00:00François, il y a encore beaucoup de questions sans réponses ce matin sur les raisons techniques qui ont poussé les Etats-Unis à s'emparer hier de ce pétrolier russe au large de l'Islande.
00:10On s'interroge moins ce matin sur les motivations, en tout cas elles vous paraissent plus claires ce matin, celles de Donald Trump.
00:15Vous les comprenez ces motivations quand vous regardez précisément le trajet qu'a suivi ce bateau entre le 1er août de l'année dernière et jusqu'au 7 janvier, c'est-à-dire hier ici au large de l'Islande.
00:28Il avait effectivement chargé du pétrole au large de l'Iran, il l'avait probablement transbordé dans la région du golfe arabo-persique avant de remonter par le canal de Suez, traverser la Méditerranée,
00:42arriver ici au large des côtes sud-américaines, au Guyana, parce qu'il avait un pavillon guyanais et à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ?
00:51Il part vers la Venue, il est là, les Américains lui disent « Ben non, vous ne pouvez pas, il y a blocus », donc il repart, il n'y a plus de transpondeur, il a disparu dans la nature,
00:59on le retrouve grâce aux radars, aux observations.
01:01Donc là, on a perdu sa trace.
01:02Exactement.
01:02Là, on a perdu sa trace.
01:03Tout ça, ça dure ?
01:04En tout cas, ce trajet-là, c'est des semaines, des semaines.
01:08Et donc, vous vous dites, oui, un bateau qui fait un tel trajet entre l'Iran, le Venezuela, pour repartir vers la Russie, pour l'administration Trump, c'est suspect.
01:16Est-ce que cela s'est fait dans les règles de l'art, les règles du droit international ?
01:22Alors, d'un point de vue juridique strict, si l'on regarde ce que dit la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer,
01:30oui, un bateau ne peut pas changer de pavillon en cours de navigation ou en escale au port, sauf en cas de transfert de propriété.
01:37Ce bateau, il a été turc, il a ensuite été sous pavillon du Guyana, puis ensuite, il est devenu, au moment où les choses étaient devenues compliquées,
01:46russes, de façon maquillée, outrageusement maquillée, on dirait.
01:50Et donc, oui, il y avait des raisons d'intervenir.
01:52Autre raison, ce bateau avait été chargé de faire du trafic avec l'Ouest-Bolland, mais il y a quelques années.
02:00Ensuite, on s'aperçoit qu'il a un comportement suspect, il refuse le contrôle au large du Venezuela.
02:07Et ensuite, lorsque les Américains veulent l'intercepter, comme par hasard, il y a un sous-marin russe qui est là en escorte de ce bateau.
02:14Ça fait un peu beaucoup pour un bateau qui était vide de pétrole, mais qui pouvait transporter d'autres choses.
02:19On finira peut-être par le savoir des armes, des mercenaires, on ne sait pas.
02:24Toujours est-il que, pour l'instant, vous l'avez noté, les Russes réagissent de façon extrêmement modérée, prudente.
02:31Ça s'explique parce qu'il n'y a pas eu d'acte de guerre.
02:34Ça a été mené par les gardes du côte du département du Homeland Security.
02:37Le Royaume-Uni a participé à l'opération Deux Pays de l'OTAN.
02:41On ne va peut-être pas se frotter de trop près non plus à ces deux puissances-là.
02:44Et puis surtout, jusqu'à présent, les Russes au Venezuela, puisque le bateau en venait, ils n'ont pas été extrêmement efficaces.
02:50On l'a vu au moment du raid des Américains, leurs batteries antiaériennes censées protéger Maduro n'ont pas fonctionné.
02:55J'ai comme l'impression que les Russes se disent « c'est pas chez nous, on arrête ».
02:58Merci François.
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