- il y a 7 mois
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00:0010h-11h30 avec Thomas Hill et avec Caroline Vigneault ce matin qui met en scène le Cid Pétincable,
00:07son adaptation du Cid de Corneille au Théâtre des Maturins à Paris à partir du 15 janvier.
00:11Attention ça commence bientôt jusqu'au 27 février.
00:13Et on va dresser Caroline votre portrait sonore des petits sons pour mieux vous connaître et voici le premier.
00:26Ça me rappelle mon grand-père qui jouait de l'ordre à la messe.
00:29Parce que vous avez grandi dans une famille catholique, traditionnelle, vos grands-parents étaient très pratiquants, Caroline.
00:34Et pour rendre la messe un peu plus intéressante, dès vos 6 ans, vous vous portez volontaire pour lire des psaumes au micro.
00:41J'adorerais ça.
00:42Vous adoriez ça.
00:42Là c'est ma première scène.
00:44Premier public.
00:45Premier public.
00:46Ça faisait beaucoup plaisir à mes grands-parents parce que je savais très bien lire, j'avais une bonne diction.
00:50Et donc à la sortie de la messe, ils étaient félicités.
00:53En plus c'était dans les Vosges.
00:55Donc il y a ce côté vraiment, la messe était hyper importante.
00:58Et après il y avait l'apéritif.
00:59On parlait et j'étais un peu le centre.
01:02J'adorais ça.
01:03Vous compreniez ce que vous racontiez ?
01:04Pas du tout.
01:04Non, pas du tout.
01:05Non, la lettre de Saint-Paul apôtre Corinthien.
01:07Mais c'est pas grave.
01:08Je croyais que ça manquait de vannes.
01:09Ça c'est sûr.
01:10Mais je me souviens que quand ça arrive à la fin du texte, j'aimais tellement ce moment où les gens me regardaient et tout ça,
01:14que je ralentissais.
01:15Pour que ça dure plus longtemps.
01:17Ah, il y avait des effets de mise en scène.
01:18Est-ce que ça a été compliqué pour vos parents de voir leur fille ancienne enfant de cœur dire des grossièretés sur scène ?
01:27Ah oui.
01:27Je me souviens la première fois, à un moment donné, dans tout mon tout premier spectacle, je faisais une garde à vue.
01:32J'imaginais, parce que c'était à l'époque où Sarkozy avait dit qu'il faudrait arrêter les enfants.
01:36J'avais imaginé une garde à vue pour les enfants.
01:38Et une petite fille qui avait une jupe et un flic qui l'insultait, qui lui parlait mal.
01:42Il disait, cette jupe type pute ?
01:45Et ma mère me disait, non, excuse-moi, c'est pas possible, je peux pas dire ça.
01:48Je pourrais dire type péripathéticienne.
01:51En fait, ce qui est drôle, c'est qu'un adulte parle mal à une enfant.
01:56Mais c'est là que vient le rire.
01:57C'est trop.
01:59Mais vous étiez un peu rebelle, Caroline.
02:01Et à 12 ans, vous écoutiez ça.
02:08Ça aussi, ça a dû choquer, j'imagine.
02:12Alors, vous étiez très fan de George Michael, amoureuse même.
02:15J'étais amoureuse, j'embrassais son poster.
02:17Vous saviez que c'était sans avenir possible.
02:19Tout le monde m'a toujours dit ça.
02:20Moi, je me suis dit, savez quoi, il m'a jamais rencontrée, donc on peut pas savoir.
02:24Alors, avant de dormir, vous embrassiez son poster au point de désespérer votre mère.
02:29Parce que pour la jeune catholique que vous êtes, I want your sex, c'était quand même écouter l'interview.
02:34Non, mais non seulement ça, c'était un scandale.
02:36Mais je me souviens, maman, qui regardait mon poster, et elle me disait, mais je ne comprends pas.
02:40Que tu puisses être amoureuse à un homme qui ne se rase même pas.
02:43C'est génial.
02:44Parce qu'il avait la barbe, et il avait une grosse croix qui pendait à l'oreille, avec le cuir blouson relevé.
02:51Mais bien sûr, moi, j'avais l'impression d'être une punk.
02:55Même pas raser, même pas raser.
02:57C'est honteux.
02:58Est-ce qu'on peut faire un gros plan sur Thomas, s'il vous plaît ?
03:01Il est légèrement, oui, légèrement poilu.
03:03Et alors, il est mort le 25 décembre 2016.
03:06George Michael, j'imagine que ça a dû être un Noël terrible pour vous.
03:10C'était d'autant plus terrible que c'est le premier Noël.
03:13Je viens de divorcer, c'est le premier Noël que je passe sans mes enfants.
