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00:00RFI et France 24 présentent Mardi Politique.
00:20C'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 et RFI et nous recevons Antoine Vermorel Marques, député de la Loire et vice-président des Républicains.
00:29Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:33Une enseignante de collège a été poignardée par un élève de 14 ans dans le sud de la France à Sanary-sur-Mer.
00:40Son pronostic vital a été engagé.
00:43Être professeur aujourd'hui est-il un métier à risque ?
00:47Je vais déjà saluer l'ensemble de l'équipe éducative et évidemment cette enseignante et le courage qu'elle a eu.
00:53La question c'est comment un enfant de 14 ans non seulement décide de rentrer avec un couteau dans l'établissement scolaire,
00:59comment il peut rentrer dans un établissement scolaire avec un couteau et ensuite pour quelle raison il décide de poignarder une enseignante d'art plastique dans son établissement.
01:07Je pense que ça pose la question de la sécurité de nos établissements scolaires et puis aussi du retour de l'autorité à l'école de faire en sorte de protéger nos enseignants,
01:14protéger le service public en France pour faire en sorte que ces problèmes peut-être de santé mentale ou d'autres puissent avoir trouvé une solution pour ces jeunes.
01:25Parce que vous venez de le dire, bien évidemment ça va être remis dans les polémiques, dans les jours qui viennent.
01:34Il y a deux sujets, il y a effectivement la santé mentale des jeunes qui est de plus en plus préoccupante.
01:41Alors est-ce qu'il y a suffisamment d'infirmiers scolaires, de gens qui veillent sur l'histoire ?
01:45Apparemment ce jeune homme avait un problème avec sa famille et puis d'autre part vous le disiez, la sécurité.
01:51Alors est-ce qu'on se pose toujours le même sujet dans le fond ?
01:54Est-ce qu'il faut mettre des détecteurs de métaux à l'entrée de toutes les écoles ?
01:59Est-ce que les écoles doivent devenir un sanctuaire ?
02:01La première chose c'est de protéger l'établissement, de protéger les professeurs mais aussi les autres élèves.
02:06Donc moi je suis favorable à la question des portiques à l'entrée des établissements scolaires.
02:10D'ailleurs on l'a expérimenté dans ma région.
02:13Et puis la deuxième chose c'est évidemment la question de la santé mentale.
02:16Et ça passe par la régulation notamment des réseaux sociaux.
02:19C'est la proposition de loi de Laure Miller qu'on a votée la semaine dernière pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
02:24Il faut bien comprendre que les jeunes n'achètent plus les couteaux en boutique.
02:26Ils les achètent sur internet grâce parfois à des VPN en les tournant les règles pour faire en sorte de pouvoir se procurer ce type d'armes.
02:34J'avais moi-même trouvé des armes de catégorie A sur Chine en vente libre en best-seller.
02:40Et la même arme que j'avais trouvée sur ce site internet sur Chine avait servi à tuer un lycéen de 14 ans il y a un an.
02:47Et donc ces armes qui se trouvent à 10 euros en livraison gratuite sont des armes qui visent à tuer et qui doivent aujourd'hui nous engager dans une démarche beaucoup plus proactive de régulation des réseaux sociaux, de régulation d'internet vis-à-vis notamment des mineurs.
03:02Alors Marine Le Pen attend aujourd'hui les réquisitions du parquet dans son procès en appel.
03:06Les avocats généraux ont demandé de confirmer les peines de culpabilité et d'inéligibilité.
03:12Ce n'est pour l'instant qu'un réquisitoire. Mais si elle ne pouvait pas être candidate, pensez-vous que cela donnerait du combustible à Jordan Bardella et au Rassemblement National ?
03:23C'est-à-dire que la colère monterait du côté de l'extrême droite.
03:28Moi je suis attaché à l'état de droit et l'état de droit il est clair, il y a une règle.
03:31Si vous dépassez cette règle, si vous ne la respectez pas, vous êtes condamné.
03:35Et que vous appeliez Marine Le Pen ou Mme Michu ou M. Michu, la sanction doit être la même.
03:41Ce n'est pas parce que vous avez un titre, ce n'est pas parce que vous avez le rôle de député ou potentiellement de candidate à l'élection présidentielle que vous êtes au-dessus des lois.
