- il y a 4 mois
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00:00Bonjour et bienvenue Sarah Knafo.
00:02Bonjour Sonia Mabrouk.
00:02Merci d'être notre invitée, c'est votre grande interview ce matin sur CNews Europe 1, vous êtes eurodéputée reconquête.
00:08Sarah Knafo, au moment où les consultations se poursuivent à Matignon, la messe semble dite pour François Bayrou et son gouvernement le 8 septembre.
00:14Résumons les choses, instabilité politique, dette incontrôlable, état régalien qui pour beaucoup de français ne remplit pas sa mission première de les protéger.
00:23Comment vous, vous qualifiez avec vos mots la situation actuelle de notre pays ?
00:26Je dirais que la messe s'est dite en réalité depuis déjà 2022.
00:302022 parce que c'était une élection présidentielle où le président sortant, Emmanuel Macron, a complètement enjambé la campagne.
00:38Il n'a pas fait campagne, il a refusé de débattre, il a été élu par défaut, on s'en souvient, avec des voix de gens qui le détestaient mais qui ont appelé à voter contre le Rassemblement national.
00:47Et donc quand on escamote comme ça une campagne présidentielle, en réalité on ne peut trancher aucun des grands sujets.
00:52Résultat, à la fin, pas de majorité.
00:54Qui dit pas de majorité dit pas de loi.
00:56Et donc on en est dans la situation où on est, avec des fléaux extrêmement graves que vous avez décrits, à savoir une déconnexion totale entre la vie du pays, la vie réelle, la vie des gens et la vie politique.
01:07Donc on a une vie politique bouillonnante où les gens se parlent entre eux en réalité.
01:11Alors on parle de tambouilles, de votes de confiance, de motions de censure, etc.
01:14Et à côté, un pays qui voit sa dette exploser, le niveau de son école s'effondrer, l'insécurité qui est partout, une lucidité des français qui grandit sur tous ses problèmes.
01:25Et ils voient leur classe politique qui vit entre elles, qui est à huis clos presque, et qui ne règle aucun de leurs problèmes, qui n'avance pas.
01:33Donc je pense, et je vous le dis ce matin, que la seule solution en réalité, ce serait la démission d'Emmanuel Macron.
01:39Puisque tout remonte à ça. C'est depuis 2022 qu'on n'a pas de majorité.
01:43La dissolution est venue aggraver le problème en créant un groupe encore plus fin pour le président de la République.
01:49Mais on voit bien que c'est ce président-là qui n'arrive pas à avoir de majorité.
01:52Donc démission, élection anticipée, certaines voix à droite le disent désormais.
01:56Pour vous, le problème est à l'Elysée ?
01:58Le problème est à l'Elysée. Et avant la prochaine présidentielle, on ne réglera pas la question.
02:03Appeler à une dissolution aujourd'hui, en réalité, ce n'est même pas gagner du temps.
02:06C'est perdre encore du temps.
02:07La seule chose qui nous permettra de trancher et d'avancer enfin, c'est une nouvelle élection présidentielle.
02:12Parce qu'on sait dans notre pays que c'est cette élection et seulement cette élection qui permet d'avancer et de prendre des décisions claires pour le destin du pays.
02:19Sarah Knafo, vous avez parlé dans votre argumentaire de la lucidité des français.
02:22C'est dimanche soir, le Premier ministre a tenté de jouer la carte de l'opinion face justement aux députés, aux oppositions, en alertant sur la gravité de la situation.
02:31Au-delà des différences qui sont les vôtres avec le Premier ministre, est-ce que vous l'avez trouvé à la hauteur de la gravité de la situation des fléaux que vous venez de décrire aujourd'hui ?
02:39Absolument pas. Je pense comme aucun des Français qui n'aura regardé.
02:43Moi, je ne peux pas considérer qu'on est à la hauteur de la situation quand on n'a rien tenté.
02:47C'est pas un lanceur d'alerte.
02:48Il n'est pas un lanceur d'alerte.
02:50Je pose la question. Il ne sortira pas avec panache et pardon ?
02:52Il est au sommet du pouvoir. Il a quelques décennies de vie politique derrière lui.
02:56Il a contribué à tous les votes et toutes les majorités qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd'hui.
03:03Moi, il m'a fait penser dans cette interview à tous ceux qui, une fois qu'ils quittaient le pouvoir, devenaient soudain lucides.
