- il y a 2 jours
Dans cet épisode de Face à l'Expert, Chaïb Hammadi reçoit Pr Redouane Samlali, PDG d'Oncorad Group, pour présenter une innovation majeure en cancérologie : le CyberKnife.
Cette machine de radiothérapie robotisée ultra-précise traite certaines tumeurs avec une réduction significative de l’exposition des organes sains aux radiations.
Pr Samlali détaille comment cette technologie révolutionnaire, accessible et prise en charge, redéfinit l’avenir du traitement du cancer au Maroc.
Cette machine de radiothérapie robotisée ultra-précise traite certaines tumeurs avec une réduction significative de l’exposition des organes sains aux radiations.
Pr Samlali détaille comment cette technologie révolutionnaire, accessible et prise en charge, redéfinit l’avenir du traitement du cancer au Maroc.
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00:00Au lieu de faire 35 séances de radiothérapie classique chez un patient,
00:05aujourd'hui on est capable de faire une seule séance.
00:08Plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est facile,
00:11et plus la guérison est assurée.
00:13Aujourd'hui, il peut venir le matin, se faire éradier et rentrer chez lui le soir.
00:18La bonne nouvelle, c'est qu'il est pris en charge par l'assurance maladie, 95%.
00:22Face à l'expert, avec Encorat Group.
00:52Bonjour à vous tous, face à l'expert, un nouveau numéro, merci infiniment de nous suivre.
00:59Je sais que vous êtes de plus en plus nombreux à le faire sur les réseaux sociaux,
01:03et vous avez pratiquement bien raison, parce qu'on y apprend énormément de choses,
01:08et pratiquement là aussi dans tous les domaines.
01:10Celui qui nous interpelle aujourd'hui se résume au rapport de plus en plus étroit
01:15entre l'homme et la machine, et dans bien des cas, cela relève parfois du véritable miracle.
01:21Encorat Group, qui annonce en effet l'installation du système CyberKnife,
01:27cette technologie de radiothérapie robotisée, est la plus avancée à travers le monde.
01:33Et pour nous présenter ces très nombreux avantages, notamment dans le traitement des tumeurs cancéreuses,
01:41nous sommes avec le professeur Redouane Samlali, président directeur général d'Encorat Group.
01:47Professeur Samlali, bonjour.
01:48Bonjour.
01:49Merci d'avoir répondu à notre invitation.
01:52Encorat Group est aujourd'hui associé pratiquement à des technologies de pointe en oncologie.
01:59Pourquoi avoir fait appel ? Pourquoi utiliser ? Pourquoi le choix de CyberKnife ?
02:04D'abord, c'est dans l'âme du groupe.
02:07Le groupe, depuis sa création il y a 25 ans, a toujours voulu offrir des soins de qualité à ses patients.
02:16Donc, dans le domaine de la cancérologie, c'est simple.
02:21Tout ce qui est d'actualité, dans le domaine de la prise en charge des patients,
02:26aussi bien diagnostique que thérapeutique, est sorti de nos cliniques.
02:31Il y a quelques mois, on s'est vu pour le robot chirurgical, qui maintenant est devenu de la routine.
02:39Aujourd'hui, on est cette année à presque 300 patients.
02:42Maintenant, c'est un nouveau sursaut, c'est un sursaut de machines, comme vous l'avez bien dit.
02:50C'est un sursaut pour la robotisation de la radiothérapie.
02:52D'abord, il faut revenir à l'homme, aux patients.
02:56L'élément humain.
02:57L'élément humain.
02:58Aujourd'hui, dans le domaine de la cancérologie, Dieu merci,
03:03si les patients diagnostiquent à taux, on est capable de traiter 7 malades sur 10, ce qui est un exploit.
03:12Maintenant, le challenge pour un thérapeute, c'est pas de guérir et de soigner,
03:18mais c'est de rendre ce patient à la société dans un état qui lui permet, au moins, d'être à la hauteur de ce qu'il faisait avant, si ce n'est plus.
