- il y a 3 mois
Jean-François Copé, maire LR de Meaux, était ce jeudi 8 janvier 2026 l'invité du Face à face d'Apolline de Malherbe sur BFMTV et RMC. Il est revenu sur le blocage des agriculteurs à Paris, le Mercosur ou encore la situation politique de son parti LR.
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00:00Il est 8h28, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-François Copé.
00:04Bonjour.
00:05Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:07Vous êtes le maire de Meaux, vous êtes l'ancien ministre du budget.
00:10La droite, j'y comprends plus exactement qui représente quoi.
00:13Vous allez essayer de m'aider et de m'éclairer dans un instant.
00:15Mais d'abord cette colère, cette colère des agriculteurs.
00:18On a vu ces images depuis 5h ce matin.
00:20Une partie d'entre eux, ceux qui avaient promis de rentrer dans Paris,
00:23malgré les interdictions, ont bel et bien réussi à franchir le périphérique.
00:26Certains sont au pied de la Tour Eiffel, d'autres bloquent l'Arc de Triomphe, le périphérique.
00:32La 13 qui est bloquée en direction de Paris.
00:34A Bordeaux, c'est un dépôt de carburant qui est bloqué depuis hier soir.
00:37Est-ce que vous comprenez la colère des agriculteurs ?
00:39En tout cas des agriculteurs de cette filière principalement,
00:43puisque vous savez que c'est beaucoup la filière de l'élevage qui est concernée par le Mercosur.
00:47Après, ne me demandez pas de cautionner les blocages et les prises en otage
00:50de centaines de milliers de Français qui ne peuvent pas aller travailler,
00:54qui sont aujourd'hui en incapacité d'accéder.
00:57Ils auraient dû être bloqués davantage ?
00:57C'est-à-dire que l'interdiction avait été mentionnée,
00:59mais visiblement n'a pas réussi à les empêcher de rentrer.
01:02Écoutez, je le regrette évidemment, mais après vous me demandez si je comprends.
01:05Non seulement je comprends, mais je vois bien l'origine de cette très grave inquiétude
01:10qui, on se le dit ici, dépasse la question du Mercosur
01:13et qui dépasse même la question de cette dermatose qui touche aujourd'hui nos élevages.
01:18Ça dépasse, même si le Mercosur est effectivement, et c'est ce que dit la coordination rurale notamment,
01:24en quelque sorte l'étincelle de trop, qui devrait d'ailleurs et qui pourrait être signée dès demain.
01:30Mais quand vous dites, ça vient de beaucoup plus profond.
01:33Est-ce que vous considérez aujourd'hui que depuis des années,
01:36on aurait dû faire et on n'a pas fait pour la filière de l'élevage,
01:40pour la question, eux disent, on a laissé entrer une concurrence déloyale,
01:44on nous a imposé trop de normes.
01:45Ce matin, la porte-parole de la coordination rurale disait,
01:48ce n'est pas un problème européen, c'est même un problème français de zèle.
01:51Oui, je suis assez d'accord avec ça.
01:53Je pense que, en tout cas sur cette partie-là,
01:55pour le reste j'ai beaucoup de désaccords avec la coordination rurale,
01:57mais je pense qu'effectivement, nous avons commis l'erreur en France
02:00d'être trop zélés par rapport à la norme européenne.
02:03On est allé surtransposer des directives qui pèsent aujourd'hui extrêmement lourd,
02:08d'ailleurs sur l'ensemble du monde agricole.
02:10Je pense en revanche que la filière de l'élevage aujourd'hui,
02:13elle est très directement concernée parce qu'il y a un vrai travail qui n'a pas été fait aussi
02:18de réorganisation de cette filière.
02:20Pour assez bien connaître ces sujets depuis de nombreuses années,
02:23il y a des filières agricoles qui sont beaucoup mieux organisées,
02:25beaucoup mieux structurées.
02:26Je pense par exemple à la filière de la série agriculture,
02:30je pense à la filière viticole.
02:31Il y a une vraie fragilité de l'élevage depuis longtemps,
02:34mais je pense que le Mercosur, ça n'est pas que cela.
