00:00Mais ça devenait difficile. J'avais du mal à repartir à l'entraînement. Et des signes de
00:15fatigue aussi, mais j'avais ma chemise qui partait dans tous les sens. Quinze jours avant le TMB,
00:19elle avait doublé de volume. Presque j'attendais la rupture physique, mais elle n'arrivait pas.
00:26Je savais que je n'étais pas dans le bon état d'esprit pour s'engager sur le TMB. Mais j'ai fait
00:33cette prépa du plus perfectionniste possible. Mais voilà, je sentais déjà un trouble. Et le jour
00:42de l'UTMB, ça ne pardonne pas. Au départ, vous avez parlé d'état d'esprit ? Vous vous sentez que vous êtes au bord de la rupture déjà ?
00:48Non, je n'ai pas bien vécu le départ en plus. Un gros stress alors que normalement ça donne des frissons.
00:55cette musique, cette ambiance à Chamonix, là c'était très anxiogène pour moi. Je n'étais vraiment pas bien.
01:01Et voilà, j'ai serré les dents, mais ça partait pas bien. Et j'ai un craqué déjà. J'ai revu Maud Gaubert,
01:12que j'aime beaucoup, qui était au Village des Glaciers. Elle va monter le col de la Seigne. Elle me dit trois mots.
01:19Elle me dit trois mots. Je vais m'effondre. Et une fille qui m'ébauche, enfin voilà, qui initie un peu une conversation avec moi.
01:25Je vais m'effondre alors que voilà, j'étais au bout, j'étais à bout quoi.
01:29Il faisait froid, je connais ? Non, enfin, j'ai eu froid parce que c'est pas tant les conditions, c'est vraiment ces mesures mentales et physiques.
01:35Oui, c'était mentale. Donc voilà, cette expérience UTMB.
01:40Vous avez mis du temps à digérer d'ailleurs, parce que ça a duré des mois.
01:44Oui, alors après, comme je dis, c'est vrai que j'ai de la chance d'avoir cette côté pro qui me fait revenir sur terre.
01:52Ou clairement, le lundi, après un UTMB, bah en fait, on se rend compte qu'un échec à l'UTMB, c'est pas la fin du monde.
01:58C'est pas la fin du monde, quoi. Mais quand même.
02:00Mais forcément, oui, parce qu'on y met beaucoup d'engagement, on se prépare beaucoup.
02:04Adrien a fait aussi une grosse remise en question. Lui aussi, il n'a pas forcément été très bien pendant cet automne 2004.
02:11Et voilà, bah oui, forcément, il y a un ras-le-bol quoi. Il a fallu couper.
02:17Après, je fais toujours des coupures l'hiver, donc ça n'a pas été un problème pour ça.
02:21Mais j'ai coupé bien 4 semaines à ne pas courir, à vraiment rien faire.
02:25Et puis après, essayer de rebondir un peu, mais en tout cas, ça a signé la fin de l'Ultra, où je savais que je voulais arrêter.
02:35J'aurais aimé finir sur une diagonale et la faire pleinement, pas comme en 2022 où ça a été compliqué.
02:42Mais là, clairement, je me suis dit non, je ne vais plus sur l'Ultra.
02:45C'était une situation de burn-out à ce moment-là, l'automne 2022 ou quoi ?
02:49Je ne voulais pas utiliser ce terme jusqu'à...
02:52Jusqu'à très récemment.
02:53Très récemment.
02:54Clairement, j'ai été conviée à une conférence.
02:57Et justement, quand j'ai été conviée à cette conférence, ça m'a un peu énervée en me disant
03:01« purée, ce n'est pas possible, pourquoi je suis conviée à cette conférence ? »
03:06Donc sur burn-out, effectivement.
03:07Et sur le coup, oui, un peu, peut-être par fierté ou par renoncement, je n'en sais rien,
03:14mais je me disais « mais quand même, pourquoi je fais le porte-drapeau des dépressifs du trail ? »
03:18Et puis en fait, c'était donc une chercheuse, une professeure qui a beaucoup travaillé sur burn-out sportif,
03:23qui présente le sujet.
03:24Et là, clairement, je me dis « bon... »
03:27Tous les symptômes étaient identifiés.
03:28Je coche vraiment toutes les cases.
03:30Et je crois que c'est la première fois que j'ai utilisé ce terme.
03:33Et c'est vrai, en fait.
03:34Oui, oui, donc honnêtement, oui, j'ai fait un burn-out, si on veut dire.
03:39Mais ce qui me vexe quelque part, c'est que clairement, la course à pied, c'est ma passion.
03:48Je n'aime pas parler de carrière, je n'aime pas parler de vie pro-athlète,
03:52parce que pour moi, je suis vétérinaire, mon métier, c'est véto,
03:54même si le trail a pris une grande ampleur et que j'ai aussi un petit peu de revenu du trail.
04:01Pour moi, je suis d'abord vétérinaire professionnellement.
04:04Et clairement, en plus, véto, ce n'est pas de tourpo, je fais des études qui sont dures.
04:09Et si ça devait craquer, ça ne devait pas craquer dans le trail.
04:12Ce n'est pas possible.
04:13En tout cas, je ne l'acceptais pas.
04:15C'est une évidence, ça a craqué dans le trail, pas dans le boulot.
04:19Mais ça va, je vais bien quand même.
04:21Plus grande offre de sport accessible à tous.
04:23Disponible sur le site L'Equipe dans l'espace TV.
04:26Merci.
04:27Merci.
04:28Merci.
04:29Merci.
Commentaires