- il y a 2 semaines
Un déjeuner partagé avec Sophia Chikirou, députée LFI et candidate à la mairie de Paris pour parler des restaurants solidaires. Direction la crypte de l'église de la Madeleine qui offrent aux personnes en situation d'exclusion ou de précarité : étudiants, retraités, travailleurs pauvres, migrants des repas cuisinés par des chefs bénévoles. Comment aider ce type d'initiative ?
Focus également sur les food tours qui cartonnent. Des parcours gourmands qui passent chez les artisans des métiers de bouche et les petits restaurants de quartier aux cuisines exotiques ou pas. Un prétexte à l 'exploration d'un quartier, pour comprendre son histoire et son identité.
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Focus également sur les food tours qui cartonnent. Des parcours gourmands qui passent chez les artisans des métiers de bouche et les petits restaurants de quartier aux cuisines exotiques ou pas. Un prétexte à l 'exploration d'un quartier, pour comprendre son histoire et son identité.
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politique à table.
00:20Vous avez bien sûr réservé la meilleure table du PAF.
00:23Alors installez-vous tranquillement pour déguster notre cuisine.
00:27Fusion entre politique et gastronomique.
00:29Nous avons le plaisir de partager aujourd'hui avec vous, Sophia Chikirou.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour, comment allez-vous ?
00:34Très bien et vous ?
00:34Super.
00:35Bonjour Sophia Chikirou.
00:36Et bonjour à vous, Jean-Pierre Montané.
00:38Alors Sophia Chikirou, vous entrez en politique comme on entre dans une cuisine.
00:43Tôt le matin, tablier socialiste noué autour de la taille, couteau affûté, rue de Solferino.
00:48Vous serez d'abord commis, ici même, dans la marmite de l'Assemblée nationale,
00:52assistante parlementaire de 2002 à 2007 d'un député socialiste.
00:56Vous apprenez quelques recettes mais qui deviennent rapidement trop tièdes à votre goût.
01:01Alors, vous changez de fourneau et faites cuire à feu vif vos idées dans des cantines plus radicales.
01:06D'abord à la gauche moderne, puis au parti de gauche et depuis 2016 à la France insoumise.
01:12Vous montez une brigade numérique qui dépote des plats viraux, des slogans épicés, des luttes et des idéaux
01:18qui feront le sel de vos menus et qui vous pousseront dès 2021 à porter vous-même la toque de vos combats.
01:25Élu au Conseil régional d'Île-de-France, vous serez ensuite candidate NUPES en juin 2022 pour les élections législatives
01:31et devenez dès l'issue du premier tour député de la sixième circonscription de Paris.
01:37Vous remettrez le couvert à l'été 2024 après la dissolution digérée sans problème
01:41puisque vous serez élu une nouvelle fois dès le premier tour sous l'étiquette du nouveau Front populaire.
01:47Une chef au goût tranchant qui regarde les gourmands droit dans les yeux
01:51et qui se tourne à présent vers la capitale candidate aux élections municipales.
01:55Vous visez désormais la mairie de Paris et vous avez donc naturellement choisi un menu
02:00qui sent bon les pavés et les terrasses animées, n'est-ce pas Jean-Pierre ?
02:03Oui, avec un poulet rôti fermier, son gratin dauphinois avec de la crème,
02:07des champignons de Paris avec de la crème et en dessert un flanc pâtissier.
02:11Dans le dessous des plats, on vous emmènera sous la madeleine dans un restaurant chic et solidaire.
02:17Si, si, ça existe.
02:18Dans les pieds dans le plat, en route pour un foot tour, un parcours gourmand à Ménilmontant,
02:22l'occasion de découvrir des cuisines exotiques pour mieux comprendre l'histoire de ce quartier.
02:28Voilà pour le menu, maintenant on passe à table avec Cuisine et Confidence.
02:31Sophia Chikirou, vous avez un certain talent pour faire passer à travers un menu des messages subliminaux
02:42qui prennent le contre-pied de la doctrine de la France insoumise.
02:45Et oui, on n'attire pas avec les mêmes arguments les électeurs bobos du 11e que ceux des cités.
02:51Vous qu'on accuse de bordéliser l'Assemblée, de semer le chaos, que choisissez-vous ?
02:55Un plat clivant, multiculturel, pour vanter cette France plurielle dont vous rêvez ?
02:59Non, pas du tout, vous partagez avec nous un poulet réconfortant, bien franchouillard,
03:05presque conservateur, symbole de partage et de tradition, trônant sur la table le dimanche, le jour du Seigneur.
03:12Et puis, poussons le bouchon encore plus loin, quand Elefi dénonce la police qui tue.
03:17Vous vous rendez de fait hommage à ce tendre poulet, fédérateur sur noir gothique,
03:21donné aux policiers, car jadis qu'il y a des orfèvres aux côtés de la PJ se tenaient à marcher au volaille.
03:27Joli clin d'œil.
03:28Et ce n'est pas fini avec votre gratin dauphinois.
03:30Quel signal envoyez-vous à tous vos camarades qui courtisent les révolutionnaires tout poil ?
03:35Votre message est limpide, c'est le gratin de la société qui vous intéresse, les plus aisés, les plus branchés.
03:39Et pour finir, quelle délicate attention pour la ville que vous visez, avec ces champignons, bien sûr, de Paris, pas de faute de goût.
03:46Référence à leur culture au 19e siècle, dans des carrières du sud de la capitale.
03:50Bref, votre menu est un modèle du genre à décrypter.
03:54Mais j'imagine, bien sûr, que ce poulet du jour n'a pas le même sens pour vous.
03:59Alors, je ne porte pas les mêmes lunettes que vous, ça c'est certain.
04:03Vous avez votre lecture des événements, vous avez fait dire beaucoup,
04:08mais qui ne correspond pas du tout à l'intention que j'avais.
04:12C'est ma mauvaise foi naturelle.
04:13Alors, ça, peut-être pour les champignons de Paris.
04:15Ah, alors, on va le goûter justement, ce poulet, et dites-nous, pourquoi ?
04:19Pourquoi vous avez choisi ce poulet accompagné de champignons de Paris et d'agrinta dauphinois ?
04:25Parce que le poulet...
04:27C'est par le Bourbon, pardon, excusez-moi, évidemment, le Bourbon, le restaurant, qui nous a concocté ce record.
04:32Écoutez, le poulet, c'est la viande, la volaille préférée des Français.
04:37C'est vrai ?
04:38Mais pas que des Français, en réalité, dans le monde entier, les gens consomment et surconsomment, à mon sens, du poulet.
04:44Je pense que c'est la viande, on peut le dire, la plus consommée au monde, puisqu'elle est universelle.
04:48En Thaïlande, au Brésil, en France, oui.
04:49Lors d'un meeting, une fois, j'avais entendu le chiffre de 70 milliards de poulets tués chaque jour, je crois.
04:59Non, non, c'est incroyable.
05:00Et non, c'est pas chaque jour, c'est chaque année.
05:04Et le poulet, c'est nourri, c'est l'apport en protéines de l'humanité, à tel point que je crois que les eaux de poulets sont plus répandues que...
05:13C'est la tresse du passage humain la plus importante, finalement, les eaux de poulets.
05:18Donc, ça, c'est pas très agréable, parce que ça renvoie pas à la cuisine, mais surtout le poulet...
05:24Alors, vous aviez raison sur un point, c'est le poulet du dimanche.
05:27J'avoue que...
05:27Fédérateur.
05:28Oui, et puis, je vais pas mentir, c'est mon...
05:31Le poulet rôti, moi, c'est mon plat préféré.
05:33J'adore le poulet rôti.
05:34Ma maman, chaque fois que je la revois, elle me fait un poulet rôti.
05:37Mais elle le faisait à la maison, elle allait pas le chercher, parce que la rôtisserie aussi, à Paris, quand on passe, on est happé par la rôtisserie, on repart avec un poulet rôti.
05:45Vous, le poulet rôti, il était fait maison, dans le four.
05:47Oui, oui, à l'ancien...
05:48C'est pas évident à faire un bon poulet rôti par rapport aux rôtisseries qui sont bien équipées.
05:51Moi, je sais pas le faire, mais en tout cas, j'avais une maman, j'ai une maman qui sait le faire.
05:56Et du coup, il y a cette raison-là, il y a la raison que c'est la nourriture, en effet, qui est connue tout le monde.
06:00Vous allez dans n'importe quel pays du monde, dans n'importe quel restaurant, vous savez à quoi vous attendre quand vous commandez du poulet.
06:06Vous avez à peu près le... Vous savez, plus ou moins, mais le goût du poulet, tout le monde le connaît.
06:11Et puis voilà, pour le poulet, pour ce qui est du gratin dauphinois...
06:15Alors attendez, moi, je voulais quand même rester encore un petit peu sur le poulet.
06:18Vous l'avez demandé, fermier.
06:20Oui.
06:21Pourquoi ?
06:22Parce que je suis assez gourmande, et que le bon poulet, pour moi, c'est le poulet fermier.
06:28Et en plus, j'essaye de faire attention à ce que j'achète, ou ce que je consomme, ce que je mange.
06:35Et c'est vrai que, comme je l'ai dit, c'est tellement consommé, c'est 25 kilos de poulet par an, par français.
06:40Absolument.
06:41Donc on est dans une production industrielle, où la sensibilité animale n'est pas du tout la préoccupation de l'industrie agroalimentaire, soyons francs là-dessus.
06:51Et du coup, tant que je peux, j'évite le poulet dont je sais que l'origine est industrielle, pour ces raisons-là,
06:59qui sont à la fois que je m'intéresse à la façon dont les animaux sont élevés,
07:04et puis parce que je pense aussi qu'en termes de qualité nutritive, c'est pas la même chose.
07:09Le poulet industriel est traité différemment, c'est pas les mêmes conditions d'exploitation, finalement, qu'un poulet fermier,
07:17où on peut s'attendre à aussi la catégorie du poulet même, nous permettre d'être, je vais pas dire à 100% sûr,
07:26parce que les connaisseurs savent que c'est pas 100%.
07:28– Oui, c'est compliqué en plus de… – Voilà, c'est plus compliqué que ça.
07:30– Donc, on en arrive donc à ce gratin dauphinois, pourquoi vous l'avez choisi ?
07:34Parce qu'il vous rappelle donc celui que votre maman vous cuisinait ?
07:37– Il y a ça, le gratin dauphinois, ah oui, le gratin dauphinois, mais moi je viens de la Haute-Savoie,
07:41alors vous me direz que le gratin dauphinois, c'est le dauphiné, c'est pas la Haute-Savoie,
07:43bon, tout se discute, tout se négocie sur les répartitions géographiques,
07:47en tout cas je peux vous dire qu'en Haute-Savoie, le gratin dauphinois, c'était un plat hebdomadaire.
07:52Toutes les semaines, j'avais un gratin dauphinois à la maison, c'était un classique,
07:57alors il ne ressemblait pas à celui-ci.
