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  • il y a 7 semaines
D’un côté, Magali Berdah, entrepreneuse, agente artistique et chroniqueuse.
De l’autre, Maxime Nicolle, ancien porte-parole du mouvement des Gilets Jaunes.

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Transcription
00:00Moi, je trouve que la police n'est pas trop violente et je trouve même que la police n'est pas suffisamment stricte.
00:04Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a autant de débordements.
00:06On s'en prend à des gens des fois qui n'ont rien à voir.
00:07On s'en prend à des magasins, des pauvres commerçants qui ont galéré toute leur vie pour avoir un magasin pour tenir leur commerce.
00:13Et après, on pleure parce que la police est trop violente.
00:16Même maintenant, un match de foot, ça donne lieu à des casses.
00:18Donc, à un moment donné, je me dis finalement, peut-être qu'on n'est pas assez strict justement dans ce pays.
00:23Et peut-être que les gens n'ont pas suffisamment peur des forces de l'ordre.
00:25Là, on parle de violence sociale.
00:27On ne parle pas d'un événement sportif où les gens ont juste envie de brûler une poubelle.
00:29On parle de gens qui subissent une violence tous les jours de la part d'un État qui ne met pas en avant un intérêt collectif,
00:36qui va détourner des institutions, détourner de l'argent public, augmenter des taxes, des tarifs,
00:42ne pas augmenter les salaires, rendre de plus en plus difficile l'accès aux soins pour tout un tas de personnes.
00:47Et donc, on a cette violence qui est économique, psychologique, financière sur le dos en France aujourd'hui
00:53de presque 11 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
00:56On parle de moins de 1300 euros par mois.
00:58Ces gens-là subissent une violence et en réponse à cette violence, vont avoir une deuxième violence qui arrive.
01:02C'est celle qu'on se fait à soi-même pour supporter la première.
01:05C'est les réseaux sociaux, c'est le voyage à Marrakech, c'est le loisir, c'est le cours de boxe,
01:10c'est les stories Insta pour essayer de montrer qu'on a une vie qu'on n'a pas.
01:13Et une fois qu'on a refusé à supporter cette violence parce qu'en se la faisant à soi-même,
01:16au final, on se rend compte que ça ne change rien.
01:19Il y a la troisième qui arrive pour mettre fin à la première, c'est la violence des rues.
01:22Et elle a plusieurs étapes celle-là.
01:23La première, c'est la discussion, c'est ce qu'ont essayé de faire les Gilets jaunes à l'époque avec des débats citoyens,
01:27la remontée de revendications citoyennes avec le grand débat,
01:31le système de votation qui aujourd'hui arrive presque à expiration parce que les gens comprennent
01:35que quand on est dans un pays avec 70% de gens qui votent blancs ou qui s'abstiennent
01:38parce qu'ils n'ont plus confiance au système politique, on arrive à cette violence dans les rues.
01:41Si la violence dans la vie des gens tous les jours était réduite,
01:45je pense que les gens auraient eu autre chose à foutre que de venir dans la rue,
01:48se prendre des coups de matraque et brûler des poubelles.
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