03:08Vous vous rappelez de Gérard Collomb qui, en partant, nous disait « Finalement, la situation est grave, le communautarisme est énorme ».
03:15À François Hollande, qui, dans le dernier livre qui sort quand il quitte l'Elysée, nous montre qu'en réalité, il avait compris le problème et qu'il dit « On est aujourd'hui côte à côte, on sera demain face à face ».
03:25La phrase de Gérard Collomb à laquelle je pensais.
03:27François Hollande, même chose.
03:28Donc, on a l'impression que tous ces gens, en réalité, une fois qu'ils sont au pouvoir, ils profitent des avantages que ça leur offre, ils ne nous disent rien.
03:34Et puis, une fois qu'ils vont partir et qu'ils n'ont plus rien à perdre, alors là, soudain, ils se lâchent.
03:38On a un peu l'impression que Bayrou, c'est ça.
03:39Il s'est fait à Rakhiri, maintenant qu'il sait que c'est la fin, là, il trouve les mots pour nous dire qu'en réalité, il y a des problèmes.
03:45Alors, les mots, quand il dit « Ce ne sont pas les gouvernements qui dépensent l'argent, ce sont les Français », a-t-il affirmé.
03:49Vous avez parlé d'insultes et de mensonges concernant cette phrase.
03:53En même temps, Sarah Knafou, il y a eu la retraite à 60 ans, c'était en 81, les 35 heures en 98.
03:58On peut continuer comme ça longtemps.
03:59Ce sont les Français, quand même, qui ont voulu ces mesures, qui ont voté pour les dirigeants qui ont appliqué ces mesures.
04:04Est-ce qu'il a tort, le Premier ministre ?
04:06Ça, je trouve que c'est un sujet, des propos qui sont extrêmement graves.
04:10Pourquoi ? Dites-nous.
04:11Je pense que ce n'est pas seulement insultant, ça l'est.
04:13Évidemment, on se sent tous insultés, mais en plus, c'est un mensonge.
04:16C'est un mensonge économique de nous dire ça.
04:18Parce que ce ne sont pas les Français qui ont voulu donner 454 millions d'euros pour décarboner le Costa Rica.
04:25On n'a jamais décidé de ça, nous.
04:26Ce ne sont pas non plus les Français qui ont décidé de donner 277 millions d'euros à la Chine, la deuxième puissance économique du monde.
04:33Ça, ce sont les gouvernements de M. Bayrou, de tous ses prédécesseurs.
04:38Les budgets en déficit qui ont été votés depuis 50 ans, depuis 1974, François Bayrou les a votés.
04:43Personne ne lui a forcé la main.
04:45Les députés sont libres de leur vote.
04:47C'est lui qui a choisi de le faire, pas les Français.
04:49Donc, je trouve que c'est particulièrement insultant.
04:51C'est un mensonge.
04:52Et vous savez, Solzhenitsyn dit, la pire torture pour un peuple, c'est un mensonge.
04:55Quand on entend ça, quand on entend ces propos, on comprend bien, en fait, quel est le logiciel de François Bayrou.
05:00Le logiciel de Bayrou, c'est de se dire qu'en réalité, les Français sont coupables de la situation.
05:05Que les Français sont donc des boucs émissaires qui doivent expier leur faute.
05:08Peut-être responsables, mais pas coupables.
05:09Vous, vous pensez qu'ils...
05:10Je pense qu'ils ne sont ni responsables ni coupables.
05:12Je vais vous dire, je vais vous répondre.
05:13Ça a été très intéressant de votre question sur « mais ils ont voté pour ça », etc.
05:17François Bayrou pense que les Français sont donc les boucs émissaires de cette situation.
05:20Et un bouc émissaire, qu'est-ce qu'il doit faire ?
05:22Il doit expier sa faute.
05:23Donc, il doit faire des sacrifices.
05:24Et les sacrifices que Bayrou leur demande, c'est « vous allez arrêter de vous reposer lui-même, c'est de votre faute ?
05:30Vous allez payer plus d'impôts ? Vous ne payez pas encore assez d'impôts ?
05:32Alors que vous êtes le peuple le plus taxé du monde ? »
05:34Donc, ce serait de leur faute si leur gouvernement ont dépensé leur propre argent sans compter.
05:39La richesse, on sait qu'elle existe puisque c'est nous qui la créons.
05:42Et ce sont les gouvernements successifs qui l'ont dépensé dans des gabegies aberrantes.
