00:00Une terrible réalité qui est de l'autre côté, une identification qui doit être formelle
00:03sur des personnes qui sont peut-être inconscientes et peut-être dans un service de réanimation
00:09et pas en mesure de donner leur nom s'ils sont intubés, ventilés et dispatchés
00:17parce qu'un tel afflux de blessés les a fait dispatcher un peu partout.
00:22Et puis la cruauté possible qui est que son fils soit parmi une des victimes
00:28encore présente ou décédée ou sur place et pour laquelle l'identification va être très difficile
00:35compte tenu de la destruction des corps, on ne parle pas de dégradation,
00:40on parle de destruction, destruction par le feu, destruction partielle
00:42et une difficulté tout à fait terrible qui fait que le recours à l'ADN,
00:46le retour à l'identification par l'ADN va être obligatoire, lent
00:51parce qu'on ne peut pas imaginer rendre un corps à une famille sans l'avoir identifié correctement.
01:03Et puis la nécessité d'accompagner ces familles parce que les victimes dans des incendies,
01:09et j'en ai beaucoup vu, je suis intervenu sur par exemple le relevage du Concorde il y a des années,
01:17mais dans beaucoup de scènes d'incendies, parfois avec des victimes multiples dans une maison,
01:22ne sont pas présentables aux familles.
01:25C'est extrêmement important que le médecin légiste sache aussi,
01:29et ça c'est notre rôle, accompagner les familles dans cette période extrêmement douloureuse,
01:34très difficile si jamais un corps est identifié,
01:38et c'est notre rôle aussi d'être là.
01:41Vous avez évoqué la question de l'ADN,
01:44parce que c'est manifestement à ça que l'on s'en remet désormais
01:48pour toutes les victimes qui n'ont pas pu être identifiées,
01:51souvent parce que, pour dire les choses concrètement,
01:54leur corps, leur visage sont méconnaissables à cause des brûlures,
01:56c'est pour ça que cette maman qui vient, qui fait la tournée des établissements
02:00avec la photo de son fils,
02:02n'arrive pas à obtenir de réponse.
02:05Et les prélèvements ADN,
02:07pour identifier soit ses corps, soit ses blessés pris en charge,
02:12ça prend combien de temps très concrètement ?
02:15Écoutez, c'est une comparaison entre les familles
02:18qui vont pouvoir donner de l'ADN
02:20pour des X pouvant être,
02:23si ce sont des corps,
02:25ou pour éventuellement quelqu'un qui est hospitalisé quelque part
02:30et qui est rentré sous X, inconnu,
02:32ça va être une comparaison anté et post-mortem,
02:36les renseignements avant, les renseignements après.
02:38Beaucoup de choses sont inutiles en identification médico-légale
02:43sur ces personnes qui sont jeunes,
02:46donc l'identification dentaire va montrer des gens
02:48qui ont des dents en bonne santé,
02:50pas très curieux,
02:51ou éventuellement des caries qui sont d'une grande banalité
02:53et qui ne permettront pas une identification.
02:54Mais il y a rarement des prothèses,
02:58des choses telles qu'on pourrait les voir chez les personnes âgées.
03:02Donc on est véritablement démuni,
03:05sauf cet ADN qui est la reine des preuves
03:07et qui va être obligatoirement l'élément de comparaison
03:11avec quelquefois le terrible match,
03:13c'est-à-dire lorsque l'ADN avant et après va matcher,
03:18on sait que le corps, les débris de corps,
03:21ce qui peut en rester,
03:24c'est celui d'une personne qu'une famille recherche
03:29et ça c'est terrible.
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