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00:00Et bienvenue à tous dans une semaine dans le monde. Retour sur les trois grandes actualités qui ont marqué cette semaine.
00:09Avec à mes côtés ce soir Patricia Alémonière, grand reporter et spécialiste des questions internationales.
00:14Bonsoir Patricia. Face à vous Ziad Limam, directeur du mensuel Afrique Magazine, numéro de décembre, janvier 2026.
00:22Je le rappelle, Ziad, l'Afrique du futur et la révolution IA en marche sur le continent africain.
00:26A vos côtés Julie Conant, adjointe au chef du service monde à La Croix, en charge du Proche et du Moyen-Orient.
00:33Bonsoir Julie. A la une de La Croix ce vendredi, Volody Merzelensky qui appelle les Européens à agir.
00:39Et puis Nicolas Vado, dessinateur pour les quotidiens belges, le vif et l'écho, est également avec nous ce soir pour Cartooning for Peace.
00:48Bonsoir à vous également Nicolas.
00:49VoilĂ . Au sommaire, donc ce soir, ce revirement spectaculaire de Donald Trump Ă Davos sur la question du Groenland.
00:57Plus question d'annexer le territoire par la force.
01:00Un accord cadre aurait été trouvé grâce notamment au secrétaire général de l'OTAN.
01:05Les Européens aussi entre soulagement et extrême méfiance.
01:08Le lien transatlantique semble en tout cas largement endommagé.
01:12Trump qui s'en est pris aussi personnellement à Emmanuel Macron, premier dirigeant, a refusé de participer à son conseil de la paix pour Gaza.
01:22L'arme du chantage et des droits de douane a aussi été dégainée sur ce sujet.
01:26Conseil de la paix présenté donc à Davos dont la composition laisse pour le moins très perplexe.
01:32Les plans pour Gaza semblent quant à eux complètement déconnectés de la réalité gazawie.
01:37Et puis en Syrie, le lâchage des Kurdes par les occidentaux, notamment par les Etats-Unis,
01:43alors que les forces armées du nouvel homme fort, Ahmed Al-Shara, soutenu par la Turquie, ont reconquis de larges pans du territoire syrien.
01:50Ces Kurdes bénéficiaient d'une large autonomie dans le nord et le nord-est du pays.
01:54Ils sont désormais repliés sur d'étroites poches territoriales.
01:58Et puis incertitudes sur le sort des djihadistes présents dans les camps que ces Kurdes surveillaient.
02:02On en parle dans quelques instants.
02:04Et premier thème d'une semaine dans le monde donc ce soir.
02:09Les partenaires européens des Etats-Unis pour le moins échaudés et méfiants
02:13après ce feuilleton multiple sous-brosseau autour de la volonté américaine d'annexer le Groenland.
02:19Chantage à la surtaxe douanière qui aurait pu atteindre de 10 à 25% contre les 8 pays européens
02:25ayant envoyé des soldats sur place avant ce rétro-pédalage de Donald Trump à Davos
02:30annonçant qu'il ne recourra pas à la force pour acquérir le territoire.
02:33Virage à 180 degrés donc après que les Européens ont envisagé une riposte.
02:38On va écouter Donald Trump.
02:40Je n'ai pas Ă utiliser la force, je ne veux pas le faire, je ne vais pas le faire.
02:45Mais tout ce que les Etats-Unis demandent, c'est un endroit appelé Groenland.
02:50On l'a déjà eu en tant que curateur, mais respectueusement, on l'a rendu au Danemark
02:55il n'y a pas si longtemps après avoir gagné contre l'Allemagne, le Japon, l'Italie et d'autres
03:00pendant la Seconde Guerre mondiale.
03:01On le leur a rendu.
03:02Nous étions puissants à l'époque, nous le sommes encore plus aujourd'hui.
03:09Ils ont le choix, vous pouvez dire oui, mais ils ne nous montreront pas reconnaissants
03:14ou vous pouvez dire non et nous nous en souviendrons.
03:20Patricia, décidément sur cette question du Groenland, on a beaucoup de mal à suivre.
03:23Il semblerait donc qu'un accord cadre a été trouvé autour de la question de ce territoire.
03:29De quoi s'agit-il exactement ?
03:31Alors, je ne dirais peut-ĂŞtre pas tant un accord cadre, je dirais qu'au cours d'une
03:35discussion informelle entre le secrétaire général de l'OTAN, qui est donc le patron
03:40administratif de l'OTAN, mais qui connaît très bien Trump et que Trump apprécie,
03:45souvenez-vous, Rutte, il avait appelé Trump « Daddy », « Papa ».
03:49Donc il y a cette relation incroyable.
03:51Au cours de cette discussion entre les deux hommes a émergé ce plan où il serait question
03:58– Alors, après, on n'en sait rien parce que quand Rutte est sorti de la réunion, il
04:04a dit « on n'a pas parlé de souveraineté ». Et puis Trump est resté par rapport aux
04:08questions « on va voir ». C'était très flou.
04:11Donc les seuls éléments que l'on a tangibles aujourd'hui sont ceux donnés finalement
04:15par la presse anglo-saxonne.
04:16– Bon, vraiment ça, c'est un peu tangible.
04:19Alors, vers quoi s'avancerait-on si tant est que l'on s'avance ? Il va y avoir, il
04:23y a deux niveaux.
04:24Il y a un niveau de négociation entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis pour
04:32revoir un accord qui avait été signé, un accord stratégique de défense qui avait
04:36signé au début des années 50 puis revu en 2004, qui octroyait la possibilité
04:41aux États-Unis d'établir des bases militaires, autant qu'ils en voulaient, sur le Groenland.
04:46Ils n'en ont plus qu'une aujourd'hui après en avoir eu à peu près 6, je crois,
04:49et 10 000 hommes.
04:50Donc ils renégocieraient dans le cadre de cet accord.
04:54Mais à l'inverse de ce qui se passait durant cet accord, où les bases étaient toujours
04:59sous souveraineté danoise et groenlandaise, là les bases se passeraient sous souveraineté
05:07américaine, c'est-à -dire qu'il y a des petits bouts de territoire groenlandais qui
05:11échapperaient totalement à la souveraineté groenlandaise et danoise, à l'image
05:16à propos des ruteux apparemment, à l'image de ce qui s'est passé à Chypre, les Anglais
05:21ayant ce type de base sous souveraineté britannique.
05:24Et puis, il y aurait ce grand projet de dĂ´me d'or dont rĂŞve Donald Trump, oĂą lĂ
05:30l'OTAN, l'Europe, etc. se mettrait sous la coupe de Donald Trump pour construire son
05:37grand dôme d'or protégeant, protecteur contre tous les missiles.