02:37Et je pense que de ce point de vue, les partis de gouvernement commettent une erreur historique
02:42en ne parlant pas aux Français du Mercosur,
02:44autrement que de manière assez démagogique, si vous voulez, en suivant les populistes.
02:48Parce qu'on ne peut pas d'un côté s'inquiéter de voir Trump bloquer complètement
02:53par des tarifs commerciaux monstrueux l'économie européenne,
02:57puisqu'aujourd'hui moi je ne suis préoccupé que par l'économie française et européenne
03:00face à ce qui est en train de se passer dans le monde,
03:02et de l'autre ne pas voir qu'il nous faut chercher des nouveaux marchés.
03:05– Attendez, c'est très intéressant ce que vous dites, vous l'avez sans doute vu,
03:08Bruno Retailleau qui menace même de censurer le gouvernement
03:13si le traité est adopté. Il se trompe pour vous ?
03:17– De manière générale, vous l'avez vu, la classe politique française dans son ensemble,
03:20parce qu'il n'y a plus de majorité, parce qu'il n'y a plus de chef,
03:23malheureusement dans notre pays aujourd'hui, compte tenu de ce désordre politique,
03:27plus personne n'a la volonté de remettre en perspective les grands sujets devant les Français.
03:33Le Mercosur n'est pas arrivé la semaine dernière, ça fait 25 ans qu'il ait discuté.
03:37Quelle est l'idée ? C'est de faire en sorte que l'Europe, et la France en particulier,
03:41ne dépendent plus simplement des Chinois ou des Américains.
03:45Or quand nous voyons ce qui est en train de se passer aujourd'hui,
03:47avec la rupture complète de l'alliance historique avec les États-Unis,
03:52il faut nous qu'on trouve de nouveaux marchés.
03:54Je rappelle que l'Amérique latine, en particulier cette partie-là,
03:58c'est-à-dire l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay,
04:01ce sont des pays qui, par exemple, ont du lithium, nous n'en avons pas,
04:04du manganèse, nous n'en avons pas.
04:05Nous, nous avons besoin de déployer notre filière viticole,
04:08qui aujourd'hui ne peut plus aller aux États-Unis ou en Chine
04:10avec les droits de douane qui nous sont imposés.
04:13Idem sur le plan industriel.
04:14Donc, en réalité, c'est tous ces sujets qu'il faut mettre sur la table.
04:17Qu'ensuite, il y ait des filières qui soient malheureusement menacées,
04:22y compris par rapport à la qualité des produits alimentaires,
04:25et notamment de la viande.
04:26Mais donc, ça veut dire qu'on doit être très ferme sur le contenu.
04:29Et c'est le cas.
04:30Il y a beaucoup de choses qui sont faites dans ce domaine
04:32sur la manière dont les produits sont importés.
04:35Avec, vous l'admettrez, assez peu de contrôle.
04:37C'est très rhétorique.
04:39Oui et non.
04:41Dans le traité, il n'est pas dit qu'on ne doit pas contrôler.
04:43Non, il n'est pas dit qu'il ne faut pas contrôler,
04:45mais on a très peu de douaniers, on a très peu de contrôle,
04:47on n'en a quasiment pas sur place là-bas, et très peu ici.
04:50Donc, rien ne nous interdit, parmi les mesures de compensation, de le faire.
04:53Bon, de même que rien n'interdit qu'il y ait des mesures de compensation
04:57pour la filière de l'élevage.
04:58D'ailleurs, je note que Mme Mélanie l'a négocié avec Bruxelles.
05:02Donc, il va bien falloir que nous aussi, dans ce domaine-là,
05:04on s'occupe de nos intérêts.
05:05Mme Mélanie, qui d'ailleurs, il y a trois semaines, sans doute,
05:08pour apaiser les choses en France,
05:09disait à Emmanuel Macron qu'elle était d'accord avec lui
05:13pour refuser le Mercosur,
05:14mais qui finalement, ces derniers jours, dit à l'inverse...
05:16Qu'elle lâche la France, oui, bien sûr.
05:17Qu'elle lâche la France.