03:30Aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle la médecine intégrative, c'est-à-dire l'intégration du patient dans le...
03:34Mais justement, quelle est la subtilité, j'allais dire ?
03:37Aujourd'hui, cette machine, parce que dans le domaine de la radiothérapie, on irradie des tumeurs, on les détruit.
03:44On les détruit par des machines classiques, mais la problématique qu'il y avait, c'est que,
03:50et de un, on avait du mal à éviter totalement les organes qui sont autour, qui sont sains.
03:58Deuxièmement, le rayonnement est un rayonnement qui est figé, mais le malade, les organes du patient bougent, le malade bouge.
04:07Et ça, c'est un système robotisé, digitalisé, qui permet d'éviter toutes ces contraintes que vivait la radiothérapie classique ou même un peu moderne.
04:20C'est la précision des radiations en évitant tous les organes sains et en suivant les mouvements physiologiques du patient.
04:28En d'autres termes, cette machine fait ce qu'on appelle du tracking.
04:34Tracker, c'est suivre.
04:36Il va permettre quand même d'être dans la continuité des machines que nous avions,
04:41parce que la technique délivrée par cette machine s'appelle radiochirurgie.
04:47Radiochirurgie.
04:47Pourquoi radiochirurgie ?
04:49Ce sont des thérapeutiques qui donnent les mêmes effets que la chirurgie, c'est-à-dire l'ablation de la tumeur,
04:56mais au lieu que ça se fasse par un bistouri, elle se fait par une machine.
05:01Alors, vous avez dit tout à l'heure, vous avez souligné le mot précision.
05:06Précision.
05:07C'est vrai que cela va pratiquement, on parle là de l'inframillimétrique.
05:12De l'inframillimétrique encore plus, mais l'inframillimétrique des machines classiques de radiochirurgie qui existent maintenant
05:20et qui sont devenues routinières au Maroc.
05:23Maintenant, même la respiration qui est un élément physiologique chez un homme ou une femme, on la suit.
05:34C'est-à-dire que ces systèmes permettent de modéliser tous les mouvements de la cible et pas de les subir,
05:42parce qu'avec les machines classiques, on les subit, c'est-à-dire les machines classiques ont irradié
05:46lorsque le volume arrivait au champ d'irradiateur.
05:49Maintenant, cette machine, elle a un bras robotisé qui suit le mouvement de l'organe et de la tumeur
05:55avec cette précision inframillimétrique et avec un contrôle que si cette cible sort du champ d'irradiation,
06:05le traitement ne se fera pas.
06:07Et c'est pour ça qu'on appelle ce système un système intelligent ?
06:09C'est un système intelligent.
06:11D'ailleurs, le mot signifie tout.
06:14Cyber, c'est l'informatique, l'intelligence.
06:17Knife, c'est couteau.
06:18Donc, c'est la chirurgie, pas la radiothérapie.
06:22C'est parce qu'on peut faire ce qu'on appelle de l'escalade de doses,
06:26c'est-à-dire escalader les doses.
06:28Pourquoi on peut faire l'escalade de doses ?
06:30Parce qu'on est précis.
06:32Et parce qu'on est capable d'éviter tout organe critique.
06:37Et mieux encore, comme on est très précis et comme on ne touche pas les organes de voisinage,
06:42au lieu de faire 35 séances de radiothérapie classique chez un patient,
06:49aujourd'hui, on est capable de faire une seule séance chez un patient pour irradier une tumeur.
06:54Et cela rassure quelque part, aussi bien le patient que le chirurgien.
06:58C'est un gain pour le patient énorme, pour l'économie qui est énorme.
07:02Vous imaginez un patient qui ne se trouve pas dans une ville où il y a la radiothérapie,
07:06il est obligé de se déplacer au moins 40 fois pour venir se faire traiter.
07:12Et aujourd'hui, il peut venir le matin, se faire irradier, rentrer chez lui le soir.