05:41Les spécialistes disent que ce dôme d'or n'a pas besoin forcément d'être installé
05:44dans cette zone-lĂ pour ĂŞtre vraiment efficace.
05:46Mais je ne suis pas spécialiste en tir de missiles balistiques, donc je fermerai la
05:50parenthèse.
05:50Et quand on dit que Trump a reculé, je n'en suis pas entièrement persuadée, d'où
05:55la prudence aujourd'hui effectivement des Danois et des Groenlandais.
05:59Trump a fait un pas de côté face à la pression diplomatique qui s'est exercée avec les
06:05Européens qui se sont installés, qui ont envoyé quelques pioupious, mais néanmoins
06:08ils étaient unis sur le sol Groenlandais et surtout à la pression financière.
06:14Le Dow Jones a dégringolé et à la pression des sondages, puisque je crois qu'il n'y avait
06:19que 7% des Américains qui étaient favorables à cette annexion par la force.
06:25– Ziad, votre regard effectivement sur ce qu'on présente comme un rétro-pédalage
06:30de Donald Trump, la pression des marchés financiers notamment, a pu jouer ?
06:35– Je pense qu'il y a plusieurs choses, il y avait une part de bluff.
06:42D'abord il y a une volonté inscrite, ancienne, le Groenland doit faire partie de la zone
06:49d'influence américaine en tous les cas, et puis ce n'est pas nouveau, c'est une vieille
06:53histoire et ça revient tous les 20 ans, tous les 30 ans, etc.
06:57Il y a une deuxième chose qui à mon avis ne changera plus, c'est cette idée d'hémisphère
07:01qu'ils ont imposée, qui est en gros tout ce qui va de l'Arctique canadien jusqu'au
07:06Chili en bas, y compris les CaraĂŻbes, c'est chez nous.
07:10Et ce qui doit se passer là ne peut se passer qu'avec notre accord, c'est pour ça qu'il
07:14y a des relations exécrables avec la Colombie, avec Cuba, avec toutes sortes de gens qui
07:18ne sont pas en ligne avec Washington, donc ça, cette idée d'hémisphère, ça va durer.
07:23Après sur le Groenland, je pense qu'il a un peu joué au poker, c'est-à -dire il a
07:27tenté le coup, sachant quand même que sur le plan constitutionnel c'était absolument
07:32invraisemblable, mĂŞme aux Etats-Unis, de trouver une solution.
07:35Il y avait les oppositions intérieures, Wall Street, l'opinion publique américaine,
07:40et puis je pense aussi, pour une fois qu'on va dire des gentillesses sur l'Europe, que
07:44la réaction européenne n'était pas prévue aussi, en tous les cas ferme, et pas autant
07:51de division qu'attendue.
07:52C'est-Ă -dire, bon, il y a toujours les mĂŞmes qui disent, il y a toujours une partie,
07:56même l'extrême droite est gênée, ce qui est assez rigolo, pour des gens qui devraient
08:00être pro-américains à fond, ils sont embêtés par cette idée de souveraineté qu'on
08:04nous prendrait.
08:05Donc l'Europe a tenu, les Canadiens ont tenu, Emmanuel Macron a tenu, les Allemands
08:11ont louvoyé, mais globalement ils ont tenu, Mélanie a louvoyé, mais elle a tenu, et
08:16donc du coup, on a dit 20% de taxes, bon, pour la première fois, on n'a pas entendu
08:22M. Penderleyen dire on va trouver un deal.
08:25Donc du coup, ça aussi ça a joué, mais ça ne change pas le fond, le fond c'est
08:29l'hémisphère, c'est chez nous, les Européens nous emmerdent, excusez-moi du terme, il
08:33faut qu'on trouve le moyen de les neutraliser parce qu'ils sont décadents, etc.
08:37Donc ça, ça ne changera pas, c'est parti pour durer.
08:40Et Julie, on n'est par contre pas Ă l'abri d'une nouvelle volte-face, et c'est pourquoi
08:44les Européens restent pour le moins méfiants.
08:47Absolument, je rejoins Patricia, je pense que la menace n'est pas du tout écartée, et
08:52c'est aussi ce qui explique le fait que les Européens aient maintenu ce sommet qui a
08:56été monté à la vaville de jeudi.
08:59Et ils parlent toujours d'éventuellement utiliser le cas échéant, ce fameux instrument
09:04anti-coercition de l'UE.
09:06Un petit peu barbare, comme on a juste découvert le bazooka, alors que ça a été créé
09:10en 2023.
09:12Et effectivement, le fait de brandir cette menace Ă leur tour, peut-ĂŞtre mĂŞme pas d'adopter
09:18son langage, mais en tout cas de se montrer, de vouloir afficher une unité, même si on
09:22sait que ça reste une unité de façade, c'est un message très fort, peut-être auquel
09:26Donald Trump ne s'attendait pas.
09:29Il y a eu à la fois ce ton de fermeté, mais aussi une volonté de déconfliction, qui
09:34je pense est importante, et aussi le fait que les Européens ont expliqué à quel point
09:39la relation avec les États-Unis était chère à leur cœur, à nos intérêts.
09:44Et ça, je pense que c'est un message...
09:45Une relation qui est quand même bien abîmée, on le sent.
09:48Qui est abîmée, voilà .
09:49Mais je pense qu'il y avait une volonté un petit peu réparatrice en même temps que
09:53ce message de fermeté.
09:55Ce qui était intéressant, je trouve, c'est la réaction de Volodymyr Zelensky, qui
10:01l'a appuyée là où ça faisait mal, en déclarant à Davos que l'Europe est un
10:06kélédoscope fragmenté de petite et moyenne puissance.
10:10C'est vrai qu'il appuie là où ça faisait mal.
10:14Et lĂ oĂą je rejoins, c'est un diplomate qui a dit ça Ă l'AFP, qui dit on est Ă
10:18un tweet, les Européens sont à un tweet d'une nouvelle crise.
10:23Et je pense que chacun en a tout Ă fait conscience.
10:26Les États-Unis, Patricia, sont-ils encore nos alliés ?
10:31Oui, évidemment, les États-Unis, pour l'instant, il faut faire la différence entre
10:35les États-Unis et Trump, d'abord.
10:37Alors, est-ce que Trump est notre allié ? Je dirais que Trump n'a pas d'allié.
10:43Il a des alliés de circonstance.
10:46Il y a des alliés de circonstance et même ses alliés sont des vassaux, à la limite.
