- il y a 7 mois
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00:00Et ce à quelques heures du réveillon de la Saint-Sylvestre et celui qui va, si je puis dire, ouvrir la soirée,
00:05c'est Emmanuel Macron, c'est la tradition. Ce seront ses derniers voeux pour une année de plein exercice.
00:11Le président promet une allocution d'une dizaine de minutes consacrée à la situation internationale,
00:16mais aussi une allocution anti-French bashing. Il veut insister sur ce que la France fait de bien.
00:23Sarah Salman, est-ce que le président a raison d'aller contre la morosité ambiante,
00:27au risque même de paraître un petit peu déconnecté ?
00:30Il est assez déconnecté. Après, les voeux, si vous voulez, il y a de moins en moins de personnes qui les écoutent.
00:35Regardez les chiffres. En 2020, il y avait 17,5 millions de personnes, ce qui est quand même énorme.
00:41Et en vœux 2023, 10,2 millions. Et l'an dernier, on est passé sous les 10 millions, 9,7 millions.
00:47Moi, je ne serais pas surprise qu'on fasse encore un nouveau record et qu'on soit encore moins nombreux à écouter ces voeux,
00:52puisque de toute façon, on sait à peu près ce qu'il va dire. Il y aura peut-être des promesses qui ne seront pas respectées pour la plupart.
00:57Ce qui fut le cas l'année dernière.
00:59Oui, l'année dernière ou même en 2017, il nous a expliqué qu'il y aura plus de sans-abri en France,
01:04ce qui aurait été franchement une bonne nouvelle. Et il y en a encore plus cette année.
01:07Donc, il va faire des promesses, des promesses de référendum. Il n'y aura rien de tout ça.
01:12Donc bon, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
01:14Jean-Michel Salvatore, la méthode quoi est la bonne méthode pour Emmanuel Macron ce soir ?
01:18Je pense que lui, son problème, si vous voulez, c'est qu'il essaye de convaincre les Français qui vont le regarder
01:23qu'il sert encore à quelque chose. Parce que finalement, c'est ça le sujet.
01:28Vous avez toute une partie de sa majorité, à commencer par Édouard Philippe, qui demande son départ.
01:33Vous avez aussi son ancien Premier ministre, Gabriel Attal, qui explique qu'il ne comprend plus très bien
01:38ce que fait le Président de la République.
01:40Donc, Emmanuel Macron doit essayer d'expliquer aux Français qu'il sert encore à quelque chose.
01:46Et il n'a pas la partie très facile, parce que d'abord, nous sommes dans une crise politique très grave.
01:52Il n'y a pas de majorité, il n'y a pas de budget, il n'y a plus d'argent.
01:55Et donc, ce qu'il va essayer de faire, c'est d'abord de parler de son domaine réservé,
01:59c'est-à-dire de l'international. Et puis, il va essayer aussi de vendre des mesures
02:04qui sont fédératrices et qui ne coûtent rien. Parce que c'est aussi le sujet, comme il n'y a plus un rond,
02:10on ne peut plus proposer des choses qui coûtent.
02:13Donc, d'où cette idée des portables.
02:16Bon, ça, c'est vrai que ça ne coûte rien de dire, à partir de septembre 2026,
02:20les portables seront interdits dans les lycées.
02:23Ça ne coûte pas un sou au budget de l'État.
02:27La réforme sur les réseaux sociaux, l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
02:32ça aussi, ça ne coûte pas grand-chose à l'État.
02:34Encore faut-il que ce soit facile à appliquer.
02:37Bon, il n'y a qu'une seule mesure qui devrait annoncer et qui coûtera de l'argent,
02:41c'est le réstablissement du service national.
02:43Mais là, on voit bien que dans les circonstances politiques et géopolitiques actuelles,
02:48un effort de défense est absolument indispensable.
02:50Alors, il parlera également de la loi sur la fin de vie.
02:52Ce sont des sujets qui font peut-être moins sur la fin de vie,
02:56mais qui font plutôt consensus.
02:58Sarah Salmane.
02:59Consensus sur la fin de vie, j'en suis pas certaine.
03:01Chacun réagit avec ses propres émotions, son propre vécu.
03:04J'en suis pas certaine.
03:05Après, sur les priorités des Français, et notamment sur le pouvoir d'achat,
03:08ça serait quand même bien qu'ils fassent un point et qu'ils disent,
03:10non pas ce qu'il va faire, parce que là, on n'attend plus rien,
03:13mais plutôt l'état des lieux, le bilan,
03:15et à la limite qu'ils nous disent, on ne peut rien faire, on va passer de mauvaises années.
