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00:00Il est 8h11, Jacques, ce matin, pour la grande interview, vous recevez Valérie Boyer, sénatrice Les Républicains des Bouches-du-Rhône.
00:08Bonjour Valérie Boyer.
00:10Bonjour.
00:10Très bonne année à vous.
00:11Et bonne année.
00:12Pour commencer, très bonne année 2026, Madame Boyer.
00:15Pour commencer, avant de revenir sur les propos du chef de l'État hier soir lors de ses voeux,
00:19j'aimerais vous faire réagir à ce qui s'est passé cette nuit dans plusieurs villes de France.
00:23Des violences urbaines à Lille, à Nantes.
00:26Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées un peu partout sur le territoire.
00:31Plus d'une centaine de voitures incendiées à Strasbourg.
00:35Le commissariat de Rezé, près de Nantes, qui a aussi été visé par des tirs de mortiers.
00:41Madame la sénatrice, comment est-ce que vous réagissez à ces actes de violences urbaines
00:45qui ont eu lieu cette nuit lors du passage à la nouvelle année ?
00:49On dirait que c'est le « cadeau » qui est fait aux Français pour cette nouvelle année.
00:55Les Français qui ne sortent pas, ou très peu, qui se confinent parce qu'ils ont peur des débordements
01:01à chaque fois qu'il y a une fête populaire, à part les Jeux Olympiques et hier soir sur les Champs-Elysées,
01:06mais qui sont punis.
01:09Et puis, ces faits de société qui sont des violences pour le 14 juillet, pour le Nouvel An.
01:19Et c'est une grande tristesse que nous nous habituons à la violence, qu'on s'organise,
01:23qu'on supprime même le grand concert en direct sur les Champs-Elysées, pour des raisons de sécurité.
01:30Mais c'est devenu une fatalité ?
01:31On a vraiment un problème, je pense que c'est une priorité absolument nationale,
01:35narcotrafic et sécurité physique, sécurité dans les rues.
01:39Alors, narcotrafic et insécurité, cela a été évoqué par Emmanuel Macron hier soir.
01:44Alors, lors de ces voeux, le chef de l'État promet une année 2026 utile.
01:48Est-ce que vous avez envie d'y croire ?
01:50Ou bien, en ce 1er janvier, vous estimez qu'il s'agit d'un voeu pieux du chef de l'État ?
01:56D'abord, j'ai envie d'y croire pour mon pays, pour les Français, pour nos compatriotes.
02:00Même si j'ai trouvé de l'avis général, moi aussi, ces voeux très tristes.
02:06Ce qui est utile pour la sécurité, déjà, grâce au Sénat,
02:10à partir du mois de janvier, va être créé le parquet national contre le PNACO,
02:17contre les organisations, contre la criminalité organisée,
02:20qui va faire des trafiquants de drogue qui vont avoir le même statut que les terroristes, je résume.
02:26Ce qui va faciliter les procédures et les investigations.
02:30Donc ça, c'est une avancée que l'on doit au Parlement,
02:32parce que même s'il a été bloqué pour le budget et pour bien des sujets,
02:36et bien grâce au rapport du Sénat, on a pu voter un texte contre le narcotrafic à l'unanimité.
02:41Mais il faudra aller plus loin, et notamment sur la prise en charge des consommateurs,
02:45et sur le traitement des consommateurs, et sur l'accompagnement des familles
02:48qui sont confrontées à la drogue dans les familles.
02:52Quand on voit le nombre de consommateurs et les produits consommés,
02:55ça fait partie pour moi des priorités.
02:56C'est pour moi une priorité nationale,
03:00et cette priorité, elle doit être déclinée dans tous les domaines santé,
03:04éducation, instruction, sécurité, bien évidemment.
03:10Même si une partie de la partie justice a été faite,
03:12et je regrette que le conseil constitutionnel ait annulé un certain nombre de dispositifs
03:16qui nous permettaient d'avancer et de lutter contre le narcotrafic.
03:19Valérie Boyer, sénatrice Les Républicains des Bouches-du-Rhône,
03:21vous disiez avoir trouvé les voeux du président très tristes. Pourquoi ?
03:25Sur la forme, et puis sur le fond, c'est vrai que sa priorité pour lui,
03:32c'est de donner un cadre législatif aux soins palliatifs.
03:36Moi, je trouve qu'il n'y a pas d'utilité à l'euthanasie et au suicide assisté.
03:42Il a dit le zéro bout du travail législatif sur la question de la fin de vie.
03:45Je rappelle que seuls 11% des Français sont d'accord avec ces mesures,
03:50qu'il n'y a pas de majorité pour le voter au Sénat.
03:52Ça arrive au Sénat le 20 janvier, comment la droite sénatoriale se prépare ?
03:57Je ne vois pas comment ce texte pourrait passer, qui n'est ni utile ni attendu.
04:04Ce qui est utile, c'est de développer les soins palliatifs,
04:06comme le Parlement s'y était engagé auprès des Français.
