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  • il y a 8 mois

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00:00Europe 1, Pascal Proulx et vous.
00:15Sabrina Medjeber, Eric Revelle, Georges Fenech, Boutier Lebrêtre et Olivier Guenegg
00:19pour évoquer encore quelques instants les obsèques de Brigitte Bardot
00:24avec cette voix de Mireille Mathieu, le Panis Angelicus.
00:28Il y avait quelques présences politiques, Nicolas Dupont-Aignan était là,
00:34il est devenu à titre amical, et puis Marine Le Pen peut-être à double titre,
00:37d'abord parce qu'effectivement Brigitte Bardot pouvait partager les idées de Marine Le Pen
00:42et également la cause animale qui est très chère à Marine Le Pen,
00:47et peut-être était-elle présente, et puis tout simplement pour des raisons aussi amicales,
00:50sur le port où un écran a retransmis la cérémonie sous un beau ciel d'hiver,
00:54mais dans un froid piquant, il y avait un millier de personnes.
00:58Que vouliez-vous rajouter à un grand absent quand même, c'est le Président de la République ?
01:02Il n'en voulait pas ?
01:02Je le sais bien, mais je le rappelle.
01:05Et ça c'est quand même significatif, je trouve.
01:09C'est-à-dire qu'on est dans un cas où Brigitte Bardot n'aimait pas le Président de la République,
01:14où elle a fait savoir qu'elle ne souhaitait pas qu'il soit présent à ses obsèques,
01:18donc je pense qu'il n'aurait pas pu faire autrement.
01:23Il a raison, il a raison de ne pas se déplacer.
01:28Nous avons tout dit, si j'ose dire ?
01:30Le Panis Angélicus, c'est le pain des anges,
01:34et c'est un texte de, je regardais Saint Thomas d'Aquin, XIIIe siècle,
01:39qui célèbre le mystère de l'Eucharistie.
01:41Je trouve que c'est une chanson que vous écoutez quand vous lisez les paroles,
01:44même en latin, qui est d'ailleurs, qui est du ciel.
01:49Je crois qu'on va voir Henri-Jean Servat dans quelques instants, il est là Henri-Jean Servat.
01:52Il est là, bonjour M. Servat.
01:54Bonjour M. Proulx.
01:55Je vois au son de votre voix votre tristesse,
01:58vous partagez sans doute beaucoup de choses avec Brigitte Bardot,
02:01d'abord l'amour des animaux bien sûr, puisque vous êtes un grand défenseur des animaux,
02:04l'amour du cinéma, et on va pouvoir en parler ensemble,
02:07parce que j'ai revu pour la énième fois l'autre jour La Vérité,
02:11qui est un film extraordinaire, qui est de 1960, qui a 65 ans,
02:1465 ans, avec Louis Seignier, Charles Vanel, Paul Meurice et Brigitte Bardot,
02:19qui est incelante, et puis vous partagez peut-être aussi une amitié très longue
02:22depuis toutes ces années Henri-Jean Servat.
02:24Depuis 40 ans, moi j'avais habité à la Madrague,
02:28j'ai voyagé avec elle en Roumanie, en Grèce, un peu partout,
02:31on est allés dîner, on est allés au cinéma,
02:33et puisque vous parlez de La Vérité,
02:34il y a un jour, La Vérité est ressortie à Paris,
02:38il y a une dizaine d'années, une douzaine d'années,
02:39ils sont ressortis dans un petit circuit de salle.
02:41Henri, je vous interromps, parce que je crois que vous êtes en haut-parleur,
02:44et ce serait mieux, prenez mieux le téléphone,
02:47parce qu'on vous entend...
02:48Ah bah oui, là on vous entend beaucoup mieux, voilà.
02:51Parfait, alors donc je dis un jour à Brigitte,
02:53vous voyez bien sûr.
02:54Oui, alors le son n'est pas bon.
02:55Bon, écoutez, on va essayer de caler ça dans un instant.