05:18Parce qu'elle est en train de devenir plus européenne que les Européens,
05:21Mme Mélanie, en réalité.
05:23Elle a totalement changé d'approche par rapport à ça.
05:27C'est-à-dire ?
05:27Elle a fait campagne contre l'Europe,
05:30avec une violence absolument inouïe.
05:31Bon, elle a fait campagne contre l'immigration,
05:33avec une violence inouïe.
05:35Jamais l'Italie n'a été aussi pro-européenne,
05:37et jamais l'Italie n'a autant régularisé d'immigrés clandestins.
05:39Bon, c'est son choix.
05:40Mais ce que je veux juste vous dire,
05:42c'est que le procès en insincérité du populisme,
05:46il trouve aussi sa source parfois dans ce type de comportement.
05:49Vous l'avez plusieurs fois dit depuis le début de cet entretien,
05:52le mot populiste.
05:53Est-ce que, pardon d'y revenir,
05:55est-ce que Bruno Retailleau,
05:57en faisant du Mercosur un objet
06:01qui serait carrément l'objet du blocage
06:03et de la censure du gouvernement,
06:05tombe dans une forme de populisme ?
06:06Moi, je pense que ce n'est pas seulement la question de Bruno Retailleau,
06:09que j'aime bien,
06:10qui est une génération tout à fait amicale,
06:12c'est plus généralement
06:13qu'est-ce que c'est la différence
06:14entre un parti de gouvernement et un parti populiste ?
06:16Donc il est en train de tomber du côté des partis populistes.
06:19Mais quel est l'homme politique en ce moment
06:20qui prend le temps de dire que le Mercosur,
06:24ce n'est pas qu'une question d'une filière qu'il faut protéger,
06:27il faut évidemment le faire et l'aider,
06:29c'est la question plus générale
06:30de l'intérêt supérieur de la France et de l'Europe
06:33face à des blocs,
06:35la Chine, les Etats-Unis, la Russie,
06:37qui sont en train de créer des précarés
06:40contre l'État de droit
06:41et qu'il va bien falloir, nous,
06:42qu'on se protège intelligemment
06:44et qu'on cherche donc dans le monde
06:45des pays qui n'ont pas envie de cet alignement
06:47et qui veulent bien travailler avec l'Europe.
06:48Est-ce que le parti Les Républicains,
06:51qui reste votre famille politique,
06:54est en train de basculer du côté du populisme ?
06:56Ça dépend, ça dépend des sujets,
06:57ça dépend qui ?
06:58D'abord, c'est qui ?
06:59Oui, c'est ça, vous avez dit exactement.
07:01J'ai envie de vous dire, c'est qui ?
07:02C'est qui les LR ?
07:03Écoutez, comme disait Mirabeau de la France,
07:04de la Révolution française,
07:05c'est un agrégat inconstitué de peuples désunis.
07:08Voilà.
07:08Aujourd'hui, les Républicains cherchent leur voie,
07:11cherchent un leadership,
07:13cherchent une ligne politique,
07:14cherchent un projet.
07:14C'est un parti qui est malade,
07:16qu'il faut restructurer.
07:18Et à mon avis, il faut même restructurer
07:19toute la droite de gouvernement.
07:21Et si on veut y parvenir,
07:22il y a une première question
07:23qu'il faudra trancher.
07:24Quels sont ceux qui veulent aller
07:25avec le Rassemblement national
07:26et quels sont ceux qui ne le veulent pas ?
07:28Moi, j'ai toujours été très clair
07:29parce que je suis de l'école chiracienne.
07:31Et entre parenthèses,
07:32j'en ai un peu marre d'entendre
07:34ces récupérations à deux balles
07:35qui ne sont jamais contestées
07:36par les observateurs.
07:38Madame Le Pen n'est pas gaulliste
07:39et M. Bardella n'est pas chiracien.
07:41Oui, enfin, pardon,
07:42j'allais vous le dire,
07:43Nicolas Sarkozy,
07:45qui dit lui-même de Jordan Bardella
07:47qu'en réalité, il lui fait penser à Chirac.
07:48Et que le RN d'aujourd'hui,
07:50ce n'est pas très éloigné
07:51du RPR de votre époque.
