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  • il y a 2 semaines
Dans “Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux”, l’actrice signe un récit introspectif et féministe, dans lequel elle revient sur son enfance et sur les plaintes qu’elle a déposées contre les cinéastes Benoît Jacquot et Jacques Doillon en 2024.

Dès la première page de son récit, Judith Godrèche prévient : elle n’est plus cette enfant qui “respectait les règles”. Désormais, elle parle. Et elle écrit sans détour, sans enrobage, sans excuses, avec un style direct qui refuse catégoriquement toute romantisation des faits. Dans Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux, l’actrice revient sur son enfance, sa rencontre avec BJ et JD (Benoît Jacquot et Jacques Doillon) alors qu’elle n’a que quatorze ans, sur la plainte qu’elle a déposée contre eux en 2024.

En creux, elle explore la façon dont le milieu du cinéma protège les prédateurs, la manière dont les deux hommes l’ont dépossédée de ses écrits et de sa créativité, le système d’emprise dont elle a été la victime et l’importance de défendre à tout prix le droit des enfants. Dans ce texte d’une grande force, qui ne détourne jamais le regard, Judith Godrèche fait dialoguer ses souvenirs et de nombreuses archives (lettres, articles…) parfois glaçantes.

Rencontre.
Transcription
00:00De mettre des mots crus pour parler de rapports sexuels entre un enfant et un adulte,
00:05il y a quelque chose qui peut être extrêmement choquant.
00:07Et c'est ce que je raconte dans le livre.
00:08Quand j'étais adolescente et que j'écrivais,
00:11j'avais inventé un langage qui m'aidait à négocier avec la réalité.
00:15Pour parler de relations sexuelles, je ne voulais pas employer certains mots.
00:19Et du coup, j'inventais des expressions comme ça pour éviter de poser les vrais mots,
00:25de dire les vraies choses.
00:25Ensuite, en devenant une adulte, je me suis dit, fais attention.
00:30Tu as un penchant quand tu écris et quand tu réalises.
00:33Et dans les histoires que tu racontes, c'est que tu amènes une forme de poésie.
00:37Tu protégeais la violence.
00:39Je me suis dit, il faut que dans mon travail,
00:43il faut que j'assume la violence des choses et la violence des histoires.
00:49Et ça ne veut pas dire qu'il faut tout montrer.
00:51Et ça ne veut pas dire qu'il faut choquer.
00:52Et ça ne veut pas dire qu'il faut que l'autre se retrouve confronté à une violence
00:56qu'il atteint lui, le lecteur ou le spectateur.
00:59Mais qu'en tout cas, moi, ma démarche ne soit pas de ne pas donner la possibilité à l'autre
01:04de se faire une opinion en étant déjà dans la négociation avec la réalité.
01:08C'est quoi ?
01:09Sous-titrage FR ?
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