03:48Et donc si Marine Le Pen a effectivement détourné de l'argent public, même à des fins politiques, même sans enrichissement personnel, la loi elle est claire, c'est l'inéligibilité.
03:57Et donc on attendra, j'attends de voir les réquisitions, mais personne ne doit être au-dessus des lois.
04:01Et évidemment que ce n'est pas parce qu'elle veut être candidate à l'élection présidentielle qu'elle peut se permettre de faire tout ce qu'elle souhaite.
04:07La droite, les Républicains, vous êtes vice-président des Républicains, préfèrerait avoir à affronter un Jordan Bardella ou une Marine Le Pen ?
04:17Non, la question ce n'est pas de savoir qui est contre nous aujourd'hui.
04:20Un peu quand même.
04:21Oui, mais la question qui se pose pour nous, elle est plus sérieuse, elle est plus existentielle, c'est qu'est-ce qu'on propose aux Français ?
04:25Et c'est là où notre parti a une mission fondamentale de relever le combat des idées, le combat des propositions aussi pour 2027,
04:35pour ne pas être simplement, on est là contre Marine Le Pen ou contre Jordan Bardella, mais on est là pourquoi ?
04:40Qu'est-ce qu'on veut défendre dans la France d'après ? Comment on relève la France ? Comment on lui redonne sa grandeur ?
04:44Comment on la transmet aussi à nos enfants, celle dont on a hérité ?
04:48C'est plein de nouveaux sujets.
04:49La question écologique, évidemment, que je porte au sein du parti, mais aussi la question, évidemment, migratoire,
04:54la question de la sécurité, la question de l'éducation, tous ces sujets-là, on va les mettre en débat.
04:58Bien sûr qu'on a du boulot et avec beaucoup d'humilité.
05:00On a l'impression que, est-ce que les Républicains travaillent ?
05:04Dans le sens où on a l'impression qu'aujourd'hui, c'est devenu une cour de récré entre Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau,
05:13il y a toute une liste de prétendants à l'Élysée, David Lysnard.
05:18Aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est un peu tourné-manage.
05:24Moi, ce que je souhaite, c'est que chacun des candidats, qui sont légitimes, on a de la chance, on a des talents.
05:28Il y a des familles politiques où il n'y a plus de talents. Nous, on a plein de talents.
05:30Il faut que ces talents-là, ils se mettent au service de la famille politique, et notamment au service des Français,
05:34avec la question des idées. Qu'est-ce qu'ils portent pour le pays ?
05:38Plutôt que de vouloir être candidat les uns contre les autres, à essayer de faire celui qui fera 7 ou 8 %,
05:43l'enjeu, c'est de savoir qu'est-ce qu'on met sur la table, qu'est-ce qu'on propose.
05:46Et la vraie question, c'est quel est notre projet pour 2027 ?
05:50Eh bien, on l'attend. Échec cinglant, en tout cas, pour les Républicains.
05:54C'est la première fois que ça arrive. Ce dimanche, lors d'une législative partielle en Haute-Savoie,
05:59qui est pourtant un fief historique des Républicains,
06:02le candidat UDR, c'est-à-dire le parti d'Éric Ciotti, qui a rejoint le Rassemblement national,
06:08a remporté haut la main, enfin le candidat a remporté haut la main, cette partielle.
06:17C'est la première fois qu'un allié du Rassemblement national l'emporte.
06:21Alors, il faut être honnête, la participation était extrêmement faible, 34%.
06:25Mais est-ce que c'est un signal, selon vous, inquiétant pour votre parti ?
06:31Et dans le fond, quel enseignement vous en tirez ?
06:34Non, c'est pas une bonne nouvelle. Déjà, moi, je veux rendre hommage à Christelle Pétex,
06:37qui était la députée des Républicains, qui avait décidé de mettre fin à son mandat.
06:42Et je veux lui rendre hommage pour la connaître personnellement,
06:44pour tous les engagements qu'elle a apportés.
06:46Cet échec, c'est un échec local, mais c'est aussi un échec national.
06:50C'est quand on n'est pas capable d'être clair sur où sont nos bornes, où sont nos frontières.