07:19C'est un procédé révolutionnaire.
07:20C'est un procédé révolutionnaire.
07:22Même en France, il y en a une quinzaine de machines.
07:25Et aujourd'hui, on a tout fait pour que le Maroc puisse être bénéficié de cette installation qui sera la première.
07:36Et qu'en est-il de la formation à maîtriser, justement, ce type d'appareil ?
07:40Or, on ne vient pas du néant.
07:43La radiothérologie, on l'a fait depuis 10 ans, à travers une autre machine concurrente.
07:48Donc, on a déjà un personnel, aussi bien physicien, médecin, que radiothérapeute, que manipulateur,
07:56qui sont dédiés à cette hyperprécision dans le traitement.
07:59Le groupe s'est impliqué dans la formation, ça fait 6 mois.
08:04Donc, nous avons des équipes qui sont déjà parties, qui sont déjà formées.
08:09Et bien entendu, on sera accompagné durant les 2-3 premiers mois de l'installation par des experts, collègues de l'étranger.
08:17Alors, vous avez parlé tout à l'heure, effectivement, que cette technologie permet moins de séances, déjà.
08:22Et j'imagine que cela doit avoir un impact psychologique, physique, sur le patient.
08:28Économique, social.
08:29Parce qu'aujourd'hui, dans la configuration de l'assurance maladie, nous savons très bien que le patient marocain paye 40 à 50% de sa poche.
08:39Dans les 40 à 50% qu'il paie de sa poche, 20% c'est la logistique.
08:44Dieu merci, nous sommes des familles unies.
08:46Quand on vient se faire traiter, on vient avec toute la tribu.
08:50Déplacer toute la tribu, il faut des transports, il faut des logements, il faut qu'ils mangent.
08:56Et généralement, les patients dépensent énormément d'argent pour accompagner le malade dans son traitement.
09:04Et qui n'a rien à voir avec le côté médical, la logistique.
09:06Aujourd'hui, avec ces techniques, à 5 séances, on peut régler le problème des radiations.
09:14Et d'une manière précise, avec des doses beaucoup plus élevées, avec des chances de contrôle de la maladie qui sont supérieures aux machines classiques.
09:22Alors, professeur Semelali, vous êtes un observateur.
09:24Qu'est-ce que vous avez pu remarquer véritablement au niveau de cette technologie ?
09:28Est-ce qu'avec le temps, avec un certain recul, on peut dire qu'il existe véritablement une certaine efficacité, en tout cas dans le traitement,
09:36aussi bien pour le confort psychologique du patient en lui-même ?
09:40Cette machine, elle était notre cible depuis très longtemps.
09:44Ce n'est pas une machine, quand même, qui nécessite un investissement très important.
09:51Pour donner un ordre d'idée, c'est aux alentours de 60 millions de dirhams.
09:55Donc, il a fallu se préparer.
10:00C'est un investissement quand même qui est gros, là.
10:03Qui est gros, mais il fallait se préparer pour rendre ce traitement accessible pour le patient.
10:11La bonne nouvelle, c'est qu'il est pris en charge par l'assurance maladie, à 95%.
10:18Ça a été fait dès le départ ou bien il vous a fallu batailler pour expliquer ?
10:21Je pense qu'on a expliqué aux responsables d'assurance maladie, à l'ANAM, à l'ACNOPS quand elle existait, et puis à la CNSS.
10:33Et aujourd'hui, c'est un traitement qui est pris en charge, qui est accessible aussi bien pour les malades.
10:37Il a fallu surtout démontrer la preuve de son efficacité aussi, j'imagine.
10:42Il y a des référentiels internationaux, américains et européens, qui ont déjà prouvé l'efficacité de ce traitement.
10:50Le bien fondé de disposer d'une machine similaire.
10:55Et puis, cette installation, elle est dans le sens de ce que veut devenir le groupe en matière d'expertise.
