00:007h47, ici Occitanie, le réveil 100% local, ici matin.
00:07En direct à la radio, à la télé, c'est l'invité d'ici matin, notre invitée Céline Libine.
00:11Elle est membre du CEDIS, le collectif d'entraide et d'innovation sociale à Toulouse.
00:15Elle est l'invité d'ici matin, Alexandre Vaud.
00:17Bonjour Céline Libine.
00:18Bonjour.
00:19Merci d'être avec nous ce matin.
00:21Est-ce qu'on a une idée, peut-être pas précise, mais du nombre de personnes à la rue aujourd'hui à Toulouse ?
00:27Entre 4000 et 4500 personnes, voilà, si vraiment il fallait donner un chiffre.
00:33C'est difficile à savoir ?
00:35C'est très difficile, parce que, pour plusieurs raisons.
00:38La première, c'est qu'un bon nombre sont invisibles, et qu'on n'a pas ce chiffre concret.
00:45Les recensements ne sont pas fréquents ? Il y en a un qui est prévu en janvier, mais est-ce que c'est vraiment...
00:50C'est très compliqué de recenser, enfin tout recensement est compliqué, mais celui des personnes à la rue encore plus,
00:55puisque une grande partie des personnes à la rue, vous ne le savez pas, vous les croisez tous les jours et vous ne le savez pas qu'elles sont à la rue.
01:04Et puis en plus, le fait de demander de l'aide, c'est déjà compliqué aussi, enfin voilà, il y a plein de choses qui font que le chiffre n'est pas vraiment exhaustif.
01:15Mais ce qu'il faut vraiment savoir, c'est qu'il y a de plus en plus de personnes à la rue, c'est clair, de plus en plus de publics différents.
01:22Ce n'est plus que les personnes assises sur un banc...
01:24J'allais vous le demander, on parle de 350 enfants à Toulouse, c'est un chiffre qui vous paraît crédible ?
01:29Oui, c'est possible, mais je n'ai pas vraiment moi les chiffres exacts, je ne pourrais pas vous confirmer ou infirmer, mais il y a de plus en plus d'enfants.
01:37On le sait parce que certains sont scolarisés ?
01:40Oui, mais il y a des enfants scolarisés qui dorment dehors, et sous des tentes, sous des ponts, ou dans des conditions qui ne sont pas en 2026 acceptables.
01:50Et aujourd'hui, si je suis là, c'est aussi pour parler, justement, quand on est en 2026, est-ce que c'est normal encore qu'il y ait des gens qui dorment dans la rue,
01:58que ce soit une poignée de personnes qui ait le pouvoir de décider finalement si ces personnes dorment ou non dans la rue ?
02:07La préfecture a déclenché un plan hier, un plan froid, il n'est pas suffisant selon vous, c'est ça ?
02:13Non, parce que le plan qui a été déclenché hier, c'est le plan vigilance vague de froid.
02:19Jaune ?
02:19Jaune, exactement.
02:21Qui n'est pas le plan grand froid ?
02:22Qui n'est pas le plan grand froid, qui normalement se déclenche qu'à moins 11, si on suit les textes de loi.
02:30Entre moins 10 et moins 18 en température ressentie, c'est ça ?
02:33Oui, c'est ça. Sauf que ce qu'il faut expliquer aux gens, c'est que la température ressentie sur des corps, sur des organismes qui sont déjà fragilisés par le mode de vie précaire, quel qu'il soit,
02:46ben, c'est pas le même que ce qu'on peut ressentir nous quand on se promène.
02:51Et puis qu'en ce moment, le matin, déjà, la journée, il fait froid, donc imaginez la nuit, où les températures quand même descendent, et le ressenti est encore plus accru, en fait.
03:01Ça ne veut pas dire grand-chose, les températures ressenties.
03:05Vous avez vécu, vous, cette ultra-difficulté ?
03:08Je l'ai vécu, effectivement, donc du coup, je peux en parler, et je sais, du coup, clairement de quoi je parle, mais ce qu'il faut dire aussi, c'est que, ben, pour une personne qui vit dehors,
03:24et qui doit dormir dehors, en fait, peu importe qui c'est qu'il décide ou pas, si elle peut dormir à l'abri, et qu'encore une fois, en 2026, c'est quand même aberrant de devoir venir parler à la radio ou à la télé,
03:48pour dire qu'il y a des gens qui vivent dehors et qui dorment dehors, et encore une fois, maintenant, il y a tout un tas de publics,
03:54il y a des gens qui travaillent et qui dorment dehors, il y a des enfants, il y a des nourrissons qui sortent de la maternité.
03:59Parce que là, le préfet respecte la règle, il faut appeler le 115 si on veut être aidé en ce moment précisément, sauf que ça ne marche pas toujours, pas très bien.
04:07Le 115 est saturé depuis déjà très très très longtemps, ils ont de moins en moins de moyens aussi de travailler, et le truc, c'est que c'est des renvois de ping-pong, de balles,
04:20non, c'est à vous, non, c'est à vous, non, c'est à vous, et à mon sens, ça fait reculer, enfin, ça fait longtemps que je connaissais cette situation.
04:33Le préfet a cette possibilité, comme dans le département voisin du Tardé-Garonne, d'ouvrir des places, malgré tout ?
04:39Oui, le préfet, la préfecture...
04:41Vous les appelez à le faire ce matin, sur IC Occitanie ?
04:43Oui, bien sûr que j'appelle à ce que...
04:45Vous l'avez déjà fait, peut-être ?
04:46Oui, on l'a déjà fait, et on le fera systématiquement, et c'est aussi de travailler ensemble, en amont, ce qui a pu être fait aussi à des moments donnés,
04:59de travailler en amont pour trouver des solutions pérennes et stables pour toutes les personnes.
05:07Merci Cyril Libine.
05:09Merci beaucoup d'être venu le dire ce matin sur IC Occitanie.
05:12membre du C10, le collectif d'entraide et d'innovation sociale à Toulouse, qui accompagne ces personnes à la rue.
05:18Merci, bonne journée.
05:19Merci et très bonne journée à vous.
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