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Les journalistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran pour "Néron à l'Elysée"
France Inter
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il y a 2 jours
Les journalistes et éditorialistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran publie leur essai "Néron à l'Elysée", aux éditions Albin Michel. Le récit d'un espoir deçu par la présidence d'Emmanuel Macron.
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00:01
France Inter, la grande matinale.
00:05
7h49 sur Inter, Benjamin Duhamel, vous recevez les auteurs d'un livre, un brûlot, devrais-je dire, sur Emmanuel Macron.
00:13
En 2016, ils étaient tombés littéralement sous le charme du jeune candidat Macron,
00:17
séduit par sa volonté de transgresser, de faire de la politique autrement.
00:20
Mais comme on dit ça, c'était avant.
00:22
Nicolas Domenac et Maurice Safran, bonjour.
00:24
Bonjour.
00:25
Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:27
Pour ce livre, ou devrais-je plutôt dire, ce réquisitoire que vous publiez, Néron à l'Elysée,
00:31
sous-titré « Comment il a tout gâché » aux éditions Albain Michel,
00:34
vous y décrivez un chef de l'État naufragé de la dissolution, narcissique, isolé, refusant d'entendre la moindre critique,
00:41
c'est-à-dire l'exact inverse du portrait que vous faisiez de lui il y a près de 10 ans.
00:45
En fait, vous êtes comme des amoureux déçus, Nicolas Domenac ?
00:48
On peut dire ça d'amoureux, je ne sais pas, mais en tout cas déçu très certainement,
00:53
et après très fâché, je veux dire, en colère, surtout quand on a retrouvé les interviews qu'il nous confiait
00:59
et quand on voit ce qu'il en a fait, je veux dire, notamment après 2022.
01:03
Je veux dire, il n'a pas seulement cramé la caisse, comme dirait Dominique Seux,
01:06
mais aussi cramé l'idée de la présidence qu'il avait lui-même impulsée.
01:11
Macron n'est plus dans Macron du tout, je veux dire, quand on relit ses interviews, c'est extraordinaire.
01:15
D'abord, il nous disait qu'il venait de la gauche, ensuite qu'il allait faire une présidence partagée,
01:19
et puis il a claqué la tête, si j'ose dire, de Laurent Berger et de la CFDT.
01:24
Ensuite, il a été absent lors de la grande manifestation républicaine contre l'antisémitisme.
01:29
Enfin, on peut multiplier comme ça, ce qui fait que ça a transformé notre déception en mécontentement profond.
01:34
Mais il n'empêche, Maurice Safran, cette comparaison avec Néron, empereur de Rome, cruel, violent, pyromade.
01:39
Au-delà du goût de la provocation, c'est un peu excessif quand même.
01:43
Qu'est-ce qu'il y a de commun entre les deux hommes ?
01:45
Rome incendie en 64 après Jésus-Christ, c'est quand même pas la dissolution de 2024, non ?
01:49
La question, c'est qu'est-ce qui va rester de la Ve République en 2027 ?
01:56
C'est cette question-là que pose le titre en réalité.
01:58
C'est à cause de lui, tout ça ?
01:59
C'est en grande partie à cause de lui.
02:01
En tout cas, le Macron, qu'est-ce qui s'est passé à partir du deuxième tour de 2022 ?
02:08
C'est ça la question.
02:09
Tout est raté depuis le soir du deuxième tour.
02:13
Tout est absolument raté.
02:14
C'est ça qui est surprenant.
02:14
Il n'y a rien qui ne trouve grâce à vos yeux ?
02:17
Si, il y a certains aspects de la politique étrangère qui trouvent grâce à mes yeux,
02:21
mais le système politique français, la société française aujourd'hui est totalement bloquée.
02:26
Et puis, il y a cette responsabilité historique.
02:29
Le point qu'il a toujours soulevé, c'est qu'est-ce qu'il restera d'Emmanuel Macron
02:33
si le Rassemblement National est élu à la présidence de la République ?
02:37
Là, il y a une question absolument essentielle, éthique même.
02:40
Et c'est cette question qui se pose par rapport à l'Emmanuel Macron que j'ai connu moi en 2007,
02:45
donc bien avant qu'il pense à être candidat à la présidence de la République,
02:48
qui se présentait authentiquement comme un social-démocrate de gauche.
02:51
Avec, Maurice, des mouvements populistes qui, dans toute l'Europe, font des scores très élevés,
02:56
sont soit au pouvoir, soit aux portes du pouvoir.
02:59
Est-ce qu'il n'a pas un peu le dos large ?
03:00
Non, mais il a une responsabilité particulière parce qu'on est dans un régime de monarchie républicaine,
03:05
chez nous, il y a un rapport au président de la République qui doit incarner,
03:09
qui doit rassembler, qui doit porter un projet.
03:11
Or, depuis 2022, effectivement, il ne porte plus rien.
