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Blocage des lycées - Revoir l'énorme clash ce midi dans "24h en France" sur CNews
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00:00La seule réponse que M. Darmanin et Consor ont en haut de leur tour d'ivoire, c'est la répression.
00:05Et ils n'ont jamais répondu, ni lui, ni M. Nunez, ni les ministres de l'éducation qui se sont
00:09succédés.
00:10Parce que ce n'est pas la première, malheureusement, mobilisation d'étudiants et de lycéens.
00:14Ce n'est que la répression. Et si la répression marchait, ça fait longtemps qu'il n'y aurait plus
00:19de violence.
00:19Attendez, je vous coupe. Vous utilisez le mot de répression. Je crois que personne ici ne voit de répression.
00:26Où voyez-vous la répression ? Nous, on voit des attaques en règle, des attaques parfois rangées, en ordre vraiment
00:35de bataille.
00:37Et les policiers qui se débattent et qui reculent comme ils peuvent, en fait. Où voyez-vous la répression ?
00:42Je peux vous poser une question à vous et à l'ensemble des personnes qui sont présentes ?
00:45On n'en est pas la première manifestation de lycéens. Et en fait, on ne parle des lycéens et de
00:51leur mobilisation qu'une fois qu'ils sont violents.
00:53Ça fait une vidéo qui se rassemble tous les matins. Excusez-moi, je ne vous ai pas coupé la parole
00:57et je vous écoute.
00:58Donc vu que je suis loin, ayez l'obligence de m'écouter, s'il vous plaît. Et de ne pas
01:01me couper la parole, c'est compliqué, les duplex.
01:03Donc, s'il vous plaît, je voudrais savoir à quel moment le ministre de l'Éducation et tous les responsables
01:07politiques qui sont locaux ou nationaux,
01:09les inspecteurs d'académie, les recteurs, les proviseurs, au lieu d'appeler la police, ont reçu, oui, ces enfants.
01:16Parce que quand on a 15 ans, 14 ans, 16 ans, 17 ans et même 18 ans, on est encore
01:21un peu un enfant.
01:22Parce qu'ils éduisent de pouvoir être dans des conditions...
01:24Vous dites de ne pas vous couper, mais je ne peux pas vous laisser dire ça.
01:27Ce qu'on voit là, on n'a pas vu les mêmes images. Pardon de vous le dire, Madame Ben
01:30Mohamed, mais on n'a pas vu les mêmes images.
01:33À 15 ans, frapper une femme, un policier, un pompier comme ils le font, ce n'est pas des gosses,
01:38en fait.
01:39Je ne sais pas ce que vous avez vu comme images.
01:40Je suis d'abord scandalisée qu'ils aient attaqué les pompiers, ça n'y a aucun souci.
01:44Donc moi, je suis d'abord scandalisée que les proviseurs aient appelé la police pour leur propre...
01:5140 proviseurs blessés, Madame, 40 proviseurs blessés.
01:55Vous avez passé, c'est le secours qu'ils appellent, ce n'est plus la police, Madame.
02:00Madame, oui, maintenant il y a 40 proviseurs blessés, mais qui a commencé ?
02:12Moi, je suis maman d'un enfant de 16 ans, et je peux vous garantir que j'ai fait le
02:15choix de le laisser dans le public,
02:17parce que je suis très attachée à l'enseignement public.
02:19Ok, il était où, il y a votre enfant, alors ?
02:21Ce n'est pas la première fois que je le dis, mon fils a des carences énormes en termes de
02:25scolarité,
02:26parce qu'il n'a pas eu une année, il n'a pas eu minimum 250 heures de professeurs absents
02:30non remplacés par l'éducation nationale.
02:32On ne parle pas de la même chose, on ne parle pas de la même chose.
02:34Des carences, ça ne justifie pas de tout casser, en fait, ok ?
02:38Je ne dis pas de tout casser, mais à force de demander d'avoir des professeurs.
02:41Ah d'accord, donc vous leur trouvez des excuses, en fait.
02:44Vous leur trouvez, non, mais là, vous êtes en train de relativiser, Madame, et vous leur trouvez des excuses, en
02:48fait.
02:48Non, non, je dis, non, non, excusez-moi, je n'ai pas l'excusé, j'ai le droit, ça s
02:51'appelle la démocratie, Madame.
02:52Ah, ça ne va pas pour les moyens de déficier, on va maintenant se traduire, en fait, leur colère.