07:53Je l'ai lu, j'ai,
07:55comme Xavier Bertrand,
07:56comme Valérie Pécresse,
07:58comme un certain nombre de mes amis,
07:59d'ailleurs, chirakiens,
08:01j'ai dit très clairement
08:02que c'était une bascule
08:04à laquelle je ne soucerierais jamais.
08:06Mais quand vous lisez Charles Pasqua,
08:08c'est à rebours du chiracisme,
08:09mais c'est même à rebours du Sarkozy.
08:09Quand vous lisez aujourd'hui
08:10les propos de Charles Pasqua,
08:11il serait au RN aujourd'hui, Charles Pasqua ?
08:13Mais écoutez, j'en sais rien.
08:15Mais ça dépend des sujets.
08:17Je ne sais pas si c'est lui qui serait au RN
08:19ou si c'est le RN qui n'existerait pas.
08:22Je n'en sais strictement rien.
08:23Mais moi, je sais simplement
08:24que l'histoire de France
08:25n'est pas une page blanche.
08:27Ce que vous dites, Jean-François Copé,
08:29c'est qu'au fond,
08:30le RN n'existerait pas
08:31si la droite était restée
08:33dans la ligne d'un Charles Pasqua ?
08:35Non, pas du tout.
08:36Ce que je veux vous dire simplement,
08:37c'est qu'il y a toujours...
08:38C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure,
08:39l'histoire de France
08:41n'est pas une page blanche.
08:42L'histoire de la droite,
08:44ce n'est pas l'histoire
08:44de l'extrême droite.
08:45Et quand on adhère à un parti d'extrême droite,
08:47on fait un choix.
08:48Quand on adhère à un parti de droite,
08:49on fait un autre choix.
08:50Quelle est la ligne de partage ?
08:52La ligne de partage,
08:52c'est que la droite,
08:54c'est un parti de gouvernement.
08:55C'est-à-dire que c'est un parti
08:56qui assume que les choses sont difficiles,
09:00qu'on ne peut pas simplement faire croire
09:02qu'en balayant d'un revers de main,
09:04qu'en renversant la table,
09:04on règle les problèmes.
09:06C'est la différence, vous savez,
09:07entre les charlatans et les médecins.
09:09Voilà.
09:09Le charlatan, c'est celui qui dit
09:10mais je vous guéris dans la semaine.
09:11Il n'y a aucun problème.
09:12Donc le charlatan, c'est le populiste ?
09:14Mais bien sûr.
09:15Le médecin, c'est beaucoup plus compliqué
09:16d'être un médecin.
09:17Pourquoi ?
09:18Parce qu'il faut prendre du temps,
09:19parce qu'il y a plusieurs scénarios,
09:20parce qu'il faut discuter, réfléchir,
09:23ouvrir des livres, travailler un peu.
09:26On voit bien que, bien souvent...
09:28La ligne de fracture a l'air quand même assez floue,
09:31puisque, en vous entendant,
09:33on comprend bien qu'une partie des LR aujourd'hui
09:35sont tentées par une forme de populisme.
09:38Mais bien sûr.
09:39Mais bien sûr.
09:39Pourquoi ?
09:40Parce que, lorsque vous avez ce qui est le cas
09:42de la droite aujourd'hui,
09:43après qu'elle ait implosée avec le macronisme,
09:46une crise de leadership,
09:48une crise d'insincérité aussi,
09:50parce qu'on a dit beaucoup de choses
09:51et son contraire.
09:52On a besoin de reconstruire un projet.
09:54Et si on veut le reconstruire,
09:56il ne faut pas souscrire,
09:57à la fois, il ne faut pas souscrire aux sirènes
09:59trop faciles de l'extrême droite
10:02ou de l'extrême gauche.
10:03Je rappelle que Le Pen, elle est socialiste
10:05du point de vue économique.
10:06Elle a voté 45 milliards d'euros d'impôts supplémentaires.
10:09Elle le nie.
10:10Mais sauf qu'il y a des chiffres.
10:11J'étais ministre du budget.
10:12Je sais un peu comment ça marche.
