- il y a 9 mois
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00:00Europe 1 soir week-end et j'accueille Alexandre Malafaille, fondateur du Pink Tank Sinopia.
00:04Bonsoir Alexandre.
00:05Bonsoir Stéphanie Lemurie.
00:07Et Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant.
00:10Bonsoir Jean-Michel.
00:11Bonsoir Stéphanie.
00:12Alors beaucoup de sujets ce soir et beaucoup d'idées parfois plus ou moins inspirées.
00:17On va parler tout d'abord de celle d'Emmanuel Macron.
00:21Alors jamais à court d'idées surprenantes et peut-être parfois décalées, enfin vous en jugerez.
00:25L'Elysée souhaite créer un haut commissariat à la diversité.
00:30Alors comprendre, faire de la diaspora, les binationaux d'origine étrangère manifestement,
00:35un atout de la France en matière de politique étrangère.
00:38C'est une manière aussi, on n'a pas trop compris le rapport,
00:41mais c'est ce qui est indiqué par l'opinion qui publie cette information,
00:44une manière de répliquer à Donald Trump qui lui aurait une obsession
00:48pour une Europe barricadée contre les étrangers.
00:51Alors c'est un conseil qui pourrait être annoncé lors du sommet Africa Forward.
00:54L'Afrique en marche, tiens, ça vous rappelle quelque chose.
00:57À Nairobi et au Kenya en mai prochain.
00:59Alors ce qui attire l'attention, c'est ceux qui composeraient ce commissariat.
01:04Alors des anciens ministres, Najat Balobel-Kassem, elle a quand même déjà deux jobs.
01:07On le rappelle, Najat Balobel-Kassem, Papendai, ancien ministre de l'Éducation,
01:14Christen Tobira, le footballeur Lilian Thuram.
01:17On parlera un petit peu des positions des uns et des autres.
01:20Bonsoir Rachel Kahn.
01:21Bonsoir, merci de m'accueillir.
01:23C'est nous qui sommes ravis, Rachel.
01:26Vous êtes juriste, écrivain, on le rappelle.
01:28Auteur de la culture de la violence apparaître le 4 février prochain aux éditions Fayard.
01:32On parlera un petit peu de ce livre.
01:34Vous nous ferez un petit teasing comme on dit.
01:36Mais en attendant, là, vous publiez dans le point une lettre ouverte à Emmanuel Macron
01:41de la part, vous dites, d'une française.
01:43Vous l'appelez.
01:44Alors pour vous, ce projet de création d'un haut commissariat à la diversité et au diaspora
01:48est une faute politique, philosophique et républicaine, Rachel.
01:52C'est une trahison.
01:54Et oui, c'est une faute.
01:55C'est une faute à notre promesse française.
01:59Par ailleurs, quand on est président de la République, on est président de tous les Français.
02:03On ne va pas commencer à s'amuser.
02:06D'autres le font très bien.
02:07De mettre la race au centre, de nous mettre dans des cases, de nous assigner au regard de nos origines,
02:14notre couleur de peau.
02:15La France est un pays politique.
02:17Ce n'est pas un pays avec des ethnies ou avec des religions.
02:21C'est un pays qui se rassemble autour de principes fondamentaux, de valeurs fondamentales.
02:26Et là, vous savez, il y a quelques années, j'ai appris que j'étais de la diversité.
02:34Moi, je ne savais pas, ça.
02:35Non, mais je pensais que j'étais française.
02:39Vous n'aviez peut-être pas envie d'être réduite à ça ?
02:41Je n'ai pas envie d'être réduite à ça.
02:43C'est une identité carcérale.
02:46Et si vous voulez, aujourd'hui, on emploie ce mot à mauvais escient,
02:50parce que la diversité, c'est nous tous, en tant que Français.
02:53Et c'est un mot qui remplace noir et arabe.
02:56Et c'est un mot qui remplace le fameux mot racisé que je ne supporte pas.
02:59Et pourtant, vous l'avez défendu.
03:02Vous le dites d'ailleurs au début de cette lettre ouverte que vous lui adressez,
03:05Emmanuel Macron, vous dites, j'ai été en première ligne pendant votre dernière campagne,
03:09non pas par goût du combat, mais par fidélité à une certaine idée de la France.
03:14Il l'a oublié, cette certaine idée de la France, Emmanuel Macron.
03:16En reprenant ce mot, avec ce haut commissariat,
03:20avec le casting que vous avez énoncé tout à l'heure.
03:24C'est-à-dire que cette idée-là, ça veut dire, en somme,
03:29qu'au regard de votre couleur de peau, vous n'avez pas de pensée.
