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00:00C'est l'heure du journal de l'Afrique, Soyez les Berniers sur France 24.
00:05Alain, ce soir, Goma, un an après la chute, la capitale provinciale du Nord-Kibou,
00:09dans l'est de la République démocratique du Congo, est toujours sous le contrôle de la FCM 23.
00:14C'est la première fois que des rebelles contrôlent la ville aussi longtemps.
00:18La vie a repris son cours, mais certains dénoncent un climat de répression.
00:23Reportage dès le début de ce journal.
00:25Où en sont les négociations de paix dans l'est de la RDC ?
00:28Washington, Doha, les efforts de la communauté internationale ont-ils fait avancer la paix ?
00:33L'accord de Washington est-il viable ?
00:35Autant de questions que nous poserons à notre invité Christophe Rigaud,
00:38fondateur et directeur du site d'information Afrique-Arabia, consacré à l'actualité en RDC.
00:44Et puis Ousmane Sonko, au Maroc, le Premier ministre sénégalais s'est rendu à Rabat
00:49dans le cadre d'une coopération économique.
00:5117 accords ont été signés et la finale de la Cannes s'est encore invitée dans les débats.
00:56Les détails à suivre.
00:58Cela fait un an que les rebelles de la FCM 23 ont pris le contrôle de Goma,
01:05capitale provinciale du Nord-Kivu.
01:07Depuis, la vie quotidienne a repris son cours,
01:10mais certaines voix dénoncent un climat de répression.
01:13Toitures éventrées, impact de balles.
01:18Le quartier KMB à Goma porte encore les stigmates des combats, comme la maison de cet habitant.
01:24Ce sont des balles ici, des éclats de bombes, et même à l'intérieur de la maison.
01:35Il y a un an, l'armée congolaise, alliée à des milices locales et les rebelles de la FCM 23, s'affrontent en pleine ville.
01:44Prise au piège dans les combats, Augustin Bassémé a été blessé à la jambe, sa femme tuée par un obus.
01:51Je ne trouve plus le sommeil et je perds l'appétit lorsque je pense à ma femme et à ses jours de combat.
01:57Si on avait su que ça allait être grave, on aurait fui.
02:00On se disait juste que les soldats allaient se battre entre eux et que ça allait passer.
02:05Un an plus tard, il est impossible de savoir combien de personnes ont été tuées à Goma,
02:10témoins des violences, ces centaines de tombes d'habitants enterrés à la hâte.
02:16Sous le contrôle de la FCM 23, Goma s'est imposé comme un symbole de la défaite militaire congolaise.
02:24Pour les rebelles qui affirment avoir libéré la ville, sa gestion doit être exemplaire.
02:29Et cela passe par le Salongo.
02:32Un travail obligatoire pour les hommes qui ramassent les déchets et réparent les routes.
02:39Le mouvement nous a demandé de le faire.
02:41Et nous avons répondu à cet appel de faire le Salongo chaque samedi pour rendre la ville propre.
02:47Goma fait peau neuve.
02:50Les marchés et les écoles sont ouverts.
02:52L'administration rebelle et fonctionnelle.
02:56Mais les banques restent fermées.
02:58Hors caméra, des habitants dénoncent une ville dirigée par la peur.
03:03Nombre d'acteurs de la société civile ont d'ailleurs fui,
03:06comme ce représentant du Nord Kivu venu à Kinshasa.
03:11Sur son téléphone, il dit recevoir beaucoup de vidéos de civils fouettées et tabassées.
03:17La population est sous une souffrance atroce,
03:20de sorte qu'on y a ajouté encore la terreur des rebelles qui arrêtent des forces,
03:26qui persécutent, qui recrutent des forces, les jeunes,
03:31et les intégrer dans leur rébellion.
03:34Alors, vous voyez que c'est une population qui vit du jour au jour sous le traumatisme.
03:39La FCM 23 a toujours démenti ces accusations.
03:44Dans l'Est congolais, les exactions contre les civils ont atteint un niveau alarmant selon les humanitaires
03:50et sont commises par toutes les parties sans conflit.
03:55Ce soir, nous recevons sur notre plateau Christophe Rigaud,
03:58fondateur et directeur du site d'information Afrique Arabia,
04:00consacré à l'actualité en République démocratique du Congo.
04:03Merci beaucoup d'être avec nous ce soir.