03:00Et au moment où on se parle, je reste avec nous quelques instants, parce que c'est très intéressant,
03:05regardez cette charge des policiers à Pantin, parce qu'évidemment, en face, on leur a sans doute encore tiré des
03:12mortiers,
03:12et donc ils répliquent comme ils peuvent, c'est en train de se passer en direct.
03:15Revenons à la notion de responsabilité civile, Kauter, s'il vous plaît.
03:19Oui, ça existe dans le droit français. Est-ce que les parents sont responsables, vous convenez,
03:24puisque vous dites, j'ai un enfant de 16 ans, etc., et ça ne va pas pour lui à l
03:27'école,
03:27vous convenez que si demain, il fait une connerie, pour parler un peu vulgairement,
03:31vous allez devoir être responsable de ces actes en tant que parent majeur ?
03:37Oui, moi je suis un parent majeur, mais effectivement, la loi aussi dit que personne,
03:41et ça j'ai entendu plusieurs avocats le dire sur votre plateau, sur votre antenne et sur d'autres antennes
03:45aussi,
03:45qu'en fait, nul ne peut payer une amende pour quelqu'un d'autre qui a fait un délit.
03:50Mais ce n'est pas une amende, c'est des dommages et intérêts.
03:52C'est des dommages et intérêts. Alors, Maître Roy, si vous voulez l'adresser à elle peut-être ?
03:56Pardon Madame, mais vous commettez une erreur. L'amende, elle est pénale.
03:59Vous avez raison, l'amende, elle concerne la personne qui a commis l'infraction.
04:03Et même, il y a un texte pénal qui permet aussi aujourd'hui de faire condamner les parents
04:07si d'aventure, ils ont fait preuve de défaillance dans l'éducation.
04:10Mais sur le plan civil, les parents peuvent être condamnés au titre des dommages générés
04:14en réparation du préjudice commis, au titre de la responsabilité civile,
04:19parce qu'en votre qualité de parent, vous êtes représentant légaux
04:21et donc vous êtes responsable civilement des dommages causés par vos enfants.
04:26D'accord, Maître. Je vous suis. D'accord. Ok.
04:29Donc ils vont faire jouer leur assurance civile parce qu'on est tous assurés de toute façon...
04:32Exactement, c'est ce qu'ils font la plupart du temps.
04:34Les parents appellent en responsabilité civile leur multirisque habitation.
04:39Par contre, s'il vous plaît, moi je voudrais savoir qui est responsable
04:42et qui doit payer pour tous les manquements que subissent ces enfants, leurs parents,
04:46parce que moi je veux bien que vous voulez mettre des amendes à des parents.
04:48De quoi vous parlez en fait ?
04:49Je vais terminer, s'il vous plaît. Je veux bien que les parents prennent en charge
04:52les responsabilités, les frais, etc. Mais je ne sais pas si je vais vous faire atterrir,
04:57mais les parents n'ont même pas les moyens aujourd'hui de mettre de l'essence
04:59pour aller travailler, nourrir leurs enfants et payer l'électricité.
05:02Donc moi je veux bien qu'on rajoute du fléau au fléau, mais ce n'est pas la solution en
05:05fait.
05:05C'est très bien, ils vont payer aussi pour les dégâts que leurs enfants ont commis.
05:09De se mettre autour de la table et que M. Darmanin, qui a été en responsabilité
05:13dans plusieurs ministères, qui a été maire d'une ville,
05:15donc il devrait avoir cette proximité avec les habitants et entendre ce qu'ils disent les habitants,
05:19peut-être qu'à un moment donné, il faudrait au-delà des amendes,
05:22au-delà de faire prendre en charge la responsabilité civile,
05:25aux assurances des parents, etc.
05:27Peut-être qu'à un moment donné, pour que ça s'arrête,
05:30il faudrait que ces jeunes qui faisaient 13 ans, 14 ans, 15 ans, 18 ans ou 21 ans,
05:35qu'ils rentrent chez eux et que ce ne soit pas un taux dit,
05:37qu'ils puissent aller à l'école avec des transports de qualité,
05:39qu'ils puissent arriver dans ce métal, qu'il y a des toilettes qui fonctionnent,
05:42où il n'y a pas parcours sub, et peut-être que là on aura moins de problèmes
05:44et moins de problèmes pour un civil à payer.
05:47Vous êtes en train de me dire que si demain, on met le paquet sur les équipements scolaires,
05:51l'éducation, etc., ça va s'arrêter comme par magie, mais franchement.
05:54Vous savez ce que je suis en train de vous dire, madame ?
