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  • il y a 19 heures
««Au parlement européen nous allons voter la saisine de la cour de justice européenne, qui permettrait de suspendre l’accord sur le Mercosur. Je me bats pour aller chercher un maximum de voix. Il faut batailler». C'est ce qu'explique le Député européen Jérémy Decerle, dans une interview vidéo réalisée le 18 janvier.

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Transcription
00:00— Vous avez attaqué une semaine décisive au Parlement européen. Expliquez-nous pourquoi.
00:07— Alors effectivement, là, sur le sujet du Mercosur qui, bien sûr, inquiète les agricultrices et les agriculteurs européens
00:16et peut-être plus particulièrement français, nous allons au Parlement européen cette semaine voter pour ou contre, du coup,
00:26la saisine de la Cour de justice européenne qui permettrait justement de suspendre l'accord le temps que la Cour de justice donne son avis
00:36sur ce qu'on appelle le mécanisme de rééquilibrage de cet accord. Et donc, du coup, il y aura plein de sujets cette semaine au Parlement,
00:45mais le sujet qui importe les agriculteurs et qui nous importe, nous aussi, beaucoup, c'est celui du Mercosur.
00:52— Vous êtes optimiste sur le vote ?
00:55— Ben écoutez, en tout cas, je me bats pour qu'on, avec mes collègues, pour qu'on puisse aller chercher le maximum de voix
01:04dans les différents pays, chez les différents députés européens, encore une fois, des différents États membres
01:11qui ont aussi peut-être voté oui à l'accord la semaine dernière, pardon. Et donc là, bien évidemment, on va faire le nécessaire
01:21pour aller chercher le maximum de voix. Mais tout n'est pas gagné. Mais en tout cas, il faut batailler.
01:26— Il s'est dit beaucoup de choses sur le sujet, notamment sur les plateaux de télévision, à la radio.
01:33Vous êtes assez révoltés par les commentaires qui sont faits. Expliquez-nous pourquoi.
01:39— Écoutez, c'est vrai que moi, je suis assez agacé d'avoir entendu la semaine dernière, le week-end dernier,
01:47sur les plateaux de télé, que finalement, la situation qui existe avec le Mercosur, c'était à cause de la France.
01:54Je veux juste rappeler à tout le monde que la France s'est opposée à la signature de cet accord
02:01et qu'elle n'était pas tant isolée qu'on veut le faire entendre. Il y avait l'Irlande, il y a la Pologne, il y a la Hongrie,
02:08il y a l'Autriche qui ont aussi voté contre l'accord Mercosur. Donc on ne peut pas raisonnablement expliquer
02:17matin, midi et soir que c'est de la faute de la France ou d'Emmanuel Macron,
02:21alors que ce sont d'autres pays qui ont choisi de valider cet accord.
02:26Donc ce que j'aimerais, et encore plus la semaine qui arrive, c'est que la classe politique française,
02:34dans la mesure où on est tous opposés à cet accord, fasse front commun et arrête de chercher les coupables
02:42et arrête d'accuser en permanence l'autre d'avoir la responsabilité de je ne sais quoi.
02:50Il faut sur cet accord Mercosur qu'on soit en équipe et puis qu'on aille tout mettre en œuvre
02:57pour que cet accord puisse tomber et finalement ne pas voir le jour.
03:01Est-ce que vous avez le sentiment que ce sont d'autres enjeux politiques qui finalement nourrissent la parole
03:08des politiques aujourd'hui ?
03:11En tout cas sur l'agriculture, je pense que oui, il y a un florilège de prise de position des uns et des autres
03:18qui, encore une fois, passent l'essentiel de leur temps et de leur discours à expliquer
03:26qu'eux ne sont responsables de rien et puis que finalement les coupables sont bien facilement les gouvernants.
03:34Alors je ne dis pas que les gouvernants du moment n'ont aucune responsabilité dans la situation,
03:39mais sauf que ce n'est pas, encore une fois, en cherchant matin, midi et soir des coupables,
03:45en accusant les autres qu'on va trouver des solutions.
03:49Donc voilà, moi je nous appelle à un peu de responsabilité pour aussi montrer au monde paysan
03:55que notre volonté, c'est de les défendre et c'est de leur trouver des solutions
04:00et pas de continuer de s'accabler sur leur sort alors qu'à mon avis, ce n'est pas la marche à suivre.
04:10Quels seraient les avantages et les inconvénients du Mercosur en Saône-et-Loire ?
04:18Est-ce que vous voyez des avantages déjà ?
04:20Si on en trouvait naturellement, ceux qui justement pourraient être avantagés,
04:30ils l'auraient fait savoir.
04:32Voilà, s'il y a des entreprises qui sont vraiment intéressées
04:36ou qui ont de réels intérêts positifs à aller s'implanter au Mercosur, on le saurait.
04:41Et à contrario, donc la Saône-et-Loire, voilà, je ne dis pas qu'il n'y a aucune entreprise de Saône-et-Loire
04:46qui pourrait bénéficier des accords avec le Mercosur,
04:49sauf que la Saône-et-Loire, terre agricole par excellence, a beaucoup plus à perdre avec ces accords
04:56parce que ça pourrait venir perturber, bien sûr, notre élevage
04:59et puis perturber aussi d'autres secteurs de l'agriculture.
05:03Aujourd'hui, ce qui est surtout dénoncé au niveau européen par les agriculteurs
05:07et par ceux qui s'opposent à cet accord, c'est le fait qu'il n'y ait pas de réciprocité dans les normes.
05:13Aujourd'hui, à juste titre, on a choisi et on a poussé et accompagné les agriculteurs
05:20vers une agriculture justement belle, de qualité, un peu plus vertueuse, bien évidemment.