10:51Ils doivent servir ses propres intérêts.
10:53Et en face de lui, il y a d'autres puissances, la Russie et la Chine, qui sont des partenaires
10:59de jeu.
10:59Mais ce ne sont pas des alliés non plus, puisque même ce sont des partenaires de jeu avec
11:04lequel il peut ĂŞtre en confrontation.
11:06Mais les alliés, pour lui, ça doit le servir.
11:09Et c'est tout.
11:10Donc, nous, nous avons besoin, et vous avez tout à fait raison, de cette alliance américaine,
11:15parce que notre réveil, si tenté qu'il y a un réveil d'une unité européenne, est
11:19très tardif.
11:20Et donc, nous ne sommes absolument pas prêts à , j'ai envie de dire, à une indépendance,
11:25Ă quitter papa, justement.
11:26Non, nous ne sommes pas prêts, parce que nous ne sommes pas prêts économiquement.
11:30Nous sommes totalement dépendants sur un plan financier, sans visa, mastercard, etc.
11:34Qu'est-ce qu'on fait ? On est totalement dépendants sur le plan d'Internet.
11:37Alors, on peut peut-ĂŞtre faire...
11:39Enfin, le cloud, on est dépendants.
11:41On est dépendants militairement, parce que les F-16 qui sont en Europe, achetés par
11:46nos partenaires européens, si les Américains disent, finalement, la clé, on va modifier
11:52un peu le programme à l'intérieur, ben, les F-16, ils restent sur le sol, ils ne dégollent
11:57pas.
11:57Enfin, bon, donc, si vous voulez, avant d'acquérir cette autonomie stratégique, voire même politique,
12:03et ce qui se pose comme question, c'est que, oui, les Américains, et je pense, on voit
12:09bien dans les réactions des sondages, restent, le peuple américain reste notre allié.
12:14Et dans leur tĂŞte, c'est mĂŞme impossible, Ă part la basmaga, les 20%, etc., mais c'est
12:18même impossible d'être fracturés avec nous.
12:20Mais le président Trump, lui, nous considère, effectivement, comme des vassaux, sauf quand
12:24on serre un peu les coudes, et quand on essaye de montrer une forme d'autonomie, ça,
12:30effectivement, il se dit, tiens, ils existent.
12:33Et donc, on dit beaucoup, les Européens appellent à parler le Trump, mais ça veut dire
12:38qu'on essaye de louvoyer, parce qu'agiter toutes ces... dans l'outil anti-recoercition,
12:49c'est bien beau, mais il faut se préparer à la rétorsion.
12:52Et la rétorsion, aussi, peut être brutale, mais il est vrai que si on ne se prépare
12:56pas Ă ce genre de mesures, on ne sera jamais prĂŞt, et donc il faut accepter totalement
13:00notre vassalité.
13:01Et dans ce cas-lĂ , y aller Ă fond.
13:02Et si on veut jouer entre les deux, je crois que ce n'est pas la bonne mesure.
13:06Et plusieurs, le rapport Draghi, notre ancien commissaire européen Thierry Breton, etc.,
13:14appellent sans arrêt à un sursaut et à même créer un fonds de pension européen.
13:18Parce que l'essentiel de nos économies partent financer l'économie américaine
13:22avec un fonds de pension européen.
13:23Les Danos en ont, pourquoi pas nous ?
13:25Ziad, vous voyez réagir à cette question de la dépendance extrême à l'égard
13:30des Etats-Unis ?
13:31Non, on a des atouts, quand mĂŞme.
13:33Non, moi je pense que la vraie dépendance, c'est la sécurité.
13:36Et ce n'est pas mal que le problème se pose, enfin, de manière concrète.
13:39Parce que quand on parlait de sécurité commune en Europe, c'était toujours de manière
13:42un peu philosophique, puisqu'on avait de toute façon les Américains pour nous soutenir.
13:46Là , on s'aperçoit qu'il peut y avoir des failles.
13:48On s'aperçoit que si on pose des questions très très claires en termes d'application
13:52de l'article 5 de protection et de sauvegarde commune, on n'est pas tout Ă fait sĂ»r Ă
13:58100% que ça s'appliquerait avec les Etats-Unis sur des cas, par exemple, qui seraient Ă
14:04l'extrême limite des intérêts, je ne sais pas, un petit coin de la Roumanie, un petit
14:09coin des pays.
14:09On ne sait pas trop, en fait.
14:10Donc ça, c'est bien que ce débat, maintenant, soit posé dans des termes réels.
14:14Et la dépendance des services digitaux.
14:16Ça, c'est une catastrophe et ça, on peut vraiment se flageller en se disant que
14:22depuis 25 ans, on ne fout rien et qu'on a sous-traité aux Américains et à toutes
14:27ces grandes entreprises, y compris notre propre intimité digitale.
14:30C'est-à -dire que vous, moi, tous nos cinq, là , on est tous fichés quelque part aux
14:34Etats-Unis sur ce qu'on regarde, ce qu'on fait avec ça.
14:35Donc ça, c'est une catastrophe.
14:36Mais sur le plan économique, moi, je mettrais…
14:39On a des atouts.
14:40D'abord, on est les premiers investisseurs aux Etats-Unis, donc quand mĂŞme, ce n'est
14:44pas de la blague.
14:44On achète des bons du Trésor, je n'ai pas vu le chiffre exact, mais on est presque
14:48les premiers ou les deuxièmes acheteurs de bons du Trésor américains.
14:51Troisième, on finance l'économie américaine.
14:54Ils viennent, ils investissent en Europe.
14:56Il y a un lien transatlantique.
14:57C'est le premier lien commercial au monde entre les Etats-Unis et l'Union européenne.
15:01Donc on peut parfaitement la coercition, mais on peut aussi tout simplement monter des
15:05droits de douane.
15:05On peut avoir des tas de petites manœuvres pour dire « Attention, les gars, vous pouvez
15:09gueuler fort, mais on a des capacités de… » Là où je suis moins d'accord avec
15:15toi, c'est que je pense que pour le middle class américain, tout ça, il s'en tape.
15:21Ah non, mais je suis d'accord avec toi, l'Europe c'est très loin, il ne sait même
15:25pas oĂą c'est.
15:26Non, ce n'est pas ça, c'est que l'argument de Trump, qui est quand même très racial,
15:30très défense de la pauvre communauté blanche qui serait en danger, etc., ça résonne,
15:36et l'Europe c'est cette espèce de continent qui ne défend pas suffisamment son identité
15:41judéo-chrétienne, qui se laisse envahir par les migrants, qui ceci, qui cela, et qui
15:46est décadente.