11:01Aujourd'hui, l'expérience de robot, qui était un rêve pour les Marocains, qu'on a...
11:07D'ailleurs, on a fait un entretien sur le robot il y a quelques mois.
11:10Effectivement, on n'en avait pas.
11:11Je peux vous dire aujourd'hui qu'on fait trois chirurgies robotisées par jour.
11:15C'est comme si on a opéré... qu'on a fait une appendicectomie.
11:19C'est devenu de la routine.
11:20Et si on voulait nous classer parmi les centres français actuellement,
11:26en termes de nombre de chirurgies robotisées, on est classé comme le troisième en France.
11:29Ceci veut dire que le Marocain, l'expert marocain, n'a rien à envier à l'expert français américain
11:39quand on lui donne les moyens pour, je dirais, entre parenthèses, sévir...
11:44Il a fallu, vous, de votre côté, déjà parier sur l'élément humain, là aussi, au niveau de la formation.
11:48C'est l'élément clé.
11:49La chirurgie robotisée, on s'est préparé pendant dix ans, on a mis du temps.
11:52Maintenant, pour la radiochirurgie au CyberKnife, on s'est préparé, on est prêts.
12:00Nos équipes connaissent la machine.
12:03Les partenaires avec lesquels on va démarrer les procédures sont déjà connues.
12:10Et je pense que, rapidement, j'espère bien que ça va devenir la routine.
12:15Et ça va se généraliser au niveau de tous les centres de royaume.
12:18Alors, concrètement, justement, pour quel type de tumeur cancéreuse est destiné, justement, ce système ?
12:24Alors, voilà, donc, le plus important, c'est qu'on a ouvert une voie qui était fermée.
12:30Parce qu'avant, on ne pouvait pas irradier une tumeur vénine.
12:34Ce type de traitement peut être préconisé dans une tumeur vénine.
12:39Exemple, une tumeur vénine dans le cerveau, à côté du nerf optique.
12:44Le nerf optique, c'est le nerf qui assure l'inervation de la vision.
12:48Si on l'opère, on est obligé de sectionner le nerf optique.
12:51Le malade est aveuglant.
12:52Avec cette technique, on peut irradier cette tumeur vénine sans léser le nerf optique.
12:58Ça, c'est le gain le plus important.
13:00Deuxièmement, elle peut être utilisée de la tête au cou.
13:03C'est-à-dire, chaque fois qu'il y a une tumeur mal placée,
13:06ou une tumeur qui est censée être bougée lors du traitement, on peut l'utiliser.
13:12Donc, aujourd'hui, ce type de traitement peut être utilisé aussi bien dans les tumeurs vénines que malines.
13:16et pour n'importe quel cancer, bien sûr, à condition qu'il soit à proximité d'organes critiques
13:22et qu'il soit de petite taille parce que ce sont des machines qui ne traitent que des petits volumes
13:27pour permettre un peu de délivrer des doses très, très élevées par rapport aux doses normales.
13:34Et cela ouvre tous les champs du possible, j'imagine, parce que maintenant, cela s'adresse à tous les patients
13:38que l'on a toujours considérés comme inopérables jusqu'à maintenant.
13:41Maintenant, on est en train de développer ce qu'on appelle, on a déjà démarré, la radiothérapie fonctionnelle.
13:47C'est-à-dire, vous n'avez pas besoin d'avoir une tumeur pour bénéficier de ces traitements.
13:50La névralgie du trujumeau, c'est une douleur des limifaces qui rend la vie de certains patients insupportables.
13:59On est capable de détruire le nerf trujumeau par ces machines, ce qu'on appelle radiothérapie fonctionnelle,
14:04et ces douleurs disparaissent.
14:06Les tremblements, les fissotalamiques du cerveau qui descendent du cerveau
14:12et qui entraînent un tremblement essentiel, on les endort par cette radiothérapie et les tremblements s'arrêtent.