03:34Vous avez une injonction à réfléchir d'une certaine manière.
03:38C'est-à-dire que c'est totalement aux antipodes de la promesse républicaine.
03:41Et de la méritocratie aussi.
03:44C'est-à-dire que la couleur de peau, ce n'est pas un vote.
03:47Je sais très bien que Jean-Luc Mélenchon et LFI ont une volonté
03:52de s'approprier ma couleur de peau.
03:56Et ils ne me supportent pas, simplement parce que je suis une femme libre
03:59et que je défends la France.
04:01Jean-Michel Salvatore.
04:03C'est vrai que moi aussi, je suis assez surpris par ce projet
04:06qui paraît complètement baroque.
04:08Pour la raison que vous avez dite, Rachel, le côté communautariste.
04:11Et puis, ça c'est déjà une première provocation.
04:14Mais il y en a une deuxième, qui est finalement de créer un nouveau machin.
04:18Alors qu'on sait très bien qu'il faut faire des économies,
04:20qu'on est à la chasse aux commissions qui ne servent à rien.
04:26Et là on dit, ben non, on va faire...
04:28Et ce que je trouve aussi tout à fait sidérant,
04:32c'est les explications qui sont données par l'Elysée.
04:34Puisque l'Elysée explique que ce haut-commissariat,
04:38il va être créé pour contrer la vision trumpienne de l'Europe
04:44et la guerre des civilisations qui se prépare.
04:47Vous avez peut-être compris, vous allez me l'expliquer, Rachel Kahn.
04:49Rachel Kahn, c'est quand même affolant.
04:53Mais c'est affolant.
04:54Bon déjà, sachez que Donald Trump n'est pas du tout effrayé
04:57par ce haut-commissariat.
04:59Oui, on s'en doute.
05:01Je crois qu'il lui en faut plus.
05:03Non, en plus, en plus, un pays fort, c'est un pays qui est uni.
05:10Un haut-commissariat à la diversité, j'ai pas compris ce que ça voulait dire,
05:14et au diaspora, c'est une nouvelle fois mettre,
05:18raviver une nouvelle fois de la fracturation,
05:21cliver dans notre société.
05:24Cliver, racialiser, créer des différences.
05:26C'est l'inverse de la lutte des discriminations.
05:28Exactement l'inverse, ça nourrit le racisme, ça nourrit le racialisme,
05:33ça nourrit aussi l'antisémitisme.
05:35Donc, en fait, c'est complètement à l'inverse d'une défense nationale souveraine.
05:42Et alors, c'est absolument pas une réponse à Trump.
05:44Trump, il a gagné les élections parce qu'il a considéré
05:46que tous les citoyens américains se réunissaient derrière un même drapeau.
05:50Absolument.
05:51Et c'est une chose que nous n'arrivons pas à faire aujourd'hui.
05:53Alexandre Melfel.
05:54Non, mais ce qu'on peut craindre, c'est qu'on est face à la création d'un nouveau gadget.
05:58Emmanuel Macron a eu ce talent, au travers des huit dernières années,
06:02de créer des outils, ou alors d'utiliser des outils existants et d'y placer.
06:06On a vu avec François Bayrou, quand il a voulu redonner au commissariat au plan
06:10une espèce de souffle, en fait, il n'y a pas eu souffle.
06:12On ne sait même pas ce que ça a donné, machin, comme vous dites, à part coûter de l'argent.
06:17Ça, c'est un vrai dévot du système, donc surtout en fin de mandat.
06:20Lancer une idée comme celle-là, même si on peut comprendre qu'il y a quelques attendus
06:23qui ne sont pas intéressants dans ce qui est dit.
06:26Il y a un sujet, c'est vrai qu'en France, on parle beaucoup d'immigration, d'immigrés,
06:30et forcément, les débats sont très polarisés là-dessus,
06:32et vu d'Afrique, ça peut être perçu comme étant, finalement,
06:35émanant d'un pays qui est raciste, et donc il faut s'en occuper.
06:38Donc il y a une volonté d'essayer sans doute de faire quelque chose, mais qui est mal posé.
06:41Alors déjà, on fait un gloubi-boulga, on commence par dire,
06:43au commissariat, alors, diversité et diaspora.
06:46On met deux mots, on ne peut pas faire simple, on pourrait dire diaspora,
06:48admite, occupons-nous au moins des, entre guillemets, des communautés,
06:51ceux qui représentent différents pays, qui ont peut-être besoin qu'on les prenne en charge,
06:55qu'on ne les traite pas que des immigrés.