15:46Et ça, je pense que c'est quand même un discours qui dépasse un peu la base maga,
15:51en tout cas qui ne mobilise pas une contre-base qui dirait « Mais non, l'Europe c'est nos
15:55amis, etc. ». Bon, ils aiment bien venir au restaurant à Paris, ils aiment bien, mais
15:58est-ce que c'est plus que ça ?
16:01Nicolas, les dessins sur ce premier thème.
16:04Oui, parce que le monde va mal, mais le dessin de France va très bien, grâce Ă
16:07Donald Trump.
16:07Très inspiré.
16:08Donc, je vais commencer par un dessin de Patrick Chappat, dessinateur suisse pour le temps,
16:14c'est l'arrivée de Trump à Davos, vous voyez, où il fout tout en l'air, évidemment.
16:18Ça ne s'est pas exactement passé comme ça, mais c'est évidemment ce qu'on pouvait
16:22voir en tant que nous, dessinateurs de presse, parce qu'évidemment, tout nous est mis sur
16:26un plateau comme dessinateur de presse, et je vais y revenir.
16:29Un dessin de CAC aussi, dessinateur de l'opinion, qui est un dessin très drôle, où il imagine
16:34Donald Trump en train de prendre, j'espère qu'on va voir le dessin, en train de prendre
16:38les amendes sur les tarifs, vous voyez, toutes les voitures sont garées, et lui, il colle
16:43des amendes avec les tarifs.
16:44Ça, c'était avant son discours, évidemment.
16:46C'est ça, parce que, comme je le disais, on a du mal à suivre.
16:49On a du mal Ă suivre.
16:50Sur les dessins.
16:50Et puis, un dessin de Herman, pour la tribune de Genève, où là , ce n'est plus la base
16:55maga, mais la base gaga, parce que moi, j'ai trouvé que Donald Trump était quand
16:59même assez éteint pendant son discours.
17:02Et quand je vous dis que c'est vraiment, on est dans un monde de rĂŞve pour les dessinateurs
17:06de presse, on a un président américain de plus en plus gâteux, et puis on a un président
17:10français qui ressemble à Tom Cruise dans Top Gun.
17:13Donc ça, je vais vous montrer un dessin à moi, qui est paru aujourd'hui dans l'écho,
17:15vous allez le voir, parce que j'ai fait, évidemment, Macron a lancé la tendance, les bisounours,
17:20c'est terminé, on change de film.
17:22Et vous voyez, j'ai mis tous les dirigeants européens, j'ai mis une autre, j'ai mis
17:25Bart Dewey, quand même, derrière, parce qu'en plus, il l'a ramené à Davos.
17:28C'est quand même assez amusant de voir un président comme ça, avec ses lunettes de soleil,
17:31avouez que ça le fait.
17:32Merci beaucoup, Nicolas, et justement, la France et son président à lunettes, Emmanuel
17:38Macron, spécifiquement ciblé par le président américain cette semaine, dans le contexte
17:42de la mise en place de ce Conseil de la paix pour Gaza, auquel Paris a tout de suite dit
17:47qu'il ne voulait pas participer.
17:49Donald Trump a alors menacé de 200% de droits de douane sur les vins et champagnes français,
17:53le président américain qui en a profité pour rendre public un échange de SMS avec Emmanuel
17:59Macron avec sans aucun doute pour objectif de l'humilier.
18:02Celui-ci n'a pas manqué de lui répondre lors de son discours à Davos.
18:06On va l'écouter.
18:08Face à la brutalisation du monde, la France et l'Europe doivent défendre un multilatéralisme
18:17efficace, car ils servent nos intérêts et ceux de tous ceux qui refusent de se soumettre
18:22Ă la loi du plus fort.
18:24Et pour moi, les deux réponses sont d'une part plus de souveraineté et plus d'autonomie
18:30pour les Européens, d'autre part un multilatéralisme efficace pour obtenir des résultats grâce
18:36à la coopération.
18:39Julie, ce ciblage personnel d'Emmanuel Macron par Donald Trump, pourquoi ? Parce que c'est
18:45l'un des rares Ă lui tenir tĂŞte ?
18:47Oui, je pense qu'il appuie là où ça fait mal et Donald Trump n'aime pas ça.
18:50On avait déjà un petit peu vu ça à Charmelcher, quand Emmanuel Macron avait refusé,
18:57enfin ce n'était pas un refus manifeste, mais quand même, de monter sur la tribune
19:00aux côtés d'une trentaine de chefs d'État, de gouvernement, y compris Antonio Guterres.
19:07Et Donald Trump lui avait fait, lui avait lancé une petite pique sur le thème pourquoi
19:11tu résistes, pourquoi tu ne viens pas. Donc c'est au-delà du petit jeu entre eux,
19:16on sent bien que Donald Trump n'est pas quelqu'un à qui on résiste.
19:2127 millions de bouteilles de champagne exportées par an vers les États-Unis, 18% des exportations
19:27de la France, ça aurait frappé fort en tout cas, Ziad. Et cette menace est récurrente
19:32en tout cas du côté de Donald Trump ?
19:34Le problème, c'est qu'à force de sortir son marteau tout le temps, on n'y comprend
19:40plus rien. Donc bon, c'est vrai que ça a pu inquiéter probablement à un moment
19:44la profession, ce que je comprends très bien. Après, on vient de signer le Mercosur,
19:48peut-ĂŞtre qu'on les vendra au BrĂ©sil ou en Argentine. Ce que je veux dire, c'est qu'Ă
19:51force de dire 200, 20, 150, 30, 10, ça perd de sa force. Et puis, en en parlant
19:59avec les gens, parce que des fois l'opinion publique des gens est intéressante, les gens disent
20:04oui, mais regardez, les Chinois, ils ont rĂ©sistĂ© et il a laissĂ© tomber. Il n'y a qu'Ă
20:07résister et on verra bien. Après tout, ça peut durer 15 jours, 3 semaines. Donc, je
20:12pense que l'argument, c'est un petit peu étiolé. Et puis, en Europe, en fait, il y a
20:19trois clubs en ce moment. Il y a le club des durs, Macron, Sanchez, les Espagnols qui
20:25ne comptent pas pour grand-chose, mais excusez-moi les Espagnols, mais je parle diplomatiquement,
20:29mais Sanchez a la voix...
20:30Notamment sur Gaza ?