04:05Alors, quelle est la situation à Goma aujourd'hui, un an après la prise de Goma par les rebelles de la FCM 23 ?
04:12Disons qu'un an après cette prise de Goma,
04:15le M23 n'a jamais occupé des territoires aussi vastes.
04:20Il reste maître du terrain militaire.
04:23L'armée congolaise n'a jamais pu reprendre le dessus.
04:26On a aussi des processus de paix qui sont en panne.
04:31Washington avec une paix qui est très très virtuelle.
04:34Le processus de Doha qui est vraiment moribond.
04:36Donc, on voit bien qu'on est dans une impasse militaire, diplomatique,
04:41et avec un conflit qui semble s'enquister, qui semble s'installer dans la durée,
04:47et où en fait, cet état de guerre, c'est presque maintenant la normalité, un an après.
04:52Alors, est-ce que les combats continuent, justement ?
04:54Alors oui, de manière assez sporadique, que ce soit dans le sud Kivu, mais aussi dans le nord Kivu.
05:02Maintenant, c'est vrai que depuis que le M23 s'est retiré de la ville d'Ouvira, sous pression américaine,
05:09je dirais qu'il y a une certaine accalmie.
05:11Alors, la situation économique, on l'a vu, semble compliquée,
05:16puisqu'on a vu dans le reportage que les transactions bancaires, par exemple, n'ont pas lieu.
05:20Comment l'AFC M23 continue à maintenir une activité économique ?
05:26Alors, il faut savoir que depuis qu'elle occupe ses territoires,
05:32il y a une véritable administration parallèle qui s'est instaurée et qui est gérée par le M23,
05:39donc au niveau des administrations, d'un point de vue politique.
05:42Il y a des maires, il y a des gouverneurs, mais aussi, évidemment, d'un point de vue économique.
05:47Alors, le problème des banques qui restent fermées est un vrai souci, quand même,
05:51et oblige les habitants de Goma, soit à passer la frontière côté Rwanda,
05:55soit à utiliser des moyens de paiement électronique.
06:00Mais c'est vrai que, voilà, c'est une rébellion qui doit s'autofinancer.
06:04Alors, comment est-ce qu'elle s'autofinance ?
06:06D'abord, il y a la prise de sites miniers importants.
06:12On pense notamment à la mine de Roubaïa, une mine de Coltan,
06:16où les Nations Unies estiment qu'elle rapporterait au M23 environ 800 000 dollars par mois.
06:23Mais depuis que le M23 est descendu au sud Kivu,
06:25il y a d'autres sites miniers qui, maintenant, sont contrôlés par le M23.
06:29Et puis, il y a toutes ces taxes routières sur les routes et aussi aux postes frontières
06:34qui permettent de financer cette rébellion qui s'est considérablement agrandie.
06:41Elle a énormément recruté pendant toute cette année.
06:46Je crois qu'on parlait, les Nations Unies parlaient environ de 5 000 combattants M23 en 2022.
06:52Là, il serait, selon Crisis Group, plus de 20 000.
06:55Donc, il faut aussi payer, nourrir ces combattants.
06:59Alors, on l'a vu aussi dans le reportage de nombreux habitants,
07:03ayant quitté Goma témoigne de cette répression, de ce climat de répression.
07:07Qu'est-ce qu'on en sait aujourd'hui ?
07:08Alors, on n'en sait pas grand-chose.
07:10En fait, oui, il y a clairement des problèmes sécuritaires qui ont eu tendance, quand même, à diminuer sur Goma.
07:19Mais, effectivement, il y a une situation de tension avec, quand même, des rebelles
07:23qui ont fait partir les autorités officielles de force.
07:28Donc, un climat de peur pour savoir qui est de quel côté.
07:32Est-ce que vous êtes plutôt pour les rebelles ou est-ce que vous êtes encore pro-Kinshasa ?
07:37Et on a vu ces tensions, quand même, s'exacerber, notamment à Ouvira, au moment de la prise d'Ouvira,
07:42puisqu'il y avait, je dirais, là-dessus, des problèmes communautaires.
07:47Alors, vous avez évoqué tout à l'heure les accords d'Ohai et de Washington.
07:50Alors, l'accord de Washington, notamment, depuis sa signature, une nouvelle ville est tombée,
07:55Ouvira, pour revenir ensuite sous pression américaine, côté Kinshasa.
