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00:00On reçoit tout de suite notre invitée, c'est vous Asma Niang.
00:03Bonjour à vous, vous êtes athlète olympique et préparatrice mentale,
00:06vous accompagnez des athlètes de haut niveau.
00:08Vous venez d'écouter de suivre avec nous le sujet diffusé à l'instant,
00:11le match des supporters.
00:13Vous êtes vous, Asma, à la fois sénégalaise et marocaine.
00:16Alors ma question est la suivante, est-ce que vous l'espériez ce duel
00:19ou est-ce que vous le redoutiez ?
00:23Bonjour Nabia, merci pour cette invitation.
00:25Alors évidemment que oui, c'était mon souhait le plus cher que le Maroc,
00:30pays d'accueil de cette sublime canne et que la finale soit sénégalo-marocaine
00:36et forcément de mes origines.
00:38Donc j'étais vraiment très très heureuse de voir que cette finale aura lieu enfin.
00:42Et vous allez soutenir qui ? Ou entre les deux votre cœur balance ?
00:47Alors cette question me la pose vraiment très très souvent, je vais soutenir qui ?
00:53Alors en réalité, il faut savoir que 22 ans, le Maroc, le royaume attend depuis très très longtemps
00:59cette coupe, cette canne à la maison.
01:01Mon cœur ne balance pas en réalité, alors je vais être vraiment très pragmatique.
01:05Moi je suis préparatrice mentale et je sais très bien que c'est celui qui va avoir les quatre piliers,
01:10qui va être technique, tactique, physique, mental, aujourd'hui, ce soir, va l'emporter.
01:16Donc deux lions qui vont s'affronter, vraiment deux lions de l'Atlas, de la Teranga,
01:21les deux vont s'affronter à bras-le-corps et ça va être un duel extraordinaire.
01:25Et je veux regarder ce côté technique, tactique, physique, mental jusqu'au bout
01:31et qui vont nous offrir un combat même, un combat extraordinaire.
01:36Sur la pelouse du Stade Moulin-Abdallah, ce soir, ce combat des lions, vous avez suivi cette compétition
01:41depuis le départ, vous êtes vous-même athlète.
01:44Si vous deviez proposer une analyse du côté des performances de l'une et de l'autre de ces équipes,
01:51quels sont les atouts et quelles sont peut-être les fragilités ou les faiblesses ?
01:55Alors je vais commencer par les Sénégalais, sachant qu'en Côte d'Ivoire,
02:02l'ancienne Cannes, c'était une équipe très jeune.
02:05Ils ont eu beaucoup de maturité aujourd'hui.
02:06Les joueurs, ils jouent ensemble, ils sont ensemble.
02:09Et on voit une équipe sénégalaise très très solide mentalement, physiquement.
02:13On a vu, moi je les mettais dans le bloc final.
02:17Maintenant, il faut voir que le Maroc a commencé au départ un peu plus timidement,
02:23un peu plus avec la pression.
02:24Il faut savoir que c'est à la maison.
02:25Il y a un public qui pousse.
02:27Moi, je trouve qu'il y a un meneur d'hommes qui est Walid Redgaghi.
02:30Vraiment, il est extraordinaire dans le sens où il a séparé les choses du bruit qu'elles font.
02:34C'était très difficile au départ parce que le public a poussé.
02:38Le public marocain, il est très exigeant.
02:40Il a poussé, il a su écouter ce public-là.
02:44Et il a séparé les choses du bruit qu'elles font.
02:46Et c'est là qu'on voit un meneur d'hommes.
02:47Donc moi, j'ai totalement confiance en Walid dans cette équipe.
02:50Et ils vont nous mener, encore une fois, à un combat extraordinaire, à un match qui sera digne.
02:56Honnêtement, on va se rappeler de ce match très très longtemps dans cette canne.
02:59Vous parliez d'exigence et de pression à l'instant, Asma.
03:02Vous parliez du mental aussi qui est essentiel.
03:04Qu'est-ce qui se passe concrètement dans la tête des joueurs à quelques heures de la rencontre ?