07:59– Mais celui-ci est bon, mais c'est peut-être pas vraiment le gratin dauphinois tel que votre maman le faisait.
08:03– Pourquoi il ne ressemblait pas à celui-ci ?
08:03– Le gratin dauphinois, c'est un plat très populaire, pour dire les choses franchement, c'est un plat de pauvres.
08:09– C'est des pommes de terre et du lait.
08:10– Oui, et ça doit nourrir, vous me direz, on a aussi la raclette,
08:16pommes de terre et fromage fondus, mais on se nourrissait beaucoup comme ça,
08:22en Haute-Savoie et ça faisait partie de l'alimentation hebdomadaire.
08:24Alors bien sûr, c'est élaboré, ma mère faisait très bien le gratin dauphinois.
08:29– J'allais justement vous demander pourquoi vous n'avez pas choisi une tartiflette ou une raclette ?
08:34– Parce que j'en ai beaucoup mangé là, ces dernières semaines.
08:36– Ah oui, il y avait plus.
08:38– Ok, il a fait froid, un peu trop là.
08:41– Comme beaucoup de gens, on est heureux de faire la première raclette quand arrive le froid de décembre,
08:47et puis après…
08:48– Sans l'assassinité.
08:49– Alors le poulet à rôti, c'est aussi un plat fédérateur, pourquoi ?
08:52Parce qu'on peut jouer avec le poulet à table, vous savez, quand on est en famille,
08:54alors c'est l'aile ou la cuisse, vous ?
08:56– La cuisse.
08:58– La cuisse, Valérie ?
09:00– Un peu de tout, moi.
09:01– Et le solilès, vous connaissez ? Vous l'aimez bien ?
09:05Vous l'aimez, le solilès, non ?
09:07– Je ne sais même pas ce que c'est exactement.
09:08– Le solilès, c'est un peu le petit derrière du poulet, mais c'est très bon.
09:13Donc le solilès, parce que c'est tellement bon que le sol est sauté, l'imbécile le laisse et n'ose pas le goûter.
09:19Et puis en fait, il y a aussi ce qu'on appelle le bréchet, c'est un petit os.
09:24– Qu'on tire, voilà, celui qui a la plus grande partie gagne ?
09:26– Voilà, exactement.
09:27– Ça, j'ai pu le faire aussi.
09:28– Donc ça donne un peu de relief au repas.
09:31– C'est des choses que vous faites avec le poulet ?
09:33– Non, on ne s'amuse pas avec la nourriture, non ?
09:35– Le bréchet, c'est un petit os, il n'est pas question de galvauder la nourriture, c'est des petites choses périphériques.
09:41– Oui, mais dans mon éducation, on ne s'amuse pas avec la nourriture, mais je sais que, moi je viens d'une famille,
09:46ma famille, on était six, quatre enfants et nos deux parents, et le poulet du dimanche,
09:51c'était un poulet entier qu'on se partageait et chacun avait ses préférences.
09:55– C'est vrai ?
09:56– Alors, oui, et les parents cèdent toujours tout aux enfants, donc les parents terminaient avec ce qu'on appelait la carcasse.
10:04– Oui, bien sûr, le reste trois et le blanc, elle a tous aux enfants.
10:08– Et je sais qu'il y a encore beaucoup de gens qui font ça aujourd'hui, un poulet, vous pouvez l'avoir de 3-4 euros.
10:15– Bien sûr.
10:16– Dans certains marchés populaires de Paris, jusqu'à 45 euros sur certains autres marchés,
10:22comme sur le cours de Vincennes, où j'ai déjà acheté avec mon père à 45 euros.
10:29Donc, vous avez une différence de prix considérable, de qualité du produit certes,
10:35mais avec une finalité qui est nourrir une famille, nourrir plusieurs personnes.
10:41– Bien sûr.
10:41– Alors, le poulet rôti, c'est un peu français, Valérie, mais il y a une folie qui débarque à Paris,
10:45même dans le monde entier, c'est le poulet frit, que vous adorez.
10:48– Bien sûr, moi j'adore ça pour le coup, je connais ce vrai.
10:50– Le caragué, quand il s'agit d'asiatique, c'est la saoul cuisine, c'est un vrai phénomène,
10:55et on mange de plus en plus de poulet parce qu'il est frit.
10:57Est-ce que vous aimez le poulet frit, vous ?
10:59Est-ce que vous aimez aller vous promener dans des quartiers un peu plus l'air,
11:02où on peut manger du poulet frit ?
11:03– J'en mange, mais très rarement en réalité, le poulet frit.
11:06– À cause de votre ligne, parce que vous pensez que ce n'est pas très rare ?
11:09– Je crois que c'est à cause de ça.
11:10Non, non, non, même pas.
11:12Non, c'est parce que je n'ai pas sauté dessus.
11:15– Ok.
11:15– Du coup, vous me faites un lien…
11:17– Je suis vraiment très poulet rôti, moi.
11:19– Un lien tout trouvé avec la prochaine question.
11:22Je voulais vous demander justement, quel était votre rapport à la nourriture, sa consommation ?
11:26Est-ce que vous faites attention à votre ligne ?
11:29Est-ce que c'est quelque chose qui vous…
11:30– Ça peut m'arriver de me dire, au bout de quelques jours, j'ai exagéré, j'ai trop mangé.
11:36Mais je suis assez…
11:38Non, je ne suis pas obsédée par les calories qu'il y a dans mon assiette.
11:44Voilà.
11:44Moi, personnellement, je ne le suis pas.
11:46Je sais que je vais prendre du poids en hiver, je vais en perdre après.
11:50– Oui, oui.
11:50– Voilà.
11:51Peut-être que dans ma jeunesse, ça a été beaucoup plus présent.
11:55J'ai même, je crois, eu des périodes où, influencées, je crois, par une certaine mode,
12:01j'ai eu une période, je me rappelle encore, je me demande comment j'ai pu faire ça,
12:05mais bon, j'ai eu une période où je ne mangeais que des sushis.
12:08– Oui, vous pouvez essayer de faire attention.
12:10– Oui, pendant 10-15 jours, je ne le referai plus jamais, ne le faites pas.
12:14– C'est pas un bon conseil diététique.
12:17Je vous pose aussi la question parce que je voulais en arriver aux champignons.
12:21Et les champignons, c'est évidemment un légume qui est très très faible en calories,
12:26donc ce n'est pas pour cette raison-là que vous avez choisi les champignons.
12:29– Non.
12:30– Pourquoi ?
12:30– J'ai choisi les champignons de Paris parce que j'ai découvert que,
12:34d'abord, les champignons de Paris, on en consomme beaucoup.
12:37– Bien sûr.
12:37– Les Français sont très consommateurs de champignons de Paris,
12:40c'est, je pense, le champignon le plus connu et le plus apprécié
12:43parce qu'il n'a pas un goût prononcé, on est d'accord,
12:45c'est un goût un peu passe-passe partout.
12:47– Un peu neutre.
12:48– Vous pouvez le mettre dans plusieurs plats très différents,
12:51vous pouvez inventer et créer autour du champignon de Paris.
12:53– Oui, des soupes, des omelettes, des veloutés.
12:55– Ah, le velouté de champignon de Paris, il est délicieux.
12:59Et j'en ai fait un une fois, c'était pas trop mal.
13:03Et vous avez, avec le champignon de Paris, vous pouvez le manger cru aussi.
13:07– Oui, exactement, carpaccio avec du citron.
13:09– Exactement.
13:09Et j'ai découvert qu'on n'en fait pas à Paris.
13:12– Si, on en fait.
13:13– Non.
13:14– Ah si, quand même.
13:14Vous allez, à mon avis, vous allez dans les parkings près de la gare du Nord,
13:19il y a des parkings qui ont été transformés en champignons.
13:21– Mais à votre avis, vous l'avez vu ?
13:22– Ah non, on s'est vu, ça existe, il y a des petites start-up.
13:24– Non, alors, c'est pas une énorme…
13:25– C'est peut-être relancé alors.
13:27– C'est pas une énorme.
13:27– Évidemment, il y a eu historiquement les carrières de Paris,
13:30et on est revenu à Paris, il y a quelques start-up qui ont monté
13:33dans des caves et dans des parkings.
13:34Alors, c'est pas une grosse production, mais ça existe.
13:36– Non, c'est pas une grosse production,
13:37parce que l'essentiel de la production vient de l'étranger,
13:40d'Europe de l'Est.
13:41Il y a une production française,
13:43mais qui ne satisfait pas la demande française.
13:48Et du coup, je me dis,
13:49mais pourquoi on ne fait plus de champignons à Paris ?
13:50Alors, vous me dites qu'il y a quelques start-up qui ont lancé
13:53de façon peut-être expérimentale,
13:55mais en effet, c'est très intéressant de se dire
13:57qu'on a des sous-sols à Paris,
13:59des parkings désaffectés ou des sous-sols désaffectés.
14:01– Et pour les endives et les champignons, c'est parfait.
14:03– Exactement.
14:04– Et donc, je travaille beaucoup en ce moment
14:07le programme pour les élections municipales,
14:10et il y avait l'idée de comment on refait de la production à Paris.
14:13Qu'est-ce qu'on peut produire à Paris ?
14:14Et de la production agricole.
14:16Et naturellement, relancer une filière
14:20et une production de champignons de Paris à Paris même,
14:24et essayer au bout de quelques années,
14:26parce que pour pouvoir faire monter en puissance
14:29une filière et une production, il faut plusieurs années,
14:31il faut beaucoup d'accompagnement de la puissance publique,
14:34et je pense de la collectivité, pour impulser cela.
14:37Mais on pourrait tout à fait arriver dans quelques années
14:39à se dire qu'on a une production suffisante
14:41et de suffisamment bonne qualité
14:43pour demander, par exemple, un label, une reconnaissance,
14:47pour dire, celui-là, ce champignon de Paris-là,
14:49il vient vraiment de Paris.
14:50– Alors, une fois n'est pas coutume,
14:52on a devant nous une assiette simple,
14:55un plat du quotidien, on l'a déjà dit,
14:57alors ça paraît facile, mais pour réaliser cette belle assiette,
14:59Jean-Pierre, vous allez quand même nous donner deux, trois astuces.
15:01– Oui, alors je parle sous le regard de Sofia Chiqui,
15:05– Le contrôle, bien sûr.
15:06– Le contrôle de sa maman spécialiste du poulet fermier.
15:09Alors d'abord, primordial, bien sûr,
15:11ça paraît complètement idiot,
15:13choisir un bon poulet.
15:14– Ah bah oui, mais…
15:15– C'est-à-dire, fermier, on l'a dit, bio, label rouge,
15:18ça vous permet d'éviter les mauvaises surprises
15:20avec un poulet complètement transformé
15:22par des médicaments ou des antibiotiques.
15:24Blanc ou jaune, attention,
15:25ça aussi c'est un choix, ça dépend des goûts,
15:27sachant que le poulet jaune, nourri au maïs,
15:30d'où sa couleur, est un peu plus gras.
