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00:00On va voir ce qu'on pense de notre invité Olivier Guillotot. Bonjour et merci d'être sur France 24, d'être enseignant en chercheur à l'INSEC Grande École.
00:07Je crois que vous intervenez depuis Bordeaux. La victimisation depuis le coup de tonnerre du 31 mars 2025 et donc ce verdict en première instance, ça n'a pas fonctionné pour Marine Le Pen, vous êtes d'accord ?
00:23Oui, je suis tout à fait d'accord. Effectivement, ça n'a pas fonctionné et dans un sens, la solution de rechange qu'ils ont assez vite trouvée avec Jordan Bardella a presque trop bien fonctionné
00:34parce qu'effectivement, la sémantique d'une sorte d'empêchement un peu de la démocratie de passé, de la voie du peuple face à la justice, elle n'a pas tellement de sens
00:48puisqu'ils deviennent interchangeables et voir Bardella, aujourd'hui, semble avoir plus de chances de l'emporter.
00:55Donc cette stratégie-là, elle est un peu terminée, elle ne peut pas vraiment passer. Après, si on dézoome, comme disait votre collègue très justement,
01:05ce qui est intéressant aussi, c'est qu'au-delà du cas particulier de l'élection présidentielle et de Marine Le Pen, c'est presque l'histoire de l'extrême droite
01:13qui est peut-être en train de basculer, puisque celle-ci a été marquée par la présence des Le Pen de manière continue, avec parfois des volontés de les remplacer.
01:23Il y a eu Maigret, il y a eu Zemmour, mais au final, que ce soit Jean-Marie, que ce soit Marine, ils ont toujours tenu un peu le leadership de l'extrême droite, de la droite radicale.
01:34Et là, ça serait vraiment un gros changement un peu presque historique.
01:39Et c'est vrai, Flore, c'est Jordan Bardella maintenant qui tient le flambeau en quelque sorte du RN.
01:42Oui, tout à fait. Alors c'est vrai que si on regarde déjà les sondages, que ce soit elle ou lui, c'est entre 34 et 36%.
01:49Donc on voit qu'en fait, c'est un vote d'adhésion. Aujourd'hui, le RN, il ne vote pas pour une personnalité, mais pour des idées finalement.
01:55C'est vrai que le RN s'est solidifié, normalisé, grâce notamment à Marine Le Pen qui a œuvré pour ça.
02:02Et donc aujourd'hui, et puis c'est vrai que quand on voit aujourd'hui la politique ici en France, notamment depuis la dissolution de 2024,
02:09les Français se détournent clairement de la politique des partis dits de gouvernement.
02:14Et puis ils se disent, le RN, on ne l'a pas essayé.
02:18Et c'est vrai que ça marche.
02:20Jordan Bardella, je regardais un sondage baromètre annuel du cabinet Vérayant qui est paru dans Le Monde.
02:25Selon les Français, le président du RN a le plus de chances de remporter l'élection présidentielle pour 49% des Français contre 18% pour Marine Le Pen.
02:35Et ils sont 30% à dire qu'il ferait un meilleur président qu'elle. Elle est à 22%.
02:39Donc vous voyez que le plan B va finir par devenir le plan A.
02:42Et c'est presque comme si, finalement, dans la tête des électeurs, on est déjà dans l'après Le Pen.
02:48Et ce que disait votre invité, c'est vrai que Jordan Bardella, il ne s'appelle pas Le Pen, avec toute l'histoire qui va avec.
02:53Parce que Marine Le Pen, elle a aussi essayé de se débarrasser d'une certaine histoire qui lui a collé à la peau pendant longtemps,
02:59avec les provocations de son père et les fras-chocs, etc.
03:03Mais Olivier Guillotot, en quelque sorte, Marine Le Pen, elle-même, enterriné son probable remplacement à la présidentielle de 2027.
03:11Ça aussi, ça a été une erreur stratégique ?
03:14Je ne sais pas si c'est une erreur stratégique.
03:16Elle avait peut-être anticipé le fait que ça serait très, très difficile de revenir sur la décision.
03:21Donc c'était peut-être une manière de gérer la réalité.
03:26Après, ce qui est intéressant, c'est que malgré tout l'envol de Bardella,
03:32je pense qu'on sous-estime malgré tout la difficulté d'une campagne présidentielle.
03:37Et sans doute, on sous-estime peut-être la capacité de Bardella à réussir aussi bien que Marine Le Pen
03:43dans un exercice qui est un exercice très difficile, très physique, psychologiquement, qui prend beaucoup.
03:49Et c'est vrai que Marine Le Pen, elle a prouvé qu'elle était solide, elle a prouvé qu'elle était dure au mal.
