- il y a 12 minutes
Raphaël Glucksmann, député européen “Place Publique”, était l’invité du Face-à-Face de ce lundi 26 janvier sur BFMTV et RMC. Il a notamment été interrogé sur la primaire de la gauche unitaire, sur les menaces de Donald Trump ou encore sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs.
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00:00Bonjour Raphaël Luxman, merci d'être mon invité ce matin, vous êtes député européen place publique,
00:05de très nombreuses questions à vous poser sur la manière d'ailleurs dont vous qualifiez la période que l'on traverse,
00:10le chaos du monde, mais d'abord pour savoir au fond qui est devant moi, cette question bien sûr,
00:15vous l'avez entendue, vu, je ne sais même pas si vous étiez au courant d'ailleurs,
00:18la primaire de la gauche, tout à l'air sur des rails, on a même la date, ce sera le 11 octobre 2026,
00:25est-ce que vous en serez ? Non, je n'en serai pas, je n'y crois pas, je ne pense pas que ce soit la manière d'enclencher une dynamique
00:31pour les élections qui seront vitales de 2027, et donc non, je n'y serai pas, et je l'ai dit depuis le début,
00:37je ne changerai pas d'avis dessus, vous savez, cette primaire c'est en quelque sorte une volonté de ne pas choisir,
00:44de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche et qui sont structurés,
00:48et qui sont les deux identités politiques puissantes, d'un côté vous avez Jean-Luc Mélenchon,
00:53le populisme, la brutalisation du débat public, le refus de l'Union Européenne,
00:58et de l'autre vous avez une gauche sociale-démocrate qui assume de vouloir gouverner le pays,
01:04qui est viscéralement pro-européenne, et c'est l'affirmation de ces deux pôles
01:08qui permettront d'enclencher des dynamiques au moment des élections,
01:11pas cette primaire qui refuse de choisir sur le front.
01:13Mais je ne comprends pas, parce que quand on écoute Olivier Faure,
01:15il a l'air de dire qu'en effet il n'est pas question d'inviter Jean-Luc Mélenchon,
01:19mais vous avez l'impression que c'est vicié.
01:20– Mais la moitié des gens qui participent à cette primaire sont pour des accords avec Jean-Luc Mélenchon.
01:24– C'est le cas notamment d'Europe Écologie Les Verts.
01:26– Oui, vous avez par exemple hier, vous aviez une législative partielle
01:30dans la troisième circonscription de Haute-Savoie,
01:32vous aviez un candidat place publique allié au Parti Socialiste,
01:35et qu'est-ce qu'ont fait Les Verts ?
01:36Ils ont choisi le candidat LFI qui fait 6% et qui nous empêche d'aller au deuxième tour.
01:39Donc en fait, il y a ce refus du choix.
01:42Et moi je ne participerai pas à cette primaire qui ensuite débouchera sur une candidature
01:47qui sera le plus petit dénominateur commun entre eux tous,
01:51et qui finira dans une compétition plus à gauche que moi, tu meurs,
01:54et finalement pour aller aux législatives après cette banane et aux présidentielles,
01:57faire des deals avec Jean-Luc Mélenchon.
01:59Moi je veux un autre chemin, une autre voie, et je m'appuie sur quoi ?
02:03Sur ce que nous avons fait aux élections européennes.
02:05– C'était une mascarade en fait, si je vous écoute ce qui s'est passé,
02:07en fait ça ne compte pas quoi.
02:08– Je pense qu'à un moment il faudra qu'ils choisissent, c'est tout.
02:11Et je m'appuie sur cela, sur ce que nous avons fait aux élections européennes.
02:15Depuis plus de 10 ans, la gauche sociale-démocrate n'avait pas fait 10% à une élection,
02:20c'était 6, 2, enfin tout ce que vous voulez.
02:23Là on a fait 14%. Pourquoi ?
02:24Parce qu'on a assumé une ligne claire, un cap clair, qu'on a été cohérent,
02:29qu'on a assumé la confrontation avec Mélenchon,
02:31qu'on a assumé notre identité politique,
02:33et c'est sur ce socle-là qu'il faut bâtir.
