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  • il y a 9 mois

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00:00Marc Rosemblat, vous avez mis le doigt sur l'aspect financier et ce qu'on reproche, ce qu'on vous reproche,
00:06ce qui est évidemment faux d'ailleurs, mais on vous reproche d'être des nantis au fond les médecins libéraux.
00:11Vous avez, je ne sais pas aujourd'hui, dans quel exercice de médecine vous pratiquez, si vous êtes généraliste ou pas, monsieur Rosemblat ?
00:19Moi je pratique la médecine du sport et la médecine manuelle et je fais mes 70 heures par semaine.
00:26Au niveau des tarifs, je dépends bien sûr des tarifs de la sécurité sociale et comme le budget de cette loi de financement de la sécurité sociale est à la baisse,
00:36on imagine bien le problème qui va se poser pour la gestion de nos patients.
00:41En plus, cette loi a rajouté des quotas notamment pour les arrêts de travail et met également des recommandations qui vont diminuer notre liberté de prescrire
00:51et aussi l'impossibilité pour les jeunes médecins qui voudront faire de la médecine libérale de peut-être trouver un maître de stage universitaire
00:59et peut-être de faire leur dernière année, leur dixième année à l'hôpital alors que nous, en médecine libérale, on tient énormément à notre liberté d'installation.
01:09Alors j'entends ce que vous dites, mais les arrêts de travail, évidemment on est tous dans des entreprises
01:16et on apprend par exemple qu'un tel ou une telle ne reviendra pas avant un mois.
01:21Et puis on cotourne à cette personne et on se dit franchement, je ne sais pas qui lui a donné cet arrêt de travail, mais vraiment c'est exagéré.
01:27Voilà la réflexion parfois qu'on peut se faire.
01:31On a le sentiment que ces arrêts de travail sont donnés, alors pas toujours, pas régulièrement, je ne veux pas généraliser bien sûr
01:39et vous allez me dire que vous-même n'en avez jamais donné dans votre carrière, de complaisance...
01:44Je ne sais pas si je n'en donne.
01:45Non mais de complaisance, je veux dire, je pense que jamais vous n'en avez donné, mais est-ce que vous trouvez qu'il y a un souci sur les arrêts de travail
01:51qui sont prescrits par les médecins ?
01:53Le souci, c'est que notre société va mal. Or, pour qu'elle aille au mieux, en tout cas pour que nos patients aillent au mieux,
02:01il faut parfois les mettre en dehors de la société et donc leur faire ce qu'on appelle un avis d'arrêt de travail.
02:08Et j'insiste bien sur la terminologie, c'est un avis. C'est-à-dire qu'au-delà d'un certain temps, ça pourrait être contrôlé par un médecin de l'assurance maladie, par exemple.
02:17Oui, mais quand vous dites que notre société va mal, ce n'est pas la société peut-être de payer.
02:21Elle a toujours été mal, la société. Il est possible que les gens s'écoutent davantage aujourd'hui qu'ils ne s'écoutaient il y a 40 ans.
02:27On peut entendre cela, que pour un oui, pour un non, les uns et les autres se mettent parfois en arrêt de travail.
02:32C'est le sentiment que nous avons, M. Rosemblat.
02:36Vous avez ce sentiment. En tout cas, nous, de notre côté, l'avis d'arrêt de travail fait partie du traitement,
02:42de la prise en charge de nos patients, quelle que soit la cause, qu'elle soit organique ou qu'elle soit psychologique.
02:48Écoutez, vous avez donné la réponse. Vous avez dit que vous faites 70 heures par semaine.
02:55Par exemple, alors aujourd'hui, vous êtes gréviste en ce moment.
02:58C'est ça. En aujourd'hui, c'est zéro.
03:00Combien de patients vous recevez par jour ?
03:03Une trentaine.
03:04Et la consultation est de quel ordre ?
03:09Elle dure au moins 20 minutes, parfois une demi-heure.
03:15Elle est cotée en actes soit techniques.
03:19Alors, les actes techniques sont spécifiques.
03:22Et donc, par exemple, une infiltration coûte 35 euros.
03:28Une consultation classique, comme vous le savez, elle est à 30 euros.
03:34Et nous sommes depuis peu les derniers d'Europe.
03:38C'est-à-dire qu'avant, nous avions l'Albanie qui était en dessous de nous.
03:41Et maintenant, nous sommes vraiment les derniers.
03:42Je suis d'accord avec vous.
03:43En 2000, nous étions les premiers au monde en médecine, sur le plan de la qualité.
