00:00Et pour représenter la France, deux binômes hommes-femmes de porte-drapeaux, on connaît leur nom depuis cet après-midi tout juste.
00:06Le slalomeur Clément Noël et la snowboardeuse Chloé Trespeuche seront les représentants tricoleurs aux Jeux Olympiques.
00:12Côté paralympiques, c'est le parasquieur Jordan Broisin et la parasnowboardeuse Cécile Hernandez qui seront présents à la cérémonie de clôture.
00:19On a la chance de recevoir ce soir les deux femmes porte-drapeaux, Cécile Hernandez et Chloé Trespeuche.
00:24Bonsoir à toutes les deux.
00:25Bonsoir.
00:26Et tout d'abord, félicitations. On imagine que c'est un honneur d'avoir été choisi par les athlètes de l'équipe de France pour porter l'étendard tricolore.
00:33Mais c'est aussi une pression supplémentaire, j'imagine.
00:37Pour ma part, c'est vraiment quelque chose de plus. Oui, une pression parce que j'ai envie de bien faire.
00:45Mais je pense que c'est vraiment quelque chose qui va me donner de l'énergie plutôt que d'en perdre.
00:50Donc sans regret et une bonne pression, un bon stress en plus pour ces JO.
00:55Moi, je l'ai vécu comme une pression avant d'officialiser ma candidature.
01:01Vous étiez la seule femme candidate en Paralympique.
01:03Oui. Et je me suis dit aussi que si je n'y allais pas, il n'y aurait pas de binôme.
01:09Il n'y aurait pas cette parité que les Oli vont avoir. Nous, on ne l'a déjà pas eu à Pékin.
01:14Donc là, je voulais qu'on l'ait.
01:15Et comment vous l'expliquez que personne ne va être porte d'impôt de la France ?
01:18En fait, on a des critères d'éligibilité. Et en fait, on ne va être que deux femmes dans la délégation.
01:23Et sur les deux femmes, Aurélie participera à ces premiers Jeux. Il fallait déjà avoir participé à des Jeux.
01:29Donc j'étais la seule à répondre à des critères d'éligibilité.
01:32Mais si je n'étais pas allée, il n'y aurait pas eu cette parité.
01:35Et pour moi, c'est hyper important d'incarner le sport féminin, le parasport d'hiver féminin.
01:40Pour vous, ce ne sera pas la cérémonie d'ouverture à laquelle vous allez participer en raison de la distance avec les sites de compétition.
01:46Vous serez porte-drapeau lors de la cérémonie de clôture.
01:50Ça détend davantage, du coup, non ?
01:51Oui, c'est ça. Et c'est justement ce que je disais à Chloé pendant votre sujet sur les bénévoles.
01:56Je trouve ça extraordinaire parce que la cérémonie d'ouverture va être faite pour et par les bénévoles qui sont hyper importants dans l'échiquier de l'organisation des Jeux.
02:07Et nous, on sera sur la cérémonie de clôture.
02:09Donc, ça met moins de pression dans le sens où la plupart du temps, on s'entraîne.
02:14Ça demande beaucoup de temps aussi, les cérémonies d'ouverture.
02:16Donc, du coup, là, on peut se consacrer directement à tout ce qui va se passer sur l'année, sur les jours suivants.
02:22Chloé Trespeuge, ce rôle de porte-drapeau, ça offre aussi une tribune médiatique à tous ceux qui le sont.
02:28Quel message vous souhaitez transmettre ce soir ?
02:31Alors, je rappelle votre pédigré.
02:32Vous êtes médaillée de bronze en snowboard de crosse lors des JO de Sochi, médaillée d'argent lors de ceux de Pékin en 2022.
02:37Oui, alors, les messages que j'ai envie de véhiculer, c'est déjà la fierté de porter le drapeau en tant que snowboarduse.
02:46C'est la première fois que ça arrivera.
02:49Depuis 2006, on est olympique et on a toujours amené des médailles.
02:53Il n'y a jamais eu de porte-drapeau de notre sport.
02:55Donc là, c'est une première.
02:57L'autre message, je trouve que c'est important de vivre sa carrière comme on en a l'envie.
03:03Je reviens d'une pause maternité.
03:05Ça n'a jamais été fait dans mon sport non plus.
03:07Donc, ce n'est pas un parcours classique.
03:10Mais je trouve que c'est ça qui fait la richesse de notre délégation.
03:13Peut-être la Clarisse à bégner de nous des sports d'hiver.
03:16Je ne sais pas, mais en tout cas, j'ai envie de montrer que c'est possible de concilier maternité et sport ou d'autres projets.