20:31Oui, non, il parle. Et puis, sur les États-Unis, il n'hésite pas. Il y a les loups-voyants
20:38qui sont les Allemands et les Italiens principalement parce qu'ils ont des énormes intérêts. Pour
20:43le moment, ils pensent qu'on peut négocier. Et puis, il y a les amis, mais qui n'ont pas
20:48la voix. Donc, je pense que Macron a une séquence-là qui est très intéressante parce que, d'abord,
20:52sur le plan de l'opinion publique française, ça sonne. On aime bien. Nous, on est un peu
20:56gaullien. On aime bien dire non aux États-Unis. Mais il y a une sorte d'union sacrée, bizarrement,
21:01autour de lui. Enfin, il est quand mĂŞme en train de mandat, mais on sent bien que ce n'est
21:06pas un sujet sur lequel il faut attaquer le président en ce moment. Et les voix discordantes
21:10sont quand même très, très... Je pensais à l'extrême droite, à Bardella, etc. Les
21:14voix discordantes sont quand même très, très complexes et confuses sur le sujet.
21:17Et du coup, le président a une parole assez cohérente et qui, probablement, résonance
21:21avec l'opinion.
21:23Donc, Patricia, sur le fond, Donald Trump a quand même présenté à Davos son fameux
21:28conseil de la paix. Le meilleur et le plus prestigieux conseil jamais formé, a-t-il
21:33dit, aux côtés de 18 dirigeants internationaux qui ont accepté son invitation, sachant qu'il
21:37avait sollicité une soixantaine de pays et beaucoup ont dit non. Alors, il y a des
21:41trumpistes comme l'argentin Javier Milley, beaucoup de pays arabes, le Qatar, l'Arabie
21:45Saoudite et puis le dictateur biélorusse Loukachenko, entre autres. Et le Hongrois.
21:51Pardon ? Et le Hongrois. Et le Hongrois, Victor Orban, trumpiste lui aussi de la première
21:54heure. Comment qualifier ce conseil de la paix ?
21:58Moi, je dirais que ce n'est pas un flop, non, mais ce n'est pas un franc succès. Parce
22:03que, pour l'instant, le projet de remplacer l'ONU, Ă mon avis, Ă l'ONU, il y a un peu
22:10plus de quelques dizaines d'États qui siègent. Donc, ce n'est pas un franc succès.
22:15Et puis, surtout, ce que je relève, c'est que pour poursuivre sur le président Macron,
22:20il était un des premiers à dire non.
22:22Le premier.
22:22Le premier à dire non, suivi d'autres, après. Et l'Europe est unie, là encore. Et là ,
22:30si vous voulez, on voit, j'ai envie de dire qu'il y a un paradoxe. On a l'impression
22:33que Trump, en tapant aussi bien sur le président français en France, ça a un effet
22:38drapeau. Ce n'est pas le président qu'on soutient, mais la France qu'on sent attaquer.
22:43Et paradoxalement, l'Europe, aussi, lĂ , d'un seul coup, elle est plus solidaire, mĂŞme
22:49si elle a toutes les fractures que tu as soulignées. Mais elle est plus solidaire. Il y aurait
22:52comme aussi un effet drapeau à multiples étoiles qui se joue. Et donc, paradoxalement,
22:58Trump va Ă l'encontre de la politique qu'il veut mener, puisque c'est la politique qu'il
23:02veut mener, c'est la dislocation européenne, tout comme Poutine. Poutine a échoué à disloquer
23:08l'Europe. Il l'a plutôt réuni. Et ne voilà pas que le président américain, dans
23:12sa grande proximité avec Vladimir, fait réussir la même chose, a créé un effet drapeau
23:18européen. On verra le temps qu'il durera. Mais il y a les chefs d'État qui n'ont pas
23:24supporté ce genre de choses et qui se sont réunis. Donc, ce Conseil, effectivement,
23:31pour la paix, a eu cet effet-là pour l'instant. Il n'est pas suivi d'effet. Et on va sûrement
23:36en débattre sur le contenu de ce Conseil, qui est effectivement très gadget et très
23:41loin de Gaza.
23:42Et il a pour mission de piloter la reconstruction de Gaza avec des plans futuristes, dont on
23:47a vu quelques images il y a quelques instants à l'antenne, présentées à Davos et détaillées
23:52notamment par le genre de Donald Trump, Jared Kushner. Ils sont complètement déconnectés
23:57de la réalité à Gaza.
23:59Oui, c'est dystopique. C'est-à -dire que c'était une présentation PowerPoint complètement
24:03scandaleuse. Cela dit, sur le fond, Jared Kushner parle de 30 milliards de dollars. Évidemment,
24:10il n'explique pas comment ça va être financé. Il y a énormément de zones d'ombre
24:14derrière ce PowerPoint.
24:16Alors, il y a déjà 1 milliard que Donald Trump demande comme ticket d'entrée à ce
24:21fameux Conseil de la paix.
24:22Ça en fait 18, puisqu'il est 18 mois.
24:24Ça fait déjà 18.
24:25Ils vont tout payer. Où vont aller ces milliards, c'est pareil. Ce n'est pas très clair.
24:29Non, ce qui est intéressant, malgré tout, c'est que Donald Trump utilise Gaza comme
24:34laboratoire. Et c'est dramatique, vu la situation là -bas. La deuxième chose qui me
24:40semble intéressante, c'est que ce n'est pas nouveau. C'est-à -dire que Jared Kushner,
24:43en 2019, quand il était conseiller déjà du président lors de son premier mandat, avait
24:50esquissé lors d'une conversation, d'une interview, ses ambitions d'en faire un grand
24:56projet immobilier avec un immense détachement. Rendez-vous compte, c'est une côte magnifique.
25:02Ce serait vraiment dommage de rien en faire. C'était la rivière avant l'heure. Et finalement,
25:07je pense qu'on voit le cœur de leur projet. C'est-à -dire, je pense, faire du business,
25:14tout simplement. C'est-à -dire que l'aspect politique, le mandat de ce conseil reste très
25:18flou. Dans la charte, on ne parlait initialement pas du tout de Gaza.
25:22Absolument. Et c'est en ça qu'il dit qu'on va s'occuper de Gaza et ensuite on réglera
25:26le reste. Mais Gaza devient une espèce de side project.
25:29Ou de laboratoire, comme vous disiez. C'est-Ă -dire, la technique, on pourra l'appliquer ailleurs.
25:33C'est ce qu'ils ont dit, d'ailleurs. Une fois qu'on aura réussi à Gaza, on s'occupera
25:36de bien d'autres choses.
