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  • 6 weeks ago

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00:00Trésor Nzila, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02A 82 ans, Denis Sassoon Guesso est candidat pour un cinquième mandat
00:06et ses partisans disent que sa victoire est quasiment assurée.
00:10Est-ce qu'une surprise est possible ?
00:12Je pense qu'une surprise n'est pas possible
00:13puisque le président de la République aborde cette élection
00:17dans une position de domination absolue.
00:21Il contrôle les moyens d'État,
00:22entendu par là toute l'administration,
00:25les finances publiques, les médias publics.
00:27Il a coutume à instrumentaliser les forces de sécurité
00:30et il a la même mise sur les institutions électorales et judiciaires.
00:36Donc une surprise n'est pas possible.
00:38Est-ce qu'il y aura des poids lourds en face de lui ?
00:40Je ne pense pas.
00:41Les forces en présence ne reflètent pas vraiment un équilibre démocratique,
00:46mais plutôt un rapport de force profondément asymétrique.
00:50Il y a deux opposants qui sont rédoutables pour le régime
00:54mais qui sont toujours en prison.
00:55Entendu par là, le général Jean-Marie Michel Mokoko
00:59et le député André Ocambi Salissa.
01:01Qui ont été tous deux condamnés en 2018 à 20 ans de prison, c'est ça ?
01:04Exactement.
01:05Alors il y a un parti officiel de l'opposition,
01:07c'est l'UPADS de l'ancien président Li Souba
01:11qui compte des députés à l'Assemblée nationale.
01:14Mais son leader, Pascal Tsati Mabiala,
01:18ne semble pas prêt à se présenter à cette présidentielle.
01:21Pourquoi ?
01:21Je n'ai pas de réponse, mais il est admis que
01:25M. Pascal Tsati Mabiala est un opposant accommodant.
01:30Et donc, s'il choisit de ne pas être candidat, c'est son choix.
01:34Et donc, le président de la République aura en face de lui des petits candidats.
01:39Vous savez très bien que l'opposition est très affaiblie et est sous pression.
01:44Et donc, en face du président de la République, il n'y aura que des petits frétins.
01:48Il y a dix ans, à la présidentielle de 2016, il y avait deux poids lourds face à Denis Sassoon-Guessot.
01:55Le regretté Guy Brice Parfait-Colela, qui avait été crédité de 15% des voix.
01:59Et Jean-Marie Michel Mococo, qui avait été crédité lui de 13% des voix.
02:04Aujourd'hui, il n'y a plus du tout le même paysage.
02:06L'opposition est beaucoup plus affaiblie, c'est ça ?
02:09Lui, l'opposition aujourd'hui est très affaiblie, elle est sous pression.
02:14Et n'oublions pas que nous sommes dans un contexte marqué par le tout sécuritaire.
02:19Et donc, du côté de l'opposition, c'est vrai qu'il y a des intentions de candidature.
02:24Mais nous ne voyons pas un candidat qui a de la poigne.
02:27Et le parti au pouvoir a le contrôle de toutes les institutions.
02:31Il y a un sérieux problème de transparence dans l'organisation des élections.
02:36Ce qui laisse prédire que c'est une élection dont l'issue est largement connue d'avance.
02:44Pourquoi dites-vous que l'opposition est sous pression ?
02:46À cause des méthodes du pouvoir.
02:48Il y a quelques jours, un opposant, au nom de Limbongo Ngoka,
02:53qui s'est rendu dans le département de Lalikwala pour ses activités politiques.
02:57Cet opposant a fait connaître son intention d'être candidat à l'élection présidentielle.
03:02Il a été mal reçu pendant son voyage.
03:04Les forces de sécurité lui ont contraint de quitter la localité
03:08parce que sa présence s'était trouvée très gênante.
03:11Donc voilà le contexte dans lequel l'opposition essaie de travailler.
03:16On assiste à des discours officiels de plus en plus bellicistes et dissuasifs.
03:20À quel discours pensez-vous ?
03:22Récemment, le directeur général de la sécurité présidentielle,
03:27qui est la garde officielle du chef de l'État,
03:30qui a proféré des menaces à l'encontre des opposants,
03:34à l'encontre de la population.
03:37Et cela se passe à deux mois de l'élection présidentielle.
03:39Donc on est dans une logique de terreur
03:41qui laisse présager un contexte très toxique pour la liberté politique.
03:46Alors dans son rapport sur 2025, publié le mois dernier,
03:50le Centre d'action pour le développement
03:51dénonce de nombreuses arrestations et détentions arbitraires.
03:55Est-ce que le phénomène est récurrent tous les ans ou pas ?
03:57Le phénomène, il est très récurrent.