03:14
Il y a eu une frustration formidable de l'absence de campagne en 2022,
03:18
je veux dire, parce qu'il s'est fait élire contre Marine Le Pen et pour la paix.
03:22
Mais il ne s'est pas fait élire pour lui.
03:23
Et après, il avait entamé une politique de gauche au départ,
03:29
et puis il fait une politique de droite, mais il appelle quelqu'un de gauche pour la faire.
03:32
Enfin, tout est à l'envers, je veux dire.
03:33
Et on dit toujours qu'on souffre, effectivement,
03:36
et on souffre des problèmes de pouvoir d'achat, d'insécurité, etc.
03:39
Mais on souffre aussi d'une absence de président de la République.
03:43
Maurice Safran, ce qui est saisissant dans votre livre,
03:44
ce sont les témoins qui vous parlent très librement,
03:47
des témoins qui connaissent très bien Emmanuel Macron.
03:49
Bon, l'un des plus sévères, je pense qu'on peut le dire sans difficulté,
03:52
c'est Alain Minc, l'essayiste.
03:54
Voilà ce qu'il dit d'Emmanuel Macron, ouvrez les guillemets,
03:56
mais ce type au narcissisme pathologique doit être en dépression.
03:59
C'est en fait plus un diagnostic qu'un constat.
04:02
Et ça m'a rappelé la une que vous aviez faite tous les deux en 2007.
04:05
Nicolas Sarkozy est-il fou ?
04:06
C'était le titre de l'hebdomadaire Marianne.
04:09
Est-ce qu'il n'y a pas un travers à vouloir ?
04:10
C'est intéressant.
04:11
Je pose juste ma question.
04:12
Est-ce qu'il n'y a pas un travers à vouloir systématiquement,
04:14
ou en tout cas souvent, voir la politique sous l'angle de la psychologie ?
04:17
Vous avez parfaitement raison, parce que quand on a fait, avec Jean-François Kahn,
04:21
quand on a fait cette couverture sur Sarkozy est-il fou,
04:25
on faisait partie, Nicolas et moi, de ceux qui avaient des doutes sur la psychologisation de la politique
04:30
et est-ce qu'il fallait réellement faire ce titre.
04:32
Mais si vous voulez, ce qui est fascinant aujourd'hui,
04:35
et pourquoi on est peut-être tombé dans le travers, j'en sais rien, de la psychologisation,
04:39
c'est que personne ne trouve d'explication à cette dissolution.
04:42
Vous pouvez prendre l'ensemble des gens qu'on est allé voir,
04:46
les macronistes, les anti-macronistes, les politiques,
04:49
personne ne comprend ce qui s'est passé.
04:51
Donc, sans doute que c'est une...
04:52
Il faut quand même rappeler que quelques semaines avant la dissolution,
04:56
Emmanuel Macron a expliqué à élections européennes,
04:58
conséquences européennes et surtout pas françaises.
05:00
Là-dessus vient la dissolution.
05:02
Ça reste incompréhensible.
05:03
Donc, on essaye de comprendre et de faire comprendre ce qui s'est passé.
05:07
Au point qu'Alain Main considère qu'il est en dépression,
05:10
ça c'est ce qu'il raconte dans le livre,
05:12
et Nicolas Domenac, François Hollande dit de lui,
05:14
c'est un enfant-roi, il a toujours confondu l'Elysée avec les planches d'un théâtre.
05:17
Bon, là encore, François Hollande a quelques raisons d'en vouloir au président de la République.
05:22
Tout à fait, n'empêche qu'il donne une interview,
05:24
il dit des choses que je n'ai jamais lues, moi.
05:27
Pas seulement sur la façon qu'a le président de la République de surjouer toujours
05:30
et de ne pas avoir de conviction,
05:31
donc il éprouve le besoin de faire du théâtre, effectivement,
05:33
et toujours plus, et d'être de moins en moins crédible.
05:36
Mais aussi, il livre des clés, je veux dire,
05:38
parce que ça fait partie des incompréhensions,
05:39
pourquoi le président de la République actuelle
05:42
est-il aussi dur avec celui qui l'a trahi ?
05:46
Justement parce qu'il y a deux façons de trahir,
05:47
il y a une façon de trahir par la dissimulation,
05:50
dit François Hollande,
05:52
c'est celle qu'a adoptée Emmanuel Macron,
05:54
du coup, ce grand malaise et cette impossibilité
05:56
de réconcilier la France,
05:57
au-delà d'embrasser celui qui l'a trahi, je veux dire.
06:01
Et il y a même ce dialogue savoureux
06:02
que François Hollande vous raconte,
06:03
entre lui et Nicolas Sarkozy,
06:04
où il s'adresse à l'ancien président en disant
06:06
« Toi, tu es un égocentrique,
06:09
c'est-à-dire que tu as besoin des autres,
06:11
alors que lui, c'est un narcissique
06:12
et il n'a besoin de personne ».