08:00La question qui se pose, c'est, est-ce que, finalement, cet accord de Washington maintient un statut quo ?
08:07C'est-à-dire que les rebelles n'avancent pas plus, mais que Kinshasa ne récupère pas pour autant les territoires perdus ?
08:12Exactement. En fait, depuis la signature de ces accords, les seules actions de Washington concrètes sur le terrain,
08:22c'est, il y a plusieurs mois, le fait que l'M23 recule de la zone de Wally-Calais.
08:26Il y avait une mine qui est avec des intérêts américains dans cette région.
08:31Et puis, la deuxième chose, c'est effectivement le retrait d'Ouvira,
08:38puisque je crois que Washington avait été excessivement fâché, en fait, de la prise d'Ouvira,
08:43seulement quelques jours après la signature des accords de paix de Washington.
08:47Donc, c'est vrai que, pour le moment, sur le terrain, ce sont peut-être les deux seules actions concrètes de Washington sur ce conflit.
08:55Alors, on l'a compris, Washington maintient la pression. Kinshasa ne récupère pas pour autant ses territoires.
09:01Est-ce que l'armée congolaise, aujourd'hui, peut avancer davantage ?
09:04Est-ce qu'elle peut essayer, justement, de récupérer ses territoires perdus, comme Goma, qui est sous contrôle du M23 depuis un an ?
09:10Écoutez, depuis 2022, elle n'a jamais pu récupérer aucun territoire conquis par le M23.
09:16La fameuse montée en puissance de l'armée congolaise promise par Félix Tshisekedi, c'est vrai qu'on l'attend toujours.
09:25Je crois qu'il y a eu des efforts du côté de l'armement.
09:27Mais c'est vrai que, par exemple, au moment où le M23 s'est retiré de la ville d'Ouvira,
09:31ce n'est pas l'armée congolaise qui a repris tout de suite le terrain,
09:34mais ce sont les Ouazalendo, c'est-à-dire ces milices pro-gouvernementales qui ont réoccupé la ville.
09:41Donc, pour le moment, c'est vrai que ça semble très improbable qu'il y ait une solution militaire,
09:47que Kinshasa trouve une issue militaire à ce conflit.
09:50Donc, il n'y a qu'une issue diplomatique et politique qui, pour le moment, peut sortir.
09:54– Peuvent venir que des États-Unis.
09:56– Et qui peuvent venir que des États-Unis.
09:58On a vu, en fait, que la seule pression qui a été concrète sur le terrain,
10:04avec des résultats concrets sur le terrain, c'est, en fait, l'implication de Washington.
10:07– Alors, on va faire un peu de politique fiction, que peuvent faire les États-Unis demain
10:10pour mettre davantage de pression, pour que Kinshasa récupère ses territoires
10:14et que la paix revienne dans l'Est ?
10:16– Alors, je pense que ça peut être des sanctions économiques,
10:19peut-être beaucoup plus fortes sur le Rwanda,
10:23parce que là, on l'a vu maintenant, c'est clair, officiellement,
10:26le Rwanda a reconnu son engagement quand même aux côtés de la rébellion.
10:32– Donc, on verra, la sous-secrétaire d'État américaine a eu des mots quand même
10:37assez forts dernièrement en disant que ceux qui menaçaient la paix
10:41feront face à leurs responsabilités.
10:45Voilà, il n'y a que Washington.
10:50Actuellement, les Européens sont très absents.
10:53Les médiations africaines qui reviennent, en fait, dans cette histoire,
10:58elles avaient déjà échoué en 2024.
11:00Donc, pour le moment, personne n'y croit vraiment.
11:03Il n'y a que Washington.
11:04Maintenant, Donald Trump, il a plusieurs dossiers quand même sur le feu.
11:07Il y a le Venezuela, il y a le Groenland, il y a les taxes douanières.
11:10Il y a des problèmes internes.
11:12Voilà, est-ce qu'il aura, je dirais, la présence d'esprit, en tous les cas,
11:17de forcer la main, de tordre le bras, il faut dire clairement les choses,
11:22au M23 et au Rwanda, pour qu'ils se retirent d'eux-mêmes, en fait, de ces territoires ?
11:28Merci beaucoup, Christophe Rigaud, fondateur et directeur du site d'Information Afrique-Arabia,
11:32consacré à l'actualité en République démocratique du Congo.
11:35Merci infiniment pour votre décryptage.