02:36– Mais sur quoi vous fondrez votre légitimité si c'était vous qui incarniez cette gauche ?
02:40Comment il faudra bien à un moment ou à un autre que vous disiez « c'est moi » ?
02:44– Ce que je propose moi au Parti Socialiste,
02:46puisque ce sont nos partenaires et c'est la force principale de gauche anti-Mélenchon,
02:52ce que je propose c'est que nous créions ensemble une plateforme
02:55qui commence par quoi ?
02:56Par se mettre d'accord sur le fond,
02:58pour savoir quel type de campagne nous allons mener
03:00et de quelle manière, dans quel but nous allons gouverner ce pays ?
03:04Parce que l'ambition, c'est de gagner les élections.
03:07Ce n'est pas de se placer à gauche pour récupérer ensuite les ruines
03:10qui seront héritées de 2027.
03:13C'est de gagner cette fois-ci.
03:14– Mais ça veut dire que si le Parti Socialiste,
03:17finalement derrière Olivier Faure,
03:18alors on n'a pas très bien compris d'ailleurs,
03:19mais enfin, ce n'est pas le propos ce matin,
03:21mais Olivier Faure effectivement était sur la photo de ce lancement de cette primaire,
03:26mais officiellement il ne le faisait pas pour le Parti Socialiste,
03:29ou en tout cas sans mandat du Parti Socialiste.
03:30Mais bref, imaginons que le Parti Socialiste
03:33vraiment accepte le principe de cette primaire,
03:36ce sera dans ces cas-là sans vous.
03:37Ça rompra votre pacte avec vous.
03:39– Ce sera de toute façon sans moi,
03:40mais moi ce que je propose à mes partenaires socialistes,
03:44c'est de faire une plateforme commune
03:47qui permette ensuite d'enclencher une dynamique électorale.
03:51Ce que je veux, c'est que nous soyons fiers de ce que nous sommes.
03:55Et sur les retraites, à 60 ans ou pas,
03:58sur la construction d'une Europe puissante,
04:01sur la défense européenne,
04:03sur tout un tas de sujets, sur l'énergie,
04:06nous ne sommes pas d'accord entre nous,
04:08avec les gens qui participent à cette primaire.
04:10Donc si l'idée c'est de faire une synthèse,
04:12une sorte de gloubi-boulga qui met la poussière sous le tapis,
04:16ça ne fonctionnera pas.
04:18La seule manière d'enclencher,
04:19en plus il y a vraiment des leçons,
04:21enfin je veux dire, on a vécu 2017 et 2022.
04:25Notre espace politique s'est fait ratiboiser.
04:28Ratiboiser par Jean-Luc Mélenchon.
04:30Pourquoi ?
04:31Parce qu'il assume, lui, ce qu'il est.
04:34Il assume de cliver,
04:35il assume de trancher les questions.
04:38Et donc à la fin, il produit une vision cohérente.
04:40Eh bien ce n'est pas la nôtre.
04:41Et donc nous on doit produire une vision cohérente nous-mêmes,
04:44assumer de trancher,
04:45assumer de cliver,
04:46et assumer jusqu'au bout ce que nous sommes.
04:48En tout cas, les choses sont très très claires là.
04:51Et vous sillonnez la France,
04:54vous étiez dans les Deux-Sèvres cette semaine,
04:57en Haute-Savoie la semaine d'avant,
04:58vous serez à Grande-Synthe cette semaine.
05:00Vous êtes clairement dans ce moment de campagne
05:03pour préparer cette plateforme.
05:05Et pour construire un projet, exactement.
05:07Dans les Deux-Sèvres,
05:08j'étais avec des enseignantes et des enseignants.
05:10Vous savez que la France est aujourd'hui
05:13le pays qui paye le plus mal en Europe
05:15en rapport avec son PIB,
05:17qui paye le plus mal ses professeurs.
05:20La France a été construite par l'école.
