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  • il y a 10 heures
Découvrez le document exclusif de Ligne Rouge pour BFMTV intitulé "De l'ombre à la lumière, l'ambitieuse Sarah Knafo", disponible sur toutes nos plateformes.

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00:00Nous sommes au début des années 2010.
00:04Arrivée de Seine-Saint-Denis, Sarah Knafo découvre le cœur battant de la capitale, Saint-Germain-des-Prés.
00:12Heureux hasard pour cette passionnée de Napoléon, elle s'installe dans un petit studio, rue Bonaparte.
00:19À ce moment-là, à la Sorbonne, donc j'arrive à Talbiac, en première année d'économie,
00:24et là, il y a un syndicat étudiant qui m'apparaît correspondre à mes quêtes d'ordre, de sécurité, de valeur d'autorité, d'excellence à l'école, et ça a été l'Uni.
00:36Et du fait de ce vécu en Seine-Saint-Denis, c'est vrai que je me reconnaissais beaucoup dans les discours qui étaient portés à cette époque par Nicolas Sarkozy, qui était président de la République.
00:48Sarah Knafo milite donc à l'Uni, syndicat étudiant de droite proche de l'UMP de l'époque.
00:56Tout comme Samuel Laffont, devenu aujourd'hui l'un de ses bras droits, en charge du numérique chez Reconquête.
01:05Bon ?
01:07Grâce à l'Uni, on avait l'occasion de rencontrer des personnes qui avaient des tendances à droite différentes, des opinions différentes, plus ou moins conservateurs, plus ou moins libérales.
01:17L'Uni, en fait, ça a toujours été un syndicat radical. Ça a toujours représenté la droite dure. Ils ressentent pas de tabou vis-à-vis des formations d'extrême droite.
01:25Il y a ce tabou, ce cordon sanitaire très strict qui existe entre les formations politiques, mais à l'échelle étudiante, les frontières se sont déjà un peu floues.
01:33Ça commence à se brouiller et des contacts commencent à se créer déjà dès les années 2010.
01:37Pour sa part, la militante se définit comme souverainiste de droite.
01:45Lorsqu'elle entre à Sciences Po, Sarah Knafo va faire exister ses idées grâce à une association de débats intitulée Critique de la raison européenne.
01:55Donc nous aimons nous décrire comme des étudiants euros mécréants, car nous repusons d'avoir eu foi à veille dans la construction d'OBN.
02:04L'occasion d'inviter autour de la table quelques-uns de ses mentors, comme Henri Guenot, plume de Nicolas Sarkozy, ou encore Marie-France Garraud, ex-conseillère de Jacques Chirac.
02:15Le jour où je l'invite, c'est un journaliste du Figaro qui m'a donné son numéro.
02:21Je l'appelle en lui disant, avec quelques amis, on a une association de débats à Sciences Po qui s'appelle Critique de la raison européenne.
02:29Et alors là, il me dit, mais attendez, c'est fou, Critique de la raison européenne, mais vous faites référence à Kant, et pourquoi avez-vous critiqué l'Europe ?
02:34Alors on lui dit, mais oui, on est souverainiste.
02:37Et là, elle est sidérée, elle me dit, mais ça existe encore ?
02:40La case des souverainistes, c'était pas bien vu à Sciences Po.
02:42Et moi, je vous avoue que c'était pas pour moi un sujet, j'ai toujours assumé mes opinions.
02:48Débattre de la question européenne lui permet d'élargir son réseau.
02:52Jean-Pierre Chevènement y participera, tout comme un certain Hubert Védrine.
02:58On voit à droite Guenot, ensuite il y a moi, ensuite il y a Sarah Knafou, Chevènement, et je sais plus qui est l'autre bout là.
03:05L'ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand y a défendu sa vision de l'Europe.
03:11C'est à l'occasion d'une réunion sur la question européenne, sous l'angle souverainiste.
03:18Il n'y avait pas l'idée qu'il fallait se détacher de l'Europe ou sortir de l'euro, des choses comme ça.
03:23Mais enfin, souverainiste, ça s'est poussé.
03:24C'est une jeune femme qui frappait évidemment par son intelligence, par sa rapidité de réflexion, par sa personnalité,
03:32et je dois dire au bout de deux ou trois fois par son ambition.
03:34Évidemment, ça a surpris quand cette association a été créée, et ça a permis à beaucoup de gens, ce qu'on oublie souvent, de se révéler.
03:41Parce qu'il y avait des souverainistes qui se sentaient un peu seuls, et là ils se sont rendus compte avec la création de cette association qu'ils n'étaient pas seuls.
03:48Le groupe souverainiste se fait connaître jusque dans les cercles de la jeunesse identitaire d'extrême droite.
03:53J'en avais entendu parler parce qu'il y avait un événement Facebook.
03:58Quand j'ai vu ça, je me suis dit qu'il fallait absolument que j'aille voir.
04:00La conférence est extrêmement intéressante, mais à l'époque j'étais juste assis dans le public.
04:04C'est surtout au moment après, quand on va dîner tous ensemble.
04:08Je rencontre Sarah Knavou pour la première fois, on discute, il y avait plein d'élèves autour, il y avait plein de jeunes.
04:12Et je vois qu'elle est clairement au-dessus de la mêlée.
04:15Intellectuellement, elle écrase tout le monde.
04:17Et on devient tout de suite très amis, on discute pendant toute la soirée.
