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  • il y a 2 semaines
Ce samedi, une vingtaine de villes en France ont été le théâtre de manifestations d’ampleur menées par les policiers. Le syndicat Alliance revendique près de 45 000 participants. En Moselle, ils étaient entre 300 et 400.

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Transcription
00:00Allez, coup de projecteur désormais sur les forces de l'ordre.
00:03Elles se sont mobilisées en masse ce week-end dans toutes les villes de France
00:07après l'appel du syndicat Alliance Police Nationale.
00:10On en parle avec le délégué Moselland, David Gislery. Bonsoir.
00:14Bonsoir.
00:15Merci d'être avec nous.
00:16Alors pour commencer, pourquoi cette mobilisation maintenant ?
00:19Qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur pour les policiers ?
00:24L'élément déclencheur, ça fait une paire de mois, voire d'années que ça dure.
00:27Les éléments moyens et humains sont de plus en plus difficiles.
00:32C'est compliqué d'avoir du monde en Moselle.
00:34C'est compliqué d'avoir du matériel qui fonctionne.
00:36Et aujourd'hui, la police nationale est à bout.
00:39Donc c'était une forme d'appel au secours, de cri à l'aide,
00:43prendre un témoin les citoyens, les élus,
00:44pour qu'on nous donne enfin les moyens de lutter à armes égales
00:47avec la criminalité qui, elle, n'a aucune limite tant financière
00:51qu'en termes de ressources humaines.
00:53Donc si je comprends bien, s'il n'y a pas de réponse dans les prochaines semaines,
00:55vous reviendrez dans la rue pour exprimer ce ras-le-bol ?
00:59Absolument.
01:00On ne se laissera pas prendre en otage par une politique fébrile.
01:05Nous avons absolument besoin de moyens pour protéger la population.
01:09Et à travers notre intermédiaire, c'est aussi la population qu'on prend en otage.
01:13Donc nous, on dit non, tout simplement.
01:15On veut des moyens pour correctement faire notre travail.
01:17Vous déplorez un manque de moyens concrètement sur le terrain.
01:20Ça se traduit comment ?
01:21Ça se traduit par une accumulation des procédures pénales.
01:24En France, on en a plus de 3 millions en stock.
01:26Ça se traduit par des locaux insalubres, des véhicules hors d'âge.
01:31On est obligé d'aller chercher des pneumatiques chez les gendarmes
01:33pour pouvoir équiper les voitures de police.
01:36On est dans un autre temps.
01:37Et si je vous faisais la liste, je pense que vos auditeurs hallucineraient tout simplement.
01:43Aujourd'hui, il faut absolument qu'on se modernise,
01:45qu'on prenne le pas de cette criminalité
01:47et qu'on colle au plus près des réalités du terrain.
01:50Il y a une phrase qu'on entend souvent,
01:52c'est la justice ne fait plus peur aujourd'hui.
01:55Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
01:58Je corrobore.
01:59C'est le cas ?
01:59Quand on arrête les mêmes personnes 10 fois, 20 fois, 30 fois qu'elles sont dehors,
02:03il y a naturellement un sentiment d'impunité qui se développe.
02:06Et ce sont des personnes qui n'hésitent pas à réitérer les faits,
02:09qui mettent à main les services de police et de justice
02:12et surtout qui font peur à nos concitoyens.
02:15Sur ce volet de la justice, quelles mesures concrètes vous attendez ?
02:20Il y a un code pénal, il y a un code de procédure pénale
02:22avec des peines qui doivent être prononcées et effectuées.
02:25Et aujourd'hui, on est loin du compte.
02:27Aujourd'hui, les gens ne vont pas en prison quand ils commettent des délits.
02:30Ils peuvent en commettre 5, 6, 10 d'affilés.
02:32Et la réponse est toujours la même.
02:33On retrouve toujours les mêmes individus dehors aujourd'hui.
02:36En Moselle, les violences contre les forces de l'ordre sont-elles en hausse ?
02:39Est-ce qu'il y a des chiffres qui le constatent ?
02:42Sur le territoire, il y a 15 fonctionnaires de blessés par jour.
02:45Aujourd'hui, en Moselle, le phénomène n'échappe pas à la règle.
02:50La réponse prévue, c'était en emprisonnement.
02:53Et la moyenne, selon l'observateur de la réponse pénale, c'est 8 mois.
02:55Et comme vous le savez, en dessous d'un an, on n'effectue pas de peine de prison.
02:59Donc ce sont des gens qui s'en prennent directement aux forces de l'ordre
03:02et qui ne vont pas en prison aujourd'hui.
03:04Les policiers, aujourd'hui, sont sur un point de rupture.
03:08Sur le terrain, qu'est-ce que vous dites vos collègues ?
03:11Le moral est vraiment à zéro au niveau psychologique.
03:15C'est compliqué de tenir sur la durée.
03:17Quelles conséquences on peut craindre par les effectifs ?
03:20C'est extrêmement compliqué pour nous.
03:21On a vraiment le sentiment, et je vous le livre comme je le pense,
03:24on a vraiment le sentiment de vider un océan à la petite cuillère.
03:26C'est-à-dire que les faits se multiplient.
03:29Et derrière ça, c'est toujours les mêmes personnes à qui on a affaire.
03:35On n'arrive pas à apporter une vraie réponse pénale et judiciaire auprès des victimes.
03:39Parce que, comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
03:40derrière ces 3 millions de procédures en stock, il y a des victimes.
03:43Et ces victimes-là, j'ai l'impression qu'elles ne sont pas entendues.
03:45On n'a pas les moyens matériels de traiter leurs procédures à fond.
03:50Et c'est toute la chaîne pénale qui, à mon sens, devrait être revue.
03:53Après cette manifestation à Metz et partout en France,
03:56d'ailleurs, est-ce que des discussions, de manière générale,
03:58vont être entamées entre les syndicats et les représentants ?
04:02Je suis dans la police depuis maintenant quelques années.
04:05J'ai toujours pour habitude de voir les ministres de l'Intérieur bomber le torse.
04:08Mais force est de constater que la situation se dégrade de plus en plus.
04:11Rien ne change.
04:12Donc rien ne change.
04:13Donc les discours, c'est bien beau, mais les actes, c'est mieux.
04:16Merci beaucoup, en tout cas, David Gislery,
04:18d'avoir été notre invité ce soir pour porter la voix des policiers mobilisés en Moselle.
04:24Merci.
04:24Merci à vous.
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