05:46Moi, ce que j'ai fait, c'est que j'ai proposé à François Bayrou un plan alternatif.
05:49Je lui ai dit, au lieu de sacrifier les Français, sacrifiez la dépense publique, sacrifiez vos dépenses.
05:54Donc, j'ai proposé un plan de 63 milliards d'euros.
05:56Parlons-en.
05:57Parce que vous estimez que c'est un État obèse avec des dépenses illégitimes.
06:01C'est intéressant, Sarah Knafo, que vous parlez de la théorie du bouc émissaire de René Girard.
06:05Certains vous critiquent, à l'extrême gauche, de faire des immigrés des boucs émissaires.
06:10Par exemple, l'un des sujets tabous, d'ailleurs, sur la dette, c'est le coût de l'immigration.
06:14C'est l'une des propositions que vous formulez, c'est-à-dire, évidemment, baisser ce coût.
06:19Et certains vous disent, d'ailleurs, le Premier ministre a dit dimanche soir, arrêtez de stigmatiser la même population.
06:24Que lui répondez-vous ?
06:26J'ai adoré François Bayrou qui nous dit, il n'y a pas de tabou, il n'y a pas de tabou sur l'immigration.
06:29Et puis, une phrase après, il nous dit, mais si on veut réfléchir au coût de l'immigration, c'est qu'on les stigmatise.
06:33Il faudrait savoir.
06:34Donc là, il nous prouve que pour lui, c'est toujours un tabou.
06:36Passons. Dans mon plan de 63 milliards d'euros, l'immigration est une des propositions, mais une parmi d'autres.
06:43On a beaucoup d'autres endroits où on a dépensé sans compter.
06:45Il faut être honnête avec les Français.
06:47Ce n'est pas seulement en arrêtant l'immigration qu'on va régler tous nos problèmes économiques.
06:51Ça fait partie du problème.
06:53Ce sont d'énormes dépenses chaque année et parfois des dépenses vraiment injustes.
06:57Je vais y venir pour la gauche qui dit que je stigmatise ou je ne sais pas quoi.
07:01On va revenir à un peu de bon sens et un peu de rationalité.
07:04Je ne veux stigmatiser personne. Il s'agit d'accuser qui que ce soit.
07:07Il s'agit de se demander si c'est légitime de dépenser chaque année 20 milliards d'euros en aide sociale non contributive pour des étrangers.
07:15Pour que les gens entendent bien ces mots, non contributives, ça signifie que ce sont des aides pour lesquelles ils n'ont jamais cotisé.
07:22C'est-à-dire qu'ils sont arrivés sur notre territoire.
07:24Ils ont bénéficié de notre solidarité sans avoir mis de l'argent dans le pot commun pour cela.
07:28Donc sans avoir travaillé pour les mériter. C'est par exemple le RSA, c'est par exemple les allocations logements.
07:33Vous n'avez pas besoin d'avoir cotisé pour pouvoir en bénéficier.
07:36Ça, ça n'existe dans aucun pays du monde.
07:38Et vous voulez le supprimer ?
07:39Absolument. Et les réserver uniquement aux Français comme ça l'était avant.
07:43On est arrivé dans un point de propagande de la gauche tellement fort qu'on en oublie que c'est la gauche elle-même
07:48qui dans les années 90 voulait réserver ses aides aux Français.
07:51Par exemple avec Rocard qui voulait réserver le RNI pour les Français.
07:55Et vous savez qui l'en a empêché ? Le Conseil constitutionnel.
07:57Et maintenant la gauche, taxe de racisme et de stigmatisation, tous ceux qui disent que ça n'existe dans aucun autre pays.
08:03Poursuivons sur vos propositions.
08:05Autre sujet de débat, et là encore, il y a eu un véritable échange très vif avec la ministre en charge de la ville
08:11et ou encore l'insoumise Ercilia Soudé.
08:14Qu'est-ce que vous dites sur la politique de la ville, Sarah Knafo ?
08:17Ça nous a coûté un minima 117 milliards d'euros à peu près de 2010 à 2023.
08:22Est-ce que vous souhaitez aller jusqu'à supprimer tout le budget de la politique de la ville ?
08:27Absolument.
08:28On pourrait pour la même chose que sur d'autres sujets.
08:30On vous dit que c'est toujours les mêmes, toujours dans les mêmes quartiers.