10:14Bon, dire qu'on va surtaxer les entreprises,
10:16les grandes entreprises,
10:17mais surtout les multinationales.
10:18Mais c'est le discours de Georges Marchais
10:19des années 80.
10:20Enfin, le monde est mondialisé aujourd'hui.
10:22Oui, sauf que ça, Jean-François Topé,
10:23c'est la position aujourd'hui du gouvernement
10:26qui va quand même tenter
10:27pour trouver un compromis sur le budget,
10:28le retour du budget à l'Assemblée nationale aujourd'hui,
10:31de faire accepter l'idée d'une surtaxe
10:34de 6 à 8 milliards sur les entreprises,
10:38surtaxe, qui devait être temporaire.
10:40Dans ce gouvernement, aujourd'hui,
10:42il y a des membres de LR.
10:44On est où ? Vous êtes où ?
10:45Attendez, là-dessus.
10:46D'abord, la Chine est en train
10:50d'écraser l'économie mondiale.
10:53Les États-Unis sont en train de déstabiliser
10:56la géopolitique et le commerce mondial.
10:58Et nous, notre débat aujourd'hui en France,
11:00c'est comment faire plaisir à M. Fort
11:02en augmentant l'impôt sur les sociétés,
11:06l'impôt sur les entreprises,
11:08alors que tous les autres pays du monde,
11:10y compris en Europe,
11:10baissent les impôts des entreprises.
11:12Je rappelle que des impôts sur les entreprises,
11:14c'est des baisses de pouvoir d'achat pour les Français.
11:16Parce que personne ne le dit.
11:17Mais ça veut dire que c'est des salaires
11:18qui n'augmenteront pas.
11:19Première remarque.
11:20Deuxième remarque,
11:21et qui est tout aussi grave.
11:23On ne peut pas se compromettre
11:24dans tout et n'importe quoi.
11:25Il y a un moment, il faut dire stop.
11:26On a déjà sacrifié la réforme des retraites.
11:28On aurait pu dire à M. Fort
11:29stop, vous avez obtenu,
11:31ce qui est déjà une folie,
11:32la suspension de la réforme des retraites.
11:34Maintenant, ayez le sens de l'intérêt général.
11:36Arrêtez le clientélisme.
11:37Ne pensez pas, vous socialistes,
11:39que vous allez tout d'un coup
11:40devenir responsable
11:41vis-à-vis de LFI
11:43avec lesquels vous êtes compromis
11:44pendant des années
11:44en disant que vous allez augmenter aussi les impôts.
11:47On ne peut plus accepter
11:48une approche aussi folle
11:50dans l'urgence du moment.
11:51– Ça veut dire, Jean-François Copé,
11:51que la droite doit refuser…
11:52– Alors, c'est la baisse des dépenses
11:53qui doit compter.
11:54– Ça veut dire, Jean-François Copé,
11:55que pour vous, ancien ministre du budget,
11:58la droite doit refuser
11:59ce compromis
12:01autour d'une augmentation,
12:03d'une surtaxe
12:04de l'impôt sur la société ?
12:05– Ça veut dire, Apolline de Malherbe,
12:06que quand on s'appelle
12:07Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu,
12:10qu'on incarne,
12:11qu'on veut incarner, je ne sais pas quoi,
12:12le pompidolisme,
12:13le courage,
12:14et je ne sais pas quoi,
12:14il y a un moment où on doit dire stop,
12:16on doit dire chacun
12:16va prendre ses responsabilités.
12:17On va mettre le 49-3
12:18et c'est vous qui voyez.
12:20Nous sommes à deux mois
12:20des élections municipales,
12:22nous avons un monde en implosion,
12:23nous avons besoin d'un pays stabilisé,
12:25stop, arrêtons les hausses d'impôts,
12:27vous avez déjà obtenu beaucoup,
12:28maintenant, il faut s'arrêter là,
12:30voter ce budget
12:30et rapidement revenir à l'essentiel.
12:33Nous ne pouvons pas continuer
12:34de paralyser les services publics.
12:36– Oui, mais Jean-François Copé,
12:36si on est tout à fait réaliste,
12:37s'ils font ça,
12:38potentiellement,
12:38les socialistes censurent.