02:58Et on va marquer une pause dans une seconde,
03:03avec Henri-Jean Servat, que vous connaissez,
03:06qui était d'ailleurs, je ne sais pas si vous vous occupez toujours des animaux
03:09à la mairie de Nice, d'ailleurs Henri-Jean Servat,
03:12et vous nous donnerez, en tout cas vous nous direz,
03:15comment vous organisez régulièrement aussi une balade des chiens,
03:20chaque année, sur la promenade des Anglais,
03:23et puis un peu partout en France,
03:24un rassemblement pour aider les chiens,
03:27en tout cas les accompagner.
03:2916h26, à tout de suite.
03:32Europe 1
03:3316h-18h, Pascal Praud et vous.
03:37Sabrina Medjabert, Eric Revelle,
03:39Georges Fenech-Goutier-Lebret et Olivier Guédech,
03:43et on est avec Henri-Jean Servat,
03:46ami de Brigitte Bardot,
03:47grand spécialiste de cinéma.
03:49On ne parlera pas politique,
03:50parce qu'on a, avec l'Arcom, un temps de parole,
03:53donc je me suis avancé tout à l'heure.
03:55On oublie le chapitre politique,
03:56je vous demande de ne pas en parler.
03:58Henri-Jean Servat,
03:59simplement le rapport que vous aviez avec Brigitte Bardot,
04:02est-ce que vous diriez que vous étiez un de ses amis ?
04:06Ah oui, bien sûr, et proche.
04:08Et en plus, maintenant, je voulais vous raconter,
04:09quand on a transité tout à l'heure,
04:10un jour j'ai appris qu'on ressortait à Paris la vérité.
04:13Donc je lui dis,
04:14et vous savez, c'était des rares films
04:15où elle est fière d'avoir tourné,
04:17elle considère qu'elle a vraiment été actrice,
04:19parce qu'elle ne prenait pas sa carrière au sérieux,
04:21et elle disait qu'elle n'était pas bonne actrice,
04:22c'était un sujet fréquent de disputes avec elle.
04:25Et donc je vais la chercher chez elle,
04:26rue de la Tour, dans le 16e,
04:28et on débarque sur les Champs-Elysées,
04:30dans une petite salle de projection
04:31qui était en face de l'Aéroflot,
04:33qui appartenait, je me souviens,
04:34à Alexandre Mnouchkine.
04:35Il y avait, à l'époque,
04:36il y avait, je ne sais pas comment ça s'était su,
04:38pas par moi,
04:39il y avait des paparades,
04:39il y avait des photographes dans les arbres,
04:41dans l'arbre Bardot,
04:42qui allait au cinéma.
04:43Donc on rentre dans la salle de cinéma,
04:44et on regarde la vérité.
04:45Elle était assise à côté de moi,
04:46elle était avec moi,
04:47elle était entre moi et Olga Horstig.
04:50Il y avait aussi son secrétaire,
04:51qui était assise à une toute petite salle,
04:52des salles de projection,
04:53à 5 ou 6.
04:54Et on regarde la vérité,
04:55et qu'elle m'a dit qu'elle n'avait pas revu
04:56depuis très très longtemps.
04:57Et vous vous souvenez du film à la fin,
04:59elle est prisonnière,
05:00elle s'appelle Dominique Marceau,
05:01elle est dans une prison,
05:01elle casse un miroir,
05:03et avec un miroir cassé,
05:04elle s'ouvre les veines.
05:05Et ça faisait référence à la même époque,
05:07que Brigitte avait tenté de se suicider,
05:09tracassée, emmerdée pour plein d'histoires et tout.
05:12Et donc on regarde le film,
05:1315 ans ou 20 ans après,
05:14c'était il y a une dizaine d'années,
05:16et on voit cette scène où Brigitte se suicide.
05:18Je vous jure,
05:19quand les lumières se sont rallumées,
05:21il y avait un silence,
05:21on n'est pas nombreux,
05:23mais dans la salle,
05:24et je me suis tourné,
05:25elle était livide,
05:27et toute ma vie,
05:28je me souviendrai qu'elle avait beaucoup de,
05:29elle avait du maquillage,
05:30je sais, autour des yeux,
05:31c'est ce qu'on appelle encore les yeux de biche,
05:33le maquillage de la barre d'eau,
05:34à la mercier,
05:34lui avait dégouliné jusque sur le menton,
05:38elle n'avait pas effacé,
05:40elle avait des traînées noires,
05:41elle avait pleuré de se voir mourir au cinéma.