05:22C'était les Hussards Noirs de la République
05:23qui ont fait la République.
05:25Et aujourd'hui, nous laissons l'école péricliter.
05:28L'éducation sera au cœur du projet
05:29que nous proposons pour la France.
05:31C'est le cœur du métier à tisser
05:32qui fabrique des Français en fait.
05:34Je vous interrogerai.
05:35Et de la même manière,
05:36à Grande-Synthe,
05:37de quoi nous allons parler ?
05:38D'industrie.
05:39Comment on peut imaginer
05:41être une grande nation,
05:42une nation souveraine
05:43quand on a laissé
05:44la désindustrialisation se produire,
05:47quand on a laissé délocaliser
05:48nos systèmes de production ?
05:49Et aujourd'hui,
05:50nos industriels sont paniqués
05:52parce qu'il y a un mur qui arrive,
05:55un tsunami chinois qui arrive
05:56sur nos productions.
05:58Et si nous ne faisons rien,
05:59nous ne produirons plus d'automobiles,
06:01nous ne produirons plus d'acier.
06:03Est-ce que là-dessus, aujourd'hui,
06:04avant de vous interroger
06:05sur Donald Trump,
06:06sur l'Europe,
06:07vous dites,
06:08et vous l'avez dit dès le début,
06:10c'est vraiment notre cœur,
06:11c'est aussi de croire à cette Europe.
06:13Mais est-ce que cette Europe,
06:14aujourd'hui,
06:14n'est pas notre boulet
06:15sur les questions industrielles ?
06:17Par exemple,
06:17vous parlez de ce tsunami chinois.
06:20Ici même, à ce micro,
06:21le patron de la BPI
06:22disait il y a trois jours,
06:24il faut que l'Europe
06:25érige à nouveau des barrières,
06:28le temps de se réarmer.
06:30Et il disait,
06:31mais le problème,
06:31c'est que l'Europe va trop lentement.
06:33L'Europe va trop lentement,
06:35mais c'est seulement à l'échelle européenne
06:36que nous pourrons imposer ces barrières.
06:38Vous savez,
06:39moi, je suis rapporteur
06:40pour le Parlement européen
06:41sur les questions
06:41des investissements étrangers.
06:42Ce que font les Chinois aujourd'hui,
06:44et c'est une stratégie consciente
06:45pour ratiboiser nos productions
06:46et nous rendre totalement dépendants,
06:48c'est qu'ils investissent
06:49dans des productions en Europe
06:51qui sont en fait juste
06:51des usines d'assemblage
06:52pour pouvoir détruire,
06:54détruire par exemple,
06:55Renault en France.
06:57Et ce qu'il faut faire,
06:59c'est accepter...
06:59On est vraiment aujourd'hui
07:01dans cette menace-là,
07:02cette menace de disparition
07:03de notre industrie
07:04qui est déjà plus très flambante.
07:05Mais vous savez,
07:06c'est arrivé,
07:07par exemple,
07:07dans le secteur de production
07:08des panneaux photovoltaïques,
07:09des panneaux solaires.
07:10Eh bien,
07:11on a laissé nos producteurs
07:12se faire ratiboiser.
07:13Aujourd'hui,
07:13les dix champions du monde
07:14sont tous chinois.
07:15Quand vous dites précisément,
07:16vous dites on a laissé.
07:17Est-ce qu'on ne s'est pas tiré
07:18une balle dans le pied ?
07:20Mais oui,
07:20et c'est pour ça qu'il faut changer
07:21les politiques commerciales européennes.
07:23C'est pour ça que je me bats au Parlement.
07:24C'est pour ça que j'ai convaincu
07:25les sociodémocrates,
07:26la deuxième force du Parlement européen,
07:28d'avoir un agenda de souveraineté
07:29qui est centré sur la question
07:31de l'industrie,
07:31de souveraineté industrielle
07:32pour protéger nos secteurs,
07:34protéger nos producteurs
07:35contre la menace chinoise
07:37qui est vraiment une menace
07:38d'éradication
07:38de nos capacités de production.