11:37Et on continuera, bien évidemment, à suivre l'actualité en RDC.
11:41Une dizaine de jours après la présidentielle en Ouganda, l'opposition est toujours persécutée.
11:46L'opposant Bobby Wine, contraint de fuir après un raid sur son domicile,
11:51a dénoncé l'agression de son épouse par une centaine de soldats, une opération d'intimidation.
11:56Son épouse a appris la parole devant la presse à partir de son hôpital écouté.
12:01Notre garde m'a appelée.
12:05Il m'a dit que ces hommes étaient de nouveau entrés par effraction,
12:08mais qu'ils étaient plus nombreux cette fois-ci
12:10et qu'ils ne portaient pas le même uniforme que le groupe qui venait habituellement.
12:14Il m'a dit qu'ils étaient nombreux et qu'il fallait que je me prépare.
12:16Un homme m'a attrapé les cheveux.
12:21Il m'a soulevé.
12:22Nous avons des poteaux dans le salon.
12:24Il m'a frappé la tête contre le poteau et m'a lacéré la bouche.
12:27Puis, quand il m'a frappé, il m'a tiré vers le bas et m'a assise.
12:31Ensuite, il m'a poussé la tête et je suis tombée.
12:34Puis, ils se sont assis sur moi.
12:37Je pouvais sentir quatre corps assis sur moi.
12:39Le téléphone de Bobby est resté à la maison.
12:42Je l'ai allumé vendredi, donc je pense qu'ils ont capté le signal.
12:46Ils ont alors pensé qu'il était à la maison.
12:48Mais il est parti.
12:49Ils sont venus me terroriser, me mettre dans cet état,
12:52afin que mon mari, où qu'il soit, sorte de sa cachette.
12:55Je veux l'encourager à rester où il est.
12:57Et je vais bien.
12:58Je peux prendre soin de moi-même.
13:02Ousmane Sonkourita Rabah, le Premier ministre sénégalais,
13:04s'est rendu dans la capitale marocaine pour une commission mixte
13:08qu'il copréside avec son homologue marocain, Aziza Khanouche.
13:12L'occasion pour lui d'apaiser les tensions
13:14après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations
13:16remportée par le Sénégal.
13:18Clémence Ballère.
13:18C'est la première rencontre entre les autorités du Sénégal et celle du Maroc
13:25depuis la finale de la Cannes, haut en couleur.
13:28Lundi, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonkou,
13:31s'est rendu à Rabah pour renforcer les liens bilatéraux entre les deux pays.
13:34Si le principal objectif de cette rencontre était de signer 17 accords de coopération
13:40dans les domaines de l'agriculture, enseignement supérieur ou bien l'économie numérique,
13:45difficile de ne pas mentionner la finale chaotique de la Coupe d'Afrique des Nations
13:49qui a opposé les lions de la Teranga au lion de l'Atlas.
13:52Cette visite donc intervient dans un contexte chargé d'émotions sportives,
13:59de débordements regrettés et d'images parfois douloureuses.
14:04Pour deux peuples profondément liés, ils visent à affirmer, à réaffirmer
14:10que le sport n'a pas divisé deux points.
14:14Plusieurs incidents ont entaché la finale de la Cannes le 18 janvier.
14:18Juste après un but refusé au Sénégal,
14:20un pénalty a été sifflé en faveur du pays haut à la fin du temps réglementaire
14:25après consultation de l'arbitrage vidéo.
14:28Cette décision a entraîné le départ du terrain d'une partie des joueurs sénégalais
14:32avant que Sadio Mane ne leur demande de revenir.
14:35Des ramasseurs de balles marocains ont également été filmés
14:38tentant de voler les serviettes du gardien Edouard Mendy,
14:41suscitant l'indignation de son remplaçant.
14:44La tension a gagné les tribunes où des supporters des lions de la Teranga
14:47ont tenté d'envahir le terrain pendant près de 15 minutes.
14:51Une finale qui a peut-être ébranlé le foot africain,
14:54mais pas les liens diplomatiques entre les deux pays.
14:57Le Premier ministre marocain a également affirmé
14:59que les relations entre le Maroc et le Sénégal étaient solides.
15:02Un forum économique entre les deux pays est aussi prévu durant la visite.
15:07Voilà, fin du Journal de l'Afrique.
15:08Restez avec nous, l'info continue sur France 24.
15:10Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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