12:40Donc ça passe pas.
12:41– On verra bien,
12:41et bien écoutez,
12:42on verra bien,
12:42mais il y a un moment de vérité.
12:44Il faut que chacun
12:44se regarde devant la glace
12:46en disant qu'est-ce qu'on fait ?
12:47– Au fond, vous dites,
12:47il vaut mieux,
12:49alors, soit pas de budget,
12:50soit un budget,
12:51mais qui puisse entraîner
12:52éventuellement la censure,
12:53une dissolution.
12:54– Écoutez, il reste l'option du carré.
12:55– Vous aviez appelé
12:56à la démission d'Emmanuel Macron.
12:58– Mais bien sûr,
12:58mais la dissolution,
12:59d'abord, je m'excuse,
13:00mais il faut qu'on arrête
13:01de penser toute la journée
13:02de trembler en disant
13:03Emmanuel Macron va dissoudre.
13:05La dissolution,
13:06pour Emmanuel Macron,
13:07c'est le départ
13:07dans la semaine qui suit.
13:09Bon, c'est irresponsable
13:11et en plus,
13:11pour le même prix,
13:12on ne peut plus redissoudre
13:13pendant un an.
13:14Il a fait assez dégâts comme ça.
13:16Donc, évidemment
13:16qu'il ne faut pas dissoudre
13:17et évidemment
13:18qu'il appartient
13:19à chaque force politique
13:20de dire,
13:20peut-être maintenant,
13:21stop,
13:22les élections municipales arrivent,
13:23le parti qui va créer le désordre
13:25ne va pas avoir
13:26une prime supplémentaire
13:27aux élections municipales
13:28pour ses candidats.
13:29Donc, vous voyez
13:29ce que je veux dire ?
13:30Et enfin,
13:31c'est un combat
13:32qu'on doit tous mener.
13:33Il faut maintenant
13:34qu'on décortique,
13:35qu'on décrypte
13:37des discours populistes
13:39de l'extrême gauche
13:39et de l'extrême droite.
13:40Il faut qu'on arrête
13:41de trouver que c'est frais
13:42et printaniers
13:43lorsque Mme Le Pen
13:44vote 40 milliards d'euros
13:46de hausse d'impôts
13:46et que M. Bardella
13:48dit, moi je suis libéral,
13:48j'adore les entreprises.
13:50Ben non !
13:50Il y en a un des deux qui ment.
13:51Ça s'appelle le double langage.
13:53Quand Mme Panot,
13:54sur votre antenne,
13:55refuse de dire
13:56que M. Chavez,
13:57que M. Maduros
13:58est un dictateur
13:59alors que vous lui posez
14:00cinq fois la question,
14:01c'est un fait politique majeur.
14:03Ce n'est pas juste
14:04comme quand elle dit,
14:05ben nous, à LFI,
14:06si on prend des villes,
14:07nos municipales,
14:08on enlèvera les caméras
14:09de vidéosurveillance
14:10et on désarmera les policiers.
14:11Ok, super.
14:12C'est un avis dingue,
14:13mais c'est un avis.
14:14Refuser de dire
14:15que Maduros est un dictateur,
14:17c'est une position de populiste,
14:19c'est donc rappeler aux Français
14:20que Mélenchon,
14:21il est toujours l'ami des méchants.
14:22Voilà.
14:22Comme de la même manière,
14:23l'extrême droite,
14:24elle est extrêmement ambiguë
14:26vis-à-vis de la Russie.
14:28Est-ce que vous estimez
14:29ce matin, Jean-François Codé,
14:31que RN et LFI
14:33sont des dangers
14:33pour la démocratie ?
14:34En tout cas,
14:35je crois que ce qui est capital,
14:36c'est que les Français,
14:37en connaissance de cause,
14:38et c'est, si je peux me permettre,
14:39aussi le rôle des journalistes,
14:41que les Français,
14:41et j'ai d'ailleurs signé
14:42une tribune dans l'Express
14:43aujourd'hui pour le dire,
14:44il est temps que les Français,
14:46en connaissance de cause,
14:48sachent ce que cela veut dire
14:50de voter Le Pen ou Bardella,
14:53de voter Mélenchon
14:54ou de voter pour un parti
14:55de gouvernement.