03:19Moi, je préfère quelqu'un qui me dise ça.
03:20Oui, mais attendez, il ne peut pas dire ça.
03:21Il ne peut pas dire ça, un président ne peut pas dire ça.
03:23Il ne peut pas dire ça, je vous assure que ça serait plus honnête.
03:26Plutôt que de nous enfumer avec, je vais faire ci, je vais faire ça,
03:30et je ne peux pas le faire ou je ne veux pas le faire,
03:31moi, je préfère qu'on me dise, ça va être compliqué, ça va être difficile.
03:34Jean-Michel Salvatore, en tant que communiquant,
03:37est-ce qu'un président peut faire un aveu d'impuissance comme ça ?
03:42Non, ce n'est pas possible, parce que finalement, si vous voulez,
03:45son impuissance, il en est le premier responsable.
03:49Son impuissance, elle vient de cette décision de dissolution de l'Assemblée nationale,
03:54qui est en fait une décision, évidemment, qui s'est retournée contre lui,
03:58mais qui est une décision que les Français n'ont pas comprise.
04:00Les Français n'ont pas compris pourquoi il avait pris cette décision.
04:03Ils ont compris pourquoi, mais pas la temporalité.
04:07Non, moi je pense que, quand on regarde les sondages,
04:11on voit bien que les Français le lui reprochent énormément,
04:15et c'est ce qui a provoqué cette cassure entre l'électorat et Emmanuel Macron,
04:20et entre son électorat traditionnel et Emmanuel Macron.
04:23Donc en fait, les gens ne veulent plus tellement l'entendre,
04:26et je rejoins Sarah quand elle parlait des audiences qui seront évidemment très importantes,
04:31parce qu'on a le sentiment que les Français ne veulent plus l'écouter.
04:36Donc c'est vrai que ces voeux recueillaient des audiences qui étaient en baisse depuis quelque temps,
04:42mais là c'est vrai que si on passe très nettement sous la barre des 10 ou des 9 millions de téléspectateurs,
04:48ce sera un signal vraiment très embarrassant.
04:50Souvenez-vous, il avait déjà fait une émission à la télévision au mois de juin sur France 2,
04:55avec Caroline Roux, qui avait fait un score infamant pour le Président de la République.
05:00Il avait fait 1,5 million, je crois,
05:01ce qu'on n'avait jamais vu dans toute l'histoire de la Ve République.
05:04Alors, en tout cas, il y a un thème qui fait plutôt consensus,
05:08c'est celui de la protection des mineurs sur les réseaux sociaux,
05:11et face aux écrans, je pense que tous les parents ont été confrontés à ce problème,
05:17comme dans de nombreux pays, le temps de la régulation semble venu,
05:21tant les écrans sont rentrés dans nos vies, notamment la vie des plus jeunes.
05:25Un projet de loi sera discuté dans quelques jours,
05:27et il contiendra seulement deux articles, selon l'AFP.
05:30L'un interdira les téléphones dans les lycées, donc dès la rentrée de septembre,
05:33et puis l'autre ne permettra plus, au moins de 15 ans,
05:35de détenir un compte sur les réseaux sociaux.
05:39Selon une enquête Cluster 17 parue dans la Tribune dimanche,
05:42c'était dimanche dernier, 90% des parents souhaitent un encadrement du temps d'écran.
05:49Alors, la première mesure, effectivement, vous l'avez dit, c'est facile à faire.
05:52Facile, non, ce n'est pas facile.
05:54Les lycées, c'est facile.
05:55Mais ce n'est pas facile.
05:56Interdit, c'est interdit.
05:58Oui, interdit, c'est interdit.
05:59En prison, interdit, c'est interdit, et vous l'avez quand même.
06:01Oui, effectivement.
06:02Mais si vous avez un téléphone sur votre table et que vous êtes en cours,
06:06vous allez...
06:07Oui, bien sûr, c'est interdit, mais il y aura toujours des moyens
06:10de détourner le système.
06:11Comme à chaque fois.
06:11Un portable, vous en avez plein qui l'ont sur les genoux, qui l'ont...
06:14C'est sûr.
06:15Plus compliqué quand même, c'est de vérifier l'âge, l'identité de tout un chacun
06:20sur les réseaux sociaux.
06:21Le dire, c'est une chose, le faire, techniquement, n'a pas la solution.
06:25Techniquement, je ne sais pas comment il compte faire.
06:26Si c'est déclaratif, pardon, mais ça ne va pas aider beaucoup.
06:29S'il faut donner sa pièce...
06:31Enfin, ça me paraît inapplicable, en fait.