04:23C'est vraiment un coup de foudre intellectuel.
04:26Désormais journaliste pour le média d'extrême droite frontière,
04:30Garen Schnorokian partage aussi avec Sarah Knavou son admiration pour Éric Zemmour.
04:36Une personnalité qu'elle connaît depuis très longtemps.
04:41Vous dites, ah, on a été mal compris, c'est un problème de com'.
04:43Non, c'est pas un problème de com'.
04:43Nous sommes en 2010, sur le plateau d'On n'est pas couché.
04:47Assise dans le public, Sarah Knavou a 17 ans.
04:54Elle assiste aux joutes verbales du polémiste face à Benoît Apparu, ministre sarkoziste.
04:59Comme vous ne maîtrisez pas vraiment les flux d'immigration.
05:02Dans les coulisses ce soir-là, la lycéenne et le journaliste échangeront leurs mails.
05:06Je me souviens que je voulais passer le concours de Sciences Po.
05:10Je suis rentrée à Sciences Po en 2014.
05:11Donc il a aussi contribué à me faire lire certains livres.
05:15Il en parlait beaucoup publiquement.
05:17Mais ça m'a beaucoup aidé d'acquérir cette culture de l'étudiant de Sciences Po.
05:21Il n'est pas encore son Pygmalion.
05:23Mais il incarne une voix pour cette jeunesse identitaire.
05:26Le sujet de l'immigration, il y a encore 10 ans, c'était un sujet tabou.
05:33On n'en parlait pas à la télé, on n'en parlait pas dans les émissions.
05:35Le seul qui en parlait, c'était Éric Zemmour sur On n'est pas couché.
05:38C'est des sujets qui étaient un peu tuts dans les médias
05:40et dont on a commencé à discuter beaucoup plus grâce à Éric Zemmour et grâce aux réseaux sociaux.
05:46Éric Zemmour fait partie de ceux qui vont conseiller Sarah Knafou
05:50jusque dans sa préparation à l'ENA.
05:53Mais il n'est pas le seul.
05:54Ça m'arrivait souvent chaque année
05:56que des élèves qui voulaient présenter l'ENA me demandent de les entraîner.
06:01Donc c'est simplement l'entraînement question-réponse.
06:04Ça peut concerner la formulation, le mode d'expression,
06:07la concision de la réponse, des choses évidentes.
06:12Mais vous vous souvenez en tout cas d'une étudiante très éloquente ?
06:16Oui, pas l'éloquence au sens des évoquats.
06:17C'est un mode d'expression efficace, utilitaire, rapide, direct.
06:24Une certaine aisance qui captive déjà les caméras.
06:30En témoigne ce reportage à l'école des hauts fonctionnaires
06:32où elle vient d'être admise.
06:36C'est facile de dire, vous voyez à quel point à l'ENA
06:39il y a une reproduction sociale.
06:40Alors qu'en fait la reproduction sociale s'est faite bien en amont.
06:43Au sein de la promotion Molière,
06:45Sarah Knafo continue de développer son réseau
06:47sans aucune barrière politique.
06:51J'ai connu Sarah Knafo il y a quelques années.
06:53À un moment elle était encore en scolarité
06:54à l'école nationale d'administration
06:55parce qu'on a de nombreux amis communs.
06:57Lui-même ancien énarque et socialiste,
07:00Gaspard Ganser se souvient d'une jeune femme
07:02bien moins radicale qu'aujourd'hui.
07:04Quand on est encore étudiant,
07:06que ce soit Sciences Po ou Alena,
07:07en fait les gens sont très peu politisés
07:09ou quand ils le sont,
07:10ils affichent fort peu leurs convictions politiques.
07:12J'avais compris que Sarah Knafo était de droite
07:15mais pas du tout qu'elle avait ce positionnement
07:18si radical dans l'échiquier politique
07:20et surtout que les amis qu'on avait en commun
07:22étaient plutôt de gauche ou du centre.
07:25Donc j'avais aucune méfiance particulière à avoir.
07:28Jacques Attali va lui aussi croiser sa route
07:30dans un avion pour Tunis
07:32où la jeune femme s'apprête à débuter un stage
07:35dans une ambassade.
07:36On s'est vu à plusieurs reprises.
07:39J'ai eu à lui donner des conseils sur son stage,
07:42sur la suite de ses études.
07:44Mais j'ai trouvé que c'était une jeune brillante,
07:45une vraie personnalité très passionnée.
07:48Bon, c'était le prototype de la jeune femme
07:50qui a fait l'ENA,
07:51qui a évidemment un potentiel.
07:53Mais je ne sais d'ailleurs pas
07:54si elle est choisie elle-même en fait.
07:56Entre une grande carrière classique,
07:58de haut fonctionnaire engagé,
08:00enfin haut fonctionnaire,
08:01et une carrière politique.
08:02À ce moment-là, je me vois plutôt
08:04comme une bénévole de la politique.
08:06C'est-à-dire, j'aime l'actualité,
08:08je suis le débat public
08:09et encore heureux quand on est à l'ENA.
08:10Je m'y intéresse,
08:11j'ai des convictions à droite.
08:13Je sens qu'il y a un espace manquant
08:15parce que je ne me retrouve pas totalement
08:16dans l'offre politique.
08:18Mais je ne suis pas du tout encore certaine
08:20de vouloir m'engager
08:21ni personnellement,
08:23ni même aux côtés
08:24d'une personnalité politique.
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