04:10Aujourd'hui, c'est ce travail-là qui doit être fait.
04:13Moi, je dis qu'il y a des urgences dans ce domaine.
04:18Il y a les soins palliatifs et il y a la politique grand âge.
04:21Et là, bien évidemment, il y a des grandes lacunes.
04:24Et je trouve qu'il n'y a rien de fraternel, et j'insiste sur ce terme,
04:27rien de fraternel à avoir ça comme perspective.
04:31Parallèlement, le chef de l'État déplorait une baisse de la natalité,
04:35mais il n'y a aucune mesure pour accompagner les familles
04:38qui souhaitent avoir des enfants,
04:41et notamment pour faire face à cette violence qui est faite aux femmes françaises,
04:45à savoir choisir entre travailler ou avoir des enfants.
04:49Pour moi, ce serait un train de mesure
04:52qui permettrait aux Français de retrouver de l'optimisme,
04:56et puis de faire face aussi à leur désir
04:58de fonder une famille ou d'élargir la famille qu'ils ont déjà.
05:03Ça, pour moi, ça ferait partie des mesures absolument indispensables
05:06et urgentes à mettre en place.
05:08Emmanuel Macron a également parlé du budget de l'État.
05:11Dès les premières semaines de l'année qui s'ouvre,
05:12le gouvernement et le Parlement auront à bâtir des accords
05:15pour doter la nation d'un budget.
05:17C'est indispensable, a-t-il dit.
05:19Est-ce que vous estimez qu'il est aussi de la responsabilité des Républicains
05:23dont vous faites partie de contribuer ?
05:25Est-ce que la France est un budget ?
05:26Le Sénat a proposé, a voté un budget,
05:31c'est-à-dire que le Sénat a fait ce que le gouvernement n'a pas fait.
05:35Il n'y a pas eu d'accord avec l'Assemblée.
05:37Oui, mais nous, nous avons fait notre travail parlementaire
05:41en proposant un budget,
05:43et dans ce budget, nous avons dit que nous souhaitions faire des économies.
05:48Donc on a proposé un certain nombre de pistes qui ont été votées au Sénat.
05:51Maintenant, charge le gouvernement de choisir.
05:54Et s'il souhaite vraiment qu'on s'avance vers la baisse de la dette,
05:58vers des économies et vers des perspectives,
06:01pour aussi baisser les impôts,
06:04faire en sorte que notre pays se porte mieux sur le plan économique,
06:08il a des outils législatifs,
06:10des outils au Parlement qui lui permettent d'agir,
06:12comme le 49-3.
06:13Comme le 49-3, vous y êtes favorable,
06:15vous Madame Boyer, Valérie Boyer, sénatrice, républicain ?
06:17Si c'est pour faire passer un budget qui va dans le bon sens,
06:20oui, c'est au gouvernement de choisir.
06:23Le Parlement s'est prononcé,
06:25en tout cas le Sénat s'est prononcé sur un budget
06:27qui a été construit.
06:30Maintenant, c'est au gouvernement de prendre ses dispositions,
06:32et c'est ce que nous avons dit au gouvernement
06:34lors de la dernière séance du Parlement avant Noël.
06:41Mais qui dit 49-3,
06:42dit risque de motion de censure.
06:45Écoutez, nous verrons bien,
06:46mais de toute façon,
06:47il faut choisir,
06:49il faut proposer des perspectives aux Français.
06:51On ne peut pas s'en remettre,
06:52le gouvernement, c'est l'article 20,
06:53il est là pour gouverner,
06:55le Parlement, il fait des propositions,
06:57s'il y a un blocage,
06:58eh bien c'est au gouvernement de décider.
07:01Vous savez, je pense que les Français,
07:03ils ont besoin d'autre chose
07:05que la perspective d'un texte sur l'euthanasie,
07:09et surtout, ils ont besoin d'avancer,
07:13et puis nous devons faire des économies.
07:15On ne peut pas se contenter
07:16de voir notre dette augmenter dans tous les sens.
07:19Alors Emmanuel Macron veut avancer
07:21sur un tout autre sujet,
07:22il soutient l'idée d'interdire les réseaux sociaux
07:24au moins de 15 ans.
07:26Quelle est votre position à vous, Valérie Boyer ?
07:29Ça fait partie des conclusions
07:31que nous avions proposées au Sénat
07:37dans un rapport sur TikTok.
07:40Effectivement, je pense qu'on doit se poser la question
07:42à la fois sur l'exposition des mineurs
07:45sur les réseaux sociaux,
07:46sur leur interdiction,
07:47mais aussi sur la façon dont les réseaux sociaux
07:49sont utilisés dans l'éducation nationale.
07:52Moi, je serais favorable à ce qu'on fasse ça,
07:56mais que ce ne soit pas une mesure gadget,
07:57que ça fasse partie d'un grand plan
08:00pour la jeunesse
08:02autour de ces réseaux sociaux,
08:05et surtout des influences,
08:07parce qu'il a parlé des dangers pour la jeunesse,
08:09mais il a aussi parlé des influences
08:12et des ingérences
08:13des États différents de ceux de la France.