06:33Ineffectif, inapplicable.
06:34Jean-Michel Selvator.
06:35Oui, moi, je suis assez d'accord.
06:36C'est vrai qu'à annoncer, c'est facile.
06:38Ça ne mange pas de pain, comme dirait l'autre.
06:40Et tout le monde est d'accord.
06:42Mais c'est vrai qu'ensuite, tout est dans l'art d'exécution.
06:45Et c'est vrai à la fois pour les réseaux sociaux et pour l'interdiction dans les lycées.
06:50Pour les réseaux sociaux, on voit bien qu'il y a des possibilités de détournement
06:53très importants.
06:55Donc c'est vrai qu'il y a déjà des pays qui ont essayé de le faire, comme l'Australie.
06:59Donc c'est évidemment intéressant de voir comment ils s'y sont pris.
07:02Sur les lycées, c'est vrai qu'en fait, on reporte la responsabilité sur les chefs
07:07d'établissements qui doivent se débrouiller avec ça.
07:10Comme sur la laïcité, d'ailleurs.
07:11Est-ce qu'il faut qu'ils fassent des casiers pour que les lycéens mettent leur portable
07:16avant d'entrer dans les cours ?
07:17Est-ce qu'il faut qu'ils fassent autrement ?
07:19En fait, c'est débrouillez-vous.
07:20Je ne veux pas le savoir.
07:21Mais en tout cas, je fais voter cette loi qui ne me coûtera pas grand-chose
07:25et qui permettra de justifier le fait que je n'ai pas démissionné.
07:29Il y a aussi le rôle des parents.
07:31Parce que c'est quand même les parents qui achètent le téléphone portable.
07:33Quand vous voyez des collégiens avec un iPhone qui coûte 2000 euros,
07:36ils ne l'ont pas acheté tout seul.
07:37Donc, il y a aussi la responsabilité des parents.
07:40Est-ce qu'on se dit qu'on veut déresponsabiliser les parents à l'école de tout faire ?
07:43Ou on se dit aussi que c'est aux parents de décider si leurs enfants ont un portable ou pas ?
07:47Et si oui, à partir de quand et pour faire quoi ?
07:49Et puis surtout, est-ce qu'on ne se trompe pas de combat ou en tout cas de méthode ?
07:52Est-ce qu'il ne faudrait pas instaurer tout simplement des cours de vie numériques
07:55dans les collèges ?
07:57C'est-à-dire passer à la prévention avant de passer à la récréation ?
08:01Ça peut aussi être aux parents de le faire.
08:03Tout le monde n'a pas un téléphone.
08:05Est-ce que tous les parents sont engagés autant dans l'éducation de leurs enfants ?
08:09Non, je ne pense pas.
08:09Mais pour moi, la priorité de l'école, c'est d'apprendre à lire, à compter,
08:12ce genre de choses, plutôt que de faire des cours de vie numériques.
08:14C'est très bien, ça peut être complémentaire.
08:16Étant donné les ravages que cela fait, c'est peut-être pas inutile.
08:18Oui, ce n'est pas inintéressant.
08:20Jean-Michel Salvatore.
08:21Oui, moi je suis assez de l'avis de Sarah.
08:23Je pense que l'école, elle est faite pour instruire.
08:25Et les parents, ils sont faits pour éduquer.
08:27Donc, c'est aux parents, d'abord, de ne pas exposer leurs enfants trop tôt aux écrans.
08:34C'est aux parents de fixer des règles.
08:36C'est aux parents, éventuellement, d'interdire dans la mesure de leurs possibilités.
08:40Parce que c'est vrai qu'un lycéen de 17 ou 18 ans, ce n'est pas forcément très évident.
08:45Les parents ont fixé aussi pour eux-mêmes.
08:47Mais, et puis c'est vrai que les parents doivent donner l'exemple.
08:50Je suis tout à fait d'accord.
08:51Les parents doivent donner l'exemple.
08:52Si des parents passent leur vie à scroller sur leur portable, il ne faut pas s'étonner que les enfants fassent pareil.
08:57Mais oui, vous allez au restaurant, parfois, je vois des couples qui sont les deux sur leur téléphone.
09:01Et vous voyez l'enfant qui est sur la tablette, le iPad, et personne ne se parle.
09:04Donc après, il ne faut pas s'étonner non plus si à 4 ans, l'enfant est sur sa tablette et que les parents sont sur leur téléphone.
09:08On en revient toujours à la responsabilité des parents.
09:11On va parler de choses plus légères et plus joyeuses dans un instant.