07:40Et moi,
07:40ce que je vous dis,
07:41c'est très simple.
07:42En fait,
07:42il faut accepter
07:42de mettre des droits de douane,
07:44d'activer nos instruments
07:45de défense commerciale
07:47que nous avons élaborés.
07:48Et ça,
07:48ça ne peut se dire
07:49qu'à l'échelle...
07:49Ce qu'on appelle
07:50le fameux bazooka
07:51qui était plutôt une réponse
07:52aussi à la menace
07:53de droits de douane
07:54très élevée de Donald Trump
07:55depuis les revenus dessus.
07:56Mais est-ce qu'il faut
07:57effectivement pas seulement dire
07:59« Ah, attention, attention,
08:00on va l'activer ? »
08:01Est-ce qu'il faut le faire ?
08:01Il faut le faire.
08:02Et ce qu'il faut le faire
08:03avec les Chinois ?
08:04Et ce qu'il faut faire surtout,
08:05c'est de dire
08:05dans telle filière,
08:07telle filière,
08:07telle filière
08:08qui sont stratégiques pour nous,
08:09eh bien,
08:09nous n'acceptons plus
08:11les produits chinois.
08:12Nous les bloquons
08:13à la frontière.
08:15Eh bien,
08:15nous commençons aujourd'hui
08:16par exemple
08:16sur la question
08:16des voitures électriques
08:17et l'Europe,
08:19certes,
08:19va trop lentement
08:19mais la seule manière
08:20de protéger nos industries,
08:22c'est que l'échelle européenne
08:24fonctionne.
08:25La France seule
08:26ne pourra pas assumer
08:27un rapport de force
08:27ni avec la Chine
08:29ni avec les États-Unis
08:30de Donald Trump.
08:31Donc,
08:31tous ceux qui vous expliquent
08:32qu'en gros,
08:33il faut sortir
08:34de l'Union européenne
08:34ou au moins diminuer
08:36le pouvoir européen,
08:38eh bien,
08:38en fait,
08:38joue contre nos industries.
08:39Nous,
08:40au Parlement européen,
08:41nous poussons
08:41pour un agenda
08:42de souveraineté.
08:42Moi,
08:42ce que je note,
08:43c'est que les pseudo-patriotes,
08:44ceux qui vous expliquent...
08:44Finalement,
08:45la souveraineté,
08:45ce n'est plus du tout
08:45un gros mot, quoi.
08:46Non,
08:46mais la souveraineté,
08:47c'est le cœur de tout.
08:48C'est le cœur de la liberté.
08:50Moi,
08:50j'ai été élu
08:51en 2024
08:52aux européennes
08:53sur un agenda
08:54de souveraineté
08:55en expliquant
08:55que tout,
08:57aujourd'hui,
08:57toutes nos politiques publiques
08:59doivent viser
09:00à une seule chose,
09:01nous rendre libres
09:02en matière de défense
09:03pour ne plus dépendre
09:04simplement des États-Unis
09:06d'Amérique
09:06et du bon vouloir
09:07du président des États-Unis,
09:08en matière industrielle
09:10pour ne pas être dépendant
09:11de la Chine
09:12dans toutes les filières stratégiques,
09:15en matière d'énergie
09:16pour ne plus dépendre
09:17de la Russie,
09:19pour ne plus dépendre
09:19des puissances du Golfe
09:20ou des États-Unis.
09:21Et donc,
09:22tout,
09:23tout doit viser
09:25à la souveraineté désormais
09:26parce que l'Europe,
09:27à cause de 40 années
09:28d'indolence
09:29en France
09:29et en Europe,
09:31nous sommes devenus
09:31profondément dépendants.
09:33Vous savez que,
09:33par exemple,
09:33quand vous utilisez
09:34votre carte bleue,
09:37vous dépendez
09:37des États-Unis
09:38et que si le président
09:39des Américains
09:41décide
09:41de couper
09:42ce qu'il a fait
09:42pour un juge
09:43qui se retrouve
09:45à devoir payer en espèces
09:46et à ne plus même
09:46pouvoir payer
09:47qu'une carte bleue.