03:17Donc, je suis dans mon ligne toute seule, en train de pleurer.
03:19Et donc, j'aime la télé, j'entends, George Michael vient de mourir.
03:22Je fais, je regarde le plafond, genre au ciel.
03:27Vas-y, t'as rien d'autre !
03:29Bon, et alors, vous n'intéressiez pas uniquement aux chanteurs.
03:32À l'époque, vous intéressiez aussi aux humoristes, lui notamment.
03:36Terroriste belge se prend en otage
03:38et menace de se tuer s'il n'est pas libéré.
03:43La police intervient, quatre morts.
03:54Génie d'Albert Dupontel.
03:58Génie, absolument.
03:59Il y avait d'ailleurs dans ce spectacle un sketch où il jouait un avocat.
04:02Il faisait une plaidoirie.
04:04Une plaidoirie extraordinaire.
04:05Et dans mon premier spectacle, qui s'appelait Carine Vigneault quitte la robe,
04:09et je voulais faire une plaidoirie.
04:10Et je m'étais mis à un challenge.
04:12Je m'étais dit, tant que je n'écris pas un texte, au moins aussi bien que celui-là,
04:15il n'y aura pas de plaidoirie.
04:16Et il n'y a pas eu de plaidoirie.
04:17C'est vrai, il était très très fort.
04:19Mais ces sketchs n'ont pas vieilli.
04:21Ah oui, non mais incroyable.
04:23On aurait tellement aimé qu'il refasse un spectacle.
04:25Non, non, jamais, jamais.
04:26Et alors, ce n'est pas lui qui vous a donné envie de devenir avocate, Carine Vigneault ?
04:30Non, c'est Gisèle Halimi.
04:31C'est Gisèle Halimi.
04:33Gisèle Halimi qui a tellement œuvré pour les femmes,
04:35qui a une preuve d'une liberté.
04:37Et je trouvais ça fou qu'elle, comme Robert Valinter, en plaidant, change les lois.
04:41C'est-à-dire que le pouvoir d'un avocat au prétoire,
04:44qui est de pouvoir convaincre des juges de ne pas appliquer la loi.
04:47Et donc, d'obtenir après du législateur qu'on modifie la loi.
04:51Vous avez eu le temps de la rencontrer ?
04:52Gisèle Halimi, jamais.
04:54J'ai rencontré Robert Valinter.
04:55Ah, c'était déjà pas mal.
04:56Mais alors, vous êtes vraiment devenue avocate pendant quelques années.
04:59Puis un jour, vous avez pris cette décision un peu radicale de dire à vos parents,
05:03ben non, en fait, je vais changer.
05:06Et ma vocation, ça va être d'être humoriste maintenant.
05:08Comment ils l'ont pris, sur le coup ?
05:10Ça a été un gros choc, parce que sachant que c'était une décision complètement folle,
05:14d'autant que je connaissais vraiment personne dans ce métier.
05:17Il n'y avait aucune chance que ça marche.
05:19Je l'ai dit à personne, j'ai démissionné.
05:21J'ai commencé à écrire un spectacle,
05:23et c'est au bout de quelques mois, sans travail,
05:25que j'ai dit à mes parents,
05:26« Ah, au fait, j'ai oublié de vous dire un truc, je ne suis plus avocate. »
05:30Et mon père m'a dit,
05:30« Ah bon, tu ne suis plus avocate, tu travailles en entreprise ? »
05:33« Euh, pas tout à fait, en fait, c'est humoriste. »
05:36Quoi ?
05:37« Humoriste. »
05:38Et là, mon père a dit, « Humoriste, ma fille est folle. »
05:42C'était fou pour eux, parce que j'avais fait tellement d'études.
05:45J'ai un bac plus 7,
05:46donc ils m'ont vu bosser jour et nuit pour avoir des examens.
05:50Après, pareil, pour travailler au cabinet jour et nuit pendant presque 8 ans.
05:55Et puis, voilà, d'un jour,
05:57« Ras-le-bol ? »
05:58Ah, du tout !
05:59Non, mais c'est ça, le plus dingue.
05:59« Ah oui, c'est mis et vraiment être... »
06:00Moi, je dorais ce métier.
06:01Mais je découvre, par hasard, en étant avocate,
06:05en rentrant dans une troupe avec des avocats amateurs,
06:07que le plaisir d'être sur scène et de faire rire,
06:09en fait, je suis faite pour ça.
06:11Et ce qui est fou, c'est que quand ça s'aligne dans votre vie,
06:14tout ce que depuis petit, on me reproche dans mon éducation,
06:16genre « Chut, arrête, tu es trop de bruit, tu es intéressante »,
06:18qui étaient des défauts,
06:20sur scène devient une qualité.