15:32Si vous cherchez des protéines maigres,
15:34eh bien optez pour le poulet blanc, c'est plus sain.
15:37– Ok.
15:37– La préparation, attention à ne pas négliger,
15:39on se dit, tiens, un poulet, on va le mettre au four
15:40et puis il va ressortir et on le mangera.
15:42Non, c'est plus compliqué que ça.
15:43Laissez le poulet à température ambiante,
15:45une heure au moins avant de l'enfourner,
15:47que les chairs soient un peu ramollies,
15:48qu'elles ne soient pas encore froides
15:50avant de subir l'intensité du chauffage.
15:52Prenez un plat en verre ou une cocotte qui passe au four,
15:54surtout pas d'eau au fond,
15:56salez l'extérieur du poulet,
15:58puis étalez de l'huile ou du beurre fondant
16:00en massant bien la volaille.
16:02À l'intérieur, vous pouvez aussi glisser du beurre,
16:04des herbes, de l'ail, un citron, des épices
16:06pour le parfumer, ça c'est un peu l'astuce.
16:09Enfin, la cuisson, il y a plein d'écoles.
16:11Selon les chefs, les traditions, les recettes,
16:13les sites culinaires, je vous en donne une,
16:16la méthode douce, four à 140 degrés.
16:18On commence par une cuisson de 15 minutes,
16:21une cuisse, 15 minutes, une autre cuisse,
16:23on tourne le poulet comme ça, 15 minutes,
16:2615 minutes, et on le fait cuire environ 2h, 2h30.
16:30Au final, une peau légèrement croustillante
16:32et une chair divinement juteuse.
16:34C'est comme ça que vous faites ?
16:35Votre papa fait ?
16:36Non, moi je ne le fais pas comme ça,
16:38parce que je ne pensais pas qu'il fallait 2h, 2h30
16:41pour cuire un poulet.
16:41Il est à 140.
16:42Eh bien c'est la volaille surtout !
16:44Oui, c'est la volaille !
16:45Attention, c'est très fort, on l'a bien noté.
16:48Et alors, pour accompagner...
16:50On met moins de temps pour le manger.
16:51Exactement, comme souvent, c'est le principe avec la cuisine,
16:54la bonne cuisine.
16:55Pour accompagner ce plat, vous nous avez ramené,
16:58non pas une, mais deux bouteilles.
16:59On commence par quoi ?
17:00Par le rouge ou par le blanc ?
17:02Alors c'est du vin.
17:03On va commencer par le rouge.
17:05C'est du vin.
17:07Je vais d'abord vous servir
17:09un vin rouge qui a cette spécificité
17:12d'être sans alcool.
17:15C'est ça l'idée ?
17:16Oui, c'est exactement ça.
17:17Moi, le terme, l'expression
17:20vin sans alcool, je trouve qu'elle n'est pas juste.
17:22Merci Valérie.
17:23Elle n'est pas exacte.
17:24Il devrait dire, non c'est pas un vin sans alcool,
17:26c'est un vin désalcoolisé.
17:28Ah, quelle est la différence ?
17:29Eh bien, la différence, c'est que
17:30si je vous dis vin sans alcool,
17:32vous allez peut-être vous dire que
17:33c'est du jus de raisin, en quelque sorte,
17:36avec moins de sucre que le jus de raisin
17:37et on prétend que c'est du vin.
17:39Ok.
17:40Or, c'est pas du tout comme ça qu'il est fabriqué.
17:41La fabrication du vin sans alcool,
17:45c'est qu'on fabrique du vin.
17:47Donc, on fabrique du vin classique.
17:48Comme on le ferait n'importe où ailleurs.
17:50Comme n'importe quel vin.
17:51Ok.
17:51Classique.
17:52Et ensuite, on l'amène pour subir
17:55un procédé de désalcoolisation,
17:57c'est-à-dire un procédé où on va retirer
17:58l'alcool contenu dans le vin.
18:02Et vous allez voir, en le goûtant,
18:04que vous allez le ressentir tout de suite
18:06et vous allez peut-être...
18:07Lui, il va se plaindre, c'est sûr.
18:08Ça y est, je suis bouclé.
18:11Il a sa réputation qu'il présente.
18:12Alors, ça sent le vin.
18:14Enfin, ce que je veux dire, c'est...
18:14Ah oui.
18:15Alors, il n'a pas...
18:17Qu'est-ce qu'au nez, déjà ?
18:18Alors, si je peux m'exprimer.
18:21Moi, je dirais qu'il est bon,
18:23que je trouve ça bien,
18:23mais que ce n'est pas du vin.
18:24Voilà, vous diriez que ce n'est pas du vin.
18:26Et vous, vous diriez quoi ?
18:27Mais après, ce n'est pas une question de...
18:30Si, si.
18:32Moi, je ne suis pas une grande connaisseuse.
18:33Voilà, quand on n'est pas grand connaisseur.
18:35Non, mais je ne suis pas un grand connaisseur.
18:36Non, mais je trouve que ça se boit.
18:38Je peux prendre du plaisir à boire cette boisson,
18:41mais ce n'est pas du vin.
18:42Vous remarquez bien, il est plus léger que le vin.
18:44Oui, oui, tout à fait.
18:44C'est parce que, voilà, c'est parce que...
18:46On me l'a expliqué, tout ça.
18:47Je ne fabrique pas de vin sans alcool.
18:50C'est parce qu'en fait, on a retiré le volume de l'alcool
18:52par le procédé de désalcoolisation.
18:55Et du coup, il est plus léger.
18:56OK.
18:57Et donc, il n'est pas satisfaisant.
18:59Pour des gens qui connaissent le vin,
19:02on va dire, ce n'est pas du vin.
19:04Et ils en ont parfaitement conscience, les fabricants.
19:07Ils sont en train d'investir des sommes assez importantes
19:09dans la recherche et le développement
19:11pour justement travailler, notamment le vin rouge,
19:14pour pouvoir lui donner ce volume.
19:17La consistance, quoi.
19:18Voilà, le volume qu'a le vin
19:20et qui donne le goût du vin,
19:23en tout cas la saveur du vin.
19:25On est en plein mois de janvier.
19:26Vous l'avez choisi parce que c'est le dry january ?
19:29Ou ça n'a rien à voir ?
19:30Alors, pour plusieurs raisons.
19:31Il y avait, bien sûr, le dry january
19:33parce que c'est l'occasion d'en parler.
19:34Parce que quand on est autour de la table
19:36et ce mois-ci, par exemple,
19:38moi, j'ai plein d'amis qui viennent à la table
19:40et pour un repas, l'autre jour,
19:42on a fait un dîner avec un écrivain,
19:45Néhémie Daomé, qui présentait un livre
19:48et Bruno Gassiot et d'autres personnes.
19:50Et personne ne prenait d'alcool.
19:53Personne ne prenait de vin à ce dîner
19:55parce que c'est dry january.
19:56Donc, ça change aussi les habitudes culturelles,
19:58sociales et la consommation dans les restaurants.
20:02Donc, ça impacte aussi, pour parler business,
20:05ça impacte forcément le chiffre d'affaires
20:07des commerçants
20:09parce que le vin fait partie des produits
20:13qui rapportent un peu d'argent aux commerçants.
20:15Mais vous encouragez cette démarche ou pas ?
20:17Non, moi, je n'ai pas envie de donner de leçon
20:19à qui ce soit.
20:20Je pense que c'est bien pour ceux qui estiment
20:22que c'est bon pour eux.
20:23Vous avez envie d'entrer dans une telle démarche,
20:25vous avez le dry january,
20:26ça vous permet d'aller à un repas
20:28et de dire, je ne prends pas de vin
20:29parce que c'est dry january, tant mieux.
20:31En fait, on a besoin,
20:33si vous voulez bien voir les choses,
20:35on a besoin d'excuses pour ne pas boire.
20:37C'est presque ça.
20:38Et l'intérêt du vin désalcoolisé,
20:41du vin sans alcool,
20:42c'est justement que vous n'avez plus besoin d'excuses.
20:44Il faut que, si la culture se répand,
20:47vous commandez un vin,
20:49vous avez lu sur la carte qu'il est désalcoolisé,
20:51ça vous regarde.
20:53Vous n'avez pas besoin de l'expliquer aux autres,
20:55on ne vient pas vous dire,
20:56mais tu ne bois pas de vin, etc.
20:57Donc je trouve que le dry january,
20:59c'est aussi ça,
20:59c'est-à-dire qu'on a cette excuse,
21:01en quelque sorte,
21:02pour dire, je n'ai pas envie d'en consommer,
21:04moi aussi, je ne veux pas me sentir
21:05sous cette petite pression sociale
21:07de, tu accompagnes ton repas d'un verre de vin.
21:10Mais par ailleurs,
21:11il n'y a pas que ça,
21:12dans le vin sans alcool.
21:13Moi, je trouve que c'est un apéritif,
21:16ça peut être un apéritif,
21:17ça peut être un accompagnement de repas,
21:19une façon de consommer
21:21pour énormément de personnes
21:22qui ne consomment pas d'alcool.
21:24Je vous propose maintenant
21:25de faire dorer notre culture générale.
21:27C'est parti, on envoie les quiz.
21:32Alors, Sophia Chiquiou,
21:33avec vos racines kabiles,
21:34vous ne pouvez pas ne pas connaître la chorba,
21:37cette soupe iconique au Maghreb.
21:38Mais sauriez-vous nous dire
21:40si ces affirmations sont vraies ou fausses ?
21:42Le mot chorba vient de l'arabe surba,
21:46signifiant bouillon.
21:49Je vais dire vrai,
21:50parce que je vous fais confiance,
21:52mais je ne sais rien.
21:53Alors, c'est faux,
21:54même si certains...
21:55Non, mais c'est toujours ce qu'il ne faut pas faire.
21:56C'est toujours plus compliqué que ça.
21:58Faire confiance.
21:59Faux.
22:00Les linguistes...
22:01Alors, il y en a qui pensent que surba,
22:02effectivement, l'arabe signifie bouillon.
22:04Mais les linguistes pensent majoritairement
22:06pour une origine plutôt perse,
22:08avec l'association du mot
22:09sor, salé,
22:11et du mot bas, bouillon.
22:12Sorba.
22:13Voilà.
22:14La chorwa.
22:15Attention à la chorwa
22:16et la cousine afghane de la chorba.
22:20Non.
22:22Faux.
22:23Vrai.
22:23Oh !
22:24Alors là, je trouvais que c'était un peu facile,
22:26c'est le même nom.
22:27La chorba est une soupe millénaire
22:29d'origine berbère.
22:34Vous m'apprenez des choses.
22:35C'est pour ça qu'on fait les quiz.
22:38Attention.
22:38Si on...
22:39Là, on peut...
22:40Alors ?
22:42Eh bien, c'est quoi ?
22:43La question suivante ?
22:44Non, non.