09:47Et donc,
09:47qu'est-ce qu'il faut faire là ?
09:48Il faut un système
09:50européen de paiement.
09:51C'est pour ça que moi,
09:52je salue le travail
09:53d'Aurore Laluc,
09:53la coprésidente de Place Publique
09:54qui est à la tête
09:55de la Commission économique
09:56au Parlement européen,
09:57se bat pour l'euro digital,
09:58pour qu'on puisse payer
09:59en utilisant
10:00des moyens européens.
10:02Et c'est ça
10:02sur tous les sujets.
10:03Le numérique.
10:04Donc on doit reprendre
10:05le pouvoir
10:07de notre propre souveraineté.
10:08Et ça ne peut arriver
10:09qu'à l'échelle européenne.
10:10Tout cela face,
10:11effectivement,
10:12à des États-Unis
10:13de plus en plus hiératiques.
10:15Ce week-end,
10:16ce drame à nouveau
10:17à Minneapolis,
10:19est-ce que les États-Unis
10:20ont basculé ?
10:23Ils ont basculé
10:25et c'est vraiment,
10:26vraiment une leçon
10:28qu'on doit retenir.
10:30Vous avez vu
10:30à quelle rapidité
10:32une démocratie
10:33aussi enracinée
10:34que la démocratie américaine
10:36peut basculer.
10:37Vous avez aujourd'hui
10:38des citoyens américains
10:40qui sont assassinés
10:40par des agents fédéraux
10:42dans les rues
10:42de Minneapolis,
10:44un an seulement
10:45après l'accession
10:46au pouvoir de Donald Trump.
10:47Vous avez aujourd'hui
10:48des États-Unis d'Amérique
10:49qui menacent
10:51de guerre
10:52le Danemark
10:53leurs meilleurs alliés
10:55sur la scène internationale
10:56pour récupérer le gouvernement.
10:57Donc vous avez vu
10:57à quel point
10:58une société démocratique
11:00peut basculer.
11:01Et c'est une leçon
11:02qu'on doit tirer,
11:03y compris en France.
11:05Quand vous votez
11:06pour l'extrême droite,
11:07c'est ça que vous avez
11:08au pouvoir.
11:09Ce n'est pas...
11:10Ce que vous dites,
11:11c'est que, attention,
11:12ce qui se passe là-bas,
11:14ce sont les complices,
11:15enfin les complices
11:16de Donald Trump ici,
11:17c'est le RN ?
11:18Mais oui.
11:18Quand vous votez RN,
11:20si le RN l'emporte,
11:22et en 2027,
11:23il y a un fort risque
11:24que le RN l'emporte
11:25cette fois-ci,
11:26eh bien c'est ce que vous avez.
11:28C'est ce que vous avez
11:28en Hongrie
11:29sous M. Orban.
11:31Le népotisme,
11:33la violence,
11:34la destruction
11:34des institutions démocratiques,
11:36la destruction
11:36de l'audiovisuel public,
11:38c'est ce que vous avez
11:39aux États-Unis.
11:40Parce qu'on pourrait me dire
11:41oui, mais la Hongrie
11:41n'était pas une démocratie
11:42très enracinée.
11:43OK.
11:43Et aux États-Unis alors ?
11:45Qu'est-ce qui se passe ?
11:46Eh bien, aujourd'hui,
11:47il faut avoir conscience
11:48que quand on choisit
11:49de porter l'extrême droite
11:50au pouvoir,
11:51ce qu'on a,
11:52c'est le spectacle
11:52de Minneapolis,
11:53ce sont les embardés
11:54de Trump à l'international.
11:55Ça veut dire que pour vous,
11:56Donald Trump n'est plus un allié,
11:57vous l'avez d'ailleurs dit,
11:58dans le même temps,
11:59lorsque l'on voit
12:00les drames
12:02que traverse l'Iran
12:03aujourd'hui,
12:04est-ce qu'il faut en même temps
12:05se dire malgré tout,
12:06bon, il faut quand même
12:07espérer que Donald Trump
12:08intervienne ou pas ?