06:21C'est comme si, enfin, je comprenais pourquoi j'étais comme ça.
06:24Et puis, alors, vous allez vous lancer dans cette carrière d'humoriste
06:27et très vite, vous êtes passée à la télé, carrément.
06:31Oh, la vache !
06:32Je ne sais pas si le grand public sait que votre premier passage à la télévision,
06:35c'était dans cette émission « On ne demande qu'à en rire ».
06:38Mais alors, vous, vous ne gardez pas un très bon souvenir de votre premier passage,
06:42ça a été assez compliqué.
06:43Ça a été très violent, parce que je me suis fait humilier en direct à la télé.
06:48Moi, je viens de quitter ce métier,
06:50où je sais que je suis avocate et où j'ai un diplôme,
06:52où personne ne peut pas me dire que je ne suis pas avocate.
06:54Et je me lance dans ça, et je fais une émission en direct,
06:56donc plusieurs millions de statistiques spectateurs à l'époque.
06:59Et il y a un monsieur, un professionnel de la profession,
07:02qui est face à moi, et qui va me déglinguer complètement.
07:07Évidemment, je ne vais pas donner son nom,
07:08parce qu'il peut nous écouter.
07:09Bonjour Jean-Luc Moreau.
07:12Jean-Luc Moreau qui me regarde à la fin du sketch.
07:14Le metteur en scène, hyper connu, célèbre à Paris.
07:16C'était le plus sévère du jury, quand même, Jean-Luc Moreau.
07:19Je ne sais pas, en tout cas avec moi, c'est sûr.
07:20Avec vous, il a été très dur.
07:21Il m'a dit, mais vous avez vraiment arrêté d'être avocat pour faire ça ?
07:24Il fait, vous n'auriez jamais dû, vous n'y arriverez jamais.
07:26Vous êtes trop jolie pour être drôle.
07:28En plus, quand vous faites vos sketchs, vous faites des grimaces,
07:30vous vous enlédissez, on n'aime pas que les jolies filles s'enlédissent.
07:33Et mademoiselle, je vais vous le dire,
07:34il n'y a qu'un seul truc qui est intéressant chez vous,
07:36c'est vos chaussures.
07:37Est-ce que ce sont des vrais loups boutins ?
07:39Et en plus, je n'ai pas la capacité de répondre.
07:41Je prends ça, comme ça, dans la gueule,
07:43tout le monde rit.
07:45Et moi, je suis là en me disant, mais je viens de foutre ma vie en l'air.
07:48Et on vient de m'expliquer que pour rien,
07:50je rentre chez moi, je me souviens, en PLS,
07:52pendant trois semaines.
07:53Pendant trois semaines, je suis anéantie en me disant,
07:55qu'est-ce que je dois faire de ma vie, en fait ?
07:57Et vous avez réussi ?
07:58Non, je n'ai rien dit à mes parents, heureusement.
08:01Comment vous vous êtes remis de ça ?
08:02En fait, il y a un truc qui se passe dans mon corps,
08:05au bout d'un moment, mon caractère de merde,
08:08dirait ma mère,
08:09qui sort comme ça,
08:11et au bout de trois semaines,
08:11enfin, il y a quelque chose qui arrive à percer le désespoir,
08:14et qui me dit,
08:14mais pourquoi tu donnes autant de pouvoir
08:17à la phrase de ce type que tu ne connais même pas ?
08:20Et c'est là où ça devient génial,
08:21c'est que ce truc qui m'a éventuée va devenir une force.
08:24Et qu'à chaque fois, après, dans ma vie,
08:25je vais me dire, en fait, je vais lui prouver qu'il a tort.
08:27Et donc, quand je joue dans des salles,
08:28au début, il n'y a personne et tout,
08:30je dis, il faut que j'arrête,
08:30c'est une voix qui fait « Non, pense à Jean-Luc Moreau ! »
08:34Je dis « Non, j'arrêterai pas ! »
08:36Et vous avez bien fait de vous accrocher,
08:37et là, vous en êtes à votre quatrième spectacle,
08:40In Vigno Veritas,
08:41et c'est un carton,
08:42ça a été un carton au Théâtre Édouard 7.
08:44Vous êtes votre propre productrice, en plus,
08:47donc c'est d'autant plus fort.
08:48Et vous êtes maintenant partout en France
08:51pour cette grande tournée d'In Vigno Veritas.
08:53Caroline Vigno, restez avec nous,
08:55dans un instant,
08:56la chronique série d'Éloïse Bois,
08:58qui n'a pas bossé.
08:58Et ça, vous allez voir le résultat,
09:00elle va quand même s'en sortir
09:01dans quelques instants sur Orphe.
09:03À tout de suite.
09:04Sous-titrage Société Radio-Canada
09:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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