06:56Non mais Alexandre, c'est hors-sol, aujourd'hui, vous avez vu la souffrance des agriculteurs français,
07:00c'est totalement décalé là.
07:02C'est peut-être décalé, mais on ne peut pas empêcher de chercher des solutions pour faire mieux.
07:05Il y a peut-être aussi un outil d'influence qui voulait être utilisé par la France
07:08pour finalement redonner, parce que dans les attendus du président de la République,
07:11il y avait aussi ça, redonner la possibilité de recréer des liens
07:14avec des pays d'Afrique, pour le coup, qui sont en difficulté avec nous aujourd'hui,
07:18parce qu'ils ne comprennent plus ce que fait la France.
07:19Donc il y a peut-être des intents, mais en fait, quand vous mettez diversité et diaspora,
07:28vous brouillez le message de manière absolument invraisemblable.
07:30Oui, et puis Rachel Kahn, le casting interroge un peu, j'en ai parlé.
07:34Je vous laisse le commenter.
07:35Non mais sans m'attacher à certains noms,
07:38le casting, c'est simplement qu'il n'y a pas de diversité, justement.
07:42Il n'y a pas de diversité de pensée.
07:43Donc ça veut vraiment dire qu'une couleur de peau, finalement,
07:47vous assigne à une manière de penser.
07:49Et là, dans certains noms, on voit quand même des personnes
07:53qui ont pointé du doigt la France, qui ont pointé du doigt les Blancs,
07:57qui sont dans une démarche identitaire séparatiste.
07:59Et en fait, c'est ça, mon problème.
08:01Et je suis d'accord avec vous, il y avait quelque chose à faire,
08:03mais en début de mandat, avec l'Afrique,
08:05avec cette richesse que nous avons, nous, en France,
08:08d'être en lien avec plein de nations à travers le monde,
08:12mais pour rayonner à travers le monde,
08:13il faut être uni.
08:15Oui, mais là, c'est pas, en effet, l'esprit.
08:17Là, c'est là le...
08:19Moi, je ne comprends pas.
08:20Et puis, par ailleurs, on a une autre urgence.
08:22Effectivement, il y a les agriculteurs,
08:23il y en a plein d'urgences.
08:25Mais ces ingérences étrangères,
08:27c'est pas de la part de Trump, de la Russie,
08:29de je ne sais quoi.
08:30On a une question du frérisme, aujourd'hui.
08:32Et d'ailleurs, l'Afrique, avec Boko Haram,
08:36c'est dramatique ce qui s'y passe.
08:38On ferait mieux, en fait, de s'attacher à ce problème-là.
08:42Un haut commissariat, par exemple, à l'antrisme et aux frères musulmans,
08:45ça avait un véritable sens dans la période.
08:47Oui, vous le dites, d'ailleurs, l'ethnicisation...
08:50C'est pas facile à dire, oui.
08:51Du politique, une menace pour la démocratie.
08:53Vous les citez, le Hamas, le Hezbollah, Daesh,
08:55qui sont des réalités, pas des concepts.
08:58Et qui nous divisent.
08:59Oui, absolument.
09:00On l'a vu pendant deux ans, ce que ça a été,
09:01notamment par rapport à l'antisémitisme en France.
09:03Justement, vous parlez d'antisémitisme,
09:05mais on l'attendrait aussi peut-être là, Emmanuel Macron.
09:08Je vous rappelle qu'il y a deux jours,
09:10on a commémoré l'attentat de l'hyper-cachère,
09:12avec cette prise d'otages qui a fait quatre morts parmi les clients.
09:16On se souvient terriblement du nom du terroriste
09:18et peut-être pas des victimes,
09:19ce qui est d'une tristesse absolue.
09:22On l'aurait peut-être attendu à la marche contre l'antisémitisme
09:25au lendemain du 7 octobre.
09:27Et c'est vrai que là, il semble parfois y avoir
09:30une forme de parti pris, de division des Français.
09:32Il n'est pas partout, manifestement, Emmanuel Macron, Rachel Kahn.
09:37Malheureusement, et ce qui m'a triste, en fait,
09:39c'est qu'il y a quelques années,
09:41on a fait rentrer une grande dame au Panthéon
09:43qui s'appelle Joséphine Becker.
09:46Et elle, qui a quitté les Etats-Unis,
09:50ces régulationnistes, racistes, pour la France,
09:54qui est rentrée dans la résistance,
09:56qui a sauvé des Juifs aussi,
10:00qui a aussi adopté sa tribu arc-en-ciel.
10:02C'est quand même cette idée de la France lumineuse.