14:56Et pourquoi je vous dis tout ça ?
14:57C'est parce qu'au lieu
14:58d'être dans la précipitation
14:59d'une dissolution
15:00où il faut décider en huit jours
15:01de l'avenir de la France,
15:02une campagne présidentielle,
15:03ça donne du temps
15:04et c'est ça qui permettra
15:05de poser les responsabilités
15:06de chacun.
15:07Quand vous voyez Sarah Knafo,
15:08hier soir,
15:09qui annonce sa candidature
15:11et qui invite à une alliance
15:13qui lui paraît à elle évidente
15:15avec notamment Rachida Dati,
15:18qu'est-ce que vous,
15:18vous répondez ?
15:19Qu'on n'a rien à voir
15:20avec Sarah Knafo
15:22ni avec Zemmour,
15:23dont je rappelle
15:24qu'il est profondément anti-européen,
15:26qu'il en a fait son ADN,
15:27qu'il fait l'éloge
15:28de penseurs d'extrême droite
15:31parce que c'est quelqu'un
15:32de cultivé,
15:33enfin on connaît les codes,
15:34quand on fait l'éloge
15:35de Jacques Bainville
15:36qui n'est pas très connu aujourd'hui
15:38mais enfin qui était
15:38un des philosophes
15:39de l'extrême droite
15:40du XIXe siècle,
15:41on pense à Charles Maurras,
15:42on pense à Édouard Drummond
15:44et on pense à des gens
15:44qui ont inspiré
15:46l'extrême droite française
15:47et européenne
15:48du XXe siècle.
15:49Pour vous,
15:50les bornes,
15:51c'est où ?
15:52Parce que quand vous entendez
15:53par exemple
15:54un Laurent Wauquiez,
15:55il n'a pas l'air
15:56de mettre la borne
15:56avant Sarah Knafo.
15:57Vous avez raison,
15:58mais c'est un désaccord
15:59que j'ai avec lui,
16:00des nombreux désaccords
16:01que j'ai avec lui,
16:01mais pour moi les choses
16:02elles sont très simples.
16:03Que ceux qui ont envie
16:04de faire cette alliance-là
16:05la fassent.
16:07Le temps du schisme est arrivé,
16:08on va arrêter de faire semblant.
16:10Moi je dis juste
16:11qu'il y a un certain nombre
16:12d'hommes et de femmes
16:12de bonne volonté
16:13qui pensent
16:14qu'on peut rétablir l'ordre
16:15dans ce pays,
16:15je peux en témoigner,
16:17je l'ai fait à mot.
16:18Bon, qu'on rétablit l'ordre
16:19et que d'autre part
16:20on assume le progrès.
16:21Voilà, c'est-à-dire
16:22que d'un côté
16:22on est ferme sur la sécurité,
16:24sur l'immigration...
16:25Le temps du schisme
16:26est arrivé, dites-vous ?
16:27Enfin, évidemment.
16:28Et à partir du moment...
16:29Vous êtes l'homme
16:30de la coqueue,
16:32vous êtes l'homme
16:32de ce moment fou.
16:33Si je peux me permettre...
16:34Pardon, je ne suis pas que ça.
16:37Bien sûr,
16:37mais ce que je veux dire
16:38c'est qu'on se souvient
16:38quand même
16:39de ce moment phénoménal
16:41de scission,
16:42pour le coup,
16:42de schisme,
16:43de violent schisme
16:44en quelque sorte,
16:45qui a été le début
16:46du naufrage
16:47de votre famille
16:48et vous vous dites
16:49aujourd'hui on en est encore là.
16:50Non, non, non,
16:50c'était pas le début
16:51du naufrage.
16:52Alors là, excusez-moi,
16:52mais comme vous êtes
16:53journaliste politique,
16:54vous connaissez bien
16:54l'histoire politique
16:55de notre pays
16:56et l'histoire de la droite.
