus à une tentative d'homicide ?
04:39C'est ça que je ne comprends pas, les images sont claires.
04:42Bon, écoutez, restez avec nous Théo parce qu'on va marquer une pause.
04:45Je vous remercie d'être avec nous.
04:46On va, après la pause et le flash d'Emilides, continuer cette discussion.
04:52Et vraiment, je vous remercie avec vous.
04:53Et c'est ce que je disais à votre maire il y a quelques secondes.
04:56Si on peut vous aider, d'une manière ou d'une autre, judiciaire, juridique, médiatique, que sais-je,
05:02faisons-le, au moins que nous servions à quelque chose, que nous soyons utiles.
05:06Il est 16h27, à tout de suite.
05:07Vous êtes à l'écoute d'Europe 1, Pascal Proulx et vous, c'est entre 16h et 18h.
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