05:28Et dans le même temps, avec le Mercosur, on pourrait voir arriver des produits
05:32qui ne respectent aucunement les standards sur lesquels nous, nous avons choisi de nous positionner.
05:39Donc je sais que pour la Saône-et-Loire, le Mercosur ne serait pas un avantage.
05:48C'est le berceau de la race charolaise. Les éleveurs charolais ont beaucoup à perdre avec le Mercosur ?
05:55Pas directement. C'est l'agriculture finalement. Bien sûr que l'élevage charolais et son excellence
06:01pourraient, oui, être perturbés par l'arrivée de viande sud-américaine.
06:07Mais c'est surtout symboliquement aussi la qualité de tous ces produits qui pourraient être mis en cause
06:15parce que finalement, on laisserait des produits arriver encore une fois
06:18qui, dans les conditions de production, ne sont pas du tout à la hauteur de ce qu'on peut connaître
06:24dans notre département et puis sur notre territoire en général.
06:28Quand vous avez effectué votre retour au Parlement européen, vous avez été attaqué.
06:36Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous ont attaqué, notamment un élu du Rassemblement national ?
06:42Bon, voilà. J'ai déjà par nature pas de leçons à recevoir par les élus du Rassemblement national.
06:50Puis d'ailleurs, sans prétention aucune, mais par quel qu'élu que ce soit.
06:55Je veux dire, j'ai fait ce que j'avais à faire, en tout cas ce que j'ai pensé pouvoir faire de mieux
07:00pour les agriculteurs quand j'étais député européen, moi, quand on me traite effectivement
07:07de faux soyeur de l'agriculture, eh bien, à ma foi, ceux qui me traitent ainsi,
07:12qu'ils me montrent en quoi eux sont les sauveurs de l'agriculture.
07:16Et après, on pourra effectivement causer et se comparer si c'est nécessaire.
07:21Moi, encore une fois, je le redis, j'ai aucune espèce de raison à aller contre les agriculteurs.
07:27Alors on peut me reprocher des choses. On peut me reprocher d'appartenir à un parti
07:31qui convient pas aux paysans aujourd'hui. Mais on peut pas me reprocher d'aller contre les agriculteurs.
07:38Je n'y ai aucune espèce d'intérêt, ni politique, ni pour mon exploitation, ni pour mon entourage.
07:47Donc voilà, je prends mon engagement tel qu'il est. J'essaye. Tant bien que mal.
07:54Je dis pas que c'est pas facile pour moi, mais c'est pas facile de défendre les agricultrices et les agriculteurs
08:01dans un pays où, finalement, l'agriculture est souvent montrée du doigt, malheureusement,
08:08et puis aussi dans un environnement comme le Parlement européen,
08:13où l'agriculture n'est pas non plus l'alpha et l'oméga des politiques de ce Parlement.
08:19Donc plutôt que de s'envoyer des noms d'oiseaux et puis de s'accuser à tort et à travers,
08:26encore une fois, soyons un peu raisonnables, par respect aussi pour les paysans,
08:31et puis essayons ensemble de trouver un moyen qu'ils soient un peu mieux accompagnés.
08:37Encore une fois, ça sert à rien de s'apitoyer sur le sort des paysans.
08:43Il faut juste essayer de leur donner des lignes claires, d'arrêter de se contredire,
08:48d'arrêter de leur donner des positions qui, finalement, divergent tous les 4 matins.
08:54Il faut faire des choses claires. Il faut leur laisser la liberté.
08:59Il faut les laisser tranquilles, en gros, les laisser travailler et leur faire un peu plus confiance.
09:04Donc voilà. En tout cas, c'est ce à quoi je m'attache.
09:07Alors ma foi, s'il y en a qui sont pas contents, encore une fois, de ma méthode,
09:10c'est bien, ils peuvent le faire savoir, mais moi, je continuerai de me battre pour les paysans,
09:15comme j'ai toujours fait.
09:17Cette année, il n'y aura pas de bovins au Salon de l'agriculture.
09:21Est-ce que vous pensez que la décision a été prise un peu trop rapidement ?
09:28Vous savez, le Salon de l'agriculture, c'est quand même un événement international, déjà,
09:34et qui demande en matière de préparation, pardon, un minimum d'anticipation.
09:43Et donc, non, moi, je ne peux pas vous dire que la décision ait été prise trop tôt.
09:48C'est par prudence que, à la fois, les races elles-mêmes, enfin les comités de races,
09:54ont décidé de ne pas y aller.
09:56Puis après, le Salon a aussi considéré que c'était plus prudent pour tout le monde,
10:01que les bovins ne sont pas présents au Salon.
10:03Donc, moi, je n'ai pas à juger de la dangerosité ou du risque qu'il y avait à emmener le bétail.
10:12Je pense que les gens qui ont pris cette décision l'ont prise en connaissance de cause
10:16et pour avant tout protéger les élevages et l'élevage français en général.
10:21Vous irez quand même ?
10:22Bien évidemment, je passerai, bien sûr, du temps au Salon de l'agriculture avec les agriculteurs qui seront présents.
10:32Et puis, bien évidemment, pour aller aussi à la rencontre des différentes organisations
10:38qui sont sur place sur le Salon pour continuer à aussi œuvrer.
10:44Et ça reste la vitrine de l'agriculture.
10:46Il faudrait bien sûr qu'on parle d'agriculture toutes les semaines et pas que la semaine du Salon.
10:53Mais si on n'en parle pas et si on n'est pas présent pendant le Salon, c'est quand même dommageable.

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