00:00On vous souhaite une bonne journée, c'est mercredi, aujourd'hui on est le 4 février
00:04et c'est la journée mondiale de lutte contre le cancer.
00:08Ici Bourgogne, le réveil 100% local, ici Matin.
00:14Actu dont on parle avec notre invité, si la neige tient, je vais vivre.
00:18C'est le titre du livre qu'a écrit justement notre invité ce matin
00:20à l'occasion de cette journée mondiale de lutte contre le cancer.
00:23Vous connaissez peut-être sa boutique de lingerie Place Bossuet à Dijon,
00:26Un temps pour elle, en novembre 2024, à 36 ans, elle apprend qu'elle a un cancer.
00:31Et ce livre c'est tout simplement le récit de l'annonce des soins de son parcours face à la maladie.
00:37Elle rencontre ses lecteurs ce soir à la librairie Granger, mais elle est d'abord Anne-Laure, votre invitée.
00:41Bonjour Annabelle Piquet.
00:42Bonjour Anne-Laure.
00:43Alors on dit, on entend souvent que les malades du cancer sont des guerriers, qu'ils combattent le cancer.
00:49Vous, vous n'aimez pas beaucoup ce terme ?
00:52Vous n'avez pas l'impression d'avoir été une guerrière avec ce que vous avez traversé ?
00:56Non, en fait, dès le début, je n'ai pas eu cette impression-là.
00:59Et encore maintenant, que le pire est passé pour moi et que je suis sortie d'affaires,
01:03je n'ai toujours pas cette impression.
01:05Mais ce n'est pas pour ça que je n'aime pas ce terme.
01:07Je dis juste qu'il ne me convient pas.
01:09Parce que vous voyez, j'ai rencontré des guerrières aussi à l'hôpital.
01:12J'en ai croisé, vraiment.
01:14Des guerrières, des warriors, elles se caractérisent comme ça.
01:16Vraiment, qui combattaient la maladie, le cancer et qui survivaient vraiment dans le combat.
01:24Et j'ai une infinie estime pour toutes ces femmes et ces hommes-là.
01:28Mais moi, je ne me suis pas du tout jamais reconnue dans cette mythologie guerrière.
01:32Alors vous avez 36 ans, Annabelle, lorsque vous apprenez que vous avez un cancer.
01:35Alors au départ, il faut bien le dire, le diagnostic est vraiment très pessimiste.
01:38Vous pensez à la mort, vous vous y préparez même.
01:41Vous racontez que vous pensez à la musique qu'il pourrait y avoir, à votre enterrement.
01:46Quelque chose de drôle aussi dans le livre.
01:47Vous réécrivez des lettres d'amour à tous les hommes de votre vie aussi.
01:50Ça, c'est des choses qui vous ont marquées.
01:52Vous avez peut-être moins peur de mourir que de souffrir ?
01:56Oui, je pense qu'il y a autant de manières de vivre sa maladie qu'il y a de maladie.
02:01Mais il y a des choses dans le cancer qu'on retrouve vraiment dans toutes les histoires.
02:06C'est notamment l'annonce.
02:07C'est-à-dire, je pense que quel que soit le type de cancer, quel que soit l'âge qu'on a à ce moment-là,
02:12je pense que quand on nous annonce qu'on a un cancer, on pense tout de suite à la mort.
02:15Ça, systématiquement, malheureusement, c'est commun chez tous les malades.
02:19Et je ne fais pas exception.
02:20Et je ne m'en cache pas, dans ce livre-là, de mes pensées à ce moment-là,
02:24qui sont extrêmement pessimistes.
02:26Je le reconnais.
02:26À ce moment-là, je vous prépare.
02:29Vous allez être soignée au CHU de Dijon.
02:32Vous allez rencontrer une équipe de soignants très bienveillants.
02:35Et très vite aussi, vous allez trouver cette solidarité entre malades.
02:40Vous allez être accueillée par des malades qui vont vous expliquer comment vous déplacer sans vous blesser,
02:44avec votre potence, etc.
02:46Ça, c'est une solidarité que vous avez trouvée très rapidement.
02:49Oui.
02:49En fait, comme toute personne avant bien portante, je me gardais très éloignée des hôpitaux.
02:54Je n'y avais jamais séjourné.
02:56Même pas, je pense, plus d'une journée.
02:57Et en y passant beaucoup de temps, je me suis aperçue que loin du lieu de mort que l'on s'imagine,
03:03surtout en cancérologie, c'est aussi un lieu de vie.
03:06C'est aussi un lieu de vie avec des hommes, avec des femmes, avec des amitiés qui se créent,
03:12avec des moments de joie, aussi surprenants que cela puisse paraître.
03:16Des moments de rire aussi.
03:18Des moments de rire, voilà, c'est aussi ce que je raconte dans mon livre.