14:22Donc, cela ouvre des perspectives thérapeutiques, pas uniquement dans le domaine de la tumeur maligne,
14:28dans les tumeurs malignes, mais aussi la radiothérapie fonctionnelle.
14:31Vous avez parlé tout à l'heure de radiation, c'est vrai que c'est là le véritable problème qui se pose dans ce genre de situation.
14:37Certains patients qui peuvent légitimement être inquiets, évidemment,
14:40dans quelles mesures cette fois-ci le Cyberknife pourrait garantir un haut niveau de sécurité ?
14:47D'abord, c'est des machines qui sont sécurisées au niveau du constructeur.
14:55Il y a des systèmes informatiques.
14:57Si vous ne répondez pas aux critères de la radiothérapie qui est hyper précision
15:02et qui est la tumeur dans le viseur, dans le faisceau de la radiation,
15:07la machine ne fonctionne pas.
15:08Donc, sur ce côté-là, il n'y a aucune inquiétude.
15:13Deuxièmement, c'est l'expertise aussi de nos médecins, nos physiciens et nos manipulateurs.
15:18Aujourd'hui, c'est des gens qui sont formés que si le programme exigé par le thérapeute et par le physicien n'est pas respecté,
15:25le traitement ne pourra pas se dérouler.
15:26Ce qui veut dire que le patient, quelque part, il doit être lui aussi un tout petit peu formé, justement, pour être face à la machine.
15:32Oui, il est formé. Il y a une expertise. J'ai comme l'impression que vous avez bien lu sur la machine.
15:36Oui.
15:36Alors, il y a un préalable. La durée du traitement dure une heure. Qu'est-ce que c'est que ce préalable ? C'est qu'il faut modéliser tous les mouvements du malade et de la tumeur à travers un système informatique.
15:51Et pour modéliser, il faut que le malade soit calme. C'est-à-dire, au préalable, on donne au patient un tranquillisant, il se met sur la table et on le laisse dormir tranquillement, se relaxer.
16:03Et on enregistre tous ces mouvements à travers une courbe sinusoïdale. Au début, elle fait ça parce qu'il est angoissé.
16:12Hélicoïdale.
16:12Voilà, hélicoïdale. Et après, elle se stabilise. Quand elle se stabilise, on modélise cette stabilisation.
16:21Et c'est elle qui va permettre à la source de traquer la tumeur en fonction de cette modélisation.
16:27Je pense que vous n'êtes pas très loin d'un radiothérapeute pour aller traiter le malade.
16:33Aux téléspectateurs qui nous écoutent, qu'est-ce que vous leur dites en termes, pour les rassurer surtout, en termes de contrôle de tumeur et d'effet secondaire ?
16:44Bon, pour être honnête, effet secondaire zéro, ça n'existe pas.
16:49Donc, c'est lui qui vous dit que j'ai une thérapeutique parce qu'il y a ce qu'on appelle des compromis.
16:54Des compromis, c'est-à-dire un cancérologue, un radiothérapeute, à un certain moment, il se dit, voilà, j'ai cette tumeur.
17:02Elle est collée au nerf optique.
17:05Quel est le meilleur compromis entre sous-traiter la tumeur, ne pas sous-traiter la tumeur, c'est-à-dire ne pas donner une faible dose, et ne pas détruire le nerf optique ?
17:14Et des fois, il y a quand même une certaine audace, discuter et négocier avec le patient, qui doit être mise en place, parce que l'effet secondaire zéro, si vous avez envie d'avoir un médecin avec effet secondaire zéro, il n'existe pas.
17:29C'est-à-dire qu'on peut, dans ce genre de situation, préserver certains tissus ?
17:35Oui, mais les chances de préservation du tissu sain sont nettement supérieures par rapport aux radiothérapies de haute technologie classique.
17:43Donc, ce qui permet d'arriver, par exemple, avec les machines classiques, quand on irradie un malade, on ne peut pas le ré-irradier une deuxième fois.