03:09Une rencontre combien décisive pour les deux équipes ?
03:12Alors, moi, je veux revenir sur un point, sur la demi-finale.
03:18On voit les Sénégalais à un moment donné.
03:20Sadio Mane a fait quelque chose de très important au niveau mental.
03:23Il y a eu le public qui ne voulait pas que le public happe sur la joie qui soit en finale.
03:29Donc il a calmé le public.
03:30On voit qu'il le calme, le public, pour que les joueurs soient vraiment très calmes pour la finale.
03:35De l'autre côté, c'est vrai que c'était à la maison, une demi-finale, une Négérie, c'était très difficile.
03:39On est passé, d'arriver en finale, ça faisait très longtemps.
03:42Donc l'engouement, on était happé par ce public-là.
03:45Maintenant, je suis certaine qu'il y a la régénération.
03:47Donc, voilà, d'être trop... Il y a eu des émotions.
03:50On voit Hakimi pleurer.
03:51Donc il y avait beaucoup, beaucoup trop d'émotions.
03:52Et je suis sûre qu'avec Walid, qui va reprendre l'équipe pour qu'il soit en régénération,
04:01le jury, pour qu'il revienne et qu'il performe et qu'il soit concentré.
04:05Donc niveau pression, bien sûr qu'il va y avoir de la pression.
04:08Mais il faut qu'elle soit très bonne.
04:09Et c'est ça qui est...
04:11Les joueurs, il faut encore une fois qu'ils se détachent du public.
04:13Ils se détachent des attentes.
04:15Il faut qu'ils soient ici, maintenant, en ce moment.
04:17Et je pense que Bono, le gardien, il sait très bien le faire.
04:21À un moment donné, on voit qu'il fait la fête après, parce qu'il ne s'en est même pas rendu compte.
04:24Parce qu'il était dans un état de grâce, un état de flot pour arrêter les tirs.
04:28Donc il faut s'inspirer de ces instants-là.
04:30Donc ne pas être happé par l'extérieur et avoir une motivation intrasèque.
04:34Et rester de faire ce qu'on sait mieux faire, jouer au foot et rien d'autre.
04:38Et après, on pourra faire la fête.
04:40Après faire la fête.
04:41Et c'est le rôle du sélectionneur, de l'entraîneur, peut-être aussi du capitaine,
04:44de se placer dans une forme de bulle.
04:46C'est ce qu'il faudrait faire si l'on vous suit, on vous comprend, avant un moment comme celui-là ?
04:53Bien sûr.
04:54Alors la bulle, elle est évidemment avant, pendant.
04:57Et c'est ça qui est l'art du sportif de haut niveau.
05:01Parce que ça peut aller vite.
05:02Et puis, et même lorsqu'il y a une mi-temps, on voit des fois, on peut être perturbé.
05:07C'est arrivé à beaucoup de...
05:08C'est vrai que moi, cette cage, je l'ai regardé beaucoup, comme j'accompagne aussi des joueurs.
05:11Et je continue aussi à me former au niveau des joueurs, mentalement.
05:15Et donc, j'ai eu une lecture de, par moments, on peut sortir de certains matchs.
05:19On a vu beaucoup des équipes sortir après la mi-temps parce qu'il y a eu des tirs, des buts, de l'arbitrage.
05:24Donc là, il faut vraiment rester dans son couloir.
05:27Ne pas être happé par un arbitrage, peut-être des fois, qui ne nous est pas favorable.
05:30Jusqu'à la dernière minute, c'est les deux équipes qui seront le plus concentrées qui vont gagner.
05:36Et ça va jouer au mental parce que les deux équipes qui sont très fortes dans le cantineux africain,
05:42c'est le Maroc et Sénégal.
05:43Aujourd'hui, ils l'ont prouvé, ils sont en finale, les deux Lyons.
05:45Et je pense sincèrement que c'est l'équipe qui va être la plus concentrée qui va remporter cette finale.
05:51Il faut faire preuve aussi, on l'imagine, de beaucoup d'humilité.