03:20C'est des moments de joie, de rire, des vraies amitiés qui se créent, des fois aussi des disputes.
03:26Il y a notamment une engueulade entre deux mamies, qui est très très drôle dans votre livre.
03:31Et puis c'est aussi en étant avec ces autres malades que vous vient le titre de votre livre
03:36« Si la neige tient, je vais vivre ».
03:38Alors on ne va pas tout dévoiler, mais en fait, vous êtes lors d'une de vos premières chimio
03:43et la neige tombe à l'extérieur.
03:44Et vous vous lancez un petit peu comme un défi, en fait, avec cette phrase, c'est ça ?
03:47Oui, c'est une phrase qui arrive assez tôt dans le récit.
03:51C'est la première fois, d'ailleurs, que je reste toute la journée à l'hôpital.
03:55Et c'est une phrase comme ça, sur la couverture, qui peut paraître un petit peu lugubre,
04:02mais en fait, qui est issue d'une scène extrêmement légère, finalement.
04:05Parce que c'est là aussi que je rencontre d'autres personnes à l'hôpital
04:08et que je réalise qu'il y a de la vie, tout simplement.
04:12Il y a de la vie aussi dans ces endroits-là.
04:14Alors on rappelle, Annabelle, que vous êtes commerçante à Dijon
04:16pendant toute la période de vos soins.
04:18Votre boutique a été tenue, entre autres, par votre compagnon,
04:21également par Lou, votre collaboratrice.
04:23Est-ce que ça vous a aidé aussi de savoir que votre outil de travail
04:27n'était pas laissé à l'abandon pendant la période de vos soins ?
04:29Parce que très clairement, vous avez mis tout ça entre parenthèses
04:33et c'était bien normal pour vous soigner.
04:35Alors malheureusement, quand on est travailleur indépendant,
04:37avoir un arrêt maladie longue durée comme ça,
04:40c'est pas la meilleure situation professionnelle possible.
04:43Je vais vous dire, je parle assez peu de mon magasin dans mon livre
04:48pour la simple et bonne raison que c'était le cadet de mes soucis à ce moment-là.
04:52Voilà, c'est-à-dire que j'étais contente dans un sens
04:55de ne pas avoir cette charge en plus à gérer,
04:58mais c'était pas du tout ce qui occupait mes pensées.
05:01Et en même temps, après coup, c'est-à-dire quand j'ai été capable
05:05de retourner travailler, j'étais extrêmement contente
05:07qu'il y ait eu cette chaîne.
05:08C'est une respiration.
05:09Mais oui, de retrouver finalement mon magasin
05:11qui aurait pu tout simplement couler en mon absence
05:14s'il n'y avait pas eu toute cette solidarité-là
05:16de mes proches, en effet, de mes employés,
05:20notamment Lou, mon apprenti,
05:22mais aussi des collègues commerçantes de Dijon
05:24qui étaient touchées par ce qui m'arrivait
05:25et qui venaient filer un coup de main,
05:27faire une vitrine, tenir le magasin une demi-journée,
05:31aider un petit peu à faire le ménage.
05:33Et en fait, tous ces gens-là qui se sont dit
05:34qu'est-ce qu'on peut faire pour elle ?
05:36On ne peut pas faire grand-chose médicalement,
05:39mais on peut peut-être faire en sorte
05:41que son magasin auquel elle tient,
05:43parce que bon, tout le monde me connaissait quand même
05:44très attachée à ma petite boutique
05:46que je tiens quand même depuis 15 ans.
05:48Voilà, ça fait 15 ans,
05:49donc tout le monde savait que j'y étais très attachée.
05:52Et heureusement qu'il y a eu finalement
05:53toute cette solidarité pour faire en sorte
05:55que mon activité perdure.
05:57Et les clientes aussi, il faut le dire,
05:58parce que les clients ont été aussi touchés
06:00par ce qui m'arrivait
06:01et qu'il y en a beaucoup qui ont continué à venir
06:02en disant que ça l'encourage,
06:04ça lui fait une préoccupation en moins
06:06si son commerce y tourne.
06:08Donc non, ça c'est extrêmement touchant
06:10dans mon histoire aussi.
06:11Des clients qui seront probablement là
06:12ce soir à la librairie Grand J
06:14à partir de 17h30
06:15pour une dédicace que vous proposez
06:17de votre livre
06:18« Si la neige tient, je vais vivre »
06:20aux éditions Cité des Livres.
06:22Merci beaucoup, Anna-Velle Figuillet
06:23d'avoir été avec nous
06:24et à très bientôt.
06:25Bonne journée à vous.
06:26Merci, Anna.
06:26Merci.
06:27Merci.
06:28Merci.
06:29Merci.
06:30Merci.
06:31Merci.
06:32Merci.
06:33Merci.
06:34Merci.
06:35Merci.
06:36Merci.
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