06:54Et notamment, cette question qui nous a été posée à la dissolution de 2024,
06:58voulez-vous, oui ou non, suivre Éric Ciotti avec Marine Le Pen pour devenir les sous-traitants du Rassemblement national ?
07:04Tous les députés LR ont répondu non à cette question.
07:06Et le problème qu'on a eu en haut de sa voix, c'est qu'on a notamment un président de fédération,
07:11Marcel Sadier, qui est également président du département, qui n'a pas été clair pendant la campagne.
07:15Et on ne peut pas avoir...
07:16Mais il y en a plein qui seront pas clairs à venir.
07:18Il faut que le parti soit clair en ses positions.
07:21Et quand on a des personnes qui cherchent à nous faire perdre en local,
07:23ils ne peuvent pas rester au sein de la famille politique.
07:25Alors est-ce que le Rassemblement national, pour tout le monde chez LR, reste un adversaire politique ?
07:31Il est évidemment un adversaire politique.
07:33Pour tout le monde ?
07:33Pour tout le monde. Et pour ceux qui ne sauraient pas répondre à cette question,
07:36ils n'ont rien à faire dans notre famille politique.
07:38Parce que ce qui nous différencie avec le Rassemblement national,
07:41ce n'est pas une question de mesurette, c'est une question de nature.
07:44à la fois sur notre projet, mais aussi sur notre histoire et ce que l'on veut porter pour l'avenir.
07:50Nous, on n'est pas là pour diviser les Français.
07:52On n'est pas là pour faire en sorte de stigmatiser les uns avec les autres, de fracturer.
07:55On est là pour justement remettre de l'ordre et de remettre de la justice dans tout ça.
07:59Et c'est la grande différence, je pense, avec le Rassemblement national,
08:02qui en plus d'un point de vue économique, on n'a pas encore parlé du budget,
08:05mais avait voté près de 34 milliards d'euros d'augmentation d'impôts,
08:08avec un projet quasiment social-étatiste porté à l'Assemblée nationale par Marine Le Pen et par ses soutiens.
08:13On n'a rien à voir avec ces gens-là, et c'est la raison pour laquelle on doit être beaucoup plus clair
08:18parmi nos cadres qui, eux, jouent double jeu avec l'UDR.
08:24– Mais ça montre quand même une porosité des électorats, de l'électorat.
08:27– Je ne suis pas certain qu'il y ait une porosité, parce qu'en 2024, moi, la dissolution,
08:31quand on a donné le choix et qu'on avait tous des candidats,
08:34moi j'avais un candidat du Rassemblement national soutenu par Éric Ciotti contre ma circonscription,
08:38les électeurs de droite ont voté pour moi, ils n'ont pas voté pour lui.
08:41Donc je pense qu'il n'y a pas une porosité si forte.
08:44Par contre, la question, c'est que si on n'est pas capable de mettre des propositions sur la table
08:47pour faire barrage, alors le barrage ne tiendra pas.
08:49– Alors selon un sondage, donc ça, 48% des sympathisants LR estiment que le parti sort affaibli de la séquence budgétaire.
08:59Votre parti paye-t-il ses contradictions sur le budget entre l'Assemblée nationale et le Sénat ?
09:06Et puis bien sûr, entre Laurent Wauquiez, qui est donc président de groupe à l'Assemblée nationale,
09:12et Bruno Retailleau, le patron du parti, qui, lui, jugeait ce budget inacceptable,
09:18alors que Laurent Wauquiez a voulu jouer la carte de la responsabilité.
09:23– Et les Français, ceux que vous citez, ils ont raison.
09:25La vérité, c'est qu'on avait un choix extrêmement difficile à faire sur le budget.
09:28– Mais qui a raison ?
09:29– Même moi, en tant que député de la droite républicaine,
09:32je me suis interrogé pour savoir ce que je devais faire.
09:34Parce que d'un côté, on avait des choses qui étaient pour nous inacceptables,
09:38notamment l'augmentation des impôts sur les plus grosses entreprises,
09:40et puis de l'autre côté, on avait obtenu des choses comme l'absence d'augmentation d'impôts sur les ménages,
09:44sur les particuliers, sur les TPE, les PME, et même les entreprises de taille intermédiaire.