08:17Moi, je rappelle simplement que la Chine,
08:19par exemple,
08:20interdit ses réseaux sociaux à ses mineurs,
08:23mais il les diffuse très largement
08:24aux autres pays,
08:26parce qu'elle a très bien compris
08:27les dangers que ça pouvait représenter,
08:29à la fois pour les troubles de la concentration,
08:32de l'apprentissage,
08:33mais aussi des messages
08:34et de l'information qui est véhiculée.
08:37Valérie Boyer, sénatrice Les Républicains,
08:39Emmanuel Macron expliquait hier
08:41« Je serai jusqu'à la dernière seconde au travail ».
08:44Est-ce que vous écartez définitivement
08:46la question d'une démission du chef de l'État,
08:48d'une présidentielle anticipée ?
08:51C'est lui qui l'écarte.
08:54Mais vous ne lui mettrez pas la pression ?
08:57Moi, je pense que les institutions doivent fonctionner.
09:02Aujourd'hui, faisons déjà en sorte
09:04que chacun fasse le travail qui lui est assigné.
09:07Le gouvernement...
09:09De gouverner, c'est-à-dire de choisir,
09:13de prendre des décisions politiques qui engagent.
09:18Ça me semble la plus grande urgence
09:20de mettre en œuvre, par exemple,
09:22j'évoquais le narcotrafic,
09:24tout ce qui est autour du narcotrafic,
09:25de la sécurité.
09:27On avait espéré des référendums,
09:31et notamment un référendum sur l'immigration,
09:33qui était nécessaire et qui est toujours aussi nécessaire,
09:36parce que vous avez vu que la situation de l'immigration,
09:38sujet qui a été à peine effleuré lors des voeux
09:40du président de la République,
09:42est absolument indispensable.
09:44Le président de la République a aussi parlé
09:45des ingérences en évoquant la Russie,
09:48mais il n'a pas pensé à d'autres ingérences,
09:50comme par exemple celle de l'Algérie,
09:52vis-à-vis de la France,
09:54qui criminalise la France
09:56et qui souhaite peser,
09:58mais ce n'est pas la seule,
09:59qui souhaite peser sur les élections
10:01dans notre pays.
10:02Donc il y a tout ça à mettre en place.
10:05Je pense qu'effectivement,
10:06si cette fin du deuxième quinquennat
10:10doit être utile,
10:11il y a un certain nombre de choses
10:12à mettre en place,
10:15dont il faut espérer
10:16qu'elles puissent être efficaces.
10:19Justement, vous parlez de l'Algérie,
10:20Valérie Boyer,
10:21on a appris tôt ce matin
10:23au journal officiel
10:24que l'écrivain franco-algérien,
10:25Boilem Sansal,
10:26était distingué dans la promotion
10:27du 1er janvier
10:28de la Légion d'honneur.
10:30C'est une bonne nouvelle ?
10:32Je trouve que c'est une excellente nouvelle
10:33pour Boilem Sansal,
10:36même si je regrette
10:38ce qui s'est passé
10:38pendant son incarcération.
10:41Moi, je déplore justement
10:42qu'on n'ait pas eu un mot
10:43pour Christophe Gleize,
10:45qui a passé Noël
10:45le jour de l'an
10:46dans les prisons algériennes
10:48et qui est otage
10:49du régime algérien aujourd'hui.
10:51Moi, je pense à lui,
10:52je pense aussi à nos compatriotes
10:53qui sont toujours retenus en Iran,
10:54même s'ils ne sont plus en prison.
10:56Donc, pour moi,
10:57ça, ça fait partie
10:58des sujets qui sont majeurs
11:00et qui en disent long
11:01sur la place de la France
11:02et sa position dans le monde.
11:06Mais pour Boilem Sansal,
11:10je me réjouis pour lui,
11:11mais je crois qu'il est urgent
11:13qu'on revoie nos relations
11:15avec l'Algérie,
11:16que la méthode de Bruno Retailleau
11:19bien a été saluée récemment
11:21par Boilem Sansal
11:22et par bien d'autres
11:23qui étaient celles
11:24de la fermeté.
11:27Eh bien, on a vu
11:27qu'elle pouvait porter ses fruits.
11:29Et donc, je forme des vœux
11:31pour 2026,
11:32qu'on ait des relations mûres,
11:35apaisées
11:35et enfin adultes
11:38avec l'Algérie
11:39et que la France
11:40ne soit pas criminalisée
11:42comme elle l'est aujourd'hui
11:43et surtout que nos concitoyens
11:44ne sont pas utilisés
11:45comme des otages
11:47avec des menaces
11:49vis-à-vis de notre pays.
11:5163 ans après l'indépendance,
11:53ce n'est plus possible
11:53de continuer
11:54à avoir ce type de relation.
11:57Merci beaucoup Valérie Boyer,
11:59sénatrice Les Républicains
12:00des Bouches-du-Rhône.
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