22:45La chorba est une soupe millénaire
22:46d'origine berbère.
22:46Vrai ou faux ?
22:47Ah, ça, c'est...
22:47Ah oui.
22:48Ouh là.
22:48Ouh là.
22:49Je vais dire vrai.
22:51Non, faux.
22:52Car elle a été ramenée en Algérie
22:53par l'armée ottomane
22:54lors de la conquête du Maghrem
22:56au XVIe siècle.
22:57C'est une soupe qu'on mange
22:58dans tout le territoire
22:59qui, jadis, était occupée
23:00par l'Empire ottoman.
23:02Donc, presque en Asie aussi,
23:04on mange ces soupes
23:05qui sont d'où la chorwa afghane.
23:07Plus qu'une simple soupe,
23:09la chorba symbolise aussi
23:10un lien social,
23:11comme le montre
23:12une très belle scène du film
23:13La graine et le mulet,
23:15où on voit
23:16la confection de la chorba.
23:18Est-ce que c'est vrai ?
23:19Dans ce film ou faux ?
23:20Je n'ai pas vu ce film.
23:22Ah, vous devriez.
23:22Donc, je vais dire vrai.
23:25Non, c'est faux.
23:26C'est dans la haine,
23:28ce film de Vincent Cassel
23:29où on voit une scène
23:30très touchante
23:31dans les quartiers
23:32où on voit une mère
23:33qui prépare la chorba
23:34dans un modeste
23:35appartement de cité
23:36et les jeunes
23:37qui regardent
23:38les yeux écarquillés.
23:39Super film.
23:39incroyable.
23:40C'est très bon la chorba.
23:42Oui, c'est délicieux la chorba,
23:44bien sûr.
23:45Allez,
23:45comme la plupart
23:46des parisiens,
23:46des parisiennes,
23:47vous adorez les pizzas,
23:48j'imagine.
23:49Bien sûr.
23:50Alors, vous avez sûrement
23:50constaté en plus
23:51l'implantation massive
23:52de toutes ces pizzerias
23:53dans la capitale.
23:54Sauriez-vous nous dire
23:55si les prochaines affirmations
23:56sont vraies ou fausses ?
23:58La première pizzeria de Paris
23:59est inaugurée
24:01en 1938.
24:05Je vais dire faux,
24:06c'était avant.
24:07Vous avez raison,
24:07mais c'était après.
24:09Non, mais moi,
24:10je suis comme vous,
24:10je pensais que c'était
24:11plus vieux que ça.
24:11Non, non, non,
24:11c'est faux.
24:12C'est 1950
24:13et il s'agit de chez
24:14Bartholo, rue des Canettes
24:16qui existe toujours.
24:17Oui, oui, tout à fait.
24:18Donc, on peut encore
24:19y aller absolument.
24:21Pizza Pino,
24:22fondée par les fers Sves,
24:23est la première chaîne
24:24de pizzeria à Paris.
24:27Oui, c'est vrai, ça.
24:28Ah, vous voyez,
24:29elle se rattrape sur les pizzas.
24:30Sur la pizza meilleure,
24:31sur la chorba.
24:31Bravo, vous avez raison,
24:32c'est vrai.
24:33En 1962,
24:34elles ouvrent leur premier
24:34point de vente
24:35dans le quartier latin
24:36et en 1968,
24:37Pizza Pino débarque
24:38sur les Champs-Elysées
24:39comme une sorte
24:40de consécration.
24:41Troisième affirmation,
24:42du côté des chaînes américaines,
24:44la première à s'implanter
24:45à Paname est
24:46Domino's Pizza.
24:48Il n'y avait pas eu
24:48Pizza Hut ?
24:49Bravo !
24:50Là, on part sur un 100%.
24:52Je suis obligée de le dire.
24:53La pizza, je connais.
24:54Vous avez absolument raison.
24:55La chorba, un peu moins,
24:56contrairement aux indices.
24:58qu'ils pensaient avoir.
24:59Non, vous avez raison,
25:00c'est Pizza Hut
25:00exactement en 1987.
25:01Encore une pour le sans faute.
25:03Et, dernière affirmation,
25:05aucune pizzeria parisienne
25:07n'est encore labellisée
25:09VPN,
25:10c'est-à-dire
25:10Vera Pizza Napoletana.
25:13Ça, c'est vrai.
25:14Parce qu'il n'y a qu'à Naples
25:16qu'il peut y avoir des pizzas.
25:17Non, elle me dit,
25:18elle me fait la gomme.
25:18Elle aurait dû que je gagne.
25:20Vous êtes adorables.
25:21Il ne faut pas tricher
25:21entre femmes.
25:22Non, c'est vrai, c'est vrai.
25:23Non, non.
25:24Dommage, il y en a une alors.
25:25Enfin, dommage pour moi
25:26d'avoir perdu.
25:28Deux pizzerias le sont
25:29depuis 2018
25:32consacrant ainsi leur savoir-faire.
25:35Donc, voilà,
25:35allez, on passe maintenant.
25:36Moi, je pensais qu'à Naples,
25:38il n'y avait qu'à Naples
25:39qu'on pouvait manger
25:39la véritable pizzeria.
25:40Non, le label a été donné
25:41à deux pizzerias.
25:42Et vous savez,
25:42ces grands fours
25:43qu'on voit avec de la céramique,
25:44ce sont des fours napolitains.
25:45On n'en voyait pas il y a 10 ans
25:46et maintenant,
25:47on en voit partout.
25:48Toutes les pizzas napolitaines.
25:49Et ils importent des farines italiennes.
25:50Il y a un vrai savoir-faire
25:51maintenant sur la pizza napolitaine
25:53à Paris.
25:53On aime ou on n'aime pas.
25:54parce qu'elle est un peu...
25:55Ah oui, mais un peu épaisse.
25:56Évidemment,
25:56c'est ce que je préfère.
25:57Bon, allez,
25:58on passe maintenant
25:59à la suite du repas
26:00avec la brève de comptoir.
26:02La brève de comptoir.
26:05Alors, Sophia Echikirou,
26:06pour préparer cette émission,
26:07vous vous a demandé
26:08d'aller chercher
26:09dans votre mémoire
26:10un moment
26:10qui mêle cuisine et politique.
26:13Et évidemment,
26:14vous nous emmenez à Paris.
26:16Racontez-nous.
26:17Alors, c'est un moment
26:18qui mêle cuisine et politique
26:20et qui est assez marquant.
26:22En fait, là,
26:23je vais déflorer
26:24une histoire
26:26qui, je crois,
26:26est encore secrète,
26:28n'a jamais été racontée nulle part.
26:29C'est génial !
26:30C'est vrai.
26:30On adore, bien sûr.
26:31Mais je me suis dit,
26:32je vais vous la raconter
26:33parce que ça dit beaucoup
26:35de ce que nous sommes
26:36les Insoumis
26:37et des repas
26:39autour de Jean-Luc Mélenchon
26:41quand on fait
26:43une campagne électorale.
26:44Donc, on est en 2017.
26:46On est au mois de janvier 2017,
26:47je crois,
26:48dans mon souvenir.
26:49et la campagne présidentielle
26:52bat son plein,
26:52comme on dit.
26:54La primaire socialiste
26:55vient d'être remportée
26:56par Benoît Hamon.
26:58Et Benoît Hamon,
26:58c'est la tendance gauche
27:00du Parti socialiste
27:01à ce moment-là.
27:02Et on se réunit,
27:03je crois,
27:04quelques jours après.
27:05On a une réunion
27:05d'équipes de campagne
27:07avec plusieurs personnes.
27:09Je crois qu'il y a
27:09plus de 12 personnes
27:11autour de la table.
27:12On est dans un restaurant
27:13dans le 10e arrondissement.
27:14Ça, tout le monde sait
27:15que c'était le QG
27:15de Jean-Luc Mélenchon
27:16en 2016-2017.
27:18C'est l'escalier,
27:19ça s'appelle.
27:20Et l'escalier,
27:21vous avez la salle du bas
27:22et à l'étage,
27:23vous avez une salle
27:24qui doit faire
27:251,80 m de hauteur.
27:27Donc, tous ceux
27:27qui font plus d'1,80 m
27:29doivent baisser la tête.
27:30Tout le monde se cogne.
27:31Enfin, pas moi.
27:32Je ne sais pas.
27:33Ça va.
27:34Et on s'installe.
27:36Le repas,
27:36on est les uns sur les autres.
27:37C'est beaucoup plus étroit
27:38et triqué qu'ici.
27:40Et puis,
27:41Mélenchon démarre,
27:42on se fait servir
27:43et il nous dit
27:44avant de prendre la parole,
27:45je vais vous poser une question.
27:47Et il dit
27:48vous allez tous y répondre
27:49un par un
27:50et personne n'interrompt
27:51celui qui parle.
27:54OK ?
27:54Tout le monde se demande
27:55qu'est-ce qui se passe.
27:57Et là, il nous dit
27:57est-ce que vous pensez
27:58qu'on doit se rapprocher
28:00de Benoît Hamon
28:01pour discuter
28:03et que je dois retirer
28:04ma candidature
28:05à son profit ?
28:08Donc, la question est sérieuse.
28:11On n'est pas du tout
28:11dans la blague.
28:13C'est une consultation.
28:14Bon, il commence
28:15le tour de table.
28:17Et je ne vais pas vous mentir,
28:19il n'y a pas une personne
28:20qui dit
28:21oui, retire-toi.
28:22Tout le monde dit non, non,
28:23mais tout le monde
28:23doit argumenter
28:24parce que là,
28:25Mélenchon vient de nous poser
28:26une question.
28:27Elle est grave,
28:28c'est un moment grave,
28:29la décision est importante.
28:31Donc, il nous consulte sérieusement
28:33et il nous dit, vous dites oui ou non
28:35et pourquoi.
28:36Donc, tout le monde y passe
28:37et tout le monde argumente.
28:39Le tour de table fait,
28:41il prend 20-30 minutes,
28:42il termine, il dit,
28:44bon, donc on continue.
28:46Et là, on prend la décision
28:48et on reprend la réunion
28:49comme si ce moment-là
28:51n'avait pas eu lieu.
28:52n'avait pas existé.
28:53N'avait pas existé.
28:54Donc, on reprend la réunion
28:55et on prépare la suite
28:56de la campagne
28:57sans rien changer
28:57à notre plan
28:58qui est établi
28:59depuis plusieurs mois.
29:00Ok.
29:00Voilà.
29:01Vous vous souvenez
29:02de ce que vous avez à table
29:04à ce moment-là ?
29:05Est-ce que vous avez mangé
29:05ou pas du tout ?
29:06Pas du tout,
29:07mais de toute façon,
29:08on mangeait toujours
29:08la même chose
29:09dans ce restaurant.
29:10C'est-à-dire ?
29:10Ça devait être des frites
29:12avec un steak.
29:12Oui, un bol de frites
29:13et...
29:14Ok.
