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  • il y a 1 semaine
Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National de la Somme et président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, répond aux questions de Sonia Mabrouk.

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Transcription
00:00... du Europe 1 CNews, Sonia Mabrouge.
00:02... sur CNews et Europe 1, mon invité ce matin est député Rassemblement National de la Somme.
00:08Il est également président délégué du groupe RN à l'Assemblée.
00:10Bonjour et bienvenue Jean-Philippe Tanguy.
00:12Bonjour, merci pour votre invitation et bonne chandleur à tous.
00:15Vous avez effectivement raison.
00:17Vigilée Crêpe.
00:18Alors nous sommes loin de cette ambiance-là avec ce qui est en cours
00:20et Donald Trump qui dit espérer, Jean-Philippe Tanguy,
00:23un accord avec Téhéran sans rien exclure
00:26et alors qu'une armada américaine a été déployée dans le golfe Persique.
00:29Si le RN était au pouvoir là, en ce moment,
00:32quelle aurait été la position et surtout l'initiative de la France
00:35alors que le peuple iranien appelle au secours ?
00:38Nous aurions été dans une grande prudence
00:40parce qu'effectivement quand vous avez une jeunesse et un peuple qui est si courageux
00:44qui se lève pour sa liberté, encore une fois,
00:47qui fait face à une répression aussi terrible,
00:49on a évidemment tous envie de les aider
00:52mais une intervention militaire est toujours dangereuse.
00:55Dans cette région en particulier, ça n'a jamais fonctionné.
00:58On n'a jamais réussi à libérer un peuple militairement par une force étrangère.
01:03Donc nous verrons effectivement ce qui est fait.
01:06En tout cas...
01:06C'est une position attentiste d'attendre que les Américains...
01:09La France n'est-elle pas une dette par rapport à l'Iran ?
01:10Ah non, moi je n'ai pas dit que les Américains devaient faire ce que la France ne pouvait pas faire.
01:13Les Américains, ils le savent, que ce soit l'Irak ou ailleurs,
01:17l'Iran aussi, parce que l'histoire des interventions américaines ou britanniques en Iran,
01:22ce n'est pas un chemin de rose, c'est moins qu'on puisse dire...
01:24Ça dépend, pour frapper les sites nucléaires et d'autres choses, oui.
01:27Oui, tout à fait, mais ce n'était pas une intervention contre le régime.
01:31L'histoire des interventions contre un régime politique en Iran des Anglo-Saxons,
01:37malheureusement, de la dernière fois, ça avait justement abouti,
01:39de manière indirecte mais certaine, à l'instauration de la dictature islamiste.
01:43Mais alors que faire ?
01:44Parce qu'il y a beaucoup de solutions qui ne sont pas impressionnantes au sens de cette époque.
01:51Qui ne feront pas tomber le régime des Mollas, quoi.
01:53Mais c'est le peuple iranien qui doit faire tomber le régime des Mollas.
01:56Ça n'en prend pas le chemin.
01:56Oui, bien sûr, c'est extrêmement difficile, une fois plus.
01:59Vous ne pensez pas que la France a une dette, quand même ?
02:01La France qui a quelques années a contribué à installer Roménie au pouvoir ?
02:05Une dette, je ne pense pas, en tout cas, on a un devoir moral.
02:07Une dette morale ?
02:08Voilà, on a un devoir moral d'aider un peuple courageux,
02:11de soutenir tous les amis de la liberté et de l'égalité.
02:14Mais au-delà d'un aspect moral.
02:15Oui, mais une fois plus, on a envie évidemment d'intervenir,
02:19mais ce n'est pas aussi simple que ça.
02:19La France serait impuissante à ce point ?
02:21Non, ce n'est pas d'être impuissante, c'est qu'il faut agir avec parcimonie,
02:24car agir militairement, ça n'a jamais fonctionné.
02:27Une fois plus, si c'était aussi simple, s'il suffisait de tuer un certain nombre,
02:31parce que c'est ça la vérité, un certain nombre de dirigeants odieux et criminels,
02:35malheureusement, la vie serait beaucoup plus simple.
02:37Ce n'est pas aussi simple.
02:39Et on en avait parlé la dernière fois que j'étais venu sur le Venezuela.
02:41Il est important que les peuples trouvent le chemin de leur liberté eux-mêmes,
02:44parce que c'est la dignité d'un peuple.