12:09Comment on fait ?
12:10Il faut déjà
12:11que l'Europe agisse.
12:13Aujourd'hui,
12:13on n'a que des tweets
12:14venant d'Europe.
12:15Vous savez,
12:15depuis deux ans,
12:17et je suis l'architecte de cela
12:18donc je le sais,
12:19depuis deux ans,
12:20au Parlement européen,
12:22nous demandons
12:23que le corps
12:23des gardiens de la révolution,
12:25c'est-à-dire le pilier
12:25de la répression
12:26qui a fait des dizaines
12:27de milliers de morts
12:28au moment où on se parle
12:28en Iran,
12:29que le corps des gardiens
12:30de la révolution
12:30qui soutient le terrorisme
12:31dans l'ensemble de la région
12:32et y compris
12:33sur le sol européen,
12:35avec notamment l'attentat
12:36contre la synagogue
12:37de Bochum en 2022,
12:38que le corps des gardiens
12:39de la révolution
12:40soit inscrit
12:40sur la liste
12:41des organisations terroristes
12:42de l'Union européenne.
12:43Et ce n'est toujours pas fait.
12:46Au moment où on se parle,
12:47il y a encore des États
12:48dont malheureusement
12:49le nôtre,
12:50la France,
12:50qui refusent
12:52cette inscription
12:52sur la liste
12:53des organisations terroristes
12:54parce qu'ils veulent
12:54continuer à pouvoir
12:55parler avec ce régime.
12:56Mais la vérité,
12:57c'est que ce régime
12:58est devenu
12:59totalement infréquentable,
13:01qu'il est dangereux
13:02pour le peuple iranien
13:03d'abord,
13:04qu'il est dangereux ensuite
13:04pour l'ensemble
13:05de la région
13:06et qu'il est dangereux
13:07pour nous
13:07puisqu'il est essentiel
13:08dans l'effort de guerre
13:10de Vladimir Poutine
13:11contre l'Ukraine
13:12qui est un effort de guerre
13:13contre l'Europe.
13:13Donc en fait,
13:14à un moment,
13:15il faut que l'Europe
13:16arrête de simplement
13:17être une commentatrice
13:19des événements mondiaux
13:20et agisse.
13:22Et agisse sur le Groenland.
13:24Est-ce que vous faites
13:24confiance
13:25à Donald Trump
13:27qui semble
13:27en quelque sorte
13:28faire un machinariat ?
13:29Ce que cela montre,
13:31le fait que Donald Trump
13:32fasse machinariat,
13:33c'est qu'en fait,
13:33tant que vous faites
13:34des courbettes,
13:35il avance,
13:36il vous marche dessus.
13:37Mais si vous assumez
13:38le rapport de force
13:39comme l'ont fait
13:39les dirigeants européens,
13:40et là je salue
13:41la position du président
13:42de la République française,
13:43Emmanuel Macron,
13:44eh bien il recule
13:45quand vous assumez
13:46le rapport de force.
13:47Il a reculé face aux Chinois,
13:48il a reculé là,
13:49face aux Européens.
13:50Et c'est précisément
13:51parce que les Européens
13:52n'ont pas baissé les yeux,
13:53parce qu'il y a eu
13:54une réponse collective européenne,
13:56parce qu'il y a eu
13:57la menace
13:57de l'activation
13:58de l'instrument
13:59anticoercision
13:59qui est notre bazooka commercial
14:00et qui aurait fait
14:01extrêmement mal
14:02à l'économie américaine,
14:03c'est pour cela
14:04qu'il a reculé.
14:04Et donc on peut y arriver.
14:06Au premier signe de faiblesse,
14:08il avancera.