05:44Et alors, j'ai profité de l'instant,
05:46je veux dire,
05:46dans le bon sens du terme,
05:48on lui avait apporté deux petites,
05:50deux bouteilles de champagne,
05:51parce que Brigitte,
05:51à l'époque,
05:52quand elle buvait de l'alcool,
05:52elle aimait boire un peu du champagne,
05:54on a bu du champagne,
05:55et dans la salle de cinéma,
05:56là,
05:57elle nous a raconté,
05:58on était quatre,
05:59Olga Orstig,
05:59le secrétaire,
06:00moi,
06:00l'attaché de presse,
06:01qui s'appelait André Paul Ricci,
06:02et elle nous a raconté
06:03le tournage de la vérité
06:04comme elle ne l'a jamais raconté,
06:05comme qu'elle tournait pieds nus,
06:07elle voulait que ses pieds épousent le sol,
06:09elle sentait bien sur la fameuse scène
06:10où elle crie sa vérité
06:11dans le box des accueils,
06:13elle avait tourné pratiquement
06:14la vérité toute nue,
06:16la vérité pendant pieds nus,
06:17et lapsus,
06:19et Clouseau,
06:19pour l'emmerder,
06:20quand il voulait la rendre malheureuse,
06:21il lui marchait sur les pieds,
06:22il avait des gros coquenots,
06:23des gros chaussures à crampons,
06:25il lui marchait sur les pieds.
06:26Et donc elle a tout raconté,
06:27les histoires,
06:28les essais,
06:28Belmondo,
06:29Jean-Marc Bory,
06:30Hugo Oufré avait fait des essais
06:31pour le rôle du playboy,
06:32et Belmondo avait été refusé
06:34parce que même avec des lunettes,
06:35il avait l'air d'un lourlu vers lui,
06:36il ne faisait pas sérieux
06:37comme chef d'orchestre.
06:38Et tout était tout,
06:39moi je notais,
06:40je notais tout,
06:40j'aime pas le magnétophone,
06:41je notais toute l'histoire
06:42de la vérité,
06:42d'ailleurs l'Ibé,
06:43on a fait deux pages entières
06:44de cette histoire,
06:45le tournage de la vérité
06:46raconté par Bardot,
06:47et à ce moment-là,
06:48il y a son bureau
06:49qui l'a contacté,
06:50qui l'a appelé,
06:50il n'y avait pas,
06:51je ne sais pas,
06:51les portables commençaient
06:52ou pas l'après-midi
06:53pour lui dire
06:53qu'il y avait le maire de Nîmes
06:54qui s'occupait de gazer,
06:57qui avait récupéré des chats
06:58par sa fourrière,
06:59et il faisait gazer des chats.
07:00Je vous jure,
07:01elle est devenue folle.
07:02Elle a arrêté à l'instant
07:04de parler,
07:05de ne s'intéresser plus,
07:06alors qu'elle était
07:06dans un bon mood
07:07pour parler de cinéma.
07:08Elle a téléphoné
07:10au maire de Nîmes,
07:11on lui a ouvert le place de Nîmes,
07:12elle a crié,
07:12elle a râlé comme une folle,
07:13elle a empêché
07:14le gazage des chats,
07:16tout ça dépend
07:16depuis la petite salle
07:17de projection
07:18après avoir vu la vérité.
07:20Et moi,
07:21un soir où j'habitais
07:22à la Madrague,
07:23un soir par hasard,
07:24par le plus grand des hasards,
07:25la TF1 projetait
07:27Éducré à la Femme.
07:29Et on a regardé
07:29Éducré à la Femme
07:30dans son salon
07:31et c'était,
07:32c'était,
07:33c'était mythique.
07:34Moi qui suis fou de cinéma,
07:35qui était fou de Bardot,
07:36fou de Saint-Tropez,
07:37vous êtes dans le salon
07:38de Bardot à la Madrague
07:39où vous étiez déjà allé
07:39et m'ont regardé.
07:40Donc Éducré à la Femme
07:41à côté de Bardot
07:43et c'est aucun commentaire,
07:44aucun commentaire.
07:45Elle n'a rien dit.