05:54Vous, en tout cas, c'est ce que vous conseillez aux joueurs.
05:56Et en même temps, vous le disiez, il y a cette pression des supporters, parfois triomphalistes aussi.
06:00Quand on les regarde, on se dit que pour certains, c'est déjà gagné, c'est déjà plié.
06:04Ils sont tellement confiants.
06:06Comment est-ce qu'on instaure cet équilibre-là fragile ?
06:11Après, ça, c'est le travail.
06:13Là, tout de suite, c'est Walid.
06:15Je pense que la causerie, je rêve d'être dans la causerie des vestiaires
06:19pour voir qu'est-ce qu'il va leur dire juste avant.
06:22Ou l'entraîneur du Sénégal, aussi le capitaine, le capitaine Sadio Mane.
06:26Qu'est-ce que ça va être cette causerie dans les vestiaires ?
06:30Moi, j'adore écouter les causeries et les leviers de motivation qu'ils vont enlever,
06:33que ce soit extrasec ou intrinsèque.
06:35Mais c'est des moments magiques parce qu'ils transforment des hommes, des meneurs d'hommes comme ça.
06:38Donc, je pense que cette pression-là, il faut qu'elle soit sublimée.
06:41Il faut qu'aujourd'hui, cette pression, elle soit comme des alchimistes.
06:44Les joueurs, il faut qu'ils soient des alchimistes transformés.
06:47Chaque difficulté ont quelque chose de beau ensemble.
06:49Et ne pas oublier surtout l'esprit d'équipe, quoi qu'il arrive.
06:53Que ce soit au tir au but, il faut qu'il y ait l'esprit d'équipe.
06:55Donc, voilà, ils gagnent ensemble.
06:57Et est-ce qu'il y a quand même, parfois, Asma, et vous êtes la mieux placée que nous,
07:00parce que vous les accompagnez, ces athlètes, des moments de craquage au moment de la compétition,
07:04au moment où la pression peut-être, elle est trop forte ?
07:09Évidemment, ça reste des humains qui jouent au football.
07:12Ça reste des êtres, ça reste des hommes.
07:14Alors, bien sûr que par moment, il peut y avoir...
07:16On a vu des petites...
07:18Voilà, il y a trop de testostérone par moment.
07:20Ça se bagarre.
07:21On a vu beaucoup de petites bagarres.
07:22Ça se situe avec certains matchs.
07:24Et donc, c'est complètement normal.
07:27C'est humain.
07:28Après, maintenant, c'est...
07:29Voilà, encore une fois, je répète, c'est toujours...
07:31C'est pareil, les choses du bruit qu'elles font, de la pression.
07:34Réussir à être concentré.
07:36Il y a beaucoup de sports où on arrive beaucoup à le faire.
07:38Alors, maintenant, l'engouement, que ce soit dans le tennis ou d'autres sports où c'est individuel.
07:41Mais maintenant, c'est un engouement de groupe.
07:44Il faut qu'il y ait une espèce de pression positive dans le groupe.
07:48Voilà, c'est comme une espèce de bulle qui se traverse.
07:51Et pas pour revenir, pour la petite anecdote, quand le joueur du Maroc en demi-finale contre le Nigeria qui rate son tir,
07:57l'équipe lui a renvoyé beaucoup d'amour.
08:01T'inquiète pas, ça va aller.
08:02Ça a renvoyé cette pulsion à Bono.
08:04Tout était tranquille.
08:05Et ils sont partis chercher ça.
08:06Donc, c'est ça qu'on veut, en fait.
08:08C'est cette énergie de groupe, quoi qu'il arrive, jusqu'au bout.
08:11Et on ne sait jamais ce qui va se passer.
08:13La remontada, quoi.
08:14C'est ça.
08:15Justement, on ne sait pas ce qui se passera.
08:17On ne sait pas qui gagnera ce soir.
08:18Dans tous les cas, l'après.
08:20Il faut aussi le préparer pour les joueurs, notamment ceux qui vont s'incliner ce soir.