06:13
Il y a un autre élément qui m'a frappé dans ce livre,
06:15
c'est ce que vous racontez sur l'Elysée,
06:17
sous Emmanuel Macron,
06:18
ouvrez les guillemets,
06:19
« Une cour aussi funeste que vulgaire,
06:20
à dominante, machiste,
06:21
jamais le masculinisme, dites-vous,
06:24
n'a autant sévi au sommet de l'État ».
06:25
Alors là, Maurice Safran,
06:26
il faut nous expliquer
06:27
l'entourage masculiniste du président.
06:31
En quoi est-il masculiniste ?
06:32
Mais il y a ces fameuses soirées
06:33
qui ont été racontées dans la presse,
06:36
entre potes le soir,
06:38
avec certains personnages dont on ne présente pas le nom ici,
06:41
où on boit un coup.
06:42
Oui, parce qu'on boit un coup entre hommes,
06:44
ça ne peut pas dire être masculiniste.
06:45
Ce qui est intéressant,
06:46
c'est qu'il n'y a pas de femmes.
06:48
Dans cet entourage d'Emmanuel Macron,
06:51
dans cet entourage proche,
06:52
qui discute de politique,
06:55
dont on dit à tort d'ailleurs
06:56
qu'ils sont responsables de la dissolution,
06:58
ce qui n'est pas vrai,
06:59
c'est lui le seul responsable de la dissolution,
07:00
dans cet entourage,
07:02
il n'y a aucune femme
07:03
et c'est assez frappant.
07:03
Il a quand même nommé Elisabeth Borne
07:05
deuxième première ministre de la Femme
07:06
sous la 5ème République.
07:07
Mais alors, on raconte ça,
07:09
c'est épouvantable la façon
07:10
qu'il a eu de la nommer.
07:11
Il lui a lié les mains de A à Z,
07:12
il l'a empêchée,
07:13
il n'a cessé de la martyriser
07:15
pendant tout ce temps.
07:16
Elle n'était pas sympathique du tout.
07:17
Moi, je n'ai aucune adhésion.
07:19
Mais vraiment, c'est un boys band.
07:20
Ils se sont tous entendus
07:22
pour qu'elle n'ait aucun pouvoir.
07:24
D'une manière générale,
07:25
ils se tiennent les uns avec les autres,
07:27
avec une culture très odiare
07:30
que j'admire aussi.
07:31
Mais enfin, il y a cette espèce
07:32
de fonctionnement entre eux.
07:34
Dès qu'intervient une femme
07:35
à un poste de pouvoir,
07:37
on la massacre.
07:38
Un dernier mot, Maurice Safran.
07:39
L'ancien président de la Commission
07:40
des Affaires étrangères
07:41
et fin observateur de la vie politique,
07:43
Jean-Luc Bourlange,
07:43
a lu votre livre.
07:44
Il en a fait une critique
07:45
pour la tribune dimanche.
07:47
Oui, sévère,
07:48
mais à certains égards, juste.
07:50
Voilà ce qu'il a écrit,
07:50
ouvrez les guillemets,
07:51
avec l'émigré mouloud
07:52
et le plutocrate Bernard Arnault.
07:54
Emmanuel Macron
07:54
est l'un des trois boucs émissaires
07:55
que nous nous sommes donnés
07:56
pour nous mentir à nous-mêmes.
07:58
En d'autres termes,
07:59
et c'est aussi ce que je vous demandais
08:00
en début d'entretien,
08:01
est-ce qu'il n'a pas un peu le dos large ?
08:02
Est-ce que vous ne passez pas
08:03
un peu vite sur les pathologies politiques
08:05
des Français ?
08:06
Au-delà des présidents
08:07
qu'ils choisissent,
08:08
le refus de la réforme,
08:09
le refus de la mondialisation ?
08:10
C'est absolument vrai,
08:11
mais il était justement là
08:13
pour faire comprendre ça.
08:15
Ça devait être le grand pédagogue
08:16
de la modernisation de la France,
08:18
économique, sociale, financière.
08:20
Il a échoué sur ce terrain-là.
08:22
Et puis, il y a ce que disait Nicolas
08:23
tout à l'heure
08:23
qui est fondamental.
08:24
C'est le président de la République
08:25
en France.
08:27
C'est un chef d'État
08:28
tout à fait particulier
08:29
avec des pouvoirs particuliers.
08:31
Et il n'a pas assumé cette tâche
08:32
à partir de 2022.
08:34
Vous lui avez envoyé le livre,
08:34
la dédicace ?
08:35
Bien sûr, la dédicace,
08:37
c'est Koui Bene Amat,
08:37
Bene Castigat,
08:39
qui aime bien.
08:39
Châtie bien.
08:40
Il a dû apprécier.
08:41
Merci beaucoup Nicolas Doménac,
08:42
Maurice Safran,
08:43
Néron à l'Élysée.
08:44
C'est aux éditions Albin Michel.
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