05:56Je vous dis qu'en fait, tous les manquements, il est l'acheté des adultes sous nos hommes
05:59qui ont fait qu'on a laissé proliférer une société qui est de plus difficile à vivre
06:03pour tout le monde et pour nous.
06:05Mais vous savez qu'il y a aussi, est-ce que vous comprenez qu'il y a aussi des millions
06:08d'enfants
06:08qui ont le même âge qu'eux et qui ne font pas tout ça en France ? Pourquoi ?
06:11Oui, je comprends, madame.
06:13Alors pourquoi il y en a à qui c'est permis, à qui on excuse,
06:16et les autres, ils restent dans le rang, ils n'ont pas forcément...
06:18Non, il y a des millions.
06:20Non, non, mais ils n'ont pas tous des moyens mirobolants, vous savez,
06:23il n'y a pas que des bourgeois en France, madame.
06:24Ce n'est pas des moyens que j'allais parler.
06:25On n'a pas tous le même niveau de conscientisation et on n'est pas tous des militants.
06:29Heureusement pour la France et heureusement pour tout le monde, de toute façon.
06:32Et chacun a son domaine de compétence, son domaine d'engagement.
06:34Il y en a, c'est pour la pêche, il y en a, c'est pour l'école, il y
06:36en a, c'est pour les infirmiers.
06:37D'accord, mais moi, j'entends surtout quelqu'un qui valorise la culture de l'excuse permanente
06:40et c'est un peu...
06:42Pas du tout, madame, pas du tout.
06:43Alors là, je parlais à une ex-éducatrice qui a toujours mis les jeunes en face de leur responsabilité,
06:48qui ne leur a jamais fait un CV, qui se sont confrontés à trouver du travail
06:51et à faire ce qu'ils avaient à faire à l'école.
06:53Et j'ai aussi confronté les parents d'une manière tellement brutale
06:56qu'elles seraient limite indécentes à dire, y compris sur votre antenne.
06:59Ok, bon.
07:00Sauf qu'à un moment donné, moi, je suis comme un pompier, madame.
07:02Quand il y a le feu quelque part, je l'éteins,
07:04mais je recherche l'origine du feu pour être sûre qu'il ne va pas reprendre.
07:07Et en fait, le problème qu'on a, chaque fois que les mobilisations, quelles qu'elles soient,
07:11en particulier pour des enfants, on fait de la répression ou de la responsabilité civile
07:17ou de la responsabilité en termes d'assurance.
07:19Vous appelez ça comme vous voulez.
07:20Merci.
07:20Ça, on le gère, on parle des dégâts, mais on ne prend pas de la source, madame.
07:23Bon, on espère que ça se passe bien, en tout cas, pour votre enfant de 16 ans
07:27et que vous n'aurez pas de soucis avec, parce que, bon, voilà.
07:30Merci beaucoup.
07:31Pourquoi vous voulez que j'explique ?
07:31Parce que vous ne paierez pas la responsabilité civile.
07:33Vous allez vous soustraire, donc on l'a compris.
07:35Mon fils, madame, il est comme tous les enfants de France, en fait.
07:38Il n'est pas exceptionnel.
07:39Il va à l'école publique, il n'est pas de la moitié du plateau,
07:41là, qu'il y a ses enfants dans une école privée, peut-être.
07:43Non, non, excusez-nous.
07:44Madame, ne faites pas de généralité.
07:45Mais dis-la, c'est pas du tout.
07:46Si vous voulez que le monde dit l'avant, s'arrêter de faire des généralités.
07:48Et en fait, je vous dis quelque chose, monsieur Bélage, qui est important.
07:50C'est pas pour la police, il est violent, c'est une partie de la police.
07:53Moi, j'ai une fille à la fac, d'accord.
07:56Elle s'appelle Bélage, d'accord.
07:57Ça ne l'a pas empêché, parce que j'ai une éducation.
07:59C'est pour ça que je parle d'éducation.
08:01Personne, ma grand-mère, elle m'a appris à être toujours meilleure,
08:03parce que quand je me lève le matin et je me regarde dans une classe,
08:06je suis différent des autres.
08:07Et là, cette génération-là, elle voit les choses beaucoup plus faciles.
08:12Moi, je vous propose un deal.
08:14Comme ça, tout le monde sera content et vous allez voir le résultat.
08:16Je vous propose qu'on se retire, nous, les policiers.
08:20Qu'on laisse faire, d'accord ?
08:23Et que vous vous débrouillez avec le chaos.