08:29Évidemment, moi, j'ai toujours une pensée pour tous ces joueurs.
08:32Là, on parle de la finale, mais il y a beaucoup de joueurs.
08:35L'Egypte, mentalement, est très touchée.
08:37Je pense beaucoup d'équipes qui rentrent chez eux, qu'ils avaient à cœur de gagner.
08:41Alors maintenant, moi, qui accompagne dans la préparation mentale et aussi la santé mentale des athlètes,
08:47il faut qu'ils soient suivis, vraiment suivis mentalement, qu'ils ont une bonne équipe sur le côté psychologique.
08:53Ce qui est normal pour se remobiliser, pour avoir encore de l'espoir qu'il y aura d'autres compétitions.
08:58Et puis aussi que le joueur, quand il va rentrer dans son club, parce que ça, il ne faut pas l'oublier.
09:02Là, il est en équipe nationale, mais chaque joueur a une équipe.
09:05Donc, il va rentrer dans son équipe pour éviter peut-être aussi des blessures,
09:10parce qu'il est vraiment impacté psychologiquement, qu'il n'a pas rendu peut-être service à la nation.
09:14Il y a beaucoup de choses qui peuvent se mettre dans le jugement ou dans la perception d'un athlète
09:19pour ne pas qu'il se somatise, pour ne pas qu'il se blesse.
09:21Et souvent, ça arrive après des événements comme ça.
09:23Dès lors qu'ils partent dans les clubs, ils se blessent, les joueurs.
09:26Tellement de pression, le corps s'exprime.
09:28Donc, voilà, une somatisation.
09:30C'est pour ça que c'est tellement important.
09:32Moi, j'appelle toujours les athlètes de haut niveau, spécialement dans le monde du foot,
09:36un monde très masculin, de prendre soin de leur santé mentale et de se faire accompagner.
09:40Aujourd'hui, ça y est, on ne peut plus dire.
09:42On est en 2026, il y a des psychologues de sport, il y a des préparateurs mentaux,
09:46des hommes, des femmes, il y a pour tout le monde.
09:47Donc, vraiment, de prendre soin de sa santé mentale.
09:49Et ça, c'est très, très important.
09:51Oui, c'est important de le souligner.
09:53Dernière petite question avant de vous libérer.
09:55Le pronostic pour ce soir, vous allez vous mouiller.
10:00Ah, il faut que je m'ouvre.
10:02Alors, moi, je vais être complètement transparente.
10:05Je suis une athlète marocaine.
10:06J'ai porté le drapeau.
10:08Voilà, je suis une athlète marocaine.
10:10Rio, Tokyo, 10 médailles Grand Prix Grand Chelem.
10:13Je pense que j'ai levé le drapeau une fois où il n'était jamais levé.
10:17Donc, mon cœur reste dans ma famille du sport marocain,
10:21même si j'embrasse toute ma famille sénégalaise et amie.
10:24Ils ne seront pas fâchés, ça, ils le comprendront.
10:27Je souhaite que la coupe reste à la maison.
10:29Voilà, clairement.
10:30J'espère vraiment, du fond du cœur, que la coupe va rester au royaume.
10:35Et que ça va faire plaisir.
10:37Pour l'organisation de tout ce qu'on a mis aujourd'hui,
10:40voilà, l'Afrique.
10:41Et là, le Maroc a montré, il a monté un ton très, très fort en Afrique
10:44qu'on a pu envier les stades en Occident et ailleurs.
10:47On s'est organisé, on a des infrastructures extraordinaires.
10:51Et aussi, d'avoir une victoire ici, ça va mettre le point sur le I
10:56et faire la fête.
10:58Et donc, je suis très contente.
10:59Bon courage au Sénégal.
11:00Mais en tout cas, d'Imam Reb.
11:02Merci beaucoup, Asman Young.
11:04Merci également à Cédric Ferreira qui a permis la réalisation de ce direct.
11:07Merci.
11:08Merci.
11:09Merci.
11:10Merci.
11:11Merci.
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