03:25Et qu'on ait tous la liberté de vivre le sport de haut niveau de la manière dont on en a envie.
03:29Et vous, Cécile ?
03:30Moi, c'est vraiment, par rapport à mon handicap, c'est vraiment parler du handicap invisible.
03:35Parce que j'ai une scloreuse en plaques depuis 23 ans.
03:39Et même s'il y a eu des moments de ma vie où mon handicap était beaucoup plus présent et beaucoup plus physique et beaucoup plus visible,
03:44aujourd'hui, il l'est moins dans la vie de tous les jours.
03:47Et du coup, souvent, des gens se mettent des barrières par rapport à leur handicap invisible ou souffrent de regards.
03:54Pardon, cette photo.
03:58Cette photo, on était en train d'en parler.
04:00Parce que j'avais repris le président parce qu'il m'avait dit athlète olympique.
04:03Et en fait, j'avais dit non, paralympique, parce que justement, je suis fière.
04:05Et donc, c'est cette fierté.
04:11Ça, bien, ça vous fait rire.
04:12Vous avez apprécié cet échange.
04:14Non, voilà, c'est cette diversité.
04:17Et tous les champs des possibles liés au handicap invisible, ça, c'est hyper important.
04:20Et puis, les passes.
04:22On va arrêter de vous la mettre, ça vous déconcentre.
04:27Ce sont vos quatrièmes Jeux Olympiques à toutes les deux.
04:31C'est aussi un peu commun entre toutes les deux.
04:34Est-ce que vous les abordez différemment ?
04:36Oui, moi, je dirais que j'ai vraiment évolué en tant qu'athlète, en tant que personne aussi.
04:42Chaque Olympiade m'a fait avancer dans ma carrière, au travers des médailles, mais aussi au travers des échecs en 2018.
04:50Ça m'a permis de, à chaque fois, mettre en place des nouvelles choses pour préparer l'Olympiade d'après.
04:55Ça rythme vraiment une carrière, ça fait grandir.
05:00Vraiment, la déception en 2018 m'a permis de travailler plus le mental, d'arriver plus complète, plus entière en 2022.
05:07Et puis là, c'est une nouvelle fois, un profil différent parce que maintenant, je suis maman.
05:16J'arrive en tant que retour de maternité avec une médaille avant.
05:21Donc voilà, c'est à chaque fois un chamboulement émotionnel à gérer parce qu'on n'en est pas au même endroit dans notre vie.
05:29Vous, vous avez déjà décroché le bronze, l'argent, l'or. Il ne vous manque rien ?
05:34De confirmer. Et justement, avec le handicap qui progresse, j'ai vraiment envie de prouver, de passer un message sur la possibilité de faire des choses au-delà du handicap, au-delà de la maladie, même si la maladie progresse, même si sur le papier.
05:48En quoi elle vous entrave, cette maladie, dans la pratique du sport ?
05:51Je tremble beaucoup parce que mes jambes sont souvent très dures. C'est ce qu'on appelle la spasticité.
05:58J'ai beaucoup le trouble de l'équilibre sur un sport comme le snowboard qui demande de l'équilibre. C'est quand même assez compliqué.
06:04J'ai souvent des troubles de la vision. J'ai une grande fatigue. C'est une maladie du système nerveux central.
06:09Le système nerveux central contrôle l'intégralité du corps. Et donc du coup, ça impacte vraiment l'intégralité de mon corps.
06:16Et puis aujourd'hui, j'arrive à lui mettre des coups de pied aux fesses pour me fixer des objectifs et aller au jeu, me préparer, me lever tous les matins avec des objectifs sportifs et humains parce que c'est ma passion.
06:27Ça me permet de peut-être freiner l'évolution de ma maladie.
06:32Merci beaucoup à toutes les deux d'avoir été nos invitées. On termine avec un petit pronostic.
06:36À Pékin, 14 médailles dont 5 en or aux Jeux olympiques. Combien cette année ?
06:41Je dirais 18. Allez, on fait monter les enchères. Et vous ?
06:46Moi, j'annonce. Allez, on va dire. Je vais dire qu'on est capable de faire les 14-15 médailles. D'or.
06:54Dont une pour vous.
06:56Voir deux.
06:56Évidemment. Voir deux. Voilà.
06:59C'est ce qu'on vous souhaite et on espère vous retrouver avec des médailles autour du cou lors de votre prochain passage sur France 24. Merci beaucoup.
07:06C'est ce qu'on vous souhaite.
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