08:25Honnêtement, ce n'est pas méchant.
08:27Non, parce que moi, il a l'air de question que ce soit mes collègues
08:29qui payent votre vision des choses, madame.
08:31Ce n'est pas possible, en fait.
08:33Moi, je ne peux pas entendre ce que j'entends depuis une semaine.
08:35Parce que moi, j'ai trois enfants.
08:36Ils ont tous été au lycée.
08:38Ils ont tous été en public.
08:39Donc, arrêtez de trouver des excuses.
08:40La vie, elle est dure.
08:42Elle est dure à Marseille.
08:43Elle est dure à Paris.
08:44La vie, c'est un combat.
08:45Et en fait, là, vous êtes en train de transformer des enfants en chèvres.
08:48D'accord ?
08:49Et des chèvres qui deviennent très, très violentes.
08:51Vous les transformez en monstres.
08:54Elle va vous répondre.
08:55Elle va vous autoriser à vous répondre.
08:57Allez-y, allez-y.
08:58C'est dommage.
08:58C'est triste.
08:59Hier, j'étais en soins.
09:01Mon fils m'appelait pour me dire qu'il y avait le blocus à son lycée.
09:03Je suis sortie de mes soins et j'y suis allée.
09:05Les enfants, parce que moi, je considère que c'est des enfants,
09:07étaient en train de s'exciter, de brûler des papiers, etc.
09:10Je me suis mise au milieu.
09:12Je me suis mise au milieu.
09:14Je leur ai parlé.
09:15Je leur ai expliqué que ça allait desservir,
09:17que ce n'était pas de cette manière qu'on se battait, qu'on revendiquait.
09:19Je leur ai dit de faire une liste de revendications,
09:21de les présenter aux professeurs.
09:22D'accord.
09:22Et ils se sont arrêtés ?
09:23Ils se sont arrêtés comme par magie ?
09:25Ils se sont arrêtés, madame.
09:26Mais arrêtés.
09:26Ce n'est pas la même population, alors.
09:28Comment vous pouvez dire ça ?
09:29Il y a des surveillantes qui se font courser en pleine rue.
09:32Madame, parce que c'est la société, je peux vous montrer des photos ?
09:33Et je peux demander aux jeunes qui m'ont plus fait de vous envoyer les photos ?
09:35Parce qu'ils vous connaissent.
09:37Parce qu'eux vous connaissent.
09:45Non, mais il y a des blocus où ça s'est bien passé, madame.
09:47Il y a des blocus où ça s'est bien passé.
09:49Non, mais je pense qu'il faut ressentir.
09:52Il y a des gens qui sont arrivés.
09:53Allez dans un lycée où personne ne vous connaît.
09:55Vous n'êtes pas la maman d'oeufs.
09:57Et on ne vous recevra pas pareil, madame.
09:58Non, non, mais il y a des gens qui sont venus jeter des oeufs sur la propagande.
10:02Les civils sont arrivés.
10:04Ils ont arrêté les jeunes.
10:05Je ne me suis pas interposée parce qu'ils avaient commis quelque chose de grave.
10:09Donc, ne me faites pas passer pour ça que je ne suis pas.
10:11Quand des jeunes fracassent quelque chose, je m'interpose, j'essaie de les calmer si je peux.
10:15Et quand la police intervient et qu'ils ont commis un délit ou qu'ils ont mis quelqu'un en
10:18danger,
10:18je les laisse faire leur travail.
10:20Mais moi, quand je vois des images d'une jeune fille de 14 ans,
10:23je ne sais plus comment elle s'appelle, j'ai vu ça sur les réseaux sociaux,
10:25qui est traînée et qui est...
10:27Ça me choque, excusez-moi.
10:28Oui, madame, excusez-nous.
10:30On n'a pas le droit de frapper, on ne fait pas ce qu'on veut, en fait.
10:32Arrêtez un peu tous avec ça, en fait.
10:33Moi, une fille, elle ne veut pas s'enlever quand je passe et je suis en maintien de l'ordre.
10:36Bah oui, je l'attrape comme je peux.
10:38Vous préférez quoi ? Qu'on lui mette des coups dans la tête ?
10:41Sérieusement, c'est vous qui devriez redescendre un peu.
10:43Ça s'appelle des troubles.
10:44Ça s'appelle des troubles à l'ordre public.
10:46Voilà, mais en fait, je ne comprends pas.
10:48Ilana, je ne t'ai rien à vous parler.