02:46Et un peuple qui n'a pas, comment dire, la certitude d'avoir embrassé son propre destin,
02:51après a beaucoup de mal à se reconstruire.
02:52Et l'Iran, c'est une civilisation plurimillénaire.
02:56C'est un grand peuple.
02:57Oui, c'est une grande civilisation.
02:58Mais justement, plus vous avez une histoire ancienne,
03:01plus vous avez votre identité certaine,
03:03plus vous avez besoin de vous libérer par vous-même.
03:04Une partie appelle à une intervention pour faire tomber les mots-là.
03:08Mais je note ce matin votre prudence,
03:10même une forme de modestie sur une situation compliquée.
03:14Jordan Bardella, lui, choisit plutôt vertement
03:16de critiquer le bilan international d'Emmanuel Macron.
03:18Et je vous interroge ce matin,
03:20quelle est la colonne vertébrale sur le sujet-ci ?
03:23Le patron du RN a affirmé, il y a quelques temps d'ailleurs,
03:26avoir toujours dit que l'élection de Trump était bonne
03:28pour les intérêts américains,
03:29mais pas forcément pour les intérêts français.
03:31Et si on remonte un peu plus loin,
03:34Jean-Philippe Tanguy, toujours Jordan Bardella,
03:36il disait l'inverse, indiquant que les décisions de Trump
03:38étaient bonnes pour les intérêts de la France.
03:40Alors, quel Jordan Bardella faut-il croire ?
03:42C'est-à-dire, la diplomatie, les actions de M. Trump
03:46ont aussi beaucoup évolué.
03:47Par exemple, sous le premier mandat de Donald Trump,
03:49les États-Unis avaient très peu utilisé
03:51ce qu'on appelle le droit extraterritorial,
03:53que M. Obama avait beaucoup utilisé contre la France,
03:55sur Alstom, sur Technip, sur la BNP Paribas,
03:59avec une amende de 10 milliards d'euros,
04:00quand même, qu'on avait dû payer indirectement.
04:03Et M. Trump était beaucoup plus protectionniste, d'une part.
04:05Mais vous, depuis le début,
04:06vous n'aviez pas une position atlantiste ici-même, d'ailleurs.
04:09Vous m'aviez dit très rapidement.
04:10Donc, est-ce que l'ORM, tout simplement,
04:12s'est converti au réalisme par rapport ?
04:14Non, mais vous savez, moi, j'ai mon parcours aussi.
04:16Moi, j'ai bien connu les Américains directement,
04:18sur le dossier Alstom, dans d'autres secteurs.
04:21Je me suis beaucoup intéressé à l'histoire des États-Unis
04:23et de la France.
04:24Et je sais, effectivement, je suis dans une position
04:26très critique de la part du comportement des États-Unis,
04:29en particulier avec la France.
04:30Je ne crois pas que Jordan Bardella avait une autre attitude,
04:33mais son devoir en tant que chef de parti aussi,
04:35c'est d'être beaucoup plus mesuré, pondéré,
04:38par rapport à la première puissance mondiale.
04:40Et il aspirait à être Premier ministre.
04:41Vous ne pouvez pas, comment dire, avoir des propos
04:43comme de la même liberté que les miens.
04:46Moi, je ne suis pas amené à être Premier ministre.
04:48Voilà, donc forcément, vous avez des propos
04:50qui sont beaucoup plus mesurés.
04:52Quand vous aspirez à être présidente de la République,
04:54comme Marine Le Pen...
04:54Ça explique un changement de position, non ?
04:55Non, ce n'est pas un changement de position.
04:56Je pense que c'est juste une attitude plus mesurée,
04:58des propos plus mesurés, en tant qu'aspirant Premier ministre.
05:02Et c'est normal d'être...
05:03Ça montre la complexité face aux relations internationales.
05:05Mais bien sûr, bien sûr, il y a une complexité.
05:08Et je pense que Jordan Bardella avait exactement la bonne attitude à avoir.
05:12Et c'est sûr que quand vous êtes, comment dire,
05:14secondaire dans la vie politique comme moi,
05:16vous avez une plus grande liberté.
05:17Il faut rester à sa place.
05:18Ne minimisez pas votre rôle.
05:20Vous savez, il faut rester à sa place.
05:21Il faut toujours rester à sa place.
05:22Vous avez votre compétence sur certains sujets.
05:23On va en parler.
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