09:47– Donc comment vous faites la balance, quand vous êtes dans un budget imparfait,
09:51parce qu'il n'y a pas de majorité, parce que vous n'avez pas de majorité de droite, pour choisir ?
09:54– La balance, c'est la censure.
09:56Et si vous censurez le gouvernement, c'est 20 milliards de plus de dettes,
09:59et c'est 6 mois de discussion budgétaire de nouveau, que vous faites perdre à votre pays.
10:02C'est la raison pour laquelle on a décidé de ne pas censurer,
10:07même si ce budget-là ne nous convenait pas, parce que ce n'était pas un budget de droite,
10:10puisque nous n'avons pas la majorité.
10:11– Vous jugez que c'est un budget socialiste ?
10:13– Ce qui n'est pas impardonnable, c'est que les Français nous reprochent parfois
10:17notre manque de position claire, et ils ont raison,
10:19mais la situation, elle est complexe, elle est difficile.
10:22Par contre, ce qui est impardonnable, c'est nos divisions internes.
10:25On peut avoir des problèmes de positionnement,
10:27mais on ne doit pas avoir de problèmes de division interne.
10:29On est trop faible pour avoir une nouvelle guerre des chefs,
10:31pour faire en sorte que certains jouent la politique de la terre brûlée,
10:34pour être certain qu'un tel ne montera pas plus vite que l'autre.
10:37Tout ça, c'est mortifère pour le pays.
10:38– Est-ce que la droite redevient la plus bête ?
10:41– Bien sûr qu'on est sur le chemin de la droite la plus bête du monde.
10:45Pourquoi ? Parce qu'on a des talents, et on est incapable de se mettre autour d'une table,
10:49comme dans une famille, pour discuter ensemble et se dire
10:51qu'est-ce qu'on met sur la table, qu'est-ce qu'on met comme proposition,
10:54et ensuite on verra qui sera notre candidat à l'élection présidentielle.
10:57Et c'est ça qu'on devrait faire si on veut absolument redevenir majoritaire en 2027,
11:01non pas pour nous-mêmes, mais parce que je suis convaincu que nos propositions sont majoritaires,
11:05et en plus sont bonnes pour le pays comme pour l'Union européenne.
11:07– Oui, mais comme vous venez de le dire, vous étiez entre le marteau et l'enclume.
11:10Est-ce que, dans le fond, vous pensez que, comme le dit Bruno Retailleau,
11:16c'est un budget socialiste qui va être mis en œuvre,
11:19ou bien, effectivement, il fallait accepter et avaler la pilule,
11:24et de dire à vos électeurs, voilà, les entreprises vont faire un gros effort
11:28sur la fiscalité sur les entreprises.
11:31Ça, c'est pas dans l'ADN de la loi.
11:33– Non, bien sûr, c'est uniquement, d'ailleurs, on s'est battu que les très grandes entreprises
11:36qui font plus de 1,5 milliard de chiffres d'affaires qui vont être davantage taxées.
11:40Toutes les autres, tout le tissu de PME, TPE et même d'entreprises de taille intermédiaire
11:43ne le seront pas, et c'est parce qu'on s'est mobilisés.
11:46Encore une fois, quand vous regardez les votes du Rassemblement national,
11:50qui votent main dans la main avec la France insoumise pour augmenter de 34 milliards d'euros
11:53les impôts sur les ménages et sur les entreprises,
11:57il y a quand même un deux poids, deux mesures par rapport à ce budget-là.
11:59Est-ce que ce budget est bon ? Est-ce que c'est le meilleur budget pour la France ?
12:02La réponse est non.
12:03Est-ce que l'absence de budget aurait été pire que ce budget ?
12:06La réponse est oui.
12:07– Donc vous estimez, vous avez…
12:09– Et donc vous êtes dans un choix cornelien.
12:09– Par contre, la question qui se pose maintenant, c'est
12:11qu'est-ce qu'on fait dans cette année qui arrive pour qu'elle soit utile pour le pays ?
12:15Qu'est-ce qu'on fait pour la question notamment de l'allocation sociale unique plafonnée
12:19pour lutter contre l'assistanat ?