14:08Mais par contre,
14:09le message que je voudrais
14:10donner aujourd'hui,
14:12c'est que,
14:13en fait,
14:13en Europe,
14:13on passe son temps
14:14à déplorer
14:15notre propre faiblesse.
14:17Mais fondamental,
14:17nous ne sommes pas faibles.
14:19Nous pouvons être forts,
14:20nous sommes le premier marché
14:21du monde.
14:22Les Américains dépendent
14:23de notre marché,
14:23y compris les grandes
14:24plateformes américaines.
14:26Et donc,
14:26si nous avons la volonté
14:28d'affirmer notre puissance,
14:29eh bien nous serons puissants
14:30et nous pourrons faire reculer
14:32les prédateurs.
14:32Et les prédateurs,
14:34ce sont les Etats-Unis de Trump,
14:35c'est la Chine de Xi Jinping
14:36et c'est la Russie
14:37de Vladimir Poutine.
14:38Nous ne sommes pas condamnés
14:39à l'impuissance.
14:41Raphaël Glucksmann,
14:42ce matin,
14:42j'ai reçu sur RMC
14:43la sœur de Samuel Paty.
14:45C'est aujourd'hui l'ouverture
14:46du procès en appel.
14:48Et ça a donné lieu
14:49à un certain nombre
14:50de témoignages
14:51d'auditeurs,
14:52professeurs.
14:53Et notamment,
14:53je voudrais que vous écoutiez
14:54celui-ci.
14:55Il ne souhaite pas
14:55qu'on dise son nom.
14:56Il est professeur dans le Nord
14:57depuis 22 ans
14:58dans des quartiers prioritaires.
15:00Écoutez ce qu'il dit.
15:02Pour mon cas personnel,
15:03ce sont des épiphénomènes
15:04qui, cumulés,
15:06montrent qu'effectivement,
15:07il y a une certaine dérive.
15:09Dans mon point de vue personnel,
15:11j'ai eu un moment
15:12de ma carrière
15:12où j'enseignais en maternelle.
15:14Et quand j'ai lu
15:16et monté un projet
15:18sur l'histoire
15:18des trois petits cochons,
15:19j'ai eu un tiers
15:20de la classe d'enfants
15:21qui pleurait.
15:22Et donc,
15:23on m'a fortement conseillé
15:26du point de vue des parents
15:27de...
15:28Il pleurait à cause du loup
15:29ou il pleurait à cause des cochons ?
15:31Pardon, je suis...
15:32À cause du cochon.
15:33Parce qu'on ne peut pas
15:33parler des cochons.
15:34Tout à fait.
15:35Et puis,
15:36un autre épiphénomène
15:37que là,
15:38je ne comprends toujours pas,
15:40c'est que j'ai souvent...
15:42Donc, je travaille souvent
15:42quasiment tout le temps
15:44en RAP plus,
15:45c'est-à-dire en raison
15:45d'éducation prioritaire.
15:46Oui.
15:48Et très souvent,
15:49à chaque année,
15:50en photo de classe,
15:51j'ai au moins
15:524-5 élèves
15:53où les parents refusent
15:55que l'enfant apparaisse
15:55sur la photo de classe
15:56pour des raisons religieuses.
15:58Qu'est-ce que vous dit la hiérarchie,
15:59par exemple,
15:59quand vous parlez
16:01des trois petits cochons ?
16:02Je n'ai pas quoi.
16:02Je n'ai pas quoi.
16:03L'armée,
16:04la grande muette,
16:05l'éducation nationale,
16:06c'est pas mal non plus.
16:07Qu'est-ce qu'on dit
16:08de ce témoignage ?
16:09Qu'est-ce qu'on en pense
16:10aujourd'hui ?
16:10Qu'est-ce que vous dites
16:11effectivement 5 ans
16:13après la mort de Samuel Paty ?
16:14Qu'il faut se montrer
16:15inflexible,
16:17inflexible.
16:17L'école doit être protégée,
16:19nos enseignantes,
16:20nos enseignants doivent être
16:21protégés et appuyés.