25:37D'abord, je pense que, comme le mot scandaleux est assez juste et que ça a été perçu
25:42globalement comme scandaleux sans qu'on soit forcément les plus pro-palestiniens
25:48acharnés. Je veux dire, de dessiner des immeubles futuristes et des hôtels 5 étoiles
25:52sur un charnier, il y a quelque chose qui est dystopique ou mĂŞme au-delĂ de dystopique
25:56et qui est aussi très politique, qui est en fait, au fond, d'effacer l'identité
26:03palestinienne de Gaza, de la transformer en une espèce de ville touristique business
26:08oĂą les Palestiniens seraient finalement les serviteurs de ceux qui se seraient
26:12installés. Donc franchement, ça ne marchera pas. Donc on sait d'avance que ça ne marchera
26:16pas. La deuxième chose, c'est que là aussi, encore une fois, un tout petit peu en désaccord
26:20avec toi, je trouve que quand même, c'est pathétique, cette image. Ils passent devant
26:24une bande de dictateurs à peu de choses près.
26:28Non, non, c'était pas mal, tu disais... Non, vas-y, dis-moi, parce que moi, je trouve
26:35ça absolument pathétique. Ce club, à part les alliés arabes...
26:39Je vous dis que c'est un échec, ce truc, déjà .
26:41Ah bon, donc échec. Excusez-moi, échec. Mais à part les monarchies du Golfe, les copains
26:50conservateurs et deux, trois autres, il n'y a rien. C'est le néant absolu. Et quand
26:55il passe devant ces gens-là , lui accepte. Moi, je serai Trump, dans ma mégalomanie
27:00personnelle, je serai Trump, je ne passe pas, je ne monte pas, je ne fais pas ça. C'est
27:05une débâcle diplomatique et politique.
27:07Il parle en tout cas de la naissance d'une nouvelle organisation internationale, donc
27:11concurrente de l'ONU. C'est ça, son objectif ?
27:14C'était. On va presque parler à l'imparfait, parce qu'enfin, on ne sait jamais. Mais il
27:21déteste les organisations internationales. Donc, ce qu'il veut dans son projet, c'était
27:28de se détacher de l'ONU, de devenir le patron à vie, avec droit de veto sur toutes les
27:34décisions de ce Conseil, avec des membres pour trois ans, et puis après les membres
27:40fondateurs. Enfin, c'est une machine qui est finalement au service de sa puissance. Parce
27:46que l'ONU, si ça lui permet de faire un beau discours, c'est très bien, bien qu'il
27:52critique l'escalateur qui ne marche pas, l'ascenseur qui est en panne, le prompteur,
27:56vous vous en souvenez, quand il a fait son grand discours, le prompteur, l'ONU, avec
27:59tous les milliards qu'on lui a donnés, n'est même pas capable de faire marcher les
28:02prompteurs. Enfin bref, il n'a pas de mots assez durs pour qualifier les administrateurs
28:08de l'ONU. Donc, il veut effectivement avoir son jouet Ă lui. Mais pour l'instant, on
28:14le voit bien, il n'y a que des dictateurs qui ont répondu ou des gens qui sont inféodés
28:19dans une doctrine illibérale en ce qui concerne la façon qu'ils ont de gouverner leur pays.
28:26Et pendant ce temps, Julie, la situation humanitaire, on le rappelle, dans la bande de Gaza est absolument
28:31catastrophique et encore aggravée par l'hiver.
28:33Oui, c'est encore cette nuit, les informations disaient qu'un bébé de six mois était mort
28:39de froid. Donc, évidemment, le tourbillon Trump fait qu'on en parle beaucoup moins.
28:45C'est aussi l'effet de sa politique. Et les gens, effectivement, quand il y a des tempĂŞtes,
28:52le froid, n'ont plus les moyens de mĂŞme reconstruire leur tente. Donc, ils sont les pieds
28:56dans l'eau. C'est absolument catastrophique. Et l'aide humanitaire ne parvient pas du tout
29:02dans la mesure qui était prévue par son plan en 20 points et la deuxième phase qui
29:07s'enclenche.
29:08Et il y a toujours des bombardements qui se poursuivent. Il y a quelques jours, il y a
29:12encore des journalistes, dont un de l'AFP, qui ont été tués alors qu'ils filmaient
29:17avec leur drone une distribution alimentaire. Enfin, je veux dire, sans parler effectivement
29:22des morts civiles et des conditions de vie dont on se moque totalement. Mais l'idée
29:26de Trump, je serais bref, c'est de nous submerger d'informations pour nous faire perdre la tĂŞte.
29:32Il ne réussit pas un coup, il en attaque un autre, etc. Pour nous faire croire qu'il
29:36est fou, mais il n'est pas fou du tout, je pense.
29:37Nicolas, le regard des dessinateurs de presse...
29:40Je vais commencer par un dessin qui nous vient des Etats-Unis de Cotterba, qui illustre
29:44bien tout ce que vous venez de dire sur ce fameux Conseil de la paix. Vous voyez, c'est-Ă -dire
29:48qu'il s'assoit d'abord sur l'ONU. C'est un dessin qui se passe de commentaires,
29:54qui est très très beau, je trouve. Et en plus, cette cape ressemble quasiment Ă
29:57une mare de sang ou alors Ă sa cravate en mĂŞme temps. Et puis, un dessin de Placide
30:01qui nous vient de France, que j'ai trouvé très très drôle, The Board of Peace. Vous
30:06voyez la tĂŞte de Donald Trump et vous voyez les autres autour de lui. C'est un peu les
30:11Rolling Stones en dessous, mais je trouve ça très fort parce que ça illustre ce qu'est
30:16Trump et le rapport qu'il a avec ses affidés. Un dessin très drôle. Et puis, un dessin
30:20de Tru, un dessin français aussi. Le plan de Jared Kushner, la grille tarifaire, vous
30:25voyez, la paix, le cessez-le-feu, les bombardements, l'enlèvement. Wittkopf, c'est 50 millions
30:30par jour. Et Jared Kushner, c'est offert en revanche. Donc, je trouve ça très très
30:34drôle aussi, très très fort. Et puis, je termine par un dessin paru aujourd'hui
30:36le soir en Belgique de mon ami Pierre Kroll. Vous n'allez pas réclamer un milliard
30:41de dollars au pape pour parler de la paix. Il fait ça tous les jours pour rien et
30:44sans succès, évidemment. Donc, je trouvais ça très amusant aussi.
30:48Merci beaucoup, Nicolas. Et puis, dernier thème ce soir d'une semaine dans le monde,
30:53la situation en Syrie où les forces armées du nouvel homme fort du pays, Ahmed Al-Shara,
30:58ont reconquis ces derniers jours de très large pan du territoire syrien. Jusque-là ,
31:03sous contrĂ´le kurde. On voit donc Ă l'antenne l'ampleur de ces reconquĂŞtes.