12:20Qu'est-ce qu'on fait sur la question régalienne,
12:23sur de Gérald Darmanin dans notre justice ?
12:26Et enfin, qu'est-ce qu'on prend comme mesure pour le pouvoir d'achat,
12:29notamment en matière énergétique, avec la programmation pluriannelle de l'énergie ?
12:32Ça, c'est des sujets qui sont importants et cette année, elle doit être utile.
12:36On ne doit pas être là simplement pour parler de la prochaine élection présidentielle.
12:40– Alors justement, on va en parler quand même de 2027.
12:43Vous, vous défendez l'organisation d'une primaire large
12:46de socle commun allant au centre et aux Républicains.
12:51C'est dire, oui, du centre au Macronisme jusqu'à les Républicains.
12:56Pour vous, est-ce que c'est, disons, la seule façon d'éviter un duel,
13:00Rassemblement National-Mélenchon ?
13:02– En tout cas, le duel qui nous est présenté aujourd'hui,
13:05c'est effectivement d'avoir d'un côté Jordan Bardella ou Marine Le Pen,
13:09au second tour, contre Jean-Luc Mélenchon.
13:11Pour nous, c'est un 21 avril 2002 à l'envers.
13:14C'est-à-dire qu'on va, si on continue à se diviser,
13:17à faire en sorte que chacun soit entre 10 et 14%,
13:20et qu'on est incapable de se mettre ensemble,
13:22alors on assistera à un duel qui est mortifère pour le pays.
13:26La seule manière pour nous d'atteindre le second tour,
13:29c'est d'avoir un seul candidat à l'élection présidentielle.
13:32Et pour ça, il y a différents dispositifs.
13:35Moi, j'en connais un qui est celui le plus efficace, qui est la primaire,
13:37de permettre aux militants de la droite et du centre de choisir
13:40qui sera au second tour face à Marine Le Pen ou à Jordan Bardella,
13:45et de rouvrir un grand espace de débat démocratique, d'idées.
13:48Parce que quand vous avez des candidats qui viennent de la même famille politique,
13:52ce qui doit les distinguer, c'est les idées, les propositions pour la France.
13:55Et c'est ça que la primaire permettrait de faire.
13:57C'est une position personnelle, que j'exprime à titre personnel évidemment,
14:01mais qui me semble être le chemin le plus utile pour le pays,
14:03pour faire en sorte qu'on n'ait pas le 21 avril 2002 à l'envers,
14:07c'est-à-dire que la droite disparaisse du second tour de l'élection présidentielle.
14:11Mais rappelez-vous, les primaires, qu'elles soient à gauche ou à droite,
14:15dans l'histoire récente, ont montré que c'était la prime à la radicalité.
14:19Je ne sais pas si la radicalité est une mauvaise chose.
14:21François Fillon était certainement un meilleur candidat qu'Emmanuel Macron en 2017.
14:25Et son programme politique, en tout cas, était beaucoup plus conforme
14:28à ce que je crois bon pour le pays.
14:30Mais si on a une primaire de la droite et du centre,
14:33et qu'il y a une prime à la radicalité,
14:34ça voudra dire que le candidat est issu probablement des Républicains,
14:37qui sera le parti le plus à droite de l'échiquier de ceux qui participeraient à la primaire.
14:40Oui, mais qu'est-ce qui vous différencieraient ?
14:42Moi, en tant que vice-président des Républicains, ça me conviendrait tout à fait.
14:45Mais qu'est-ce qui va vous différencier de, comme disait Jean-Marie Le Pen,
14:48les Français préfèrent l'original à la copie ?
14:51Qu'est-ce qui...
14:52Cette course à l'échalote avec le Rassemblement national,
14:56est-ce que vous serez plus durs que le Rassemblement national,
14:59qui déjà veut laver plus de gens ?
15:00Il n'y a pas une course à l'échalote avec eux, ils ont leur proposition, nous avons les nôtres.
15:04Sur la question régalienne, on a besoin d'un choc d'autorité.
15:05Qu'est-ce qui vous différencierait de...
15:07On a besoin d'un choc d'autorité.
15:08Mais sur la question économique et sociale, on a des différences qui sont majeures.