16:23Je veux dire,
16:24on va continuer
16:25à enseigner
16:26les trois petits cochons,
16:27la Shoah,
16:28on va continuer
16:29à enseigner la science,
16:30on ne reculera pas.
16:32Nous sommes...
16:32Ce même professeur
16:33disait aussi
16:33qu'il ne pouvait plus parler
16:34de la préhistoire
16:35et du darwinisme.
16:37Eh bien,
16:37nous,
16:38nous allons faire en sorte
16:39de réarmer nos professeurs,
16:41de les soutenir,
16:42de faire de l'école
16:44à nouveau
16:44une avant-garde
16:45du projet républicain.
16:46Mais vous savez,
16:47le problème,
16:48c'est qu'aujourd'hui,
16:48on fait peser sur l'école
16:49l'ensemble des crises
16:50de la société.
16:51Et quand on parle
16:52de l'école de la Troisième République
16:53et des Hussards Noirs,
16:54mais c'était un moment
16:55où il y avait aussi
16:55des syndicats de masse,
16:56des partis politiques de masse,
16:57un service militaire
16:58de trois ans.
17:00Et donc,
17:00il y avait toute une société
17:01qui accompagnait
17:03le projet républicain.
17:04Et aujourd'hui,
17:05il n'y a plus que l'école.
17:06Il n'y a plus que l'école,
17:07TikTok
17:07et des émissions
17:09de divertissement.
17:10Eh bien, moi,
17:10je vais vous le dire,
17:11on va reprendre le messier
17:13à tisser de la France
17:14et de la République.
17:15Et donc, par exemple,
17:16il faut un service civique
17:18universel et obligatoire.
17:19Universel et obligatoire,
17:20pas volontaire.
17:21Non, pour tous les jeunes
17:22de France,
17:23pour les arracher
17:23à leur quartier,
17:24pour qu'ils puissent
17:25se mixer,
17:26pour qu'ils puissent
17:26se rencontrer.
17:27L'interdiction des réseaux sociaux,
17:29au moins de 15 ans,
17:29vous y êtes favorable ?
17:30Oui, mais moi,
17:30je vais même plus loin.
17:32Je pense qu'il y a
17:33des plateformes aujourd'hui
17:34qui sont une menace
17:35de déstabilisation
17:36pour nos démocraties.
17:37J'ai présidé
17:37la commission d'enquête
17:38du Parlement européen
17:40sur les ingérences étrangères.
17:41Et je peux vous dire
17:42que, par exemple,
17:42TikTok...
17:43Il faut interdire TikTok.
17:44Quand vous prenez TikTok,
17:45quand vous prenez TikTok
17:46et que vous analysez
17:48leur rôle, par exemple,
17:49dans l'élection présidentielle
17:50en Roumanie,
17:51ils ont faussé
17:52cette élection.
17:53Ils ont fait monter
17:54un candidat de 3 à 25%
17:56simplement en le rendant viral.
17:59Nous n'avons aucun contrôle
18:00sur ces algorithmes.
18:01Ils sont aujourd'hui
18:02une menace pour la démocratie.
18:04Donc oui,
18:04il faut menacer
18:05de bannir TikTok.
18:06et ensuite,
18:08prendre le contrôle,
18:10pouvoir surveiller
18:10ces algorithmes.
18:11Aujourd'hui,
18:12c'est à la fois
18:12une menace
18:12pour la santé mentale
18:13de nos enfants,
18:14c'est une sorte
18:15de fentanyl,
18:16une drogue
18:16qui est en train
18:17de vraiment pourrir
18:19l'esprit de nos mômes
18:20et c'est une menace
18:21pour nos démocraties.
18:22Et je précise d'ailleurs,
18:23Raphaël Luxman,
18:23que c'est assez cohérent.
18:24Vous avez vous-même
18:25fermé votre compte TikTok.
18:27Député européen,
18:28Place publique,
18:29merci d'avoir répondu
18:29à mes questions ce matin.
18:31Il est 8h47
18:31sur AMC BFM TV.
18:32Merci.
18:33Merci.
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