08:33Alors si on dit que je veux viser les habitants des quartiers prioritaires,
08:37je rappellerai que je viens de Seine-Saint-Denis, que ma famille vit encore,
08:40donc à moins de me cibler moi-même, je pense que ce serait à peu près ridicule de parler en ces termes.
08:45Là encore, ramenons un peu de rationalité et de bon sens dans ce débat.
08:48La politique de la ville, vous l'avez dit, c'est 117 milliards d'euros dépensés seulement depuis 2010.
08:54Si on remonte aux années 80, on arrivera plutôt à plus de 400 milliards.
08:58Chaque année, c'est 8 milliards d'euros.
09:00Dans cette politique de la ville, ce qu'il faut comprendre,
09:02c'est que les résultats ont été décevants et ils sont perçus comme tels par la classe politique dans son ensemble.
09:07La Cour des comptes à longueur de rapport dit que c'est un échec flagrant.
09:10Et vous voyez que dans ces quartiers-là, ceux qui bénéficient donc du plus de subventions et du plus de crédits,
09:16ce sont précisément les quartiers où l'échec scolaire explose,
09:19où les trafics de drogue explosent, où le communautarisme explose.
09:22Donc on voit bien que cette politique ne résout rien.
09:24Moi, ce que je dis, c'est que ces quartiers ne sont aucunement abandonnés,
09:27ils sont choyés par l'État.
09:28Vous avez des exonérations en tout genre,
09:30vous avez des stades flambant neufs dont ne bénéficient pas nos campagnes.
09:34Vous avez une politique de santé, une politique scolaire qui est bien meilleure que partout dans la ruralité française.
09:39Pour vous donner un exemple,
09:39quand Emmanuel Macron est arrivé en 2017,
09:42il a pris la décision de dédoubler toutes les classes de primaire dans les quartiers dits prioritaires.
09:472 milliards d'euros par an, juste ce dispositif.
09:49Est-ce qu'on a l'impression que ça a amélioré le niveau scolaire de ces quartiers ?
09:52Vous avez une vision totalement opposée à la ministre de la politique de la ville, Juliette Miadel,
09:57qui a aussi ses arguments.
09:58Ce serait d'ailleurs intéressant que vous débattiez, peut-être ici même,
10:02avec elle, argument contre argument, quand même ce sont des sujets importants de fond.
10:05Oui, vous...
10:06Ah, volontiers, j'accepte votre invitation.
10:08On lance l'invitation sur ces news.
10:10Et j'ajoute un tout petit élément sur ça.
10:12Je ne propose absolument pas d'abandonner les banlieues.
10:15La seule chose que je dis, c'est que nous avons déjà une politique nationale, scolaire, de santé,
10:20partout sur le territoire.
10:21Moi, ce que je propose, c'est qu'on applique la même dans les banlieues.
10:23Pas de privilèges, pas d'exception.
10:25On remet la banlieue dans le droit commun républicain.
10:27C'est tout.
10:28Vos propositions vont beaucoup réagir, font beaucoup réagir.
10:31Il est vrai qu'en quelques mois, en quelques années, vous vous êtes imposé en vous attaquant aux dépenses réputées intouchables,
10:36comme par exemple, il y a d'autres mesures dans ce que vous proposez,
10:39la suppression de certaines agences gouvernementales, France Travail et d'autres.
10:42Vous avez été magistrate, je le rappelle à nos auditeurs et téléspectateurs, à la Cour des comptes.
10:47Vous connaissez donc le cœur du réacteur à l'intérieur de la machine.
10:50Depuis des années, on nous parle d'économie, on nous parle d'efforts, on nous parle de sacrifices.
10:54Est-ce qu'on les a réellement faits ?
10:56Est-ce que véritablement, à un moment, on a eu une véritable politique d'économie
11:00et on a interrogé toutes ces dépenses jugées par beaucoup de Français illégitimes ?
11:05Malheureusement non, jamais.
11:06C'est-à-dire que depuis 50 ans, on vote des budgets qui sont en déficit.
11:10C'est de la faute des gouvernements et non des Français, je le redis.
11:13On a Emmanuel Macron, le Mozart de la dépense.
11:15Alors lui, c'est carrément, lui tout seul, 1300 milliards d'euros de dette en plus,
11:20sur l'ensemble de son bilan, sur ses 8 ans.