15:13Quand vous voyez, par exemple, le Rassemblement national,
15:15qui refuse de voter les 15 heures d'activité pour les bénéficiaires du RSA,
15:19qui s'engage dans le maintien de l'assistanat,
15:21qui est mortifère pour le travail, pour la revalorisation du travail.
15:24Quand vous avez le même Rassemblement national qui vote 34 milliards d'augmentation d'impôts à l'Assemblée nationale.
15:30Quand vous avez Marine Le Pen qui défend une société, une économie quasiment étatisée.
15:36C'est vraiment pas le projet politique de la droite et du centre.
15:39Et c'est parce qu'il est bon pour le pays, c'est parce que nous croyons bon pour le pays.
15:42Et donc je pense qu'on a besoin d'avoir un débat en interne, ouvert,
15:47avec un vote démocratique pour désigner notre candidat,
15:49et que ce soit ensuite lui qui porte notre projet pour 2027.
15:52Alors quand on pense à Renaissance, on pense évidemment à Gabriel Attal,
15:57qui déjà pose des jalons, on l'a vu, puisqu'il fait des meetings.
16:01Est-ce que vous imaginez Gabriel Attal entrer dans une primaire de la droite et du centre ?
16:07Mais la seule question que chacun doit se poser,
16:10c'est est-ce qu'il veut faire une candidature de témoignage
16:12et faire 10% à l'élection présidentielle,
16:15ou est-ce qu'il veut devenir président de la République ou participer à une équipe ?
16:19Oui, mais on n'était pas dans un contexte où on avait un second tour
16:24entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon.
16:26Et ça c'est quand même un phénomène qui est nouveau.
16:28C'est-à-dire qu'on a maintenant, soit on se met ensemble
16:31et on incarne une autre alternative à ce débat-là,
16:34soit il faudra que chacun, le lendemain du premier tour,
16:36se réveille avec la gueule de bois et se dise
16:37« j'ai le choix entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon ».
16:40Moi ce que je souhaite, c'est qu'on n'ait jamais ce choix-là
16:42et qu'on travaille à faire en sorte que les Français n'aient jamais ce choix-là,
16:45qu'ils puissent avoir une alternative à ça.
16:47Et pour avoir une alternative, il faut que chacun accepte de travailler avec les autres
16:51et objectivement, entre ce qui nous distingue
16:54et ce qui nous rassemble par rapport à ce qui nous distingue
16:57de Jordan Bardella ou de Jean-Luc Mélenchon,
16:58il y a beaucoup plus de choses qui nous rassemblent.
17:00Et selon vous, quels critères devraient guider le choix d'un candidat de droite
17:05qui pourrait rassembler justement face à l'extrême droite ?
17:08Moi je pense que le candidat de droite, il doit être fier de ses valeurs,
17:12qu'il doit imposer notamment deux thématiques qui sont majeures dans le débat public
17:15et qui sont un peu aussi les échecs du macronisme.
17:18La première, c'est le retour de l'ordre et de l'autorité
17:20et de faire en sorte que dans notre pays, les policiers soient respectés.
17:24Retailleau n'a pas réussi dans son bilan.
17:26Il n'est peut-être pas réussi suffisamment,
17:28et surtout il n'avait pas de majorité à l'Assemblée nationale.
17:29Mais quand vous regardez les chiffres, notamment en matière d'immigration,
17:32le nombre de régularisations et le nombre de naturalisations
17:34ont diminué de près de 30% quand Bruno Retailleau était ministre de l'Intérieur.
17:37Et la deuxième thématique très forte, qui est la revalorisation du travail.
17:41Ce n'est pas normal que dans notre pays,
17:43des gens qui se lèvent tôt tous les matins,
17:45qui se couchent tard tous les soirs, qui travaillent,
17:47ne puissent pas vivre dignement de leur revenu du travail.
17:50Et c'est ça qu'on arrive à renouer.
17:52Merci beaucoup Antoine Heuvert, Morel Marquès.
17:54Merci à Flore Simon et à Camille Néant d'avoir préparé cette émission.
17:57Merci à toute l'équipe technique.
17:58RFI et France 24 présente
18:03Mardi politique
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