29:14J'allais rajouter mon petit grain de sel,
29:16mais ce n'était pas facile
29:17non plus de dire
29:17qu'il fallait qu'il se retire.
29:19Oui.
29:19Non, mais on n'était pas
29:21dans un moment...
29:21C'était pas évident.
29:22Non, on n'était pas
29:23dans un moment
29:23où on avait des considérations
29:26de flatterie,
29:27de ceci, cela.
29:27Ce n'était pas du tout...
29:28Oui, ce que vous voulez nous dire,
29:29c'est que c'était vraiment
29:29entre vous.
29:30Là, c'était vraiment...
29:30On était entre nous.
29:31Il fallait donner une réponse
29:33avec une analyse politique
29:35de la situation,
29:36une compréhension du moment.
29:38Et dire aussi,
29:39chacun avait,
29:40depuis là où il parlait,
29:41son rapport aux électeurs,
29:43son rapport aux gens
29:44ou bien de plusieurs endroits
29:45de France et de Paris.
29:47Donc,
29:47on n'est pas là
29:48pour se faire plaisir
29:49à ce moment-là.
29:50On n'est pas là
29:50pour se voiler la face.
29:52On est là pour dire
29:53jusqu'où on veut aller.
29:54Et on a raison.
29:56On a eu raison
29:57de prendre cette décision.
29:58Enfin, nous,
29:59on a eu raison
29:59de lui conseiller
30:00de continuer
30:02et de ne rien lâcher
30:03puisque quelques mois après,
30:04on faisait près de 20%
30:05et Benoît Hamon
30:06faisait 6%.
30:06Absolument.
30:07Donc, on ne s'est pas trompé
30:08sur le moment politique
30:09de ce mois de janvier 2017.
30:13Ce qui fait que
30:13c'est une leçon à vie
30:15pour moi.
30:15Ça va bientôt faire 10 ans
30:16que c'est arrivé.
30:17Je peux vous dire
30:18que notre ténacité,
30:20notre façon de rester,
30:22le fait qu'on ne fait jamais
30:23attention aux sondages,
30:25j'exagère un peu,
30:26ce n'est pas qu'on ne fait
30:26jamais attention aux sondages,
30:27c'est que les sondages
30:28ne décident pas pour nous.
30:30On décide sur d'autres critères
30:32que ceux-là.
30:32parce qu'en janvier 2017,
30:35les sondages doivent le mettre
30:36à 9% et Benoît Hamon
30:38à 18%.
30:39Oui, c'est ça.
30:39Et donc, c'est vraiment
30:40quelque chose qui nous a
30:41tous marqués, je pense,
30:43dans l'équipe à ce moment-là
30:44et qui fait qu'on sait
30:47qu'une campagne ne se termine
30:49que le soir où elle se termine.
30:51Pas avant.
30:52Dans les urnes.
30:53Voilà.
30:54Et pas ailleurs.
30:54Exactement.
30:55Je vous propose maintenant,
30:57Sophia Chiquirou,
30:57d'aller faire un tour
30:58du côté de la Madeleine.
30:59On part ensemble
31:00dans le 8e arrondissement parisien.
31:02La découverte d'un restaurant
31:03aussi chic qu'original.
31:05Ne bougez pas,
31:06c'est tout de suite
31:07dans le Dessous des Plats.
31:14Direction la crypte
31:16de l'église de la Madeleine
31:17qui accueille le soir,
31:19du lundi au vendredi,
31:20un restaurant solidaire.
31:22Le réfectorio offre gratuitement
31:25un vrai repas gastronomique
31:27pour les personnes
31:27en situation d'exclusion
31:29ou de précarité.
31:31Étudiants, retraités,
31:32travailleurs pauvres,
31:33migrants peuvent-ils déguster
31:34des repas cuisinés
31:36par des chefs bénévoles
31:37qui n'achètent pas la nourriture ?
31:39Elle provient exclusivement
31:40des surplus alimentaires
31:42et d'un vendu
31:43de grandes surfaces.
31:44Bienvenue à la table solidaire
31:46et anti-gaspillage
31:47de la Madeleine
31:48grâce à Katia Gilder
31:49et Eva Billon.
31:51On a des petits marrons,
31:53on a des choux,
31:53on a des champignons,
31:54des clémentines,
31:55donc c'est bien.
31:56On n'a pas reçu
31:57de protéines animales
31:58mais on aime bien
31:59faire des menus végétariens aussi.
32:00Ces fruits et légumes
32:01proviennent tous
32:02de la banque alimentaire.
32:04Ce sont des invendus.
32:06Au lieu d'être gaspillés,
32:08ils vont servir
32:08à fabriquer
32:09un repas gastronomique
32:10pour les plus démunis.
32:12Proposer des plats
32:13avec ce qu'elles ont
32:14sous la main,
32:15c'est le défi quotidien
32:16de Blandine et Marine.
32:18Ce soir,
32:194 chefs sont venus
32:20bénévolement
32:21leur prêter main forte.
32:23Ensemble,
32:23ils vont improviser
32:25un menu.
32:26On va faire un frâne
32:27autour du petit marron
32:28dans une mesure
32:29un peu anti-gaspille.
32:30On va garder
32:31les pépins
32:31des petits marrons
32:32pour venir faire
32:33chorifier au four,
32:35pour mettre un peu de faucon.
32:36On n'a pas de protéines
32:37ce soir,
32:38donc on va faire
32:38avec ce qu'on a.
32:39On va faire une galette
32:40avec des pommes de terre,
32:41des oignons,
32:42un petit peu de blettes.
32:44Dessus,
32:44on va servir
32:45une belle poulet
32:46de champignons.
32:46Pas de viande
32:47ce soir,
32:48mais un produit
32:49d'exception.
32:50Des ormeaux,
32:50fraîchement rapportés
32:51de Bretagne
32:52par ce producteur,
32:53heureux de contribuer
32:54au repas.
32:56Quand j'ai entendu
32:57parler d'un dîner,
32:58je me suis dit,
32:59moi j'ai des ormeaux,
33:00j'aimerais bien
33:00partager ça aussi.
33:02On va préparer
33:02des ormeaux poêlés
33:04au beurre d'algues,
33:05au sarrasin
33:05et au poireau.
33:07Dans la crypte
33:08de la Madeleine,
33:09transformée en cuisine,
33:10chacun mijote son plat
33:12avec l'aide
33:12de bénévoles.
33:13C'est incroyable
33:15de travailler
33:16avec des bénévoles
33:16déjà,
33:17qui viennent tous les jours
33:18volontairement,
33:19qui viennent
33:19plein de bonne humeur.
33:20Et en plus
33:21de faire un repas
33:22qui met des étoiles
33:24plein les yeux
33:24à des personnes
33:25qui n'ont pas l'occasion
33:26d'aller au restaurant,
33:27ça c'est incroyable
33:27pour nous.
33:2918h30,
33:30les premiers invités
33:31arrivent.
33:32En situation
33:33de précarité
33:33comme ces mineurs isolés
33:35et ces mères célibataires,
33:36ils sont venus
33:37partager ce repas
33:38du soir
33:39dans une ambiance
33:40conviviale
33:40et joyeuse.
33:42C'est une occasion
33:42de sortir
33:43et de rencontrer
33:45du monde
33:45et d'avoir
33:46un peu cette chaleur.
33:49C'est ma première fois
33:49de venir ici,
33:50parce que là
33:51je me retrouve
33:52avec mes amis
33:54et puis
33:54on a mangé aussi.
33:56Ça me fait du bien
33:57d'être ici,
33:58surtout.
33:59L'an dernier,
34:00le refetorio
34:01a récupéré
34:0216 tonnes
34:03d'invendus alimentaires
34:04pour apporter
34:05de bons plats
34:05et un peu de chaleur
34:07et de solidarité
34:08au cœur
34:09de la rigueur hivernale.
34:10Sophia Chiquirou,
34:13est-ce que vous connaissiez
34:14ce restaurant
34:15solidaire ?
34:16Est-ce que vous en connaissez
34:17d'autres peut-être
34:17dans Paris ?
34:18Alors celui-là,
34:19non,
34:19je ne le connaissais pas
34:20mais j'en connais d'autres.
34:21J'en connais un
34:21qui est sur ma circonscription,
34:23la cantine de Babelville
34:25mais qui n'a pas
34:25le même concept.
34:27La cantine de Babelville,
34:28c'est un restaurant solidaire
34:29qui est ouvert
34:30à tout le monde.
34:31On paye quand même.
34:32Et c'est un prix solidaire.
34:33Une petite contribution.
34:35Le MAFÉ,
34:35il coûte 2 euros.
34:37Absolument,
34:37avec une contribution.
34:38Vous,
34:39vous le payez plus,
34:39j'espère.
34:40Oui, peut-être.
34:40Vous avez intérêt
34:41puisque le principe
34:42c'est la solidarité.
34:43Évidemment,
34:43vous avez raison,
34:44c'est proportionnel.
34:45Oui, exactement.
34:46Ils font plus de 300 couverts jours
34:49là-bas.
34:49Qu'est-ce que vous pensez
34:50de ce genre d'initiatives ?
34:51Est-ce qu'il faudrait
34:51les aider,
34:52les soutenir,
34:53en développer plus ?
34:54Écoutez,
34:54je pense qu'il doit y avoir
34:57une vraie politique
34:58pour les développer
34:59et vous voyez la soupe populaire.
35:01Tout le monde connaît
35:02la soupe populaire.
35:03Ça fait des années
35:03que ça dure.
35:04On sert à manger dehors.
35:06À des gens qui repartent
35:08avec un repas,
35:09ils vont s'asseoir sur un banc,
35:10ils le mangent dehors,
35:11dans le froid,
35:11dans un coin mal installé,
35:13etc.
35:14Et même si le repas
35:15a été préchauffé,
35:16il se refroidit
35:17quand il fait froid
35:18ou alors quand il fait trop chaud,
35:20c'est désagréable.
35:21Et puis finalement,
35:22donner de la nourriture
35:23à des gens à l'extérieur,
35:25c'est certes les alimenter,
35:28mais ce n'est pas vraiment
35:28les nourrir.
35:29On ne leur apporte pas
35:30tout ce que la nourriture
35:31et le repas
35:32sont censés apporter.
35:34Et la dignité,
35:35notamment des êtres humains,
35:37c'est quelque chose
35:37qui ne doit pas être
35:39un à-côté,
35:40même de la charité.
35:41Moi, je suis plutôt
35:42pour la solidarité.
35:43Mais même pour ceux
35:44qui pensent que la charité,
35:45c'est déjà un geste important,
35:47soit pour des raisons religieuses
35:48ou soit pour d'autres raisons,
35:50même la charité
35:51doit respecter
35:51la dignité des gens.
35:53La solidarité, en tout cas,
35:54n'existe que si elle respecte
35:55la dignité des gens.
35:56Donc, un restaurant de ce type
35:58où les gens se retrouvent,
36:00et vous avez vu ce qu'il a dit
36:00tout de suite,
36:01il a dit,
36:01ça me fait plaisir,
36:02un repas chaud
36:02avec mes amis et assis.