10:49Je suis désolée, madame, mais en fait, en tant que psychologue,
10:52j'aimerais quand même vous faire part de ce que je...
10:56Alors, on vous a écouté ?
10:57Maintenant, c'est à mon tour, si ça ne vous dérange pas, en fait.
10:59J'aimerais bien aussi pouvoir m'exprimer.
11:02Merci.
11:03En fait, dans mon cabinet, je reçois des jeunes qui sont violents.
11:06Et ces jeunes qui sont violents, avec leurs parents, notamment,
11:10ils peuvent être issus de tous les milieux.
11:12Ils peuvent avoir un milieu très favorisé, comme défavorisé,
11:17et pour autant, les parents se retrouvent complètement dépassés.
11:23Démunis, dépassés, et ils n'ont aucun pouvoir sur leur enfant
11:27parce qu'ils se retrouvent dans une forme d'impuissance
11:29où les enfants prennent tout le pouvoir.
11:32Et ce, quelle que soit la religion, quel que soit le niveau éducatif
11:36ou le niveau social des parents, on retrouve cette violence.
11:40Oui, ça existe.
11:41Oui, donc ce n'est pas seulement lié au fait que ce sont des familles
11:44qui sont défavorisées.
11:46Et là, on parle de deux choses complètement différentes
11:49entre des jeunes qui revendiquent des moyens dans leur lycée.
11:54Ça, c'est une chose.
11:54Et là, on parle de violence qui est une forme de fascination
12:00et qu'on va militer pour encourager cette violence.
12:04On parle de deux sujets qui sont complètement différents.
12:06C'est ce que j'allais vous dire, madame.
12:08Vous voyez, j'ai fait le geste.
12:09On parle de deux sujets complètement différents.
12:10Je suis éducatrice depuis 1995.
12:13Et même si c'est une pratique que ce métier, quand on est éducateur social,
12:16on l'est à vie, en fait, parce que je suis encore sollicité dans la rue, etc., etc.
12:19Et tant mieux, ça veut dire que j'ai bien travaillé.
12:21Je me bats depuis toujours contre...
12:22Je suis née dans une bidonville, madame, à Marseille.
12:25Je ne suis même pas née dans une cité.
12:26Une cité, c'était Versailles pour moi à l'époque.
12:28Et donc, je peux vous garantir que j'emploie toutes mes journées.
12:32Je suis bénévole à Marseille en colère depuis huit ans de manière totalement intense.
12:36Je suis à plein temps et je ne suis pas payée par personne.
12:38Je me suis mis en précarité moi-même pour aider les gens parce que ma porte d'entrée,
12:41c'est le logement indigne.
12:42Et je découvre tellement de drames derrière et des violences à tous les niveaux,
12:46qu'elles soient sociétales, qu'elles soient physiques, qu'elles soient des parents
12:48qui frappent des enfants, des femmes battues, des familles monoparentales, de la drogue.
12:51Et y compris, c'est des personnes qui sont aisées au départ.
12:54Donc, les formes de violence et l'impuissance des parents, elles existent.
12:57Et nous s'y sommes tous confrontés de manière directe et indirecte.
13:00Et je ne le nie pas.
13:01Sauf que je refuse, madame, je refuse, qu'on mette tous les étudiants qui se battent
13:05pour avoir des conditions meilleures de vie, d'existence et de scolarité et d'études
13:09dans le même lot.
13:10Mais on ne le fait pas.
13:12Mais personne ne fait ça, madame.
13:14Je refuse.
13:14Si je peux terminer, madame, ma phrase.
13:16On parle de ceux qui cassent.
13:18Image à l'appui.
13:18Mais alors, heureusement que je ne vous ai pas interrogé il y a 20 ans ou 30 ans
13:21quand il n'y avait pas les téléphones portables.
13:22Parce que vous nous auriez dit des trucs qui ne sont même pas provables par l'image.
13:27Or, là, on vous fait...
13:27Mais madame, moi, ce que je commence, c'est des images.
13:30La jeune fille qui a été prise et tendue.
13:32Envoyez-moi les images que vous avez parce que nous, on ne les a pas vues, ces images-là.
13:36Je les ai envoyées à M. Bilal ce matin.
13:39Merci en tout cas, Kauter Ben-Mohamed, d'avoir été avec nous cet après-midi.
13:43On ne va pas se réconcilier sur les points de vue aujourd'hui.
13:46On a bien compris.
13:47Mais voilà, c'est bien aussi d'avoir toutes les voix qui s'expriment.