07:46Mais silence,
07:47on l'a entendu
07:47siffler ou bourdonner
07:50un essaim d'abeille
07:52et à la fin,
07:53quand le film s'est terminé,
07:54de sa voix absolument
07:55inimitable,
07:56on a entendu,
07:57ah ben elle était pas mal
07:58cette petite-là.
07:59Si j'avais été producteur,
08:00elle était pas mal
08:01cette petite-là.
08:02Elle avait du répondant.
08:03Je trouvais ça délicieux.
08:04Tout ça pour dire
08:04qu'elle se prenait
08:05absolument pas au sérieux.
08:06Et vous savez,
08:07quand elle expliquait
08:07pourquoi elle avait été
08:08une bonne actrice,
08:09elle me disait toujours
08:10mais j'ai jamais été
08:10une bonne actrice.
08:11Moi, je suis arrivé
08:12quand j'ai tourné La Vérité.
08:13C'était à Saint-Tropez.
08:15Mes parents avaient une maison.
08:17J'étais copine
08:17avec tous les gosses.
08:18Je venais en vacances
08:19pour Pâques
08:20depuis des années,
08:20mon adolescence,
08:21pour Noël,
08:22pour les grandes vacances.
08:23Je portais mes propres vêtements.
08:24Dans le film,
08:25j'habitais chez des copains
08:26ou dans un hôtel
08:27avec Vadim
08:27de façon bohème.
08:28Je disais mes propres mots.
08:30Vadim m'écrivait mes dialogues.
08:31Je les rechangeais
08:32pour mettre mes mots
08:32dans ma bouche.
08:33Tous mes copains,
08:34c'était mes copains,
08:35c'était très bien.
08:35J'ai été naturel
08:37parce que j'étais bien.
08:38Et du jour au lendemain,
08:39la démodée,
08:40Dieu sait si j'adorais,
08:41moi, j'ai fait un film
08:41sur Morgan,
08:43Feuillère,
08:45Prelle,
08:45Darieux.
08:46Mais du coup,
08:47elle était naturelle.
08:48Elle éclatait naturelle.
08:50C'est pour ça
08:50que le succès de Bardot,
08:51elle disait
08:52que je n'ai pas été
08:52bonne comédienne.
08:54J'ai été moi à l'écran.
08:55Et tous les rôles
08:56qui se rapprochent
08:56un peu de ma personnalité,
08:58un peu sauvageonne,
08:59un peu fière,
08:59un peu abrupte,
09:00comme ça,
09:01je les ai réussis.
09:03Et c'est vrai,
09:04si je peux vous couper,
09:05Henri-Jean,
09:06parce qu'autrement,
09:06si je ne vous coupe pas,
09:07on est là jusqu'à 18h.
09:10Donc,
09:11si vous me permettez
09:12de vous couper
09:12dans ce rôle de sauvageonne,
09:13bien sûr,
09:14que vous venez de citer
09:15dans La Vérité.
09:17Elle dit cette phrase
09:18et cette réplique formidable.
09:20Vous êtes tous là,
09:20ridicules,
09:21déguisés,
09:22vous voulez juger,
09:22mais vous n'avez jamais vécu,
09:24jamais aimé.
09:25C'est pour ça
09:25que vous me détestez,
09:26parce que vous êtes tous
09:27morts,
09:28morts.
09:28Et c'est la fameuse scène,
09:30mais là,
09:30c'est presque Bardot qui parle.
09:33Elle ne joue pas,
09:34elle incarne véritablement
09:36cette jeune femme.
09:39Et le film ne va pas
09:42jusqu'au bout du procès,
09:43d'ailleurs,
09:43parce qu'elle se tue avant,
09:44comme le disait
09:45Henri-Jean Servat à l'instant.
09:47Et on revoit le président,
09:49en l'occurrence Louis Seignier,
09:50qui dit
09:50l'action est arrêtée.
09:51Et vous avez une dernière scène
09:52entre Paul Meurice
09:53et Charles Vanel,
09:54qui sont les deux avocats.
09:55Charles Vanel,
09:56qui est l'avocat de Brigitte Bardot,
09:57et Paul Meurice,
09:57qui est l'avocat
09:58de la partie civile.
09:59C'est vraiment un film extraordinaire.
10:01Je trouve que c'est un film
10:02extraordinaire,
10:03qui mérite d'être revu.
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