10:05Elle a rayonné à travers le monde,
10:06et elle est panthéonisée.
10:07Et je n'arrive pas à comprendre
10:08comment Emmanuel Macron n'est pas
10:10ni au bon endroit, ni au bon moment.
10:13Oui, c'est ça.
10:13Mais à force de faire du en même temps,
10:15on est véritablement hors-sol, et nulle part.
10:17Absolument. Jean-Michel Salvatore.
10:19Oui, moi j'ai quand même le sentiment
10:20d'une volonté de provocation,
10:22d'une certaine façon.
10:24Quand on regarde un petit peu,
10:25c'est vrai qu'Emmanuel Macron,
10:27avec tout ce qui est arrivé depuis la dissolution,
10:29il n'a plus aucun pouvoir.
10:30On le voit tous les jours un peu plus.
10:32On le voit d'ailleurs avec les agriculteurs,
10:34on le voit avec le Mercosur,
10:35on le voit sur l'immigration,
10:37on le voit sur tout un tas de sujets.
10:38Et on attendrait plutôt
10:40un président sans pouvoir
10:41qu'il essaye de rassembler
10:43un peu tout le monde
10:44en prenant des décisions
10:46qui finalement...
10:48Et puis qu'il parle en français.
10:49Des décisions qui peuvent être
10:50acceptées par tout le monde.
10:51Alors, il a fait un petit peu
10:54avec l'histoire des réseaux sociaux
10:56et des portables au lycée,
10:57parce que là c'est vrai
10:58qu'on est tous à peu près d'accord
10:59pour dire que bon,
11:00le portable au lycée, non.
11:02Les réseaux sociaux interdits
11:03à partir de 15 ans, non.
11:05Encore faut-il savoir
11:05comment mettre en œuvre
11:07ces interdictions.
11:09Mais là, c'est vraiment
11:10aller chercher l'un des sujets
11:12les plus clivants du pays.
11:13Absolument.
11:15Pour en faire en fait
11:16un objet de polémique
11:18qui risque d'ailleurs
11:20de se retourner contre son camp.
11:22Parce que finalement,
11:23je pense qu'il peut y avoir aussi
11:24une réaction inverse des Français
11:25qui se disent
11:26mais puisque c'est comme ça,
11:27on va voter pour le Rassemblement.
11:28Et c'est déjà un petit peu le cas.
11:30Rachel Kahn,
11:31je vous le disais,
11:32en vous présentant,
11:33vous allez aussi paraître...
11:36Publié, pardon.
11:37Un livre,
11:38La culture de la violence,
11:39apparaître le 4 février prochain
11:41aux éditions Fayard.
11:44C'est un livre aussi
11:45qui parle de la diversité d'ailleurs.
11:47Et vous dites,
11:48la violence est partout.
11:49Dans les mots qu'on assène,
11:51comptez les gestes,
11:52les silences,
11:52les discussions
11:53qui s'enveniment,
11:54les regards qu'on détourne,
11:55elle s'infiltre dans nos écrans,
11:57dans nos institutions,
11:58nos corps,
11:58nos liens les plus intimes.
11:59Vous partez d'un choc personnel
12:01et vous vous posez la question
12:02comment résister à la violence
12:04sans y ressembler.
12:05Absolument.
12:07Mais je trouve d'ailleurs
12:07que là,
12:09le sujet qu'on a abordé,
12:10vous savez,
12:10quand j'ai appris
12:11cette idée du président
12:13de la République
12:13de créer un haut commissariat
12:15à la diversité,
12:16j'ai trouvé ça
12:17d'une violence politique
12:19sans nom
12:19par rapport à notre promesse
12:21républicaine et française.
12:22Et effectivement,
12:23cette violence,
12:24alors c'est un ouvrage,
12:25peut-être je reviendrai
12:26pour vous en parler,
12:27de ne pas défleurer,
12:28mais c'est vrai que
12:29lorsque l'on voit
12:30que ce soit dans la rue,
12:31cette violence psychologique,
12:33le harcèlement de nos enfants,
12:34toute cette violence finalement
12:36constitue une nouvelle culture
12:40et c'est ce pourquoi
12:42on cristallise beaucoup
12:43sur l'antisémitisme en fait,
12:44parce que l'antisémitisme,
12:46il prend toutes ses formes.
12:47Il est à la fois psychologique,
12:49il est à la fois dans des attentats terroristes
12:51qui tuent des personnes,
12:52il est aussi politique
12:53lorsqu'il existe des silences,
12:55il est aussi juridique
12:56quand on n'arrête pas
12:57de parler du droit international
12:58et de l'ONU,
12:59alors même qu'en fait
13:00c'est devenu un instrument
13:01pour considérer
13:04qu'Israël est forcément génocidaire.