03:54Elle est revenue, par exemple, du fameux duel avec Macron, l'exercice télévisé, qui avait été une catastrophe.
04:02Elle a réussi à revenir de ça.
04:04Et on sait qu'elle est capable de le faire, elle est capable de tenir dans la durée.
04:09On ne sait pas si Jordan Bernella est capable de le faire.
04:12Moi, je sais que, par exemple, quand il y avait eu la dissolution et qu'il était favori pour devenir Premier ministre,
04:18il n'avait pas réussi à générer cette espèce d'enthousiasme.
04:21Alors, il y avait eu le Front Républicain, il y avait eu d'autres choses.
04:23Mais je me souviens que lors des débats, il n'avait pas été si brillant que ça.
04:27Il n'avait pas forcément su répondre aux attaques qui étaient faites à son encontre et à l'encontre du parti.
04:34Et ça, c'est peut-être quelque chose qu'on sous-estime par rapport, effectivement, à ses chances et à son espèce de potentiel présidentiable,
04:41où on lui donne aujourd'hui l'avantage par rapport à Marine Le Pen.
04:45Procès en incompétence, justifié, injustifié, Flore ?
04:47Et d'ailleurs, souvent, ses opposants disent « Mais Jordan Bardella, il a 30 ans, il est très jeune, il n'a pas d'expérience, etc. »
04:53C'est un peu les attaques de ses opposants.
04:55Alors, certes, c'est vrai, mais Jordan Bardella, c'est vrai qu'il a un positionnement plus libéral que Marine Le Pen.
05:01On voit qu'il séduit, on n'en est pas là non plus, mais quand même que les patrons le regardent aujourd'hui.
05:07Et puis, que les électeurs de droite seraient peut-être plus tentés par un Bardella qui est plus libéral que Marine Le Pen,
05:13là où elle, elle a un programme plus social qu'elle ne l'est.
05:18Alors, c'est vrai qu'il est jeune, qu'il n'a pas d'expérience.
05:20Mais encore une fois, les Français, ils ont élu pendant des dizaines d'années des politiques qui avaient de l'expérience,
05:26qui avaient des mandats divers et variés.
05:31Et qui sont aujourd'hui très impopulaires.
05:32Et qui sont aujourd'hui très impopulaires.
05:34Et on le voit, les Français se désintéressent de la politique aussi parce qu'elle est aujourd'hui ce qu'elle est,
05:39c'est-à-dire un blocage et puis que les gens ne suivent plus ce qui se passe réellement en politique.
05:43Le blocage, justement, on y vient. Marine Le Pen, elle, en tout cas, en attendant son procès en appel, n'est pas restée passive.
05:49Elle s'est beaucoup investie dans les débats autour du budget.
05:52L'examen du budget de finances revient en seconde lecture à l'Assemblée nationale.
05:56Depuis quelques minutes, c'est la version du Sénat qui est sur la table.
05:59Pour l'instant, rien n'indique que le texte sera adopté.
06:01Noémie Roche.
06:02C'est un débat qui paraît à son fin.
06:09Une fois encore, les députés se retrouvent ce mardi pour examiner le projet de loi de finances, le PLF,
06:15dans sa version remaniée par le Sénat.
06:18Objectif, doter la France d'un budget pour 2026,
06:22avec comme priorité pour le Premier ministre de ramener le déficit à moins de 5% du PIB.
06:27Mais pour l'heure, aucun accord ne se dessine entre les différentes formations politiques.
06:34Au cœur des tensions entre la droite et la gauche, notamment,
06:37les mesures fiscales comme la surtaxe sur les bénéfices des entreprises
06:41que les socialistes veulent porter à 8 milliards d'euros.
06:45Nous, notre ligne, elle est claire, c'est qu'on l'a fait l'année dernière,
06:48c'est qu'on censurera que si les intérêts fondamentaux des classes populaires et des classes moyennes sont mis en cause.
06:53Si on touche au pouvoir d'achat, c'est pour nous très important, on censurera.
06:58Si on remet en place l'année blanche, on censure.
07:02En vérité, cette ligne rouge pour nous, c'est les intérêts des classes populaires et des classes moyennes.
07:08Pour le Premier ministre, un recours au 49.3 paraît de plus en plus difficile à éviter.
07:13Cet article de la Constitution qui permet de faire adopter un texte sans vote.
07:18Sébastien Lecornu avait promis qu'il ne l'utiliserait pas.
07:21Il a donc préféré brandir la menace d'une dissolution
07:24si le gouvernement venait à être renversé après l'adoption d'une motion de censure.
07:29Selon la porte-parole du gouvernement, tous les scénarios sont désormais sur la table.
07:34La Constitution donne des outils au gouvernement à adopter un budget.