31:09Les Kurdes qui bénéficiaient jusque-là d'une large autonomie dans le nord et le nord-est
31:13du pays sont désormais repliés. Vous le voyez sur les zones, ces poches territoriales
31:19qui figurent en jaune sur cette carte, des poches, d'oĂą ils comptent visiblement poursuivre
31:25leur lutte. Ziyad, l'Occident et surtout les Etats-Unis ont une nouvelle fois lâché
31:31les Kurdes.
31:32On en parlait. Il vaut mieux ne pas ĂŞtre son ami, Donald Trump. En fait, ils ont fait
31:39un choix très cohérent en disant Al-Shara, on l'accepte. On l'a reçu à la Maison-Blanche
31:45avec les honneurs. Et on a contre-signé son plan d'un État unitaire qui supposait la défaite
31:55des Kurdes qui, eux, avaient... D'abord, il y a le rêve d'un État kurde depuis très
32:01longtemps.
32:02Depuis le début du XXe siècle.
32:04Depuis le début du XXe siècle. Et donc, c'est carte blanche. Visiblement, si j'ai bien
32:10compris, on n'a pas prévenu les autres alliés, la France et d'autres. Donc, on a monté
32:17l'opération d'exfiltration des prisonniers. Donc, c'est quand même une très grosse opération
32:21de guerre pour une Suerie unifiée en faisant confiance à Al-Shara et son régime en estimant
32:29probablement du côté américain que, quel que soit leur défaut, quel que soit leur
32:32passif, quelle que soit l'influence de l'EI, l'État islamique, etc., c'est la meilleure
32:38solution dans le plan du Moyen-Orient trumpien. Alors, les Turcs sont très contents, visiblement.
32:46J'ai vu un communiqué de notre ami Erdogan.
32:47Ils ont largement soutenu cette reconquĂŞte territoriale.
32:51– Après, je ne sais pas si les Israéliens sont totalement online sur une Syrie réunifiée
32:58sous un régime, disons, centralisé.
33:02– Avec laquelle ils sont en train de négocier toujours un accord.
33:05– En grignotant eux-mêmes ce qu'ils peuvent. Donc, c'est quand même, moi, ce que je vois
33:10dans cette question, dont je ne suis pas spécialiste, c'est quand même la tragédie kurde,
33:13chapitre X et infinie.
33:18– Julie, sur ce lâchage des Kurdes, une nouvelle fois ?
33:22– Oui, alors, moi, je mettrais un petit bémol. Je ne suis pas certaine que ce soit
33:26proprement trumpien comme choix. J'entends que Washington, dans tous les cas, se dirigeait
33:32vers un choix avec ou sans Trump. Et on voit également que la France, au final, s'aligne à ça.
33:38Les communiqués le montrent. C'est-à -dire, les premiers communiqués de l'Elysée, c'était
33:42oui à l'unité de la Syrie et, évidemment, fidélité aux Kurdes. Donc, moi, je ne dirais
33:47pas que c'est forcément trumpien. Dès l'instant, je pense, où Ahmed Al-Chara a fait tomber
33:54Bachar Al-Assad le 8 décembre 2024, les plans pour regagner ce territoire qui avait été
34:03donné, effectivement, par les Occidentaux étaient là , en fait. Je pense que ça n'a
34:08surpris personne. Ce qui a surpris, c'était la vitesse à laquelle ça s'est passé et
34:12le fait qu'Armed Al-Chara, effectivement, n'a pas prévenu les alliés traditionnels.
34:18Mais le fait de vouloir regagner ce territoire, et j'en suis désolée pour les Kurdes, ne doit
34:25surprendre personne. Une ville comme Raqqa reste une ville arabe en très grande majorité.
34:31Et la population le réclamait. On l'a raconté dans nos reportages. Après, je comprends
34:37tout à fait le sentiment d'abandon des Kurdes, puisque pendant des années, ils ont fait
34:42le sale boulot, le tweet contre l'organisation italienne et qui ont géré, eux-mêmes, pendant
34:47dix ans, ces prisons.
34:49Absolument. Et le tweet de Tom Barak, absolument, ils leur ont fait faire le sale boulot. Le tweet
34:57de Tom Barak, l'envoyé spécial américain en Syrie, est cinglant. C'est merci, vous avez
35:02fait le job. Au revoir. Je pense que tout était dit, en fait, en lisant ce tweet.
35:08Patricia, sur cette progression effectivement spectaculaire sur le terrain de l'armée
35:11syrienne ces derniers jours, ça s'explique aussi par le soutien actif de la Turquie ?
35:18En tout cas, sur un plan factuel, il y a une image qui me marque beaucoup, c'est Kobané.
35:22Kobané, il y a quelques... je ne sais plus maintenant combien de temps, plus de dix ans,
35:26ou autour de dix ans, je n'ai plus, enfin on y était tous, étaient encerclés par les
35:31djihadistes de l'EI. Et ils luttaient, et là , maintenant, ils sont encerclés par
35:36l'ex-armée syrienne libre soutenue par la Turquie, j'ai envie de dire, qui s'est rangée
35:41dans l'armée de la Syrie de nouveau. Enfin, c'est assez compliqué. Les composantes des
35:46forces armées syriennes du gouvernement sont assez complexes. Et donc, il y a des rancœurs,
35:53il va y avoir des exactions, parce que, voilà , ça va être assez difficile.
35:57Cette reculade est due, Ă mon avis, Ă plusieurs choses. Un, effectivement, l'abandon des
36:02Américains. Mais cet abandon était prévisible, dans la mesure où, effectivement, ils s'étaient
36:08mis d'accord avec les Saoudiens et les Turcs, etc., pour donner le pouvoir, enfin, pour
36:12enterriner le pouvoir, le pouvoir à Damas. Donc là , les Turcs, les Kurdes, ont manqué
36:19de jugement. C'est-à -dire qu'ils n'ont pas anticipé. Mais ils n'ont pas anticipé
36:23parce qu'ils sont divisés en factions. Il y a les factions radicales, il y a des
36:27factions qui étaient plus modérées à l'intérieur. Et franchement, l'administration
36:34kurde, Araka, par rapport aux tribus arabes qui avaient vu leur bien pétrolier, etc.,
36:40enfin, leur business pétrolier switché dans le sens kurde, n'a pas favorisé les
36:48rapports. Il y avait une opposition, une hostilité forte.
36:51Des populations sur place.