13:06Voilà comment j'ai abordé
13:07les choses dans cet ouvrage.
13:08Est-ce qu'il en a pris la mesure
13:10justement de cette violence
13:11Emmanuel Macron ?
13:13Je ne pense pas.
13:14Et pourtant,
13:15il y a quelques années
13:16avec Rassé,
13:18mon essai justement
13:19qui parlait de ces sujets-là,
13:21je sais qu'il l'avait lu,
13:23mais comme j'ai l'impression
13:25qu'il est vraiment
13:26dans une question
13:27de séquençage politique
13:28et de communication,
13:30eh bien c'est de la communication
13:31pour la communication
13:32sans prendre soin
13:33de tous les citoyens.
13:35Alexandre Malef.
13:36Oui, s'il avait voulu
13:36vraiment faire quelque chose d'utile,
13:38il aurait pu créer
13:38un haut commissariat
13:39à l'antisémitisme,
13:40ça, ça aurait pu être plus utile.
13:41Oui, c'était mon propos.
13:41Et le faire effectivement
13:42il y a longtemps.
13:43Il y avait, je pense,
13:44de bonnes vedettes de tir,
13:45si je puis dire,
13:46après le 7 octobre
13:46pour vraiment poser le débat
13:48parce que l'antisémitisme
13:50est aussi vieux
13:50que le peuple juif.
13:52C'est une espèce de cancer
13:53qui revient avec des métastases
13:54et on n'arrive pas
13:55à l'éradiquer
13:56même si de temps en temps
13:56il y a des périodes
13:57où on a l'impression
13:57que ça a presque disparu
13:58mais ce n'est pas le cas
13:59du tout en ce moment.
14:00Non, moi je trouve ça
14:00assez concernant
14:01d'autant plus que
14:02en fait ce que je crains
14:03c'est que c'est ce qu'on voit
14:04d'ailleurs à travers
14:05toute une série de nominations
14:06qui sont en train de se faire
14:07c'est qu'en fait
14:08le président de la République
14:08qui bien sûr anticipe
14:09la possible victoire du RN
14:11en 2027
14:13place toute une série de pions
14:15et de coins
14:15qui sont destinés
14:16effectivement à empêcher
14:17l'action de se déployer
14:19ça fait deux postes
14:21c'est une stratégie
14:23pour le coup
14:24c'est une vraie stratégie
14:25de blocage
14:26ou de créer
14:27des systèmes d'inertie
14:28qui vont permettre
14:29effectivement
14:29au système
14:30de ne pas évoluer
14:31comme on aurait pu
14:32peut-être souhaiter
14:32si les électeurs le souhaitent
14:33en tout cas
14:33c'est la volonté présidentielle
14:35qui est là
14:35qui s'exprime
14:36alors il n'est pas le premier
14:36à le faire
14:37en général
14:37c'est pas nouveau
14:38mais c'est assez redoutable
14:40et c'est assez totalement
14:41en fait contraire
14:42à ce qu'il veut faire
14:43c'est à dire qu'en fait
14:43quelque part
14:44il veut envoyer un message
14:45à destination du continent africain
14:46pour dire
14:47on va s'occuper des communautés
14:48d'Itasport etc
14:49et en fait
14:49il fait un outil politique
14:50destiné à paralyser le pays
14:52je trouve que c'est pas très loyal
14:54Rachel Kahn
14:55le mot de la fin ?
14:55Non mais
14:56ce haut commissariat
14:57en plus à long terme
14:58s'il est mis en place
15:00ça peut
15:01on a beaucoup parlé
15:02d'importation du conflit
15:03mais si dans ce haut commissariat
15:05vous avez un franco-algérien
15:07et un franco-marocain
15:09par exemple
15:09l'harmonie française
15:14normalement
15:14elle doit faire fi
15:15de ces différences-là
15:17pour les dépasser
15:18et nous émanciper
15:19pour pouvoir rayonner
15:20au niveau international
15:21je pense que
15:22c'est un haut commissariat
15:24qui peut aussi
15:24générer du conflit
15:26et oui
15:27et diviser
15:28merci beaucoup Rachel Kahn
15:29d'être passée par le studio
15:31d'Europe 1
15:31vous viendrez évidemment
15:32nous présenter ce livre
15:33j'y compte bien
15:34qui paraîtra donc le 4 février
15:36prochain aux éditions
15:37Fayard
15:37la culture de la violence
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