11:22C'est-à-dire qu'il faut imaginer, pour vous donner une comparaison,
11:25que s'il voulait lui rembourser toute la dette qu'il nous a coûtée,
11:28il devrait faire la plonge pendant 62 millions d'années.
11:31Il ne le fera jamais. Il ne sera jamais responsable.
11:34La phrase est frappante, mais vous estimez que c'est quelque part,
11:41personnellement, c'est intuitif, personnel, finalement, c'est la faute au président de la République lui-même ?
11:46Oui, absolument. C'est de sa faute à lui. C'est de la faute de tout un système de la dépense qui s'est organisé.
11:50Moi, c'est ce que j'ai vu de plus frappant quand j'étais dans la haute fonction publique.
11:53Vous avez cité la Cour des comptes. Et c'est vrai que j'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup travaillé, j'en ai beaucoup vu.
11:59Et c'est aussi ce qui m'a donné envie de m'engager politiquement.
12:02Parce que maintenant, je peux les dénoncer à visage découvert.
12:04Alors, vous l'avez dit, parfois, ça suscite des attaques, notamment de la part de la gauche et de l'extrême gauche.
12:10Mais parfois, j'ai la satisfaction de voir que, typiquement, quand j'ai parlé de l'aide publique au développement,
12:15à votre antenne d'ailleurs, trois semaines plus tard, vous avez le gouvernement qui a annoncé baisser de 2 milliards d'euros l'aide au développement
12:21en disant que c'était par ma faute, que j'avais décrédibilisé l'aide au développement devant l'opinion publique.
12:27Donc, quand je vois ça, je me dis, c'est pas suffisant. Il faut aller beaucoup plus loin.
12:30On peut gagner 15 milliards d'euros par an sur l'aide au développement.
12:33Mais je suis quand même contente pour les Français de voir que c'est 2 milliards qu'on arrêtera de prendre dans leur poche.
12:36C'est intéressant. Jusqu'où allait, Sarah Knafo, dans une interview croisée,
12:39que vous avez accordée avec Éric Zemmour au journal du dimanche, vous faites l'éloge de la radicalité.
12:45Vous dites ensemble que les temps de tempête requièrent des solutions radicales.
12:48Et d'ailleurs, on peut citer Philippe de Villiers, qui dit souvent que le prochain président de la République
12:52ne devra pas seulement se contenter de caboter, mais il devra voguer en haute mer.
12:58Jusqu'où doit aller, jusqu'où peut aller cette radicalité, selon vous ?
13:01D'ailleurs, à droite comme à gauche, on peut estimer que la France insolite aussi apporte des solutions radicales.
13:06Est-ce que pour vous, tous les garde-fous doivent sauter ?
13:09Est-ce que vous partez en croisade contre certaines institutions ?
13:12Je ne sais pas, on connaît votre dénonciation comme celle d'Éric Zemmour du gouvernement des juges.
13:17Jusqu'où ça doit aller ?
13:18Déjà, Philippe de Villiers a souvent raison.
13:20Il a souvent eu raison, comme Éric Zemmour d'ailleurs.
13:22Donc j'ai plutôt tendance à leur faire confiance quand ils disent que l'heure n'est plus aux solutions molles, aux compromis.
13:28Ce que je remarque, c'est que vous avez certains, tu vois, des rhumes par exemple, qui peuvent se guérir par un peu de repos et de l'homéopathie.
13:35Et puis après, vous avez des maladies sérieuses qui méritent des remèdes radicaux.
13:39Moi, je pense que là, depuis l'année qu'on vient de passer, on a vu que les docteurs Barnier et Bayrou nous proposaient de l'homéopathie.
13:46Et on a vu ce que ça avait donné.
13:48Ça ne donne rien.
13:49Ça ne donne aucun résultat.
13:49Et le docteur Zemmour, qu'est-ce qu'il nous propose ?
13:52C'est de renverser la table.
13:55Absolument pas.
13:55L'objectif, c'est de le guérir, c'est de redresser le pays.
13:58Regardez ce qui se passe dans les pays où les peuples ont élu des dirigeants qui leur proposaient vraiment de renverser la table.
14:03Et pas juste des petites mesures paramétriques et conjoncturelles.
14:07Vous avez le Salvador de Naïb Boukele.
14:09Vous avez l'Argentine de Milley.
14:10Vous avez l'Italie de Mélanie juste à côté de chez nous.
14:12Vous avez les Etats-Unis de Donald Trump.