03:48Et là, nous sommes descendus au 17ème rang, 25 ans plus tard.
03:52Vous avez une assistante ?
03:54Ou vous travaillez tout seul dans votre cabinet ?
03:56Non, je suis avec une assistante secrétaire.
03:59Donc, c'est vous qui l'a payée ?
04:00Qui gère tous les aspects de rendez-vous.
04:04Mais c'est vous qui l'a payée.
04:06Forcément, elle est payée par les consultations.
04:08Bien sûr, c'est vous qui l'a payée.
04:09J'ai du matériel aussi d'investissement.
04:13J'ai des femmes de ménage.
04:15J'ai du matériel consommable.
04:18Les rouleaux de papier d'examen.
04:23Tout ce qu'on consomme au quotidien.
04:25Bon, ben écoutez, merci en tout cas.
04:29Le financement des soins depuis ces dernières années n'a pas suivi l'évolution des charges et de nos besoins.
04:35Et c'est pour ça qu'on dit stop.
04:37Il faut revoir le problème et revoir peut-être le mode de financement avec un budget, si possible, à l'identique de l'année dernière, voire même augmenté.
04:46Je pense qu'il faut remettre la médecine...
04:47C'est pas normal que la loi demande une diminution du budget de la sécurité sociale.
04:50Il faut remettre la médecine à plat en France.
04:52Les ARS, c'est une usine à gaz.
04:54Depuis des années, manifestement, l'administration n'est pas au rendez-vous.
04:59Je prends un exemple tout simple que j'ai cité 50 fois parce qu'il se trouve que je suis concerné, monsieur Rosemblat.
05:03Lorsqu'on a un enfant chez soi qui veut faire médecine, qu'il a passé sa première année de médecine, qu'il a eu des bons résultats en médecine, mais malheureusement qu'il a terminé 170e au lieu d'être...
05:15Et qu'on n'en prend que 130, il est obligé de s'expatrier.
05:18Et vous avez un enfant qui, en l'occurrence, est en Roumanie, en train de faire sa première année de médecine parce qu'on ne peut pas redoubler en France.
05:26On marche sur la tête, monsieur Rosemblat.
05:28Et paraît-il que la médecine libérale a accepté ça. J'avais eu cet échange avec monsieur Marty, vous étiez tous dans la boucle et vous avez accepté cela, qu'on ne puisse pas redoubler en France.
05:38Ce que je trouve invraisemblable.
05:40Mais on n'a jamais pu redoubler ?
05:42Non, ça fait 3-4 ans.
05:42Non, mais la médecine, les cours de médecine existent en France depuis le 11e siècle ou 12e siècle.
05:48Les premières facultés, c'était à Montpellier.
05:50Depuis 4 ans, on ne peut plus redoubler sa première année de médecine.
05:53Comme si on était obligé, surtout lorsqu'on l'a validée, lorsque vous avez déjà un bon résultat.
05:57Simplement, vous n'êtes pas dans le concours.
05:59Je ne sais pas votre avis là-dessus, mais il y a de quoi être étonné de l'administration de la médecine en France, monsieur Rosemblat.
06:05Oui, mais ce n'est pas nous qui décidons de cette administration.
06:08Et depuis des années, nous disons que le mérosclerogisme devrait être augmenté parce qu'il va y avoir une pénurie de médecins.
06:13Et nous sommes en plein dedans.
06:15Moi, je suis proche de la retraite.
06:16Eh bien, j'ai des remplaçants parce que les remplaçants veulent bien me remplacer pour bénéficier de tout mon matériel,
06:23sans avoir à payer de charges, etc.
06:27Et par contre, je ne trouve pas de successeur.
06:31Ben écoutez, ça sera intéressant de vous écouter de nouveau.
06:35Il est 17h42.
06:36On va marquer une pause.
06:37Vraiment merci.
06:38Et votre combat, me semble-t-il, est légitime.
06:41Parce qu'effectivement, 30 euros la consultation.
06:44Ce n'est pas pour nous les médecins.
06:45Bien sûr, bien sûr.
06:45On gagne notre vie.
06:46Vous l'avez dit, on gagne correctement notre vie.
06:48Ce n'est pas ça le problème.
06:49C'est de pouvoir justement, correctement, encadrer nos patients.
06:55Moi, je pense que ce combat est légitime.
06:57Et j'ai écouté beaucoup et j'ai lu pas mal d'arguments qui ont pu être convaincants.
07:03Merci beaucoup et bonne année à vous, monsieur Rosemblat.
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