17:52Avec ces techniques, on peut ré-irradier une deuxième fois parce qu'on est capable de localiser l'endroit précis où la maladie a poussé,
18:01et on peut aller de manière précise sur ce niveau-là de traitement.
18:07Par exemple, un cancer de prostate irradié, s'il rechute, on n'avait pas beaucoup de perspectives.
18:13Maintenant, avec la chirurgie robotisée, c'est possible d'opérer, mais on peut le ré-irradier avec des machines comme CyberKnife.
18:20Et j'imagine qu'en matière de formation des équipes soignantes, c'est un internet recommencement à chaque fois.
18:26On ne sort pas de zéro. Aujourd'hui, on n'est pas passé de la radiothérapie classique à la radiochirurgie de très haut niveau.
18:34On est passé par des étapes depuis les 25 ans qu'on travaille dans ce domaine, et on vient de la radiochirurgie par une autre machine.
18:43Donc, nos équipes ont pu rapidement s'adapter à cette nouvelle technologie parce qu'ils reconnaissent le principe.
18:51Et maintenant, tout ce qui est intelligence artificielle, tout ce qui est digitalisation, tout ce qui est contrôle de la machine à distance, qui aide.
19:02Il y a 4-5 ans, on n'avait pas d'intelligence artificielle.
19:05Aujourd'hui, vous avez des logiciels.
19:08Vous les installez, ils vous déterminent où se trouve la tumeur, où se trouvent les organes critiques.
19:14Et ils vous donnent le meilleur compromis entre efficacité thérapeutique et effet secondaire.
19:21C'est un pari audacieux ?
19:24C'est un pari audacieux. L'homme joue un rôle très important. C'est une aide à la décision.
19:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne prend pas pour argent comptant les données de l'intelligence artificielle.
19:34Mais ça aide énormément à la décision du médecin.
19:39Et aujourd'hui, si on doit peut-être faire un petit bilan d'étape, quelle serait la vision d'Encorat Groupe en matière peut-être d'innovation à venir ?
19:48Là aussi, j'imagine qu'il y en a encore.
19:50Tout ce que nous faisons, c'est d'abord...
19:51Et d'accès surtout au traitement de pointe.
19:53Tout ce que nous faisons, c'est l'innovation.
19:56Il y en a d'autres innovations, on ne va pas en parler aujourd'hui.
20:00Mais la devise d'Encorat, c'est innovation et accessibilité.
20:05Ça ne sert strictement à rien d'amener des nouvelles machines avec lesquelles on va prendre des photos.
20:11Aujourd'hui, la chirurgie robotisée, on l'a démocratisée.
20:15Aujourd'hui, à 8 000 dollars, vous pouvez faire une chirurgie robotisée au Maroc.
20:20C'est pratiquement 50% plus cher qu'une chirurgie classique.
20:25En France, ça se fait à 20 000 dollars.
20:27C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut affirmer que CyberKnife est à la portée de tous les patients ?
20:32Tout patient qui bénéficie, un ramédiste qui bénéficie de l'assurance maladie obligatoire,
20:38peut bénéficier d'un CyberKnife, il n'y a pas de problème.
20:41La prise en charge, donc, est pratiquement pour peu que ce soit fait dans les normes ?
20:45Il n'a même pas à s'occuper de sa prise en charge.
20:48Est-ce que vous pensez que ce genre de prise en charge de traitement,
20:53cela va, vous m'avez dit tout à l'heure, se démocratiser ?
20:56Est-ce que cela va devenir une sorte de, voilà, de traitement standard dans les années à venir ?
21:02C'est un traitement standard...
21:04Parce que vous êtes des pionniers.
21:05Bien sûr.
21:06C'est un traitement standard, mais à condition de respecter les indications.
21:11Aujourd'hui, on traite le CyberKnife à travers les instances internationales.
21:17Il y a ces indications qui sont rédigées, écrites et précises.