07:39Il y en a trois, en l'occurrence.
07:40Le vote, le 49.3 et les ordonnances.
07:43Donc ces trois possibilités sont sur la table.
07:46En tout cas, je le redis, rien n'est exclu.
07:49Tant et si bien qu'on arrive à s'accorder sur un budget.
07:52L'examen du texte devrait durer une dizaine de jours.
07:56Plus de 3400 amendements doivent être examinés.
07:59En attendant, la continuité des services publics est assurée grâce à une loi spéciale
08:04élaborée en fin d'année.
08:05Mais celle-ci ne permet que de pallier temporairement l'absence de véritables textes budgétaires.
08:11Alors qu'il y a urgence pour les Français,
08:13les 300 millions d'euros de nouvelles aides aux agriculteurs par exemple
08:16ne rentreront en vigueur qu'en cas d'adoption du budget.
08:20Sur le 49.3, Olivier Guillotot, rien n'est écarté, dit la porte-parole du gouvernement.
08:27S'il est utilisé, ce serait un passage en force négocié avec les socialistes
08:31histoire de ne pas être censuré derrière ?
08:35A priori, on peut imaginer que ce sera négocié effectivement.
08:39Pour le moment, les socialistes disent qu'ils sont encore contre le 49.3
08:42mais que le plus important c'est ce qu'il y aura dans le budget
08:45plus que la façon dont il est voté.
08:47C'est vrai que symboliquement, il s'est engagé à ne pas l'utiliser
08:51mais il a aussi finalement laissé du temps à la négociation
08:56qui fait qu'aujourd'hui, même ceux qui s'y opposaient
08:58commencent à lui conseiller de le faire.
09:00Et ça, c'est plutôt un bon point pour lui.
09:04Et donc, c'est possible qu'on termine par avoir le 49.3.
09:09La menace qui a été brandie par Lecornu et par Emmanuel Macron indirectement,
09:17la menace de dissolution, s'il y a blocage et s'il persiste,
09:22est-ce que cette stratégie a été contre-productive ?
09:24Est-ce que l'exécutif n'est pas allé un peu trop loin dans la menace ?
09:27On verra, mais dans un sens, chacun est un peu sur sa stratégie
09:34et on voit que chacun, en fait, essaye de jouer sa carte.
09:39L'exécutif a besoin qu'un budget soit voté et a besoin de rester en place.
09:43Et dans un sens, il a essayé de faire peur.
09:45Vous avez quand même les partis de gouvernement,
09:49et si on prend PS, si on prend les Macronis, si on prend LR,
09:54qui sont plutôt favorables aussi à ce qui n'est pas forcément de dissolution.
09:59Après, ils n'arrivent pas à trouver un terrain de compromis,
10:01c'est-à-dire chacun reste un peu sur ses positions.
10:04Et puis, parallèlement, vous avez clairement le Rassemblement national et LFI
10:08qui, eux, sont plutôt sur une stratégie de vouloir tout faire exploser.
10:14Et effectivement, que ça aboutisse soit à une dissolution,
10:18là, on est plutôt sur l'ERN, soit à un départ d'Emmanuel Macron,
10:21là, on est plutôt sur LFI.
10:23Après, ce qui va se passer aussi, c'est qu'il y a quand même une pression internationale,
10:28c'est-à-dire que les stratégies nationales, elles se confondent aussi maintenant,
10:31elles se croisent avec des enjeux internationaux qui sont assez forts.
10:36Et c'est vrai que cette instabilité, elle dessert la France
10:40dans une sorte de succession de crises.
10:43On voit bien, ça soit le Mercosur, ça soit le Venezuela, ça soit l'Ukraine,
10:48il y en a partout, ça n'arrête pas.
10:50Il y a aussi les marchés financiers qui regardent ça
10:52et notre nécessité, en fait, d'avoir un déficit en dessous des 5%.
10:58Et on n'y serait pas si le budget était voté.
11:03Effectivement, c'est ce qu'on dit.
11:05C'est qu'aujourd'hui, dans les conditions qui sont celles actuelles,
11:09on ne serait pas en dessous des 5%.
11:11Et certains disent que les marchés pourraient se retourner,
11:14ça pourrait devenir vraiment compliqué pour nous.
11:16Donc, il y a vraiment de gros enjeux de toutes parts.
11:19Et dans un sens, on peut espérer qu'un budget sera voté.
11:24Je ne sais pas de quelle manière,
11:25mais ça semble quand même plutôt ce qu'il faudrait faire.
11:28Merci beaucoup, Olivier Guillotot,
11:31de nous avoir éclairés depuis Bordeaux,
11:33enseignant-chercheur à l'INSEC Grande École.
11:35Merci beaucoup, Olivier Guillotot.
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