09:13Mais juste avant, je voulais aussi vous poser une question que je vais poser à tous les chroniqueurs aujourd'hui.
09:19Puisque j'aurai le plaisir d'être avec vous sur Europe 1 entre 19 et 21 heures.
09:24On arrive évidemment à la fin de l'année.
09:26Quelle est pour l'un et l'autre la personnalité qui vous aura marqué cette année ?
09:31Jean-Michel Salvatore.
09:32Alors moi, la personnalité qui m'a le plus marqué, c'est Léon XIV.
09:37Le nouveau pape.
09:37C'est le nouveau pape.
09:39C'est un pape qu'on n'attendait pas, qui finalement remplace le pape François qui était très clivant.
09:47Et ce pape, finalement, il s'est installé dans ses fonctions de pape très facilement.
09:52Comme s'il y avait été préparé, alors qu'il n'a jamais été candidat.
09:55Et on voit bien que c'est un pape qui est à la fois un pape de l'intériorité et de la pacification de l'Église.
10:01Donc voilà, je trouve que la personnalité de l'année pour moi, c'est Léon XIV.
10:05Sarah Salman.
10:05Pour moi, Nicolas Sarkozy, parce que...
10:08Non mais, vous plaisantez, mais...
10:09Non, je plaisante pas.
10:10Non, je vous vois sourire, mais parce qu'il a été mis en prison.
10:13Personne ne s'y attendait.
10:14Moi, quand j'ai vu tomber la dépêche AFP, je me suis dit non, quand même, ils ne l'ont pas mis en prison.
10:17Et je trouve que ça envoie un signal assez fort de mettre un ancien président de la République en prison.
10:22Donc ça m'a marqué.
10:23Il a eu beaucoup de résilience dans cette épreuve.
10:26Il aurait pu, voilà, en tout cas se plaindre beaucoup plus.
10:29Il ne l'a pas fait.
10:30Donc je vais mettre Nicolas Sarkozy.
10:32Quel est l'événement qui vous a enthousiasmé cette année ?
10:35L'augmentation des audiences de CNews et Europe.
10:41Effectivement, dont on a parlé, évidemment, hier.
10:45Jean-Michel Salvatore.
10:46Alors l'événement, c'est peut-être un bien grand mot.
10:50Mais moi, il y a quand même quelque chose que j'ai trouvé très positif.
10:54On voit bien que, si vous voulez, on est quand même dans une ambiance plombante, épouvantable en France.
10:58Notamment pour des raisons politiques, mais pas que.
11:00Et moi, je trouve que le fait que les Français aient réussi à gagner deux prix Nobel, je trouve que finalement...
11:08Emmanuel Macron parlera ce soir, d'ailleurs.
11:10Ah bah écoutez, ça tombe bien.
11:11Mais je trouve que c'est assez rafraîchissant.
11:14On a un prix Nobel d'économie.
11:16Et c'est vrai qu'on en a bien besoin.
11:17C'est Philippe Aguillon.
11:18On en a bien besoin parce qu'on voit bien que nos élus sont totalement déconnectés de la vie économique.
11:22Donc, Philippe Aguillon, prix Nobel d'économie 2025, je prends.
11:26Et puis, il y a Michel Devoret qui est prix Nobel de physique 2025 sur des sujets très compliqués de mécanique quantique.
11:34Et là, on voit bien que ça sera aussi très important pour l'IA.
11:37Bon, donc je trouve que ce sont deux bonnes nouvelles dans un océan de mauvaises nouvelles.
11:41Alors justement, au niveau mauvaise nouvelle, qu'est-ce qui vous a le plus inquiété cette année ?
11:45Ce qui m'a le plus inquiété, c'est le renoncement de la réforme des retraites.
11:48Nous sommes le seul pays en Europe et peut-être au monde à considérer qu'on peut travailler jusqu'à 62 ans
11:55alors que tous les autres, nos concurrents et tous les autres pays travaillent jusqu'à 65, 66, 67 ans.
12:01Je trouve que c'est un marqueur d'abord de non-courage et même de lâcheté de notre classe politique.
12:07Et c'est un marqueur de facilité.
12:09Je pense que ce n'est pas comme ça qu'on redressera le pays.
12:11Et Sarah Saman, si vous vous inquiétez.
12:12Moi, je mettrais la hausse des violences faites aux femmes parce que tous les ans, on nous disait que cette cause était la priorité
12:17et que ça allait s'améliorer.
12:19Et en plus de ne pas s'améliorer, ça s'est aggravé.
12:20Donc voilà l'événement que je pourrais citer.
12:23Merci.
12:24Merci.
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