21:21Aujourd'hui, on ne peut pas traiter une grosse tumeur par CyberKnife, ça ne se fait pas.
21:26Donc, ce qui fait que nous respectons les standards, et même l'assurance maladie nous surveille.
21:31Si je demande un CyberKnife ou une radiophilurgie pour une tumeur qui ne doit pas répondre à ces indications,
21:38les médecins de l'assurance maladie la refusent.
21:40Alors, vous êtes les pionniers aujourd'hui au Maroc.
21:43Qu'est-ce qui va se passer à moyen terme ?
21:44J'imagine qu'il va y avoir une sorte de bataille concurrentielle dans ce domaine-là.
21:49Moi, je n'appelle pas ça concurrentiel.
21:52D'ailleurs, si mes collègues et soi-disant concurrents veulent faire leur classe chez nous, ils sont les bienvenus.
21:59D'ailleurs, on a été les premiers à installer la première machine de radioschirurgie.
22:04Toutes les machines de radioschirurgie installées au Maroc, ils ont fait leur formation au sein de nos cliniques.
22:10Ça ne nous dérange pas.
22:12L'essentiel, c'est de vulgariser ce traitement, de le rendre accessible.
22:19On ne sait pas qu'est-ce que sera la machine de radiothérapie de demain.
22:22Ensuite, on a des idées, on s'est même positionnés pour la machine du futur sur d'autres installations.
22:31Mais bon, ce n'est pas encore dans les standards internationaux.
22:35On va conclure, professeur Semlali.
22:37Quel message souhaiteriez-vous adresser aux patients ?
22:40Évidemment, il y a leurs proches qui découvrent aujourd'hui cette technologie CyberLife.
22:46Et si vous deviez justement résumer cette technologie en une phrase, pour le grand public, ça serait laquelle ?
22:53D'abord, ce que je demande, le Maroc est en train de suivre une mutation démographique.
23:00Aujourd'hui, le Marocain vit autour de 75 ans, donc l'espérance de survie.
23:05Je pense que l'incidence du cancer à l'image d'autres maladies, dans les 10 ans qui vont venir, va pratiquement se multiplier par deux.
23:17Donc il faut qu'on soit vigilant pour penser à se faire dépister de certains cancers, sains chez la femme, cols chez la femme.
23:26Donc il faut avoir dans l'esprit que plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est facile, et plus la guérison est assurée.
23:34Deuxièmement, ces genres de machines, à l'image d'autres performances thérapeutiques, dans le domaine de la chimiothérapie, de l'immunothérapie et d'autres domaines,
23:45vont permettre aux malades de guérir avec très peu d'effets secondaires.
23:52Troisièmement, troisième conseil, suscrivez-vous à l'assurance maladie.
23:57Aujourd'hui, c'est anormal qu'avec tous les efforts fournis par l'État marocain, on n'a pas les 34 millions de Marocains assurés,
24:05parce qu'aujourd'hui, on peut y aller, tout le monde peut s'inscrire à la CNSS, payer une cotisation de 210 dirhams,
24:13et bénéficier de tous ces avantages thérapeutiques.
24:15Donc, quand on voit qu'un malade a oublié de se faire assurer, ça reste quand même, ça fait mal au cœur.
24:22Absolument.
24:23Alors, voilà donc pour la présentation et les explications à propos de ce fameux Cyberknife,
24:29véritable évolution, pour ne pas dire révolution technologique dans le domaine du traitement des cancers.
24:36Nous devons ces explications avec beaucoup de clarté au professeur Redouane Semlali,
24:43président directeur général d'Ancora de groupe.
24:46Merci beaucoup, professeur Semlali, de vous être déplacé, justement, pour pouvoir nous apporter ces explications.
24:52Et merci également à vous de nous avoir suivis dans Face à l'expert sur les réseaux sociaux.
24:58Et à très bientôt.
24:59Face à l'expert avec Ancora de groupe.
25:07Face à l'expert avec Ancora de groupe.