36:04Voilà, c'est tout.
36:05Le repas chaud.
36:06Un repas chaud
36:06avec des amis et assis.
36:08Et donc, oui,
36:09la restauration solidaire
36:10doit être soutenue
36:10par les pouvoirs publics.
36:12Il faut arrêter, selon moi,
36:15avec la distribution à l'extérieur.
36:18Pour plusieurs raisons.
36:20Mais quand je dis arrêter...
36:20Donc, même les restos du cœur,
36:21tout ça, qui font...
36:22Il vaut mieux leur donner des locaux
36:23où ils peuvent servir
36:24à manger à des gens assis.
36:26Et le faire avec des gens
36:27qui savent traiter ça.
36:28On a beaucoup de structures
36:29de l'économie sociale et solidaire
36:31qui savent parfaitement
36:32accueillir, traiter et nourrir.
36:35On peut aussi profiter...
36:36Vous savez,
36:36on a des cantines à Paris,
36:37des cantines scolaires,
36:38on a des cantines municipales,
36:41des espaces
36:42qui sont utilisées,
36:43par exemple, à midi,
36:45mais pas le soir.
36:46Qui sont utilisées en semaine,
36:47mais pas le week-end.
36:48On peut ouvrir les cantines
36:49aussi pour cela.
36:51Des réfectoires, quoi.
36:51Des réfectoires.
36:52Et c'est beaucoup plus chaleureux,
36:55c'est beaucoup plus humain,
36:56c'est beaucoup plus digne.
36:57Et finalement,
36:57c'est ça la véritable solidarité
36:59qui consiste à dire
37:00s'il y a une chose
37:01qu'on ne doit jamais accepter
37:02dans notre pays,
37:03parce que ce serait
37:04la pire des régressions
37:05qui puisse arriver,
37:06c'est que des gens
37:07ne se nourrissent pas,
37:08ne mangent pas.
37:09Et pourtant,
37:09c'est bien un problème
37:10en France aujourd'hui.
37:12On parle beaucoup
37:13de la précarité alimentaire.
37:15Voilà.
37:16Quelle solution vous proposez ?
37:17Mais la précarité alimentaire
37:18dans les quartiers
37:19de Ménilmontant,
37:21d'Amandier,
37:22dans les quartiers de Belleville,
37:24dans beaucoup de quartiers
37:25de Paris,
37:26en réalité,
37:27qu'on connaît dans le 13e,
37:28c'est une réalité
37:30qui prend énormément de place.
37:33Les jeunes étudiants,
37:35aujourd'hui,
37:36il y a deux jours,
37:37j'étais dans le 5e,
37:38ils font la queue
37:39pour avoir de l'aide alimentaire.
37:43Les étudiants,
37:43on en parle souvent.
37:44Les familles,
37:45je connais beaucoup de familles
37:46qui dépendent de...
37:49De l'aide alimentaire.
37:50Oui,
37:50le 10 ou le 15 du mois,
37:51parfois même avant,
37:52de plus en plus avant,
37:53dépendent vraiment
37:53de l'aide alimentaire
37:54pour pouvoir se nourrir.
37:55sauf que vous savez
37:56pourquoi ça ne marche pas
37:57si bien que ça,
37:58l'aide alimentaire.
37:59L'aide alimentaire,
38:00elle n'est pas suffisante
38:01parce que quand vous êtes
38:03dans la précarité alimentaire,
38:04quand vous êtes dans la précarité
38:05en général,
38:06votre problème,
38:07ce n'est pas juste
38:08de vous nourrir.
38:09Vous n'avez plus le goût
38:10de cuisiner,
38:11vous n'avez plus le goût
38:12de manger ensemble.
38:14Moi,
38:14j'entends beaucoup de gens
38:15raconter que parfois,
38:16le repas,
38:17c'est un café au lait.
38:18Alors,
38:18vous me direz,
38:19bien sûr,
38:19il y a eu un temps
38:20où le repas était un café au lait,
38:21mais quand c'est à midi,
38:22quand le matin,
38:23c'est un petit paquet de chips
38:25avant d'aller à l'école,
38:26à midi,
38:26c'est un café au lait,
38:27c'est-à-dire que les gens
38:28ont perdu l'habitude
38:29de se mettre à table
38:29et notre société de consommation,
38:31la société capitaliste,
38:32les transformations
38:33du monde du travail,
38:34tout cela fait
38:35qu'on ne se met plus à table,
38:37on ne se pose plus à table.
38:38Moi,
38:38je crois que c'est
38:39le moment du manger,
38:41j'aime bien dire ça,
38:42le manger,
38:42le moment du repas,
38:43du manger,
38:44c'est un moment
38:45où on fait beaucoup plus
38:46que se nourrir.
38:47Moi,
38:47j'ai eu une éducation,
38:49enfant,
38:50où le repas du soir,
38:51parce que mon père
38:52ne rentrait pas
38:53tous les midis
38:53pour déjeuner,
38:54mais quand même,
38:55même le repas du midi
38:56juste avec ma mère,
38:57c'était un repas
38:57très important,
38:58mais le repas du soir
38:59ou du week-end,
39:00on était quatre enfants
39:01avec nos parents,
39:02tous à table
39:03au même moment
39:04et ma maman
39:05était souvent debout
39:06pour faire le service,
39:07il faut bien le dire,
39:08mais on était tous à table
39:09au moment du repas
39:10et jeudi,
39:11mon père faisait
39:12la revue des troupes
39:13à ce moment-là.
39:14Tout le monde devait
39:15parler de sa journée,
39:17parler de ses notes
39:18à l'école,
39:18se raconter
39:19et c'est comme ça
39:20qu'il repérait
39:21dans quel état mental
39:23on était,
39:23si on était bien,
39:24pas bien,
39:25on se faisait gronder
39:26parfois,
39:28parfois on en prenait
39:28une soufflante,
39:30mais c'était autour
39:30du repas
39:31que se passait
39:32notre éducation
39:34en réalité.
39:35Et donc,
39:36aujourd'hui,
39:37c'est l'avenir,
39:37à mon avis,
39:38de la solidarité alimentaire
39:39et si on doit penser
39:40une sécurité sociale
39:41de l'alimentation
39:42à Paris,
39:43à Montréal en Paris...
39:44Non, non,
39:44pas du tout,
39:44mais allez-y,
39:45je vous laisse terminer
39:45parce que ça faisait
39:46partie de mes questions.
39:47Si on doit penser
39:47une sécurité sociale
39:48de l'alimentation,
39:49c'est autour
39:49de la restauration solidaire,
39:51de la cantine solidaire.
39:51C'est votre collègue
39:52Charles Fournier,
39:53notamment,
39:53qui avait parlé de ça,
39:54donc qui est plutôt élu
39:55écologiste,
39:55en tout cas dans le groupe
39:56écologiste.
39:57Vous aviez soutenu,
39:57vous, cette démarche ?
39:59Alors,
39:59pas exactement la démarche
40:00telle que lui
40:01l'avait présentée,
40:01mais oui,
40:02je l'ai soutenue,
40:02naturellement,
40:03à ce moment-là,
40:03on était en affaires économiques.
40:05Absolument.
40:05Voilà,
40:06j'avais soutenu
40:06et j'avais signé
40:07sa proposition de loi,
40:08tout à fait,
40:09mais la sécurité sociale
40:12de l'alimentation,
40:13elle a plusieurs versions,
40:14plusieurs façons,
40:16c'est une innovation sociale,
40:17on est en train
40:18de l'imaginer
40:19comme on a imaginé
40:20la sécurité sociale.
40:21Moi,
40:21ma contribution,
40:22ce serait justement
40:23de la penser
40:24autour de la restauration solidaire,
40:26autour de la cantine solidaire
40:27et non pas autour
40:28d'individualiser
40:30l'aide alimentaire,
40:31de rendre cela
40:32comme quelque chose
40:33de honteux.
40:33Moi,
40:33je trouve que se nourrir
40:35avec peu,
40:36mais se nourrir bien,
40:37c'est l'affaire de tous.
40:38Vous n'êtes pas coupable
40:40parce qu'il y a aussi
40:41beaucoup de retraités.
40:41Je tiens à le dire.
40:42Évidemment.
40:42Si vous pensez
40:43aux personnes âgées
40:44ici à Paris
40:45qui mangent mal
40:47parce qu'elles mangent seules,
40:49parce que la solitude
40:50vous coupe l'appétit.
40:51Et je le sais d'autant plus
40:52que moi,
40:53mon papa est à 77 ans,
40:56je m'efforce,
40:57malgré mon emploi du temps,
40:59malgré la campagne électorale,
41:01au moins tous les deux jours,
41:02je vais faire un repas avec lui.
41:04Je ne le laisse jamais manger seul
41:05parce que c'est le moment
41:07où je sais
41:07qu'une personne âgée,
41:08si vous la laissez
41:09trop longtemps seule,
41:10si elle mange seule,
41:11elle va se lasser
41:12de cuisiner,
41:12elle ne va plus s'y intéresser.
41:14C'est la dénutrition
41:14qui peut les toucher.
41:15Et il y a ce risque-là.
41:16Donc, je vois
41:17dans beaucoup de restaurants,
41:19par exemple,
41:19du CCAS,
41:20du Centre d'action sociale
41:21de la ville de Paris,
41:22il y a des personnes âgées
41:23qui en dépendent
41:25parce que ce n'est pas cher,
41:27c'est même des repas gratuits
41:29et ça leur permet de...
41:31C'est le seul moment
41:32où elles vont vraiment manger.
41:33Donc moi,
41:34je n'aime pas trop
41:34le portage à domicile,
41:35c'est une chose intéressante.
41:36mais je préfère,
41:39tant que les gens
41:39peuvent se déplacer,
41:41tant que de les amener
41:42à venir manger
41:43dans un collectif.
41:45Il se passe beaucoup
41:46de choses dans le collectif.
41:47On vous a entendu là-dessus.
41:48Alors maintenant,
41:48on va se rapprocher
41:49de votre circonscription.
41:51On va se balader
41:52de resto en resto
41:53depuis la rue
41:54de Ménil-Montant
41:55en passant par la villa
41:56de l'Hermitage.
41:57La cuisine du 20e,
41:58c'est maintenant
41:59dans les pieds dans le plat.
42:00Sophia Chiquillomou,
42:06après les foodcourts,
42:08une nouvelle tendance,
42:09les foodtours
42:10qui cartonnent.
42:10Né en 2020,
42:12la société Salif,
42:13qui porte bien son nom,
42:13concocte un parcours gourmand
42:15en passant chez les artisans
42:16des métiers de bouche
42:17et les petits restaurants
42:18aux cuisines exotiques ou pas.
42:20Un prétexte, Valéry,
42:21à l'exploration d'un quartier
42:22pour mieux comprendre
42:23son histoire,
42:25son identité.