36:52Voilà , des populations arabes. Et puis, qui remontent, qui est très ancienne, qui
36:55remontent au début des années 2000, et même plus ancienne. Et là , il y a eu la défection.
37:01C'est-Ă -dire, ces SDF qu'on appelle, il y a les trois quarts des soldats qui composaient
37:05cette force kurde, qui était arabe, et qui ont fait défection. On en a tous rencontré.
37:10Et désormais, il n'y a plus que les Kurdes, au sein de ces FDS.
37:14Il n'y a pas que des Kurdes. Au sein de ces FDS, il y a beaucoup de combattants arabes,
37:18comme moi et nous tous, on a rencontrés sur le terrain. Donc, ça s'est fracturé.
37:23Les Kurdes n'ont pas compris qu'il fallait qu'ils modifient. Leur responsable militaire
37:28a bien tenté de passer un accord, de signer un accord, mais il n'a pas été suivi
37:32par des tas de chefs militaires sur le terrain. Donc, c'est encore la fatalité
37:38qui s'abat sur les Kurdes. Ils n'arriveront pas à construire leur État.
37:43Mais c'est aussi un problème de manque de volonté et d'unité.
37:47Et Julie, incertitude, je le disais, désormais sur le sort de ces camps de djihadistes
37:52jusque-lĂ , donc sous supervision kurde, qui passe maintenant sous supervision
37:56de l'armée syrienne. Certains récits font état d'évasion.
38:02L'Union européenne fait part de son inquiétude. C'est effectivement un énorme
38:06problème sécuritaire. Et d'ailleurs, les États-Unis ont transféré plusieurs
38:09milliers de personnes, je crois 7000 de ces prisonniers, vers l'Irak.
38:14C'est dire l'inquiétude que ça suscite ?
38:16Oui, alors c'est pareil. Dans un premier temps, Washington a dit
38:18qu'on fait toute confiance à l'armée syrienne, à Al-Shara, pour sécuriser.
38:23Quelques heures plus tard, on apprend ce transfert massif.
38:26Donc là , par contre, on a des déclarations contradictoires.
38:30C'est évidemment un énorme défi pour Al-Shara. Encore une fois, il le savait
38:34en prenant le pouvoir en décembre 2024. On parle de... Donc il est question de 25
38:40prisons et camps. C'est-Ă -dire qu'il n'y a pas que des djihadistes, il n'y a
38:43aussi des familles. Il n'y a pas que des membres de l'UQ qui sont à carcèles.
38:46Il y a aussi les familles, des enfants, y compris des enfants qui sont nés dans
38:49ces camps, qui vivent dans des conditions déplorables. Certains ont été transférés
38:53en Irak en amont. La France a... Des détenus français ont été transférés en décembre
38:57en Irak. La question, c'est vrai que les pays ne veulent pas forcément reprendre
39:04ces populations. Et là , un appel a été lancé par un responsable irakien, le premier
39:09ministre.
39:09Oui, le premier ministre qui demande Ă l'Europe de reprendre ces djihadistes.
39:13La responsabilité. La ligne de la France pendant un moment, et je crois que c'est
39:16toujours le cas, était de dire, nous, on veut que ces gens soient jugés dans le
39:20pays. Donc il y a des jugements qui ont lieu en Irak. Et maintenant que la Syrie est
39:26souveraine et en train de retrouver un pouvoir judiciaire digne de ce nom, mĂŞme si
39:30ça prend du temps, l'idée est de les juger sur place et éventuellement de les
39:34rapatrier en France dans un second temps. Mais la question des évasions est importante.
39:38Après, on est dans des zones désertiques. Les experts sécuritaires, les plus optimistes
39:46disent qu'ils ne peuvent pas aller bien loin. VoilĂ , quand on est optimiste.
39:51Patricia, la Syrie de demain pourrait redevenir un foyer djihadiste ?
39:57On a bien vu ces derniers mois, l'État islamique est ressorti. Il y a eu des
40:03attentats commis par l'État islamique. Dans la région, effectivement, de cette zone
40:08désertique, au sud de Der Erzor, Palmyre, tout ça, il y a des familles, on bouge comme
40:13on veut, enfin il y a des cellules dormantes et il y a même eu des déplacements à Damas.
40:17Enfin, je veux dire, les attentats qui ont été commis n'ont pas été commis par des
40:21gens qui sont arrivés de l'extérieur les deux mains dans les poches.
40:23Donc, il y a bien eu cette grosse inquiétude au sein des États islamiques. Il y a eu des
40:28frappes américaines très fortes ces derniers temps, contre et même auxquelles ont participé
40:33les Français. Donc, il y a bien une... La coalition, si vous voulez, continue à surveiller
40:40effectivement ces cellules djihadistes qui ne demandent qu'Ă se reconstituer. Mais la
40:47crainte, ce n'est pas qu'on assiste à une résurgence de l'État islamique, mais qu'on
40:52assiste à des tas d'une pulvérisation sur le territoire syrien, de petites cellules
40:57dormantes qui peuvent commettre des attentats Ă droite et Ă gauche et qui fragilisent
41:01donc forcément le pouvoir en place avec le but ultime de l'État islamique, c'est d'abattre
41:06Ahmed El-Shara.
41:07Nicolas, sur ce dernier thème syrien.
41:11J'ai deux dessins qui viennent de la région. Un dessin, deux dessins muets, un dessin de
41:16Fares Garabet qui vient de Syrie que je trouve très beau. Rojava, c'est donc cette partie
41:22de l'Est oĂą se trouvent les Kurdes. Et vous voyez ce que ce tank est en train de faire.
41:27Il est en train de fermer toutes les écoutilles. Évidemment, c'est un dessin qui se passe de
41:31commentaire qui est très très beau, je trouve.
41:32Tous les rêves d'un État.
41:34Voilà , et les couleurs sont très bien aussi. Et puis un dessin de Emma Dajaj, je montre
41:38souvent ces dessins, des dessins jordaniens qui montrent la fragmentation, presque la
41:41balkanisation de l'Irak, de la Syrie aujourd'hui, avec le nouveau drapeau syrien. C'est un dessin
41:47muet qui est, je trouve, très efficace.
41:49Merci beaucoup Nicolas et merci Ă tous les dessinateurs de presse d'avoir participĂ© Ă
41:53cette émission. Merci Patricia, Ziad, Julie d'y avoir participé également. Cette émission
41:58est à retrouver sur notre site et nos réseaux sociaux. Restez avec nous sur France 24.
42:02Prochain point complet sur l'actualité internationale dans quelques minutes.
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