14:14Si je vous prends le sujet de la sécurité, regardez ce que fait Naïb Boukele.
14:17Il est arrivé au pouvoir en 2019.
14:20A peine arrivé, il a construit 70 000 places de prison en 7 mois.
14:24Ça, ce n'est pas un petit changement.
14:25Il y a enfermé les délinquants.
14:27Et résultat, il a libéré sa population.
14:29Vous ne souhaitez pas le même traitement dans les prisons de Boukele qu'en France ?
14:32Regardez le résultat.
14:33Il a libéré sa population.
14:34Vous regardez simplement l'efficacité.
14:36L'efficacité des mesures.
14:37Il a libéré sa population.
14:39Et résultat, le Salvador est passé du pays le plus dangereux du monde au pays le plus sûr du monde en 4 ans.
14:44Vous n'avez pas d'homicide en 1000 jours.
14:46C'est ce que vient d'annoncer le gouvernement salvadorien.
14:48Nous, si vous regardez juste sur Google, hier, homicide en France, vous en avez déjà 3.
14:53Malheureusement que ce qui s'est passé, ce boulanger qui a été attaqué et poignardé,
14:57et puis un adolescent qui a été également attaqué à l'arme blanche.
15:00Absolument.
15:00Donc moi, ce que je propose aux Français, ce ne sont pas des solutions homéopathiques qui ne changeront rien et en leur promettant que leurs arrière-petits-enfants verront peut-être les effets.
15:10Ce que je leur dis, c'est regarder les pays où ça fonctionne.
15:12Vous avez des gens courageux avec des tempéraments forts et vous avez des résultats immédiats.
15:16Économiquement, en Argentine, il est arrivé avec une situation catastrophique, Milaï, avec un déficit qui était encore supérieur au nôtre.
15:23Aujourd'hui, 6% de croissance alors qu'on est péniblement à 0,5.
15:26Il a réussi à réduire la dette.
15:28Il continue parce qu'il a eu des solutions fortes qui ont fonctionné.
15:31Donc je pense que c'est ce que les Français attendent et que nos mesures font consensus.
15:34Pour conclure, Sarah, c'est peut-être une question que je n'ai pas eu le temps de poser au Premier ministre et que peut-être beaucoup de nos télésplicateurs et auditeurs se posent.
15:42Comment est-ce qu'on en est arrivé là ?
15:43Comment un pays comme la France, quand même, puissance, alors je ne sais pas s'il faut la classer en 5e, 6e ou 7e,
15:49mais comment ce pays aujourd'hui peut peut-être avoir perdu son destin et ne l'a plus en main ?
15:56Ça va me permettre de répondre à votre question initiale.
15:58Je pense que les Français ont été trompés, qu'on leur a menti.
16:00Sur beaucoup de sujets, notamment sur l'économie, on leur a fait croire que les solutions qu'on leur proposait permettraient de redresser notre économie,
16:06feraient du bien à l'économie, notamment les folies de retraite à 60 ans, les 35 heures, etc.
16:11On leur a menti.
16:12Ils y ont cru parce qu'ils n'avaient le choix en réalité entre des dépensiers de droite et des dépensiers de gauche.
16:17Ça fait bien longtemps qu'on n'avait pas eu une droite comme la nôtre, comme celle de Reconquête, qui proposait les vraies solutions.
16:21Vous croyez encore en l'union des droites quand vous écoutez hier Bruno Retailleau qui appelle à voter la confiance pour François Bayrou ?
16:28Forcément, ça me déçoit.
16:29Vous voulez travailler avec lui ?
16:31Oui, bien sûr, parce qu'il faut être cohérent.
16:32Nous, quand on appelle à l'union des droites, on sait que c'est la seule solution.
16:35Les électeurs le comprennent.
16:36Et sur ce sujet comme sur d'autres, il serait temps que la classe politique comprenne ce que les Français ont compris il y a bien longtemps.
16:41On sait que c'est la seule solution.
16:43Je pense qu'on est la meilleure hypothèse, mais il faudra qu'on travaille avec d'autres et on y est prêt.
16:47Et donc peut-être que si d'autres ont le leadership, leurs mauvais travers s'effaceront et ils redresseront la France à nos côtés.
16:53On verra tout cela, on verra déjà ce qui va se passer le 8 septembre.
16:57Merci à vous Sarah Knafo.
16:58Merci à vous.
16:58C'était votre grande interview et à bientôt.
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