42:26C'est un reportage
42:27à Ménil-Montant
42:27de Maïté Frémont
42:28et de Juliette Prunier.
42:30On descend la rue
42:32en longeant l'église
42:33et on va arriver
42:34rue Julien-Lacroix.
42:36A première vue,
42:36munis de leur carte,
42:38Lola, Chloé et Simonnet
42:39arpentent les rues
42:40de leur quartier.
42:41J'ai faim !
42:42J'ai faim, j'ai faim, j'ai faim !
42:44Mais en réalité,
42:45ils vont redécouvrir
42:46pendant deux petites heures
42:47l'identité culinaire
42:49du 20e arrondissement
42:50de Paris.
42:51En vue de l'esprit social
42:52à Ménil-Montant,
42:53c'est très important.
42:54Dans cet agréable café,
42:55la devise,
42:55c'est chaque producteur
42:56et productrice
42:57mérite un bon salaire.
42:59Nous méritons tous
43:00un bon café.
43:01On échange d'un ticket
43:02remis dans l'enveloppe
43:04avec l'itinéraire.
43:05Direction la Colombie.
43:07Alors vous allez avoir
43:08un petit pan des bonos.
43:09Vous savez ce que c'est ?
43:09Les panos ?
43:10Alors les panes des bonos,
43:12c'est la farine de manueu
43:13avec du fromage.
43:14C'est la recette
43:15de la grand-mère
43:16d'un des coups fondateurs.
43:17Et pendant que le pan des bonos
43:19cuit,
43:20Simonnet en apprend
43:21davantage sur le lieu.
43:23Ils se sont rencontrés
43:23dans un café en France
43:24alors qu'ils sont originaires
43:26du même village en Colombie.
43:28Merci.
43:28Un micro-voyage
43:32sans bouger
43:33de chez soi.
43:36Et là,
43:38je ne pense pas
43:39que j'aurais goûté
43:39toute seule
43:40un petit pain comme ça.
43:41C'est génial.
43:42Et en plus,
43:42il nous a raconté
43:42un peu l'histoire du pain.
43:44C'est une super expérience.
43:46C'est très bon.
43:47C'est très chouette.
43:48Méni-Montant raconté
43:50à travers un caléidoscope humain
43:52créé par des générations
43:54d'immigres.
43:55En 1871,
43:56la commune de Paris
43:57trouve ici
43:57un de ses plus fidèles bastions.
43:59Pendant 72 jours,
44:01le quartier se couvre
44:02de drapeaux rouges.
44:03Et entre deux bouchées,
44:05un peu d'histoire,
44:06celle d'un village
44:07d'irréductibles contestataires.
44:09Ce jour-là,
44:10ils sont accompagnés
44:11de Lola,
44:12la fondatrice du concept.
44:13Ici aussi,
44:14je crois que c'est
44:14des maisons ouvrières
44:15à la base.
44:16Méni-Montant,
44:17c'était un des bastions
44:17de la commune.
44:20C'est un quartier
44:20qui a toujours eu
44:22beaucoup de choses
44:22où les gens étaient engagés.
44:24Donc c'est intéressant
44:25aussi à raconter comme histoire.
44:27Le parcours se poursuit
44:28dans un restaurant turc.
44:30Au menu,
44:31un beignet de courgettes
44:32accompagné de poivrons.
44:34Micro-voyage gustatif,
44:35c'est là.
44:37Bonjour.
44:38Bonjour.
44:39Ça sent trop bon.
44:41Je donne.
44:42Épicés aussi,
44:47s'il vous plaît.
44:48Merci.
44:49Pour s'évader
44:49et pour aller
44:50à la rencontre des autres,
44:51on n'a pas besoin
44:51d'aller très loin.
44:52On a une ville,
44:52nous, à Paris,
44:53qui est vraiment
44:53extrêmement riche.
44:54Souvent, en plus,
44:55les restaurants,
44:56c'est des gens
44:57qui sont tenus
44:57par des gens
44:58qui viennent d'arriver
44:59sur le territoire.
45:00C'est aussi intéressant
45:00de mettre en valeur
45:02cette histoire-là
45:03de notre ville.
45:04Moi, j'ai pas d'annettes.
45:06Il y a de la menthe.
45:08C'est trop bon.
45:09Ils iront de restaurant
45:11en restaurant,
45:11à la découverte
45:13de 5 pays,
45:145 histoires
45:15pour un total
45:16d'un peu moins
45:17de 40 euros.
45:20Alors, ça se passe
45:21chez vous, ça,
45:22dans vos rues.
45:22Est-ce que vous connaissiez
45:23Salive et ces foodtours ?
45:25Non, je connaissais pas
45:26Salive, les foodtours,
45:27mais je connais le restaurant.
45:29Les différents restaurants,
45:30oui, vous les...
45:31Est-ce que vous avez besoin
45:32de Salive
45:32pour aller vous balader
45:33ou vous pouvez tout de suite,
45:35toute seule,
45:35très bien faire le job
45:36et vous balader
45:37de restaurant en restaurant ?
45:38C'est une initiative
45:38extraordinaire.
45:39Vraiment,
45:40j'ai découvert
45:41les parcours food
45:41parce que vous m'en avez parlé
45:43avant de faire l'émission
45:44et donc, je me suis renseignée
45:45et je me suis dit
45:45mais c'est super,
45:47c'est du tourisme populaire,
45:49c'est du tourisme sympa,
45:50c'est du tourisme présent.
45:52Aujourd'hui, à Paris,
45:52on a un tourisme
45:53qui est cantonné
45:54à du consumérisme,
45:55qui est cantonné au luxe,
45:57qui est cantonné
45:57à tout ce qui impressionne
45:58et on est censé
45:59en mettre plein la vue aux gens
46:00et Paris,
46:02ses rues,
46:03son histoire populaire,
46:05ses restaurants populaires,
46:06son immigration
46:07qui est fondamentale à Paris.
46:09Paris,
46:09c'est une ville de migration.
46:11Les Parisiens
46:12ne sont pas...
46:13sont très peu
46:13à être nés à Paris
46:15de parents nés à Paris
46:16de parents eux-mêmes
46:17nés à Paris.
46:18La réalité de Paris,
46:18c'est de la migration intérieure,
46:20c'est de la migration européenne,
46:21c'est de la migration internationale.
46:24La présence, par exemple,
46:25des cabiles
46:26à Ménil-Montant,
46:28elle date du 19e siècle.
46:30C'est extraordinaire.
46:31Vous lisez
46:32l'histoire de Louise Michel
46:34à Ménil-Montant.
46:35Elle est concomitante
46:36à l'histoire
46:37de l'insurrection cabile
46:38de 1871
46:39en Algérie
46:40et elle a connu
46:42les insurgés cabiles
46:43et les insurgés
46:44de la commune
46:44se sont retrouvés
46:45déportés ensemble
46:46en Nouvelle-Calédonie
46:47et sont revenus
46:48pas au même moment
46:49parce que les Français
46:50ont été amnistiés
46:52avant les cabiles
46:53qui ont dû attendre
46:549 ans pour être amnistiés.
46:56Ils sont revus...
46:56En 1889-90,
46:59ils se retrouvaient
47:00à Ménil-Montant ensemble.
47:02Et c'est extraordinaire
47:03parce que cette histoire-là
47:04et ce projet-là,
47:06cette initiative
47:07de Parcours Foot
47:07permettra de raconter
47:08de l'histoire populaire
47:10partout,
47:10pas seulement à Ménil-Montant
47:11et de faire connaître
47:12des restaurants,
47:13ça aide l'économie locale aussi.
47:15Tout en découvrant
47:15des nouvelles cuisines.
47:16C'est extraordinaire.
47:16À Séoul,
47:17ils ont fait ça.
47:18Ils ont justement investi
47:20et là encore,
47:21c'est la puissance publique,
47:22la collectivité,
47:23la ville qui a décidé
47:24de sauver
47:25ces petits commerçants,
47:26de sauver
47:27la diversité culinaire
47:28de sa ville
47:29qui, d'ailleurs,
47:31vous savez,
47:31comme toutes les grandes villes,
47:33il y a du parisien
47:34mais le parisien,
47:35tout est parisien finalement
47:36parce que Paris
47:37était le centre
47:38qui attirait absolument
47:39toutes les denrées
47:41de toute la France.
47:42On envoyait à Paris,
47:43on produisait beaucoup.
47:45Mais quels sont
47:45les street food
47:45que vous préférez
47:46si vous deviez vous balader
47:47dans votre quartier ?
47:49Moi, j'aime bien
47:50la cuisine kurde,
47:51il y en a,
47:52c'est pas mal.
47:54J'aime beaucoup
47:55tout ce qui est asiatique,
47:56j'avoue,
47:56j'ai vraiment un faible
47:57pour la cuisine sud-coréenne,
47:59j'aime beaucoup.
48:00La cuisine chinoise,
48:01j'arrive pas à m'en défaire.
48:02Ok.
48:02Vous avez de bonnes adresses
48:04parisiennes à nous communiquer ?
48:06Oui, oui, oui,
48:06j'ai de bonnes adresses.
48:07Elle a un foutour,
48:08Sophia Chiquet.
48:08C'est vrai,
48:09elle a un foutour.
48:10J'ai un kebab aussi,
48:11pas très loin dans le 10e,
48:13c'est le seul où je vais,
48:14j'avoue,
48:14je ne suis pas très fan
48:15en réalité des sandwichs kebabs.
48:17C'est dommage,
48:17c'est hyper bon le kebab.
48:18Un petit racisteau vénézuélien ?
48:19C'est ma passion.
48:20J'ai un colombien.
48:21Ah, ben non,
48:21vénézuélien,
48:22c'était marrant pour moi.
48:23Un très bon colombien.
48:25Vénézuélien,
48:32un restaurant tapas.
48:34J'ai le droit de faire de la pub ?
48:35Mais bien sûr !
48:36Ah, Las Bonas, non ?
48:37Oui !
48:37Vue du Faubourg-Saint-Denis ?
48:38Oui, je connais.
48:39Oui, on connaît les mêmes adresses.
48:41Excellent.
48:43Vénézuéliens,
48:43je vais chercher.
48:44La prochaine fois,
48:44je vous invite.
48:45On trouvera
48:45et on en parlera
48:46la prochaine fois
48:47dans l'émission.
48:47Mais après,
48:47la cuisine vénézuélienne
48:48que j'ai déjà goûtée
48:50parce que je suis allée,
48:51moi, à Caracas,
48:52elle n'est pas extraordinaire.
48:54Mais c'est beaucoup de poissons
48:55dans le nord du pays,
48:57beaucoup,
48:57beaucoup de poissons.
48:58Et ça, c'est sympa
48:59parce que je suis...
49:00J'adore le poisson.
49:01Et comme on ne finit jamais
49:02un repas sans une note sucrée,
49:04il est maintenant l'heure
49:04du pêcher mignon.