04:00On observe une dérive autoritaire à partir de l'année 2015,
04:04suite au changement de la Constitution.
04:07On est rentré dans un cycle très dangereux,
04:11dans une logique de gouvernance par la terreur.
04:14Et chaque année, nous constatons une dégradation
04:18de la situation des droits humains.
04:20En 2025, effectivement, le pays a passé un cap supplémentaire,
04:26surtout avec l'opération meurtrière
04:28menée par la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle.
04:31Et de quelle opération s'agit-il ?
04:33Il s'agit d'une opération sécuritaire officiellement
04:37pour lutter contre le banditisme urbain.
04:41Mais très vite, les méthodes utilisées
04:43par la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle
04:46sont des méthodes qui violent la Constitution,
04:49qui violent les conventions ratifiées par la République du Congo
04:52en ce qui concerne les droits humains.
04:54Et cette opération, elle continue,
04:56qui a commencé à Brazzaville,
04:58s'est élargie dans d'autres départements.
05:01Elle est caractérisée par des exécutions
05:03extrajudiciaires en public,
05:06par la torture, les disparitions forcées,
05:08la démolition des maisons d'habitation,
05:11des familles soupçonnées d'avoir hébergé
05:14un jeune présumé d'élinquant.
05:16Dans le dossier des biens mal acquis,
05:18la justice française a délivré, il y a un an,
05:22un mandat d'amenée à l'endroit de l'épouse
05:24du chef de l'État, Mme Antoinette Sassoun-Guessot.
05:27Est-ce que ce rebondissement judiciaire
05:28fait débat à Brazzaville ?
05:30Ah oui, ce rebondissement a fait débat à Brazzaville.
05:34Ça divise même l'opinion au Congo,
05:37disons, en général.
05:39Il y a une partie de la population
05:42qui pense que c'est tout à fait normal.
05:44Si le pays continue à être considéré
05:46comme sous-développé,
05:49c'est parce qu'il y a aussi ce phénomène
05:51de corruption qui était un lévier du système.
05:54Et donc une large partie de la population
05:55partage ces poursuites.
05:58Mais vous avez une autre frange de la population
06:01qui pense qu'il s'agit d'une ingérence
06:03dans les affaires internes d'un État souverain.
06:06Alors face aux accusations de corruption,
06:09le Premier ministre, Anatole Collinet-Macosso,
06:12répond qu'il a renforcé les pouvoirs
06:13de la Haute Autorité de lutte contre la corruption,
06:16qu'il a créé un ministère du contrôle de l'État
06:20et de la lutte contre les antivaleurs
06:22dans l'administration publique,
06:23et qu'il est en train de digitaliser
06:26toutes les régies financières
06:28pour que les ressources ne puissent plus
06:29échapper au trésor public.
06:31Ce que M. le Premier ministre ne dit pas,
06:33c'est qu'il n'est pas en mesure
06:35de donner des statistiques
06:36sur le nombre des procédures engagées
06:39contre des personnes ciblées
06:41dans des affaires de corruption.
06:43Jusqu'à quand on va rester là
06:45à attendre les réformes qui n'aboutissent pas ?
06:47Il y a eu quand même suffisamment
06:48des réformes dans ce pays.
06:49On est passé d'une commission
06:51de lutte contre la fraude,
06:53la corruption et la concussion
06:54à une haute autorité
06:56de lutte contre la corruption.
06:57Nous avons constaté un changement
06:59au niveau de la dénomination,
07:01mais dans la pratique,
07:02ça n'a pas évolué.
07:03Vous avez une cascade
07:04des affaires de corruption,
07:06mais combien sont passées
07:07en jugement ?
07:09Pratiquement pas.
07:10Donc la corruption
07:11est un pilier du système
07:13et la population subit
07:15les graves conséquences,
07:16notamment la pauvreté,
07:19l'affaiblissement des services sociaux,
07:21les inégalités qui se creusent
07:22et par-dessus tout,
07:25une méfiance envers l'État.
07:27Officiellement, il peut y avoir
07:28deux tours à la présidentielle
07:29de votre pays,
07:31mais est-ce qu'il y a déjà eu
07:32une élection à deux tours
07:33depuis le retour au pouvoir
07:34de Denis Sassou Nguesso
07:35en 1997 ?
07:37Il a toujours été élu
07:39dès le premier tour.
07:41C'est le fameux slogan
07:43« Un coup chaos ».
07:44Très franchement,
07:45pour cette élection de 2026,
07:48le scénario le plus plausible,
07:50c'est la continuité
07:51du pouvoir en place.
07:52Trésor Nzila,
07:54je vous remercie.
07:55Merci.
07:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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