16:57Je rappelle
16:58que ça a été
16:59une confrontation d'hommes
17:01électorale
17:03qui a été très violente.
17:04Mais d'abord,
17:04ni Fillon ni moi
17:05n'avons jamais eu
17:07la moindre tentation
17:08d'alliance avec l'extrême droite.
17:09C'était un marqueur majeur.
17:10Et deuxièmement,
17:11en 2014,
17:12c'est-à-dire deux ans après
17:13ce que vous appelez
17:14la guerre Copé-Fillon,
17:16à juste titre,
17:16c'était une vraie bataille
17:17d'hommes
17:18et de pouvoir
17:19au sens noble du terme.
17:21Il y a eu une élection municipale
17:22que j'ai organisée
17:23en tant que président
17:24de l'UMP de l'époque.
17:25Nous avons fait
17:25la vague bleue
17:26la plus importante
17:27de toute l'histoire
17:27de la droite française
17:28depuis 1947.
17:2970% des villes
17:30de plus de 9000 habitants
17:31sont passées à droite
17:32et nous étions préparés
17:33pour la présidentielle.
17:34Est arrivée ensuite
17:35une affaire tragique,
17:37l'affaire des comptes
17:38de campagne de Sarkozy,
17:39la fameuse affaire
17:40Big Malion,
17:41à l'occasion de laquelle,
17:42comme j'ai été mis en cause
17:43de manière anormalement violente,
17:45j'ai décidé
17:46de démissionner
17:47pour ne pas prendre
17:47en otage la droite
17:48avant quelques mois après
17:49d'être totalement innocenté
17:50par la justice.
17:51Voilà, c'est la vie,
17:52peu importe.
17:53C'est important
17:54qu'on se rappelle ça
17:55puisque vous m'en parlez.
17:56Vous pouvez bien aller
17:56jusqu'au bout
17:57et rappeler que la droite française
17:59continue d'exister.
18:01Ce sont des millions de gens
18:02qui veulent de l'ordre
18:03et du progrès
18:03et qui considèrent
18:04qu'on doit être capable
18:04de gouverner la France
18:05de manière responsable
18:07sans aller avec l'extrême droite.
18:09Vous invitez Jean-François Copé
18:10ce matin,
18:11ceux qui sont dans l'ambiguïté,
18:13à quitter officiellement
18:14ceux qui restent de LR
18:16et à ce que le schisme soit clair.
18:18D'abord, je pense
18:19qu'ils ne sont pas dans l'ambiguïté.
18:20Je pense que dire,
18:21concevoir l'idée
18:22qu'on puisse faire
18:23une alliance avec Zemmour,
18:27parce que Knafo,
18:28c'est Zemmour,
18:29c'est quelque part
18:30accepter l'idée
18:31d'une alliance contre nature
18:32avec des gens
18:33qui en réalité pensent des choses
18:34qui ne sont pas les mêmes que nous.
18:36Voilà, c'est tout.
18:37C'est quand même un acte
18:38qu'il va bien falloir trancher
18:39où on est dedans
18:40ou où on est dehors.
18:41Moi, je n'ai pas de problème
18:42à ce qu'on soit moins nombreux,
18:44mais qu'on soit cohérents,
18:45parce que ça veut dire
18:46qu'on arrête de mentir aux gens.
18:47Et moi, je pense que
18:48ce qui tue aujourd'hui
18:49les partis de gouvernement,
18:50c'est de ne pas assumer
18:51qu'on ne peut pas mettre
18:53un litre et demi d'eau
18:53dans une bouteille d'un litre.
18:54Que si on ne baisse pas
18:55les dépenses publiques,
18:56que si on ne réforme pas
18:57la fonction publique,
18:58que si on ne modifie pas
18:59les retraites,
19:00forcément, il y a un moment
19:02où on coule
19:03et c'est tout l'enjeu
19:04de l'hypocrisie
19:05de Mme Le Pen.
19:05Merci Jean-François Copé
19:06d'avoir répondu
19:07à mes questions ce matin.
19:08Maire de Meaux
19:09est candidat d'ailleurs
19:10à votre réélection.
19:11Il est 8h48 sur AMC.
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