49:08Ouais, alors c'est encore Paris,
49:10c'est Paris de Sofia Chistelou
49:11parce que le flanc pâtissier,
49:12c'est le dessert parigot.
49:13Dessert agressif,
49:14passé de mode.
49:15Avant de redevenir aujourd'hui
49:17quasiment un totem de la pâtisserie,
49:19j'ai regardé
49:19même les plus grandes signatures,
49:21Conticini,
49:22Lignac,
49:22Nina Méteyer,
49:23championne du monde de pâtisserie,
49:25Yann Couvre-Réjean,
49:25Noubli,
49:26ont maintenant leur flanc pâtissier
49:28avec de la vanille.
49:29Alors, ça n'a l'air de rien,
49:30mais il faut quand même
49:31que ça soit bien grillé au-dessus,
49:33bien moelleux à l'intérieur
49:34avec la vanille,
49:35et puis croustillant,
49:36c'est vraiment l'alchimie
49:38de ces trois.
49:39Le croustillant de la pâte,
49:40le moelleux de la vanille
49:41et de la crème,
49:42et puis le petit doré au-dessus
49:43qui fait un bon flanc.
49:45Jean-Pierre parle de flanc pâtissier,
49:46on l'appelle aussi flanc parisien,
49:47je ne dis pas de bêtises
49:48dans les boulangeries.
49:49Vous l'avez choisi ?
49:50Oui, je l'ai choisi pour ça
49:51et aussi parce que je voulais
49:53évoquer un sujet avec vous
49:55à travers le flanc parisien.
49:57D'abord, il faut l'appeler flanc parisien
49:59parce qu'on est fiers d'être parisien.
50:00Absolument.
50:01Et qu'on est fiers d'avoir créé
50:02cette pâtisserie.
50:05Mais je voulais évoquer
50:05le sujet des œufs.
50:06Vous savez que les gens,
50:08en ce moment,
50:08s'inquiètent de la pénurie d'œufs
50:10et découvrent à quel point
50:13nous sommes consommateurs d'œufs.
50:15Et donc, c'est fait avec des œufs,
50:16ce flanc pâtissier.
50:18Il y a beaucoup de choses
50:18qui sont faites avec des œufs.
50:19Et c'est vrai qu'on parlait tout à l'heure
50:21du poulet dont la consommation
50:23est très, très importante
50:25dans le monde et dans notre pays.
50:2725 kilos par an par Français,
50:29par habitant.
50:30Les œufs, c'est, je crois,
50:32entre 200 et 230 œufs
50:34par an, par habitant.
50:36Et donc, on a pris cet animal
50:38qui est la volale, la poule,
50:41et on la consomme,
50:43on consomme sa chair
50:44et on consomme beaucoup ses œufs.
50:45Et pareil, c'est produit
50:46dans des conditions industrielles,
50:48aujourd'hui, pour satisfaire la demande
50:50et les pratiques,
50:51qui sont telles
50:52qu'il faut peut-être
50:53commencer à s'interroger
50:55sur ce qu'on est en train de faire.
50:56Alors, on ne renonce pas
50:57au flanc parisien,
50:58ce n'est pas du tout
50:59ce que je suis en train de dire,
51:01mais il y a aussi...
51:01Mais on le fait,
51:02c'est justement ça
51:02qu'il y a une pénurie,
51:03c'est qu'on fait déjà
51:04des transformations
51:05avec des productions
51:06trop intensives,
51:07avec des productions
51:07un peu moins intensives,
51:08mais le problème,
51:09c'est qu'il y a moins de poules
51:10et que les poules,
51:11quand elles sont en plein air,
51:13elles produisent moins d'œufs.
51:14Donc, vous interrogez
51:14notre consommation
51:15ou la façon dont les fabriquent ?
51:17J'interroge la façon,
51:18non pas dont l'artisanat
51:19consomme l'œuf,
51:21parce que ce n'est pas du tout
51:21la même façon
51:22dont l'industrie consomme l'œuf.
51:24Vous savez,
51:25les questions alimentaires
51:27sont directement liées
51:28aux questions de santé publique.
51:30Quand on parle de diabète,
51:31quand on parle d'obésité,
51:32quand on parle de maladies
51:33cardiovasculaires liées
51:34directement à la qualité
51:36de l'alimentation,
51:37ça devient une affaire politique,
51:38parce que le travail
51:39que vous faites
51:39est important pour cela,
51:41la description que vous donnez,
51:42mais c'est aussi de dire,
51:43il n'y a pas seulement
51:44de l'éducation,
51:44il y a aussi un bras de fer,
51:46et je suis désolée
51:46de le rappeler,
51:47mais oui,
51:48l'industrie agroalimentaire
51:50refuse la transparence
51:52sur ce qu'elle nous donne
51:53à manger.
51:55Donc, on doit l'exiger,
51:56c'est une bataille
51:57que nous,
51:57on essaye de mener
51:58à l'Assemblée nationale
51:59avec mon groupe politique,
52:00parce qu'on ne peut pas
52:01continuer, par exemple,
52:02à avoir des nitrites
52:03dans la charcuterie,
52:04et peu importe
52:05que la charcuterie
52:06soit du porc
52:07ou de la charcuterie halal,
52:08alors là,
52:08s'il y a un combat commun
52:10à tout le monde,
52:11si vous aimez,
52:12vous aimez vos enfants,
52:14vous n'allez pas
52:15leur donner du nitrite
52:16dès le plus jeune âge,
52:18vous allez les empoisonner,
52:19et je le dis très franchement,
52:21j'ai mené le combat
52:21à l'Assemblée nationale
52:22avec mes collègues,
52:23il y avait aussi
52:23le député Modem,
52:25M. Ramos,
52:26qui s'est battu...
52:27C'était son combat,
52:28ça, on l'a vu,
52:28il est venu ici.
52:29Pour interdire le nitrite,
52:30c'est fondamental,
52:31et cette bataille-là,
52:32malheureusement,
52:33nous l'avons perdue,
52:33et je le dis clairement,
52:34nous l'avons perdue
52:35parce qu'il y a des lobbies
52:37qui pèsent trop lourd
52:38sur les députés
52:40à l'Assemblée nationale,
52:41et ces lobbies
52:42ne sont pas toujours
52:42des saints.
52:44Quand l'industrie agroalimentaire
52:46pousse à tel point
52:47pour empêcher
52:49l'adoption de l'interdiction,
52:50alors que tout le monde
52:50sait que c'est cancérigène,
52:53là, on ne se comporte
52:53pas bien du tout.
52:55Moi, en tout cas,
52:55je veux mener
52:56cette bataille-là
52:57parce que je me dis
52:58que quand je nourris
52:59un enfant,
53:00je ne veux pas l'empoisonner.
53:01Et à Paris,
53:02on interdira
53:03tout produit
53:04avec nitrite
53:05dans les cantines.
53:06Il n'en est pas question
53:07une seule seconde.
53:07En tout cas,
53:08il n'y en a pas
53:09de nitrite,
53:09je crois,
53:09dans ce flanc.
53:11Et pour l'accompagner,
53:12vous avez choisi
53:12quelques notes de musique
53:13qu'on écoute tout de suite.
53:15C'est viril,
53:32avec un E
53:32de Suzanne.
53:34Pourquoi vous avez choisi
53:34cette chanson ?
53:35J'adore cette chanson.
53:36Incroyable.
53:37Je l'écoute.
53:38En boucle ?
53:39Oui, je comprends.
53:41Vous aussi ?
53:41Oui, bien sûr.
53:42Cette femme,
53:43elle est incroyable,
53:44Suzanne.
53:45Elle a fait la chanson
53:47qui me bouleverse,
53:49elle m'émeut.
53:50Pourquoi ?
53:50Tous les jours,
53:51elle m'émeut,
53:51cette chanson.
53:52Parce qu'elle fait
53:53particulièrement écho
53:54à ce que vous êtes,
53:56à ce que vous avez traversé ?
53:57Moi et beaucoup,
53:58beaucoup,
53:59beaucoup de femmes.
54:00Vraiment,
54:01dans cette chanson,
54:01c'est nous.
54:02C'est toutes les femmes,
54:03quelles que soient
54:04leurs conditions sociales,
54:05quelles que soient
54:06leurs vies,
54:07quelles que soient
54:07leurs aspirations.
54:08C'est nous,
54:09les femmes,
54:10dans cette quête
54:11qui commence très jeune,
54:12qui est l'émancipation,
54:14être soi,
54:15exister,
54:16être libre d'être
54:16comme on est,
54:17pas toujours se faire
54:18trop ceci,
54:20t'es trop ça,
54:20vous nous fatiguez.
54:22C'est nous,
54:22les femmes,
54:23finalement,
54:23cet hymne aussi
54:24de 2025,
54:26qui est sorti en 2025,
54:27mais de 2025.
54:28Et puis,
54:28j'aime beaucoup
54:29la douceur de cette chanson
54:31et en même temps,
54:31la force et la puissance
54:33de ces paroles.
54:34Et je sais qu'on est
54:35beaucoup de femmes
54:35à avoir les larmes aux yeux
54:38quand on l'entend.
54:39Et une pensée
54:39pour les femmes iraniennes.
54:40Aussi.
54:41Quand même.
54:41Toutes les femmes
54:42particulièrement.
54:44Oui, en ce moment,
54:45mais des femmes victimes
54:46de la guerre,
54:49au Venezuela,
54:50l'épouse de Nicolas Maduro
54:52n'a pas mérité
54:53d'être kidnappée
54:54et amenée à New York
54:55d'être emprisonnée.
54:56On va pas entamer
54:57ce débat-là.
54:58Non, on n'entame pas
54:58ce débat-là,
54:59mais je pense
55:00qu'il ne faut pas dire
55:02ces femmes-là
55:03plus que d'autres.
55:04Toutes les femmes,
55:04les femmes iraniennes
55:05qui mènent le combat
55:06pour la liberté,
55:07les femmes palestiniennes
55:08qui mènent leur combat
55:09pour la survie,
55:10et beaucoup de femmes.
55:12Et c'est nous,
55:13de toute façon,
55:13nous,
55:13on ne nous segmentera pas.
55:15Le combat féministe
55:16est un combat universel.
55:18Absolument.
55:18On va terminer là-dessus.
55:19Merci infiniment,
55:20Sophie Asikirou,
55:21d'avoir partagé
55:22vos idées,
55:23vos idéaux
55:23et ce repas
55:24avec nous.
55:25Merci beaucoup.
55:26Merci.
55:27Le vin blanc ?
55:28Oui, le vin blanc,
55:29vous reviendrez
55:31pour déguster avec nous
55:33le vin blanc.
55:34Merci beaucoup.
55:35Merci à vous,
55:35Jean-Pierre Montalèche.
55:36On se retrouve très vite
55:37pour un prochain numéro
55:38de Politique à table.
55:39Je suis masculine,
55:41une fille virile,
55:45une fille virile.
55:48Sous-titrage Société Radio-Canada
55:49Sous-titrage Société Radio-Canada
55:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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