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00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:03Les diéto-politiques sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:07Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:09Mais t'as vu qu'on reparlera de Boilem Sansa dans les semaines qui viennent.
00:11Mais pour l'heure, on parle du Mercosur.
00:13La France devrait voter contre l'accord de libre-échange aujourd'hui à Bruxelles,
00:17sans que son vote d'ailleurs ait un effet sur le processus d'adoption du traité,
00:21puisqu'Emmanuel Macron, Vincent, n'a pas réussi à réunir une minorité de blocage.
00:25Oui, vous connaissez Dimitri, la différence entre le drame et la tragédie.
00:30Le drame oppose un bien et un mal,
00:33et la tragédie ne propose que des mauvais choix qui seront nocifs pour celui qui les prend.
00:37Eh bien le Mercosur, pour Emmanuel Macron, c'est une tragédie.
00:41S'il avait choisi de suivre l'Europe et d'approuver le traité,
00:43il aurait évité d'être mis en minorité,
00:45mais pris le risque d'une grave crise politique et sociale,
00:47un gouvernement probablement censuré, et l'exaspération des agriculteurs.
00:51Il a donc choisi l'autre mauvaise solution,
00:53c'est-à-dire exprimer l'opposition de la France au Mercosur,
00:57ce qui n'aura aucune conséquence sur le processus d'adoption du traité,
01:01mais lui permettra de dire à l'opinion publique qu'il a fait ce qu'il a pu.
01:04Emmanuel Macron, qui s'est fait le chantre de la souveraineté européenne,
01:07est donc contraint de se soumettre à la décision contraire d'une majorité qualifiée.
01:12Les défenseurs du chef de l'État diront qu'il accepte les règles du jeu européen.
01:16Les plus cyniques expliqueront que sur le fond,
01:18Emmanuel Macron est favorable au traité,
01:20et que son opposition n'a qu'un seul objectif, apaiser la colère paysanne.
01:23On peut dire ce qu'on veut, Dimitri,
01:24mais la perception commune de l'histoire du Mercosur,
01:27c'est celle d'une France faible dans une Europe qui décide contre les intérêts de notre pays.
01:31Cette histoire de Mercosur, Vincent, elle est vieille de 25 ans.
01:35Qu'est-ce qu'elle recouvre, selon vous ?
01:37C'est l'histoire d'un pouvoir qui a perdu le pouvoir.
01:40Il a commencé par déléguer sa souveraineté aux instances européennes
01:42pour les questions commerciales et agricoles.
01:44Il a soutenu à demi-moi un traité de libre-échange qu'il refuse aujourd'hui,
01:48avec toute l'éloquence des démagogies de circonstances.
01:50Il a menti à Bruxelles, il a menti aux agriculteurs,
01:53il a menti aux électeurs, il s'est menti à lui-même.
01:57Il se trouve emporté dans le siphon de ses mensonges.
02:00Le traité de Mercosur, aujourd'hui, n'est plus un texte commercial.
02:03On pourrait discuter de ce qu'il nous fait gagner, de ce qu'il nous fait perdre,
02:06mais la discussion est close avant même d'avoir commencé.
02:09Pourquoi ?
02:10Parce que les défenseurs officiels du traité se sont tellement trompés sur d'autres sujets
02:14qu'ils sont devenus inaudibles.
02:15Le Mercosur s'est devenu un symbole politique qui, malgré lui,
02:18cristallise des années de renoncement, de confusion, de court-termisme,
02:21de double discours.
02:22Le génie européen de l'embrouille bureaucratique
02:25et l'art français de la défaite.
02:26Mais en France, il n'y a quasiment plus de défenseurs du traité,
02:29sauf un peu dans la presse ce matin.
02:30Oui, et puis on trouve quelques économistes,
02:32comme l'excellent Olivier Babaut, que l'on entend le matin ici.
02:36Mais il peine à se faire entendre,
02:37parce que la machine bruxelloise qui porte ce traité
02:39est déconsidérée.
02:40La présidente de la commission, Ursula von der Leyen,
02:43celle qui va finalement signer l'accord,
02:45incarne à elle seule ce discrédit.
02:48Il faut dire qu'elle compte à son passif.
02:49La destruction méthodique de l'industrie automobile,
02:52la décroissance énergétique,
02:53avec pendant trop longtemps une hostilité sourde au nucléaire,
02:56la névrose normative sous couvert d'écologie,
02:58c'est-à-dire le fameux Green Deal,
02:59tous les carcans de vigilance, de transparence,
03:01de précaution qui entravent nos entreprises,
03:03le politiquement correct, en guise de politique.
03:06Alors elle essaye de faire marche arrière aujourd'hui
03:07sur tous ces sujets, mais c'est trop tard,
03:10et pour les éleveurs, VDL,
03:11c'est l'acronyme d'une Europe hors sol et hostile.
03:14Et pendant ce temps, Vincent,
03:15les éleveurs manifestent, mais sans grande illusion.
03:18Oui, les éleveurs et les forces de l'ordre
03:19se livrent à un face-à-face qui serre le cœur.
03:22Quelle tristesse de voir ces gens qui travaillent dur,
03:24qui nourrissent le pays,
03:25être condamnés à vivre sous subvention,
03:27avant sans doute de disparaître en silence.
03:30Je vous rappelle que deux agriculteurs
03:31se suicident tous les jours en France.
03:34Alors aujourd'hui, le Mercosur n'est que le prétexte
03:36d'une révolte aussi profonde que désordonnée,
03:39et personne, et surtout pas les syndicats,
03:41n'est capable de dire si le nom du président
03:43au traité de libre-échange
03:44suffira à apaiser une colère
03:45qui n'est pas seulement économique et sociale,
03:48mais bien existentielle.
03:49L'édito politique sur Europe 1.
03:51Merci beaucoup Vincent Trémolet de Ville.
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